26 juin 2019

[Lettre à Nos Frères Prêtres (FSSPX)] Un intéressant courrier

SOURCE - Lettre à Nos Frères Prêtres (FSSPX) - juin 2019

Nous avons reçu la lettre suivante d’un prêtre :
« Monsieur l’abbé, 
Le Christ est ressuscité ! (Ceci peut remplacer le bonjour dans le temps pascal) 
Je fais référence à votre dernier édito, que je viens de recevoir avec la LNFP. 
Je pense que vous devriez être beaucoup plus prudent avant d’accuser un Pape d’hérésie. Il y a des nuances dans le dogme catholique. 
Malheureusement, ce genre de propos est plus qu’une habitude chez la Fraternité Saint-Pie X, c’est la structure même de votre identité, sa façon de se légitimer qui en dépend, comme en atteste parfaitement la conclusion de votre édito. Le jour où vous ne trouverez plus rien à critiquer, il semble que vous n’aurez plus de raison d’exister. Peut-être pourriez-vous vous chercher une autre raison d’être ? En recevoir une du Seigneur ? Je vous promets de prier à cette intention. 
Pensez-vous que cela fasse partie du plan de Dieu qu’Abraham ait rencontré Melchisédech et ait été béni par lui ? Pensez-vous que Jéthro ait été de la même religion monothéiste qui était celle de Moïse et des Juifs ? Pourtant les fils d’Israël et Moïse lui-même ont été aidés par lui. Balaam, prophète païen s’il en est, chargé de maudire le peuple juif, a dû le bénir et c’est dans la Révélation ! Les marins qui convoyaient Jonas étaient païens et ce sont eux qui lui ont dit ce qui était en train de se passer, qu’ils allaient faire naufrage car il avait fui son appel. Le général syrien Naaman était païen qui a emporté de la terre d’Israël pour prier dessus après avoir été guéri par Elisée. Etc. 
Dans le plan de Dieu tel que la Révélation nous le dévoile progressivement, il y a la place pour une “économie du salut”, où les autres religions ont souvent valeur de préparation. 
Saint Paul ne dit-il pas : “Athéniens, je vois que vous êtes les plus religieux des hommes…” ? Il valorise donc bien leur dimension religieuse ! Puis il ajoute: “Eh bien ! ce Dieu que vous cherchez sans le connaître, je viens vous l’annoncer…”. 
Partout les missionnaires chrétiens se sont appuyés sur les semences du Verbe présentes dans les autres religions pour annoncer l’Évangile. Nous pouvons lire ou relire les premiers Pères de l’Église, en particulier les Pères apologètes comme Justin, Tatien, Aristide d’Athènes, Théophile d’Antioche, Méliton de Sardes… 
Aujourd’hui encore, nous voyons que des musulmans souvent viennent à la foi catholique à travers les interrogations qu’ils se posent à partir de leur propre religion et ils sont très nombreux à se convertir même dans les pays dits musulmans où c’est pourtant réprimé. Ce n’est pas en niant la part de vérité qu’il y a dans les autres religions que nous ferons avancer l’évangélisation. 
Donc, oui, la pluralité des religions fait paradoxalement partie du plan de Dieu, (comme le péché aussi en fait partie : “Dieu a enfermé tout homme dans le péché pour faire à tous miséricorde” cf. Rm), car elle peut conduire par des chemins divers à l’unique Médiateur qui est le Christ dans son unique Église. “Il y a un seul chemin pour parvenir à Dieu et c’est le Christ, mais il y a de nombreux chemins pour parvenir au Christ” (Père Antoine). 
C’est là la grande, la vraie Tradition de l’Église, qu’elle a toujours gardée et qu’elle gardera toujours, et, pardonnez ma franchise, elle le fera avec ou sans vous. 
Je serais très heureux si pouviez publier ce petit “droit de réponse”, dans votre prochaine lettre. 
Je vous dis ma communion dans la foi catholique, communion que j’aimerais être aussi une communion dans la charité, laquelle va toujours avec la vérité, n’est-ce pas ? »
Fin de la lettre du père R. H.

Cette lettre du père R. H. est courtoise, précise, argumentée. Elle aborde, de plus, deux questions fort importantes et intéressantes : la réalité de la déclaration d’Abu Dhabi ; l’attitude de la Fraternité Saint-Pie X vis-à-vis de ce qui lui apparaît comme des erreurs, au regard de l’enseignement constant de l’Église. C’est pourquoi, il nous a paru utile et enrichissant d’y répondre un peu longuement.
L’éditorial n’accusait pas le pape d’hérésie 
Le père R. H., après les salutations d’usage, dont nous le remercions, nous explique qu’il va examiner l’éditorial de l’abbé Benoît de Jorna du numéro 81 de la Lettre à nos Frères prêtres, intitulé « Une confusion dramatique » : « Je fais référence à votre dernier édito, que je viens de recevoir avec la LNFP ».
   
Il estime, en effet, que cet éditorial a accusé d’hérésie le Pape François : « Je pense que vous devriez être beaucoup plus prudent avant d’accuser un Pape d’hérésie. Il y a des nuances dans le dogme catholique ».
   
Commençons par ce premier point. Contrairement à ce qu’affirme le père R. H., l’éditorial de l’abbé Benoît de Jorna comportait explicitement une « mise à distance » entre la phrase litigieuse extraite du « Document sur la Fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune » signé aux Émirats Arabes Unis le 4 février 2019, et la personne du Pape François. A aucun moment, et sous aucune forme, il n’a été dit ou suggéré que le Pape était, personnellement, « accusé d’hérésie », comme l’affirme le père R. H. Et même au contraire !
   
D’abord, il est écrit dans cet éditorial que cette phrase litigieuse constitue « en soi » une proposition hérétique. Mais ce qui est vrai « en soi » ne l’est pas forcément « dans le contexte ». On dit plaisamment que tout prêtre a droit à trois hérésies par sermon. Or, même si un prêtre profère par mégarde, dans son homélie, une phrase qui « en soi » est hérétique, cela ne signifie nullement qu’on va l’accuser d’hérésie : le contexte permet de comprendre qu’il s’agit d’une erreur involontaire.
   
Ensuite, il a été dit explicitement par l’abbé de Jorna que, « à un évêque qui lui disait sa surprise qu’il ait pu signer une telle phrase, le Pape François aurait répondu qu’il n’admettait nullement l’équivalence de toutes les religions, que donc il rejetait toute hérésie ». Or l’hérésie suppose la pertinacité, le refus de se soumettre, même après avertissement, à l’enseignement de l’Église. Mais ici, précisément, non seulement le Pape ne semble pas pertinace, mais au contraire il rejette explicitement l’hérésie que constituerait la phrase prise « en soi ».
   
En conséquence, l’éditorial envisage (de façon non limitative) des hypothèses qui pourraient expliquer la présence de cette phrase litigieuse contraire apparemment à la véritable pensée de François : que le Souverain Pontife ne l’ait pas lue ; qu’il n’y ait pas fait suffisamment attention, etc.
Hérésie et erreurs
Cela ne signifie pas que l’éditorial de l’abbé de Jorna ne contenait pas de critiques à l’égard du Pape François : il en contenait, et même plusieurs. Il y était dit que certaines paroles et certains actes du Pape « attaquent les fondements de l’identité catholique », « fourmillent d’erreurs, d’équivoques, de confusions, de sophismes, de propositions suspectes et malsonnantes » et constituent des « zigzags continuels dans la confusion et l’erreur ». Ce n’est pas rien !
   
Mais, précisément, si la Fraternité Saint-Pie X a signalé au cours du dernier demi-siècle un certain nombre d’erreurs touchant à la foi, erreurs émises par des autorités ecclésiastiques, et même au plus haut niveau, elle n’a jamais accusé d’hérésie (formelle, pertinace) aucun des Papes qui se sont succédé depuis le concile Vatican II, elle ne les a jamais qualifiés d’hérétiques.
   
Tout simplement parce qu’elle s’abstient de juger des intentions, des responsabilités, bref des dispositions intérieures des personnes, qui par définition échappent à ses prises et à sa responsabilité. La Fraternité Saint-Pie X est seulement obligée de se confronter à des faits publics de leur nature, comme le texte d’Abu Dhabi et, autant qu’il est absolument nécessaire, de les qualifier le plus objectivement possible, pour pouvoir agir ensuite en fonction de ce qu’ils sont réellement.
Seulement dans la critique ? 
Le père R. H. écrit ensuite : « [La critique] est plus qu’une habitude chez la Fraternité Saint-Pie X, c’est la structure même de votre identité, sa façon de se légitimer qui en dépend, comme en atteste parfaitement la conclusion de votre édito. Le jour où vous ne trouverez plus rien à critiquer, il semble que vous n’aurez plus de raison d’exister. Peut-être pourriez-vous vous chercher une autre raison d’être ? ».
   
Il s’agit là d’une réflexion facile, mais qui pourtant ne correspond aucunement à la réalité. Si tel évêque diocésain français publie, par exemple, un communiqué par an à propos d’un événement qui le touche particulièrement, et que seul ce communiqué me permet d’en entendre parler (parce que je suis éloigné géographiquement de ce diocèse, que je ne connais pas spécialement), serait-il juste de dire : « Cet évêque et ce diocèse ont pour seul activité annuelle la publication d’un communiqué. Ils feraient bien de se trouver d’autres activités pour occuper leur temps ! ». En réalité, l’évêque et les prêtres de ce diocèse remplissent chaque jour leur mission propre auprès de leurs fidèles, et le communiqué annuel ne représente qu’une très faible partie de leur activité.
   
La Fraternité Saint-Pie X est constituée de 650 prêtres, de 130 frères (religieux), de 80 oblates (religieuses), et elle est assistée par les 200 religieuses de la congrégation féminine associée, les « Sœurs de la Fraternité Saint-Pie X ». Tous ceux-là missionnent chaque jour auprès de centaines de milliers de fidèles à travers le monde, à partir des 180 maisons de la Fraternité, en exerçant cet apostolat dans soixante pays du monde.
   
On peut dire que 99 % du temps des membres de la Fraternité Saint-Pie X est consacré aux œuvres de l’apostolat sacerdotal, comme prêcher et enseigner la foi (sermons, catéchismes), célébrer la liturgie et les sacrements, visiter les malades et les pauvres, aider les familles dans l’éducation de leurs enfants à travers un réseau d’écoles catholiques, et surtout (mission première de la congrégation) susciter les vocations et les former dans des séminaires (la Fraternité Saint-Pie X y accueille actuellement 200 séminaristes).
   
Que, lorsque la nécessité s’en présente, la Fraternité Saint-Pie X confesse publiquement la foi catholique à propos d’un texte ou d’un événement qui met cette foi en cause, comme y obligent le saint baptême et la confirmation, cela constitue certes une activité de la Fraternité Saint-Pie X, mais certainement pas son essence exclusive.
L’existence de la Fraternité Saint- Pie X n’est pas liée à la critique 
A ce propos, dans le numéro 74 de la Lettre à nos Frères prêtres (juin 2017) qui présentait succinctement la Fraternité Saint-Pie X, il était dit explicitement : « Il faut noter dès l’abord que les Statuts de la Fraternité Saint-Pie X ne font pas spécialement référence à une crise doctrinale ou liturgique, et ne contiennent pas de critique directe des erreurs contemporaines ou des pratiques déviantes. Chaque ligne des Statuts est orientée vers la sanctification des membres et, en conséquence, vers le rayonnement de leur apostolat ».
     
Autrement dit, même si la crise dans l’Église cessait subitement, la Fraternité Saint-Pie X continuerait sans aucune difficulté son apostolat fondé sur ses Statuts.
     
Sans vouloir nous comparer à ces prestigieuses congrégations, il est évident historiquement que les Dominicains ont été fondés pour lutter contre l’hérésie cathare, comme les Jésuites pour lutter contre l’hérésie protestante : cela ne les empêche pas, des siècles plus tard et dans un tout autre contexte, de continuer leur apostolat dans l’Église, car la critique du catharisme ou du protestantisme ne constitue nullement et exclusivement leur identité.
   
De même, à son très modeste niveau, la Fraternité Saint-Pie X possède une identité de « société de vie apostolique » tout à fait indépendante de la crise actuelle dans l’Église.
La Fraternité Saint-Pie X seule à critiquer aujourd’hui ?
Par ailleurs, le père R. H. omet de signaler, ce qui fait tout de même partie de l’état de la question, que la Fraternité Saint-Pie X est fort loin d’être la seule aujourd’hui, parmi les catholiques, qui émette des critiques sur les orientations actuelles de l’Église. Des laïcs, des prêtres, des groupes notables de théologiens et d’universitaires, des évêques, des cardinaux ont multiplié ces derniers temps des documents publics sur divers points importants de dogme et de morale.
   
Signalons, parmi d’autres (tous ces documents peuvent facilement être trouvés sur internet) :

  • la demande par Mgr Schneider, alors évêque auxiliaire de Karaganda, lors d’une conférence théologique à Rome en décembre 2010, d’un nouveau Syllabus qui clarifierait certains passages ambigus du concile Vatican II et corrigerait des interprétations hétérodoxes qui en sont issues ;
  • la publication, le 29 août 2016, de la « Déclaration de fidélité à l’enseignement immuable et à la discipline ininterrompue de l’Église sur le mariage », signée notamment par les cardinaux Jãnis Pujats, Carlo Caffarra, Raymond Leo Burke, par les évêques Athanasius Schneider, Andreas Laün, Juan Rodolfo Laise, Taras Senkiv, et par de nombreux ecclésiastiques et théologiens ; 
  • les « Dubia » concernant Amoris laetitia remis au Souverain Pontife le 19 septembre 2016 par les cardinaux Walter Brandmüller, Raymond L. Burke, Carlo Caffarra et Joachim Meisner ; 
  • la lettre au Pape des mêmes cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner du 25 avril 2017 ; 
  • la « Correctio filialis » adressée au Pape François le 11 août 2017 et signée par plus de 250 ecclésiastiques, universitaires et théologiens ; 
  • la publication, le 31 décembre 2017, de la « Profession des vérités immuables sur le mariage sacramentel » par Mgr Tomash Peta, Archevêque Métropolite de l´archidiocèse de Sainte-Marie en Astana, Mgr Jan Pawel Lenga, Archevêque-Évêque de Karaganda et Mgr Athanasius Schneider, Évêque Auxiliaire de l´archidiocèse de Sainte-Marie en Astana, rejoints ensuite par le cardinal Jānis Pujats, archevêque émérite de Riga, Mgr Vigano, archevêque titulaire d’Ulpiana, Mgr Luigi Negri, ancien évêque de Ferrara, Mgr Andreas Laun, ancien évêque auxiliaire de Salzbourg, Mgr Marian Eleganti, évêque auxiliaire de Coire, Mgr René Gracida, évêque émérite de Corpus Christi et Mgr Elmar Fischer, évêque émérite de Feldkirch ; 
  • la lettre publique de Mgr Carlo Maria Vigano, ancien nonce à Washington, datée du 26 août 2018, suivie d’une deuxième lettre datée du 29 septembre 2018 ; 
  • le « Manifeste pour la foi » publié par le cardinal Ludwig Müller le 8 février 2019 ; 
  • l’ouvrage du cardinal Robert Sarah, Le soir approche et déjà le jour baisse, publié chez Fayard le 20 mars 2019, lequel cardinal affirme dans un entretien du 5 avril à l’agence Imedia : « Il est vrai qu’actuellement la crise se situe au niveau de la tête [de l’Église]. Si nous ne sommes plus capables d’enseigner la doctrine, la morale, ou de donner l’exemple et d’être des modèles, alors la crise s’avère gravissime ».
  • la « Lettre ouverte aux évêques de l’Église catholique » signée par vingt universitaires et théologiens, et publiée le 29 avril 2019. Etc.
Que tant de personnes différentes, qui ne sont nullement liées à la Fraternité Saint-Pie X, expriment aussi publiquement leurs critiques sur la situation doctrinale et morale actuelle de l’Église, cela ne constitue-t-il pas un de ces « signes des temps » dont on parlait volontiers dans les années 60 ? Et, comme le disait le concile Vatican II dans Gaudium et Spes 4, n’existe-t-il pas un « devoir, à tout instant, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile » ?
   
Il serait donc utile, sans du tout s’arrêter aux quelques critiques émises par la Fraternité Saint-Pie X, de s’interroger sur la signification de cette rafale de critiques venant de l’intérieur même de la structure ecclésiastique. Et de le faire honnêtement et courageusement, sans se transformer en autruche, ni répéter sur tous les tons que tout va pour le mieux aujourd’hui dans une Église en pleine expansion.
Les missionnaires devant les fausses religions 
Mais venons-en maintenant au cœur de la lettre. Le père R. H. nous y propose une doctrine missiologique appuyée d’abord sur plusieurs exemples de l’Ancien Testament, puis sur une prédication de saint Paul, enfin sur l’exemple des missionnaires chrétiens de tous les siècles.
   
Il y aurait sans doute plusieurs points à relever et à discuter ; par exemple, en ce qui concerne le général Naaman, s’il est venu comme païen solliciter un miracle ou un prodige, il est clair qu’il repart comme un fidèle du vrai Dieu : « Je sais certainement qu’il n’y a pas d’autre Dieu dans toute la terre que celui qui est dans Israël. (…) A l’avenir, votre serviteur n’offrira plus d’holocaustes ou de victimes aux dieux étrangers ; mais il ne sacrifiera qu’au Seigneur » (2R, 5, 15-17).
     
Mais ne chipotons pas. Très globalement, nous sommes d’accord avec cette affirmation du père R. H. que, dans un certain nombre de cas, les missionnaires catholiques ont pu s’appuyer, dans leur prédication, et à titre de « captatio benevolentiæ », sur tel ou tel élément religieux naturellement bon qu’ils découvraient au sein des populations qu’ils évangélisaient (comme la prière, le respect des serments, etc.). Et ceci, même si ces éléments se trouvent effectivement liés concrètement à d’autres éléments qui constituent, comme ensemble signifiant, la religion (fausse) de cette population.
   
Mais, comme l’histoire nous le prouve, jamais ils ne se sont appuyés sur cette religion fausse en tant que telle, jamais ils n’ont dit ou laissé croire que cette religion fausse était, peu ou prou, la vraie religion. Sinon, évidemment, ils ne seraient pas venus, au péril de leur vie, prêcher à cette population l’unique religion par laquelle les hommes peuvent être sauvés. « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16, 16). « Il n’est pas d’autre nom sous le ciel qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous puissions être sauvés » (Ac 4, 12).
   
Nous sommes donc d’accord qu’il existe éventuellement dans les fausses religions une « part de vérité », à savoir des éléments naturellement bons (comme la prière, « élévation de l’âme vers Dieu »), qui peuvent en certains cas servir de pierres d’attente pour la prédication évangélique. Mais nous récusons énergiquement l’affirmation que « les autres religions » (en tant que telles, comme ensemble signifiant) puissent avoir « souvent valeur de préparation ».
Les fausses religions sont en lien avec le péché
D’ailleurs, le père R. H. aperçoit le péril de sa proposition prise au sens propre, et il la corrige ainsi : « La pluralité des religions fait paradoxalement partie du plan de Dieu, (comme le péché aussi en fait partie) ».
   
Sur cette ligne, nous pouvons, avec toute la tradition de l’Église, être d’accord. La première prédication évangélique (la mission au sens propre) s’adresse à des hommes enfoncés dans l’ignorance, l’erreur et le péché. Et il est vrai que, comme l’affirme le dicton, parfois « le Diable porte pierre ». Quelquefois, la honte naturelle du péché est utilisée par la grâce de Dieu pour ouvrir l’oreille de l’homme à la prédication de la foi. Quelquefois, c’est tel élément d’une fausse religion, soit naturellement bon, comme nous l’avons dit, soit même mauvais : plusieurs se sont convertis, par exemple, en comparant les actions malhonnêtes des prêtres de leur fausse religion aux belles actions des missionnaires chrétiens.
   
Comme le dit saint Augustin, Dieu « n’aurait jamais permis dans sa bonté infinie que le mal se mêlât à son ouvrage, s’il n’avait été assez bon et assez puissant pour tirer le bien du mal même » (Traité de la Foi, de l’Espérance et de la Charité, chapitre XI). La pluralité des (fausses) religions, comme le péché, est donc un mal dont Dieu, dans sa toute-puissance, peut tirer un bien, soit pour le bien de la personne elle-même atteinte de ce mal, soit pour le bien de l’univers entier.
La phrase litigieuse inclut une contradiction
Le problème de cette réflexion du père R. H., avec laquelle nous venons d’exprimer notre accord relatif (c’est-à-dire en incluant les réserves et les nuances apportées), c’est qu’elle ne correspond pas à la phrase litigieuse du document d’Abu Dhabi, telle que celle-ci se présente à nous dans son sens obvie et naturel.
   
Que dit cette phrase, en effet ? « Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains ». Cette phrase se réfère donc explicitement à la création des hommes et du monde, soit pour un chrétien aux premiers chapitres de la Genèse.
   
Dans ces chapitres (comme d’ailleurs dans le reste de la Bible en général), la question de la « couleur » de peau n’est pas abordée. La question de la diversité des « races » est abordée à propos des fils de Noé (Gn 9, 19), mais sans jugement moral particulier. La question de la diversité des « langues » est abordée à propos de la tour de Babel (Gn 11, 7-9), mais l’interprétation de cette diversité langagière reste difficile.
   
En revanche, la question de la diversité des sexes est explicitement traitée. Il est dit que « Dieu créa l’être humain à son image, il le créa homme et femme » (Gn 1, 27), qu’il les bénit et qu’il vit que cela était très bon. Dieu crée les deux sexes parce qu’il affirme qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul, et c’est pourquoi il lui fait une aide semblable à lui (Gn 2, 18). C’est ainsi que Dieu forme la femme à partir d’Adam, et la lui amène pour qu’il la reconnaisse comme semblable à lui et s’attache à elle.
   
Même si nous mettons de côté (faute de clarté suffisante) la question des couleurs de peau, des races et des langues, il reste néanmoins incontestable que la diversité des sexes est bonne et voulue positivement par Dieu, en elle-même.
   
Si donc, comme l’affirme justement le père R. H., la diversité des religions n’est voulue que négativement par Dieu, c’est-à-dire qu’elle est simplement permise, comme le péché, lequel n’est jamais voulu en tant que tel, mais seulement permis pour être l’occasion d’un plus grand bien divin, il est alors impossible de la mettre sur le même plan que la diversité des sexes, voulue par Dieu en tant que telle, parce qu’elle est elle-même un véritable bien.
La vérité des mots et des choses
Or, les lois immanentes du langage, que même un Pape ne peut changer, font qu’une énumération implique nécessairement une parité entre les diverses choses énumérées. Il faut forcément que les êtres énumérés communient dans une réalité semblable, même s’ils diffèrent par ailleurs, en dehors du principe de cette énumération. Si j’énumère des carottes et des navets, c’est qu’ils sont semblables, dans mon énumération, au titre de légumes : « Les carottes et les navets sont consommés comme des légumes ». En revanche, je ne puis pas dire : « Les carottes et les navets sont de même couleur », ni non plus « Les carottes et les steaks sont des légumes », parce que les réalités évoquées par les mots ne communient pas (elles n’ont pas la même couleur, elles ne sont pas du même genre alimentaire).
     
La diversité des sexes est un bien, qui est voulu de Dieu ; la diversité des religions est un mal, qui ne peut être que permis par Dieu en vue d’un plus grand bien. On pourrait donc dire de façon acceptable : « La diversité des sexes et des religions est voulue ou permise par Dieu, selon les cas ». Mais on ne peut certainement pas dire purement et simplement, sans autre nuance, la phrase d’Abu Dhabi : « La diversité des sexes et des religions est une sage volonté divine ». C’est là, soit une erreur théologique grave, soit une faute de langage, elle aussi grave, puisqu’elle tend à faire croire que Dieu veut équivalemment le bien et le mal, le vrai et le faux, ce qui est contraire à sa sainteté.
     
C’est pourquoi, comme nous l’avons dit, afin d’excuser autant que possible le Pape François d’erreur théologique grave, l’éditorial envisage (de façon non limitative) des hypothèses qui pourraient expliquer la présence de cette phrase contrairement à la véritable pensée de François : que le Souverain Pontife ne l’ait pas lue ; qu’il n’y ait pas fait suffisamment attention, etc.
     
Ces hypothèses ne sont pas forcément très glorieuses pour le Pape régnant, mais elles sont infiniment moins graves que celle (que nous rejetons) par laquelle François aurait apposé sciemment sa signature à une formule « en soi » hérétique.

[Abbé de Jorna - Lettre à Nos Frères Prêtres (FSSPX)] Reprenons courage!

SOURCE - Abbé de Jorna - Lettre à Nos Frères Prêtres (FSSPX) - juin 2019

Les temps sont bien difficiles pour l’Église. Et les temps sont difficiles pour les ministres de l’Église que nous sommes, les uns et les autres. Il y aurait bien de quoi se décourager. L’Église est trop souvent attaquée, diffamée, traînée dans la boue par des médias sans scrupule. La pratique religieuse baisse inexorablement, malgré les efforts et les sacrifices des fidèles et du clergé. Pire que cela, des scandales éclatent qui nous font honte à tous, parce qu’ils contreviennent directement à ce pour quoi nous nous sommes engagés à la suite du Christ.
      
Et nous, prêtres, nous nous sentons souvent si impuissants, si peu à la hauteur, si misérables. Nous missionnons du mieux que nous pouvons, par la parole et l’exemple, et les fruits apparents sont si maigres. Nous avons l’impression de ne pas savoir ce qu’il faudrait dire, de ne pas avoir la parole enflammée des saints qui touchaient si vivement leurs auditeurs et les convertissaient en un instant. Pire que cela, nos propres péchés font obstacle à l’efficacité de notre apostolat.
     
La fête du martyre de saint Pierre et de saint Paul, au 29 juin, est toutefois de nature à nous encourager et à soutenir notre persévérance missionnaire. Leur tâche fut fort loin d’être facile ; les obstacles et les traverses furent nombreux ; et à la fin de leur vie, lorsqu’ils offrirent leur vie au Christ par le martyre, les résultats étaient beaucoup plus modestes que ce que l’imagination, nourrie de deux mille ans d’histoire de l’Église, nous représente facilement aujourd’hui.
     
D’abord, leur mission était sans limite, quand nous ne sommes chargés que d’une seule paroisse, même si elle comporte plusieurs clochers : « Allez dans le monde entier enseigner toutes les nations». 
     
Ensuite, ils connurent des échecs (apparents) et des contradictions violentes. La prédication de saint Paul à Athènes, par exemple, ne produisit que très peu de fruits, alors qu’il avait si bien préparé son « sermon ». Et que de violence, d’insultes, de coups, d’arrestations!
     
Certes, ils fondèrent de petites communautés ferventes (où toutefois les disputes et les divisions ne manquaient pas), mais quand ils moururent l’un et l’autre à Rome, l’Église ne représentait pas grand-chose, soyons honnêtes. De plus, elle se préparait à trois siècles de sauvages persécutions, où toutes les ressources de l’État et de la société furent mises à contribution pour éradiquer la présence chrétienne.
      
Alors, ne nous décourageons pas. Comptons sur la force de la grâce, sur l’énergie du Saint-Esprit, sur le secours du Christ, et semons inlassablement la Parole de Dieu. « Dieu ne meurt pas », comme disait Garcia Moreno.

Abbé Benoît de JORNA

[Abbé Nicolas Cadiet - La Porte Latine (FSSPX)] Notre-Dame de laïcité?

SOURCE - Abbé Nicolas Cadiet - La Porte Latine (FSSPX) - 19 juin 2019

La première méditation du livret du pèlerin de Notre-Dame de Chrétienté 2019, sur le thème de la chrétienté, a de quoi surprendre. On comprend assez vite ce que la chrétienté ne doit pas être : à savoir la Charia, qui confond les pouvoirs spirituel et temporel. Ce qui selon le texte consiste à ne pas garantir l’égalité des citoyens de religions différentes et à friser l’idéologie (péché suprême) ; elle ne doit pas non plus être la séparation ou opposition entre l’Etat et la religion ; enfin elle ne doit pas – surtout pas ! – être le retour au 13e s., qui ne semble pas être en odeur de sainteté sous la plume du contemplatif qui nous livre ces lignes : excommunication de Philippe Auguste, interdit jeté sur le royaume, aventures de Boniface VIII avec Philippe le Bel, cathares et Montségur, voilà ce qu’il faut en retenir !

Alors que doit être la chrétienté ? « L’harmonie entre notre vie spirituelle et nos vies naturelles » ? Voilà qui est plus net. La dignité de l’homme, contre toute exploitation, surtout l’esclavage ? Le zèle pour le bien commun ? La responsabilité ? Sans doute il y a là de quoi réfléchir. Mais, « cela concerne tous les hommes », « quelle que soit notre religion ». Alors que sera une chrétienté, « quelle que soit notre religion » ?

Elle sera… ce qui avait échappé à ce 13e siècle surfait ! Elle sera… tenez-vous bien ! Elle sera… allez, devinez !

Elle sera… la laïcité ! Saint Pie X n’y avait pas pensé – le gouvernement français de l’époque ne lui en a pas donné envie – lorsqu’il disait que « la civilisation n’est plus à inventer. Elle a été, elle sera, c’est la civilisation chrétienne, c’est la Cité catholique. Omnia instaurare in Christo. ». 

Léon XIII, en exhortant au ralliement à la République avait cru que de distinguer le mode de gouvernement et le contenu des lois pouvait suffire à assainir la situation française. Lourde erreur. A ce jeu de la république, les catholiques ont pensé devoir jouer loyalement contre les tricheurs qui posaient eux-mêmes les règles. Ils ont perdu.

Il s’agit aujourd’hui d’un ralliement à la laïcité. Les principes de cette curieuse laïcité (« reconnaître Dieu, sa loi morale, le Christ et son Eglise,… et la légitime autonomie des réalités terrestres ») peuvent sonner juste, mais ils sont déjà réduits en pratique à rien par ceux qui répètent imperturbablement que la liberté religieuse est non négociable, et qui se défendent de vouloir que l’Etat impose des « valeurs confessionnelles » (1). En vertu de quoi il ne reste plus qu’à se réjouir de l’ouverture de nouvelles mosquées, dans un pays qui n’a pas le droit de dire pourquoi il n’en veut pas!

Péguy sur les chemins de Beauce chantait à Notre Dame :
Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce on fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.
Deux mille ans, mille ans… Et quelques années d’étourderie pourraient bien laisser faire de Notre Dame de Paris un musée, voire une mosquée. Notre Dame, au feu !
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(1) Commission Théologique Internationale, La liberté religieuse pour le bien de tous, 21 mars 2019, n°65

25 juin 2019

[FSSPX Actualités] Entretien avec Mgr Fellay: «Plus que tout, le monde actuel a besoin du prêtre»

SOURCE - FSSPX Actualités - 31 mai 2019

Mgr Bernard Fellay publie aux éditions Via Romana un livre d’entretiens qu’il a accordés à Robert Landers, un fidèle laïc venu l’interroger à Menzingen en 2016.
Monseigneur, vous faites paraître un livre joliment intitulé « Pour l’amour de l’Eglise ». Pouvez-vous nous en présenter la genèse ?
Mgr Fellay : Ce livre a connu une longue gestation. Mon emploi du temps ne me donnait pas toute la liberté qu’il aurait fallu pour la rédaction d’un tel ouvrage. Il fut conçu il y a environ quatre ans ! Et sa rédaction fut terminée il y a plus d’un an. Ce qui fait que les thèmes visant l’actualité sont en partie dépassés.
« Pour l’amour de l’Eglise » invite à s’interroger sur la place de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans l’Eglise. Cette place ne doit-elle pas être à Rome, car Rome est la tête, mais aussi le cœur de l’Eglise ?
Le cœur de l’Eglise, c’est l’Esprit Saint, c’est l’amour de Jésus, et c’est aussi le sacerdoce, si intimement lié à Notre Seigneur et à son Sacré-Cœur. La tête de l’Eglise, c’est le Christ.

Ici-bas, le chef visible de l’Eglise est le pape, auquel nous sommes bien sûr soumis, que nous respectons et avons toujours respecté, comme d’ailleurs toutes les autorités légitimes de la hiérarchie ecclésiastique.

La place de la Fraternité est au centre, au cœur de l’Eglise. Car le sacerdoce et la sainte messe, intimement liés entre eux, sont le cœur de l’Eglise ; la pompe qui transmet la vie de la grâce dans tout le corps.

En tant que catholiques romains, notre place est aussi à Rome. Mais vous savez que nous traversons une crise terrible, une désorientation vraiment diabolique, qui fait qu’à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité, s’est substituée une Rome nouvelle, née du concile Vatican II, une Rome néo-moderniste et de tendance libérale, à laquelle nous devons résister pour garder la foi.

Cependant, la “question romaine”, comme la dénommait déjà Mgr Lefebvre, repose entre les mains du Supérieur général. C’est lui qui possède les grâces d’état pour réaliser concrètement le développement des relations de la Fraternité avec Rome.
Transmettre la foi semble avoir été la préoccupation majeure de Mgr Lefebvre, mais Vatican II ne fait-il pas partie de la foi ?
La transmission de la foi a très certainement été l’une des préoccupations principales de Mgr Lefebvre, car l’évêque est par sa nature de successeur des Apôtres, voué à l’enseignement de la doctrine. Et Vatican II a bel et bien retenu son attention – non pas tant comme matière d’enseignement, car le Concile a voulu être pastoral et non dogmatique –, mais surtout à cause des erreurs, des glissements dangereux, des adaptations qui ont voulu mettre l’Eglise en harmonie avec le monde ; le résultat est devant nous, dramatique et cruel… au lieu de tirer et d’élever le monde vers le ciel, Vatican II a plongé l’Eglise dans les tourbillons du monde temporel…
Saint Pie X disait que l’ignorance religieuse était la caractéristique de son temps, quelle est selon vous celle d’aujourd’hui ? Et comment s’y opposer sur le plan spirituel ?
Cette ignorance religieuse n’a fait que se développer. Aujourd’hui, il faudrait trouver un mot plus grave encore, mais qui va dans le même sens. Nous sommes entrés dans un désert, un vide abyssal d’ignorance… jusqu’à oublier le Créateur, auteur de ce monde, dont toute créature dépend de manière absolue. Tout autant, le Rédempteur a disparu et par conséquent sa Loi, le véritable amour. L’œuvre du Rédempteur est méconnue, tout comme sa loi d’amour.

Notre Seigneur nous a donné, par saint Paul, la solution à ce mal : prêche à temps et à contretemps une doctrine pleine, intègre, emplie de charité et de l’exemple de miséricorde de Jésus.
Comment être prêtre dans notre société post-moderne ?
Dans une société post-moderne qui a perdu à peu près tous ses repères, le prêtre est plus que jamais nécessaire. Mais il faut se souvenir qu’il possède un caractère profondément intemporel. Le prêtre, c’est un autre Jésus, c’est l’ambassadeur de Dieu, qui donne à ses créatures une loi éternelle, valable pour tous les temps, qui offre et répare les péchés des hommes pour qu’ils puissent être sauvés.

Plus que tout, le monde actuel a besoin du prêtre.
N’y a-t-il pas à la fois disparition et exagération dans le culte marial aujourd’hui ? Comment trouver l’équilibre ?
Là aussi, dans un monde sans repères, les hommes vont en inventer de nouveaux au gré de leurs sentiments.

Ainsi il est vrai que le culte traditionnel à l’égard de Marie a tendance à s’effacer. Il n’y a qu’à voir la valeur donnée au chapelet par les masses… Et la foi pure, exigeante se fait supplanter par une recherche de l’extraordinaire… On pense aux “apparitions” de Medjugorje par exemple, où le message et les voyants présentent des aspects plus que douteux…

L’équilibre se rétablit dès lors que la foi retrouve sa place primordiale. Alors la sainte Vierge Marie reçoit elle aussi les hommages et l’amour filial du chrétien, elle exerce son rôle de Mère et exige de ses enfants qu’ils se montrent tels.
Peut-il y avoir encore un règne social à l’heure de la laïcité acceptée par tous, même par l’Eglise ?
Notre Seigneur étant Dieu, a bien affirmé aux Apôtres : “tout pouvoir m’a été donné au Ciel et sur la terre” (Mt 28, 18). Cette phrase doit être prise dans sa totale simplicité ; elle rappelle les droits de Jésus sur toute créature, mais aussi sur la société humaine, sur les pays, les gouvernants.

Que ces derniers ne veuillent plus le reconnaître n’y change rien. Il est roi dans le sens plénier du terme et ce titre nous est cher. C’est un devoir profond que de travailler à l’établissement de la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Mais rappelons-nous que ce n’est pas d’aujourd’hui que l’Eglise connaît l’opposition ou la persécution.
Quels sont les signes d’encouragement qui vous ont frappé durant les 24 années de votre supériorat ?
En considérant les dernières 24 années de la Fraternité Saint-Pie X, on ne peut que constater, avec beaucoup de consolation, les bénédictions du bon Dieu.

Elles viennent de toutes parts et sont très abondantes : une foi vivante, des âmes qui se convertissent et qui se sauvent.

Une forte consolation est la belle liturgie, qui élève les cœurs et donne la force de vivre selon la loi chrétienne et ses exigences dans le monde actuel.

Les écoles et tant d’œuvres qui fleurissent dans le monde entier, les conversions, une profonde dévotion mariale, voilà encore de très réels et nombreux signes d’encouragement, à travers mille péripéties.

Malgré toutes les difficultés, on peut constater la croissance de cette très belle œuvre qu’est la Fraternité et qui, un jour, sera reconnue comme telle.
  • Mgr Bernard Fellay, Pour l’amour de l’Eglise, entretiens avec Robert Landers, Via Romana, 2019, 152 pages.
    Disponible sur le site de Via Romana

[Bernadette Sauvaget - Libération] Bioéthique : les ultras tiennent l’Eglise en messe

SOURCE - Bernadette Sauvaget - Libération - 23 juin 2019

Assez mesurées au départ, les instances catholiques ont peu à peu durci leurs positions sur la fin de vie au fil de l’affaire Lambert.

Le sort de Vincent Lambert est devenu l’une des grandes causes du moment pour les instances officielles de l’Eglise catholique. Avec un durcissement marqué des autorités. Comme le pape et deux responsables de la curie romaine - le cardinal Kevin Farrell et Mgr Vincenzo Paglia -, les leaders de l’épiscopat français ont exprimé ces derniers temps des positions voisines de celles des parents Lambert. A travers leurs déclarations, les évêques réclament ainsi que Vincent Lambert soit désormais considéré comme une personne handicapée et non pas en fin de vie, un tournant pris récemment dans l’affaire.

«Il y a aujourd’hui un choix de civilisation très clair : soit nous considérons les êtres humains comme des robots fonctionnels qui peuvent être éliminés ou envoyés à la casse lorsqu’ils ne servent plus à rien, soit nous considérons que le propre de l’humanité se fonde, non sur l’utilité d’une vie mais sur la qualité des relations entre les personnes qui révèlent l’amour», a écrit, dans un communiqué au ton très dramatique, l’archevêque de Paris, Michel Aupetit. Cet ancien médecin est très engagé sur les questions bioéthiques. Plutôt discret sur le terrain strictement politique, il manque rarement une occasion pour s’exprimer sur les questions de PMA ou de fin de vie.

Elu en avril président de la Conférence des évêques de France, l’archevêque de Reims, Eric de Moulins-Beaufort, est moins cash que son collègue de Paris. Mais quand même… Il évoque à propos du sort de Vincent Lambert «une situation complexe». «Face à de telles situations, aucune décision humaine ne peut être assurée d’être parfaite, ni même d’être la meilleure.»Nuancé dans la forme mais ferme sur le fond, l’archevêque de Reims estime lui aussi que Vincent Lambert n’est pas en fin de vie et qu’il devrait être transféré dans une unité spécialisée dans l’accompagnement des patients en état végétatif.
Génération
«Les évêques sont très mobilisés dans cette affaire et leurs positions sont plus radicales qu’il y a quelques années», remarque la sociologue des religions Séverine Mathieu, spécialiste de l’éthique et de la famille. A l’été 2015, tandis que la bataille faisait déjà rage au sujet d’un arrêt des traitements de Vincent Lambert, l’épiscopat ne marchait pas, loin de là, comme un seul homme derrière les plus ultras de la famille Lambert. Le cardinal archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, avait certes commis un texte assez radical, en faisant signer avec lui les évêques de la région. Mais les spécialistes des questions bioéthiques à l’épiscopat, tel que Pierre d’Ornellas, l’archevêque de Rennes, étaient demeurés plus discrets. Dans un communiqué, le secrétaire général de la Conférence des évêques de France (CEF), Olivier Ribadeau Dumas, avait réclamé, au nom de son institution, «pudeur, modération et discrétion», ce qui avait paru une réponse au texte offensif de Barbarin.

Mais le paysage a changé. L’archevêque de Paris Michel Aupetit semble désormais imposer sa vision ultraconservatrice, de plus en plus partagée parmi les leaders émergents de l’épiscopat français.

Formée sous le pontificat de Jean-Paul II, une nouvelle génération, plus strictement doctrinale est en train de prendre les commandes du catholicisme français tandis que des personnalités ouvertes comme l’archevêque de Marseille, Georges Pontier, s’apprête à quitter les affaires. Bref, les positions se rigidifient, au risque de mettre en péril l’équilibre (certes précaire) trouvé autour de la loi Claeys-Leonetti.

Empêtrée dans les scandales d’abus sexuels, l’Eglise catholique a conscience d’être difficilement audible dans son opposition à la PMA si elle avance son thème favori de la défense des droits de l’enfant. La question de la fin de vie et de l’euthanasie est donc sa nouvelle frontière à défendre. «Quoi qu’il en soit, la sédation profonde et continue jusqu’au décès a toujours été une question pour les évêques catholiques», pointe l’historien et sociologue du catholicisme Philippe Portier.
Ecoles
Les ultras de la famille Lambert peuvent désormais compter sur un large soutien des instances catholiques. Bien au-delà des cercles intégristes lefebvristes de la Fraternité Saint-Pie-X qui les avaient appuyés au début de l’affaire et qui avaient été alors très efficaces. Touchant à peu près 500 000 personnes en France, toujours officiellement en rupture avec Rome mais en négociations pour rejoindre le giron romain, la Fraternité Saint Pie-X peut s’appuyer sur des militants très déterminés et sur un maillage solide d’écoles privées. C’est dans l’une d’elles qu’avait été scolarisé Vincent Lambert… Avant de rompre radicalement avec ce milieu.

Bernadette Sauvaget

23 juin 2019

[Abbé Claude Barthe - Riposte Catholique] Le Grand Maître de Malte piétine le droit de l’Église

SOURCE - Abbé Claude Barthe - Riposte Catholique - 11 juin 2019

Mgr Fernandez, un proche du Pape, devenu archevêque de La Plata, en Argentine, avait donné l’exemple : il avait publié le 24 décembre 2018 un décret qui annulait ni plus ni moins les dispositions de la constitution apostolique prise en forme de motu proprio, Summorum Pontificum. Aux termes du décret de l’archevêque de La Plata, on ne pouvait plus désormais célébrer la messe traditionnelle sans sa permission, y compris pour les messes privées.

Dans le même sens, le Grand Maître de l’Ordre souverain de Malte vient de prendre une décision arbitraire, qui va contre l’esprit et la lettre de Summorum Pontificum : il interdit a priori toute célébration publique de la messe traditionnelle dans les cérémonies liturgiques l’Ordre.

Il invoque, pour ce faire, l’article 3 du motu proprio, qui porte : « Si des communautés d’Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique, de droit pontifical ou de droit diocésain, désirent, pour la célébration conventuelle ou de communauté, célébrer dans leurs oratoires propres la Messe selon l’édition du Missel romain promulgué en 1962, cela leur est permis. Si une communauté particulière, ou tout l’Institut ou la Société, veut avoir de telle célébrations souvent ou habituellement ou de façon permanente, la chose doit être déterminée par les Supérieurs majeurs selon les règles du droit et les lois et statuts particuliers. »

Mais la décision du Grand Maître soulève deux difficultés majeures :

1. Tout d’abord, il n’est pas évident qu’il soit compétent en cette matière. L’Ordre est d’abord une entité politique souveraine et n’entre qu’accessoirement dans la catégorie des Instituts de vie consacrée. Le supérieur religieux du clergé de l’Ordre est en fait le Prélat – actuellement un Français, Mgr Jean Laffitte, issu de la communauté de l’Emmanuel –, qui est nommé par le Pape parmi trois candidats proposés par le Grand Maître. Il semble bien que toute décision liturgique fait partie du domaine du Prélat et non du Grand Maître. Il est également hautement probable que le Cardinal Patron – qui est toujours le cardinal Burke –, assisté par le Prélat dans l’exercice de ses fonctions auprès de l’Ordre, ait son mot à dire dans ce domaine.

2. Et, de toute façon, la décision du Grand Maître méconnaît directement les stipulations de l’article 3 de Summorum Pontificum qui précisent :

a) que si l’une des communautés particulières d’un institut veut avoir des célébrations en forme extraordinaire, cela lui est permis.

b) et que si cette communauté ou tout l’institut veut faire en sorte, perficere vult, que cette célébration soit fréquente, habituelle ou permanente, saepe vel habitualiter vel permanenter, la chose devrait alors être décidée, decernatur, par les supérieurs majeurs, selon les normes du droit général et particulier.

En aucune manière, par conséquent, des supérieurs généraux religieux ne peuvent interdire toute célébration en forme extraordinaire particulière. Quant à une célébration dont les demandeurs voudraient qu’elle se reproduise souvent, les supérieurs (les supérieurs certainement compétents) pourraient, pour des raisons proportionnées, ne pas la permettre, ou en tout cas la régler, mais il ne pourrait certainement pas a priori, et avant qu’une demande ne soit faite l’interdire totalement. Cela reviendrait tout simplement à poser une loi particulière contre la loi générale.

Ce que fait le Frère Giacommo Dalla Torre : il prend une décision dans un domaine où il est vraisemblablement incompétent, mais qui à coup sûr se veut une loi à prétention générale, contrevenant à rien moins qu’aux dispositions d’une constitution apostolique.

Aux termes de l’article 10 de l’instruction Universæ Ecclesiæ d’application de Summorum Pontificum, un recours contre cette décision administrative du Grand Maître pourrait être introduit devant la Congrégation pour la Doctrine de la foi, qui a hérité de toutes les compétences de la Commission Ecclesia Dei, avec ensuite un appel possible devant le Tribunal Suprême de la Signature Apostolique.

Ce qui suppose que l’on vive aujourd’hui dans une “Église de droit”.

Abbé Claude Barthe (11 juin 2019)

Texte de la lettre circulaire de Fra’ Giacommo Dalla Torre (traduction Riposte Catholique)
10 juin 2019 
Aux grands prieurs et procurateurs,
régents et sous prieurs, aux présidents des associations nationales 
Excellences, chers confrères et consœurs, 
Le cœur encore empli de la grâce reçue pendant notre pèlerinage à Lourdes, je veux vous exprimer mes salutations fraternelles et vous transmettre ma gratitude pour vos nombreuses initiatives en faveur de nos frères – nos Seigneurs les malades et les pauvres – dans vos pays, qui ainsi renforcent la communion qui unit tous les membres de notre famille religieuse. 
En tant que Supérieur et Souverain de l’Ordre, il est de mon devoir de m’assurer que cette communion soit présente dans tous les aspects de la vie de notre Ordre. Parmi tous les éléments qui constituent notre vie spirituelle, la question de la liturgie en usage dans nos célébrations revêt une importance particulière. 
Comme vous le savez tous, le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, tout en laissant à chaque prêtre la liberté de célébrer privativement en forme extraordinaire, stipule néanmoins que dans les instituts religieux cette question doit être décidée par le supérieur majeur selon les dispositions de la loi et de ses statuts particuliers (Summorum Pontificum, art. 3). 
J’ai par conséquent décidé, en tant que garant suprême de la cohésion et de la communion de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem dont la Providence m’a fait Grand Maître, que désormais toutes les cérémonies liturgiques dans notre Ordre devront être célébrées selon le rite ordinaire de l’Église (rite de saint Paul VI) et non dans le rite extraordinaire (rite tridentin). Cette décision s’applique à toutes les célébrations liturgiques officielles telles que les investitures, les messes lors de nos pèlerinages, les messes commémoratives, ainsi qu’aux fêtes et solennités de l’Ordre. 
Je vous demande d’informer de ma décision tous les confrères et les consœurs, les chapelains et volontaires de vos grands prieurés, sous prieurés et associations, et de vous assurer qu’elle sera mise immédiatement en application. 
En outre, j’ai demandé à notre Prélat, supérieur religieux du clergé de notre Ordre, d’informer personnellement tous les chapelains magistraux afin qu’ils puissent donner suite à ma décision et qu’ils s’assurent que les chapelains et ceux qui dépendent d’eux, la respectent. 
Vous assurant me souvenir de vous dans ma prière, je vous adresse mes salutations les plus fraternelles. 
Fra’ Giacommo Dalla Torre

[Abbé Claude Barthe - L'Homme Nouveau] Deux cardinaux et trois évêques rappellent le magistère… à la place du Pape ?

SOURCE - Abbé Claude Barthe - L'Homme Nouveau - 10 juin 2019
Le cardinal Burke, patron de l'Ordre souverain militaire de Malte, le cardinal Janis Pujats, archevêque émérite de Riga (Lettonie), et trois évêques, Mgr Tomash Peta, archevêque de Sainte Marie à Astana, Mgr Jan Pawel Lenga, archevêque émérite de Karaganda et Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Sainte-Marie d'Astana (Kazakhstan) viennent ce matin du lundi de Pentecôte de rendre publique une Declaration of Truths, «Déclaration des vérités», réaffirmant les enseignements de l'Église concernant les points aujourd’hui les plus mis à mal, jusqu’au plus haut niveau, dans une époque qu'ils qualifient de «confusion et désorientation doctrinales quasi universelle».

L’information et le texte de huit pages sont donnés par le vaticaniste Edward Pentin, dans le National Catholic Register.

Les rappels moraux concernent la procréation, le mariage et visent spécialement la doctrine d’Amoris lætitia qui fait difficulté :
« Quiconque, époux ou épouse, qui a obtenu un divorce civil du conjoint avec lequel il est validement marié et qui a contracté un mariage civil avec une autre personne du vivant de son conjoint légitime, et qui vit maritalement avec le partenaire civil, choisissant de rester dans cet état en pleine connaissance de la nature de l'acte posé et avec plein consentement à cet acte, est dans un état de péché mortel et ne peut donc recevoir la grâce sanctifiante, ni croître en charité. »
En prévision de l’assemblée du Synode sur l’Amazonie, dont tout porte à croire qu’il remettra en question la discipline du célibat sacerdotal, les déclarants affirment :
« La loi par laquelle les prêtres sont tenus d'observer la continence parfaite dans le célibat découle de l'exemple de Jésus-Christ et appartient à la tradition immémoriale et apostolique selon le témoignage constant des Pères de l'Église et des Pontifes Romains. Pour cette raison, cette loi ne doit pas être abolie dans l'Église romaine par la nouveauté d'un célibat sacerdotal facultatif, que ce soit au niveau local ou universel ».
Sur l’œcuménisme, ils ont ces paroles définitives :
« Le véritable œcuménisme veut que les non-catholiques entrent dans l'unité que l'Église catholique possède déjà indestructiblement en vertu de la prière du Christ, toujours entendue par son Père, "afin qu'ils soient un" (Jean 17,11) »,
Mais l’article de la Déclaration le plus fort est l’article 9, qui vise directement et terme à terme la phrase du document d’Abu Dhabi, signé conjointement par le pape François et l’imam d’Al Azhar, du 4 février 2019, portant sur le fait que Dieu voudrait la diversité des religions :
« La religion née de la foi en Jésus-Christ, le Fils incarné de Dieu et le seul Sauveur de l'humanité, est la seule religion voulue positivement par Dieu. Erronée donc l'opinion qui dit que de même que Dieu veut positivement la diversité des sexes masculin et féminin et la diversité des nations, de même il veut aussi la diversité des religions ».
Pour finir, le document en appelle au témoignage de foi des pasteurs et des fidèles, manifestant l’infaillibilité in credendo de l’Église :
« Une voix commune des Bergers et des fidèles par une déclaration précise des vérités sera sans aucun doute un moyen efficace d'aide fraternelle et filiale pour le Souverain Pontife dans la situation extraordinaire actuelle de confusion et de désorientation doctrinale générale dans la vie de l'Église ».

17 juin 2019

[Jean-Pierre Maugendre - Renaissance Catholique] Vers une contre-révolution catholique ?

SOURCE - Jean-Pierre Maugendre - 17 juin 2019

Renaissance Catholique À une semaine d’intervalle deux signaux, en apparence contradictoires, ont été émis par les catholiques de France.

D’une part le score électoral très modeste de François-Xavier Bellamy aux élections européennes, même dans les isolats catholiques votant traditionnellement à droite de l’ouest parisien, atteste qu’une part notable de la bourgeoisie catholique accorde plus d’importance à la défense de ses intérêts matériels qu’aux principes moraux défendus par l’Église.

D’autre part, la nouvelle progression très sensible du nombre de participants au pèlerinage de Pentecôte Paris-Chartres ( 14 000 participants, moyenne d’âge : 21 ans), atteste qu’une part significative, et la plus jeune, du catholicisme contemporain est capable de sacrifier trois journées de vacances pour prier, souffrir, être enseignée, vivre en autarcie une micro-chrétienté itinérante, participer à une liturgie sublime et immémoriale et écouter les paroles de feu et de combat d’un évêque, Mgr Léonard, archevêque émérite de Malines- Bruxelles qu’il n’aurait été possible d’entendre, il y a quelques décennies, que dans la bouche de… Mgr Lefebvre. Les fidèles de ce dernier rassemblant de leur côté 4 000 marcheurs dont 1 600 pour la colonne enfants-adolescents, aux mêmes dates, mais en sens inverse.
Deux catholicismes se font face
Deux catholicismes se font face. Un catholicisme vieillissant, sociologiquement installé, bourgeois, résiduel qui a d’autant plus pris son parti du monde tel qu’il est qu’il y a, confortablement, trouvé sa place. C’est le catholicisme institutionnel, dominant, de la conférence des évêques de France, de l’enseignement catholique, de la direction de l’ICES.

Là-contre, émerge, chaque jour plus puissant, un catholicisme que dans un passionnant essai intitulé Une contre-révolution catholique. Aux origines de la Manif Pour Tous le sociologue Yann Raison du Cleuziou a qualifié de « catholicisme observant ». Ce catholicisme observant, autrefois on aurait dit « intransigeant », se fixe comme objectif prioritaire la transmission intégrale de la foi catholique et n’a pas renoncé à féconder la société civile des valeurs de l’Évangile. Il est un fait que depuis une cinquantaine d’années les deux structures privilégiées de transmission de la foi qu’étaient l’Église et l’école catholique ont largement renoncé à leur mission. Le catéchisme n’est plus enseigné, une liturgie désacralisée fait l’impasse sur la transcendance de Dieu et ses mystères, etc. N’ont réussi à transmettre le dépôt sacré de la foi, sauf exceptions, que les familles qui ont trouvé en elles-mêmes les ressorts moraux, intellectuels et spirituels de la transmission. A l’aune de ce constat, le catholicisme s’est réduit à une partie de la bourgeoisie catholique, accompagnée par quelques prêtres, qui avait les moyens intellectuels de résister à l’apostasie immanente des « nouveaux prêtres » selon l’expression de Michel de Saint-Pierre. Yann Raison du Cleuziou, comme avant lui Guillaume Cuchet dans Comment notre monde a cessé d’être chrétien confirme que seules ces familles observantes ont transmis et transmettent encore la foi. Le catholicisme de gauche est mort, même si son cadavre bouge encore dans les officines épiscopales.
Des lieux de rencontre
La Manif pour Tous, comme le Pèlerinage de Chrétienté à la Pentecôte, a été le lieu de rencontre de ces différentes familles « observantes » soit : la mouvance charismatique (Emmanuel, Béatitudes), les néo-classiques (communautés Saint-Jean, Saint- Martin), les traditionalistes (Communautés Ecclesia Dei et Fraternité Saint Pie X). Les uns et les autres acceptent de vivre en opposition avec les valeurs dominantes de la société post moderne, par fidélité à la loi de Dieu. Le point de clivage le plus apparent entre ces différentes mouvances est, bien sûr, la question liturgique. Les jeunes générations sont, d’un côté comme de l’autre, moins sensibles à cette ligne de fracture sans doute amenée à s’estomper au fil du temps au bénéfice d’une liturgie réformée resacralisée voire de la liturgie traditionnelle. Aujourd’hui 25% des ordinations sacerdotales en France sont effectuées selon la forme extraordinaire du rite romain alors que les traditionalistes ne représentent que 3 ou 4 % des catholiques. De nombreux évêques, que leur histoire ne prédisposait guère à célébrer cette forme du rite romain, s’y mettent peu à peu. Citons Mgr Cattenoz à Avignon, Mgr Rey, de la communauté de l’Emmanuel, à Toulon, Mgr Aillet, de la communauté saint Martin à Bayonne. La fécondité « vocationnelle » de la messe traditionnelle est un fait qui n’est plus à démontrer, uniquement contredit par l’essor de la communauté Saint-Martin. Ce tableau des catholiques observants serait incomplet si n’était notée leur relation « décomplexée » avec l’épiscopat français, fruit d’une histoire tumultueuse. La communauté Saint Martin trouve son origine à Gênes, car son fondateur, l’abbé Guérin était persona non grata en France malgré son acceptation de la réforme liturgique. Pendant plusieurs années, de 1983 à 1989, les pèlerins de la Pentecôte à Chartres n’ont pas eu le droit de faire célébrer la messe dans la cathédrale. Tout est « oublié, pardonné », mais… Inexorablement, pour des raisons simplement biologiques, le poids des catholiques observants est amené à croître dans l’Église de France. Qui sauvera le diocèse de Montauban dont l’évêque, Mgr Ginoux, vient de confier à l’Homme nouveau que la moyenne d’âge de son clergé est de 78 ans et que sur les 30 prêtres actifs de son diocèse la moitié sont étrangers, essentiellement africains ?
Quelle manifestation politique ?
L’émergence politique des catholiques observants s’est faite à l’occasion des manifestations pour la défense du mariage naturel. Traditionnellement ces catholiques étaient la chasse gardée du Front national. Les catholiques traditionalistes étaient nombreux au bureau politique du FN, la fête annuelle des BBR commençait par la célébration de la messe traditionnelle, le programme était très inspiré de la doctrine sociale de l’Église rappelant le caractère sacré de la vie humaine innocente, refusant la banalisation de l’avortement, promouvant le chèque scolaire, favorisant la liberté d’enseignement, etc. Sous la conduite de Marine Le Pen ce programme a été sensiblement édulcoré, le Rassemblement national ayant, désormais, sur l’avortement, l’euthanasie, la loi Léonetti des positions très politiquement correctes. Comme l’ont montré ses entretiens avec Samuel Pruvost dans son livre 2017 Les candidats à confesse la présidente du Rassemblement national semble entretenir un lourd contentieux non avec la foi, dit-elle, mais avec les chrétiens, ce qui ne simplifie pas les choses.

François-Xavier Bellamy, figure nouvelle de la vie politique, vrai ou faux ingénu, l’avenir le dira, intellectuellement très supérieur à l’ensemble de ses rivaux a accepté une mission impossible : assumer des valeurs conservatrices et, disons sommairement, de droite à la tête d’une organisation politique qui depuis des décennies trompe ses électeurs. Signe patent de la confusion des esprits : le successeur, provisoire, de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains est Jean Léonetti, promoteur de la loi portant son nom rendant possible l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation de Vincent Lambert contre laquelle s’est élevé… François-Xavier Bellamy. Le fait est que le résultat des élections européennes n’a en aucune façon constitué un frein aux « avancées sociétales » puisque l’extension de la PMA est au menu de la rentrée parlementaire et que la GPA suivra inéluctablement.

Politiquement, ou plutôt électoralement, les catholiques observants se sentent un peu orphelins. Les sujets de société qui leur tiennent à cœur, car ce sont eux qui assurent la pérennité et la stabilité d’une société et d’une civilisation, ne leur semblent réellement portés par personne.
Vers un catholicisme religieux ?
Ces catholiques ont également conscience d’être une toute petite minorité (2% de pratique religieuse). Cependant l’émoi suscité par l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a révélé qu’il existait encore, enfoui au fond de l’âme de bien des Français, un catholicisme latent, historique, identitaire et patrimonial. Est-ce que le défi de la contre-Révolution catholique pour les années à venir ne serait pas de faire évoluer cette religiosité d’inspiration catholique, somme toute essentiellement sociologique et affective, vers un catholicisme personnel et religieux. Voilà, peut-être, un bon sujet pour la prochaine réunion des évêques de France ?

Jean-Pierre Maugendre

15 juin 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Prométhée – I

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 15 juin 2019

Un Nouvel Humanisme ? Aussi vieux que le monde !
Mais causant dans l’Eglise, les maux les plus immondes.
  

Vatican II a été pour l’Église catholique un véritable fiasco. C’est pourquoi il est essentiel, pour que l’Eglise continue, que les catholiques, soucieux du salut de leur âme, s’efforcent d’identifier la cause d’un tel désastre. Il y a dix ans, le P. Alvaro Calderón, professeur de philosophie et de théologie thomiste au Séminaire Sacerdotal de la Fraternité Saint Pie X à La Reja (Argentine), a écrit un livre sur Vatican II pour montrer comment ce Concile avait substitué une religion de l’homme à la religion de Dieu. Ce livre comprend quatre parties : la première expose d’abord la nature de Vatican II, en donnant une définition en trois parties : l’officialisation d’un humanisme, grimé en catholique.

Vatican II, c’est d’abord un humanisme ; autrement dit, une glorification de l’homme usurpée aux dépens de Dieu. Certes, après le Moyen Age, se succédèrent une série d’humanismes : la Renaissance, la Réforme, la Révolution française. Cependant, à chaque fois, l’humanisme mourait de lui-même, dit Calderón, car il se coupait de l’Église catholique. Le résultat de tout cela ? Deux guerres mondiales ! Mais cette fois-ci, les ecclésiastiques eux-mêmes élaborèrent un humanisme nouveau qui serait compatible avec l’Église catholique. D’où l’introduction officielle, sans précédent, lors de Vatican II, de ce que l’Eglise avait toujours condamné comme étant une erreur grave. Mais cette fois-ci, les clercs avaient réussi à donner à cette erreur une apparence catholique. De cette façon, leur nouvel humanisme leur permettait de tendre la main au monde moderne centré sur l’homme, sans se couper de l’Église. Pour quel motif ? Soi-disant pour sauver à la fois l’homme moderne de son impiété, et l’Église de son isolement stérile. Au mieux, disons que les ecclésiastiques de Vatican II avaient de bonnes intentions ; au pire, ils savaient pertinemment que cette nouvelle alliance de forces contraires qu’ils proposaient ne servirait à rien sauf à détruire l’Église. Mais n’était-ce pas justement-là ce que voulaient les pires d’entre eux ?

Maintenant, examinons en quoi cette alliance nouvelle ne pouvait pas fonctionner. Tout simplement parce que Paul VI voulait instaurer un humanisme nouveau, qui ne serait ni inhumain, – c’est-à-dire tout orienté vers Dieu, comme l’était supposément la religion au Moyen Âge – ni totalement orienté contre Dieu, comme à notre époque moderne. Il devait réaliser un nouvel équilibre entre ces deux excès : un humanisme montrant combien la plus grande gloire de Dieu coïncide avec la gloire de l’homme. Assurément, l’homme est le chef-d’œuvre de la création. C’est pourquoi glorifier l’homme revient à glorifier Dieu. Et l’homme, par sa liberté, est l’image de Dieu. Donc, plus il est libre, plus il glorifie Dieu. Par conséquent, promouvoir la dignité et la liberté humaines, c’est non seulement glorifier l’homme, mais également Dieu. Toutefois, en partant du principe de la gloire de l’homme, qui ne voit le risque de s’en tenir en premier à la gloire de l’homme ? Plus profondément, Dieu est le seul et unique Etre Parfait qui n’a nullement besoin d’être ou de vouloir quoi que ce soit en dehors de Sa propre gloire intrinsèque. Ce n’est que pour Sa gloire extrinsèque qu’Il peut, à titre secondaire, vouloir ou désirer la bonté d’une créature en dehors de Lui-même. Au final, la vérité est que tout, en Dieu, comme dans l’homme, se rapporte d’abord et entièrement à Dieu ; et ce n’est que secondairement qu’on peut dire que Dieu est orienté vers l’homme.

A titre d’exemple, voici quelques citations tirées du document de Vatican II, Gaudium et Spes dont l’ambiguïté n’échappera à personne : “Tout sur la terre doit être ordonné à l’homme comme à son centre et à son sommet [ . . . ] (L’homme) a été constitué seigneur de toutes les créatures terrestres, pour les dominer et pour s’en servir en glorifiant Dieu “ (§ 12) : Puisque l’homme doit agir en glorifiant Dieu, n’est-ce pas plutôt Dieu qui est au centre et au sommet de toute la création ? “L’amour de Dieu et du prochain est le premier et le plus grand commandement “ (§ . 24) – Le prochain apparaît-il dans la première table des commandements ? [Certes, l’Écriture enseigne que « l’ amour de Dieu est inséparable de l’amour du prochain ». Mais ne convient-il pas de distinguer entre le créateur et la créature ?] “L’homme est la seule créature aimée de Dieu pour lui-même “ (§ . 24). Pour l’homme lui-même ? La déviation est grave, mais subtile. Dans les textes du Concile, elle reste plutôt implicite qu’explicite, mais elle se dévoile clairement dans l’enseignement de l’Église après le Concile, par exemple dans le Nouveau Catéchisme (cf. 293, 294, 299). En effet, dit l’abbé Calderón, le Concile place l’homme sur le trône de la Création, et met Dieu à son service.

De même, Vatican II renverse l’autorité. L’humanisme va toujours contre l’autorité. Mais, dans la mesure où le Nouvel Humanisme se doit d’avoir une apparence catholique, il fallait chercher une autre voie pour que l’autorité du Christ règne à la fois dans l’Église et dans le monde. Or, le Christ n’a-t-il pas dit qu’il était venu pour servir ? (Mt XXV, 25–28). Ainsi, la solution est trouvée ; la hiérarchie devra se rendre démocratique de haut en bas, afin de servir l’homme moderne d’une manière comprise par lui. Mais, dans cette nouvelle hiérarchie, comment l’autorité de Dieu pourra-t-elle élever les hommes au Ciel ? Elle sera dissoute, et avec l’autorité dissoute dans l’Église, l’autorité sera partout dissoute, comme nous pouvons le constater autour de nous en 2019.

Dans la seconde partie, l’Abbé Calderón présentera l’Homme Nouveau de Vatican II ; la partie III traitera de la Nouvelle Église ; la partie IV de la Nouvelle Religion.

Kyrie eleison.

12 juin 2019

[FSSPX Actualités] Fraternité Saint-Pie X : 13 prêtres ordonnés au mois de juin 2019


SOURCE - FSSPX Actualités - 12 juin 2019

Les séminaires de la Fraternité Saint-Pie X, dans l’hémisphère nord, achèvent leur année académique au cours du mois de juin, consacré au Sacré-Cœur. 

Aux Etats-Unis, le 21 juin, Mgr Alfonso de Galarreta ordonnera au Séminaire Saint-Thomas d’Aquin de Dillwyn, en Virginie, cinq nouveaux prêtres, tous de nationalité américaine. 

En Suisse, au Séminaire Saint-Pie X d’Ecône, Mgr Bernard Tissier de Mallerais imposera les mains à six prêtres – 4 Français, 1 Anglais et 1 Italien –, le 28 juin. 

Enfin, Mgr Bernard Fellay ordonnera deux prêtres au Séminaire du Sacré-Cœur de Jésus de Zaitzkofen en Allemagne – 1 Allemand et 1 Polonais –, le dimanche 30 juin. 

Ces cérémonies sont ouvertes au public. Les fidèles sont cordialement invités à se rendre à ces messes d’ordination et à recevoir les bénédictions des jeunes prêtres. 

Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres ! 

[FSSPX Actualités] Un évêque américain condamne les parlementaires pro-avortement de son diocèse

SOURCE - FSSPX Actualités - 12 juin 2019

Le mandement épiscopal publié le 6 juin 2019 interpelle notamment le président du Sénat de l’Illinois, John Cullerton, ainsi que le président de la Chambre des représentants, Michael J. Madigan, leur enjoignant à tous deux de « se repentir sincèrement de leur grave péché et, en outre, d’en réparer comme il convient les dommages et le scandale causés ». 

Le décret de Mgr Paprocki vient comme une réponse cinglante au texte voté par les parlementaires sur la santé reproductive en Illinois, dans lequel l’avortement est défini comme un « droit fondamental ». 

Ce projet de loi, qui a été adopté le 1er juin 2019 par le Sénat de l’Etat, assouplit considérablement les restrictions imposées aux avortoirs. 

De plus, la loi entend obliger les régimes privés d’assurance maladie à couvrir les frais d’interruption volontaire de grossesse, et à supprimer les délais d’attente pour rembourser un avortement. 

L’évêque de Springfield a également précisé que les sanctions canoniques prises à l’encontre de John Cullerton et Michael J. Madigan s’appliquaient aussi à tout autre homme politique catholique favorable à l’avortement dans l’Etat. 

Conscient que sa décision pourrait être fort mal reçue dans un contexte où l’Eglise, outre-Atlantique, est sous le feu des critiques dans le cadre de sa gestion des abus sur mineurs, Mgr Paprocki a tenu à prendre les devants, et mettre les points sur les « i » : 

« La colère légitime que tous ressentent à l’égard de mineurs abusés devrait susciter une semblable levée de boucliers contre la légalisation du meurtre d’enfants innocents. Les épreuves que traverse l'Eglise ne modifient en rien la vérité objective : le meurtre d'un bébé sans défense demeure toujours un acte intrinsèquement pervers », explique le prélat. 

Depuis plusieurs décennies, les catholiques ont appelé leurs pasteurs à prendre des mesures contre les politiciens soi-disant catholiques qui œuvrent pour la légalisation de l’avortement, mais qui luttent en fait contre les restrictions qui lui étaient jusqu’ici apportées. 

Ces appels ont été la plupart du temps ignorés, laissant croire qu’il serait normal pour une personne d’être catholique dans la sphère privée, mais acatholique dans la sphère publique. 

Cette dissociation ne peut-elle pas être - en partie au moins - imputée à la propagation du libéralisme dans l'Eglise catholique dans la foulée du Concile Vatican II, où beaucoup en sont venus à croire que la foi n’était plus qu’une affaire privée sans implication politique ? 

On ne sait pas encore comment les législateurs catholiques favorables à l'avortement réagiront au décret de Mgr Paprocki : tout dépendra du clergé diocésain de Springfield, dont certains membres ne partageront peut-être pas la fidélité de leur évêque à l’enseignement moral catholique traditionnel, et au droit de l’Eglise. 

Quoi qu’il en soit, les efforts de l’évêque de Springfield, visant à lutter contre les politiciens favorables à l’avortement, tout en protégeant l'intégrité de l'Eucharistie, peuvent être salués. 

Puissent de nombreux prélats suivre son exemple, aux Etats-Unis comme ailleurs.

[FSSPX Actualités] Ordination diaconale au séminaire Herz Jesu à Zaitzkofen

SOURCE - FSSPX Actualités - 12 juin 2019

Le samedi 8 juin, Mgr Bernard Fellay a ordonné trois diacres au séminaire du Sacré-Cœur de Zaitzkofen, en Allemagne : 1 Allemand, 1 Autrichien et 1 Polonais. Au total, 18 prêtres étaient présents et un bon nombre de fidèles sont venus de l'étranger pour cette ordination.

Dans son homélie, le célébrant a souligné le lien du diaconat avec l'Esprit Saint : « Immédiatement avant la forme sacramentelle, le texte de l'ordination dit : “Recevez l'Esprit Saint ; il sera votre force pour résister au démon et à ses tentations. Au nom du Seigneur”. La formule consécratoire dit elle-même : “Aussi, Seigneur, nous vous en conjurons, répandez sur eux votre divin Esprit, afin que, fortifiés par ses sept dons, ils deviennent capables de remplir fidèlement leurs célestes fonctions”. De fait, le diacre est désigné comme l’assistant du prêtre dans l’Église pour prêcher, baptiser, et coopérer au sacrifice du corps et du sang du Seigneur. Par conséquent, il doit être orné de toutes les vertus et vivre une vie sans reproche ».

C'est ainsi que l'Eglise se renouvelle peu à peu dans l'espace germanophone et dans les pays d'Europe de l'Est, même si le travail prend plus de temps qu'on ne le voudrait. 

Abbé Franz Schmidberger, Recteur

[FSSPX Actualités] Fraternité Saint-Pie X : 13 prêtres ordonnés au mois de juin 2019

SOURCE - FSSPX Actualités - 12 juin 2019

Les séminaires de la Fraternité Saint-Pie X, dans l’hémisphère nord, achèvent leur année académique au cours du mois de juin, consacré au Sacré-Cœur. 
Aux Etats-Unis, le 21 juin, Mgr Alfonso de Galarreta ordonnera au Séminaire Saint-Thomas d’Aquin de Dillwyn, en Virginie, cinq nouveaux prêtres, tous de nationalité américaine. 
En Suisse, au Séminaire Saint-Pie X d’Ecône, Mgr Bernard Tissier de Mallerais imposera les mains à six prêtres – 4 Français, 1 Anglais et 1 Italien –, le 28 juin. 
Enfin, Mgr Bernard Fellay ordonnera deux prêtres au Séminaire du Sacré-Cœur de Jésus de Zaitzkofen en Allemagne – 1 Allemand et 1 Polonais –, le dimanche 30 juin. 
Ces cérémonies sont ouvertes au public. Les fidèles sont cordialement invités à se rendre à ces messes d’ordination et à recevoir les bénédictions des jeunes prêtres. 
Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres!

[20 Minutes] Mayenne: Trente religieuses quittent leur congrégation après de «profonds désaccords»

SOURCE - 20 Minutes - 20 juin 2019
La congrégation des Petites Sœurs de Marie a perdu l'essentiel de ses membres en raison d'un désaccord avec leur autorité

Le diocèse de Laval a annoncé mardi le départ de 29 des 35 sœurs de leur congrégation, les Petites Sœurs de Marie, un fait rare lié à des « désaccords profonds » entre l’institut et l’évêque de Laval. « L’Église, ne pouvant retenir contre leur gré des religieuses ou encore ne pouvant accepter des modes de gouvernement contraires à l’esprit de l’Évangile ou au bien des personnes, a donc accordé le départ de 29 sœurs sur 35 », indique le diocèse dans un communiqué.
Plusieurs années de conflit
« Malgré de nombreux efforts de médiation, aucune solution n’a pu être trouvée », justifie le diocèse qui évoque des départs liés à « des désaccords profonds [qui] ont surgi entre la congrégation des Petites Sœurs de Marie et Mgr Scherrer, évêque de Laval, leur supérieur ecclésiastique, au sujet du gouvernement exercé dans la congrégation. »

Des désaccords qui datent de plusieurs années et portent autant sur la gestion des trois Ehpad sous la responsabilité des Petites Sœurs de Marie que sur le mode de vie au sein de la congrégation de Saint-Aignan-sur-Roë (Mayenne). Les religieuses seraient en effet jugées trop conservatrices. « Nous avons compris que les autorités ecclésiastiques voulaient aussi nous faire changer notre manière de vivre notre vie religieuse, à l’instar des orientations actuelles… », déplorent les sœurs dans un communiqué.
Elles voulaient une nouvelle supérieure
Placées en 2017 sous l’autorité d’une congrégation romaine, une sœur auxiliatrice y a été nommée « commissaire apostolique » et exerce « temporairement le gouvernement de la congrégation en vue d’un retour à sa pleine autonomie ».

Mais selon le diocèse, « certaines Petites Sœurs ont, dans un premier temps, refusé de recevoir la commissaire » apostolique. Et « les sœurs ont décidé de manière unilatérale d’arrêter (sa) mission » et « d’organiser un chapitre pour nommer une nouvelle supérieure, chapitre qui n’est pas canoniquement valide », souligne le diocèse.
Le Vatican les relève de leurs vœux
Les sœurs « ont demandé à être relevées de leurs vœux » et « le Saint-Siège leur a répondu en insistant sur la gravité et les conséquences de leur demande. Elles ont maintenu leur demande », rapporte le diocèse. « Nous en sommes profondément meurtries et demeurons douloureusement surprises que Rome ait préféré faire droit à cette demande plutôt que d’accéder aux solutions d’apaisement que nous avions proposées et qui étaient à notre portée », regrettent les sœurs.

A l’issue d’un délai de rétractation, « la congrégation est dorénavant composée de six sœurs » et « n’est pas dissoute », indique le diocèse qui souligne que les religieuses vont être accompagnées financièrement par leur congrégation.