30 janvier 2019

[Abbé de Jorna - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs - FSSPX France] "Depuis la dernière Lettre, la Fraternité Saint-Pie X a connu des changements importants..."

SOURCE - Abbé de Jorna - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n°87 - FSSPX France - janvier 2019

Depuis la dernière Lettre, la Fraternité Saint-Pie X a connu des changements importants. Ils sont la conséquence d’un événement qui s’est déroulé en juillet dernier et qui n’a lieu que tous les douze ans : le Chapitre général de notre congrégation.

Le Chapitre général est la réunion d’une sélection de membres de la Fraternité Saint-Pie X, désignés par les Statuts mêmes de la Fraternité, réunion pendant laquelle des décisions doivent être prises, concernant tant les années écoulées depuis le dernier Chapitre que les années à venir.

L’acte principal du Chapitre général est l’élection (pour douze ans) du Supérieur général et de ses Assistants. En juillet, a donc été élu comme Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, en remplacement de Monseigneur Bernard Fellay qui achevait son deuxième mandat (élu la première fois en 1994), Monsieur l’abbé Davide Pagliarani, prêtre italien né en 1970 et ordonné prêtre en 1996.

À la suite de cette élection, ont été élus Monseigneur Alfonso de Galarreta comme premier Assistant, en remplacement de Monsieur l’abbé Niklaus Pfluger ; Monsieur l’abbé Christian Bouchacourt comme second Assistant, en remplacement de Monsieur l’abbé Alain-Marc Nély ; Monseigneur Bernard Fellay et Monsieur l’abbé Franz Schmidberger comme Conseillers. Sous l’autorité de Monsieur l’abbé Pagliarani, ils constituent pour les douze années à venir le Conseil général, chargé d’éclairer le Supérieur général et de prendre avec lui les décisions majeures concernant la vie de la Fraternité Saint-Pie X.

Monsieur l’abbé Bouchacourt, Supérieur du District de France, ayant été promu comme second Assistant, il convenait qu’il soit remplacé à la tête du District. C’est ainsi que Monsieur l’abbé Pagliarani en son conseil m’a nommé Supérieur du District, fonction que j’avais déjà exercée entre 1994 et 1996, et grâce à laquelle je retrouve désormais la France, après vingt-deux ans passés à Écône.

Comme vous pouvez le constater, et comme il est naturel pour tenir compte de l’écoulement du temps, le Chapitre général a entraîné des changements dans les hommes, le renouvellement des instances de direction. Mais il n’a aucunement entraîné un changement dans la Fraternité Saint-Pie X elle-même, dans sa nature, sa mission, son fonctionnement, ses positions doctrinales, liturgiques, morales et pratiques.

La Fraternité Saint-Pie X a toujours pour objet principal, et en quelque sorte unique, « le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte et rien que ce qui le concerne », comme l’expriment ses Statuts. Son œuvre première est donc la formation des prêtres dans les séminaires et, pour cela, en second lieu, la culture des vocations, le soutien aux écoles vraiment catholiques où pourront germer des vocations et de vrais chrétiens, l’apostolat paroissial où la grâce sacerdotale pourra rayonner le Christ et aider à la sanctification des baptisés et de leurs familles.

Vous pouvez d’ailleurs le constater aisément vous-mêmes : vos prêtres, avant comme après le Chapitre général, réalisent chaque jour avec fidélité leur ministère de prédication de l’Évangile, d’adoration et de louange de Dieu, de vie liturgique, de célébration de la messe et des sacrements, de visite des malades et personnes âgées, d’aide aux pauvres, etc. Bref, ils se montrent les « bons et fidèles serviteurs » de Jésus-Christ et des âmes qui leur sont confiées.

On entend dire ici ou là, et spécialement sur internet, que la Fraternité Saint-Pie X dévie, qu’elle trahit, qu’elle est infidèle à Monseigneur Lefebvre et au combat de la foi, que sais-je ! Il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles pour constater qu’il n’en est rien : les prêtres de la Fraternité demeurent sur la même ligne de crête que leur a indiquée leur Fondateur, avec le même attachement à la Rome catholique et à sa Tradition, et le même rejet des nouveautés délétères qui continuent, hélas !, de détruire l’Église.

Et c’est ce qui explique nos relations avec la Rome actuelle. Nous avons des relations avec Rome et nous en aurons toujours, car le Siège apostolique est la pierre fondamentale de l’Église catholique sur cette terre : un catholique ne peut rester catholique en se coupant de Rome.

Dans le cadre de ces relations, les autorités romaines ont, depuis quelques années, progressivement élaboré les linéaments d’une structure canonique pour la Fraternité Saint-Pie X. Et il faut reconnaître que, sur un certain nombre de points, cette structure canonique aurait de réels avantages pour nous, dans la mesure où elle s’adapterait bien à l’apostolat spécifique de la Fraternité Saint-Pie X. Nous apprécions donc à sa juste valeur ces efforts et ces propositions, qui diffèrent évidemment de la persécution sauvage que subissait la Fraternité Saint-Pie X, sous Paul VI par exemple.

Cependant, une structure juridique, canonique, serait-elle parfaite, ne peut par elle-même faire disparaître le dissentiment objectif qui sépare les autorités romaines actuelles de la Fraternité Saint-Pie X. Et la proposition même de cette structure canonique le manifeste clairement. Car, en même temps que les autorités romaines actuelles nous font connaître les avancées (tout à fait intéressantes) de ce projet de structure canonique, elles nous disent, elles nous rappellent, elles nous soulignent, et encore récemment, que cette structure juridique ne pourra être envisagée que dans la mesure où la Fraternité Saint-Pie X acceptera le concile Vatican II et les réformes qui en sont issues.

Oh !, nous dit-on, rassurez-vous, il s’agirait du concile « interprété dans le sens de la Tradition », du concile « authentique » et non point du « concile des médias », du concile à propos duquel il serait loisible de faire avec respect des remarques critiques et des propositions d’amélioration, etc. Mais pourtant, dans le fond, au-delà des habillages et même de certaines corrections superficielles, il s’agit bel et bien « d’avaler le concile ».

Et cela, nous ne le pouvons pas, et nous ne le pourrons jamais. Pour deux raisons coordonnées. La première est que ce concile, dans la lettre même de ses textes (et non seulement dans des interprétations abusives), comprend des affirmations et des omissions qui sont directement contraires à toute la Tradition catholique, à l’enseignement des Papes et des conciles antérieurs. De telles affirmations et omissions contribuent largement à la ruine de la foi : or, il nous est absolument impossible de mettre en danger notre foi catholique, racine du salut éternel.

La seconde raison est que le concile Vatican II, ainsi que les réformes qui en sont issues, ont contribué et contribuent encore aujourd’hui à la ruine de l’Église, ruine dont nous sommes les témoins attristés et effrayés. Donnons un simple exemple, très parlant. La Fraternité Saint-Pie X a été fondée en 1970, cinq ans après la clôture de Vatican II. À l’époque, certains estimaient que la crise ne serait que passagère, un « coup de folie » accompagnant des changements nécessaires, mais que bientôt l’Église retrouverait toute sa force et toute sa splendeur. Or, en 1970, les ordinations sacerdotales annuelles en France étaient d’environ 500 prêtres ; aujourd’hui, elles sont d’environ 100 prêtres, un chiffre très inférieur au simple maintien du clergé. Qui a vu juste, à l’époque, Monseigneur Lefebvre fondant une société pour former des prêtres selon les principes de la Tradition (société qui compte aujourd’hui 650 prêtres), ou ces éternels « optimistes » qui continuent à vouloir appliquer aujourd’hui les principes et les réformes qui ont depuis un demi-siècle ruiné le sacerdoce et fait disparaître les vocations ?

« C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment, nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du Magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures. C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle. Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église catholique et romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les “fidèles dispensateurs des mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l’Esprit-Saint” » (déclaration de Mgr Lefebvre le 21 novembre 1974).

Chers bienfaiteurs, cette œuvre de la Fraternité Saint-Pie X, qui est aujourd’hui la même qu’hier, à savoir garder et proclamer la foi catholique, et transmettre les sacrements de la foi dans leur intégrité, cette œuvre de la Fraternité Saint-Pie X est toujours, et je dirais de plus en plus, manifeste et nécessaire.

Mais elle a besoin, pour se réaliser pleinement, des conditions matérielles indispensables pour que nos séminaires, nos prieurés, nos chapelles, nos aumôneries et toutes nos maisons, qui sont aussi les vôtres, puissent permettre cet apostolat vraiment catholique. C’est pourquoi nous n’avons aucune honte à implorer votre aide toujours et encore. L’enjeu est considérable, la bataille est titanesque, et nous comptons sur vous pour nous aider à maintenir ce cap de la bonne espérance, notre salut par Marie.

Abbé Benoît de Jorna, Suresnes, le 16 janvier 2019, en la fête de saint Marcel, Pape et Martyr

[Paix Liturgique] Bilan 2018 de l'application du Motu Proprio Summorum Pontificum en Italie

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 680 - 29 janvier 2019
Marco Sgroi a présenté une importante communication sur la situation actuelle des fidèles attachés à la forme extraordinaire en Italie lors des 5ème journées Summorum Pontificum qui se sont tenues à Rome le 26 octobre 2018. Nous lui avons demandé de répondre à quelques questions pour nous éclairer sur ce sujet.
1- Marco Sgroi, pourriez-vous nous dire ce que représentait la messe traditionnelle en Italie au moment de la publication du motu proprio SP?
Marco Sgroi - Il est assez difficile de vous répondre avec précision mais seulement d'une manière approximative car le monde de la Tradition en Italie avant le motu proprio Summorum Pontificum était très peu développé : selon moi, entre 20 et 30 messes traditionnelles régulières étaient célébrées avant le MP de 2007, mais selon des informations que m'ont fournies les animateurs de la fédération internationale Una Voce il y avait surtout des messes célébrées occasionnellement et peu ou pas de communautés organisées en dehors des grandes villes.
2 - Et quelle est la situation aujourd'hui?
Marco Sgroi -Il m'est plus facile de vous répondre pour évoquer la situation actuelle car, comme animateur au service de la Coordination Nationale Summorum Pontificum ( CNSP ), j'ai des amis un peu partout et je puis donc vous répondre assez précisément. Pour être exact, je connais, à la fin octobre 2018, un nombre de 123 chapelles ou églises au sein desquelles se déroulent en Italie des messes selon la forme extraordinaire dans le cadre du motu proprio Summorum Pontificum. 73 de ces chapelles proposent à leurs fidèles une messe chaque dimanche et fête et 50 d'entre-elles n'offrent que des messes en semaine ou des messes dominicales irrégulières. Ce chiffre peut vous sembler faible mais au regard de ce qu'il était il y a 11 ans il est vraiment extraordinaire et représente un accroissement de plus de 270 % ! Il faut ajouter à cela les chapelles où sont célébrées des messes par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X qui, d'après mes comptages, étaient au nombre de 15 ; mais des amis m'ont informé que ce chiffre seraient aujourd’hui plutôt de l'ordre de 20. Pour y voir plus clair, et aider les fidèles qui souhaitent les rejoindre, nous avons mis en place un site et une carte interactive pour faciliter la communication summorumpontificum.org/le-sante-messe-in-italia. Il y a aussi un agenda, où nous publions les célébrations occasionnelles ou spéciales summorumpontificum.org/agenda.
3 - Qui est à l'origine de cette croissance?
Marco Sgroi -Ceux sont essentiellement les fidèles qui sont à l'origine de cet accroissement. Ceux sont eux qui, dans la plupart des cas, ont sollicité leur curé ou parfois leur évêque pour obtenir des célébrations selon l'usus antiquor. Il y a quelques cas où ce sont des prêtres eux-mêmes qui sont à l'origine de ces célébrations, mais dans ces cas ils étaient presque toujours entourés de fidèles qui le souhaitaient et donc, même dans ces cas-là, les fidèles ne sont pas étrangers à l'émergence de ces communautés.
4 - Cette progressions fut-elle facile à obtenir?
Marco Sgroi -Cela varie d'un lieu à un autre mais, si dans certains lieux il fut assez aisé d'obtenir satisfaction, dans beaucoup d'autres les choses furent difficiles, parfois très difficiles et longues. Ce qui explique qu'aujourd'hui 50 de ces chapelles n’offrent pas encore une messe dominicale régulière alors que dans ces chapelles il y aurait partout un nombre suffisant de fidèles pour y assister.
5 - Et qui sont les desservants de ces chapelles " Summorum Pontificum"?
Marco Sgroi -Sur les 123 chapelles que j'ai dénombrées, 15 sont desservies par des prêtres de communautés dites “ Ecclesia Dei” et 85, c’est-à-dire l'immense majorité, sont desservis par des prêtres diocésains. Ces prêtres diocésains étaient au départ parfois des prêtres qui ignoraient tout de cette liturgie. Il y eu même des prêtres qui furent nommés et agirent pour décourager les fidèles mais le temps passant la situation s'est considérablement améliorée et aujourd'hui on peut dire que presque tous les prêtres qui animent nos chapelles sont de bons prêtres bienveillants désireux de répondre loyalement à la demande des fidèles.
6 - Comment se répartissent ces 123 célébrations du nord au sud de l'Italie?
Marco Sgroi -La grande majorité des célébrations - 96 - se déroulent au nord de Rome et seulement 27 se déroulent à Rome, au sud et dans les îles. Cette disparité s’explique pour deux raisons.

La première est que c'est d'abord dans le nord de l'Italie que des fidèles se sont regroupés pour demander et obtenir la messe alors que dans le sud le mouvement fut plus tardif.

La seconde est que, dans le nord, les évêques furent plutôt bienveillants alors que pendant longtemps les évêques du sud furent plus réticents.

Enfin il se peut que le fidèles du sud se soient montrés plus "obéissants", plus dociles, face à leurs pasteurs alors que dans le nord les fidèles furent plus naturellement frondeurs.

Mais aujourd'hui les choses sont en train de changer et je pense que dans les prochaines années la situation va s'équilibrer et être identique au nord comme au sud surtout lorsque les demandeurs "en instance" seront entendus.
7 - Y-a-t-il beaucoup de groupes de demandeurs qui n'ont pas encore obtenus satisfaction?
Marco Sgroi -Bien sûr qu'il y en a, mais il vaut mieux ne pas les nommer pour éviter de faire obstacle à leurs demandes. Il y a aussi tous ceux qui n'ont pas obtenus "le minimum catholique", c’est-à-dire au moins la messe dominicale régulière ce qui, je le rappelle, représente 73 chapelles !
8 -Selon vous y-a-t-il un potentiel important de fidèles qui désirent assister à la messe traditionnelle en Italie?
Marco Sgroi -C'est difficile à dire mais nous avons l'impression que plus la confusion se développe dans l’Église plus il y a de fidèles, mais aussi de prêtres et de religieux, qui se tournent vers les communautés traditionnelles. Aussi est-il vraisemblable que d'ici quelques années il y a aura des communautés Summorum Pontificum dans toutes les villes d'Italie.
9 - Vous parlez plus volontiers de communautés traditionnelles que de chapelles traditionnelles?
Marco Sgroi -Evidemment, car les fidèles n'aspirent pas seulement à la messe mais à leur participation entière à la vie chrétienne. C'est pourquoi on voit désormais autour des chapelles se développer des cours de catéchisme et surtout tout ce dont ont besoin les fidèles : confessions, baptêmes, mariages, funérailles, confirmations, première communion et aussi de plus en plus d'écoles parentales qui souvent se créent à l'ombre des communautés qui, de ce fait, deviennent de plus en plus comme de vraies paroisses classiques.
10 - Vous avez évoqué l'abbaye de Norcia et les bénédictins de Villatella dans votre communication?
Marco Sgroi -Oui le rôle des communautés religieuses est essentielle pour nous car les fidèles qui sont attachés à la messe traditionnelle le sont rarement pour des raisons uniquement culturelles ou esthétiques mais bien pour des raisons spirituelles et doctrinales. Or, pour ces fidèles et leurs familles qui aspirent à une plus grande vie spirituelle, la fréquentation des communautés religieuses est d'un grand réconfort et d'un grand secours.
11- Avez-vous l'impression que vos communautés génèrent de vocations sacerdotales et religieuses?
Marco Sgroi -C'est une certitude que depuis quelques années nous voyons de plus en plus de jeunes hommes qui désirent s'engager vers le sacerdoce catholique. C'est un mouvement en pleine croissance et déjà quelques garçons ont rejoint les instituts traditionnels comme l’Institut du Christ-Roi ou la fraternité Saint-Pierre. Mais le fait qu'il n'existe pas un séminaire italien en Italie (le séminaire de Gricigliano est très important, cela va sans dire, mais il donne ses cours en français) n'a pas permis pour l'instant d’accélérer ce mouvement : ce sujet est pour nous très important et nous prions pour que bientôt cette opportunité d’accéder au sacerdoce traditionnel soit possible en Italie et en italien.
12 - Vous avez évoqué le catéchisme?
Marco Sgroi -C'est une question essentielle : si on est catholique, on a naturellement le désir de transmettre la pleine Foi catholique à ses enfants. Or, en Italie, aujourd'hui le catéchisme est pauvre et n'enseigne pas grand-chose de la Foi et des vérités Catholique. Voilà pourquoi petit à petit nous développons au sein des communautés des groupes d'enseignement d'un catéchisme riche et complet. Il arrive même que cet enseignement d'un catéchisme traditionnel entraîne de nouvelles familles à nous rejoindre.
13 - Un mot enfin sur la coordination Nationale Summorum Pontificum
Marco Sgroi -Bien sûr que chaque groupe est un peu jaloux de ses particularités et de ses spécificités ; cela la coordination veut le respecter soigneusement. Mais le plus grand nombre des groupes italiens souhaitent, dans la confusion actuelle, pouvoir s'appuyer sur d'autres groupes aux préoccupations semblables. De plus, cela nous permet d'aider les groupes qui émergent… C'est ainsi que s'est constitué la CNSP car le sentiment général en Italie aujourd'hui est celui du désir d’appartenir à un mouvement d'ensemble, de fond, ce que nous appelons avec conviction le Peuple Summorum Pontificum.
Marco Sgroi est né en 1963, il est aujourd'hui avocat et vit à Piacenza.

29 janvier 2019

[Franck Lagier - Le Populaire] Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples de Limoges remplacé... par l'école du Christ-Roi souverain

SOURCE - Franck Lagier - Le Populaire - 21 janvier 2019

Le diocèse a demandé au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples de quitter le local qu'il lui louait, afin de laisser la place à une école traditionaliste. 

Le MRAP de Limoges va bientôt déménager et laisser sa place... à l'école du Christ-Roi souverain. L'information a été dévoilée dans l'édition du 6 au 2 décembre 2018 de Golias Hebdo dont les membres se définissent comme des « empêcheurs de croire en rond » et dans le bulletin adressé aux adhérents du MRAP un mois avant, en octobre. 

Ils évoquent la décision du diocèse de Limoges de transformer le local loué au MRAP 87 (Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples), situé rue des Papillons à Limoges, en une école « hors contrat sous la houlette du très sinistre Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre ne célébrant que l’ancienne messe », en latin.
En latin
Interrogé sur la question, le MRAP confirme. « Cela fait 35 ans que nous sommes ici. On payait 915 euros par an plus les charges. Il était au départ dans un état insalubre et nous avons effectué tous les travaux. On a finalement été remplacé par un congrégation intégriste », affirme Pierre Krausz, président du MRAP à Limoges.

« Faux. Ce n’est pas une école intégriste mais traditionaliste », nuance Paul Perromat, chargé de com pour le diocèse. « C’est une école hors contrat et cela ne regarde pas le diocèse. En revanche, la communauté est reconnue. Elle a juste une manière de célébrer la liturgie selon le rite ancien, celui d’avant Vatican II. Le MRAP a été averti il y a six mois que le contrat de location prenait fin. »

Le MRAP va quant à lui déménager au 12 de la rue Jules-Ladoumègue. En attendant, juste au-dessous des locaux du MRAP, six élèves suivent déjà les cours de cette communauté, très controversée.

Franck Lagier

27 janvier 2019

[Paix Liturgique] Que faire face à la mauvaise foi? Et pourquoi pas des gilets jaunes liturgiques?

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 679 - 22 janvier 2019

Nous publions aujourd’hui le témoignage d’un fidèle de l’est de la France qui depuis la promulgation du motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 demande, en vain, la célébration de la forme extraordinaire du rit romain dans sa paroisse.
  
Ce témoignage nous a paru particulièrement intéressant en ce qu’il formalise les terribles difficultés qu’éprouvent l’immense majorité des fidèles qui demandent l’application des bienfaits du motu proprio dans leurs paroisses et qu’il décrit particulièrement bien le cynisme, pour ne pas dire plus, d’un grand nombre de curés, qui refusent d’être les prêtres de tous.
Lettre-témoignage 
« Chers amis de Paix Liturgique, 
Paroissien d’une église de centre-ville d’une ville moyenne de l’est de la France* dans laquelle aucune célébration de la messe traditionnelle n’est proposée, j’ai écrit avec des amis, dès juillet 2007 à mon curé pour lui demander la mise en place, dans le cadre paroissial, de la célébration de la forme extraordinaire du rit romain. 
Connus du curé, habitants de longue date la région, investis, pour beaucoup d’entre nous, dans différents services (catéchisme, chorale, secours catholique), nous pensions naïvement que notre demande n'était qu’une formalité et, au regard de la clarté du motu proprio de Benoît XVI, que notre demande serait rapidement exaucée. 
Quelle ne fut pas notre déception quand notre curé nous répondit dans un premier temps qu’il fallait réfléchir, prendre son temps, y aller par étape avec les fidèles de la paroisse qui risqueraient de ne pas comprendre notre demande. N’étions nous-mêmes pas des fidèles de la paroisse ? 
Comme un épouvantail, le curé, sans rejeter formellement notre demande, invoquait le risque de diviser la paroisse, comme si de fait ce n’était déjà pas le cas puisque de nombreux fidèles soucieux de se sanctifier dans l’antique forme du rit romain étaient priés de ne pas le faire savoir… 
Après réflexion, nous avons décidé de jouer le jeu et avons accepté la demande de notre curé de laisser du temps au temps. 
Les différents échanges que nous avons eus avec le conseil paroissial sur le sujet nous ont rapidement paru aussi courtois qu’inutiles et à vrai dire, totalement déconnectés tant il nous sautait aux yeux qu’en dépit du motu proprio de juillet 2007, ces personnes continuaient de raisonner comme dans les années de plomb des années 70 sans réaliser ni sembler connaître l’attrait de cette forme liturgique dans une grande partie de la jeunesse.
Les mois ont passé. Le curé nous a ensuite indiqué que l’application du motu proprio devait être faite en accord avec l’évêque (ce qui nous paraissait évident) et qu’il ne pouvait décider seul. 
En guise d’évêque, nous avons rencontré à deux reprises le vicaire général qui nous interrogeait sur les raisons qui nous amenaient à demander l’application du motu proprio. Il nous demandait ensuite un temps de réflexion d’environ six mois puisqu’il voulait échanger avec des évêques voisins sur leurs expériences en la matière pour voir ce qu’il serait le cas échéant, opportun, de mettre en place. 
A la fin de l’année, notre curé a été muté dans une autre paroisse. Un regroupement de paroisses a alors supprimé notre ancienne paroisse pour la raccrocher à un ensemble plus grand avec un nouveau curé. 
Naturellement, nous avons rapidement pris attache avec lui pour lui faire part de notre demande et de son historique. 
A notre grande surprise, il nous a affirmé ne rien connaître de nos démarches et nous a dit que de grands chantiers attendaient le diocèse, que la célébration de la forme extraordinaire du rit romain n’étaient pas une priorité et qu’il fallait laisser du temps au temps. 
Sans rentrer dans le détail chronologique des évènements, le bilan est que onze ans après nos demandes, aucune avancée n’a eu lieu et qu’aucune application du motu proprio ne s’est faite jour ni même n’est au programme de l’évolution de notre paroisse dans l’avenir…. 
Tout a été avancé pour finalement ne rien faire : pas de prêtre disponible, pas opportun de faire appel à une communauté traditionnelle, risque de division, tous les fidèles demandeurs ne sont pas géographiquement de la paroisse, il faut voir avec l’évêque, etc… 
Nous avons clairement été roulés dans la farine par l’évêque et les curés successifs qui, de toute évidence, ont décidé d’empêcher la célébration de la messe traditionnelle. 
Vous parlez souvent d’apartheid liturgique dans vos lettres et vous avez raison. Nous avons clairement eu affaire à une volonté délibérée et organisée pour empêcher la cohabitation paisible des deux formes du rit romain dans le cadre paroissial. Procédés déloyaux, mensonges, manipulations autant de manœuvres qui n’honorent pas les hommes d’Eglise qui les ont utilisées contre nous. 
Sans changement d’évêque et de curé, nous ne savons vraiment pas ce que nous pouvons faire encore. »
* C’est Paix Liturgique qui, à la demande de notre interlocuteur, a masqué le nom de la ville concernée pour ne pas réduire encore les possibilités d’une réponse positive dans l’espoir où….
LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE
1/ Ce témoignage ressemble hélas à ce qu’ont vécu et continuent de vivre beaucoup, pour ne pas dire la plupart des groupes des fidèles demandeurs de l’application du motu proprio depuis sa promulgation de 2007. Comme il n’est plus possible de prétendre que cette liturgie est interdite, les ennemis de la paix liturgique invoquent désormais de fallacieux prétextes et abusent de la bonne foi et de la patience des fidèles.

Il s’agit de leur part d’une stratégie délibérée qui a fait ses preuves, stratégie décourageante et décevante venant de la part d’évêques et de prêtres qui devraient se montrer soucieux de toutes leurs brebis. Ces partisans de l’apartheid liturgique manient l’hypocrisie et la lâcheté et profitent de l’obéissance filiale et de la bonne foi des fidèles qui ont le tort de penser qu’ils peuvent faire confiance à ces loups déguisés en brebis.

2/ C’est pourquoi, nous ne le dirons jamais assez : il faut persévérer !

Le découragement et la lassitude des groupes de demandeurs, voilà les meilleurs alliés des clercs ennemis de la liberté et de la paix liturgiques. Une fois le groupe découragé devant tant de mauvaise foi, ces prêtres peuvent ainsi prétendre « il n’y a pas de demande de célébration de la forme extraordinaire dans ma paroisse », « il n’y a pas de problème liturgique dans la paroisse ». Ces manipulations grossières ne sont plus acceptables et nous avons le devoir de les dénoncer et de les mettre en lumière.

3/ A tous les groupes de demandeurs ainsi traités depuis trop longtemps, nous conseillons de rendre publique leur démarche, en allant en parler directement avec les fidèles à la sortie des messes du diocèse, en distribuant des tracts explicatifs de l’historique de leur demande, etc…

Cette manière de faire, que nous avons maintes fois expérimentée, a le mérite de se faire connaître auprès de nouveaux fidèles. On constate en effet que les paroissiens d’une église peuvent changer dans des proportions importantes en l’espace de dix ans…

La publicité permet également de toucher d’autres fidèles intéressés, isolés et n’ayant jamais osé se lancer dans le parcours du combattant du demandeur.

Enfin, cette publicité empêche les curés malveillants de mentir impunément en prétendant que la demande n’existe pas, qu’elle n’est pas sérieuse, etc…

4/ Si cela ne suffit pas, une publicité auprès de la presse locale peut également être utile. Selon les lieux et le contexte, des sondages réalisés par des organismes professionnels et indépendants peuvent également être commandés : notre expérience à cet égard est à la disposition de tous. Dans le temps et dans l’espace, ces enquêtes d’opinion, jamais démenties, révèlent qu’une partie importante des fidèles (environ 1/3) assisteraient volontiers à la célébration de la forme extraordinaire du rit romain si elle était célébrée par leur curé dans leur paroisse.

5 / Et pour finir, nous donnons une idée dans l’air du temps : et si des fidèles bafoués depuis tant d’années décidaient d’assister désormais aux activités de leurs paroisses en gilet jaunes, sans provoquer de désordre ni de bouleversement, mais en témoignant ainsi de leur existence méprisée et en interpellant simplement tous les paroissiens de bonne volonté au sujet de l’existence d’une flagrante injustice ?

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Où Sont Les Maccabées ?

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 26 janvier 2019

”Où sont donc les héros du temps des Macchabées ?”
Demandait Monseigneur – ils sont partis jouer !

Que peut bien signifier, pour la grande masse des habitants du monde, le ralliement qu’opère la Fraternité Saint Pie X avec Rome ? Et que peut signifier cette politique même pour la plupart des catholiques ? Sans doute : peu de chose. Sans doute en était-il de même lorsque les passagers du Titanic ont vu une équipe de mécaniciens descendre dans les soutes du navire pour examiner ce qui se passait. Ils n’y ont peut-être pas prêté beaucoup d’attention. Mais dès qu’ils apprirent que leur grand paquebot était condamné, leur intérêt s’accrut considérablement. Il y a plus de 50 ans, l’Église catholique a heurté frontalement l’iceberg de Vatican II. Un grand ingénieur de l’Église, Mr Lefebvre, avertit le commandant de l’Église de ce qui se passait et du résultat qu’il fallait en attendre. En outre, il a indiqué le moyen d’empêcher l’Église de couler. Mais hélas, Mgr Lefebvre n’a été écouté ni par les commandants de l’époque ni par ceux d’aujourd’hui. Ses successeurs découragés préfèrent écouter les capitaines fourvoyés. Or, si la Fraternité ne montre plus la seule issue possible, ils sont bien à plaindre. Rappelons donc les étapes du processus de réconciliation parcouru depuis 2012 pour voir où nous en sommes.

Dans ce processus, l’étape décisive a été le Chapitre Général de la Fraternité tenu en 2012. Cette année-là, la Fraternité a renoncé au principe fondamental posé par son Fondateur : aucun accord purement pratique ne peut servir l’Église sans un accord doctrinal préalable entre la Fraternité et Rome. La raison en est qu’un catholique est catholique d’abord à raison de sa foi subjective qui soumet son esprit et sa volonté à la foi objective, à la foi de l’Église. L’erreur du subjectivisme, c’est de prétendre que la foi de l’Eglise est subjective, en sorte que chacun est libre de croire comme bon lui semble et par conséquent de se comporter comme bon lui chante. C’est comme si on acceptait de croire que 2 et 2 peuvent faire 4, ou 5 ou 6 ou 6,000,000. Cette infidélité, propre à Vatican II, la Fraternité l’a adoptée pour l’essentiel en 2012. Mais les responsables de Menzingen se sont empressés à rassurer leurs prêtres et leurs laïcs, en affirmant que rien d’essentiel n’avait changé dans la Fraternité. MAIS –

2013. Une série de réunions publiques commencent à Rome avec les autorités romaines, pour préparer un plan d’action, étape par étape, afin que la Fraternité arrive à être pleinement reconnue. Ce processus s’est déroulé comme prévu :—

2014. Des dignitaires romains visitent les séminaires de la FSSPX ; Rome concède à la Fraternité pour le temps du Jubilé une juridiction officielle pour les confessions.

2015. La “concession” sur les Confessions et l’Extrême-Onction devient permanente.

2016. les Ordinations sacerdotales de la SSPX ne sont plus sanctionnées par la suspension “a divinis”.

2017. Les Mariages célébrés dans la Fraternité sont rendus “licites” par la participation d’un prêtre de la Néo-église comme témoin.

2018. Le Chapitre Général de la FSSPX élit pour son Conseil Général trois hommes qui ne sont guère des lions de la Foi. Il crée en outre deux nouveaux postes de Conseillers Généraux qui permettent à deux lions de la réconciliation avec Rome de conserver leur pouvoir : Mgr Fellay et l’abbé Schmidberger.

2019. Rome vient d’effectuer la réabsorption de la Commission Ecclesia Dei (ED) au sein de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF). Cette commission en avait été séparée en 1988 dans le but de garder dans le giron romain les catholiques tentés de suivre Mgr Lefebvre après les consécrations épiscopales de la Fraternité. En tant que tel, ED avait pour mission d’être relativement favorable envers les traditionalistes. Mais le pape François n’en veut guère de la Tradition. Par conséquent, puisque la Néo-fraternité est maintenant d’accord avec Rome qu’il n’y a plus le conflit comme il y en avait en 1988, le Pape peut mettre fin à ED. Toutefois, ED était accommodante avec la Tradition, alors que les membres de la CDF sont des lions de la Néo-église. Comme le petit Chaperon Rouge, la Néo-fraternité se jette dans la gueule de Rome – “Oh, douce, grande et méchante Rome, que vous avez de belles dents !” “D’autant mieux pour te manger, petite nigaude !”

Et qu’en est-il de la Fraternité ? De même qu’elle est contente que Rome ait dissous ED, parce que la CFD la traitera enfin comme appartenant pleinement à l’Église, de même elle risque d’être encore plus heureuse si Rome la dote de deux évêques de la Néo-église relativement décents, pour satisfaire ses besoins d’Ordinations et de Confirmations. Mais ils viendront de l’extérieur de la FSSPX et seront toujours sous le contrôle romain. De la part de Rome, la démarche sera habile, refermant encore plus le piège sur ce qui reste de la Fraternité de Mgr Lefebvre. Et combien de prêtres de la Néo-fraternité sauront y discerner “une mer de troubles possibles”, et de plus combien seront prêts à se lever pour “prendre les armes pour y mettre fin (Hamlet)” ? Pas beaucoup, on peut le craindre.

Kyrie eleison.

24 janvier 2019

[Jeanne Smits - P. Jean-Paul Argouarc’h - L'Homme Nouveau] Riaumont dans la tourmente

SOURCE - Jeanne Smits - P. Jean-Paul Argouarc’h - L'Homme Nouveau - 24 janvier 2019

Le Village d’Enfants de Riaumont fondé par le P. Revet en 1958 est dans la tourmente. Descente de police, garde à vue de quatre religieux, retour de la vingtaine de pensionnaires actuels dans leurs familles… Riaumont est en danger et pourtant rien de très grave n’est reproché aux pères et aux frères de l’Institut Sainte-Croix mis en examen la semaine dernière, mais pour de simples « violences légères ». Le P. Jean-Paul Argouarc’h, prieur de 1986 à 2002, croisé à la Marche pour la Vie, a commenté ces événements qui ne sont pas sans importance pour l’ensemble du monde du « hors-contrat » en France.
Mon Père, nous avons appris la mise en garde à vue de plusieurs de vos frères de Riaumont, et ensuite leur mise en examen pour « violences légères », largement répercutée par les médias. Qu’en est-il exactement?
En fait, c’est une question d’éducation. Il se trouve que quelques enfants ont pu être un petit peu repoussés ou prendre une claque, mais c’est extrêmement rare à Riaumont. D’ailleurs, sur trois cents auditions, il n’y a que 11 enfants qui se sont plaints. Il n’y a aucun certificat médical. Et donc, absolument rien de grave. Nous pensons quant à nous qu’il s’agit d’une attaque idéologique : on veut fermer une école qui est dirigée par des religieux, des religieux qui défendent des valeurs. Par exemple, nous sommes à la Marche pour la vie : nous défendons la vie ! L’Etat français est en train d’essayer, actuellement, de fermer beaucoup d’écoles hors contrat.

Ce qui est incroyable, c’est que nous avons eu une inspection menée par quatre inspecteurs d’académie qui nous ont félicités pour l’école. Nous avons également eu l’inspection, il n’y a pas très longtemps, de la mairie, de la préfecture, des pompiers et de la police qui ont été enchantés de tout ce qu’ils ont vu au niveau de l’hygiène et de la sécurité. Ce sont donc uniquement des magistrats de Béthune qui depuis longtemps attendaient une occasion pour fermer l’école.
Il s’agit de fermer une école qui accueille des enfants difficiles.
Extrêmement difficiles : Riaumont est l’école de la dernière chance. Ce sont des enfants qui sont victimes de déchirures familiales, qui ont des problèmes de comportement, et qui, souvent, ont été signalés par les travailleurs sociaux qui nous connaissent et qui les aiguillent vers nous. Il y a aussi d’autres parents qui ont décidé de mettre leur fils au village d’enfants de Riaumont parce que nous représentons un idéal. Il faut bien comprendre que la pédagogie de Riaumont est la pédagogie scoute, avec la loi, bien sûr, la promesse, les principes, mais surtout – et c’est ce qui intéresse et passionne beaucoup des enfants qui ne veulent plus aller en classe, qui sont renvoyés, parfois de six, voire de sept écoles — le scoutisme, les veillées, les grands jeux, la façon dont on va leur donner des responsabilités, la façon dont les jeunes vont pouvoir être valorisés. Tout cela, ça compte énormément pour eux. Riaumont reste un peu un phare dans la rééducation, mais ce phare ne plaît pas à tout le monde et c’est pour cela que nous faisons face à une opposition qui est de plus en plus violente.
Un très récent article dans la presse professionnelle des psychologues américains affirme que « la masculinité est toxique ». A Riaumont, avez-vous un mode d’éducation qui est spécialement «viril»?
Je ne pense pas. Le scoutisme apporte bien sûr cette formation, mais en même temps, il y a aussi toute une présence féminine à Riaumont, donc il y a les deux. Et si nous avons des internes – ils sont une vingtaine – nous avons également un groupe scout très important de 500 scouts qui fréquentent eux aussi le village. Cette ouverture, justement, est excellente, parce qu’il y a des grandes amitiés qui se font entre ces adolescents.
Riaumont n’est donc pas du tout un lieu fermé comme on a pu le lire dans la presse…
Non, pas du tout. Moi-même, je suis un supporter du Racing Club de Lens. Le Racing Club de Lens nous a offert des maillots, des chaussures… J’ai fait venir le Variété Club qui comprend les anciens de l’équipe de France : ils sont venus jouer pour Riaumont… J’ai pris des réfugiés irakiens – pas moins de quatre familles. Riaumont est très ouvert sur l’extérieur, où passent de nombreuses personnes. Des familles de l’extérieur sont présentes à la messe chaque semaine. Les enfants côtoient aussi un groupe scout important qui se réunit au village. Nous participons à certaines activités de la ville, les enfants vont à la piscine municipale, etc…
Les récentes affaires de pédophilie mises au jour ont-elles pu colorer un peu ce dossier même si nous avons bien compris qu’il n’y a aucune poursuite sur ce plan-là ? La justice n’a-t-elle pas tiré argument de ce contexte pour frapper plus fort ?
Ils ont cherché, en effet, en interrogeant les enfants. D’après ce que nous savons ils n’ont pas trouvé de pédophilie à Riaumont. Ils sont toujours en train d’interroger des enfants, d’ailleurs ; nous sommes sans arrêt persécutés. Les anciens sont furieux. Au mois de juin, ceux-ci convoquent une réunion gigantesque d’anciens qui veulent nous donner leur soutien.
La garde à vue s’est-elle bien passée ?
La garde à vue s’est très mal passée. Les quatre frères ont été mis avec des dealers, avec des drogués, en majorité marginaux : c’était un réseau. Ils n’ont pas pu dormir de la nuit. C’étaient des conditions de vie épouvantables. Le père Prieur a été menotté, les voitures de police circulaient sirènes hurlantes entre le commissariat de police de Lille et le palais de justice de Béthune. Ils avaient froid… Ces conditions pendant ces 48 heures ont été terribles, d’ailleurs notre avocat envisage de faire appel.
Les mis en examen encourent des peines très légères puisque ce sont des violences légères qui leur sont reprochées…
Oui. De toutes façons nous allons nous défendre. Puisqu’il n’y a pas matière à condamner, en l’état actuel, ces religieux dont il ne faut pas oublier qu’ils ont donné leur vie pour l’enfance en danger.
Pour conclure, je reviens sur ce que vous avez dit tout à l’heure : que les écoles hors contrat sont dans le collimateur de l’Etat. Ne pensez-vous pas qu’il est temps maintenant pour les écoles hors contrat de se serrer les coudes à ce sujet ?
Oui, et d’autant plus que, d’après ce que l’on sait, il y a environ une cinquantaine d’écoles hors contrat qui sont fondées chaque année. Il commence à y avoir des réseaux d’amitié entre ses écoles. Il est sûr qu’il faudrait que l’on puisse se structurer un peu plus et qu’on ait une délégation représentative pour parler au nom de toutes ces écoles.

21 janvier 2019

[FSSPX Actualités] Congrès du Courrier de Rome: entretien vidéo avec l'abbé Davide Pagliarani

SOURCE - FSSPX Actualités - 21 janvier 2019

A l'occasion du XIVe congrès du Courrier de Rome qui s'est déroulé à Paris le 19 janvier 2019, nous avons interrogé l'abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X. Le thème de sa conférence était "L’Eglise, corps mystique du Christ ou adaptation au monde?"

20 janvier 2019

[François Hoffman - Monde&Vie] Requiem pour Ecclesia Dei?

SOURCE - François Hoffman - Monde&Vie - 18 janvier 2019

C'est la rumeur: parmi les réformes de la Curie, la suppression de la Commission Ecclesia Dei -commission actuellement responsable des communautés de rite traditionnel ralliées à Rome- serait envisagée. l'annonce en a surpris plus d'un
Souvenez-vous : le 2 juillet 1988, lorsqu'il condamna les sacres de Mgr Lefebvre, Jean-Paul II avait institué une commission Ecclesia Dei par le biais du Motu proprio éponyme. Cette commission devait remplacer la fameuse commission composée de prélats romains et de membres de la FSSPX prévue par le protocole d'accord du 5 mai 1988. Cette dernière ne vit pas le jour en raison du retrait en dernière minute du fondateur d'Écône. Mais Jean-Paul II eut l'idée de créer une instance destinée à faciliter l'application d'un Motu proprio, qui avait pour mérite de sortir la messe traditionnelle de l'interdiction de fait dont elle était victime.

Au cours de ses premières années, cette Commission eut la réputation de freiner les demandes de célébration de la messe traditionnelle, s'abritant parfois derrière une lénifiante langue de bois toute ecclésiastique. Présidée par le cardinal Mayer, elle fut confiée par la suite à des figures plus insignifiantes et moins engagées pour le rite tridentin. Il faut attendre le cardinal Castrillón Hoyos en 2000 pour que la commission redevienne un organisme plus dynamique. Dirigée par le prélat colombien, elle a pu se targuer d'un beau tableau de chasse" : on lui doit la réconciliation avec certaines communautés proches de la FSSPX : ainsi fut créée l'administration apostolique de Campos en 2002 (héritière de ce camarade de combat de Mgr Lefebvre que fut Mgr de Castro Mayer), et puis la mise en place de l'Institut du Bon Pasteur. Elle a surtout accompagné la libération du rite romain traditionnel par le Motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.

Pour la Fraternité Saint-Pie X, le bilan de la Commission est plus contrasté : elle porte en elle la condamnation des sacres d'évêques illégaux en 1988. En 2009. Benoît XVI, très attaché aux discussions doctrinales avec la FSSPX, rattacha Ecclesia Dei à la Congrégation pour la doctrine de la foi, sous la houlette du cardinal Levada. Présidée par Mgr Pozzo, elle a été l'instance de discussion avec Menzingen. Des discussions doctrinales qui ont toujours échoué.

On envisage aujourd'hui sa suppression Pour certains, cela traduirait une mauvaise volonté vaticane et un risque de marginalisation de l'ancien rite. Ce n'est qu'une hypothèse. Pour d'autres, la raison de cette suppression serait plus technocratique : une réorganisation administrative au sein de la curie romaine. Enfin, pour certains observateurs, François ne fait que répondre à un grief classique de la FSSPX. II supprime ce qui, même subliminalement, incarnait la condamnation de la Fraternité. En un sens, il la prend au mot. Benoît XVI avait répondu aux préalables de Mgr Fellay. François, lui, continue le travail en purgeant la curie romaine de certaines échardes du passé. La FSSPX en rêvait, François l'a fait ?
Conséquences pratiques
Que sera le monde traditionnel sans Ecclesia Dei? On peut d'abord supposer une réintégration dans le droit commun de différentes questions. Ainsi, la question du rite relèverait de la Congrégation pour le culte divin. La Commission avait donné certaines indications - heureuses ou maladroites - concernant la gestion » du rit traditionnel. Ainsi, c'est elle qui a permis le retour à certaines rubriques d'avant Jean XXIII. Inversement, elle a autorisé certaines réformes dans le sens du Missel de 1965. Il en irait de même pour d'autres questions, comme les vœux ou les ordres religieux : les congrégations romaines compétentes seraient les interlocuteurs des instituts Summorum Pontificum. Rappelons que la FSSPX a toujours eu recours aux instances romaines sans passer par Ecclesia Dei.

Quelles pourraient être les dangers, si la suppression de la commission était confirmée ? On peut songer à davantage de variations dans l'usage du rite traditionnel. C'est en effet Ecclesia Dei qui avait retenu comme étalon l'édition de 1962. Par ailleurs, voilà les Communautés Ecclesia Dei bientôt immergées dans le droit commun de l'Eglise. Les acteurs, de part et d'autre, sont-ils assez mûrs pour cela?

[François Hoffman - Monde&Vie] Un nouvel évêque pour la FSSPX

SOURCE - François Hoffman - Monde&Vie - 18 janvier 2019

Cela fait plusieurs mois que Mgr Huonder, l'évêque de Coire (Suisse), envisageait de prendre sa retraite auprès de la Fraternité Saint-Pie X. Cette fois, c'est officiel. Mgr Huonder, réputé conservateur, est non seulement un ami de la FSSPX, mais il est un proche du pape François, lequel avait refusé sa démission en 2017. Autrement dit, on peut se retirer auprès de la FSSPX comme auprès de n'importe quelle congrégation religieuse! D'après nos informations, Mgr Huonder prendrait sa retraite au sein d'une école tenue par la Fraternité en Suisse. Bref, une illustration de ce «statut par morceaux», dont jouit la Fraternité. Avec l'aval du pape des périphéries. Voilà une preuve supplémentaire de la normalisation de la FSSPX.

[Cyprien Viet - VaticanNews] Le Pape supprime la commission pontificale Ecclesia Dei

SOURCE - Cyprien Viet - VaticanNews - 19 janvier 2019

Le dialogue avec les lefebvristes relèvera désormais directement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Le Motu proprio publié ce 19 janvier annonce la suppression de la Commission pontificale Ecclesia Dei, qui avait été établie par Saint Jean-Paul II le 2 juillet 1988 suite au schisme de la Fraternité Saint-Pie X, provoqué par l’ordination sans mandat pontifical de quatre évêques par Mgr Marcel Lefebvre. Le Pape justifie cette décision par le fait que les travaux de la Commission Ecclesia Dei sont désormais essentiellement de nature doctrinale et que les communautés célébrant dans la forme extraordinaire ont désormais atteint une certaine stabilité.

L’objectif de cette Commission était de «faciliter la pleine communion ecclésiale» de tous ceux qui, bien qu’étant lié à la Fraternité Saint-Pie X, désiraient «rester unis au Successeur de Pierre dans l’Église catholique, en conservant leurs propres traditions spirituelles et liturgiques». Plusieurs communautés ont ainsi pu se développer en associant la sensibilité traditionaliste et la loyauté au Pape : la Fraternité Saint-Pierre, l’Institut du Christ-Roi ou encore l’Institut du Bon Pasteur, sont des structures désormais bien intégrées dans le paysage ecclésial, en France notamment.
Évolutions sous Benoît XVI
Le Motu proprio de Benoît XVI en 2007, Summorum Pontificum, qui avait élargi les possibilités de célébration de la messe sous la forme extraordinaire du rite romain, avait aussi placé ces communautés sous la responsabilité directe de la Commission Ecclesia Dei.

L’actuel Pape émérite avait aussi fait paraître un autre Motu proprio en 2009, Ecclesiae Unitatem, réorganisant cette Commission suite à la levée de l’excommunication des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre. Il avait aussi décidé de la lier d’une façon plus organique à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF).

Le Motu proprio de ce jour précise qu’une Section sera instituée au sein de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi afin de poursuivre «l’œuvre de vigilance, de promotion et de tutelle»jusqu’alors conduite par la Commission Ecclesia Dei. Ce transfert de compétences répond à une demande exprimée lors d’une réunion de la CDF le 15 novembre 2017, approuvée par le Pape le 24 novembre suivant et validée en session plénière de ce dicastère en janvier dernier. Le Motu proprio porte la date du 17 janvier 2019.

[Andrea Tornielli - VaticanNews] Éditorial: Ecclesia Dei, la fin d’une exception

SOURCE - Andrea Tornielli - VaticanNews - 19 janvier 2018

Éclairage sur la signification de la décision du Pape d’attribuer à une section spécifique de la Congrégation pour la Doctrine de la foi les devoirs de la Commission instituée en 1988.

Le Motu proprio par lequel le Pape François a supprimé la Commission Pontificale Ecclesia Dei en attribuant ses compétences à une section spécifique de la Congrégation pour la Doctrine de la foi a une double signification. En premier lieu, le Pape rappelle que le caractère exceptionnel qui avait conduit saint Jean-Paul II à l’instituer en 1988, après la rupture avec l’archevêque Marcel Lefebvre et les ordinations épiscopales survenues sans mandat pontifical, s’est atténué. La Commission devait favoriser la récupération de la pleine communion ecclésiale avec les prêtres, les séminaristes, les religieux et les religieuses liées au rite romain préconciliaire, en leur permettant de maintenir leurs propres traditions spirituelles et liturgiques.

Une urgence qui n’existe plus, grâce aussi à la décision de Benoît XVI de libéraliser l’usage du Missel Romain de 1962 (promulgué par saint Jean XXIII avant le début du Concile). Pour cette raison, le Pape rappelle que «les instituts et les communautés religieuses qui célèbrent habituellement dans la forme extraordinaire ont trouvé aujourd’hui une vraie stabilité de nombre et de vie». Leur existence est donc consolidée, et toutes les fonctions sont transférées à la nouvelle section qui, entre autres, s’appuiera sur le personnel jusqu’à présent en service au sein de la Commission.

La seconde signification de la décision est liée aux compétence spécifiques du Dicastère doctrinal. La décision de François s’inscrit dans un parcours déjà initié par le Pape Benoît XVI, qui en 2009 avait voulu que le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi préside la Commission Ecclesia Dei. Le nouveau passage d’aujourd’hui est motivé par le fait que les finalités et les questions traitées par la Commission «sont d’ordre essentiellement doctrinal». Il s’agit d’une référence au dialogue entre le Saint-Siège et la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X fondée par Mgr Lefebvre. Comme on le sait, avec la levée des excommunications des évêques ordonnés de façon illégitime en 1988, le libre usage du Missel Romain de 1962 et les facultés concédées aux prêtres de la Fraternité par le Pape François, le thème doctrinal reste l’unique, mais aussi le plus important, à être ouvert. Surtout maintenant que la Fraternité a changé de guides. Les nouveaux responsables ont en effet annoncé vouloir demander une autre discussion avec le Saint-Siège sur les textes du Concile Œcuménique Vatican II: un thème délicat qui sera abordé par le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Luis Ladaria.

[Abbé Benoît de Jorna, fsspx / Anne Le Pape - Présent] "Manifester davantage notre cohérence doctrinale et pratique"

SOURCE - Abbé Benoît de Jorna, fsspx / Anne Le Pape - Présent - 19 janvier 2019

Le 24 janvier 2009, Benoît XVI lève les excommunications des quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre. A l’occasion de cet anniversaire, l’abbé Benoît de Jorna, supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pie X, replace ces événements dans leur contexte.
Présent : Le 1er juillet 1988, Rome a prononcé l’excommunication de Mgr Lefebvre et des quatre évêques qu’il avait sacrés sans sa permission en juin de la même année. Pouvez-vous nous rappeler le contexte ?
Mgr Lefebvre, en 1984, écrit Lettre aux catholiques perplexes, et termine en disant : « J’espère qu’un évêque se lèvera pour poursuivre l’œuvre que j’ai entreprise et sauver le sacerdoce pour le sacrifice de la messe. » En 1986 se tient la première réunion œcuménique d’Assise, qui scandalise, au sens strict, Mgr Lefebvre, et celui-ci réagit en disant : « Puisqu’aucun évêque n’a été capable de se lever devant ce scandale, je ne peux compter sur aucun. Je devrai donc me donner à moi-même les moyens de poursuivre l’œuvre que la Providence m’a confiée. » Il va alors nourrir le projet de sacrer des évêques.
Mgr Lefebvre ne s’est-il pas interrogé jusqu’au dernier moment ?
Jusqu’au dernier moment, il a toujours espéré que Rome concéderait ce sacre. Il y a eu entre-temps la visite canonique, à Ecône, du cardinal Gagnon et de Mgr Perl (qui est mort le 21 juillet de l’an passé).

Mgr Lefebvre a toujours cherché à ce que Rome donne la permission. Mais il a constaté un refus sans motif et a priori. Des tergiversations sans fin, qui laissaient penser qu’on attendait qu’il disparaisse.
La levée a eu lieu le 24 janvier 2009. Par quoi a été justifiée cette décision du pape Benoît XVI ?
Tout simplement parce que cette excommunication était sans valeur. On a enlevé ce qui n’était pas justifié. Quand quelqu’un est excommunié, il faut qu’il vienne à résipiscence pour que la sentence soit levée. Cela n’a pas été le cas, ce qui prouve l’inanité de cette sentence.
Les décisions du pape François vis-à-vis de la Fraternité (octroi du pouvoir de confesser et de marier) ne vont-elles pas dans le même sens : removens prohibens (enlever ce qui gêne) ?
Il est difficile de savoir ce que veut le pape François. Mais Rome voit sans doute cela comme une façon de montrer sa bienveillance à notre égard.
Il se dit que Mgr Huonder, l’évêque de Coire, en Suisse, ami de la Fraternité Saint-Pie X mais également proche du pape François, va se retirer au sein d’une école tenue par la Fraternité en Suisse, avec l’aval du pape. On peut donc officiellement prendre sa retraite au sein de la Fraternité, comme au sein de n’importe quelle autre congrégation ?
Effectivement, Mgr Huonder a bien manifesté ce projet. Mais il est encore à la tête de son diocèse. La réalisation est donc pour le futur et Dieu seul le connaît.
Vous avez été nommé à la tête du District de France à la rentrée dernière, après avoir occupé ce poste et l’avoir quitté pour 22 années passées à Ecône. Quels changements notez-vous, à la fois dans le district et dans le pays ?
Je remarque dans le pays une décadence galopante des mœurs sociologiques, politiques etc., et je le constate d’autant mieux que j’ai été absent durant toutes ces années. Les gens ne communiquent plus qu’avec eux-mêmes, on vit en quelque sorte dans un monde d’autistes.

En revanche, je vois une jouvence du district. L’écart se creuse entre le monde dans lequel nous sommes et duquel nous ne sommes pas, et les fidèles.
Plus de fidèles qu’il y a 22 ans ?
Plus de fidèles, plus d’enfants dans les écoles, une grande extension, qui m’a heureusement surpris. 180 prêtres, le maximum que nous ayons jamais eu (nous en avions 100 il y a 25 ans).
La Fraternité a-t-elle beaucoup de prêtres missionnaires, hors de France ?
Trop ! Au moins une soixantaine. Je les préférerais bien sûr en France. Les écoles manquent cruellement de prêtres. La nécessité est encore plus grande que pour le ministère.

Supérieur du séminaire à Ecône, vous avez formé la plupart des prêtres aujourd’hui en poste en France. Cela vous facilite-t-il la tâche ou, au contraire, la complique-t-elle ?

Cela me facilite énormément la tâche. La connaissance que j’ai eue de tous les prêtres comme séminaristes m’aide beaucoup. Celle qu’ils ont de moi joue aussi. La communication est excellente.
Quel est pour vous le rôle de la Fraternité aujourd’hui ?
Un rôle d’éperon dans la conquête du Christ Roi, c’est-à-dire du Royaume de la grâce. La Fraternité reste une sorte de navire-amiral, avec de petits navires parallèles qui, de temps en temps, voudraient la déborder sur sa droite ou sur sa gauche. Je parle là des communautés amies. Il n’empêche que la Fraternité garde son rôle d’éperon, ce à quoi sont attentives des communautés Ecclesia Dei et même des évêques français, même s’ils ne le disent pas. Je pense à certains qui restent attentifs, et même avec bienveillance. J’en ai rencontré quelques-uns et je vais encore en rencontrer. Ils nous reçoivent avec amabilité, l’un ou l’autre n’étant pas sans être intéressé par le fait que, dans certaines conditions, nous pouvons représenter une solution pour occuper des églises du diocèse, par exemple. Les maires, qui en ont la responsabilité, n’ont pas toujours envie d’entretenir des bâtiments vides. Mais les évêques ne veulent pas nécessairement les désaffecter. Nous pouvons alors représenter une solution. Certains l’envisagent, et c’est pour nous une perspective d’avenir.
Par quel biais ces évêques prennent-ils connaissance de ce que vous faites ? Le site La Porte latine ? La Lettre à nos frères prêtres?
Plutôt par La Porte latine, qui reste une excellente source d’informations pratiques. Ceux que j’ai rencontrés connaissent les chapelles locales, celles que nous avons dans leur diocèse. Les rapports avec nos prêtres ont d’ailleurs beaucoup changé. Il y a 25 ans, nos prêtres ne pouvaient avoir de contact avec l’évêque du diocèse dans lequel ils avaient une chapelle. Aujourd’hui, ils sont reçus quand ils le demandent, comme tout un chacun. Et fort aimablement. Mais les évêques considèrent toujours que nous ne sommes pas « en pleine communion », et nous le disent.
Quels sont vos objectifs en tant que supérieur du District de France ?
Manifester davantage notre cohérence doctrinale et pratique, en relançant notamment une revue doctrinale, qui pourrait intéresser les prêtres, les fidèles mais aussi les universitaires. Affaire à suivre!

Propos recueillis par Anne Le Pape

[Nicolas Senèze - La Croix] Le pape supprime la Commission «Ecclesia Dei»

SOURCE - Nicolas Senèze - La Croix - 19 janvier 2019

La commission chargée du dialogue avec la Fraternité Saint-Pie-X a été totalement intégrée, samedi 19 janvier, à la Congrégation pour la Doctrine de la foi.

Le pape a aussi décidé, samedi, de détacher le Chœur de la Chapelle Sixtine de la Maison pontificale

Le pape François a décidé de marquer à sa façon le dixième anniversaire, ce lundi, de la levée des excommunications des quatre évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) illégitimement ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre en 1988.

Le motu proprio publié samedi midi 19 janvier marque en effet une nouvelle étape dans le dialogue avec les intégristes catholiques avec la suppression de la Commission pontificale Ecclesia Dei, désormais totalement intégrée à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Cette commission était née en 1988 pour, à la fois, encadrer les communautés qui refusaient de suivre Mgr Lefebvre dans son schisme, et pour suivre le dialogue avec la FSSPX.
« Les finalités et les questions traitées sont d’ordre principalement doctrinal »
En 2009, après la levée des excommunications, Benoît XVI avait déjà réorganisé la commission : accueillant la volonté de la FSSPX d’un dialogue doctrinal avec Rome, il avait rattaché Ecclesia Dei à la Congrégation pour la Doctrine de la foi (CDF), tout en lui conservant une certaine autonomie.

Depuis, malgré les espérances du pape allemand, le dialogue avec la FSSPX a marqué un temps d’arrêt. Mgr Bernard Fellay, avec qui Ecclesia Dei discutait depuis près de 20 ans, reportait en permanence toute signature d’un accord pratique pourtant à portée de main avec Rome.

Et c’est justement pour « prendre acte », selon les termes du motu proprio Motu proprio data, « que les finalités et les questions traitées » par la commission « sont d’ordre principalement doctrinal » que le cardinal Luis Ladaria Ferrer, président d’Ecclesia Dei et préfet de la CDF, a demandé au pape, dès décembre 2017, la pleine intégration de la première à la seconde.
Les compétences d’Ecclesia Dei « intégralement assignées » à la CDF
La suite des faits lui a donné raison puisque, venu à Rome en novembre dernier, l’abbé Davide Pagliarani, le nouveau supérieur général de la Fraternité élu en juillet, a demandé au cardinal « à reprendre la discussion théologique ».

Concrètement, les compétences d’Ecclesia Dei « sont intégralement assignées » à la CDF dont elle devient une section à part entière – aux côtés des sections doctrinale et disciplinaire et des archives.

Cela signifie que les différents instituts traditionalistes qui s’étaient ralliés à Rome depuis 30 ans demeureront sous sa responsabilité.

Si certains auraient préféré être placés dans le droit commun, le pape estime toutefois encore nécessaire que la spécificité des communautés traditionalistes continue à être prise en compte, même si, souligne-t-il, « les instituts et les communautés religieuses qui célèbrent généralement sous une forme extraordinaire ont aujourd’hui retrouvé leur propre stabilité de nombre et de vie ».
« L’urgence n’existe plus »
Ils ne constituent pas non plus une réalité suffisamment importante pour justifier l’existence d’un organisme spécifique. « L’urgence » qui existait en 1988 « n’existe plus », justifie Andrea Tornielli, directeur éditorial de VaticanNews dans un éditorial mis en ligne dès samedi midi.

Étant archevêque, et ne pouvant de ce fait être chef de bureau à la CDF, l’actuel secrétaire de la commission Ecclesia Dei, Mgr Guido Pozzo, est quant à lui nommé surintendant à l’économie de la Chapelle musicale pontificale.
Le chœur de la Chapelle Sixtine détaché de la Maison pontificale
Le chœur de la Chapelle Sixtine est en effet, depuis plusieurs mois, sous le coup d’une enquête de la justice vaticane après des soupçons de détournement de fonds de la part de son directeur administratif, dont Mgr Guido Pozzo prend donc les responsabilités.

Un visiteur apostolique aurait par ailleurs enquêté sur des plaintes de plusieurs parents contre une « dureté verbale excessive » du maestro de la Chapelle, Mgr Massimo Palombella, à l’encontre des enfants du chœur.

Ce sont ces procédures qui ont sans doute poussé le pape, par un autre motu proprio publié samedi, à détacher de la Maison pontificale l’institution qui, depuis des siècles, anime les liturgies des papes.

Elle sera désormais placée sous la responsabilité du Bureau des célébrations liturgiques, avec lequel elle est déjà régulièrement amenée à travailler.
Mgr Guido Marini « responsable de la Chapelle musicale pontificale »
Chargé d’élaborer de nouveaux statuts pour la Chapelle, le maître des célébrations liturgiques pontificales, Mgr Guido Marini, prend donc aussi le titre de « responsable de la Chapelle musicale pontificale », Mgr Massimo Palombella continuant à diriger le chœur sous sa responsabilité.

« Il est directement placé sous la responsabilité de Mgr Marini qui chapeaute toutes les activités de la Chapelle musicale pontificale, y compris les activités artistiques, comme le stipule le motu proprio », a souligné à La Croix le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti tandis que l’administration économique est désormais assumée par Mgr Pozzo « toujours sous la direction de Mgr Marini ».

Nicolas Senèze, à Rome

19 janvier 2019

[François Hoffman - Présent] Haro sur la commission Ecclesia Dei?

SOURCE - François Hoffman - Présent - 19 janvier 2019

Depuis quelques semaines, la suppression de la commission Ecclesia Dei serait dans les tuyaux (voir Présent du 9 janvier dernier). C'est elle qui gère les instituts célébrant la messe traditionnelle qui disposent d'un statut romain, qu'il s'agisse de la Fraternité Saint-Pierre ou de l'Institut du Bon Pasteur. Née en 1988, à la suite du motu proprio dont elle porte le nom, elle a connu un nouvel essor avec l'arrivée du cardinal Castrillon Hoyos en 2000. On lui doit la réconciliation de la communauté de Campos (Brésil), érigée en administration apostolique en 2002, ou l'accompagnement de la libération du rit traditionnel à partir de 2007 dans le sillage du motu proprio Summorum Pontificum.
Mise au pas ?
C'est aussi la commission Ecclesia Dei qui avait mené les discussions doctrinales entre 2009 et 2011 avec la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX). A cet effet, elle avait été intégrée à la Congrégation pour la doctrine de la foi. C'est justement sa place comme service de la curie romaine qui est visiblement discutée. Certains estiment qu'il s'agirait d'une mise au pas d'une instance de dialogue entre Rome et les traditionalistes, ayant comme risque corrélatif la disparition ou la marginalisation de la messe traditionnelle. 

Cependant, on doit rester prudent sur les conjectures. Tout d'abord, la commission Ecclesia Dei avait été, notamment dans les années 1990, dans le collimateur de la Fraternité Saint-Pie X dans la mesure où elle était liée à un motu proprio qui condamnait les sacres de Mgr Lefebvre du 30 juin 1988. Ecclesia Dei Afflicta... D'autres y voient plutôt une réorganisation administrative de la curie, priorité du pape François qui a cependant donné des résultats mitigés et contrastés. La rationalisation des services existe aussi dans le monde ecclésial... Mais il faut surtout examiner les conséquences pratiques d'une éventuelle suppression de la commission Ecclesia Dei: la réintégration du monde catholique traditionnel dans le droit commun, que ce soit pour les questions liturgiques ou les veux des religieux. A cet égard, un institut a déjà habituellement recours aux congrégations romaines pour certains sujets (exemption des veux des religieux ou réduction à l'état laïc des prêtres) sans visiblement éprouver de difficultés : la FSSPX. Une voie à suivre?

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Incendies en Californie

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 19 janvier 2018

Si quelqu’un de par le monde, et particulièrement aux États-Unis, pense encore que les Nations Unies sont une association de bienfaisance, ou que les incendies qui ont ravagé récemment l’État de Californie sont des incendies de forêt normaux, alors il faut que cette personne refasse ses calculs. Car il existe des preuves très sérieuses établissant que les incendies qui ont détruit en novembre 2018 les villes de Paradise et de Malibu, tuant Dieu sait combien de centaines de personnes, ont été intentionnellement déclenchés. Il est vraisemblable que de tels incendies font partie d’un plan onusien visant à réduire la population mondiale et à la chasser de la campagne vers les grandes villes. Paranoïa ? Ou nouvelle donne ? Lisez ce qui suit.
   
En Californie, on connaît bien depuis longtemps les caractéristiques normales d’un feu de forêt. Normalement, les températures ne sont jamais assez élevées pour faire fondre des métaux ou des pneus en caoutchouc ; les incendies ne se déclarent jamais soudainement à plusieurs endroits à la fois ; lorsque des maisons brûlent, les arbres qui les entourent restent rarement intacts et généralement, les maisons ne sont ni complètement rasées, ni réduites à un tas de cendres blanches. Or curieusement, toutes ces caractéristiques ont été présentes dans les incendies de Malibu, Paradise et beaucoup d’autres endroits. De plus, les routes par lesquelles les habitants tentaient de fuir les villes en feu, se sont transformées en cimetières : beaucoup de voitures avec leurs passagers ont été carbonisés, alors que les arbres bordant les routes ont été épargnés. Il y a, sur Internet, abondance de preuves qu’on pourra constater de visu. À titre d’exemple contentons-nous d’indiquer un seul site : themillenniumreport.com.

L’explication, de loin la plus probable, c’est que les incendies ont été causés par des AED, Armes à Énergie Dirigée, par exemple des canons laser qui ont tiré depuis les airs, par des hélicoptères ou des avions. Les canons laser existent depuis des dizaines d’années, et leurs rayons ont été photographiés il y a quelques mois par les téléphones portables de plusieurs habitants. Ces armes expliqueraient la chaleur anormalement élevée et la sélectivité des incendies. Mais, qui donc programmerait un satellite ou piloterait un avion pour tuer délibérément ainsi ses concitoyens ? Chers lecteurs, à moins d’avoir, comme l’autruche, la tête enfouie dans le sable, vous savez maintenant que peu de gens croient encore que le 11 septembre ait été l’œuvre de 19 Arabes. Aujourd’hui, la plupart des gens admettent, preuves à l’appui, qu’il s’est agi d’un travail occulte (Inside Job), sinon du gouvernement officiel ou des forces armées des USA, du moins d’une organisation occulte que l’on appelle “l’État Profond”, c’est-à-dire un gouvernement secret au sein du gouvernement officiel, qui de fait dirige le gouvernement officiel. Le 11 septembre a eu lieu en 2001. On dirait, combien plus meurtriers sont devenus ces individus agissant comme s’ils jouaient sur des consoles Nintendo !

Mais pour quelles raisons cet État secret fait-il des choses pareilles ? Simplement pour mettre en œuvre l’un ou l’autre ou plusieurs des nombreux plans visant à installer la tyrannie du Nouvel Ordre Mondial. En 1992 s’est tenue à Rio de Janeiro une grande réunion des Nations Unies où 178 gouvernements ont voté l’adoption de Programme 21, un plan de “développement durable “ pour l’avenir du monde. Albert Gore, alors candidat à la présidence des Etats-Unis, n’y a-t-il pas proposé de réduire de neuf dixièmes la population mondiale ? Et pourquoi pas, tant qu’on y est, carboniser depuis le ciel ces neuf dixièmes à l’aide de jeux Nintendo ? Pour les futurs dirigeants de notre monde sans Dieu, la question se pose sérieusement ! Si vous aimez Dieu, réveillez-vous ! Ne sentez- vous pas l’odeur du soufre ?

L’objectif 15 du Programme 2030 de l’ONU, qui a été adopté en 2015 pour dépasser le Programme 21, énonce les points suivants : Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité. En clair, forcer les êtres humains à quitter la campagne pour rejoindre d’immenses agglomérations où l’on peut “les entasser, les empiler” pour les contrôler plus facilement ; criminaliser la propriété foncière privée ; criminaliser le fait de se suffire à soi-même, et imposer une dépendance totale vis-à-vis de l’Etat. Mais il existe un autre objectif, le plus probable : terroriser la population avec des canons à rayons laser super-puissants et précis, utilisés depuis les airs et contre lesquels aucune défense n’est possible. Finalement, l’objectif est bien une tyrannie mondiale. Comme va la Californie, ainsi vont les États-Unis, et comme vont les États-Unis, ainsi va le monde.

Et maintenant, chers lecteurs, comprenez-vous pourquoi la Vierge a dit en 1973 à Akita au Japon : “Maintenant il n’y a plus que moi qui puisse vous secourir”

Kyrie eleison. Prenez garde à tout ce qui vole sur vos têtes.
   
Les Mondialistes cherchent à vous éliminer !

[FSSPX Actualités] La Commission pontificale Ecclesia Dei supprimée par le pape François

SOURCE - FSSPX Actualités - 19 janvier 2019

Le 17 janvier 2019, le pape François a supprimé la Commission pontificale Ecclesia Dei qui avait été créée en 1988 par son prédécesseur, le pape Jean-Paul II.

La Lettre apostolique en forme de Motu proprio du pape a été publiée le 19 janvier à midi par la Salle de presse du Saint-Siège et insérée dans L'Osservatore Romano. Dorénavant, les compétences de la Commission sont entièrement attribuées à la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui reprendra ses activités au sein d’une section spéciale. Ce transfert, explique le Souverain Pontife, répond à une demande exprimée lors d’une réunion de ce dicastère le 15 novembre 2017, approuvée par lui-même le 24 novembre suivant et validée en session plénière en janvier 2018.

Le pape rappelle comment, il y a plus de trente ans, au lendemain des sacres épiscopaux de 1988, Jean-Paul II voulut favoriser la « pleine communion ecclésiale » des « prêtres, religieux et communautés liés à la Fraternité fondée par Mgr Marcel Lefebvre ». Le but était de les aider à rester « unis au Successeur de Pierre dans l'Eglise catholique en conservant leurs traditions, spirituelles et liturgiques ». Cette préservation des traditions spirituelles et liturgiques fut assurée en 2007 par le Motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI.

Ce rappel historique que fait le pape François a le mérite de montrer comment cette Commission pontificale fut d’abord fondée sur la condamnation de Mgr Lefebvre et de son œuvre. En trente ans d’existence, elle s’est surtout cantonnée aux aspects liturgiques, en vue de répondre à la « sensibilité » des prêtres et des fidèles conservateurs, et de contrer les implantations de la Fraternité Saint-Pie X à travers le monde…

Mais après la levée des prétendues excommunications des évêques de la Tradition en 2009, Benoît XVI a estimé que les questions doctrinales en suspens motivaient le fait que la Commission pontificale Ecclesia Dei soit désormais rattachée à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le but étant d’entreprendre des discussions à caractère doctrinal avec la Fraternité Saint-Pie X.
Primat de la doctrine de la foi
Aujourd’hui, le pape François considère que les communautés religieuses qui font actuellement partie de la Commission pontificale ont acquis la stabilité : en nombre comme en activité, elles assurent la célébration de la messe selon la « forme extraordinaire ». Mais, observe-t-il, « les objectifs et questions traités par la Commission pontificale Ecclesia Dei ont un caractère essentiellement doctrinal ». Visiblement, ces objectifs et questions sont sans objet avec ces communautés. C’est bel et bien avec la Fraternité Saint-Pie X qu’ils se posent.

Tel fut déjà le constat dressé par les cardinaux le 15 novembre 2017 : « il a été demandé que le dialogue entre le Saint-Siège et la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X soit conduit directement par la Congrégation [pour la doctrine de la foi], les questions traitées ayant un caractère doctrinal ».

Une conclusion s’impose : les communautés dites Ecclesia Dei conservant « leurs traditions spirituelles et liturgiques », elles ne comptent visiblement pas dans la discussion. Si elles demeurent rattachées à une section de la Congrégation pour la doctrine de la foi, c’est comme accidentel. Elles peuvent bien avoir la messe, les « traditions spirituelles et liturgiques », mais pas la doctrine qui va avec.

Tel est le grand reproche qu’a toujours fait la Fraternité Saint-Pie X à Dom Gérard et à tous ceux qui ont cru devoir briser l’unité de la Tradition pour négocier un accord purement pratique. La crise de l’Eglise ne se réduit pas à une question spirituelle ou liturgique. Elle est plus profonde car elle touche au cœur de la foi et à la doctrine de la révélation, au droit du Christ-Roi à régner ici-bas sur les hommes et sur les sociétés.