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31 mars 2015

[Odeia] Vidéo des Dominicaines de Fanjeaux à Rome

SOURCE - Odeia - mars 2015



[Paix Liturgique] 22/25 octobre 2015: à Rome pour la famille avec le peuple Summorum Pontificum

Giuseppe Capoccia en compagnie
du chanoine Gilles Guitard (ICRSP)
lors du pèlerinage Summorum
Pontificum 2014.
SOURCE - Paix Liturgique - Lettre 483 - 31 mars 2015

Fin octobre, pour la quatrième année consécutive, le peuple Summorum Pontificum se retrouvera à Rome en pèlerinage. Cela devient une sorte d’institution : la liturgie traditionnelle se déploie à Rome durant trois jours, et notamment dans la basilique vaticane. Des prêtres et fidèles du monde entier se retrouvent pour prier ad limina apostolorum, au « seuil » des Apôtres. Le pèlerinage coïncidera cette année avec la clôture de l’assemblée ordinaire du Synode sur la famille. Le programme du pèlerinage a été pour partie dévoilé et l’on a appris avec joie que c’est le Père Abbé de Fontgombault, Dom Jean Pateau, qui célébrera la dernière messe du pèlerinage, le dimanche 25 octobre, pour la fête du Christ-Roi.

Pour en savoir un peu plus sur le programme et les détails pratiques du pèlerinage, nous avons interrogé Giuseppe Capoccia, son délégué général.

1) Giuseppe Capoccia, comment se présente cette quatrième édition?

GC : Le contexte est un peu particulier cette année puisque le pèlerinage se déroulera au moment où se conclura le Synode pour la famille. Du coup, il est d’ores et déjà difficile de trouver un logement au centre de Rome en pension religieuse. J’invite donc tous les pèlerins, mais surtout les prêtres, à ne pas tarder pour réserver leur hébergement. La tenue du Synode fait aussi qu’aucun chef de dicastère n’est disponible pour les différentes célébrations du pèlerinage. C’est donc un archevêque diocésain italien qui célébrera en la basilique Saint-Pierre le samedi 24 octobre, au terme de notre procession solennelle qui parcourt les rues de Rome.

2) Les pèlerins auront donc l’occasion de prier pour le Synode?

GC : Oui ou, plus exactement, pour les pères synodaux. L’an dernier nous avions déjà élevé nos prières, lors du chapelet à Sant’Agostino, à Notre-Dame de l’Enfantement, pour qu’elle donne à l’Église « sa sagesse et son attention maternelle afin que la divine institution de la famille puisse toujours, en ces temps de confusion où elle est très souvent rejetée et tournée en dérision, trouver en elle son inflexible défenseur et avocat ». Nous prierons de nouveau cette année pour que l’Église place ce que le saint pape Jean-Paul II appelait nos « petites églises domestiques » (Familiaris Consortio, 51), sous la protection et la conduite de la Sainte Famille de Nazareth, modèle de la vie familiale, de l'éducation et de la sanctification.

3) Y a-t-il des nouveautés dans le programme par rapport aux années précédentes?

GC : La trame du pèlerinage reste inchangée. Nous commencerons par les vêpres suivies d’un salut du Saint-Sacrement, le jeudi soir en l’église de la Très Sainte Trinité des Pèlerins, chantées par la Schola Sainte-Cécile. Le vendredi 23 octobre, nous aurons le chapelet le matin, le chemin de croix l’après-midi et fêterons saint Antoine-Marie Claret le soir lors d’une messe pontificale célébrée par Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei. Si les lieux de ces différents rendez-vous sont encore à confirmer, je peux d’ores et déjà vous révéler que la rencontre sacerdotale conduira les prêtres et séminaristes du pèlerinage à l’Angelicum (Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin) où ils seront accueillis par le Père Serge-Thomas Bonino, doyen de la faculté de philosophie. Le samedi, nous bénéficierons de nouveau de l’accueil de don Ivan, curé de San Lorenzo in Damaso, pour l’adoration eucharistique qui précédera notre procession solennelle vers Saint-Pierre à travers les rues du centre historique de Rome. C’est Dom Pateau qui nous fera l’honneur de présider cette belle procession vers le tombeau de l’Apôtre. La messe à Saint-Pierre sera à midi, comme l’an dernier. Le dimanche, nous fêterons le Christ-Roi à 11 heures, de nouveau à la Trinité des Pèlerins, avec Dom Pateau et un chœur anglais conduit par Matthew Schellhorn, un jeune et talentueux musicien qui vient de fonder un concours de musique sacré soutenu par la Latin Mass Society.

4) Peut-on savoir qui célébrera à Saint-Pierre?


GC : Non, pas encore. Un archevêque diocésain italien nous a donné son accord mais pourrait être désigné par ses pairs ou par le Saint-Père pour participer au Synode. Une fois que la Conférence épiscopale italienne aura désigné ses représentants, en principe courant mai, nous devrions pouvoir vous en dire davantage.

5) L’an dernier, vous aviez organisé votre pèlerinage de concert avec Juventutem, qui fêtait ses dix ans. Y aura-t-il d’autres synergies cette année?

GC : La coopération avec Juventutem a été très bénéfique pour tous. Ils ont pu agréger de nouveaux groupes, comme la Slovénie ou la Hongrie, et se fixer de nouveaux objectifs tandis que nous avons pu, avec eux, avoir le privilège d’être reçus par le Pape émérite Benoît XVI qui a ensuite gratifié les pèlerins d’un message chaleureux et paternel. Cette année, c’est la Fédération internationale Una Voce qui a choisi de tenir son Assemblée générale biennale au moment du pèlerinage. C’est d’ailleurs grâce à la FIUV que nous pourrons compter sur la présence, aux côtés de la Schola Sainte Cécile, de Matthew Schellhorn et de son chœur. En outre, une autre initiative internationale, liée au Synode sur la famille, devrait voir le jour. Nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

6) Nous croyons savoir que vous avez déjà commencé à préparer votre pèlerinage 2016?

GC : Oui. Dès que nous avons appris que le pape François avait décrété l’Année Sainte de la Miséricorde, nous nous sommes mis au travail car il s’agira encore de circonstances exceptionnelles qui feront affluer encore plus de pèlerins – et de touristes ! – à Rome. Du coup, nous sommes déjà en contact avec un archevêque de la côte ouest des États-Unis pour qu’il fasse coïncider sa venue à Rome pour l’Année Sainte avec le pèlerinage. J’invite d’ailleurs les lecteurs de Paix liturgique et les pèlerins français à cocher d’ores et déjà les dates de cette édition dans leur agenda puisque le pèlerinage se tiendra cette année là du jeudi 27 au dimanche 30 octobre 2016.

7) Un mot pour conclure?

GC : Trois, si vous permettez ! Le premier pour remercier les donateurs français de Paix liturgique qui garantissent au pèlerinage une part notable de ses ressources. Le deuxième pour vous dire qu’une petite équipe de pèlerins s’est constituée autour de notre délégué pour la France, Jean-Vincent Gaiffe (fr.sumpont[at]gmail.com), qui est à la disposition de tous, ecclésiastiques comme familles ou pèlerins isolés, pour les aider à préparer leur venue à Rome et promouvoir localement le pèlerinage. Le dernier pour rappeler la triple finalité de notre pèlerinage : rendre grâce pour le don du Motu Proprio Summorum Pontificum, exprimer notre fidélité à Pierre et notre disponibilité à nous mettre en chemin pour participer à l’œuvre de la ré-évangélisation et, enfin, témoigner de l’éternelle jeunesse et inépuisable richesse de la liturgie traditionnelle qui permet de mieux comprendre le don que le Christ nous fait de Sa personne par le mystère de Son sacrifice perpétuellement renouvelé sur nos autels.

Pour suivre l'actualité du pèlerinage: unacumpapanostro.com / #sumpont2015 sur twitter / 'Populus Summorum Pontificum' sur facebook

[Amicus Romanus - Dominicains d'Avrillé] Miel et fiel à Menzingen

SOURCE - Amicus Romanus - Dominicains d'Avrillé - 31 mars 2015

De la même bouche coulent le fiel et le miel. Mais pas dans la même direction.
Envers Mgr Williamson et Mgr Faure, c’est tout fiel.
Envers la Rome conciliaire, tout miel.

Le communiqué de Menzingen sur le sacre du 19 mars offre un contraste vraiment impressionnant.
I. — Tout fiel !
Les frères de Joseph ne pouvaient pas lui dire un seul mot paisiblement, tant ils le jalousaient (Gn 37, 4). N’attendez pas de Menzingen une seule parole de bienveillance, de reconnaissance, de charité envers Mgr Williamson ou Mgr Faure, après leurs décennies de bons et loyaux services. Menzingen ne songe qu’à les dénoncer. « La FSSPX dénonce la consécration épiscopale de l’abbé Faure. » Ça, au moins, c’est clair. Mais pourquoi cette dénonciation ? En quoi ce sacre est-il répréhensible ? C’est beaucoup plus obscur. On sent une animosité très forte, mais on ne discerne pas beaucoup d’arguments rationnels. Plus gênant encore : ce goût de fiel ! Menzingen semble incapable de parlerobjectivement des deux évêques en respectant tout simplement les faits. Il lui faut à tout prix déformer, salir les intentions, noircir les personnes. La tendance semble irrépressible.

1. « Contre toute relation »


Premier exemple : les relations avec Rome. Chacun sait que Mgr Williamson et Mgr Fellay s’opposent sur ce point. Le premier estime (à tort ou à raison, ce n’est pas ici la question) que le second manque de la force nécessaire pour s’opposer franchement – face à face – aux erreurs des autorités romaines ; au lieu d’impressionner ses interlocuteurs – comme Mgr Lefebvre – en leur rappelant frontalement les vérités gênantes, il se laisserait impressionner par eux.

Plus fondamentalement, l’opposition porte sur la finalité des entretiens. Pour Mgr Williamson, un seul but : que les autorités romaines abjurent les erreurs modernistes et libérales, et tout sera résolu. Tandis que Mgr Fellay rêve d’une reconnaissance canonique avant même la conversion des autorités.

Tout cela est de notoriété publique. La question n’est pas de savoir s’il faut ou non discuter avec Rome, mais comment et dans quel but mener ces discussions.

Menzingen pouvait facilement le dire d’un mot : Mgr Fellay et Mgr Williamson divergent quant aux discussions avec Rome. C’était clair, simple, vrai, parfaitement objectif.

Eh bien non ! Menzingen n’a pu se résoudre à dire les choses telles qu’elles sont. Le besoin de noircir était trop violent. Au mépris de l’évidence, Menzingen déclare que Mgr Williamson et Mgr Faure sont « contre toute relation avec les autorités romaines ». Ils ont pourtant tous les deux explicitement déclaré le contraire (et encore la veille du sacre), mais ça ne fait rien. Apparemment, Menzingen sait mieux qu’eux-mêmes ce qu’ils pensent!

2. « Ne s’apparente en rien »


Deuxième exemple : la comparaison entre le sacre de 1988 et celui de 2015.

Des différences et des ressemblances, on peut discuter longtemps [1]. Il semble au moins indiscutable que la nature de l’acte est la même. Qu’il y a un lien de parenté (à travers Mgr Williamson, Mgr Lefebvre est désormais le « grand-père dans l’épiscopat » de Mgr Faure). Que Mgr Lefebvre avait lui-même envisagé de sacrer Jean-Michel Faure. Que l’état de nécessité dans l’Église n’a pas diminué depuis 1988. Et enfin que Mgr Williamson tient le même discours que Mgr Lefebvre à l’époque.

On peut toujours discuter des autres circonstances de temps, de lieu ou de manière, mais Menzingen ne s’y essaye même pas. Son communiqué déclare tout simplement que « la consécration épiscopale de l’abbé Faure ne s’apparente en rien aux sacres de 1988 ». Vous avez bien lu : en rien.

Entre toutes les façons de critiquer le sacre de 2015, Menzingen a choisi la plus expéditive, la plus extrémiste, la plus insoutenable : tout nier en bloc. « Ne s’apparente en rien ». C’est le négationnisme intégral.

3. « Toutes les déclarations… »


On approche du sommet. Le voici enfin : « Toutes les déclarations de Mgr Williamson et de l’abbé Faure [on a noté le « toutes »] prouvent à l’envi [à l’envi : de façon surabondante] qu’ils ne reconnaissent plus les autorités romaines. »

C’est l’accusation qui tue : sédévacantisme ! Accusation catégorique, portée sans l’ombre d’un doute ou d’une nuance. On est très loin des formules interrogativo-négatives ou des allusions feutrées de Mgr Fellay quand il s’agit d’émettre des réserves sur le pape François («Nous ne comprenons pas…», «on a l’impression…»). Ici, Menzingen comprend très bien, et a la certitude. L’aveu n’a pas été fait une fois, par surprise et à demi-mot, il est dans «toutes les déclarations» des deux méchants évêques. Oui : toutes! Foi de Menzingen!

Pourtant, Menzingen réalise qu’il pourrait se trouver, parmi les lecteurs du communiqué, quelques lecteurs de Mgr Williamson. Qui risquent d’être un peu surpris. Car ils y ont lu tout le contraire. Non seulement Mgr Williamson reconnaît les autorités romaines, mais il a souvent argumenté contre le sédévacantisme (et, à tout prendre, de façon plus convaincante que Mgr Fellay, qui se contente de le brandir comme un épouvantail).

Ceux qui ont lu l’abbé Faure (notamment l’entretien juste avant son sacre) pourraient éprouver la même surprise. Et peut-être même s’imaginer que le bon Mgr Fellay ment. Ou, tout au moins, raconte n’importe quoi.

Heureusement, la réserve de fiel n’est pas épuisée. Pour se prémunir contre toute question embarrassante, il suffit d’accuser Mgr Williamson et Mgr Faure de mentir eux-mêmes ! Toutes leurs déclarations affirment reconnaître les autorités romaines ? Qu’à cela ne tienne ! C’est tout simplement qu’ils ne pensent pas ce qu’ils disent. Ce ne sont que des paroles en l’air, des formules creuses, des tournures de rhétorique. Et Menzingen, qui sait mieux qu’eux-mêmes ce qu’ils pensent réellement, complète : « Toutes les déclarations […] prouvent à l’envi qu’ils ne reconnaissent plus les autorités romaines, si ce n’est de façon purement rhétorique. »

C’est ce qu’on appelle, en bon français, un procès d’intention. La tactique préférée des subversifs (communistes, maçons, etc.), car elle est très difficile à contrer. Vous pouvez répondre ce que vous voulez, peu importe, puisqu’on a posé en principe que vous ne pensez pas réellement ce que vous dites ! Affirmez dix fois que vous reconnaissez bel et bien les autorités romaines, prenez même la peine de réfuter les arguments sédévacantistes : on se contentera de répondre que votre insistance sur ce point est bien louche et confirme, une fois de plus, que vous ne reconnaissez pas du tout les dites autorités « si ce n’est de façon purement rhétorique ».

Simple question à Mgr Fellay : en conscience, et devant Dieu, est-il vraiment certain que ce procédé polémique est pleinement conforme à l’Évangile ?
II. — Tout miel !
Mais le plus impressionnant, c’est le contraste.

Après tout, Menzingen souffrait peut-être d’une rage de dent ou d’une mauvaise nuit quand il a rédigé son communiqué. Cela pourrait expliquer le fiel.

Mais le miel ?

Car enfin, relisez attentivement : n’est-il pas évident qu’on a écarté de ce communiqué toute expression qui pourrait constituer ne serait-ce que l’ombre d’un risque de déplaisir à la Rome conciliaire?

1. « État de nécessité » sans cause identifiée


« La FSSPX réaffirme que l’état actuel de nécessité dans l’Église légitime son apostolat de par le monde. » — Mais d’où provient cet état de nécessité ? Il semble flotter dans l’air, sans cause ni explication autre que le malheur des temps. Menzingen le mentionne comme on constaterait la pluie ou le soleil, et ne rappelle pas une seule fois que le mal vient d’abord du pape et du Saint-Siège qui répandent depuis 50 ans des erreurs mortelles pour les âmes.

— Chut ! Chut ! Chut ! Attention ! Vous allez offenser Rome !…

2. Des évêques limités à la distribution des sacrements


Mgr Lefebvre a sacré des évêques pour qu’ils puissent ordonner des prêtres, c’est certain, mais aussi défendre la foi et combattre les erreurs actuelles. Surtout les erreurs modernistes et libérales, diffusées par la hiérarchie conciliaire.

Apparemment, c’est terminé. Pour Menzingen, les évêques ne doivent plus combattre les erreurs. Le communiqué explique que Mgr Lefebvre a sacré des évêques, en 1988, « dans le seul but de permettre [aux] fidèles de recevoir les sacrements par le ministère des prêtres qui seraient ordonnés par ces évêques ».

« Le seul but » : l’état de nécessité, dans l’Église, se limite aux sacrements. — Et la crise doctrinale ? Et les erreurs de la Rome conciliaire, de tendance néo-moderniste et néo-protestante si souvent dénoncée par Mgr Lefebvre ?

— Chut ! Chut ! Chut ! Attention ! Vous allez offenser Rome !…

3. Des erreurs qui viennent on ne sait d’où


Il y a pourtant des erreurs. Menzingen indique même qu’il faut s’y opposer. Dans son martial élan, le communiqué va jusqu’à déclarer courageusement que la Fraternité doit s’opposer aux erreurs « d’où qu’elles viennent ». Ah ! comme il sonne bien, ce « d’où qu’elles viennent » ! Et justement, d’où viennent-elles ? On n’en saura pas plus !

— Chut ! Chut ! Chut ! Attention ! Vous allez offenser Rome !…

Accusé par Mgr Williamson de mollir face à la Rome conciliaire, Mgr Fellay aurait pu profiter de l’occasion pour prouver qu’il n’en est rien. Quelques mots contre la Rome néo-moderniste et néo-protestante auraient été particulièrement adaptés. La situation semblait même les exiger. Eh bien non! Rien! Pas un traître mot! Mgr Williamson et Mgr Faure sont vilipendés, mais la Rome moderniste n’est aucunementdénoncée.

Et là, de deux choses l’une :
  • Soit (soupçon complotiste) le nouveau responsable de la communication de Menzingen est un allié secret de Mgr Williamson : il travaille perfidement à discréditer Mgr Fellay en publiant, en son nom, des communiqués à facture libérale (mielleux pour les ennemis de la foi, fielleux pour ses défenseurs).
     
  • Soit il exprime réellement la pensée de Mgr Fellay. Et alors, on comprend les félicitations que Mgr Pozzo a aussitôt adressées à la FSSPX pour ce beau communiqué.
P.S. Considération accessoire

Il est curieux que Menzingen s’exprime toujours comme si l’état de nécessité qui sévit dans l’Église était sa chasse gardée ou sa propriété privée. Seule la FSSPX semble pouvoir l’invoquer pour justifier son apostolat.

Finalement, Menzingen semble s’attribuer une suprême juridiction extraordinaire à peu près comme le pape exerce la suprême juridictionordinaire. Cette perspective expliquerait pourquoi Menzingen se croit autorisé à « dénoncer » le sacre de Mgr Faure : il porte atteinte à son monopole.

Si ce n’est pas cela, qu’est-ce donc ? Une prélature personnelle déjà accordée par Rome – secrètement – à Mgr Fellay ?
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[1] — Côté différences, Menzingen souligne avec emphase les « quelques centaines de journalistes du monde entier » présents en 1988. Visiblement, pour Mgr Fellay c’est très important. On a envie de lui demander combien de journalistes, à son avis, étaient présents lors de la première consécration épiscopale, le soir du Jeudi Saint.

[Riposte Catholique] Messe chrismale en forme extraordinaire

SOURCE - Riposte Catholique - 31 mars 2015
Pour la 3ème année consécutive, Mgr Wolfgang Haas, archevêque de Vaduz (Liechtenstein), va célébrer ce Jeudi Saint la messe chrismale de son diocèse dans la forme extraordinaire. Il sera entouré des prêtres de son diocèse ainsi que pour le service liturgique de quelques prêtres et séminaristes du Séminaire Saint-Pierre de Wigratzbad, voisin de quelques kilomètres et auquel Mgr Haas rend de régulières visites amicales.

[sur Riposte Catholique:] Quelques photos de l’an passé

[La Vie] La Fraternité Saint-Pie-X accuse Rome d’attiser les divisions

SOURCE - La Vie - 31 mars 2015
À la suite de l'ordination d'évêques par Mgr Williamson, les relations se tendent entre la Fraternité Saint-Pie X dont il avait été exclu et le Vatican.
 
La nouvelle affaire Williamson provoque des remous du côté de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), qui a vivement réagi sur son site aux propos du Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission Ecclesia Dei, laquelle assure le lien entre Rome et la FSSPX en vue d’une réconciliation.

Le prélat a en effet affirmé que «le pape attend que la Fraternité Saint-Pie X décide d’entrer (dans l’Eglise, ndlr) et nous sommes toujours disponibles, avec un projet canonique qui est déjà connu», à savoir la création d’une prélature personnelle. «Il faut un peu de temps pour que les choses s’éclaircissent en interne et que Mgr Fellay puisse obtenir un consensus assez élargi avant d’accomplir ce geste.»

"Difficultés doctrinales"

La FSSPX accuse Mgr Pozzo de vouloir semer la division en son sein, et à tout le moins d’un« optimisme » feignant d’ignorer « les difficultés doctrinales », « à savoir la demande faite par Rome d’accepter le concile Vatican II et les réformes qui ont suivi dans une « herméneutique de continuité », qui rendent la reconnaissance canonique, sous la forme d’une prélature personnelle, impossible à ce jour ».

Les dissensions sont «cependant indiscutables», insiste le Vatican Insider (en anglais), qui cite pour preuve «l’expulsion de Mgr Williamson et de ses fidèles, qui accusent la FSSPX d’être trop docile avec Rome».

[Credidimus Caritati] Mgr Lefebvre : Évitons les dispositions de rupture et d'opposition à l'Église

SOURCE - Credidimus Caritati - 31 mars 2015

Lorsqu’il entrevoyait la résolution de la crise, Mgr Lefebvre ne voyait pas le monde catholique redevenir traditionnel du jour au lendemain, comme par enchantement. Il prévoyait des étapes et parlait même de « situation hybride » et intermédiaire, abordant même le concept de « paroisse personnelle ». Les régressions sous l’actuel pontificat ne doivent pas nous décourager outre-mesure ni nous pousser à poser des jugements emportés et catégoriques. Le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X reconnaissait d’ailleurs n’avoir pas le don de prophétie et affirmait donc ne pas pouvoir prédire l’avenir. En revanche, il rejetait sans état d’âme les «dispositions de rupture» et celles qui consistent à s’opposer pour s’opposer, en refusant toute amélioration intermédiaire:
«Quand on verra que nos prieurés, que nos paroisses ne prêchent que la vérité, ne manifestent que les vertus de Notre Seigneur, alors il n'est pas possible que n’advienne pas le jour où les évêques diront : " Qu'est-ce qu'on peut leur reprocher ? Ils enseignent la doctrine de l'Église, ils enseignent les vertus de l'Église, ils ont le rite que l'Église a toujours pratiqué, ils ont les sacrements que l'Église a toujours enseignés. Que peut-on leur reprocher ? Rien ". Mais ne pouvant rien reprocher, il n'est pas possible qu'un jour les évêques conscients de leur charge ne finissent par dire : " Eh bien, oui, on est obligés de les reconnaître. Et cette paroisse est désormais reconnue ", même peut-être dans une situation un peu hybride, dans la mesure où ils diraient : " Les paroisses actuelles continuent dans ce qu'elles ont fait jusqu'à présent, mais nous reconnaissons cette paroisse personnelle pour toutes les personnes qui veulent y venir et fréquenter les prêtres, nous les reconnaissons aussi ". Ce serait peut-être une solution, je dirais une étape, peut-être, je n'en sais rien, je ne connais pas l'avenir, je ne suis pas prophète. Mais c'est possible. En tout cas, il faut être dans ces dispositions et non pas dans une disposition de rupture et une disposition d'opposition pour opposition, d'opposition à l'Église, pas le moins du monde». 
Mgr Marcel Lefebvre, 3 avril 1977, in DICI n°7

28 mars 2015

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Nouvel Évêque

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 28 mars 2015

Saint Joseph, grand Patron de l’Église, merci
Pour avoir augmenté ses évêques ainsi !

La consécration épiscopale de l’abbé Jean-Michel Faure au Monastère de la Sainte Croix au Brésil la semaine dernière fut une occasion de réjouissance. Le temps faisait chaud et sec. Le soleil brillait. Les moines de Dom Thomas d’Aquin et les Sœurs qui en sont proches ont réussi le tour de force de transformer un garage de ciment et de métal en un sanctuaire digne de la noble liturgie, qu’ils ont su aussi parfaitement préparer. Bien que la nouvelle ait du être tardivement annoncée, un groupe de prêtres des deux Amériques et de France se trouvait là, ainsi qu’une congrégation d’une centaine d’âmes, provenant elle aussi de nombreux pays, qui a suivi attentivement la cérémonie de trois heures.

Naturellement tous les catholiques qui voient la nécessité d’au moins un évêque de plus pour aider à assurer la survie d’une « Tradition Résistante », se sont réjouis. La défense de la Foi catholique telle que Monseigneur Lefebvre l’entendait ne pouvait plus longtemps dépendre d’un seul évêque. La consécration qu’il réalisa des quatre évêques en 1988 sans l’autorisation de Rome, pour accomplir l’« Opération Survie » au lieu de l’« Opération Suicide », devait être prolongée au 21ème siècle. Nous demandons pardon à tous les Catholiques qui auraient voulu être présents si seulement ils en avaient été informés à temps, mais tout devait être fait pour garantir que la consécration eût lieu, et cela incluait une certaine discrétion,.

En effet, la consécration avait de puissants ennemis. L’Église officielle à Rome réagit en déclarant que le consécrateur était « automatiquement excommunié », mais tout comme en 1988 cette déclaration est fausse, parce que selon la loi de l’Église quiconque commet un acte punissable ne tombe pas sous le coup de la pénalité normale, par exemple l’excommunication pour la consécration d’un évêque sans l’autorisation de Rome, s’il a agipar nécessité. Cela relève du simple bon sens, et il est évident qu’il y avait nécessité dans le cas présent. Dans la mesure où se rapproche de plus en plus la Troisième Guerre mondiale, quel individu sur terre peut être assuré de sa propre survie ?

De même le quartier général de la Fraternité Saint Pie X à Menzingen en Suisse a condamné la consécration de Monseigneur Faure par un communiqué de presse émis le jour même. Il n’est pas sans intérêt d’y remarquer que le consécrateur fut exclu de la Fraternité en 2012 à cause de sa « vigoureuse critique » des contacts entre la Fraternité et Rome au cours des années précédentes. Menzingen a déclaré le plus longtemps possible qu’il s’agissait d’un problème de « désobéissance ». Enfin Menzingen admet avoir bien été continuellement accusée de « trahir l’œuvre de Monseigneur Lefebvre ». Exactement. De la trahir et de la détruire.

Rome elle-même confirme la trahison. Le jour qui suivit la consécration, Monseigneur Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, après avoir déclaré l’inexistante «excommunication», a continué en affirmant que . . . . Plusieurs réunions (entre Rome et la FSPX) ont eu lieu et d’autres encore sont prévues avec certains prélats (romains) pour discuter des problèmes qui ont encore besoin d’être éclaircis dans une relation de confiance,des problèmes « doctrinaux et internes à la Fraternité ».

Monseigneur Pozzo a poursuivi : Le Pape attend que la Fraternité se décide à entrer dans l’Église, et nous sommes toujours prêts avec un projet canonique qui est connu (une prélature personnelle). Un peu de temps est nécessaire pour que les choses deviennent claires à l’intérieur de la Fraternité, et pour que Monseigneur Fellay obtienne un consensus suffisamment ample avant de faire ce pas.

Que faut-il de plus à qui que ce soit pour voir l’inscription sur le mur?

Kyrie eleison.

27 mars 2015

[Abbé François Laisney, fsspx] Un contraste frappant

SOURCE - Abbé François Laisney, fsspx - version française par fsspx.ca - mars 2015

Il y a un contraste frappant entre la récente consécration épiscopale par Mgr Williamson, et celles effectuées par Mgr Lefebvre en 1988.
Le respect du Droit Canon
Mgr Lefebvre avait fondé la Fraternité Saint-Pie X en tant que « société de vie commune sans vœux », dûment approuvée canoniquement par Mgr Charrière le 1er novembre 1970. Il n’y pas de pareille « fraternité » chez Mgr Williamson ; « l’union sacerdotale Marcel-Lefebvre » n’a pas d’autorité réelle – Mgr Williamson lui-même a dit que cette autorité était maintenant impossible – sans aucun statut canonique et pas de règles.

Mgr Lefebvre s’est toujours efforcé de respecter le Droit Canon, et a obtenu l’approbation des autorités compétentes pour son séminaire d’Ecône et d’autres prieurés jusqu'à ce que la suppression illégale de la FSSPX en 1975 l’ait rendue impossible ; et même alors, il a déposé deux appels à Rome – que le Cardinal Villot a enterrés. Puisque ces appels ont « pouvoir suspensif », la FSSPX existe toujours, légalement, en fait, bien que souvent non reconnue. Cela montre clairement que Mgr Lefebvre n’a jamais négligé le Droit Canon, n’a jamais pensé que ‘‘ la foi ’’ le dispense du Droit Canon !

Mais où est ce respect du Droit Canon de la part de Mgr Williamson ? On ne le voit pas.
Une Fraternité prospère
La Fraternité Saint-Pie X avait vécu et grandi depuis 18 ans, montrant sa solidité par ses six séminaires, ses chapelles, écoles et missions fermement établies, organisées en districts comme c’est normal pour une fraternité religieuse catholique. Elle avait, en 1988, plus que 200 prêtres, ainsi que plus que 200 séminaristes, frères, sœurs, Oblates, etc. L’ « association informe » (en anglais ‘loose association’, ndlr) des prêtres chez Mgr Williamson n’a pas encore trois ans d’existence – sans aucun ordre régulier, pratiquement pas de séminaires (celui aux Philippines, dans le sud de Manille, a été fermé parce que leur hôtesse était dégoûtée par le désordre !) : ils ont déjà de grandes divisions entre eux (jusqu’au point que certains ont déjà fait des poursuites civiles contre d’autres) et certains sont déjà ouvertement sédévacantistes, manifestant ainsi qu’il n’y a pas d’unité entre eux : donc, pas de solidité.

On dit que Mgr Faure ‘‘ a l’intention ’’ d’ouvrir un séminaire : comment peut-il prétendre assurer ‘‘l’opération survie’’ d’une chose qui n’existe pas encore ? Quel contraste ! 
Un mandat accordé en principe
Mgr Lefebvre avait déjà demandé du Cardinal Ratzinger à la fin des années 1980, la consécration d’un évêque, et toute l’année avant les sacres de 1988, il a fait tous les efforts possibles pour qu’ils se fassent avec le mandat pontifical – jusqu'au point que le Pape a donné le 5 mai 1988 un approbation de principe pour un sacre par Mgr Lefebvre. Ensuite, le 6 mai, il a demandé l’exécution pratique de cette approbation, demandant une date pour la cérémonie : il avait lui-même reporté à plusieurs reprises la date ; Rome a attendu trois semaines pour lui donner une date, et la lettre même proposant une date demandait de nouveaux candidats – ce qui l’a rendu impossible d’être prêt pour cette date : cette malhonnêteté manifeste que Rome n’avait pas l’intention d’observer l’approbation donnée le 5 mai, et par des retards indéfinis la rendrait nulle. Cela a entraîné Mgr Lefebvre à ne plus retarder son « opération survie ».

Mais où sont les efforts de Mgr Williamson pour obtenir toute approbation par le Pape ? Absolument aucun ! Quel contraste !

La reconnaissance de l’autorité du Pape s’est manifestée très clairement et concrètement par le protocole ; seule la malhonnêteté de Rome a rendu vide ce protocole. Mais la reconnaissance de l’autorité du Pape par Mgr Williamson n’est qu’une reconnaissance théorique, niée en pratique par ses nombreuses déclarations, rejetant toute soumission au Pape actuel.
Une cause juste et réelle, ou irréelle
St Augustin dit que ce qui fait un martyr n’est pas sa souffrance et sa mort, mais la cause pour laquelle il meurt (donc il n’y a pas de martyrs musulmans). Mgr Lefebvre a résisté aux abus réels après qu’ils étaient faits, pas avant ! Mais Mgr Williamson et ses partisans ont résisté avant tout compromis fait de la part de la FSSPX – et même trois ans plus tard, on ne voit pas toujours pas de compromis.

Mgr Lefebvre a résisté aux grands scandales évidents, tels que les nouveautés de Vatican II (la liberté religieuse, l’œcuménisme, la collégialité), la Nouvelle Liturgie, avec sa communion dans la main, et beaucoup d’autres pratiques ‘‘approuvées’’, et enfin le scandale énorme d’Assise en 1986. Mgr Williamson s’oppose à certains mots ambigus dans une déclaration proposée en avril 2012 – qui a été déclarée nulle et complètement rejetée dans quelques mois qui ont suivi: la disproportion de la cause est encore frappante.
Assurer l’avenir
Pour assurer la survie de la FSSPX, Mgr Lefebvre a sacré quatre évêques, entre 35 – 52 ans plus jeunes que lui, en 1988. Mgr Williamson fait semblant d’assurer une survie … en sacrant un évêque qui n’est qu’un an son cadet, qui a dépassé par loin l’âge de la retraite laïque, et qui est très proche de l’âge de la retraite pour les évêques !

Encore une fois, quel contraste ! 

Abbé François Laisney, FSSPX
Singapour

[Abbé Daniel Couture, fsspx - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs / Canada]

SOURCE - Abbé Daniel Couture, fsspx - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs du district canadien - Avril 2015
Dans l'histoire des chrétiens cachés du Japon, nous avons vu qu'ils ont gardé, de génération en génération, pendant 220 ans, la clé pour pouvoir distinguer un vrai prêtre d'un ministre protestant ou d'un autre ministre : le vrai prêtre doit être romain, marial et pur. Combien de prêtres aujourd'hui remplissent ces trois conditions de prêtre catholique?
 
Historia Magistra Vitae II
 
Chers amis et bienfaiteurs,
 
Plus la crise de l'Église s'accentue--particulièrement la crise du sacerdoce--plus l'oeuvre de Monseigneur Lefebvre paraît providentielle. Quand on pense qu'en 1959, le Séminaire de Québec (un des deux derniers séminaires du Québec, l'autre étant celui de Montréal) avait 212 séminaristes et qu'il est maintenant réduit à 20 séminaristes, sans nouveaux candidats pour septembre 2014, nous devons dire : merci, Monseigneur Lefebvre pour avoir sauvé nos séminaires. St Thomas nous dit que le sacerdoce a été institué "comme un remède pour toute l'Église" (Supp. Q. 35, a.1). C'est dire que sans le sacerdoce, sans ce remède, l'Église se meurt.
 
Dans l'histoire des chrétiens cachés du Japon, nous avons vu qu'ils ont gardé, de génération en génération, pendant 220 ans, la clé pour pouvoir distinguer un vrai prêtre d'un ministre protestant ou d'un autre ministre : le vrai prêtre doit être romain, marial et pur. Combien de prêtres aujourd'hui remplissent ces trois conditions de prêtre catholique?
 
Romain ne signifie pas seulement être attaché à Rome, reconnaître le pape mais aussi de maintenir les traditions romaines, la liturgie romaine et son langage, la foi et la morale romaines. Comme l'a si bien dit l'apôtre de l'Irlande :" Sicut Christiani, ita et Romani—tout comme nous sommes chrétiens, nous sommes Romains!" Un contemporain de saint Patrick, saint Vincent de Lérins explique un peu plus les qualités de la foi romaine : pour être considérée comme vraiment catholique, une vérité doit avoir été crue "partout, toujours et par tous les catholiques "--quod ubique, quod semper, et quod ab omnibus " (Commonitorium, ch. 2). Le modernisme s'attaque au coeur même de la foi romaine constante en voulant la faire évoluer avec le temps, brisant ainsi le lien avec les trois critères de saint Vincent de Lérins.
 
Le prêtre doit aussi être marial. C'est là la deuxième perle japonaise. Si le prêtre doit être un autre Christ, il doit aussi imiter Marie. Comme cette Sainte Mère, il doit engendrer Jésus dans l'âme de ses fidèles; il fait cela par la prédication et par les sacrements qui distribuent la grâce de Dieu. Saint Augustin exprime très bien cette idée en disant :" Combien grande est la dignité du prêtre dans les mains desquelles le Fils de Dieu s’incarne comme dans le sein de la Vierge Sainte".
 
Dans son livre "Vatican II, une histoire à écrire", le professeur Roberto de Mattei explique longuement et d'une façon magistrale, comment Notre-Dame a été vraiment mise de côté durant le Concile au nom de l'oecuménisme, pour plaire aux non-catholiques, surtout aux protestants. On devait publier un document complet sur elle mais on l'a réduit à un simple appendice (Lumen Gentium, ch. VIII). Elle qui, selon l’abbé Berto (le théologien privé de Monseigneur Lefebvre) est plutôt le prologue à tout le mystère de la Rédemption! Au nom de ce même oecuménisme, combien de prêtres ont cessé de dire leur chapelet quotidien et de le recommander à leurs fidèles, combien ont fait disparaître les statues des églises et n'ont plus jamais parlé de la Reine Immaculée ? Les chrétiens cachés de Nagasaki n'auraient jamais accepté de tels prêtres.
 
Troisièmement, dès 1838, les francs-maçons ont déclaré qu'ils détruiraient le catholicisme en rendant impurs et vicieux les coeurs catholiques : « Faites des coeurs vicieux, et vous n’aurez plus de catholiques! » (Mgr. Delassus, La Conjuration Antichrétienne, vol II, p.383). C'est encore plus évident pour la destruction des prêtres. C'est une contradiction et un scandale pour un prêtre d'être impur comme le fait d'un juge injuste, nous dit avec raison saint Thomas (1a 2ae, Q.73, a.10).
 
Je me souviens avoir rencontré à Saigon un vieux fondateur d'une société sacerdotale qui nous a expliqué la stratégie que les communistes ont employée pour s'emparer du sacerdoce catholique après avoir envahi le Sud Vietnam en 1975. Ce fut une stratégie assez simple, simplement perverse: ils envoyaient des jeunes femmes dans les presbytères dans le but de corrompre les prêtres. Le vieux fondateur rapporta la chose à son évêque, le priant d'agir vigoureusement contre cette campagne de corruption. Résultat : il fut dénoncé par son propre évêque et subit 10 ans de camp de travail.
 
Prions pour nos prêtres, pour tous les prêtres, jeunes et vieux, pour ceux qui sont demeurés fidèles et pour ceux qui ont flanché afin qu'ils se repentent et retournent à leur "première charité" (Apoc. 2 , 4), pour les prêtres vivants et pour ceux qui sont en purgatoire.
 
Seigneur, donnez-nous des prêtres!
Seigneur, donnez-nous de saints prêtres!
Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres!
 
Bien vôtre au service de Jésus et de Marie Immaculée
Abbé Daniel Couture, Supérieur

[DICI] Les relations de la Fraternité Saint-Pie X avec Rome, selon Mgr Pozzo

Palais de la Congrégation de la doctrine
de la foi où se trouve la commission Ecclesia dei.
SOURCE - DICI - 27 mars 2015

A l’occasion du sacre de l’abbé Jean-Michel Faure par Mgr Richard Williamson, le 19 mars 2015 au monastère Santa Cruz de Nova Friburgo (Brésil), l’agence romaine I.Media a interrogé Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei. Ce dernier en a profité pour faire un point sur l’état des relations entre la Fraternité Saint-Pie X et Rome, déclarant qu’au-delà des difficultés doctrinales qui subsistent, les problèmes sont « internes à la Fraternité ». Selon le prélat romain cité par I.Media : « Le pape attend que la Fraternité Saint-Pie X décide d’entrer (dans l’Eglise, ndlr) et nous sommes toujours disponibles, avec un projet canonique qui est déjà connu », à savoir la création d’une prélature personnelle. « Il faut un peu de temps pour que les choses s’éclaircissent en interne et que Mgr Fellay puisse obtenir un consensus assez élargi avant d’accomplir ce geste. » – C’est nous qui soulignons cette affirmation.

A la Maison générale de la Fraternité Saint-Pie X, on s’interroge sur l’intention de Mgr Pozzo dans sa dernière phrase qui ne correspond pas à la réalité : Est-ce sa vision de la situation ? Un vœu personnel ? Ou la volonté d’introduire une division à l’intérieur de la Fraternité?

Mgr Fellay a déjà répondu à la Commission Ecclesia Dei, à plusieurs reprises, oralement et par écrit, que ce sont essentiellement les « difficultés doctrinales » – à savoir la demande faite par Rome d’accepter le concile Vatican II et les réformes qui ont suivi dans une « herméneutique de continuité » – qui rendent la reconnaissance canonique, sous la forme d’une prélature personnelle, impossible à ce jour.

Les récentes rencontres informelles entre des membres de la Fraternité Saint-Pie X et des évêques, demandées par la Commission Ecclesia Dei, permettent de faire mieux connaître la Fraternité et ses œuvres, mais avant tout ses positions doctrinales. De fait, ces rencontres manifestent toujours plus clairement les divergences doctrinales. Et les interlocuteurs romains de la Fraternité sont obligés de reconnaître que beaucoup de questions restent «ouvertes», autrement dit que les difficultés doctrinales sont loin d’être résolues.

Aussi le Supérieur Général maintient-il la nécessité de présenter aux autorités romaines, les positions de la Fraternité dans leur intégralité, et de ne pas varier sur ces positions qui ne sont, au fond, que celles de tous les papes avant Vatican II.

A ce sujet, le 20 mars, l’universitaire français Luc Perrin faisait part de ses réflexions sur le Forum catholique, en affirmant qu’il ne servait à rien « de faire comme si tout allait bien dans le meilleur des ciels romains possibles. ». Avec réalisme, il écrivait : « On retrouve (chez Mgr Pozzo) le même discours inchangé depuis les illusions d’un accord rapide qu’entretenait alors, en 2000, le bouillant cardinal Castrillón Hoyos. Jean-Paul II en 1978-1979 était, lui aussi, convaincu que la pleine communion était à portée de main : nous connaissons la suite mais, à Rome, il semble que l’optimisme teilhardien ou béat, façon Jean XXIII en 1962, soit toujours de saison.

«Il ne faut jamais désespérer ni Billancourt ni les différents prélats de la Commission Ecclesia Dei – loin de moi cette idée – et il est bon de voir qu’un responsable romain a une foi assez solide pour résister ainsi à l’usure du temps qui passe, mais… il n’est pas non plus très utile de jouer au ravi du sérail, lévitant au-dessus du dôme de Saint-Pierre entouré d’angelots souriants et joueurs de lyre…, ce chœur céleste chantant un In Paradisum : ‘l’accord, l’accord, l’accord bientôt, l’accord est là’.

« Déjà si les différentes bêtises commises à Rome dans cette longue affaire étaient repérées, cela nous ramènerait sur terre. Une courte liste pour Son Em. le cardinal Müller et pour Mgr Pozzo : a) de l’optimisme béat, tu te défieras tout en gardant l’espoir surnaturel des promesses de l’unité in veritate ; b) d’une discussion bâclée, tu te détourneras et le temps ne compteras : pourquoi ne pas reprendre les discussions interrompues en 2011, de façon brusque et intempérante par Rome ? Ou au moins aller vers cette reprise ; c) la pleine communion pas à pas tu construiras : plutôt qu’une ‘solution canonique’ toute faite et pas forcément très bonne – la prélature personnelle a bien des failles – aujourd’hui, résoudre certains problèmes pratiques pas à pas me semble plus réaliste… (car) la fragilité du motu proprio Summorum Pontificum depuis l’élection du pape François qui, en le confirmant, l’a déjà sérieusement écorné avec les Franciscains de l’Immaculée, et l’érode par des petites phrases qui ne peuvent que susciter des inquiétudes.»

A propos de ces « problèmes pratiques » qui pourraient être résolus par des gestes concrets, on se souvient que, lors du pèlerinage à Rome des Dominicaines enseignantes de Fanjeaux, –du 9 au 14 février 2015 –, 200 religieuses, 950 élèves accompagnées d’une centaine de professeurs et parents, n’ont pas pu avoir une église pour la célébration de la messe traditionnelle par un de leurs aumôniers… parce qu’ils appartiennent à la Fraternité Saint-Pie X. Les paroles lénifiantes sont volatiles, les faits concrets sont bien plus éloquents.

(Sources : IMedia/FSSPX/FC – DICI du 27/03/15)

[octobre 2012] [Robert J.Siscoe - The Remnant] Krahgate: Une interview de Maximilian Krah

SOURCE - Robert J.Siscoe - The Remnant - version française publiée par Meneau sur le Forum Catholique en mars 2015 - 27 octobre 2012

Il y a quelques années, des rumeurs ont commencé à circuler sur Internet au sujet d’un scandale couvant au sein de la FSSPX. Selon ces rumeurs, début 2009, un franc-maçon juif nommé Maximilian Krah aurait été nommé au conseil d’une société nouvellement fondée. Cette société devait servir de couverture financière aux investissements de la FSSPX. Le comité comprenait le supérieur général de la FSSPX, Mgr Fellay, son premier assistant, l’abbé Nicholas Pfluger, l’économe général de la FSSPX, l’abbé Emeric Baudot, et le prétendu juif franc-maçon Maximilian Krah, qui avait pouvoir de mandataire général et donc accès aux fonds.

Comme par coïncidence, la fondation de cette société se fit en même temps que la diffusion de la célèbre interview de Mgr Williamson, dans laquelle il donnait son opinion personnelle concernant certains aspects de l’Holocauste. L’interview fut ensuite diffusée à la télévision allemande, un pays qui requiert une adhésion absolue et irréfléchie aux faits supposés associés à l’Holocauste, et dont la remise en question ou la négation constitue un « reniement de l’holocauste » - un crime punissable d’amendes et jusqu’à cinq ans de prison. Quand Mgr Williamson osa mettre en question plusieurs des faits supposés, pendant une interview à la télévision, on peut pratiquement dire que l’enfer se déchaîna littéralement. Le Dr. Krah, lui-même avocat, fut chargé de trouver un avocat criminel pour défendre Mgr Williamson. Des rumeurs additionnelles commencèrent à circuler au sujet du choix du Dr. Krah d’un avocat pour représenter Mgr Williamson, et s’amplifièrent lorsque Mgr Williamson décida d’engager un avocat différent pour le défendre.

D’autres rumeurs ont continué à se répandre au sujet du Dr. Krah depuis. Des messages de forums sont remplis de spéculations, et des sites web et blogs ont été créés dans de nombreuses langues pour couvrir les derniers événements de ce qui fut bientôt connu comme le « Krahgate ». Mais, de façon intéressante, lorsque j’ai fait des recherches sur Internet concernant ces rumeurs, pour préparer ce commentaire introductif, j’ai réalisé que ces rumeurs, bien que très chargées en spéculations et insinuations, sont légères en matière de faits, et encore plus légères en matière de preuves. Il y a beaucoup d’insultes, mais très peu d’accusations substantielles. Une rumeur récente, qui semble basée sur une photo qui a récemment fait surface, prétend que le Dr. Krah serait un Sioniste, et pourrait même être un agent secret du Mossad. Bien que je n’aie pas suivi les événements du « Krahgate » de très près moi-même, je suis conscient du fait que la réputation du Dr. Krah est loin d’être vénérée parmi beaucoup de fidèles de la FSSPX, et qu’il est rangé dans certains cercles quelque part entre Lucifer et Belzébuth.

Avec ces éléments en tête, intéressons-nous maintenant à la conférence de presse de l’Angélus, qui fut tenue à l’hôtel Marriot à Kansas City, Missouri, pendant le weekend du 19 au 21 octobre – une conférence à laquelle j’ai assisté.

Au premier soir de cet événement, alors que j’avais l’intention d’aller boire un cocktail, je commençai une conversation impromptue avec un homme dans l’ascenseur. Nous continuâmes notre conversation en nous dirigeant vers le Pavillon installé sur l’eau derrière l’hôtel pour les participants à la conférence. Le gentleman et moi-même continuâmes notre discussion en approchant du bar pour y commander un verre de vin. A un moment donné, nous réalisâmes que nous ne nous étions pas présentés dans les formes. C’est à ce moment que j’appris l’identité de l’homme avec lequel je conversai, et c’était bel et bien Maximilian Krah lui-même ! Alors qu’il annonçait son nom maintenant fameux, ou devrions-nous dire infâme, on put presque entendre en arrière-plan les grincements stridents de la scène de la douche dans Psycho.

Je passai le reste de la soirée, et en fait la semaine entière, à apprendre à connaître le Dr. Krah. Nous discutâmes de la Foi, de la situation de l’Eglise, des événements actuels au sein de la Fraternité, et même de nos opinions personnelles sur la meilleure façon de traiter la crise actuelle de la Foi qui nous vivons. Bien sûr, nous discutâmes aussi des nombreuses rumeurs qui circulaient sur Internet à son sujet. Nul besoin de dire qu’il était parfaitement conscient de celles-ci. Il fut plus qu’heureux d’en discuter, et sembla même soulagé de pouvoir enfin donner son propre point de vue sur le sujet.

Le Dr. Krah a été baptisé catholique lorsqu’il était bébé, et élevé dans la Foi. Ses parents avaient été mariés par son oncle, lui-même prêtre catholique. Le Dr. Krah, maintenant âgé de 35 ans, a trouvé son chemin vers la Tradition aux alentours de ses 20 ans ; après un bref passage par l’Indult, il est devenu depuis un pratiquant régulier d’une chapelle de la Fraternité.

Au fil du weekend, je réussis à connaître le Dr. Krah plutôt bien. Nous mangeâmes ensemble, passâmes les soirées à socialiser, et il me conduisit à la Grand-Messe Pontificale à l’Eglise St Vincent, célébrée par Mgr Fellay. Pendant le weekend, lorsqu’il rencontrait de nouvelles personnes, je pus observer les réactions lorsqu’il disait son nom, et comment la conversation s’orientait en général vers les rumeurs.

Voyant l’intérêt que portaient les gens à son point de vue sur l’affaire, qui, je dois le dire, diffère dramatiquement des rumeurs Internet, je lui demandai s’il m’autorisait à l’interviewer. Ensuite je demandai à Michael Matt (également présent à la conférence) s’il était intéressé par une interview du Dr. Krah pour The Remnant, et il accepta. J’achetai un enregistreur au supermarché local, fis quelques recherches Internet pour me familiariser avec les rumeurs et obtenir les dernières nouvelles, et nous nous dirigeâmes vers la salle « Nebraska » de l’hôtel pour l’interview. Ce qui suit en est la transcription.

L’interview
Siscoe: Tout d’abord Dr. Krah, je voudrais vous remercier d’avoir accepté cette interview. Il y a de nombreuses controverses autour de vous et de votre affiliation à la FSSPX. Etant donné que certaines des controverses ont trait à votre foi et votre ethnie, pourriez-vous commencer par nous parler de votre passé personnel ?
Krah: Oui, bien sûr. Merci de me donner l’opportunité de répondre à ces questions. Je suis de nationalité allemande. Je suis né et j’ai été élevé dans la religion catholique dans l’ex-Allemagne de l’Est. Mais parents ont été maries par mon oncle qui était prêtre. L’Allemagne de l’Est était sous gouvernement communiste jusqu’en 1989, et donc nous avons fait l’expérience de ce que c’est de vivre notre Foi sous un régime athée. Cela peut expliquer certains points de mes positions dont nous discuterons plus tard, parce que je sais ce que veut dire avoir un gouvernement athée, un état athée. Je ne dirai pas que le gouvernement d’Allemagne de l’Est à la fin des années 80 persécutait fortement les chrétiens, mais il était officiellement athée. Parfois je souris un peu quand j’entends d’autres fidèles qui se disent persécutés par leur gouvernement, alors qu’ils n’ont jamais fait l’expérience de cela. Je pense que nous devrions toujours voir les choses de façon très rationnelle, et ne pas exagérer nos propres sentiments. C’est pourquoi je suis toujours partisan de rester modéré et très précis et détaillé, même si nous pensons que les choses sont pires. Nous devrions juste être équilibrés. Plus tard en 1990, l’Allemagne a été réunifiée, et ce sont les catholiques qui ont pris les responsabilités parce qu’ils étaient complètement dignes de confiance, n’étant pas liés au gouvernement communiste. Ainsi mon père, qui avait une formation d’ingénieur, est devenu haut fonctionnaire du gouvernement et ensuite ma mère, professeur de formation, est devenue vice-principal de son école. J’ai deux frères et sœurs. La plus âgée est ma sœur, qui est dentiste. Mon frère est docteur. Plus tard, j’ai étudié le droit en Allemagne, et j’ai fait mon MBA à Londres et New-York. J’ai fait de la recherche et ai reçu mon doctorat en droit. Ma femme et moi nous sommes mariés avec la messe en latin au maître autel de la cathédrale de Dresde, peu avant de rejoindre la FSSPX. Nous avons quatre enfants que nous élevons dans la religion catholique, et nous fréquentons une chapelle de la FSSPX. Il n’y absolument rien qui puisse paraître suspect à d’autres gens. Nous essayons de mener une vie propre et réussie.
Siscoe: Alors vous n’êtes pas juif ? Pas de passé juif ? Vous avez été baptisé catholique quand vous étiez enfant ?
Krah: Bien sûr que je suis catholique. Exactement. Au sujet de ces accusations d’être juif, je voudrais vous raconter une histoire concernant Charlie Chaplin, lorsqu’il est venu en Allemagne au début des années 1930. De nombreuses personnes sont venues le voir à Berlin, et Hitler en était jaloux. Les journaux nazis écrivirent un article qui critiquait et s’offusquait de ce que tant d’allemands viennent applaudir un juif. Quand Chaplin revint à Hollywood, on lui demanda pourquoi il n’avait pas déclaré qu’il n’était pas juif. Il répondit ceci : si j’avais démenti officiellement, je me serais senti comme si je confirmais qu’il y avait quelque chose de mauvais à être juif. Etant donné la mentalité à l’époque, il dit que cela n’aurait fait que contribuer à l’œuvre des nazis, et c’est la raison pour laquelle il n’a pas dit « Je ne suis pas Juif ». J’ai eu une réaction presque similaire lorsque j’ai lu les premières accusations à mon encontre. J’ai envoyé un mail à un prêtre américain de la FSSPX lui demandant ce que je devais faire, et il m’a conseillé de garder le silence, car il n’y a absolument rien de mal à être du même peuple que Jésus et Marie. En outre, dans les premiers temps de la chrétienté, les premiers rangs des églises étaient réservés aux chrétiens d’ascendance juive. Cela dit, je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit de mauvais à être d’ascendance juive. Je ne le suis pas, c’est tout.
Siscoe: Êtes-vous franc-maçon ?
Krah: Non, je ne suis pas franc-maçon et ne l’ai jamais été.
Siscoe: Comment avez-vous trouvé la tradition ?
Krah: je pense que c’est partiellement dû à mon passé personnel. Souvenez-vous que je viens d’un pays qui était catholique à seulement 5%. Nous étions une minorité. C’était considéré comme un acte de bravoure d’aller à la Messe chaque Dimanche, et il était clair que les catholiques devaient se tenir les coudes en opposition au gouvernement communiste. Quand la réunification eut lieu, j’ai rapidement rejoint les Jeunes Chrétiens Démocrates, et la première action à laquelle j’ai pris part a été d’imprimer des posters contre une chaîne de radio communiste. Et j’étais très fier de participer à cela ; j’avais 14 ans à l’époque. Nous avons pris part à cette action et ensuite je suis allé à la Messe un Dimanche, et j’ai constaté que le président de l’association des jeunes de la paroisse, qui était le fils de l’adjoint pastoral, portait un badge en faveur de cette chaîne communiste. Et il le portait sur sa cravate Yasser Arafat. C’était à la Messe. [rire] Quand j’ai vu cela, j’ai réalisé que nous vivions sur des planètes différentes. Et je me suis toujours demandé : « est-il possible qu’avec les choses qu’ils enseignent et qu’ils font dans la paroisse locale, nous ayons pu construire la chrétienté et ses impressionnantes cathédrales ? » La réponse était définitivement « non » !

Pendant mon service militaire, j’ai commencé à penser à ma foi et à lire plus à ce sujet. Par hasard je suis tombé sur le site web de la FSSPX et j’y ai trouvé le catéchisme de l’abbé Gaudron. J’ai ensuite cherché une Messe traditionnelle dans ma région, et j’en ai trouvé une à 120 km. C’était une Messe Indult, mais tous les ministres étaient formés par la FSSPX.
Siscoe: Quelle année était-ce ?
Krah: C’était aux alentours de 2003….
Siscoe: Ok, donc après un bref passage par l’Indult, vous êtes devenu un fidèle de la Fraternité. Pouvez-vous nous dire comment cela s’est passé ?
Krah: Même lorsque j’assistais à la Messe Indult, je me considérais comme un homme de la FSSPX. J’avais trouvé la page d’accueil de la FSSPX. J’avais entendu parler de Mgr Lefebvre. Ce fut vraiment un tout petit pas à franchir que de contacter la FSSPX directement, et j’ai rencontré le Supérieur de District, l’abbé Heggenberger. A cette époque, je devenais plus zélé dans ma foi, et à cause de mes activités politiques et du statut de ma famille, qui était plutôt bien liée au diocèse, j’ai envisagé de créer une chapelle Motu Proprio. Ou bien de prendre la voie plus dure, et d’essayer de créer une chapelle FSSPX. Après une discussion avec l’abbé Heggenberger, j’ai décidé que la voie dure était la bonne voie. Il était clair que si vous étiez intéressé par le catholicisme traditionnel, la messe en latin, etc, il y avait un acteur majeur et que c’était la FSSPX.

J’ai réalisé que tous ceux qui sont d’accord avec la FSSPX n’assistent pas à la messe dans les chapelles de la FSSPX. J’ai fréquenté la messe Indult principalement parce qu’elle était plus proche de là où je vis. Ce n’est que plus tard que j’ai pris conscience des divergences au sein du mouvement traditionnel ; entre les différents camps. Je pense que l’accord entre les différents camps est grand ; et les désaccords… je pense… il y a une phrase latine « viribus unitis », nous sommes tous catholiques et nous devons essayer de combattre ensemble, autant que possible. Bien sûr, la FSSPX est le point d’ancrage de tout le mouvement traditionnel. Et l’influence intellectuelle va loin, même côté Novus Ordo… même côté Novus Ordo, les gens regardent ce que fait la FSSPX. Ils l’ont dans leur périphérie. Donc pour moi il était clair que si je faisais ce pas en dehors du diocèse, il n’y avait qu’une seule place.
Siscoe: avez-vous un saint favori ou un saint patron ?
Krah: oui j’en ai… peut-être que c’est parce que je me considère plutôt comme un intellectuel que j’aime les saints qui sont intellectuellement doués ; ceux qui combinent la Foi et la raison. J’aime beaucoup St Robert Bellarmin qui est plutôt proche de l’idéal d’un intellect équilibré, combiné à une foi solide. Ce qui me fascine, c’est la rencontre historique entre St Ambroise et St Augustin. Je suppose qu’il y a des poignées de main qui changent le monde. Je considère que cette rencontre entre St Ambroise et St Augustin en fait partie. Cela paraît peut-être un peu simpliste, mais ils se sont rencontrés, et ils ont ouvert de nouvelles perspectives à la religion pour le monde entier. Pour moi c’est un moment très impressionnant de l’histoire. Je pense que vous voyez quel type de Saints m’impressionnent. Mon second fils se nomme Pius à cause de Pie XII. Je considère Pie XII comme comparable par certains aspects à St Robert Bellarmin… il y a un équilibre. Je suis très attiré par le côté intellectuel de la Foi. C’est quelque chose que j’apprécie beaucoup concernant ma Foi Catholique.
Siscoe: Abordons quelques-unes des rumeurs Internet. Pouvez-vous nous parler de la société Dello Sarto AG ? Quelle est votre affiliation à cette société, et le statut de cette société aujourd’hui ?
Krah: Oui, la première chose à réaliser est qu’une société protège des engagements financiers. C’est quelque chose qui est largement reconnu, et c’est une pratique courante de la FSSPX spécialement aux USA. Dello Sarto a été fondée pour recevoir un gros héritage, qui était attendu mais qui n’est jamais venu. Donc maintenant nous avons une société complètement vide que nous devons fermer. Les rumeurs n’ont aucun sens. Mais peut-être que le point auquel il faut répondre, c’est la rumeur concernant mon pouvoir de mandataire. Ils disent que j’ai trop de pouvoir, mais les avocats ont toujours de très larges pouvoirs de mandataire. Ils ne peuvent les utiliser que si le client l’accepte, mais formellement c’est un très large pouvoir de signature. C’est la routine des affaires, et donc les rumeurs concernant Dello Sarto montrent que ceux qui répandent cette campagne sur Internet n’ont absolument aucune idée de quoi ils parlent.
Siscoe: Et en ce qui concerne votre affiliation à cette société ? Vous êtes membre de l’exécutif ?
Krah: Avec Dello Sarto, je me suis chargé de la constitution en société, et j’en étais le représentant légal…. Vous pourriez dire que ma position était similaire à celle d’un Directeur Général.
Siscoe: Donc la société a été fondée dans la perspective de recevoir un gros héritage ?...
Krah: Exactement, qui n’est pas venu. L’héritage n’est pas venu.
Siscoe: on mentionne aussi une autre société, Laetitia AG. Pouvez-vous nous en parler …
Krah: Cette société n’a rien à voir avec la FSSPX ou Dello Sarto. C’est juste une partie personnelle… c’est une partie de mon travail d’avocat, mon travail judiciaire. J’ai d’autres clients que la FSSPX. Il s’agit d’un client sans aucun lien.
Siscoe: un autre nom de société qui est mentionné est la Fondation Jaidhofer. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette société ?
Krah: oui, celle-ci est liée à la FSSPX et ce n’est absolument pas un secret. Il y avait une famille en Autriche qui voulait faire un don à la FSSPX, mais ne voulait pas donner directement. Ils ont voulu créer une Fondation qui viendrait en aide à la FSSPX. Et dans chaque fondation, vous avez besoin d’administrateurs. C’est une sorte de Trust, et je suis l’un des administrateurs. J’ai été choisi par la famille pour créer la fondation, tout d’abord parce que je suis un avocat catholique traditionnel en lien avec la FSSPX, et ensuite à cause de mon parcours professionnel. Cette fondation vient en aide à la FSSPX et utilise l’argent qui a été donné par cette famille. Par exemple, elle participe au projet de nouveau séminaire en Virginie. Elle n’a rien à voir avec les donations individuelles faites à la FSSPX. Tout ce que nous faisons est complètement transparent. Nous sommes supervisés à la fois par la Maison Générale de la FSSPX et par le fisc autrichien, parce que nous sommes philanthropique, et cela signifie que nous sommes exonérés d’impôts. Nous devons tenir nos livres de comptes à la disposition des autorités publiques en permanence. Donc nous avons pour ainsi dire deux superviseurs, et tout ce que nous faisons est transparent et propre.
Siscoe: Donc l’héritage a été reçu par le Trust, pour être redistribué, et aucun autre fonds n’y entre …
Krah: Non, aucun.
Siscoe: Okay…
Krah: …Sauf si quelqu’un voulait le faire. Par exemple, si quelqu’un demandait à ce que de l’argent soit placé dans la fondation. Et si quelqu’un le demandait, la FSSPX devrait l’accepter. Cela veut dire que le donateur devrait accepter, et que la FSSPX devrait accepter. Mais ce cas ne s’est pas produit pour l’instant.
Siscoe: Donc les offrandes dominicales n’y entrent pas…
Krah: Non rien.
Siscoe: Okay…
Krah: …Les offrandes dominicales ne sont pas nos affaires, et je ne veux pas que cela le devienne. C’est complètement étranger à nos intérêts.
Siscoe: Bien, pour en venir à une autre rumeur, êtes-vous de quelque façon que ce soit lié à l’école St Thérèse de la Fraternité.
Krah: Le district allemand a créé une fondation pour aider cet internat en Allemagne, et je suis membre du conseil de cette fondation. Mais la seule tâche que nous ayons est de collecter l’argent pour l’école, et c’est tout. Il est important de mentionner que l’école est en train de construire un nouveau bâtiment.
Siscoe: vous dites collecter des fonds …
Krah: …seulement de l’extérieur. Pas les offrandes dominicales.
Siscoe: on dit que vous êtes un activiste et membre politique connu à Dresde en Allemagne, et membre de « l’Union Christ-démocrate libérale, pro avortement et pro homosexuelle menée par Angela Merkel ». Comment répondriez-vous à cette accusation ?
Krah: [rire] Oui, bien sûr. J’ai même été candidat l’été dernier. J’ai été candidat aux primaires pour le parlement national. Et j’ai rencontré pas mal de succès également, bien que j’aie perdu à la fin, 45 contre 55 [rire], mais c’était plutôt bien pour un nouveau venu se mesurant à un titulaire. Mais je ne suis pas d’accord avec la catégorisation. Comme dans chaque pays, en Allemagne nous avons deux gros partis. Aux USA, vous avez les Démocrates et les Républicains. En Allemagne, vous avez les Social-démocrates et les Démocrates-chrétiens. Le CDU (Démocrates-chrétiens) vous pourriez dire que c’est le parti des Républicains, qui est centre-droit.
Siscoe: Donc le parti que vous représentiez serait considéré comme la droite en Allemagne ?
Krah: Oui, il serait considéré comme la droite. Et en effet, pendant mes études de droit, j’ai été employé par Christa Reichard, alors membre du parlement, qui par exemple, est fortement pro-vie. Et elle serait très fâchée si elle entendait une rumeur comme quoi elle serait membre d’un parti de gauche. Pour vous faire comprendre, lorsque vint la réunification, les catholiques, et même les protestants conservateurs et anti-communistes, ont rejoint les Démocrates-chrétiens. Et même maintenant, tous les postes du land de la Saxe et dans la City sont tenus par des Démocrates-chrétiens, de sorte que le maire de la ville et le gouverneur et tous les membres locaux du congrès du land et au niveau national, sont Démocrates-chrétiens. C’est seulement le parti majoritaire, et c’est le parti des centre-droites. Et en tant que citoyen de ma ville, comme je ne suis pas de l’aile gauche et ne l’ai jamais été, c’est clair que les Démocrates-chrétiens sont mon domicile politique.
Siscoe: Donc les Démocrates-chrétiens seraient comparables aux Républicains en Amérique ?
Krah: Oui, de façon générale. Mais en Europe, la scène politique est un peu plus à gauche qu’en Amérique. La partie gauche des Démocrates en Amérique est comparable avec les Social-démocrates en Allemagne, alors que la partie droite des Démocrates et les Républicains modérés sont comparables aux Démocrates-chrétiens en Allemagne.
Siscoe: donc tout est un peu plus à gauche. La gauche est plus à gauche, et la droite est plus proche du centre ?
Krah: Oui, exactement. Et c’est particulièrement le cas là où je vis et dans mon groupe et dans mon entourage. C’est comparable, je dirais, aux Républicains de la Côte Est.
Siscoe: on dit que vous avez été chargé de trouver un avocat pour Mgr Williamson dans son procès au sujet de l’holocauste, et que vous avez choisi Matthias Lossmann, un membre de l’extrême gauche (Les Verts), un parti de la gauche radicale qui favorise tout, de l’avortement à l’homosexualité. Pouvez-vous commenter cela ?
Krah: Tout d’abord, concernant le cas Williamson. Il est évident pour moi que la déclaration qu’il a faite concernant l’Holocauste est historiquement fausse, et il n’est ouvert à aucun argument concernant les faits historiques. Mais en tant qu’avocat, il était clair pour moi qu’il n’avait pas violé la loi allemande parce que, au moment où il fit cette déclaration, il n’avait aucune idée du fait que l’interview serait diffusée en Allemagne. C’est la raison pour laquelle je crois qu’il n’est pas coupable d’avoir violé la loi allemande. Je ne suis pas avocat criminel, donc il me fallait en trouver un pour lui. Et dans un tel cas, je recommanderai toujours fortement de prendre un avocat criminel qui en aucune circonstance n’a été lié d’aucune manière aux mouvements pronazis. Pour expliquer, le mouvement pronazi en Allemagne est très petit. C’est peut-être 1% de la population. Il est extrêmement petit, et d’habitude vous ne voulez pas être relié à ces personnes, parce qu’elles sont exactement le genre de personnes avec lesquelles vous ne voudriez pas voir jouer vos enfants. Et donc, pour assurer le plus possible la défense, j’ai lui ai chaudement recommandé de prendre un avocat qui soit plus de l’aile gauche, afin qu’il puisse se focaliser sur les aspects légaux, et soit complètement libéré de toute implication politique sur ce cas. Je le lui ai expliqué, et je lui ai présenté Lossmann. Lossmann est un avocat criminel largement reconnu, qui publie dans un journal de recherche sur la loi criminelle. Il n’est pas aussi à gauche que les rumeurs l’ont présenté, parce que même Les Verts ont deux ailes. Et il n’est vraiment pas de l’aile la plus à gauche de ce parti. Il est, je dirais, comparable à un Libéral de la Côte Est. Cela veut dire qu’il n’est absolument pas communiste ou quelque chose comme ça. Il est juste un citoyen libéral, qui s’intéresse aux arts, et peut-être aux vins fins. Je les ai présentés l’un à l’autre, j’ai expliqué les raisons pour lesquelles je pensais que nous avions besoin d’une personne plus libérale que moi ou la plupart de mes collègues, avec lesquels je coopère habituellement. L’évêque était complètement satisfait. Lossmann faisait du bon travail, et puis Mgr Williamson a décidé, sans aucune explication, de choisir un autre avocat…
Siscoe: …Donc quand vous avez fait votre recommandation à Mgr Williamson, et expliqué les raisons de celles-ci, il a été d’accord ?
Krah: J’ai tout expliqué et j'ai été transparent. Et il a compris et accepté.

Siscoe: et alors à un moment donné, il a changé d’avocat ?
Krah: Oui, il a changé pour une personne complètement inacceptable, et il a reçu un avertissement de la Maison générale [de la FSSPX] et à changé à nouveau. Maintenant, il a choisi, de nouveau, un avocat complètement apolitique, qui par ailleurs est président de l’Association pour la Musique Pop. Il fait un boulot magnifique, tout comme Lossmann le faisait. Ils plaident exactement de la même façon. Ils ne plaident en aucune manière politiquement ou historiquement. Ils disent « regardez la loi. Voici ce qu’il a fait. Il n’avait aucune idée au moment où il a donné l’interview qu’elle pourrait être diffusée en Allemagne, donc le cas ne peut donner lieu à poursuite ». Et c’est la même argumentation et le même style de défense. C’est une conséquence du problème légal, et cela n’implique pas d’évoquer les aspects historiques et politiques dans la salle d’audience. Et c’est la seule chance qu’il a. C’est ce qu’a fait Lossmann, et c’est ce qu’Edgar Weiler fait maintenant. Et entre les deux, il a eu, je pense pendant une semaine, une autre approche, et je suis sûr que cette approche aurait conduit à la catastrophe.
Siscoe: Pouvez-vous expliquer votre implication dans la Fraternité quand « l’affaire Williamson » est apparue ? Quelle était l’image de la Fraternité en Allemagne, et qu’avez-vous fait pour assister la FSSPX en la matière ?
Krah: l’interview a été diffusée au même moment que la levée des soi-disant excommunications des évêques de la FSSPX, y compris Mgr Williamson. Les gros titres en Allemagne furent donc « Le pape réhabilite un négationniste de l’holocauste », et la FSSPX est alors devenue un groupe néo nazi sur le théâtre des religions. La chancelière elle-même a exprimé son incompréhension au sujet de la décision papale en faveur de Mgr Williamson. Le District d’Allemagne a fait de nombreuses déclarations, comme quoi Mgr Williamson ne parlait en aucun cas au nom de la FSSPX et indiquant que la FSSPX n’acceptait absolument aucun antisémitisme ni de telles idées fausses sur l’histoire. Mais personne ne la croyait, parce que personne ne lui faisait confiance. Beaucoup de fidèles, et même des prêtres, ont commencé à devenir nerveux, et ont demandé une action claire contre Mgr Williamson. Certains ont même commencé à assister aux messes de la FSSP ou aux messes Motu Proprio.

Compte-tenu du sérieux de la situation, il m’a été demandé si je pouvais contribuer à calmer les choses en usant de mon réseau d’influence, et spécialement de mes connexions avec les médias. Comme dans tous les pays, seuls quelques médias ont un impact national. La scène des correspondants de l’Eglise est très petite, de l’ordre de 10 journalistes pour l’Allemagne entière. La plupart d’entre eux sont partisans du Nouvel Ordo, ce qui veut dire qu’ils sont incurablement hostiles à la FSSPX. Peter Wensierski du Spiegel-Mirror, est l’une des rares exceptions, qui est vraiment indépendant, ce qui signifie qu’il est également distant, certains diraient également hostile, à l’égard de tous. Mais il est équitable envers tous, il a été assez honnête pour déclarer que la FSSPX était certes ultra-conservatrice, passée de mode, etc, mais n’était certainement pas nazie. Il est dur, mais il est juste. Quoi qu’on pense de la FSSPX, elle n’a aucune proximité avec le fascisme ou les nazis. Et comme le Spiegel est un « must-read » pour toute l’élite allemande, en l’espace de deux semaines les autres médias ont accepté la distinction entre : la position de la FSSPX, et l’opinion d’un de ses évêques. On a pu le voir dans les mots employés dans les gros titres : alors qu’on écrivait auparavant au sujet de « ces négationnistes de l’holocauste », on a distingué ensuite entre le « groupe FSSPX conservateur » et « Mgr Williamson le négationniste ». Nous n’avions qu’une balle mais elle a fait mouche. Clairement un signe de la grâce. Je me demande parfois moi-même comment cela a réussi.
Siscoe: Mais ce n’était pas la fin de l’histoire.
Krah: Non, c’était juste une étape. Mais cela nous a ramenés sur la bonne voie. Cela nous a donné de la crédibilité. Nous avons ensuite communiqué sur le fait que le Supérieur Général avait donné à Mgr Williamson un an pour étudier les faits, et lui avait ordonné de lire un livre sur le sujet, écrit par Jean-Claude Pressac, qui avait lui-même eu des doutes sur l’existence des chambres à gaz à Auschwitz et avait changé d’avis ensuite après avoir étudié les faits. Cela nous a donné un an de répit, et les médias ont stoppé leurs attaques, attendant que l’année soit écoulée. Mgr Williamson n’a pas lu le livre. Mais une fois l’année écoulée, nous devions expliquer. Nous avons juste choisi d’être honnêtes et transparents. Nous avons montré les efforts faits par la FSSPX, mais nous avons aussi concédé que cela n’avait pas eu d’influence sur l’évêque, qui s’est engagé sur sa propre voie, malheureusement. A la fin, nous avons pu communiquer avec succès sur le fait que la FSSPX ne partageait en aucune manière ces positions de Mgr Williamson.
Siscoe: comment avez-vous réussi à influencer les medias ?
Krah: Grâce à de nombreux entretiens derrière la scène. J’ai rencontré de nombreux journalistes et leur ai expliqué la FSSPX, sa mission, son histoire. La plupart n’en avaient aucune idée. Vous voyez, pour nous ces sujets sont très présents ; nous les vivons, et sommes familiarisés avec eux. Mais pour des personnes de l’extérieur, la FSSPX est complètement inconnue ; tout au moins c’était le cas jusqu’en 2009. Pour un journaliste libéral, qui ne pratique pas du tout de religion, l’idée de dire la Messe dans une ancienne langue comme le latin est un peu curieuse. Vous devez lui expliquer d’une façon qu’il puisse comprendre. Vous devez convaincre et non pas juger. C’est ce que j’ai fait, et ce que je fais encore. Et comme je suis loin de toute sorte d’extrémisme politique, et l’ai toujours été, ils m’ont considéré comme digne de confiance, ce qui m’a permis de les influencer en faveur de la FSSPX. C’est quelque chose que je voudrais indiquer de façon générale ; il faut toujours prendre en compte l’expérience et la façon de penser de notre contradicteur. La plupart des gens ne sont pas hostiles. Ils sont seulement non informés. Au lieu de les juger, nous devrions expliquer nos positions. La plupart du temps, nous trouverons une certaine acceptation, et dans certains cas même du soutien.
Siscoe: Si ma question ne vous dérange pas, quel impact a eu « l’affaire Williamson » sur les développements actuels concernant Mgr Williamson ?
Krah: Je ne suis pas impliqué dans les événements actuels. Autant que je sache, l’affaire de 2009 n’est pas liée à l’expulsion actuelle. Voyez, l’affaire de 2009 a été réglée avec l’article final du Spiegel début 2010. Depuis, le public distingue entre la position officielle de la FSSPX et l’opinion privée de Mgr Williamson. Ce qui est arrivé depuis, c’est que Mgr Williamson a ouvertement remis en cause l’autorité et la hiérarchie, ce qui a causé la division dans la FSSPX. C’est une affaire interne, pour laquelle mon conseil n’est ni nécessaire ni demandé. C’est l’affaire principalement des supérieurs. J’ai l’habitude de servir d’intermédiaire entre la FSSPX et différentes instances séculières : juges, journalistes, politiciens, officiels, banquiers. Mais je n’ai aucune part aux affaires internes. Dans ce domaine, je suis un fidèle ordinaire comme tous les autres. Et je suis satisfait de cela.
Siscoe: Il y a une autre rumeur qui prétend que vous levez des fonds pour l’Université de Tel Aviv. Pouvez-vous nous éclairer ?
Krah: Oui, bien sûr. J’ai de nombreux amis, y compris certains qui ne sont pas catholiques. Et j’ai un ami juif, que j’apprécie beaucoup. Ce sont des gens merveilleux, et il n’y a absolument aucune raison pour moi de les cacher, ou de remettre leur amitié en question. Une fois cela dit, je ne comprends pas ces accusations ou insinuations. Ce sont mes amis, et ils peuvent me faire confiance comme je leur fais confiance. J’étais à New York un soir, et j’ai reçu un appel me demandant si j’avais des plans pour la soirée, ce qui n’était pas le cas. Mais mon ami en avait, et nous sommes allés à une réception dans une galerie de Chelsea, et il y avait de nombreuses personnes, à la fois juives et non-juives, de différents pays, et c’était organisé par l’amicale américaine de l’Université de Tel Aviv, et bien sûr ils ont pris des photos [rire], et les ont publiées sur Internet, et cela a suffi à ces gens pour m’attaquer sans me demander ce qui était arrivé. C’était juste une soirée sympathique, un rassemblement à New York. J’y participerais à nouveau, même si je savais les rumeurs que cela provoque.
Siscoe: Pour être clair, vous n’êtes pas membre de l’amicale américaine de l’Université de Tel Aviv, et vous n’avez pas organisé de tels événements ?
Krah: Non aux deux questions.
Siscoe: Il y a une autre photo en ligne qui a elle aussi causé une controverse. Elle vous montre en train de participer à une opération de recrutement pour un camp militaire de l’armée Israélienne. Pouvez-vous expliquer ?
Krah: Oui, ce n’était pas une opération de recrutement. L’un de mes amis s’est marié dans le désert de Néguev, et il a invité des amis du monde entier, y compris ma femme et moi. Il a généreusement programmé une excursion, qui incluait à la fois la Via Dolorosa à Jérusalem et une visite à un camp militaire, afin que nous puissions avoir une impression personnelle de ce quêtait l’armée Israélienne. C’était pour ainsi dire une excursion touristique, sur la route de Jérusalem au désert de Néguev, et comprenait un déjeuner. Nous avons pu les visiter, leur parler, pour nous faire notre propre opinion des militaires. Et autant que je sache, c’est une pratique commune pour les groupes qui visitent l’Etat d’Israël d’organiser ce type d’excursion. J’ai reçu un e-mail d’un membre du conseil de la ville de Dresde, qui m’a dit que lui-même avait participé à un événement similaire. Pour moi, c’était donc une invitation intéressante. Et comme j’avais été soldat allemand un an après la High School, j’ai eu plaisir à profiter de cette occasion pour voir comment les choses sont faites dans l’armée israélienne.

Peut-être un mot à ce sujet… on voit beaucoup de choses sur Internet concernant l’Etat d’Israël. Faisons un petit retour sur l’histoire. Au moyen âge, la chrétienté a fait plusieurs Croisades en Terre Sainte pour une raison : pour maintenir les sanctuaires ouverts afin que nous puissions y avoir accès pour les pèlerinages. Nous avons à l’heure actuelle plus de pèlerinages en Terre Sainte que nous n’en avons jamais eu par le passé. Nous en avons eu plus en 2012 qu’en 2011, et plus en 2011 qu’en 2010, et en 2010 nous en avons eu plus que jamais. Cela veut dire que les lieux saints sont ouverts ; ils sont protégés. Ils sont sûrs, et on y investit. Et l’Eglise catholique perçoit des bénéfices sur les taxes de la part du gouvernement israélien dans ce pays. Je ne connais personne qui pense que, si ce pays était régi par la loi islamique, nous aurions presque autant de pèlerinages là-bas, et l’accès libre. Et même les pèlerins de la FSSPX Allemagne, qui vont de Jérusalem et Nazareth à Bethléem, résident toujours dans un hôtel de l’autre côté du mur – du côté israélien. Si vous considérez seulement les faits et la réalité, ce que nous devons dire, c’est qu’il est difficile d’attaquer les autorités qui fournissent un accès ouvert à ces lieux saints. C’est pourquoi je dis : calmez-vous et jugez par les faits. Il faut regarder les faits tels qu’ils sont, et nous devons voir qu’il y a plein de gens qui vivent là-bas. Ils ont une police, tout est organisé, et ils ne blessent pas les chrétiens là-bas. Et il y a également un groupe croissant de gens dénommés catholiques hébreux, qui sont des citoyens israéliens convertis. Nous n’en avons aucun dans les pays islamiques. Je peux seulement avertir les chrétiens qui sont ainsi opposés ou hostiles à l’Etat israélien, qu’arriverait-il si l’Etat disparaissait ? Nous aurions beaucoup de problèmes avec les lieux saints. Et qu’arriverait-il aux chrétiens de ce pays s’il y avait un changement du paysage politique ? Et donc je n’ai aucun problème à dire que j’ai une attitude positive envers l’Etat israélien. Le monde n’est pas parfait. Il ne l’a jamais été. Il y a toujours eu des guerres. Il y a un état d’imperfection. Et si nous voyons cela, si nous voyons la réalité, nous pouvons dire que cela pourrait être bien pire. Et cela devrait nous amener à une position plus posée concernant la situation politique en Terre Sainte.
Siscoe: Une autre rumeur insinue que la Fraternité a payé pour votre formation MBA. Y a-t-il une quelconque vérité là-dedans ?
Krah: Absolument pas, j’ai tout payé moi-même.
Siscoe: Okay…
Krah: …j’ai payé les frais moi-même, les vols moi-même, et l’hôtel moi-même. Le problème qu’ont souvent les avocats est qu’ils sont habituellement trop formatés nationalement. Et spécialement en Europe, on voit le monde changer, et un changement dans le paysage économique, et une formation purement nationale nous mène rapidement aux limites, et c’est pourquoi j’ai investi dans une formation supplémentaire, et dépensé mes économies et quelques aides de mes parents pour ce MBA, et je l’ai apprécié, et j’en profite beaucoup.
Siscoe: Donc la Fraternité n’a payé aucune de vos formations.
Krah: Non.
Siscoe: Est-ce qu’il a été difficile pour vous d’être confronté à ces rumeurs et accusations à votre égard ?
Krah: ce n’est jamais un plaisir que d’être victime d’une campagne de dénigrement systématique. Mais ces attaques à mon égard ont été utilisées comme une attaque indirecte contre le Supérieur Général et d’autres supérieurs comme l’abbé Rostand. En 2010, quand on commencé les attaques à mon endroit, les fauteurs étaient encore trop scrupuleux pour attaquer Mgr Fellay directement. Depuis, ils ont perdu toute inhibition. Et plus ils attaquent la hiérarchie ouvertement, moins ils se focalisent sur moi – qui révèle leur véritable intention. Quand je vois toute la haine et la malice contre un prélat aussi noble et décent que Mgr Fellay, je peux à peine croire que les attaques contre moi soient vraiment sérieuses. J’essaye de ne pas me prendre pour quelqu’un de trop important, et donc je ne m’occupe pas trop de ces attaques. La plupart des gens ne prennent pas ce non-sens trop sérieusement, et une fois que les gens me rencontrent et entendent ma version des faits, ils réalisent que les rumeurs sont dénuées de sens. Cela me donne la paix intérieure. Et il ne faut pas oublier : la Foi aide, spécialement dans le cas d’attaques injustes. Nous ne devons pas avoir peur du mal et nous pouvons être sûrs de gagner à la fin.
Siscoe: avez-vous appris quelque chose de ces attaques ?
Krah: J’ai appris beaucoup sur la façon dont les gens agissent, mais aussi sur moi-même. Ce qu’il me semble important de mentionner, c’est que les attaques les plus sérieuses contre la FSSPX proviennent de l’intérieur. Les soi-disant « meilleurs catholiques » calomnient, insultent et diffament d’une façon intolérable et au-delà de tout ce qu’on peut voir même dans le monde séculier. Les forces du mal ne sont plus restreintes à des armes extérieures, mais ont trouvé des instruments en des personnes faibles et déséquilibrées à l’intérieur. Il me semble que nous ne sommes pas complètement conscients de ce nouveau danger.
Siscoe: Y a-t-il autre-chose que vous souhaiteriez ajouter avant de conclure ?
Krah: Oui, j’aimerais beaucoup me faire l’avocat d’une vision du monde plus optimiste. Si vous lisez ces sites Internet qui m’attaquent, d’habitude ils prévoient l’Armageddon dans les deux prochaines années, si ce n'est plus tôt. Même si je m’attends à l’Armageddon demain, je planterai quand même mon pommier aujourd’hui. Si nous jetons un regard sur les choses qui se passent, nous pouvons voir que l’époque conciliaire va arriver à son terme. Les « conciliaristes » n’ont pas de jeunes. Les jeunes prêtres aujourd’hui tendent vers le catholicisme traditionnel, et ces jeunes qui vont encore à la Messe ne sont en général pas de l’aile gauche. C’est juste une question de temps avant que la liturgie et la théologie traditionnelles retrouvent leur place. Et il en est de même pour la Fraternité ; bien sûr il y a beaucoup de développements dans la mauvaise direction, mais nous en avons aussi dans la bonne. Nous avons les deux en même temps. Mais il y a 10 ou 20 ans, les choses n’allaient que dans la mauvaise direction. Nous n’avions pas ces nouveaux mouvements conservateurs et traditionnels. Aujourd’hui nous avons un nouvel esprit conservateur, et une pensée conservatrice qui croît, qui devient de plus en plus forte. Et je recommande seulement d’être optimiste, et de chercher des alliés dans ces mouvements néo-conservateurs ; parce qu’ensemble nous sommes forts, et nous pouvons stopper ce chaos de l’aile gauche, et contre elle nous pouvons implémenter une attitude positive et un développement positif vers une renaissance de la civilisation occidentale et de la chrétienté. Donc restez optimiste ! Que peut-il arriver à un mouvement qui sait que le Tout-Puissant est de son côté ? N’est-ce pas manquer de confiance en Dieu que d’être toujours aussi pessimiste et déprimé ? Et ne croyez pas en de telles rumeurs et campagnes de dénigrement. Il n’y a pas de raison, et vous pouvez être sûrs que la Fraternité ne me ferait pas confiance si une seule de ces accusations était seulement à moitié vraie. Mais je suis complètement surveillé.
Siscoe: Merci beaucoup pour votre temps, et pour avoir répondu à ces questions.
Krah: Merci… et peut-être… Nous savons tous les deux ce qui va probablement arriver ensuite. La communauté qui traque Maximilian Krah va prendre chaque mot que j’ai dit dans cette interview et essayer de le retourner à l’opposé. Souvenez-vous seulement que ma langue maternelle n’est pas l’anglais [NdT : et que cette version française est une traduction de l’interview anglaise]. L’anglais est une deuxième langue pour moi. Mais je pense que chacun a un certain sens de l’honnêteté et sera capable de comprendre ce que j’ai essayé d’exprimer. Je suis simplement un mari catholique, et un père qui essaye de vivre sa Foi et de faire de son mieux.