Ce blog n'est plus mis à jour. Les articles en ligne restent accessibles. Merci à toutes les personnes qui ont soutenu cette initiative.

27 mars 2008

[Paix Liturgique] Dimanche in Albis à Salon de Provence

SOURCE - lettre 93 de Paix Liturgique - 27 mars 2008

Nous avons le plaisir de signaler une nouvelle célébration de la messe selon la forme extraordinaire du rit latin qui a débuté depuis le 8 mars dernier à Salon de Provence, dans le diocèse d'Arles et d'Aix en Provence.

Nous remercions le clergé de Salon de Provence d'avoir accordé cette célébration, une fois par quinzaine dans un premier temps, à 18 h à l'église Saint Michel, place Saint Michel à Salon de Provence.

Nous sommes assurés que cette liturgie, célébrée dignement conformément aux rubriques et avec les lectures du missel du bienheureux Jean XXIII, participera à la nécessaire réconciliation des catholiques dans leurs paroisses.

Les prochaines messes seront célébrées les dimanches 30 mars, 6 et 20 avril, 4 et 18 mai, 8 et 22 juin.

Voilà un nouveau bel exemple d'accueil et d'écoute, respectueux des différences et soucieux de suivre le Pape Benoît XVI dans son chemin de réconciliation entre tous les catholiques.

Unissons-nous nombreux par notre présence et par nos prières aux fidèles de Salon de Provence.

Pour en savoir plus http://www.motuproprio13.com
Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

25 mars 2008

[Paix Liturgique] Une culture du mépris bien enracinée dans le diocèse de Reims

SOURCE - lettre 92 de Paix Liturgique - 25 mars 2008

Nous publions ci-après une lettre d’un fidèle de Reims excédé par le mépris dont les familles attachées à la forme extraordinaire du rite romain font l’objet à Reims et dans tout le diocèse…

Amis de Paix Liturgique,

Ouvrez donc les yeux ! La paix liturgique semble impossible si un des deux protagonistes la combat de toutes ses forces. C’est ce qui se passe à Reims avec Monseigneur Thierry Jordan.

Après plusieurs années de suppliques demeurées sans effet et faute de pouvoir être écouté par leur évêque, plusieurs familles avaient décidé d’en appeler à leurs frères chrétiens du diocèse en allant chaque dimanche à leur rencontre afin de leur rendre compte de leur situation d’exclusion. Que n’a-t-on pas alors entendu comme mensonges sur ces familles : « cela concerne une seule famille, ils ne sont pas du diocèse, cette demande n’intéresse personne… »
A la suite du Motu Proprio de Benoît XVI et pour tenter d'interrompre notre action de protestation, Monseigneur Thierry Jordan a daigné nous lâcher un « os à ronger » et il a décidé arbitrairement, sans concertation avec les fidèles, d’accorder la célébration de la messe de Saint Pie V, une fois par mois depuis le 21 octobre dernier. Oui, vous avez bien lu : 1 dimanche par mois… Difficile de faire moins.

Alors que plus de deux cents fidèles assistaient à la première messe et que l’affluence a continué aux messes suivantes, on aurait pu penser que l’évêque allait peut être revoir son jugement, admettre la réalité et mettre en place le minimum que constitue la messe dominicale hebdomadaire.

Force est de constater qu’il n’en est rien. A Reims, malgré une demande connue de tous, malgré un besoin clairement identifié avec les 150 à 200 personnes qui assistent à la messe mensuelle de l’église Sainte Jeanne d’Arc (sans compter les 250 fidèles qui assistent à la messe de la Fraternité Saint Pie X ) : pas de sacrements pour les fidèles qui se réclament du Motu Proprio de Benoît XVI, pas de catéchisme pour leurs enfants, aucune activité paroissiale, une seule messe par mois et… Aucun dialogue possible !

On se fout de nous ! Sous couvert d’obéissance au Pape et des belles paroles de notre évêque, la réalité est que nous sommes traités comme des lépreux dans le diocèse de Reims à cause de notre attachement à la messe traditionnelle de l’Église.

Non, la paix, le dialogue ne peuvent fonctionner que si les deux parties sont de bonne foi. Ce n’est apparemment pas le cas de notre évêque. Pour toutes ces raisons, nous n’avons d’autre choix que nous organiser pour reprendre nos actions publiques dans les paroisses de Reims et pourquoi pas nous inviter à Lourdes à la prochaine réunion de la conférence épiscopale pour obtenir enfin un entretien honnête avec Monseigneur Jordan. Qui sème le vent…


Bon courage.
Xavier H.

Les commentaires de PL

1/Après avoir répété pendant des années il n’y a pas de fidèles intéressés par la célébration de la messe traditionnelle à Reims ou que cela ne concernait qu’une seule famille (sic !!!), force est de constater que plusieurs centaines de familles sont concernées : de 150 à 200 à sainte Jeanne d’Arc et environ 250 à la chapelle desservie par la FSPX. Il est donc incorrect de prétendre qu’il n’y a pas de demande bien qu’il soit de bon ton d’affirmer qu’ils ne sont pas du diocèses (C’est vrai que désormais avec le TGV les paroissiens de Rambouillet vont un dimanche par mois assister à la messe de Reims, pendant que les Rémois vont, de temps en temps à la messe à Rambouillet !!!!). Encore, ce chiffre serait il probablement beaucoup plus élevé si la messe était célébrée chaque dimanche à Sainte Jeanne d’Arc.

2/A l’heure du Motu proprio de Benoît XVI de 2007, Monseigneur Thierry Jordan semble découvrir celui de Jean-Paul II de 1988 et encore, il en fait une application minimaliste et non pas une application « large et généreuse » pour reprendre les paroles du défunt Pape. Le diocèse de Reims est donc-t-il si crotté que les textes de Rome ne lui parviennent qu’avec 20 ans de retard ?

3/Il est clair qu’un groupe significatif de fidèles soucieux de vivre leur foi au rythme de la liturgie traditionnelle de l’Église existe à Reims. Dès lors il est inadmissible que la messe ne soit pas célébrée au minimum une fois par semaine dans cette grande ville et que le Motu proprio de Benoît XVI soit ainsi bafoué. L’Église n’est pas une dictature et Monseigneur Thierry Jordan ne peut continuer à bâillonner la demande et faire la sourde oreille.

4/Ces comportements indignes sont bien anachroniques. Il est temps d’avoir un comportement adulte et honnête de faire la paix des braves et de cesser cette gué guerre stérile.

Pour en savoir plus http://www.motuproprio51.com

Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

23 mars 2008

[Paterculus - le Forum Catholique] L’Eglise accusée : la portée de nos débats sur le F.C.

SOURCE - Paterculus - Le Forum Catholique - 23 mars 2008


Après mon absence du forum tout le temps du carême, j’éprouve le besoin de faire le point. Parfois je suis d’accord avec mon interlocuteur, mais une certaine gêne m’empêche de l’écrire. C’est que, si je suis d’accord sur le fond, quelque chose dans le contexte m’interdit d’en convenir. Et ce contexte inhibant, c’est un climat de suspicion, voire d’accusation, envers l’Eglise.

Prenons l’exemple de la génuflexion après la consécration. Certes, il vaudrait mieux la faire avant de montrer l’hostie aux fidèles, afin de manifester que leur assentiment n’est pas requis pour que la transubstanciation s’accomplisse. Cela je veux bien en convenir. Mais faut-il y voir une intention des réformateurs de la liturgie de diminuer le sens de la messe ? Je ne le crois pas. Il est clair qu’ils ont voulu éviter le redoublement de la génuflexion, avant et après l’ostension. Là où ils se sont trompés, c’est en absolutisant leur perception de la liturgie, et en négligeant la volonté des Pères Conciliaires de faire en sorte que la liturgie révisée apparaisse comme en continuité avec les formes précédentes. S’ils avaient suivi cette indication, ils se seraient contentés de rendre l’une des deux génuflexions facultative. Et le bon sens – le sensus fidei – l’aurait emporté : là où l’on n’aurait fait qu’une génuflexion, on l’aurait faite avant l’ostension.

Cet exemple sur un point de détail m’amène à formuler une recommandation. Il faut se garder des procès d’intention. Certes l’historien se doit de tenter de les percer, mais si elles ne sont pas clairement exprimées, il ne peut être totalement assuré de ses conclusions. On me dira que tant de garde-fous contre le protestantisme ont sauté que l’intention de protestantiser la liturgie est évidente. Je répondrai que les intentions des individus ou des groupes, si elles sont mauvaises, ne sont pas celles de l’Eglise. Celle-ci est sainte. Et justement l’intention de l’Eglise, qui apparaît dans les énoncés dogmatiques, se retrouve dans le maintien de l’orate fratres et de son répons. C’est, à ce qu’il me semble, la volonté expresse de Paul VI qui nous a valu ce maintien d’un texte incompatible avec les théologies courantes des réformés (à l’exception de certains groupes qui se trouvaient alors très influencés par la théologie catholique). L’intention de Paul VI, par conséquent, n’était pas de protestantiser la liturgie, même si la suppression de certains points rend le missel qu’il a promulgué moins choquant à première vue pour des protestants.

Et de toute façon l’intention de l’Eglise en sa sainteté est droite. Ainsi que le reconnaissait Mgr Lefebvre et que le reconnaît à sa suite la fraternité Saint Pie X, le nouveau missel n’est pas hérétique. Il est donc catholique. On dit qu’il peut conduire à l’hérésie. Là je m’interroge : comment quelque chose de catholique peut-il conduire à l’hérésie ? Cela ne se peut pas. Je vois là une contradiction dans les termes. Autant je puis admettre qu’on préfère une liturgie qui manifeste davantage la spécificité catholique, autant je ne peux pas accepter qu’on accuse l’Eglise. Autant je comprends qu’on se batte pour ce type de liturgie, autant je déplore qu’on sorte de l’Eglise pour le faire. L’Eglise ne peut pas traiter avec des gens qui sont en dehors d’elle pour savoir ce qu’elle doit faire chez elle. C’est de l’intérieur de l’Eglise qu’on lui parle comme à une mère pour lui exprimer ses besoins, ses souhaits, ses convictions.

C’est de l’intérieur de l’Eglise que viendra la « réforme de la réforme » à laquelle nous aspirons. Je ne juge pas, ce faisant, l’attitude de Mgr Lefebvre au moment des sacres. Il y avait un blocage à Rome, qui explique que le geste ait pu être posé sans forcément sortir de l’Eglise (et c’est à elle seule d’en juger). Aujourd’hui le blocage est tombé. Benoît XVI appelle ouvertement à ce que les deux missels interfèrent l’un avec l’autre. Voici un exemple que j’aime envisager. La richesse du lectionnaire du missel récent fait paraître bien terne à mes yeux celui de l’ancien (mais on est absolument pas obligé d'en convenir!). Ne pourrait-on pas élargir celui-ci, en répartissant les lectures des dimanches sur trois ans en profitant des évangiles parallèles, et proposer pour la semaine des lectures en rapport avec celles du dimanche ? Il me semble que c’est cela qui aurait dû être fait par les organisateurs de la réforme liturgique s’ils avaient voulu respecter la demande de continuité faite par le Pères Conciliaires. Et une fois ce travail accompli, on autoriserait l’usage de ce lectionnaire pour l’un et l’autre missel.

Bref, on obtiendra beaucoup en se situant à l’intérieur de l’Eglise Une et Sainte, en respectant son unité et sa sainteté. Pour cela il faut s’abstenir des procès d’intentions. Il ne faut jamais désespérer de l’Eglise, même si ceux qui nous gouvernent sont décevants. Un exemple de ce sentiment de déception que j’éprouve est celui des traductions liturgiques. Là l’intention de gommer un grand nombre de points importants pour le dogme est manifeste, à cause de la constance avec laquelle ces fautes sont faites, sans qu'il y ait d'autre explication que cette volonté. Que des traductions aussi idéologiques aient pu être approuvées par Rome a quelque chose de scandaleux, au sens fort du terme. Et si un historien prouvait que ceux qui ont préparé leur approbation sont les mêmes que ceux qui ont rédigé le nouveau missel, on aurait une bonne probabilité de connaître leurs intentions véritables. Mais encore une fois, l’assistance divine promise par Jésus à l’Eglise met celle-ci à l’abri des intentions perverses de ses membres. Que nos évêques, sept ans après « Liturgiam Authenticam » où Jean-Paul II faisait demander une révision de ces traductions selon des normes extrêmement précises, n’aient pas même commencé à préparer l’opinion catholique à cette révision, et que ces évêques aient été nommés par ce même Jean-Paul II, tout cela montre à quel point nous en sommes : les conséquences de la crise ne sont pas derrière nous, mais devant. Raison de plus pour trouver l’attitude juste dans nos doléances.

Les mêmes remarques, mutatis mutandis, valent pour l’appréciation du Concile Vatican II. Mais comme j’ai déjà été long – beaucoup plus que je ne le pensais – je remets cela à plus tard, si des liseurs le souhaitent.

Excellente fête de Pâques à tous !

Votre dévoué Paterculus.

[Dom Laurenco Fleichman osb] Les marques de la souffrance : paroles d'un fils de Dom Gérard

SOURCE - Dom Laurenco Fleichman osb - version française sur Christs Imperat - 23 mars 2008


Les marques de la souffrance : paroles d'un fils de Dom Gérard

"Il m'a fait trop de mal pour dire du bien de lui. Il m'a fait trop de bien pour dire du mal de lui".

Je crois que sont là les mots qu'avait écrit l'abbé Berto sur Jacques Maritain, et qu'aujourd'hui je pourrais reprendre à mon compte à propos de Dom Gérard Calvet OSB, qui vient de disparaître. Ainsi, l'abbé du monastère Sainte-Madeleine du Barroux s'est présenté en ce jour devant le Juge Suprême et a vu, a certainement vu, le mal terrible, l'avalanche qu'il a provoquée en raison de sa vanité, de l'abandon du combat auprès de Monseigneur Lefebvre et de l'adhésion de toutes ses forces à Vatican II et son oeuvre sinistre. Nos lecteurs brésiliens peuvent avoir une vague idée de cela en lisant l'ouvrage qui j'ai écrit pour relater les négociations entre Monseigneur Lefebvre et le Vatican ( La Tradition contre le Vatican, éd. Permanencia). Le monastère du Barroux était un haut lieu de la Tradition , son influence dépassait les limites de la vie monastique, de la France même, et touchait le monde entier, en attirant des jeunes de toutes parts afin de vivre à nouveau la vie monastique authentique, telle qu'elle s'est vécue jusqu'aux temps de Pie XII. Les fidèles du monde entier savaient que, même en ayant un style différent de la Fraternité Saint-Pie X, les moines bénédictins de la Tradition étaient la marque de fécondité de toute cette oeuvre de restauration.

Dom Gérard avait envers le Brésil une affection particulière, et il y était venu dans une fondation du monastère de Tournay, entre 1962 et 1968. Au cours de cette année de grands changements et d'agitations, il est retourné en France, désespéré devant les départs de prêtres et la Révolution opérée par le Concile. Avant de regagner son pays natal, il vint à la maison de Gustavo Corção, à Cosme Velho et il pleura avec ce vieux combattant sur la Passion de l'Église. Corção a raconté cette histoire dans l'article « Malhas que os anjos tecem », que nous publierons brièvement.

Il se fit ermite dans les montagnes du Midi jusqu'à ce qu'il fut informé qu'une propriété à louer était disponible à proximité, avec une jolie chapelle du XIe siècle. On était au milieu de l'année 1970. Ensuite arriva un jeune qui voulut l'accompagner, puis un autre, et encore un. Une communauté monastique s'est créée, mais dans le but de maintenir la Tradition , la messe tridentine, même en s'engageant dans une guerre, comme venait déjà de le faire Monseigneur Lefebvre, qui avait fondé le séminaire d'Ecône la même année. Et ainsi les destinées du monastère de Bédoin et d'Ecône furent-elles liées. En 1974, un de nos jeunes de Permanencia, guidé par Gustavo Corção, entra au monastère Sainte-Madeleine, en recevant le nom de Frère Thomas d'Aquin. Plus tard, en 1980, ce fut mon tour. Notre formation de Permanencia se faisait toujours en fonction de la théologie traditionnelle. Il n'y avait pas de prêtres très proches de nous, un aumônier par exemple, seulement quelques bons prêtres qui célébraient la messe en cachette, de peur de la furie de Dom Eugenio Sales ; c'était Corção qui enseignait la doctrine et ce fut une garantie de qualité : Saint Thomas d'Aquin et ses commentateurs, surtout Garrigou-Lagrange, P. Gardeil et d'autres encore ; les grandes encycliques, les grands saints docteurs. Néanmoins, quand je suis entré à Bedoin, j'y ai trouvé les mêmes références que celles que nous avions dans les leçons de Corção et de mon père. Plus encore : le même esprit de combat contre la vague de progressisme venue avec Vatican II. Je me rappelle de moments marquants de la vie de la communauté du Barroux (où fut transféré le monastère en décembre 1981), quand Dom Gérard attaqua fortement les erreurs des progressistes, en désignant leurs hérésies et en donnant une orientation sûre qui fut toujours la même. Ah oui, ce n'était pas comme Ecône parce que ce n'était pas un évêque, mais il y avait une profondeur dans ses écrits et sa pensée qu'on pouvait remarquer dans ses articles de la revue Itinéraires. Mais Dom Gérard avait certains défauts graves et sa nature pouvait être gagnée facilement par des personnes qui le flattaient avec certains types de compliments. A cette époque, il était confus et a aussitôt commencé à glisser dans l'orgueil de se savoir si influent, si recherché par tant de gens, en réussissant à construire un monastère qui laissait la France bouche bée. Le premier signe de ce phénomène intervint en 1983, lorsque sortit le nouveau Code de Droit canonique. Le prêtre qui enseignait cette matière, issu du diocèse d'Avignon, et qui célébrait aussi la messe traditionnelle, fit une conférence en montrant plusieurs erreurs graves du nouveau code. Mais, tout comme sont ces "conservateurs", à la fin, il disait que c'était l'Église qui nous le donnait, que nous devions l'accepter. Je lui ai demandé comment il pouvait être donné par l'Église et aussi corrompu. Mais Dom Gérard ne l'a pas laissé répondre, en affirmant qu'il était de l'Église et que nous allions toujours l'utiliser à la lumière de la Tradition. Comme à l'accoutumée, dom Gérard m'a demandé de téléphoner à Mgr Antõnio de Castro à Mayer pour connaître l'avis de l'évêque émérite de Campos, docteur en droit canon. Ils ont entendu personnellement la réponse de Dom António : « Le nouveau code de droit canon fait partie des hérésies de Vatican II ». Et la chose est restée ainsi. Mes inquiétudes, en vérité, ont diminué dans la mesure où Dom Gérard continuait, après cela, à critiquer fortement et en public les erreurs du pape et du Concile. Il suffit de relire un des exemplaires de la Lettre aux amis du Monastère, où il parlait de « l'hérésie oecumeniste ».

En 1984, Dom Gérard a été appelé à une rencontre avec le président de la Confédération bénédictine, à Florence, en Italie. Là, on lui a proposé de recevoir les approbations de Rome pour la vie monastique et pour la messe traditionnelle, si, en échange, il acceptait de ne plus aller à Ecône. A son retour, Dom Gérard en a parlé à la communauté qui lui a répondu que cette proposition était une trahison, et que lui n'était pas un traître. Par cette réponse et d'autres encore, je me sentais en sécurité, malgré des glissements que je sentais déjà. Quatre ans plus tard, encore influencé par des personnes infiltrées dans le monastère, le prieur se laissa séduire par une Tradition officialisée par Rome, en disant croire en la sincérité des autorités qui, disait-il, ne lui demandaient rien en échange. Mais Dom Gérard a reçu le cardinal Mayer qui est rapidement venu au Barroux proposer un accord après le refus de Monseigneur Lefebvre de continuer les négociations. Pour faire un accord avec Rome, le Barroux devait s'éloigner de Monseigneur Lefebvre. La même proposition qu'en 1984, néanmoins avec une réponse différente de Dom Gérard. Cette fois, la mitre et la crosse de l'abbé étaient en jeu. Rome savait séduire pour gagner. Et la trahison arriva. Il a trahi ce que Monseigneur Lefebvre avait fait pour le Barroux. Il a trahi la Sainte Eglise en baissant la garde, en cessant le combat, en concélébrant avec le pape à Rome, en acceptant la nouvelle messe . Ensuite, il a laissé agir la dynamique de Vatican II (comme le dira quelques années plus tard l'abbé Cottier, aujourd'hui cardinal, à propos de l'accord de Campos). S'il m'est permis de me citer moi-même, je dois dire qu'avant de partir du Barroux, j'ai dit à Dom Gérard : "Des milliers de familles en France et dans le monde attendent un mot pour les confirmer dans la foi, en refusant la trame et la malice de nos ennemis. Cet accord sera l'occasion de grandes divisions dans les familles". Tout a été vain. Le reste fut un drame aux proportions incalculables, pour les moines, divisés, pour une belle communauté monastique qui changeait l'itinéraire de sa vie pour finir détruite, ensevelie par le progressisme de Vatican II. Des vingt prêtres que nous étions au Barroux en 1988, je crois que cinq sont restés. Quelques-uns ont tout lâché, la vie monastique et le sacerdoce, d'autres ont continué le combat de la Foi aux côtés de la Fraternité S. Pie X, d'autres sont devenus prêtres diocésains en célébrant la nouvelle messe, aussi mondains et laïcisés que des prêtres progressistes. Un cataclysme qui maintenant, devant Notre Seigneur, Dom Gérard doit considérer dans toute sa proportion. Il paraît que dans ses derniers mois, il se serait rendu compte du mal qu'il avait permis et a causé. Il aurait dit qu'il s'était trompé dans le choix de 1988. Je ne sais pas ce qu'il en est vraiment. Je prie pour son âme en ce moment terrible, le remerciant de ce que j'ai appris de lui, attristé par tout ce que j'ai souffert par lui, animé par la vertu d'Espérance du désir qu'il ait une place au purgatoire où il puisse expier ses manques. De son âme, de sa vie morale, je n'ai pas à témoigner ni n'ait à dire quoi que ce soit contre lui. Mais la chute de son monastère, causé par sa vanité, en a atteint beaucoup, a blessé l'Église et a besoin d'être expiée.

Dom Laurenco FLEICHMAN osb

22 mars 2008

[Daniel Hamiche - americatho] La forme extraordinaire va être enseignée aux séminaristes de l’archevêché de Philadelphie

SOURCE - Daniel Hamiche - Americatho - 22 mars 2008

La forme extraordinaire va être enseignée aux séminaristes de l’archevêché de Philadelphie 


Dans un entretien qu’il a accordé à l’agence Zenit de Rome et qui a été publié sous la forme d’une dépêche daté du 14 mars, disponible uniquement dans le service en anglais de cette agence (www.zenit.org/article-22056?l=english), le cardinal Justin Rigali, archevêque de Philadelphie (Pennsylvanie), a fait part de sa décision d’intégrer l’étude de la liturgie traditionnelle dans le cursus des séminaristes du St. Charles Borromeo Seminary de Philadelphie. Voici ses propos :

« D’abord, on donnera une conférence sur le “motu proprio” [Summorum Pontificum] qui clarifiera la théologie sous-jacente du Missel de 1962, de telle sorte que les séminaristes acquièrent une claire compréhension du “motu proprio” et du souci pastoral du Saint Père pour les fidèles qui ont un grand amour de la liturgie tridentine.
« Du fait que la plupart des séminaristes du séminaire Saint-Charles Borromée ont grandi en assistant à la Messe selon le Novus Ordo – Missel de Paul VI – il est important de leur offrir un exposé sur la Messe selon le Missel de 1962 – Missel du bienheureux Jean XXIII.
« Ensuite, les cours de théologie, de liturgie et d’histoire de l’Église donnés au séminaire, incluront et exposeront l’initiative du Saint Père. Ce sera utile pour les séminaristes de constater la continuité entre les deux expressions, mais cela fournira aussi l’occasion de traiter des changements survenus dans la liturgie après le Concile de Vatican II.
« Au cours du trimestre du printemps, après la conférence, la Sainte Messe sera célébrée une fois dans la forme extraordinaire pour toute la communauté du séminaire Saint-Charles Borromée. Ce qui montrera aux séminaristes la manière liturgiquement correcte dans laquelle doit être célébrée la forme extraordinaire de la Messe ».

Ce séminaire diocésain fut créé en 1838. Il compte aujourd’hui quinze séminaristes (les séminaristes diocésains sont au nombre de 3 383 pour les 178 archidiocèses et diocèses que comptent les États-Unis). Le séminaire de Philadelphie passe pour être un des plus “classiques” d’Amérique (tous les séminaristes sont en “clergyman” et portent le col romain…).

21 mars 2008

[Aletheia n°122] Benoît XVI et les sciences historiques

Le 18 août 1883, Léon XIII publiait un très important Bref, De studiis historicis (« Sur les Etudes historiques »), qui peut-être considéré comme la charte des historiens catholiques. Le même jour, il créait une Commission cardinalice pour les études historiques. Cette Commission aura son prolongement dans le Comité Pontifical des Sciences Historiques institué par Pie XII, le 7 avril 1954. Le 7 mars dernier, Benoît XVI a accordé une audience aux membres de ce Comité. Il a prononcé, en cette occasion, un important discours qui prolonge les enseignements de Léon XIII.
Le Pape y considère aussi les études historiques, notamment d’histoire ecclésiastique, confrontées à ce qu’on pourrait appeler une « crise de l’histoire ». Les agences d’informations n’ont cité que quelques extraits de cet important discours. Il n’est pas sûr que la Documentation catholique le publie. Aussi, je crois utile d’en proposer une traduction intégrale.
Je suis heureux de vous adresser une parole spéciale de salut et d’encouragement pour le travail que vous faites dans un domaine de grand intérêt pour l’Eglise. Je félicite votre Président et chacun d’entre vous pour le chemin parcouru en ces années.
Comme vous le savez, c’est Léon XIII qui, face à une historiographie marquée par l’esprit de son temps et hostile à l’Eglise, a prononcé la fameuse phrase : « Nous n’avons pas peur de rendre publics les documents » et a rendu accessibles aux chercheurs les Archives du Saint-Siège. En même temps, il créait une Commission cardinalice pour la promotion des études historiques que vous, professeurs, pouvez considérer comme à l’origine du Conseil Pontifical des Sciences Historiques dont vous êtes membres. Léon XIII était convaincu que les recherches et la description de l’histoire authentique de l’Eglise ne pouvaient qu’être favorables à celle-ci.
Depuis, le contexte culturel a connu un profond changement. Il ne s’agit plus seulement d’affronter une historiographie hostile au christianisme et à l’Eglise. Aujourd’hui l’historiographie elle-même traverse une crise des plus sérieuses, elle doit lutter pour sa propre existence dans une société imprégnée de positivisme et de matérialisme.
Ces deux idéologies ont mené à un enthousiasme effréné pour le progrès qui, animé par des découvertes spectaculaires et des succès techniques, malgré les expériences désastreuses du siècle passé, détermine la conception de la vie de vastes secteurs de la société. Le passé apparaît, ainsi, seulement comme un fond obscur, sur lequel le présent et l’avenir resplendissent avec des promesses trompeuses. À cela est encore liée l’utopie d’un paradis sur la terre, au mépris du fait que cette utopie a montré combien elle était fallacieuse.
Le désintérêt pour l’histoire est typique de cette mentalité et se traduit par la marginalisation des sciences historiques. Lorsque ces forces idéologiques sont actives, la recherche historique et l’enseignement de l’histoire, à l’université et dans les écoles à tous niveaux, viennent à être négligés. Cela produit une société qui, oublieuse de son propre passé et donc dépourvue des critères acquis par l’expérience, n’est plus en mesure d’envisager une vie en commun harmonieuse et un travail commun pour la réalisation des objectifs futurs. Une telle société se présente particulièrement vulnérable à la manipulation idéologique.
Le danger croît toujours plus par la place excessive donnée à l’histoire contemporaine, surtout quand les recherches dans ce domaine sont conditionnées par une méthodologie inspirée du positivisme et de la sociologie. On en vient à ignorer, aussi, des domaines importants de la réalité historique, voire même des époques entières. Par exemple, dans de nombreux programmes d’étude, l’enseignement de l’histoire commence seulement à partir des événements de la Révolution française. Le résultat inévitable d’une telle évolution est une société ignorante de son propre passé ; elle se trouve, ainsi, privée de mémoire historique. Qui ne voit la gravité d’une conséquence semblable : comme la perte de la mémoire entraîne chez l’individu la perte de l’identité, de manière analogue ce phénomène se vérifie pour la société dans son ensemble. Il est évident qu’un tel oubli de son histoire comporte un danger pour l’intégrité de la nature humaine dans toutes ses dimensions. L’Eglise, appelée par Dieu Créateur à remplir son devoir de défendre l’homme et son humanité, est attachée à une culture historique authentique, à un progrès effectif des sciences historiques. La recherche historique à un niveau élevé rentre, en effet, au sens le plus strict, dans l’intérêt spécifique de l’Eglise. Même lorsqu’il ne s’agit pas de l’histoire proprement ecclésiastique, l’analyse historique concourt quand même à la description de cet espace vital dans lequel l’Eglise a exercé et exerce sa Mission au long des siècles. Incontestablement la vie et l’action de l’Eglise sont toujours déterminées, facilitées ou rendues plus difficiles par les divers contextes historiques. L’Eglise n’est pas de ce monde, mais elle vit dans ce monde et pour ce monde.
Si maintenant nous prenons en considération l’histoire ecclésiastique du point de vue théologique, nous relevons un autre aspect important. Sa tâche essentielle se révèle être en effet la mission complexe de chercher à connaître et à clarifier ce processus de réception et de transmission, de paralépsis et de paràdosis, par lequel, au cours des siècles, s’est matérialisée la raison d’être de l’Eglise. Il ne fait pas de doute, en effet, que l’Eglise peut tirer son inspiration pour ses choix en puisant dans son trésor pluriséculaire d’expériences et de mémoires.
Je désire donc, illustres membres du Conseil Pontifical des Sciences Historiques, vous encourager de tout cœur à vous engager, comme vous l’avez fait jusqu’ici, au service du Saint-Siège pour la réalisation de ces objectifs, et à maintenir votre continuel et méritoire engagement dans la recherche et l’enseignement. Je souhaite que, en synergie avec l’activité de vos autres collègues sérieux et compétents, vous puissiez réussir à poursuivre avec efficacité les objectifs les plus difficiles que vous vous êtes fixés et à œuvrer pour une science historique toujours plus authentique.
Avec ces sentiments, je vous assure, pour vous et votre délicate mission, une place dans ma prière, et à tous j’accorde une spéciale Bénédiction apostolique.
(traduction Yves Chiron)

20 mars 2008

[Paix Liturgique] Alléluia à Orange

SOURCE - lettre 91 de Paix Liturgique - 20 mars 2008

Dans le cadre de la demande d'application du Motu Proprio Summorum Pontificum et dans l'attente de la mise en place régulière (à l'automne 2008) d’une célébration de la messe selon la forme extraordinaire du rite latin, le Père Régis Doumas, Curé d'Orange, a décidé de faire célébrer une messe de Pâques selon le missel de 1962, le dimanche 23 mars prochain à 10H30 en la Chapelle de la Nativité, rue Henri Capty (quartier de la Gare) à Orange.

Voilà une merveilleuse nouvelle et un bel exemple à suivre.

Que toutes les personnes qui ont oeuvré à cette célébration soient vivement remerciées, en particulier, le Père Doumas. Elles nous donnent là un bel exemple de ce qu'il est possible de mettre en place, simplement, pour restaurer la confiance et poursuivre avec enthousiasme la grande démarche de réconciliation entre catholiques initiée par Benoît XVI.

Réjouissons-nous vraiment pour cette très bonne nouvelle et joignons-nous par notre présence ou nos prières à cette belle liturgie.

Pour en savoir plus http://www.motuproprio84.com

Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

19 mars 2008

[Abbé Méramo] Sodomisation et virginité de l'Eglise, ou: la diabolique sodomisation de l'Eglise

SOURCE - Abbé Méramo, prêtre - diffusé par Virgo Maria - 19 mars 2008

[L'abbé Méramo est prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X]

Pour aussi étonnant que puisse paraître le fait de rapprocher ces deux concepts, qui normalement s’excluent, se contredisent et se repoussent mutuellement de manière totale, il se trouve qu’ils sont précisément les deux pôles extrêmes d’une situation religieuse et d’un état de la religion et de l’Église, comme nous le verrons brièvement.
La diabolique, la satanique sodomisation de l’Église s’identifie au mystère d’iniquité et à l’œuvre de Satan à l’intérieur de l’Église, puisque l’Église (les hommes d’Église), lui  elle-même ouvert les portes toutes grandes par l’atypique Concile Vatican II. Ce Concile qui fut gnostique, cabaliste et anthropothéiste, comme permet de le vérifier le discours de clôture prononcé par Paul VI le 7 décembre 1965. On avait voulu un concile mis au goût du jour (un aggiornamiento) et en concordance avec les idéaux et les principes du monde et de l’homme moderne, tels que ceux-ci sont sortis de ce que l’on nomme habituellement la Révolution Française et qui est, en réalité, la Révolution Antichrétienne, fomentée par la judéo-maçonnerie internationale du pouvoir occulte financier de la Synarchie.
Sodomiser c’est invertir la voie (le canal ou bien le conduit) naturelle telle qu’établie par la nature et créée par Dieu pour engendrer la vie. Et ce dans l’intention d’aller contre la nature et le principe de fécondation et de vie. Sodomiser n’est pas l’usage abusif de quelque chose en soi bon et légitime ; mais c’est, au contraire, un mouvement d’inversion contre la nature ; c’est aller contre l’ordre naturel, c’est renverser l’ordre de la nature des choses et ce qui en sont les fins.
Sodomiser n’est pas le fait d’une corruption naturelle, ni une perversion (c'est-à-dire une corruption spirituelle). Sodomiser est une inversion contre nature et donc plus qu’une corruption. C’est une perversion antinaturelle, donc une perversion contre nature. Il suffirait d’un exemple quelque peu choquant pour nous en rendre compte. Une femme de mauvaise vie est une personne corrompue, une prostituée et même pervertie ; elle use et abuse de son corps, mais dans l’ordre de sa nature. Alors qu’un sodomite fait de son corps un usage inverse et pervers de sa nature ; il va contre la nature. Il se corrompt et se pervertit en s’invertissant, non par abus mais bien par inversion d’usage de la nature et des fins de celle-ci.
Ainsi donc il existe dans l’ordre spirituel quelque chose qui est pire que l’inversion charnelle et physique : c’est la sodomisation spirituelle qui est l’inversion spirituelle de la hiérarchie, de l’autorité, du pouvoir, de la religion et du culte eux-mêmes. L’inversion des choses spirituelles contre l’ordre naturel est bien pire que l’inversion charnelle. Car contre celle-ci on peut et on doit lutter, une vie durant, avec l’aide de Dieu ; mais contre l’inversion des choses spirituelles comment peut-on les redresser, les remettre dans le sens droit  et normal ? Cela paraît impossible.
Voila pourquoi au sujet de la sodomie spirituelle le Père Castellani a pu déclarer :
« Parlons de ce que Saint Jean, dans l’Apocalypse, désigne par ‘sodomie spirituelle’ (Quæ vocatur spiritualiter Sodoma’).La Sodomie spirituelle c’est invertir l’ordre des facultés  » Six essais et trois lettres, Ed Dictio – Buenos Aires – 1978
La hiérarchie dans l’Église a été instituée par le Christ afin que, par elle, se sauvent les fidèles. En remplissant sa charge d’enseignement aux fidèles et de gouvernement, la hiérarchie doit être l’instrument du salut des âmes et non de leur perversion. Mais de gardienne (custode – mot grec à l’origine du mot hiérarchie) des choses sacrées, la hiérarchie officielle de l’Église s’est convertie (invertie) en rapace destructeur tel l’abominable Mystère d’Iniquité dans le saint lieu qu’est l’Église.
L’autorité que Dieu accorde à l’Église doit lui servir à gouverner, enseigner et sanctifier. Or actuellement elle ne gouverne, ni n’enseigne, ni ne sanctifie, mais elle fait tout le contraire.
Elle ne gouverne pas car elle ne conduit pas ses sujets vers la fin propre à la fonction de gouvernement qui est la fin surnaturelle. Toute autorité vient de Dieu, lui qui est l’auteur de toutes les choses créées, le Créateur - comme le dit clairement l’origine du mot créer. Or cette autorité est aujourd’hui utilisée et exercée contre sa finalité réelle, puisqu’elle combat pour  imposer l’erreur au nom de Dieu, défaire la Tradition et imposer la Révolution. Et celui qui n’obéit pas et ne se soumet pas à son empire se voit excommunié, proscrit, annihilé, défait. On exerce l’autorité non plus en faveur du bien et de la vérité, mais pour le mal et l’erreur, tout comme s’ils étaient de Dieu. Et c’est au nom de Dieu que l’on pontifie dans l’erreur et l’hérésie et que l’on mène les fidèles et l’église militante à l’Apostasie (silencieuse ou pratique ou quelque soit le nom que l’on veuille lui donner). Et cela au nom de la sainte obéissance à Dieu et à ses représentants ici sur terre : la hiérarchie, les prélats, etc….
L’erreur est enseignée et, pire encore, cela va jusqu’à l’hérésie, puisque le modernisme est le cloaque, le réceptacle de toutes les hérésies, ainsi que l’a qualifié St Pie X. L’œcuménisme nie que l’Église soit la seule et unique arche de salut. Il prétend faire l’union (ut unum sintafin qu’ils soient un ) de tous les hommes, sans dogmes qui divisent, et se déclare, au nom de la dignité de la personne humaine, en faveur des droits de l’homme en opposition aux droits de Dieu. On proclame la liberté de l’homme pour  choisir quel est le vrai Dieu selon le verdict de la conscience quasiment déifiée de chacun. On élève le pouvoir de l’homme, doté de cette même conscience,  jusqu’à lui attribuer la capacité de déterminer ce qui est bien et de ce qui est  mal. Chacun ayant le pouvoir de décréter ce qui est bien et ce qui est mal (tel l’arbre du bien et du mal du paradis terrestre) selon sa propre manière de voir - sa conscience- de décider et de juger de ce qui est bien ou mal comme s’il était Dieu. Et comme si ce n’était pas suffisant, on arbore la dignité de la personne humaine, exaltée à son paroxysme, jusqu’à exiger la divinité même de Dieu en réclamant la divinité comme un attribut revenant à l’homme par nature, ainsi que le prétend la nouvelle religion anthropothéiste et nettement gnostique, cabalistique et personnaliste de l’homme moderne. Démocratiquement l’homme s’empare de tout en lieu et place de Dieu et prononce ses décrets comme s’il était Dieu.
Quant à la sanctification, parlons-en ! Tout est désacralisé : le culte, le rite et même les sacrements. D’après la théologie sacramentelle les sacrements produisent la grâce qu’ils signifient. Ceci exige une signification déterminée, spécifique, qui exclue l’équivoque et l’ambiguïté. La signification sacramentelle essentielle ne peut être ni indéterminée, ni équivoque, ni ambiguë ou ambivalente. Dans le cas contraire elle ne signifie pas la grâce qu’elle doit produire – et ceci ‘ex opere operato  sans laisser place à quelque doute que ce soit. Tout doute est exclu. Les sacrements produisent ‘ex opere operato la grâce qu’ils signifient : c’est un dogme de foi. Mettre cela en doute est déjà une hérésie.
La nouvelle liturgie sacramentelle ne garantit pas cela, le simple fait de rendre le doute possible est en soi déjà une hérésie, puisque, par définition, tout doute est exclu. Il reste cependant que l’équivoque existe, personne ne peut le nier, comme par exemple la Nouvelle Messe qui sur ce point entre en contradiction avec la définition sacramentelle. Et si nous ajoutons à cela que le rite essentiel ne peut être équivoque, et ce pour la simple raison qu’il ne satisfait pas aux termes de la définition selon laquelle tout sacrement produit ‘ex opere operato la grâce qu’il signifie, il faut alors reconnaître que, de plus, le rite de la dite Nouvelle Messe est invalide. Quoiqu’on veuille bien en dire la théologie est stricte en cette matière et ne peut admettre le moindre glissement de sens. Ce serait tomber dans l’hérésie que de nier ou même mettre en doute si peu que ce soit le fait qu’un sacrement ne produit pas la grâce qu’il signifie ainsi que d’admettre que la signification est équivoque. Il n’y a pas d’échappatoire possible. Un sacrement ne peut pas produire ce qu’il ne signifie pas ou ce qu’il signifie de manière équivoque.
Ceci devrait être clair. L’Église ne tolère pas les sacrements  douteux ou équivoques dans leur signification sacramentelle puisqu’ils ne correspondent pas à la définition sacramentelle qui est un dogme de foi. Rien n’est plus simple, concis et clair et point n’est besoin de grandes théories alambiquées. Que cela plaise ou déplaise le fait est que le pain est  pain, le vin vin , le oui  oui, et le  non non, et tout le reste vient du malin. En revanche celui qui ne voudrait pas admettre cela, ou au moins accepter l’idée qu'il existe un doute sur ce plan, devrait affirmer et considérer, dans ce cas particulier, que pour la Nouvelle Messe il s’agit de matière de foi, et même de dogme de foi. Et je voudrais connaître celui qui pourrait, en l’usage parfait de sa raison, l’affirmer ou le prouver, après tout ce qui a été dit par des évêques aussi éminents et catholiques, apostoliques et romains que Monseigneur Lefebvre et Monseigneur de Castro Mayer, de bienheureuse mémoire. Il est clair que ceci se heurte de plein front à la mentalité libérale, ‘light’, qui règne maintenant y compris parmi les théologiens ou ceux qui se présentent comme tels. Ils ne veulent pas en tirer les sérieuses, graves mais aussi importantes conséquences qui en découlent.
On peut dire exactement la même chose du nouveau rite de l’Ordination – qu’elle soit sacerdotale ou épiscopale.
L’inversion, la sodomisation de l’Église ne peut pas être plus grande. Il s’agit d’un véritable châtiment, c’est le grand châtiment spirituel de l’obscurité, de la cécité, des ténèbres qui, s’il se prolonge sans que les jours de cette grande tribulation religieuse, spirituelle et doctrinale ne soient abrégés, personne ne pourra être sauvé. Il se peut que, pour mettre fin à ces jours de malheur, Dieu permette un châtiment physique correspondant au châtiment spirituel afin que voient ceux qui ne veulent pas voir. De sorte que, frappant l’humanité aveugle, il permette l’irruption d’une  3ème Guerre mondiale (atomique) et que avec 2 ou 3 jours d’obscurité et de ténèbres, il leur soit donné de pouvoir se repentir. Il sera ainsi mis fin d’une manière ou d’une autre à cette impiété qui conduit les âmes à perdre la foi et à se condamner au feu éternel de l’enfer. Si on y regarde bien, cette 3ème Guerre mondiale serait un châtiment matériel mais aussi un moyen de guérison, alors que le châtiment spirituel serait la continuation de la perte des âmes au point que personne ne pourrait se sauver.
D’autre part le petit troupeau fidèle est soumis à l’épreuve de la foi, chaque jour plus pure et plus virginale par le fait de cette crise, s’il ne vacille pas. A condition qu’il se maintienne ferme sur la doctrine et la vie spirituelle, intransigeant quant à la sainteté de la foi, avec l’Église fidèle à sa tête, elle qui est pure et vierge. Et à condition aussi qu'il se tienne sous la protection du regard maternel de la Très Sainte Vierge, aimant comme Elle son divin Fils au pied de la Croix, aimant comme l’Apôtre vierge Saint Jean l’Évangéliste, le disciple que Jésus aimait.
Nous nous trouvons donc face à l’Abomination installée dans le lieu saint, face à la sodomie dans l’Église, ce vrai et indéniable Mystère d’Iniquité. Face à cette perversion, inversion, sodomisation de la hiérarchie officielle et de l’autorité qui invertit le canal, c’est à dire la voie du salut dont elle fait un instrument de perversion, de condamnation et de perte de la Foi. Peut-on imaginer plus grand mystère d’iniquité, d’abomination, de corruption dans l’Église ! Ce que le Christ a institué pour sauver est perverti, corrompu et inverti dans l’intention de voir les âmes perdre la foi, qu’elles se corrompent par leur foi même et se condamnent privées de la vraie foi. C’est l’avortement spirituel le plus atroce qui se puisse concevoir. La hiérarchie, l’autorité de l’Église investie dans ce qui est sa sacro-sainte mission de lumière du monde, est devenue la chaire de l’erreur pour les fidèles et des ténèbres pour le monde.
L’Église de Dieu est devenue en sa Haute Hiérarchie officielle la Synagogue de Satan, la Contre Église ou la Pseudo Église de l’Antéchrist.
Nous voyons que, au lieu de confirmer les fidèles dans la foi, elle les corrompt par l’apostasie ; au lieu de défendre et protéger la foi, elle la corrompt et la viole. Peut-on concevoir et attendre plus grande abomination dans les lieux saints ? Dans l’Église?
C’est la défection de la Foi au lieu de la confirmation de la foi.
L’homme a corrompu le culte de Dieu incorruptible et inaltérable. Dieu abandonne donc l’homme à la corruption la plus abominable qu’est la sodomisation spirituelle, comme le montre Saint Paul, dans sa Lettre aux Romains (I. 18.32)
« Voici que du ciel, en effet, se révèle la colère de Dieu contre toute impiété et toute injustice des hommes qui détiennent la vérité captive de l’injustice, car ce qu’on peut connaître de Dieu est parmi eux manifeste : Dieu le leur a manifesté. Depuis la création du monde en effet ses attributs invisibles deviennent par ses œuvres visibles à l’intelligence, sa puissance éternelle comme sa divinité ; aussi sont ils inexcusables puisque, connaissant Dieu, ils ne l’ont ni glorifié, ni remercié comme Dieu ; au contraire ils se sont perdus en de vaines pensées et leur cœur inintelligent s’est enténébré. Se flattant d’être des sages ils sont devenus fous et à la gloire du Dieu immortel ils ont substitué des images représentant l’homme mortel, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles.
Voila pourquoi Dieu les a livrés avec les convoitises de leur cœur à l’impureté pour qu’en eux soient déshonorés leurs propres corps, eux qui ont échangé la vérité divine pour le mensonge et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, lequel est béni éternellement.  Amen
C’est pourquoi Dieu les a livrés  à des passions infâmantes : en effet leurs femmes ont échangé le commerce naturel pour celui qui est contre nature ; pareillement les hommes ayant abandonné le commerce naturel  avec la femme,  se sont consumés de désirs les uns pour les autres, ayant d’homme à homme des relations honteuses et recevant  ainsi en eux-mêmes le juste salaire de leur égarement. Et comme ils n’ont pas jugé bon de bien connaître Dieu, Dieu les a livré à leur intelligence pervertie pour faire ce qui ne convient pas, remplis qu’ils sont de toute injustice, méchanceté, cupidité, malice ; pleins d’envie, de meurtre, de dispute, de fourberie, de perfidie ; médisants, calomniateurs, honnis de Dieu, insolents, orgueilleux, présomptueux, ingénieux pour le mal, rebelles aux parents ; sans discernement, sans loyauté, sans cœur, sans pitié. Eux qui, connaissant le jugement de Dieu – que ceux qui commettent de tels actes méritent la mort – non seulement ils les font mais encore ils approuvent ceux qui les commettent »
Et cela arrive car ils ont changé la vérité ce qui est la plus grande des injustices. Comme le fait remarquer l’Apôtre la sodomisation charnelle est un pâle reflet de la sodomisation spirituelle. Les paroles du Christ prennent ainsi un ton d’actualité :
«  Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il encore la foi sur terre ? » (Luc 18 – 8)
Mais nous savons que l’Église, la vraie, indéfectible dans la foi et la vérité surnaturelle révélée, est pure et vierge dans la foi.
Saint Augustin s’exclamait déjà :
« Ce qui vient nous appartient déjà à nous. Dans la sainte Église.
Nous sommes la sainte Église ; mais je n’ai pas dit ‘nous’ comme si je ne m’étais adressé qu’à nous seuls qui nous trouvons ici, à ceux qui en ce moment m’entendez, mais bien à tous ceux qui, par la grâce de Dieu sommes  chrétiens fidèles dans cette Église, c'est-à-dire, dans cette ville ;  tous ceux qui se trouvent dans cette région, dans cette province, tous ceux qui se trouvent au-delà des mers et sur toute la surface de la terre car le nom du Seigneur est loué depuis le lever du jour jusqu’à la nuit. Voilà l’Église Catholique, notre véritable mère et la véritable épouse d’un tel époux. Honorons-la puisqu’elle est l’Épouse d’un tel Seigneur ! Grande et délicate est la miséricorde de son époux envers elle ! Il l’a trouvée prostituée et l’a faite vierge ! Elle ne doit pas nier avoir été prostituée afin de ne pas oublier la miséricorde de son libérateur ! Comment n’aurait-elle pas été prostituée alors qu’elle forniquait parmi les idoles et les démons ? Personne n’a pu se libérer de la fornication du cœur ; celle de la chair s’est manifestée en un petit nombre ; celle du cœur en tous.  Il est venu et l’a faite vierge ; Il a fait de l’Église une vierge. Elle est vierge dans la foi ; elle compte peu de vierges selon la chair, ce sont les saintes moniales. Mais selon la foi tous doivent être vierges, les hommes et les femmes. Il doit exister une chasteté, une pureté et une sainteté pour ce qui relève de la foi.
Voulez-vous savoir qui est vierge ? Ecoutez l’Apôtre Paul, entendez l’ami de l’époux, jaloux pour Lui et non pour soi même.
« Je vous ai fiancée à un unique époux afin de vous présenter au Christ comme une vierge pure. » »
 Je crains, cependant , dit-il, que comme le serpent a trompé Eve par ruse, vos esprits à vous aussi s’écartent, par corruption, de la chasteté qui réside dans le Christ. La crainte de la corruption est la marque de la virginité.
 «  Je crains,  dit-il, que comme le serpent a trompé Eve par ruse.... »
Ce serpent a-t-il eu commerce sexuel avec Eve ? Il demeure certain qu'il a éteint la chasteté de son cœur.
« Je crains, dit-il encore, que vos esprits à vous aussi s’écartent par corruption, de la chasteté qui réside dans le Christ. »
C’est donc que l’Église est vierge ! Elle est vierge, doit le demeurer et se garder du séducteur et à plus forte raison s’il s’avère être un corrupteur.
L’Église est vierge. Vous pourriez alors me dire : 
« Si elle est vierge comment peut-elle donner le jour à des enfants ? Et si elle n’enfante pas comment peut-il se faire que nous soyons nés de ses entrailles ? »
Je réponds :  elle est vierge et elle enfante ; en cela elle imite Marie qui a enfanté le Seigneur.  Sainte Marie n’a-t-elle pas enfanté étant vierge et demeurant  vierge ?
C’est ainsi que l’Église enfante et est vierge ; et si on y réfléchit bien elle enfante le Christ dont les baptisés sont les membres. N’est-ce pas ce que dit l’Apôtre ?
« Vous êtes le corps et les membres du Christ. »
Si donc les membres du Christ sont enfantés, la similitude avec Marie est on ne peut plus grande »
(Œuvres complètes de Saint Augustin - tome XXIV -  Sermons 4° -BAC Madrid 1984 Sermon 213 p. 158)
Et dans un autre de ses sermons :
« Où se trouve donc, je le répète, cette pure virginité si ce n’est dans l’intégrité de la foi, l’espérance et la charité ? » (Ibid. Sermon 188 p. 23)
Le commentateur de ces pages sur le thème de l’Église vierge remarque avec beaucoup de pertinence :
« Cette virginité est définie comme virginité dans la foi. Mais il ne faut pas penser au seul dépôt de la foi ; car dans un contexte nuptial comme c’est le cas ici, la foi signifierait fidélité à un seul homme, confiance en sa promesse et l’amour de lui seul. C’est à dire du Christ dans le cas de l’Église. Quelle est la virginité de l’esprit ? Une foi intègre, une espérance solide et une charité sincère » (Traités ..13, 12)
« Il en ressort donc clairement que la virginité de l’Église consiste en cette triple intégrité de la foi, de l’espérance et de la charité. Sans elle la virginité corporelle ne servirait de rien. » (ibid)
Si la virginité de l’Église n’est pas séparable de celle des fidèles, il en découle que lorsqu’un chrétien perd sa virginité spirituelle, la virginité spirituelle de l’Église en souffre aussi. La mise en garde de Saint Augustin contre le risque de se laisser corrompre s’adresse autant à l’âme individuelle (Sermon 241, 5) qu’à l’Église elle même (sermon 213, 8).
Le séducteur, le corrupteur c’est le diable (II Cor. 11, 2-3) . Lui, qui est le serpent du paradis terrestre, tente de violer la virginité du cœur et non pas celle de la chair (contrairement à ceux qui pensaient qu'il avait eu commerce sexuel avec Eve – voir la note 4 du sermon 213 - ).
« Comme l’homme adultère se réjouit en sa méchanceté lorsqu’il viole la chair, le diable se réjouit lorsqu’il viole l’âme » (commentaires … 39, 1) (Ibid. Notes complémentaires 4, p. 783)
Il n’y a donc pas d’obéissance qui vaille si ce n’est dans la vérité.
« Puisque par l’obéissance à la vérité vos âmes ont été purifiées » (I Pierre. 1- 22)
La sainteté se trouve dans la vérité et non dans l’erreur, tout pieux que l’on puisse paraître, bien souvent, sous le vernis de la soumission et de la docilité apparentes. C’est la raison pour laquelle Saint Paul identifie la sainteté avec la vérité.
« …revêtez-vous de l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité » (Ephésiens 4, 24)
Pour demeurer dans la vérité et la sainteté, il convient, face au Démon, le père du mensonge, de la tromperie et de l’erreur, de suivre le conseil de Saint Pierre :
« Résistez-lui, fermes dans la foi » (I Pierre 5, 9)
« Car le juste vivra par la Foi » (Rom. 1, 17)
« Sans foi il est impossible de remporter la victoire » (Heb. 11, 6)
« Car tout ce qui ne procède pas de la foi est péché » (Rom. 14, 23)
Devant cette hécatombe ecclésiologique de l’apocalyptique sodomisation  il ne nous reste qu’une seule chose à faire : suivre le conseil des Saintes Ecritures.
« Tenez bon, avec patience, mes frères, jusqu’à la Parousie du Seigneur »     (Jacques. 5, 7)
Basilio Méramo – Prêtre
19 mars 2008

18 mars 2008

[Paix Liturgique] Encore les Scouts d'Europe : Réponse à deux courriers de nos lecteurs

SOURCE - Lettre 90 de Paix Liturgique - 18 mars 2008

"Votre façon de parler des scouts d'Europe est inadmissible et absolument pas chrétienne et tolérante , je suis très choquée ! Je ne vois pas le rapport avec de la désobéissance au Pape et la franchise scoute !"
Recevant, par inadvertance probablement, les courriers électroniques concernant les débats en cours au sein de l'AGSE, je suis surpris de découvrir que la réponse que vous apportez à la "mise en cause" injuste dont vous dites faire l'objet de la part de commissaires généraux de l'AGSE est identique à un courrier électronique diffusé la semaine dernière. Il me semble que vous pouvez difficilement soutenir que vous n'êtes pour rien dans ces débats...
A force d'attaques peu charitables et de jouer sur les mots pour esquiver les responsabilités, vous vous discréditez
Comme vous, nous sommes informés sur ce sujet brûlant par les divers membres de l'AGSE et comme vous, nous avons reçu des courriers électroniques. Tout ceci nous inspire, mais de là à conclure que nous sommes les auteurs du "complot tradi contre l'AGSE", il y a fossé dont le franchissement relève du fantasme. D'ou la publication de ce dossier -réponse

La réponse de Paix liturgique


Est-ce être chrétien et tolérant que de rejeter des personnes en raison de leur attachement à la forme extraordinaire du rit romain ? Est-ce être charitable que de refuser l'application du Motu Proprio ? Soyons sérieux...

Tenez par exemple : est-ce aussi Paix Liturgique qui a écrit la lettre ouverte de Philippe de Saint Germain, qui anime le site Liberté politique ?

http://www.libertepolitique.com/[...]/


Tout y est : la désobéissance à Rome, le problème pédagogique des Scouts d'Europe, le soutien de certains évêques dans cette fronde, le caporalisme ambiant de l'AGSE, la fumeuse théorie du complot "tradi", etc.

En voici quelques extraits :


"le lancement d’une pétition nationale de soutien aux commissaires généraux spéculant sur la mobilisation du loyalisme scout et le réflexe d’attachement légitime au mouvement contre un prétendu complot intégriste, est également regrettable. C’est de la pure dialectique politicienne. On voudrait dresser les gens les uns contre les autres qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Un mouvement scout n’est pas un terrain de jeu démocratique. Dans cet esprit, l’envoi à tous les cadres du mouvement d’une plaquette électorale de dix pages pour vanter les mérites de l’actuelle équipe dirigeante provoque en moi un malaise, quand l’axe directeur du document consiste, sur des accusations indémontrées, à brandir la menace d’une entreprise de déstabilisation. [...]

C’est une grave erreur de considérer la famille traditionaliste comme un bloc homogène, également borné, comploteur, et donc infréquentable… Personne n’a le monopole des brebis galeuses. Cette confusion est bien française, mais dans l’air du temps : le cartésianisme centralisateur des administrations (civiles ou religieuses, d’ailleurs) ainsi que la peur de la différence poussent les organisations à écarter les empêcheurs de plaire. [...]

C’est dire ma tristesse de découvrir que l’œuvre de paix et de réconciliation voulue par le pape ait été reçue par une décision formelle et brutale de fermeture, que le mouvement n’avait jamais pratiquée jusqu’alors. [...] Pourquoi s’enfermer dans un blocage que les circonstances ne justifiaient nullement ? [...] vouloir vivre la communion de l’Église en éliminant arbitrairement les indésirables, cela relève d’une ecclésiologie étrange. Si les Scouts d’Europe se joignaient à ceux qui veulent enfermer une catégorie de chrétiens dans des réserves d’Indiens, j’aurais honte, tout simplement. [...]

On m’oppose que la décision a été adoptée régulièrement, et qu’elle répond à une nécessité pédagogique. C’est bien là le problème. [...] Le caractère unilatéral et obstiné de cette décision a d’autant plus choqué, que depuis, en janvier dernier, une majorité des administrateurs élus par les chefs et cheftaines a refusé sa confiance aux commissaires généraux. Deux raisons pourraient expliquer cette brutalité, qui ne sont pas incompatibles entre elles : 1/ la certitude d’un complot dangereux, justifiant une mesure de salubrité publique ; 2/ la volonté de transformer autoritairement le mouvement à son insu. La thèse du complot intégriste et des menaces que ferait courir au mouvement un camp conservateur tenté par l’isolement ou la guerre avec « la société laïque dans laquelle nous vivons » parcourt la longue lettre aux chefs et cheftaines du 11 février. Il est même explicitement évoqué le risque de rupture avec l’Église de France si le rapport moral présenté à l’AG du 15 mars était rejeté. « Moi ou le chaos ? » Ce n’est guère sérieux. [...] Les administrateurs qui se sont opposés aux commissaires généraux, ne défendaient pas un rite, mais contestaient un mode de gouvernement autoritaire pour imposer des décisions aux motivations peu claires (cf. le site www.appel-scout.fr). [...]

S’il n’y a pas complot, il y a bien deux conceptions de ce que doit être l’AGSE qui s’opposent, à la fois comme mouvement d’éducation, et comme mouvement catholique. Indépendamment de considérations plus stratégiques ou de pressions extérieures (j’y reviendrais), les motivations de chacun répondent à des logiques différentes.

D’un côté, la vie chrétienne est intégrée dans le mouvement comme un élément constitutif de la pédagogie ; de l’autre, c’est la vie scoute, comme méthode pédagogique, qui prend place dans la vie chrétienne de chacun et dans la vie de l’Église. Dans le premier cas, le « sens de Dieu » est considéré comme un des cinq buts du scoutisme, c’est une « dimension » de la pédagogie ; dans l’autre, c’est la pédagogie qui est subordonnée au « tout » de la vie chrétienne.

On voit les conséquences quand il s’agit de mettre en œuvre une instruction romaine (quelle qu’elle soit) : chez les premiers, on mesure la volonté du pape à des impératifs pédagogiques : c’est une contrainte réglementaire ; chez les seconds, la volonté du pape est une condition de la pédagogie : c’est une obligation spirituelle.

La distinction est sans doute forcée, mais les deux approches existent bien. Cela n’a pas les mêmes effets. Ainsi, dans la logique de la première approche (primauté de la pédagogie), on nous explique que « la création d’un nouveau groupe doit se faire autour de la pédagogie scoute et non d’une spécificité liturgique » et que la pratique exclusive de la forme ordinaire du rite relève d’un « choix pédagogique » (Lettre aux parents, 17 novembre). Cette règle a l’apparence du bon sens, mais on voit mal en quoi la pratique de la forme extraordinaire du rite romain, dans la perspective de Benoît XVI, serait pédagogiquement inacceptable dans un mouvement d’éducation catholique où il s’est d’ailleurs toujours pratiqué (même de manière marginale). Quoiqu’il en soit, les considérants de la décision sont seulement pédagogiques. Cette mise à l’écart traduit un renversement de la hiérarchie entre pédagogie et vie chrétienne.

Ce passage en force peut s’expliquer par la volonté d’assurer une mutation du mouvement qui renforcerait son identité sur des critères pédagogiques, et non spirituels. La « méthode scoute classique » serait clairement revendiquée (système des patrouilles, non-mixité, uniforme) comme le critère identifiant de l’AGSE, mais sa « volonté de ne pas entrer en guerre avec la société laïque dans laquelle nous vivons » s’harmoniserait avec un modèle éducatif chrétien qui cloisonnera la vie spirituelle, et prendra délibérément ses distances avec un catholicisme jugé trop décalé. [...]

Le plus étonnant, c’est que cette orientation est soutenue par des évêques du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes, qui n’hésitent pas à prendre parti, au risque de consacrer une division regrettable en elle-même. S’il s’agit d’un conflit interne d’ordre temporel, l’inopportunité est manifeste ; s’il s’agit d’un enjeu d’ordre spirituel, on est obligé de considérer l’affaire sous l’angle canonique, dans toute sa complexité, et d’admettre qu’il y a aussi un désaccord entre des évêques et le Saint-Siège, alors que le cardinal Hoyos, président de la commission chargée de veiller à l’observance et à l’application du motu proprio (art. 12) a demandé formellement et directement aux dirigeants de l’AGSE de « reconsidérer » leur position.

Les réticences de plusieurs évêques français à l’application du motu proprio sont connues. Des évêques assument même leur opposition du document droit dans les yeux, pour des raisons historiques qui rejoignent les confusions observées dans l’analyse de certains sur le monde traditionaliste. Mais tout comme l’actuelle division des Scouts d’Europe ne tourne pas fondamentalement autour d’une question de rite, de même le soutien apporté par ces quelques évêques aux commissaires généraux va au-delà de la question du motu proprio et procède d’une volonté de repenser les relations entre le mouvement et la hiérarchie épiscopale. [...]

La culture assez peu cléricale qui s’est forgée dans les nouveaux mouvements depuis Vatican II, avec les conséquences sur le profil des jeunes prêtres issus des Scouts d’Europe, s’intègre mal avec la tendance au dirigisme du clergé français. Il est donc aisé de prévoir que la perspective fantasmatique de voir les Scouts d’Europe servir de terrain de chasse à des prêtres hors contrôle (par exemple à des abbés de la Fraternité Saint-Pierre) en fait trembler plus d’un. [...]

Cette orientation risque de nuire à tous. Elle est en rupture avec l’histoire du mouvement des Guides et Scouts d’Europe et son identité profonde. C’est dans la liberté de son engagement au service de l’Église que sa fécondité spirituelle et humaine a grandi. La santé de l’Église de France a besoin de cette liberté. Aujourd’hui, on veut brider sa créativité, caporaliser sa spiritualité."


Est-ce vraiment un manque de charité que de dire ces vérités ? Nous ne le croyons pas. La réalité c'est qu'il n'y a pas de "complot tradi"contre les Scouts et Guides d'Europe. En revanche, il y a une forte mésentente au sein de l'AGSE entre une équipe dirigeante et la base. En 2004, 2 % des chefs et cheftaines rejetaient le rapport moral. En 2005, ils étaient 11 %, en 2006 20%, en 2007 33%....

Louis Renaudin

Membre du conseil du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Eglise.

15 mars 2008

[Abbé Régis de Cacqueray - Lettre à nos frères prêtres] Missel de Jean XXIII: de quoi parle-t-on?

SOURCE - Lettre à nos frères prêtres n°37 - Lettre trimestrielle de liaison de la Fraternité Saint-Pie X avec le clergé de France - Editorial par l'abbé Régis de Cacqueray - mise en ligne par laportelatine.org - Mars 2008

Ces derniers temps, on discute beaucoup (et c’est heureux) du Missel du pape Jean XXIII, ou Missel de saint Pie V, ou Missel grégorien.

Cette discussion ne se déroule pas toujours dans la sérénité. Les affirmations péremptoires tombent comme à Gravelotte, les avis fusent de toutes parts, les critiques contradictoires fleurissent.

En écoutant ce brouhaha, on est souvent frappé de la pauvreté et de l’inexactitude des critiques faites à ce Missel, en sorte qu’il est permis légitimement de se demander si ceux qui polémiquent ainsi savent tous de quoi ils parlent.

A leur décharge, il faut reconnaître que l’accès à la connaissance simplement historique de la liturgie est devenu aujourd’hui difficile, en raison de l’état calamiteux de l’édition catholique.

En 1961, le chanoine Martimort publiait, avec une pléiade de spécialistes de l’histoire liturgique, un volume d’environ 1 000 pages intitulé L’Église en prière. L’histoire de la messe, des sacrements et sacramentaux, du bréviaire, du calendrier, etc. était développée en une vaste synthèse. Cet ouvrage connut plusieurs retirages jusqu’en 1965. Au milieu des années 80, parut en quatre volumes une nouvelle édition mise à jour. Cet ouvrage est désormais épuisé, et n’a pas été remplacé.

Or, il y a quelques semaines, voulant vérifier si un prêtre ou un séminariste pouvait actuellement accéder à une présentation suffisamment complète de l’histoire de la liturgie, je suis allé à la plus grande librairie religieuse française, afin d’essayer de me procurer un ou plusieurs ouvrages d’histoire de la liturgie. Malgré mes recherches approfondies, malgré mes demandes aux divers chefs de rayon, cette quête a été vaine.

Constatant ce désert éditorial, il m’a semblé nécessaire de demander à un fin connaisseur de l’histoire de la liturgie, l’abbé Grégoire Celier, de nous proposer une synthèse rapide mais précise, afin que chacun puisse connaître les dates essentielles, situer les textes et les rites dans le temps, comprendre de façon se-reine les enjeux.

Ce numéro de la Lettre à nos frères prêtres vous propose cette synthèse historique alimentée aux meilleures sources, loin de toute polémique. Elle permettra de se retrouver sur le vrai et le réel, et en même temps de répondre à des questions récurrentes (dont a témoigné plusieurs fois le Courrier des lecteurs) sur les divers noms attribués à ce Missel.

Abbé Régis de CACQUERAY

11 mars 2008

[Paix Liturgique] Le motu proprio en Belgique et aux Pays-Bas : déjà un succès !

SOURCE - La Lettre de Paix liturgique89 - 11 mars 2008

Le motu proprio en Belgique et aux Pays-Bas : déjà un succès !

La nouvelle crue de la crise postconciliaire, particulièrement visible en France, en Suisse et en Allemagne, qui se traduit, entre autres, par une reprise dramatique de l’effondrement des vocations dans les séminaires diocésains, est aussi très sensible en Belgique et aux Pays-Bas. Comme en France, c’est sur ce fond de naufrage ecclésial et de banqueroute pastorale qu’il faut lire comme un signe d’espérance – un peu comme une barque de sauvetage – le succès du motu proprio Summorum Pontificum, succès certes lent (relativement, car le texte a paru il y a moins d’un an), mais succès désormais certain et irréversible.

Voici un état de la situation en Belgique et aux Pays-Bas :

En Belgique, 6 nouveaux lieux proposent l’ancien ordo et d’autres sont en préparation.

Dans le diocèse de Liège, il existe depuis les années 70 une offre substantielle de liturgie traditionnelle, qui s’est toujours maintenue sans coups de crosse épiscopaux majeurs, alors que ces groupes sont a priori vulnérables, étant en dehors de toute structure traditionaliste.

- L’abbé Jean Schoonbroodt, un prêtre à soutane et barrette, est une figure bien connue dans le diocèse. D’une famille de musiciens renommés, il a uni autour de lui tout un milieu grégorianiste qui rayonne à son tour dans les milieux des conservatoires de la région. Apostolat par l’art. Biritualiste, l’abbé Schoonbroodt est chapelain du sanctuaire marial de Banneux www.banneux-nd.be (où il use généralement des nouveaux livres liturgiques). Parallèlement, il continue à célébrer comme auparavant dans le rite traditionnel à la chapelle dite de Bavière à Liège mais, depuis le motu proprio, il a également repris le rite traditionnel à l’église du Saint Sacrement, une splendide église sur un des plus gros boulevards de la ville : http://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com. La messe « Novus ordo » qui y est célébrée par l’abbé Germeau, un prêtre également Biritualiste, se recentre rapidement, en prenant comme point de référence la messe traditionnelle. L’église du Saint Sacrement de Liège est rapidement devenue le centre de gravité du « tridentinisme » dans la région. On peut également y bénéficier régulièrement de vêpres, confessions, expositions du Saint Sacrement, concerts de musique sacrée etc.

- Autre nouveau lieu de célébration suivant l’ancien ordo : le prieuré de Tancrémont (www.tancremont.be), un sanctuaire cher aux Liégeois, où est conservé un Christ à colobium unique en son genre qui est traditionnellement fort vénéré dans la région. Le Père Jos Vanderbruggen, norbertin, est recteur de ce prieuré, qui dépend de l’abbaye prémontrée d’Averbode. Tancrémont étant à un jet de pierre du sanctuaire de Banneux, le Père Jos y seconde l’abbé Schoonbroodt. Depuis peu, donc, il célèbre régulièrement dans le rite traditionnel à Tancrémont, ainsi que le dimanche à la chapelle Saint-Lambert dans la ville de Verviers. Cette chapelle de Verviers bénéficiait déjà d’un indult obtenu de Paul VI en personne par Mgr Van Zuylen, évêque de Liège qui était insatisfait des changements post-conciliaires.

- Dans le diocèse d’Anvers, le foyer de charité Marthe Robin de Brasschaat propose depuis peu une messe quotidienne dans le rite traditionnel.

- Dans l’archidiocèse de Malines Bruxelles, le petit village de Dongelberg, entre Bruxelles et Namur, bénéficie depuis novembre 2007 d’une messe traditionnelle mensuelle.

- A Gand, dans le diocèse du même nom, la basilique mariale d’Oostakker-Lourdes offre désormais une messe traditionnelle un dimanche par mois.

- Un groupe est constitué à Bruges – Chef lieu de diocèse- et essaie d’obtenir des célébrations régulières. En octobre dernier, il a déjà obtenu de façon ponctuelle une messe dans la basilique du Saint Sang, sur l’autel même de la relique MailScanner soupçonne le lien suivant d’être une tentative de fraude de la part de « tridentijnsemis. tridentijnsemis.blogspot.com
Les prochaines messes à la basilique du Saint Sang sont prévues le 2 mars et le 27 avril.

- Des demandes sont en préparation dans d’autres diocèses mais la discrétion est de mise pour l’instant.

Aux Pays-Bas, 7 paroisses ont repris le rite traditionnel depuis le motu proprio et les évêques néerlandais ont dû sentir venir le vent lorsqu’ils ont réédité le missel des fidèles de 1962 ! Senti venir le vent ? L’Esprit, qui souffle où il veut. A vue humaine, c’était inespéré pour un pays aussi stérilisé par l’hyperprogressisme. La Vereniging voor Latijnse Liturgie (Association pour la liturgie en latin) www.latijnseliturgie.nl, qui s’attache à promouvoir la nouvelle liturgie en latin, n’a pas exclu, après le motu proprio, des célébrations selon l’ancien rite.

Déjà en fin 2006, le motu proprio avait produit un effet spectaculaire par sa seule attente : la Fraternité Saint-Pierre avait obtenu la jouissance à 50 % d’une grande église paroissiale à Amsterdam. C’était le retour de la messe traditionnelle dans la plus grande ville des Pays-Bas, après plus de 30 ans d’absence. Depuis la promulgation du motu proprio, l’église Sainte-Agnès fait le plein : il y a maintenant messes et confessions 6 jours par semaine, dimanche compris, sans compter les adorations du Saint Sacrement, les cours de catéchisme et autres activités paroissiales. Grâce à des rapports cordiaux avec le curé, la cohabitation se passe bien. Le curé est amené à recentrer peu à peu son catéchisme, son « Ars celebrandi » et bien d’autres aspects de la vie paroissiale. (Voici la magnifique église Ste-Agnès : http://home.tiscali.nl/hjmgov/index.html

Dans le reste des Pays-Bas, ce sont plus de 25 prêtres qui sont en train d’apprendre ou réapprendre la forme extraordinaire avec les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre et de la Fraternité Saint-Pie -X. On s’attend aussi à un retour de l’« Antiquum documentum » à la grande abbaye de Vaals www.benedictusberg.nl, le Fontgombault néerlandais, située au point de jonctions des Pays Bas de la Belgique et de l’Allemagne.


Remarques de Paix Liturgique

- En Belgique, et plus encore en Hollande, de nombreux curés de paroisses se révèlent favorables à la restauration de la forme extraordinaire du rite latin ou au moins à son existence… Les prêtres qui décident de célébrer selon cette forme le font dans la paix, en toute liberté, et le plus souvent avec la bienveillante acceptation de leurs pasteurs. A de rares exceptions près, on est là pleinement dans l’esprit du Motu Proprio de Benoît XVI. Cette harmonieuse et paisible mise en œuvre du Motu Proprio est d’autant plus exemplaire qu’elle tranche singulièrement avec l’application mesquine et idéologique qui est faite dans la plupart des diocèses de France. En effet, en France, il existe de très nombreux prêtres qui aimeraient qu’au sein de leurs paroisses coexistent pacifiquement les deux formes de l’unique rite romain. Ces prêtres se trouvent en pratique dans une situation très difficile car bien souvent, un tel choix leur vaudrait des sanctions… canoniques ou au moins pratiques. C’est ainsi qu’à Paris, à un prêtre qui avait pensé célébrer une messe dominicale selon la forme extraordinaire du rite romain, « on » a fait comprendre que s’il persistait dans cette voie, il ne serait plus jamais curé dans le diocèse. Oui, nombreux sont ces prêtres qui aimeraient jouir en pratique de la liberté décrétée par le Motu Proprio sans avoir à craindre une mutation dans des zones pastorales ingrates et difficiles où ils ne pourraient pas poursuivre aisément leur cheminement liturgique.

- En fait il n’existe plus – ou au moins beaucoup moins qu’en France – chez nos cousins du nord d’antagonisme « Traditionalistes/Progressistes » et ce sont les autorités catholiques et le clergé qui perçoivent d’eux-mêmes combien est riche et profitable pour tous la liberté offerte par le Saint Père à son Église. Une telle attitude est sage et raisonnable car elle tient compte de la réalité et du sens de l’histoire sans arrière pensées idéologiques et dépassées…

- Que pouvons-nous faire en France pour que notre désir d’œuvrer pour la paix et la réconciliation ne soit pas systématiquement perçu comme une déclaration de guerre ? Tant que le terrible ostracisme qui frappe les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle n’aura pas cessé, c’est l’existence même de ces fidèles qui continuera d’être perçue comme une provocation et une déclaration de guerre par les apparatchiks qui verrouillent sur le terrain la question liturgique. Sans doute faudra-t-il encore du temps pour que les demandes de célébrations de la forme extraordinaire du rite romain qui se font jour dans tous les diocèses de France ne soient plus considérées comme des problèmes à régler, comme des maux à éradiquer ou à neutraliser mais comme des souhaits légitimes. Le Motu Proprio de Benoît XVI, le style du nouveau clergé, les nombreuses vocations issues des séminaires traditionnels, l’attrait de la liturgie traditionnelle chez les jeunes, voilà autant de raisons d’espérer !

Guillaume de Laporte

Correspondant en Belgique du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église. info@motupropriobelgique.com


Paris - Messes à Notre-Dame de Clignancourt (Paris 18ème)

Nous apprenons que chaque semaines, le vendredi à 10h 30 et le samedi à 8h 00, sont célébrées des messes selon la forme extraordinaire du rite romain à Notre-Dame de Clignancourt (en face de la mairie du XVIIIème), Métro Jules-Joffrin .


Paris- Le 16 mars, recollection sur le thème de la liturgie du Triduum pascal

L’association Mission Liturgique organise une journée de récollection ouverte à tous pour préparer à la Semaine Sainte, le samedi 15 mars, église Saint-Georges (112-114 avenue Simon-Bolivar, 75019 – métro Bolivar ou Jaurès), de 10h à 17h 30, prêchée par l’abbé Claude Barthe sur le thème de la liturgie du Triduum pascal

10h : ouverture, 1ère prédication – Méditation (la messe de l’Institution)

11h : 2ème prédication – Méditation et confessions (l’adoration de la nuit du Jeudi-Saint)

12h : Messe selon la forme extraordinaire

Apporter son pique-nique, déjeuner au parc des Buttes Chaumont à 100 mètres

14h 00 : Chemin de Croix

15h 00 : 4ème prédication – Méditation (la cérémonie du Vendredi Saint)

16h 00 : 5ème prédication – Méditation (la vigile pascale)

17h 00 : Salut du Saint-Sacrement (fin 17h 30)

On peut n’assister qu’à l’une ou l’autre des prédications. S’il y a lieu, il y aura une garde des enfants.

Contact : elaurencon@free.fr - 06 63 04 76 71 et 06 20 95 24 06


Versailles - Un nouveau groupe à Saint-Cyr-l''école

Des fidèles de Saint-cyr-l’école souhaitent constituer un groupe afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.

Merci de les rejoindre ou de les aider !

Contact : info@motuproprio78.com


Marne - Messe à Reims le 16 mars

La fête des Rameaux sera célébrée le dimanche 16 Mars en l''église sainte Jeanne d''Arc de Reims à 10 heures 30.

Contact : http://www.paixliturgiquereims.org


Paris - Messe de préparation au Pèlerinage de Chartres

Une messe de préparation au pèlerinage de Pentecôte 2008 sera célébrée par Monsieur l’Abbé Guilhem le Coq (FSSP),le mercredi 12 mars 2008 à 19 h 30 en l’église Saint Germain l’Auxerrois (Place du Louvre, 75001 Paris). Possibilité de se confesser de 17 h 30 à 19 h 15.