31 juillet 2018

[Abbé Lorans, fsspx - Nouvelles de Chrétienté] Qui est le nouveau Supérieur général ?

SOURCE - Abbé Lorans, fsspx - Nouvelles de Chrétienté - aout 2018

Au lendemain de son élection à la tête de la Fraternité Saint-Pie X, plusieurs s’interrogent : qui est le nouveau Supérieur général ? Certes un communiqué officiel a donné son âge, sa nationalité, les différentes charges qui lui ont été confiées depuis son ordination, mais les journalistes disent qu’il est différent de son prédécesseur.


A cela l’abbé Davide Pagliarani avait répondu dans un entretien accordé, en 2011, au site du district d’Italie dont il était le supérieur : « Comme dans toute société humaine, il existe dans la Fraternité aussi des nuances et des sensibilités différentes entre les différents membres. Penser qu’il puisse en être autrement serait un peu puéril. Pourtant je crois que l’on tombe facilement dans des simplifications lorsque l’on perd la sérénité du jugement, ou lorsque l’on s’exprime en s’appuyant sur des jugements tout faits : on finit alors par créer des partis pour pouvoir y caser sans discernement les uns plutôt que les autres.
   
« Les membres de la Fraternité comprennent clairement que l’identité de leur congrégation est établie sur un axe défini et précis qui s’appelle la Tradition : c’est sur ce principe, universellement partagé au sein de la Fraternité, qu’est construite l’unité de la Fraternité elle-même. Et je pense qu’objectivement il est impossible de trouver un principe d’identité et de cohésion plus fort : c’est justement cette cohésion de base sur l’essentiel qui permet aux membres d’avoir des nuances différentes sur tout ce qui est sujet à discussion. »

Oui, mais quelle est sa position sur les relations avec Rome ? Les observateurs disent qu’il y est opposé. Là aussi, l’abbé Pagliarani avait répondu dans le même entretien : « La situation canonique dans laquelle se trouve actuellement la Fraternité est la conséquence de sa résistance aux erreurs qui infestent l’Eglise ; par conséquent, la possibilité pour la Fraternité de s’approcher d’une situation canonique régulière ne dépend pas de nous, mais de l’acceptation par la hiérarchie de la contribution que la Tradition peut apporter à la restauration de l’Eglise. »

Et de préciser : « l’esprit romain avec lequel la Fraternité veut servir l’Eglise romaine (consiste à) faire tout le possible pour que l’Eglise se réapproprie sa Tradition, à commencer par Rome elle-même. L’histoire de l’Eglise nous enseigne qu’aucune réforme universelle, efficace et durable n’est possible, si Rome ne fait pas sa propre réforme et si la réforme ne part pas de Rome. »

Les prochains mois diront aux journalistes pressants et aux observateurs pressés si cette analyse de l’abbé Pagliarani est toujours celle du nouveau Supérieur général, ou si c’est un autre qui a été élu à la tête de la Fraternité Saint-Pie X... Les prêtres et les fidèles attachés à la Tradition ont déjà la réponse.

Abbé Alain Lorans

[Constance Vilanova - La Croix] Au Puy-en-Velay, polémique autour d’une chapelle rachetée par des lefebvristes

SOURCE - Constance Vilanova - La Croix - 30 juillet 2018

La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X a racheté l’ancienne chapelle de la Visitation du Puy-en-Velay. Cet ancien tribunal révolutionnaire se situe en plein cœur de la cité mariale.

L’opposition au Conseil municipal a écrit au préfet de Haute-Loire pour l’interpeller.

Place de la Plâtrière, l’affaire est plus qu’une querelle de clocher. Laissée à l’abandon depuis plusieurs années, l’ancienne chapelle du couvent de la Visitation du Puy-en-Velay a été rachetée. Elle affiche depuis mi-juillet un permis de construire au nom de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), fondée par Mgr Lefebvre, chef de file des opposants au Concile Vatican II.

Située sur un point de départ du chemin de Saint-Jaques-de-Compostelle, chef-lieu de la célébration du très rare Jubilé du Grand Pardon, la commune du Puy est un choix stratégique pour les lefebvristes.

« Historiquement, le lieu est plus important que Lourdes. Le jubilé en 2016, nous a donné l’opportunité de sensibiliser nos fidèles à ce projet », a ainsi déclaré à L’Éveil, quotidien de la Haute-Loire, le père Pierre Barrère, qui porte le projet depuis le prieuré Saint-François-Régis-d’Unieux, dans la Loire.

Sur le site Internet dédié au projet de rachat lancé il y a deux ans, la Fraternité a publié un appel aux dons en ligne lui permettant d’acquérir le bâtiment. Des fonds seraient encore nécessaires pour sa réhabilitation. En dénonçant la transformation des églises « en mosquée, fast-food, en bar ou salle des fêtes », la FSSPX revendique vouloir « rendre au culte les églises menacées de disparition ». Mais la désacralisation des édifices catholiques n’est pas son unique cheval de bataille.
Lieu de mémoire anti-révolutionnaire
La communauté lefebvriste compare la région du Velay à une « seconde Vendée ». À l’abandon après 1789, la chapelle a été un tribunal révolutionnaire. À la fin du XVIIIe siècle, des chouans du Velay y furent jugés et exécutés avec des prêtres réfractaires. « L’histoire de cette chapelle nous plonge au cœur de la résistance catholique et royaliste », est-il affirmé sur le site Internet du projet. « Elle est un symbole de résistance face à un état d’esprit qui veut s’attaquer à Dieu », a déclaré le père Barrère à L’Éveil.

Mais ce rachat est loin de plaire à l’opposition au Conseil municipal de la commune de 18 000 habitants. Préoccupés, quatre élus ont adressé, le 18 juillet, une lettre au préfet de Haute-Loire. « L’installation de cette secte catholique intégriste au Puy-en-Velay n’est pas anodine et pourrait engendrer des troubles à l’ordre public. Sur son site Internet, la FSSPX ne cache pas sa sympathie pour P. Pétain, qu’elle qualifie de "grande figure de la foi catholique" », y est-il décrié.
« Un rachat révélateur des cercles proches de Laurent Wauquiez »
Laurent Johanny, élu de gauche et signataire du courrier, explique que cette vente est révélatrice de la politique de Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et ancien maire du Puy-en-Velay.

« Dans sa politique nationale, il fait graviter autour de lui des cercles traditionalistes et ce rapprochement résonne à l’échelle locale », affirme-t-il à La Croix tout en disant rester assez lucide sur l’impact de cette lettre, l’achat ayant déjà été acté. Contactée à plusieurs reprises, la mairie du Puy-en-Velay n’a pas souhaité répondre.

Du côté de la FSSPX, l’accord avec la commune relève du bon sens. « La mairie voulait éviter une modification de l’aspect extérieur du bâtiment, explique le père Loïc Duverger, assistant supérieur de la Fraternité et responsable des achats. Des fidèles de la FSSPX étaient déjà présents au Puy et célébraient dans une salle prêtée. Il est important pour eux d’avoir un lieu de culte et la ville draine beaucoup de monde l’été. »

Le diocèse du Puy-en-Velay affirme ne pas pouvoir réagir à cette installation, à deux pas de la cathédrale. « L’évêque du Puy n’a aucune autorité canonique sur la FSSPX. Nous ne pouvons ni encourager, ni nous opposer à ce projet », a répondu le vicaire général, le père Emmanuel Dursapt. Quant à la possibilité de voir cette nouvelle paroisse attirer des fidèles rattachés à l’Église catholique, il tempère : « Faisons confiance aux gens. À ce jour, ne soyons pas générateurs d’inimitiés inutiles. »

[François Chasseriau - Diocèse de Bourges] Deux ordinations à venir!

SOURCE - François Chasseriau - Diocèse de Bourges - 20 juillet 2018

Vendredi 10 août prochain à 9h30, deux frères de Fontgombault, frère Benoît Margottin et frère Guillaume d'Argouges, seront ordonnés respectivement diacre et prêtre au sein de l'abbaye. Nous avons pu les rencontrer en parler de cet événement avec eux.
François Chasseriau (F.C.) - Comment est survenue votre vocation ? Avez-vous ressenti le besoin d'être religieux puis prêtre ? L'inverse ? Comment cela s'est-il passé ?

Frère Benoît Margottin (fr. B.M.) - Dès le départ, le Seigneur Dieu m'attirait vers l'Autel. Au cours des années, il y a un désir plus profond d'entrer dans la vie bénédictine qui est venu. Il faut savoir qu'on entre au monastère non pas pour être prêtre mais pour être donné totalement à Dieu. Cependant, dans notre vie monastique, le père abbé peut nous appeler au nom de l'Église à devenir diacre ou prêtre. On peut donc vivre le sacerdoce dans le mode propre de notre vie monastique.

Frère Guillaume d'Argouilles (fr. G.d'A.) - Pour ma part, je crois que lorsque j'étais enfant, l'autel m'attirait de la même manière et je le ressentais de manière très naturelle sans vraiment en avoir conscience. Puis les années ont passées. J'ai fait mes études, j'ai travaillé, puis au bout de quelques années de vie professionnelle, la question de la vie religieuse s'est imposée à moi. J'ai vraiment senti que le Seigneur m'appelait à devenir moine ici, à Fontgombault. Il n'était pas vraiment question de devenir prêtre ou pas prêtre, c'était vraiment entrer au monastère. Le discernement m'a fait avancer dans la voie du sacerdoce dans laquelle le père abbé m'a appelé.

F.C. - Y-a-t-il un intérêt à être prêtre en plus d'être religieux ?

Fr. B.M. - Être prêtre c'est avant tout un service qui se manifeste dans la célébration de la messe. C'est une richesse pour l'Église qui est offerte. On rend gloire à Dieu en célébrant la messe et des grâces abondantes se répandent dans toute l'Église à travers la célébration de la messe. Aussi, dans notre vie de moine, on est amenés à demeurer près du Seigneur dans cette intimité. Cette célébration de la messe est très précieuse pour notre vie spirituelle.

Fr. G.d'A. - La vocation monastique et la vocation sacerdotale sont vraiment différentes mais sont complémentaires. Le sacerdoce se marie tellement bien avec la vocation monastique que les deux s'appuient l'une sur l'autre pour donner au moine prêtre de progresser toujours plus dans son union avec le Seigneur. Cela lui permet également d'exercer une forme d'apostolat très discrète pour nous qui sommes contemplatifs. Notre apostolat c'est la liturgie, la célébration de l'eucharistie dont bénéficient les fidèles, qui parfois sont de passage, qui assistent à un office et qui vont se laisser porter par le Seigneur. Il n'y a qu'à voir l'assistance le matin. Les prêtres ont la coutume de dire leur messe de très bonne heure, vers 7h du matin. C'est un moment extraordinaire qui se passe dans le silence de la nuit. Beaucoup de gens sont très fidèles pour l'assistance à ces grâces qui leur sont données à ce moment-là.

F.C. - Est-ce essentiel pour une communauté religieuse d'avoir un ou plusieurs prêtres ?

Fr. G.d'A. - Historiquement, le monachisme a commencé avec très peu de prêtres. Des communautés extrêmement nombreuses n'avaient qu'une poignée de prêtres. A Fontgombault, aujourd'hui, la moitié des moines sont prêtres environ. Il y a vraiment une grande complémentarité qui se retrouve le matin. Chaque moine prêtre dit la messe avec l'assistance d'un servant qui est moine lui aussi et qui va, dans ce "binôme", se soutenir. Il y a cet aspect fraternel qui se renforce encore à ce moment-là.

Fr. B.M. - En effet, il y avait très peu de prêtre au début dans la communauté bénédictine. Saint Benoît évoque dans sa règle : "Le père abbé pourra élever un moine au sacerdoce en vue de donner les sacrements pour les frères". Il semble qu'ils étaient peu nombreux. Notre bienheureux père souligne que ce service du sacerdoce donné à tel frère sera une occasion de grandir de plus en plus dans le Seigneur. Il ne devra pas s'en enorgueillir mais il demande d'avantage d'humilité.

F.C. - Comment se passe votre formation en vue de l'ordination sacerdotale ? Sortez-vous de l'abbaye pour suivre des cours ou les professeurs viennent-ils à vous ?

Fr. B.M. - Nous avons cette très grande grâce de suivre notre formation monastique et sacerdotale au monastère. Pour cela, tous nos lecteurs (= nos enseignants) sont des pères de la communauté qui, pour la plupart, ont poursuivi des études à l'ISTA à Toulouse. Nous avons une formation qui se suit sur sept ans, trois années de philosophie suivies de quatre années de théologie. Cette formation est vraiment très unie à notre vie contemplative. Ce qu'on nous enseigne au monastère, on essaye de le vivre au quotidien de notre vie monastique.

Fr. G.d'A. - Je n'ai pas grand-chose à ajouter si ce n'est que notre formation est adaptée à notre vie monastique. Contrairement à une formation dans un séminaire diocésain, nous n'avons pas de stage d'apostolat. Tout l'aspect apostolique de la formation qu'un futur prêtre diocésain reçoit au séminaire est adapté pour notre vie monastique. Il y a donc certains aspects que nous développons un peu moins.

F.C. - Avez-vous prévu quelque-chose de particulier avec votre famille pour le jour de votre ordination ?

Fr. B.M. - Dès que j'ai pu j'ai annoncé la bonne nouvelle à la famille pour qu'elle vienne se réunir ce jour de grâce. Je leur aussi demandé des prières pour que je me prépare à bien recevoir cette grâce du diaconat. Je sais qu'ils répondront présents à cet appel.

Fr. G.d'A. - Nous avons cette chance dans la communauté monastique, comme tout le monde d'ailleurs, de nous préparer aux ordinations par un temps de retraite spirituelle. En fait, pour nous, moines, la préparation à l'ordination se concrétise par un effort de fidélité dans notre observance. On se prépare graduellement. C'est par la prière qui s'intensifie que les liens avec la famille et les proches se nouent fortement dans le silence. Quand les proches arrivent à l'hôtellerie avant l'ordination, ils ne voient pas le futur ordinant qui, lui, est en retraite. La joie éclate après l'ordination quand on se retrouve tous ensemble. On se rend compte à ce moment-là que la séparation a permis aux liens de se renforcer car on est on est obligés de s'élever pour passer au-dessus du mur de clôture.

François Chasseriau

29 juillet 2018

[Abbé Pierre Barrère, fsspx - Le Pélican] Il y a 30 ans: les sacres de Mgr Lefebvre

SOURCE - Abbé Pierre Barrère, fsspx - Le Pélican - juin-juillet-août 2018

Il y a trente ans Mgr Lefebvre a voulu réaliser l'opération survie de l'Église en conférant l'épiscopat à quatre prêtres non infectés par les doctrines révolutionnaires et modernistes.

Pour mieux comprendre l'acte posé par l'évêque le 30 juin 1988, divisons cet exposé en deux parties: 1- Avant les sacres. 2 - Après les sacres. Nous verrons alors que les choses ont bien évolué depuis, mais le problème essentiel de la crise de la foi dans l'Église demeure – c'est évident surtout avec un pape tel que François qui n'a pas du tout les états d'âme d'un Benoît XVI dans ses réformes. Il ne semble pas, à vue humaine, que l'on soit proche de trouver une solution satisfaisante. Cependant Dieu peut tout.
I- Avant les sacres de 1988, qu'en est-il de l'Église? 
Rappelons tout d'abord que, en raison du Concile Vatican II, mais aussi avec la nouvelle messe (1969) et jusque tard dans les années 80, les évêques en place abandonnent la Tradition. Non seulement ils l'abandonnent, mais ils la combattent. Non seulement ils la combattent dans sa doctrine (nouveau Credo, nouveau catéchisme, nouveau Notre Père) mais dans tous ses symboles: abandon du latin, de la soutane, des autels remplacés par des tables (retrait du tabernacle), du chant grégorien, de la pratique du chapelet, des processions du Saint Sacrement, changement des rites de tous les sacrements...etc.)
 
C'est le grand chambardement: ceux qui ont vécu cette période disent alors: " On nous change notre religion ". Les prêtres qui veulent demeurer fidèles à la messe de leur ordination sont mal vus et bien souvent ils sont relégués dans des lieux obscurs où ils ne pourront plus témoigner et transmettre ce qu'ils ont reçu - ou alors - ils sont chassés de leur paroisse surtout s'ils ont le courage de s'opposer publiquement aux directives nocives pour la foi qu'ils jugent inacceptables en conscience (c'est le cas de l'abbé Coache).
 
La messe de Saint Pie V est alors - de fait - interdite. Le Pape Paul VI ne tiendra aucun compte des critiques liturgiques et théologiques signées par les cardinaux Ottaviani et Bacci contre la nouvelle messe (cf.: " Bref examen critique du N.O.M "): pourtant c'est avec force que ces cardinaux concluent leurs arguments: " La nouvelle messe s'éloigne de façon impressionnante dans l'ensemble comme dans le détail de la théologie catholique de la sainte messe." Paul VI ne tiendra aucun compte également de la pétition de six mille prêtres espagnols qui, sans refuser le nouveau missel, réclament la possibilité de garder l'ancien plus conforme, selon eux, à la foi catholique parce que, disent-ils, les protestants n'en veulent pas tandis qu'ils veulent bien du nouveau missel.
 
Mgr Lefebvre – mis à la retraite - fonde son séminaire en 1970 avec approbation de Rome et sur la demande de séminaristes qui constatent que même dans les séminaires les plus prestigieux l'enseignement est devenu marxiste. Le drapeau rouge flotte au séminaire français de Rome. Saint Thomas n'est plus le Maître qui doit guider les études dans les séminaires et universités catholiques comme les papes jusqu'à Jean XXIII inclus l'ont tant de fois réclamé.
 
Mgr Lefebvre veut assurer une formation traditionnelle sur tous les plans: philosophique, théologique, liturgique, biblique... etc. Très vite cela se sait. Les vocations affluent à Écône alors que les séminaires qui appliquent le concile et abandonnent toute discipline se vident. En moins de quatre ans l'épiscopat français en particulier s'émeut de ce succès et décide de s'insurger contre l'œuvre naissante de la Fraternité Saint-PieX qui refuse les nouveautés. Mgr Etchegaray, parle contre toute justice de ‘séminaire sauvage’: la guerre contre la tradition est désormais déclenchée. Mgr Lefebvre va donc devoir exprimer de plus en plus fort son opposition au Concile « le plus grand désastre de toute l'histoire de l'Église » ; il dénonce sans relâche la nouvelle messe, ‘messe de Luther’, il conjure prêtres et fidèles de garder la fidélité à la tradition: " Nous refusons...et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s'est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues." (déclaration 1974) Il est montré comme un rebelle au pape. Qu'importe les calomnies. Sur pression de l'épiscopat français Paul VI (1963-1978) va s’impliquer personnellement.
 
En 1976 le pape interdit à Mgr Lefebvre d'ordonner des prêtres mais il dira: « Si vous acceptez de célébrer la nouvelle messe tout ira bien ». Refus de l'évêque. Il ne veut pas cautionner la destruction de l'Église en germe dans cette ‘messe’ et le désastreux concile. Il continue de former des prêtres comme il l'a toujours fait dans l'Église depuis qu'il est évêque. Il n'a jamais été sanctionné pour cela mais félicité et même promu - il est vrai cependant - c'était avant Vatican II. Le pape Paul VI le frappe d'un première peine canonique: suspens a divinis! Normalement il ne doit plus célébrer la messe et donner les sacrements, surtout l'ordre qui perpétue les prêtres. Mgr Lefebvre répondra aux jounalistes avec humour " Je n'ai jamais célébré ni voulu célébrer la nouvelle messe ; je n'ai jamais donné les sacrements modernistes: je suis en plein accord avec le pape qui m'interdit toutes ces choses." (note: ici la citation n'est pas absolument exacte mais le sens y est )
 
En 1983 il écrit au cardinal Ratzinger " L’usage de cette messe œcuménique fait acquérir une mentalité protestante, indifférentiste, mettant toutes les religions sur un pied d'égalité à la manière de la déclaration sur la liberté religieuse, avec pour base doctrinale les droits de l'homme, la dignité humaine mal comprise, condamnée par Saint Pie X dans la lettre sur le Sillon."
 
Autre chose. Alors les prêtres qui portent la soutane et les religieuses qui gardent leur habit sont moqués par ceux qui ont tout lâché pour prendre l'esprit du monde. Quant à ceux qui refusent les changements et les nouveautés doctrinales, surtout l'œcuménisme ou la liberté religieuse, ils sont traités de fanatiques, d'intégristes. Rappelons ici pour mémoire: l'œcuménisme a été très officiellement condamné par le pape Pie XI en 1928 dans l'encyclique ‘Mortalium animos’. Par la suite, il est vrai, il a été ‘canonisé’ par le pape Jean-Paul II à Assise avec la réunion de toutes les fausses religions pour prier pour la paix en 1986.
 
Disons-le ici: C'est l'œcuménisme enseigné et pratiqué par les papes conciliaires et avec la connivence ou, du moins, la passivité des évêques du monde entier qui a été le signe majeur et non équivoque pour Mgr Lefebvre que l'Église officielle était entrée en rupture avec sa Tradition constante et son passé doctrinal le plus authentique (cf: les encycliques des papes du 19e et première moitié du 20e siècle donnent la doctrine sûre et éclairent toute la controverse avec les modernistes d'aujourd'hui).
 
Désormais le dogme bien connu ‘hors de l'Église point de salut’ est oublié ou effacé et c'est le contraire qui est publié partout mais surtout dans les paroles et les actions mêmes des papes. Rappelons-nous le catéchisme élémentaire: l'Église est la seule épouse du Christ, le Christ ne peut pas être adultère en acceptant d'autres religions, d'autres épouses: l'œcuménisme est antichrist.
 
Désormais Mgr Lefebvre est fixé. Il sait ce qu'il doit faire. Ne pas agir c'est contribuer avec les autres à la destruction de la foi - il ne veut pas endosser une telle responsabilité lorsqu'il devra rendre des comptes au Seigneur lors du jugement ‘cum vix justus sit securus’ Il va sacrer sans autorisation du pape ou plutôt contre l'ordre formel d'un pape promoteur de l'œcuménisme - Jean-Paul II - nouveau saint de l'Église conciliaire depuis le pape François.
 
Les interdictions du droit ecclésiastique ne s'appliquent plus dans cette circonstance - c'est trop net - on ne peut se servir du droit canon contre le bien des âmes: prima lex salus animarum: la première loi c'est le salut des âmes. Il faut garder la foi et ne pas professer l'œcuménisme qui est intrinsèquement contre la foi. Tous les saints en particulier les martyrs ont confessé la foi de l'unique et véritable Église qui n'a jamais été œcuménique.
 
La juridiction que Mgr Lefebvre revendique alors est une juridiction de suppléance qui découle du chef de l'Église qui défaille - en l'occurrence Jean Paul II - à l'évêque ou aux évêques (Mgr de Castro Mayer a voulu être présent aux sacres) qui ne défaille (nt) pas. Il y a donc approbation totale de l'Église. Avez-vous le mandat? Dit la liturgie du sacre. Nous l'avons, dit Mgr Lefebvre. C'est clair sauf pour les aveugles qui perdent la foi!
 
Mgr Lefebvre ne se constitue donc pas chef d'une Église parallèle, il veut accomplir son ministère d'évêque et pérenniser autant qu'il dépend de lui la Tradition confiée à la charge du pape et des évêques.
 
Lors des sacres Mgr Lefebvre donnera un bon résumé de la situation de l'Église en 1988: il établit alors un constat que les historiens ne pourront que confirmer dans l'avenir s'ils sont honnêtes:
 
« Quels sont les évêques qui ont gardé vraiment la Tradition, qui ont gardé les sacrements tels que l'Église les a donnés pendant vingt siècles jusqu'au concile Vatican II? Eh bien Mgr Castro Mayer et moi-même. Je n'en puis rien. C'est comme ça. Donc beaucoup de séminaristes se sont confiés à nous et ont senti qu'il y avait là la continuité de l'Église, la continuité de la Tradition. Ils sont venus dans nos séminaires malgré les difficultés qu'ils ont rencontrées, pour recevoir une véritable ordination sacerdotale et pour pouvoir offrir le vrai sacrifice du Calvaire, le vrai Sacrifice de la messe et vous donner les vrais sacrements et la vraie doctrine, le vrai catéchisme. Voilà le but de ces séminaires. » Et encore: " Vous savez bien qu'il ne peut y avoir de prêtres sans évêques. Tous ces séminaristes qui sont ici présents, si demain le Bon Dieu me rappelle – ce sera sans doute sans tarder – de qui ces séminaristes recevront-ils le sacrement de l'Ordre, des évêques conciliaires dont les sacrements sont tous douteux parce que l'on ne sait pas exactement quelles sont leurs intentions! Ce n'est pas possible."
II- Après les sacres de 1988. 
Nous arrivons à une deuxième étape, elle apporte des changements significatifs et même de la confusion. Il importe donc de juger avec discernement. Divisons en deux parties notre propos car deux nouveautés majeures apparaissent à cette date: 1- naissance d'une nouvelle race d'évêques ; 2- naissance d'une nouvelle race de traditionalistes.
 
1- Depuis 1988 - on peut le dire - une nouvelle race d'évêques conciliaires est née.

En effet depuis ce jour, un certain nombre d'entre eux célébrant habituellement " la messe de Luther " et admettant depuis 1965 (fin du concile) les pires incohérences doctrinales déjà condamnées par l'Église (œcuménisme, liberté religieuse) acceptent d'ordonner des prêtres dans le rite traditionnel avec messe de saint Pie V. C'est nouveau. Cela ne s'était pas vu depuis 1969. Une condition essentielle est demandée à ceux qui désirent une telle ordination: il faut qu'ils viennent de communautés bien séparées de Mgr Lefebvre et de sa Fraternité Saint-PieX (on s'en souvient, une condition similaire avait été exigée par Jean-Paul II en 1984 pour pouvoir célébrer - exceptionnellement - la messe saint Pie V.)
 
Quel avantage y a-t-il pour ces évêques modernistes à autoriser désormais une présence disons ‘traditionnelle’ dans l'Église conciliaire alors qu'ils l'ont farouchement combattue jusque-là au nom de leur concile? Est-ce que le concile est remis en question? La question vaut la peine d'être posée.
 
Le premier avantage saute aux yeux: c'est la division. Il faut diviser le bloc de résistance qui s'était solidement constitué autour de Mgr Lefebvre depuis les années 70 avec des personnalités importantes comme dom Gérard – Jean Madiran. Mgr Lefebvre - rappelons-le – était le nom le plus connu et souvent perçu par tous - comme le seul à maintenir la tradition. Sans doute il était facile de critiquer cet isolement et d'en rire mais sa réputation d'évêque sérieux dans son agir était difficilement attaquable. Si  son mouvement restait uni et même venait à prendre de l'ampleur, c'était prendre le risque de faire de lui un champion de la foi, une sorte de saint Athanase qui maintient seul la foi alors que tout sombre. Déjà la comparaison était dans toutes les pensées.
 
Donc on comprend: En autorisant ces traditionalistes ralliés, en leur donnant une certaine autonomie, Rome et les évêques font croire à tous que l'Église conciliaire n'est pas en rupture avec la Tradition. « Nous accueillons des traditionalistes, donc nous ne sommes pas contre la Tradition » semblent-t-ils dire. C'est habile il faut le reconnaître. Ce qui a précédé le concile, disent les conciliaires, est une forme de sensibilité toujours valable et il y aura toujours une place pour les minorités nostalgiques du passé, mais l'Église universelle doit suivre ‘le sens de l'Histoire’ et c'est le dernier concile qui nous le montre: on n'a pas le droit de s'y opposer.
 
Deuxième avantage: En divisant ce bloc homogène traditionnel créé autour de Mgr Lefebvre ils désamorcent le très fort reproche que la Tradition fait à l'Église conciliaire. Regardez ces ‘traditionalistes’, ils se rallient à Rome conciliaire. Ils cautionnent - au moins implicitement - les grands principes de celle-ci (liberté religieuse, œcuménisme, collégialité), principes contraires à la foi. Du coup les évêques et Rome moderniste se trouvent rassurés ou déculpabilisés: ils n'ont pas à se repentir si l'Église va mal car il n'y a pas d'erreurs dans les réformes. La preuve? Des anciens disciples de Mgr Lefebvre formés dans la théologie traditionnelle sont là comme témoins et ils ne se plaignent pas de ses nouveautés doctrinales introduites en 1965. Il n'y a donc aucune raison de remettre en cause le concile qui demeure sauf: il suffit de bien l'interpréter (ce sera le thème préféré du cardinal Ratzinger et très cher à Benoît XVI). Ainsi le mal perdure mais c'est moins visible. Or nous savons que si la cause d'un désordre demeure, les effets s'en suivront nécessairement.
 
2- D'autre part, depuis 1988, une nouvelle race de traditionalistes est née. Les supérieurs des communautés ralliées ne ressentent plus aucun malaise à faire ordonner leurs membres par des évêques manifestement acquis aux utopies de Vatican II. L'avertissement tragique des sacres est oublié: ‘Si demain le bon Dieu me rappelle… de qui ces séminaristes recevront-ils le sacrement de l'Ordre, des évêques conciliaires dont les sacrements sont tous douteux parce que l'on ne sait pas exactement quelles sont leurs intentions? Ce n'est pas possible.’ Pour ces anciens disciples et pas des moindres: abbé Bisig, abbé Coiffet et plus tard abbé Aulagnier: c'est possible.
 
Mais alors quels avantages ces ‘traditionalistes’ ralliés trouvent-ils pour agir de la sorte? L'essentiel pour eux c'est d'avoir une reconnaissance légale. De fait, la légalité chez eux prime sur la foi. Grâce à cette reconnaissance de la Rome moderniste ils se trouvent en paix avec l'obéissance et ils peuvent attirer toute une catégorie de catholiques hésitants qui ont le cœur porté vers ce qui est traditionnel mais qui craignent de fréquenter la FSSPX à cause du décret d'excommunication qui agit comme un épouvantail. Beaucoup voient dans ce décret une séparation réelle non seulement avec le pape mais aussi avec la papauté. Ils ne se donnent pas la peine de réfléchir et les autorités conciliaires le savent bien.
 
En résumé et grosso modo nous observons donc depuis un peu avant 1990, d'un côté des modernistes qui ne méprisent pas des traditionalistes, d'un autre côté des traditionalistes qui veulent bien s'entendre avec des modernistes. Il semble que l'on peut donc coopérer et marier deux choses qui se sont combattues farouchement: N'est-ce pas magnifique?
 
Ne nous y trompons pas, chers fidèles: cette alliance n'est possible qu'entre les modernistes modérés et les traditionnalistes mous ou, si vous préférez, entre personnes qui ne poussent pas les doctrines jusqu'au bout. Mais les doctrines ont leur logique propre et tôt ou tard l'une l'emporte sur l'autre et s’impose. Il s'agit donc d'une entente dans l'inconséquence: on ne regarde pas la contradiction mais on cherche à établir un modus vivendi acceptable en pratique. Chacun pense qu'avec le temps les choses évolueront dans le bon sens car Dieu veille sur son Église qui ne peut pas périr. Mais personne n'ose vraiment dire de quelle Église parle-t-on comme si la Rome néomoderniste – celle que Mgr Lefebvre a déclaré avoir toujours refusé - pouvait être toujours l'Église.
 
Il y a là quelque chose de significatif et qui doit éclairer les fidèles en leur montrant du doigt où se trouve le libéralisme dangereux et dissolvant de la foi. Le libéralisme comme chacun sait est un mélange de principes bons et mauvais que chaque conscience individuelle dose à sa guise: un peu plus vous êtes moderniste, un peu moins vous ressemblez à un traditionaliste. Le libéralisme n'est pas l'acceptation de l'hérésie à l'état brut mais c'est tout de même trouver un terrain d'entente avec les doctrines hérétiques pour avoir la paix.
 
Récemment nous avons l'illustration de cette réalité à Bordeaux: « le 11 novembre 2017 à l'église saint Bruno desservie par la Fraternité Saint Pierre, en présence du cardinal J-P Ricard, archevêque de la ville, s'est tenu ‘une journée pour la paix’. La ‘pasteur’ de "l'Église protestante unie" s'était jointe à cette manifestation en surplis: Mme Valérie Mali, est une ‘grosse pointure’ qui se vante d’avoir ‘béni’ les premières unions homosexuelles de la ville. Dans le chœur était aussi présent l'abbé Benoît de Giacomoni, de la Fraternité Saint Pierre. Il ne s'agissait pas d'une sorte de ’raté’ mais d'un choix véritable, assumé de manière responsable par les ‘dirigeants’. C'était en effet une ‘messe catholique’ œcuménique, et par ailleurs il fallait maintenir de bons rapports avec le cardinal-archevêque demandeur. » (Fideliter n°242 J-P Dickès)
 
Avec Mgr Lefebvre nous continuons à dire qu'il ne faut pas se contenter d'un catholicisme de façade ou en trompe l'œil. Peut-on conserver tout l'extérieur de la tradition et être œcuméniste façon Jean-Paul II à Assise. La réponse catholique est non; la réponse catholibérale est oui. Peut-on dire être pour le règne du Christ et démolir les États catholiques (les nouveaux concordats signés par Jean-Paul II ont réalisé cela) ou détruire les familles catholiques (promouvoir les unions contre nature)? La réponse catholique est non; la réponse catho-libérale est oui. Les communautés traditionnelles qui ont fait alliance avec Rome moderniste font croire que leur combat est légitime et bon, il n'est que légal et mauvais (comme la loi sur l'avortement). Ils font fausse route: in fine il se fera plus de mal que de bien car ils sont en train de former des générations de libéraux: le cas de Bordeaux le prouve. Si la Fraternité Saint-Pie-X suivait ce chemin, cela prendra certes du temps, mais les résultats seront les mêmes.
 
Terminons par deux citations: ‘Il existe un mal pire et plus meurtrier que la persécution, c'est l'empoisonnement perfide de la mentalité.’ saint Cyprien. Bossuet dans son commentaire de l'Apocalypse fait remarquer dans l'Église deux sortes de persécutions: "La première a son commencement dans l'empire romain, où la violence devait prévaloir, la seconde à la fin des siècles où sera le règne de la séduction."
 
Abbé Pierre Barrère

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Chapitre Général – I

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 28 juillet 2018

Dès qu’échouent les chefs, ils ne sont qu’à virer.
Donc pour quelle raison seraient-ils rappelés ?

Le dernier Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X, le quatrième comportant des élections (1982, 1994, 2006 et 2018), s’est terminé samedi dernier en Suisse, à Écône. L’événement a été suivi avec intérêt dans de nombreux milieux, car la Fraternité, fondée en 1970, est devenue en quarante ans un des plus importants bastions de la foi catholique, réagissant ainsi au travail de sape ouvertement mené depuis le Concile Vatican II (1962–1965). Cependant, au cours des 20 dernières années, la Fraternité a donné de plus en plus clairement des signes indiquant un changement de cap. À mesure qu’elle s’éloignait des positions de son fondateur, Mgr Lefebvre, elle s’est de plus en plus montrée en accord avec les responsables conciliaires de l’Église. On attendait donc du Chapitre Général qu’il indiquât la direction qu’allait prendre la Fraternité.

En principe, le détail du déroulement d’un Chapitre, tout comme celui de l’élection d’un Pape, n’est pas destiné à être rendu public. Toutefois, à l’issu du Chapitre, certaines déclarations et quelques décisions ont été rendues publiques. Il s’agit de la Déclaration officielle du Chapitre indiquant la politique à venir. Elle s’aligne sur cette autre déclaration bien connue de Mgr Lefebvre de novembre 1974, “ reprise dans son intégralité”. Cependant, comme l’a clairement montré le site Non Possumus en publiant l’intégralité véritable de cette déclaration de guerre contre la nouvelle religion de Vatican II, le Chapitre a choisi délibérément de ne citer que les passages les plus pacifiques. Voilà qui n’est guère prometteur pour la poursuite de la guerre sainte de l’Archevêque contre la terrible apostasie de Vatican II.

Bien sûr, Mgr Lefebvre était avant tout intégralement catholique. Il était donc anti-conciliaire. C’est pourquoi sa déclaration de guerre contient des passages pacifiques. Mais, comment la vérité peut-elle être aimée sans la haine de l’erreur ? L’esprit anti-conciliaire découle immédiatement et nécessairement de l’amour du catholicisme. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle des multitudes de vrais catholiques ont suivi la Fraternité et son fondateur qui dénonçaient clairement et ouvertement l’apostasie des officiels de l’Église. Sous sa direction, le séminaire d’Écône comptait autrefois plus d’une centaine de séminaristes, et des milliers de personnes assistaient chaque été à l’ordination d’une douzaine de nouveaux prêtres. Par contre, en juin de cette année, on estimait à 450 ceux qui ont assisté à l’ordination de trois nouveaux prêtres sur une quarantaine de séminaristes. Les catholiques votent avec leurs pieds – et ferment leur portefeuille – contre la Néo-fraternité.

Quant aux actions publiques du Chapitre, qui parlent toujours plus fort que les paroles, on retiendra l’élection d’un nouveau Supérieur Général et de deux nouveaux Assistants. Il faut féliciter les membres du Chapitre d’avoir déposé le Supérieur Général et les Assistants précédents, car ces derniers s’étaient évertués depuis 12 ans à changer l’orientation de la Fraternité dans l’espoir d’obtenir une reconnaissance officielle de la part des apostats romains. Cette reconnaissance n’a pas été obtenue, mais la Fraternité a été au passage sérieusement affaiblie et ses meilleurs prêtres désorientés. Et maintenant, quels nouveaux dirigeants le Chapitre a-t-il choisis de mettre à leur place ? Les deux nouveaux Assistants ont été de fidèles collaborateurs du précédent Supérieur Général, d’accord avec sa politique cherchant à gagner la faveur de la Rome conciliaire. Était-ce pour le bien commun de la Société ? Mais quel bien commun catholique a jamais été opposé à la Foi ? Quant au nouveau Supérieur Général, il ne sait peut-être pas lui-même ce qu’il voudra faire en tant que Supérieur, car Dieu seul sait avec certitude ce qu’un homme fera quand il accédera au pouvoir. Souvent il décevra, parce que « Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument » (Lord Acton) – mais un nouveau chef peut aussi surprendre en bien. L’abbé Pagliarani a certainement besoin de nos prières.

À cet égard, cependant, la dernière action publique du Chapitre a claqué comme un coup de tonnerre. Juste avant la fin du Chapitre, on a voté pour ajouter au Conseil de la Fraternité, composé du Supérieur Général et de ses deux Assistants, deux autres “Conseillers” supplémentaires. De qui s’agit-il ? Des deux derniers Supérieurs de la Fraternité : l’abbé Schmidberger (1982–1994), et Mgr Fellay, qui, entre 1994, année de sa première élection, et 2018, lorsqu’il fut enfin détrôné, a été le principal artisan de l’affaiblissement et du déclin de la Fraternité ! A quoi bon rappeler l’évêque Fellay et son plus proche collaborateur, l’abbé Schmidberger et les placer près du trône ? Est-il sage de la part d’un Supérieur de tolérer que son prédécesseur traîne encore aux alentours pendant 12 ans ? A quoi le Chapitre a-t-il pensé en agissant ainsi ? Quoi qu’il en soit, c’est un très mauvais signe si la Fraternité doit aimer la vérité et détester l’erreur.

Kyrie eleison.

27 juillet 2018

[Abbé Henri Vannier - (libre courrier)] "Pour répondre à certains propos tenus imprudemment..."

SOURCE - Abbé Henri Vannier - (libre courrier) - 27 juillet 2018

Pour répondre à certains propos tenus imprudemment, faut-il en appeler à la mesure et au bon sens, en faisant remarquer que la Tradition de l’Église appartient naturellement à l’Église en son Corps divinement constitué et non exclusivement à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, même si l'œuvre de Monseigneur Lefebvre, de pieuse mémoire, contribue à redonner à la Tradition liturgique et doctrinale héritée de nos Pères dans la Foi, sa place essentielle et incontournable  au sein de la vie de l’Église.
  
Toute vraie fidélité à la divine Tradition s'inscrit nécessairement au cœur du Mystère de l’Église dans ses deux dimensions institutionnelle et charismatique : on ne peut séparer l’Église Société hiérarchisée instituée par Jésus Christ et l'Action du Saint Esprit : "Hors de l’Église, pas de Salut". Revendiquer une fidélité absolue ou une religion pure et sans tâche au nom de la Foi seule, tout en protestant systématiquement contre la Communion hiérarchique du Corps ecclésial, entraîne fatalement un repli sur soi communautaire et idéologique, car, même en commençant par invoquer ce que l’Église a toujours cru et enseigné, par la suite, que deviennent les critères de vérité et le principe d'autorité? Comment peut-on s'attacher coûte que coûte à la divine Tradition et en couper le lien sacré?
  
Vous qui, aujourd'hui, tenez à la sainte Tradition de toutes vos forces, quelle garantie et quelle assurance avez-vous de pouvoir continuer demain à transmettre l'intégralité de l'authentique Tradition en dehors de l'Institution ecclésiale et indépendamment du Successeur de Pierre auquel le Seigneur a confié l'édification de son Église?
   
   
Pour le moment, vous dites attendre que la hiérarchie se convertisse et corrige les erreurs issues du Concile Vatican II. Finalement, vous vous fiez davantage aux hommes plutôt que vous ne croyez au Saint Esprit! Pourtant, n'est-ce-pas par le retour de la Tradition à l'intérieur du Corps même de l’Église que doit être mené à bien le bon combat de la Foi? Non à l'extérieur.
  
Cessez donc, je vous prie fraternellement, de mettre la confusion dans l'esprit de vos fidèles en insinuant qu'il y aurait deux Églises : l’Église catholique, celle de la Tradition, et "l’Église conciliaire"! L’Église de Jésus Christ est Une, son unique autorité légitime réside au sein de la Succession Apostolique.
  

On a entendu dire que là où il y a la Fraternité, il y a l’Église!!! Mais il faudrait que la Fraternité entre pleinement dans la Communion visible de l'unique Église catholique. 
  
Il n'est pas question de nier la crise! C'est pourquoi justement, si la Sainte Église est occupée : allons-nous l'abandonner à ses occupants? Si elle est éclipsée, allons-nous refuser de témoigner en elle de la lumière de la Vérité? Si elle nous paraît entourée par le Mystère d'Iniquité : comment oublierions-nous qu'elle demeure l'Église de Dieu, Cité sainte et immaculée, Épouse bien-aimée du Seigneur, ayant les promesses de l’Éternité.

Barque du Salut, elle peut prendre l'eau de toutes parts mais elle ne coule pas. Ne pas la rejoindre, malheureusement, c'est s'exposer à s'égarer au loin, car, malgré la tempête contraire, elle avance et ne revient pas en arrière. Une fois la mer apaisée, elle colmatera les fuites, rejettera les erreurs, purifiera le cœur de ses disciples et reprendra de plus belle sa course. Serez-vous là au temps de la Relève?
   
   
En effet, ne voyez-vous pas se lever ici ou là une nouvelle génération de prêtres et de fidèles de bonne volonté qui se détournent des illusions modernistes pour se rapprocher de la Tradition avec un véritable élan de Foi et d'Amour de Dieu? En sortant de vos églises, vous pourriez aller à leur rencontre afin de leur offrir les trésors de doctrine et de piété que vous cultivez depuis près de cinquante ans. Enfouirez-vous la Tradition ou bien la ferez-vous paraître en plein jour de l’Église? À vous qui avez beaucoup reçu, il vous est demandé de donner à votre tour.
  
Comment par exemple ne pas se réjouir de voir tous ces jeunes prêtres désireux de célébrer la Messe traditionnelle? La Messe (lex orandi) contient la plus haute et la plus parfaite expression de la Foi catholique (lex credendi) : garde la Messe et elle te gardera dans la Foi ; prends la Messe et elle t'apprendra la Foi.
  
Ce pas en avant de votre Fraternité, pourquoi craignez-vous de le franchir, hommes de Foi? Non seulement vous en recevriez votre part entière à la Mission universelle de l’Église, mais surtout, vous seriez emportés par un souffle puissant de liberté renouvelant votre zèle intérieur pour la sainte Tradition. Vous prendriez peut être davantage en compte les multiples défis auxquels sont confrontés les Évêques au milieu d'un monde indifférent ou hostile, tandis que le clergé diocésain découvrirait la solidité de votre formation, le sérieux de votre discipline et la ferveur de votre générosité.
  
  
Avez-vous connu Monseigneur Lefebvre? Convenons ensemble qu'il est trop facile aujourd'hui de tirer de ses écrits, de ses déclarations publiques ou de ses confidences, ce que chacun veut entendre au gré de ses idées voire de ses humeurs.
   
Quoi qu'il en soit, ne voyez-vous pas la perplexité de nombreux catholiques de Tradition, surtout des combattants de la première heure, fidèles parmi les fidèles, de plus en plus déçus, inquiets, désemparés et prenant peur, parce qu'ils ne retrouvent plus avec vous l'enthousiasme initial de la Tradition conquérante. Savez-vous ce qu'ils craignent de votre part? C'est votre propre trahison de la Tradition. Leurs cœurs restent attachés à la Fraternité mais ils vont ailleurs aussi, fatigués non du combat mais des discours inquisiteurs et moralisateurs plus proches de la lettre de l'ancienne loi que de l'esprit du Commandement nouveau.
   
Votre façon de traiter ceux que vous appelez "les ralliés" révèle votre difficulté à tourner la page de l'histoire, à faire bouger vos lignes, à serrer les rangs de la Chrétienté et à vous projeter sur le champ d'une épopée pleine d'Espérance ; au lieu de vous crisper sur place avec une certaine pusillanimité, vous feriez mieux de rebondir en commençant par redonner à la divine Liturgie sa splendeur édifiante et à la prédication de l’Évangile toute sa dimension spirituelle.
   
   
N'en déplaise, le Sacre des quatre Évêques en 1988 fut une décision audacieuse d'ordre prudentiel, non sans risques et débats, dont désormais les uns et les autres peuvent apprécier à leur juste valeur les avantages procurés à la Fraternité pour la continuation de son œuvre mais aussi, plus globalement, à l'ensemble de l’Église en passant par les Communautés "Ecclesia Dei". Étonnant paradoxe! Acte de rupture? Cet événement a profité à toute la Tradition vivante de l’Église réconciliée avec elle-même et ouvre de nos jours cette inédite perspective : la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X appelée à renouer avec les institutions ecclésiales en offrant au Souverain Pontife les fruits de son inflexible ténacité.
    
Combien les voies de Dieu sont impénétrables, lesquelles nous invitent tous à l'humble sagesse de la Foi.

[Monastère Saint-Benoit - Dom Alcuin, Prieur - Lettre aux Amis] "Pâques et la Semaine Sainte ont constitué un moment particulièrement privilégié..."

SOURCE - Monastère Saint-Benoit - Dom Alcuin, Prieur - Lettre aux Amis - Temps après la Pentecôte 2018

Pâques et la Semaine Sainte ont constitué un moment particulièrement privilégié de grâces et de prières pour nous et les nombreux clercs et invités venus célébrer ces anciens rites selon le Missale Romanum de 1953. Ce privilège a été accordé par la commission pontificale Ecclesia Dei en Janvier dernier. Pour un petit monastère cela s’est avéré une semaine très exigeante, mais la générosité de beaucoup a permis une célébration vraiment belle de ces rites sacrés qui sont, sans le moindre doute, la plus profonde source et le sommet de notre vie et de notre mission chrétienne.
 
Cette lettre d’information vous parvient alors que l’été s’amorce et nous sommes de nouveau bénis par un flot constant de visiteurs et de visites vocationnelles. Tout cela culminera dans la Cinquième École d’Été Internationale Sacra Liturgia qui ramènera des anciens et nouveaux amis pour en apprendre d’avantage sur la Liturgie et pour être formé par une intense immersion en elle, en la vivant et en la priant. Une personne intéressée a une fois remarqué que notre monastère « fait dans la liturgie et l’hospitalité ». Cela promet d’être certainement le cas cet été ! Même si vous n’êtes pas en capacité de participer personnellement, nous vous assurons en tout cas de votre présence dans nos prières.
 
Dom Alcuin, Prieur

[Monastère Saint-Benoit - Lettre aux Amis] Associés du monastère

SOURCE - Monastère Saint-Benoit - Lettre aux Amis - Temps après la Pentecôte 2018

Nous recevons un nombre significatif de demandes de la part de laïcs catholiques hommes et femmes, ainsi que de membres du clergé diocésain, exprimant le souhait de devenir oblats du monastère. C’est une grande grâce quand il est possible de vêtir les oblats novices et de recevoir leur oblation à la suite de leur noviciat. Les oblats constituent une partie publique de notre famille monastique et sont toujours au nombre des « fratribus absentibus » -les frères absents - pour lequel on prie à la fin de chaque Heure de l’Office Divin. Leur support est vital.
     
Pour plusieurs raisons beaucoup de ceux qui ont demandés l’oblation ne peuvent pas nous rejoindre en personne pour recevoir l’habit de l’oblat novice, ou pour faire leur oblation. S’il est nécessaire de préserver l’intégrité de l’oblation et de ses rites, nous avons recherché une manière d’associer formellement ceux qui le désirent, mais ne peuvent nous visiter physiquement, avec notre prière et notre travail.
   
A cette fin nous sommes heureux d’annoncer la formation d’« Associés du Monastère Saint Benoît ». Les Associés s’engagent en privé à la conversion de leurs mœurs selon l’esprit de la Règle de Saint Benoît et à la mesure de leur propre état de vie. Ils promettent de prier régulièrement pour le monastère. Lorsque c’est possible, ils le font en priant une partie de l’Office Divin, de préférence dans le rite monastique. A la mesure de leurs moyens ils offrent une aide matérielle au moins annuellement. Les Associés, vivants ou morts, sont inclus dans les prières quotidiennes du monastère pour ses amis et bienfaiteurs. Les Associés sont libres de renouveler ou cesser annuellement leur engagement à volonté et ne tombent sous le coup d’aucun péché ce faisant. Des personnes baptisées n’étant pas encore en pleine communion avec l’Eglise Catholique peuvent demander à devenir Associé.
   
Une personne devient un Associé par une requête écrite au Prieur, expliquant ses motivations. Lorsqu’une requête est acceptée, un Certificat d’Association va être rédigé indiquant la date de son commencement et celle de renouvellement annuel. Ce renouvellement est ratifié par l’acceptation par le Prieur d’une lettre demandant ledit renouvellement. Nous espérons que cette Association avec notre vie et notre travail comblera le désir exprimé par beaucoup de gens. Cette croissance de notre famille monastique est une source de grande joie et nous nous réjouissons par avance de cette coopération avec les Associés pour notre futur développement matériel et spirituel.

[Monastère Saint-Benoit - Lettre aux Amis] Des nouvelles du monastère

SOURCE - Monastère Saint-Benoit - Lettre aux Amis - Temps après la Pentecôte 2018

Comme nous l’avons déjà mentionnés, notre célébration de la Semaine Sainte cette année était particulièrement riche grâce à la permission de célébrer selon les rites du Missale Romanum de 1953. Cette permission incluait également l’ancienne Vigile de la Pentecôte, que nous espérons célébrer solennellement en 2019.
   
Notre petit monastère est en effet en pleine croissance, avec deux nouveaux membres qui vont nous rejoindre dans les mois à venir. Chaque vocation nouvelle apporte des dons particuliers avec elle, et nous permet de servir le Seigneur plus fidèlement et complètement dans nos observance quotidiennes. S’il vous plaît, priez pour leur persévérance et pour le juste discernement de ces jeunes hommes qui nous visitent à la recherche de la Volonté de Dieu pour leurs vies.
 
Pour la fête de Saint Marc et ses Grandes Litanies, nous avons effectué une brève visite fraternelle aux Bénédictins de l’Immaculé, un petit monastère diocésain situé dans le village de montagne de Villatalla dans le diocèse d’Albenga-Imperia, Italie. Cela nous a permis d’avoir une courte expérience d’une autre petite - mais fervente - communauté monastique, et nous a offert l'opportunité de célébrer les rogations ensemble. Nous avons observés les petites litanies une fois de retour chez nous, quinze jours plus tard. Notre propre village célèbre ses « Bravades » annuelles - une fin de semaine de processions solennelles en l'honneur de son Saint Patron, St Clément de Rome - en mai. Les frères y ont participé de nouveau cette année et le Père Prieur a prêché à la Messe du Dimanche.
 
Pour la fête de la Pentecôte, grâce à la générosité de quelques généreux bienfaiteurs, nos hommes en formation ont participés au pèlerinage annuel de trois jours Paris-Chartres, culminant le Lundi de Pentecôte par une messe pontificale célébrée dans la Cathédrale de Chartres par Robert Cardinal Sarah, dont la visite ajournée au monastère est en train d’être reprogrammée pour plus tard en 2018 ou pour début 2019. En effectuant le pèlerinage, nos hommes ont emporté avec eux les intentions de leurs bienfaiteurs et de tous ceux qui sont en discernement vocationnel.
   
Notre région est pleine d’histoire chrétienne, de sanctuaires des saints, d'anciennes églises et monastères. L’arrivée en juin de Dom Ambrose Bennett, un moine de l’Abbaye de St Louis, dans le Missouri (USA), de la Congrégation Bénédictine Anglaise, qui nous bénit de sa présence pour une bonne partie de l’été, a occasionné une sortie chez les deux plus éloignées des « trois soeurs cisterciennes » de Provence : les Abbayes de Sénanque et Silvacane, toute deux situées au nord d’Aix-en-Provence. Il est instructif, même formateur, le respirer la foi et la vision des moines qui bâtirent ces abbayes, et - dans le cas de Sénanque - d’en apprendre sur la vie des moines qui les habitent aujourd’hui.
   
De retour à la maison, notre jardin en arrive aux jours des premiers fruits d’été, avec une bonne réserve de tomates et d’herbes fraîches désormais disponibles. Nos abeilles travaillent dur (notre rucher est maintenant fort de quatre ruches) et nos poules continuent de nous offrir une bonne quantité d’œufs pour le nombre grandissant d’assiettes à la table du réfectoire. Les places du réfectoires ont été augmentées de façon à répondre à ces nombres croissants.

[Monastère Saint-Benoit - Lettre aux Amis] Pax inter spinas

SOURCE - Monastère Saint-Benoit - Lettre aux Amis - Temps après la Pentecôte 2018

Depuis sa création, notre monastère a adopté pour emblème le mot PAX ceint de la Couronne d'Épine. Le pax inter spinas est un motif profondément bénédictin : notre vocation est admirablement représentée comme une recherche de la paix au milieu des épines - des épines imposées par nos vies morales, par les autres, par notre monde et même par l’état dans lequel se trouve notre Sainte Mère l’Eglise en tout temps. 
   
Notre souffrance est souvent intriquée avec, ou se trouve être la conséquence de, notre propre faiblesse, folie, péché ou mal. Mais parfois ce n’est pas le cas : il y a des gens mauvais dans le monde qui feront tout ce qui est en leur pouvoir pour détruire le bien et empêcher les gens de convertir leurs mœurs et progresser dans la vertu. Il y a des gens qui trahissent notre confiance. Il y en a d’autres qui nous font mal par leur ignorance de nos réels besoins. Il y a les souffrances de maladies immérités qui arrivent à des moments et d’une façon par lesquels elle pèsent terriblement lourd sur nos vies. Que nous le méritions ou non, notre vie sur terre est vécue sous l’ombre de la Croix : elle est pleine de souffrances ; parfois de très grandes souffrances. 
   
Ainsi, notre vocation n’est pas de vivre la paix facile subtilement suggérée par les plaisirs du monde, ou d’être pour ainsi dire comme “drogués” suffisamment par ces plaisirs, en vivant comme si la souffrance n’existait pas. Non, notre vocation est d’embrasser la souffrance, d’accepter les épines de la persécution, de supporter les moqueries, de persévérer dans notre propres faiblesse physique ou morale - et à travers celles des autres. 
   
Notre vocation, au milieu de nos souffrances, quelle que soit la peine infligée par les épines qui nous encerclent et nous percent, est de garder les yeux fixés sur Celui qui est la Paix. Il s’agit en effet de chanter et prier « Discerne causam meam, Dominie: ab homine iniquo et doloso eripe me » (Ps. 42:1) avec la foi et l’assurance que si même si un juge du monde me trouve totalement coupable, le tribunal de la miséricorde du Christ et l’amour sacrificiel par lequel l’Agneau est Vainqueur (Rev. 5) nous sauveront si nous persévérons avec foi dans Son Chemin. C’est donc une grande joie pour nous de recevoir de cet artiste renommé qu’est Daniel Mitsui le nouveau modèle de notre emblème pax inter spinas pour l’usage exclusif de notre monastère. L’artiste déclare ainsi : « Cet emblème combine le mot PAX écrit dans un style d’écriture médiéval (communément appelé style “Lombard”), le rameau d’olivier chargé de fruits (lequel est demeuré un symbole de paix depuis le temps de Noé), et deux branches d’épines formant une couronne. Elle illustre la devise Bénédictine pax inter spinas, paix parmi les épines. »

[Monastère Saint-Benoit - Lettre aux Amis] Pour nous aider

SOURCE - Monastère Saint-Benoit - Lettre aux Amis - Temps après la Pentecôte 2018

C'est une constante source d’inspiration pour nous que de recevoir un soutien aimable et gracieux de tant de manières si différentes, petites ou grandes, d’amis vieux comme jeunes. Notre nouvelle fondation vit véritablement des dons et cadeaux que nous recevons, et si nous travaillons dur pour établir un revenu stable - d’avantage là dessus dans notre lettre de l’Avent - nous continuons en ce moment de dépendre de la générosité de bienfaiteurs pour joindre les deux bouts. Ceux qui peuvent faire une contribution régulière, si modeste qu’elle puisse être, nous aident à faire baisser l’anxiété de l’épreuve de la « fin de mois ». Là aussi nous devons apprendre à dépendre d’avantage de la Divine Providence, qui ne nous a jamais laissée tomber.
 
Cet été, avec tant d’étudiants qui vont passer, nous avons l’impression que nous allons devoir constamment nourrir une armée. S’il vous plaît, songez à nous aider à ce sujet ; les étudiants sont juste ce qu’ils sont - avec de forts appétits, un zèle pour les choses de Dieu, et des ressources limitées. Leur présence et leur travail sont une bénédiction chaque année, et nous ne voulons pas avoir à en refuser certains par manque de moyens.
 
Notre levée de fond majeure à cette heure, cependant, concerne la somme nécessaire au commencement des études théologiques cet automne de notre jeune moine. Dom Ildephonse a, depuis sa profession l’année dernière, continué son étude du latin et a entrepris un certain nombre de cours de philosophie ici au monastère. En Septembre, si nous en avons les moyens, il commencera une Licence de Divinité. Pour couvrir les coûts d’inscriptions, de voyage et les livres nécessaires, nous devons lever plus de 3000 €. S’il vous plaît, songez à nous soutenir dans la noble tâche qu’est l’éducation théologique d’un moine et futur prêtre.

Que Dieu vous bénisse et vous récompense pour toute aide que vous pourriez nous accorder!

[http://www.msb-lgf.org/support-us---nous-soutenir.html]

[janvier 2018] [Virginie Pascase - La Savoie (hebdomadaire)] La vente du Clos des Capucins a été annulée

SOURCE - Virginie Pascase - La Savoie (hebdomadaire) - 10 janvier 2018

Albertville. Le tribunal administratif de Grenoble a tranché et considéré que la vente du Clos des Capucins aux moines fondamentalistes de Morgon était illégale. 

La décision est tombée jeudi 28 décembre 2017. Le tribunal administratif de Grenoble a décidé que la vente du Clos des Capucins aux moines de Morgon était illégale et a annulé cette décision du conseil municipal d’Albertville en date du 21 septembre 2015. Le tribunal a donc donné raison aux 6 élus du Groupe Osons et « plus largement, estime le communiqué du groupe d’opposition, il donne satisfaction à tous ceux qui se sont élevés contre cette cession conclue dans la précipitation et l’opacité la plus totale. » Et de rappeler « que plus de 1 000 citoyens avaient signé une pétition demandant à Martine Berthet de renoncer à son projet».

Pour bien comprendre la décision du tribunal, il faut savoir qu’il existe deux domaines dans les propriétés d’une ville. Le domaine public qui reprend les voiries, les écoles, les bâtiments à usage de service public qui sont invendables sur le plan juridique. Et le domaine privé : des terrains et des bâtiments qui sont déclassés pour être céder. Seulement, pour le clos des Capucins le déclassement n’avait pas eu lieu au moment de la pris de la délibération. Il est intervenu un an plus tard, le 12 septembre 2016. Mais, le tribunal n’a pas pris en compte cette décision corrective.

Désormais, la mairie peut tout-à-fait décider de reprendre une délibération sur la vente. Mais l’opposition ne l’entend pas de cette voix-là. Elle condamne sur le fond le choix de céder ce bâtiment aux moines de Morgon. Car, ces derniers ne sont pas n’importe quelle communauté religieuse. Ce sont en effet des intégristes qui ne reconnaissent pas le concile Vatican II et rejettent entre autres l’existence des autres religions. Le groupe Osons estime « que le Clos des Capucins a été bradé dans la précipitation, sans réflexion de projet préalable et surtout sans se soucier de l’identité particulière de l’acquéreur », considérait Dominique Ruaz lors du conseil municipal d’élection du nouveau maire Frédéric Burnier Framboret le 6 novembre 2017. Considérant qu’à Villie-Morgon (une autre paroisse où se sont installés les fameux moines) ces derniers se sont implantés sur des terrains privés, l’opposition en la personne de Noëlle Aznar-Molliex demande au maire d’Albertville « que l’on tire un trait sur cette vente et que l’on reparte sur un appel à projet en bonne et due forme ». Et Dominique Ruaz de compléter : « La gestion du CIS a été reprise par ULVF avec un projet de développement touristique et le château rouge a été vendu au prix de 500 000 euros à un acheteur qui propose d’en faire un lieu ouvert au public et une vitrine artistique au cœur de la cité médiévale. Ces deux opérations réussies prouvent que le patrimoine de Conflans intéresse les investisseurs potentiels».

26 juillet 2018

[18 mai 2018] [Le Salon Beige] Cardinal Castrillon Hoyos RIP

SOURCE - Le Salon Beige - 18 mai 2018

Le Cardinal Dario Castrillon Hoyos est décédé cette nuit, âgé de 89 ans.

Il a été préfet de la Congrégation pour le Clergé (1996-2006) puis Président de la Commission Ecclesia Dei (2000-2009). Le cardinal a joué un rôle important dans la promulgation du Motu proprio Summorum Pontificum (2007), dans la création de l’Administration apostolique personnelle de Saint Jean Marie Vianney de Campos (2002) et de celle de l’Institut du Bon Pasteur (2006). Il a également représenté le Saint-Siège à la fin du pontificat du Pape Jean-Paul II et le début de celui de Benoît XVI dans les discussions avec la Fraternité Saint-Pie X, aboutissant notamment à la levée des excommunications qui pesaient sur les quatre évêques sacrés par Mgr Marcel Lefebvre.

En 2001, il avait célébré la messe de clôture du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté. Dans son homélie il avait rappelé :

"La fête du Christ-Roi est une célébration de la royauté sociale du Christ (Pie XI, enc. Quas primas), et pas seulement d'un je ne sais quel Christ cosmique trop lointain pour avoir des conséquences pratiques. Cela n'a rien à voir avec le retour de la théocratie ou d'un prétendu " ordre moral ", les chers ennemis pour lesquels nous prions beaucoup peuvent dormir tranquille de ce côté-là. Mais il est clair que si nous aimons le Christ, nous ne pouvons que vouloir vivre en cohérence avec sa présence, y compris dans nos responsabilités sociales. Gaudium et spes (n. 43) disait que " le divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien d'un grand nombre est à compter parmi les plus graves erreurs de notre temps " 

Quelle tristesse que de voir des hommes politiques persuadés que leur foi chrétienne est une question privée sans incidence sur les choix qu'ils ont à faire. Comme si l'on pouvait faire le moindre choix sans avoir de principes ! Comme si le Christ n'illuminait pas toutes les réalités humaines

Ceci dit, peu nous importe si nos sociétés ont apostasié : nous n'allons pas le ressasser ni leur en vouloir, cela fait au moins un siècle, et il est clair que les générations actuelles ne sont pas responsables des fautes de leurs pères. Ce qui nous importe, c'est, comme le disait le bienheureux Jean XXIII, " d'injecter la puissance de l'Eglise dans ce qu'on peut appeler les veines d'un peuple ", de sorte que l'Eglise ne soit pas une institution quelconque, imposée de l'extérieur (Encyclique Mater et Magistra ; CE décret Ad gentes n. 3), mais l'âme de la société, qui vivifie tout ce qu'elle y trouve de bon.

Ce qui nous importe, c'est de faire " venir à la lumière tous ceux qui pratiquent la vérité " (cf Jn 3, 21), et ils sont si nombreux autour de nous : tant de personnes qui ne connaissent pas le Christ, qui sont ignorantes de son message social, des conséquences pratiques de l'Evangile, et qui sont pourtant de bonne volonté, qui aspirent de tout leur cœur à un salut qui touche jusqu'aux institutions. Comment les rejoindre ? en témoignant à la fois des implications pratiques du christianisme, de sa capacité de créer et de régénérer la culture – il est savoureux, il est délectable, il est généreux, il procure la vraie joie, il est inventif – et dans le même temps, en témoignant de la vie éternelle, de la transcendance de Dieu. […]"

[Paix Liturgique] Les nouveaux jours heureux de la tradition à Milwaukee (Wisconsin / USA)

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 653 - 24 juillet 2018

Le 2 août 2018, le cardinal Burke ordonnera aux États-Unis quatre nouveaux prêtres pour l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, dont l'abbé Luke Zignego, originaire, tout comme Son Éminence, du Wisconsin. Pour l'occasion, une forte délégation de fidèles de l'oratoire Saint-Stanislaus de Milwaukee, auquel appartient la famille Zignego, participera à cette cérémonie. Paix Liturgique a eu la grâce de visiter fin juin cet apostolat exemplaire où l'élan missionnaire d'un prêtre français – le chanoine Benoît Jayr, qui en est le recteur depuis 2011 – a rencontré la grande et généreuse ferveur des catholiques américains. Un reportage exclusif.
I – Milwaukee la catholique
Une enfilade de silhouettes d'églises : voilà ce qui frappe la vue du voyageur qui arrive à Milwaukee par le train de Chicago. De fait, Milwaukee est une ville où la présence catholique se remarque. Évangélisée à l'origine par des jésuites français, quand le Wisconsin appartenait encore à la Nouvelle-France, la ville a tout d'abord connu une forte vague de peuplement d'origine allemande, dont de nombreux Bavarois catholiques. Les quatre premiers titulaires du diocèse de Milwaukee – établi en 1843 puis érigé en archidiocèse en 1875 – étaient de fait germanophones. Ensuite, au tournant du XXème siècle, c'est l'arrivée d'immigrants polonais, tchèques et italiens, venus accompagner le développement industriel de la ville, qui a fait grossir les rangs des fidèles catholiques et marqué le paysage urbain de dizaines de clochers, chaque communauté tenant à honorer « ses » saints. Depuis une trentaine d'années, c'est l'immigration latino-américaine qui permet au catholicisme de maintenir sa place de première religion de la ville en dépit de l'exode urbain qui a vu tant d'habitants quitter le centre-ville.
     
Parmi les églises que le voyageur aperçoit depuis la fenêtre du train, la basilique Saint-Josaphat est certainement la plus remarquable par ses dimensions et son immense coupole. Mais, juste après, alors que le convoi ralentit peu à peu, la parfaite symétrie des deux clochers de l'église Saint-Stanislaus (saint Stanislas, évêque de Cracovie et martyr) ne manque pas d'arrêter son regard. Construite dans les années 1870, avec ces briques d'un beige clair qui valent à Milwaukee son surnom de Cream City (« la Ville Crème », comme Toulouse est « la Ville Rose »), l'édifice est aujourd'hui le siège d'un dynamique apostolat traditionnel conduit par le chanoine Benoît Jayr, ancien Provincial de France de l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre. Église emblématique de la communauté polonaise de Milwaukee et parmi les toutes premières paroisses polonaises des États-Unis, Saint-Stanislaus a été le cœur d'un apostolat prolifique jusqu'aux années 1950-1960. En 1941, l'annuaire de la paroisse annonçait fièrement l'entrée de 54 « filles de Saint-Stanislaus » dans la vie religieuse ; en 1966, il n'y en avait plus aucune !
     
Toutefois, nonobstant la crise qui voyait le jour, un optimisme béat habitait les acteurs de la paroisse dans les années 1960 : ainsi, pour le centenaire de la paroisse, en 1966, une grande rénovation de l'église fut entreprise, financée par les fidèles qui s'engagèrent à donner un cinquième de leurs revenus à cet effet !!! Cette rénovation du centenaire qui redonna pour un temps tout son éclat extérieur à l'édifice – les dômes des clochers furent déposés et dorés à la feuille d'or – fut aussi marquée par le bouleversement du sanctuaire dont la suppression de la table de communion et le déplacement de l'autel furent les éléments les plus visibles. Le souffle du Concile soufflait... aux frais des fidèles.
     
Le déclin de la paroisse fut ensuite parallèle à celui du diocèse, abandonné pendant 25 ans, de 1977 à 2002, à un pasteur indigne, moderniste et homosexuel militant. Vidée de sa sève polonaise, le quartier étant devenu une sorte de jachère urbaine lentement relevée par les hispaniques, Saint-Stanislaus était menacée de fermeture quand Mgr Dolan décida, en avril 2007, à la veille du motu proprio de Benoît XVI, d'en faire le lieu d'accueil de la « Communauté tridentine de Milwaukee ». Le 15 mai 2008, un décret diocésain confiait l'administration de cet apostolat à l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (ICRSP), ouvrant ainsi la porte au renouveau de Saint-Stanislaus.
II – Les pérégrinations de la résistance tridentine
Faisons un retour en arrière. Le triste archevêque bénédictin de Milwaukee de 1977 à 2002, Mgr Weakland, fut aussi le premier président de la Church Music Association of America (CMAA), fondée en 1964 pour la promotion de la musique sacrée et la préservation du chant grégorien. En 1966, lors d'un congrès organisé précisément à Milwaukee, il fut liquidé par ses pairs en raison de ses manœuvres pour promouvoir la messe folk sous prétexte d'évangéliser les universités. Paradoxalement, c'est aussi de ce congrès qu'est issu le groupe de laïcs qui, de 1970 à 2007, va défendre, préserver et promouvoir la célébration de la liturgie traditionnelle sous le nom de « Communauté latine tridentine de Milwaukee ».
     
Ce groupe est en effet à l'origine de la fondation de la chorale qui, à partir de septembre 1970, va accompagner la messe traditionnelle célébrée en l'église Saint-Laurent par son curé, l'abbé Hugh Wish, jusqu'à sa retraite, en novembre 1977. Le premier directeur de la chorale, l'abbé Robert Skeris, comptait lui aussi parmi les fondateurs de la CMAA (1).
     
Dès le dimanche suivant son départ de Saint-Laurent, l'abbé Wish se mit à célébrer dans une salle de bal située à une trentaine de kilomètres de Milwaukee.
     
En juin 1978, le groupe se divisa et l'abbé Wish se rapprocha de la Fraternité Saint-Pie X tandis que la messe dans la salle de bal continuait.
     
En 1985, Mgr Weakland accepta d'octroyer une messe d'indult, le dernier dimanche du mois. Tout d'abord célébrée dans une belle chapelle baroque, elle fut transférée à l'évêché pour mieux y être surveillée : les fidèles qui désiraient y assister devaient au préalable demander leur inscription sur une liste de contrôle !
     
En 1991, la messe d'indult devint hebdomadaire et la messe dans la salle de bal cessa. L'archevêque expliqua aux fidèles que s'ils trouvaient une église pour les accueillir, ils pourraient déménager.
    
En novembre 1992, la messe fut transférée en l'église de St. Mary Help of Christians, dans la banlieue ouest de Milwaukee, une ancienne paroisse croate dont le curé se montrait bienveillant.
     
En juin 2000, la messe devint quotidienne.
     
La dernière messe à St. Mary Help of Christians fut célébrée le dimanche de Pâques 2007.
     
Le dimanche suivant, dimanche de Quasimodo, l'église Saint-Stanislaus accueillit pour la première fois la « Communauté latine tridentine de Milwaukee ».
     
Le 14 septembre 2007, jour d'entrée en vigueur du motu proprio, Mgr Joseph Perry, évêque auxiliaire de Chicago, vint célébrer une messe pontificale à Saint-Stanislaus.
     
À partir de l'Avent 2007, des prêtres de l'ICRSP commencèrent à desservir Saint-Stanislaus.
     
Le 15 mai 2008, Mgr Dolan, archevêque de Milwaukee, signa un décret confiant l'administration de la paroisse Saint-Stanislaus et de l'oratoire tridentin érigé par le même décret, au chanoine Meney, ICRSP.
     
Lors de l'Avent 2008, une messe basse fut ajoutée à la messe solennelle du dimanche.
     
En septembre 2011, le chanoine Jayr arrivait à Milwaukee comme nouvel administrateur et recteur de Saint-Stanislaus.
     
Le 25 septembre 2016, dans le cadre du 150ème anniversaire de la paroisse, Mgr Perry consacra le nouvel autel de l'église qui, en retrouvant son orientation traditionnelle, couronnait la restauration du sanctuaire, point de départ de la restauration de tout l'édifice.
III – Le renouveau venu de France
« L'équipe que le chanoine Jayr forme avec l'abbé George est un moteur formidable pour toute la paroisse » nous explique un jeune fidèle à la sortie de la messe. « Qu'il s'agisse des travaux de restauration de l'église, de l'animation de la paroisse et de son rayonnement mais aussi, plus simplement, des relations avec les paroissiens, précise un paroissien plus âgé, l'implication de l'équipe autour du chanoine est totale et fortifie jour après jour les liens qui nous unissent à Saint-Stanislaus ». « En plus, ajoute une catéchiste, la liturgie traditionnelle agit comme un aimant qui attire chaque mois de nouveaux fidèles à Saint-Stanislaus. »
     
Nous avons passé quatre jours à Saint-Stanislaus début juillet 2018, où nous avons assisté aux messes quotidiennes (jamais moins de 30 fidèles) et aux deux messes dominicales (250 à 300 fidèles à chaque fois, dont une ribambelle d'enfants). « Et encore, explique le chanoine Jayr, vous venez à un mauvais moment puisqu'il s'agit du pont du 4 juillet, la fête nationale, et que de nombreuses familles sont à la campagne. » Soit, mais même en ces jours de vacances, la vitalité de Saint-Stanislaus est ébouriffante. Le chanoine Jayr et l'abbé George Baird, ancien marine et désormais oblat de l'ICRSP, quand ils ne sont pas au pied de l'autel, en visite chez quelque famille de paroissiens pour une bénédiction ou un sacramental, ou en train de superviser les travaux de l'église ou du prieuré, reçoivent : l'équipe des catéchistes pour le dîner de fin d'année, un prêtre diocésain de passage à Milwaukee pour un stage de latin (2), une famille venue du fin fond du diocèse pour accueillir une correspondante française, un autre prêtre de l'ICRSP venu assister à la première messe d'un ami dans une basilique des environs et... Paix Liturgique.
     
Quand on s'émerveille de cette intense activité et de cette générosité enthousiaste, le chanoine Jayr dit qu'il n'y est pour rien, que c'est la générosité des familles américaines qui appelle la sienne et que c'est Saint-Stanislaus qui demande un tel investissement. Sans doute, mais dans le climat sage, appliqué et respectueux si caractéristique du monde traditionnel américain, il est évident que la fibre missionnaire de notre chanoine s'y trouve à sa place, complétée par le zèle efficace de l'abbé George et le travail dévoué de JoAnn, la secrétaire paroissiale.
     
Sans l'arrivée de la communauté traditionnelle, Saint-Stanislaus serait aujourd'hui une église en voie d'abandon. La paroisse n'aurait pas survécu à la double crise démographique et ecclésiale. En revanche, aujourd'hui, dans le panorama de l'Église locale, Saint-Stanislaus est une paroisse en plein renouveau. Les travaux de restauration du prieuré et de l'église n'en sont qu'une des manifestations. Le nombre des fidèles en est une autre : à la cinquantaine de paroissiens ordinaires (messe anticipée le samedi, célébrée par un prêtre diocésaine en retraite, orientée avec communion à la table de communion), s'ajoutent les 650 paroissiens de l'oratoire.
     
Ce sont surtout les nombreuses œuvres liées à la paroisse qui impressionnent : hommes, femmes, enfants, jeunes, étudiants, tous ont la possibilité de s'impliquer dans l'un ou l'autre des groupes de la paroisse. Et chacun de ces groupes propose au moins une activité mensuelle. Citons, pêle-mêle : American Heritage, l'équivalent des Guides pour les jeunes filles ; Troops of Saint-George, l'équivalent des Scouts pour les garçons ; Altar and Rosary Society, pour les femmes : entretien de l'église, des linges d'autel et des vêtements liturgiques, récitation du chapelet, soutien aux activités de fundraising ; Holy Name Society (hommes : bonnes œuvres paroissiales) qui offre un kit aux nouveaux fidèles composé d'un missel, d'un chapelet et d'un livret sur la messe tridentine ; Confraternity of Christian Mothers pour la formation spirituelle et l'entraide entre mères de famille ; Society of Sacred Heart (soutien aux prêtres et séminaristes de l'ICRSP) ; groupe de jeunes adultes Sursum Corda (formation et promotion de la forme extraordinaire)... On se retrouve pour ainsi dire transporté à l'époque où le catholicisme américain était le plus vivant, quand chaque paroisse était une grosse entreprise spirituelle tournant à plein pour la plus grande gloire de Dieu. On s'y retrouve, en fait, comme si le Concile n'avait pas eu lieu…
     
Mais le signe le plus marquant du renouveau de Saint-Stanislaus est sans doute le nombre des enfants qui y sont catéchisés chaque dimanche, en suivant le catéchisme de Baltimore, fondé sur le petit catéchisme de saint Robert Bellarmin : 150. De quoi assurer l'avenir…
IV – Les réflexions de Paix Liturgique
1) En confiant en 2011 le développement de l'apostolat de Milwaukee au chanoine Jayr, l'Institut du Christ-Roi ne prenait pas de risques : ordonné en 1992, l'abbé Benoît Jayr est en effet l'un des plus anciens prêtres de cet institut établi après le motu proprio Ecclesia Dei Adflicta de 1988. Il débuta son ministère à Montpellier avant de devenir chapelain de Port-Marly. Dans ces deux apostolats si importants il installa solidement et durablement l'Institut tant sur le plan spirituel que matériel (c'est notamment à lui que l'on doit l'acquisition et l'installation de la maison Saint-François de Sales à Marly-le-Roi). C'est le chanoine Jayr qui initia dès son arrivée à Montpellier la Province de France dont il devint provincial jusqu'à son départ pour les USA en 2011, faisant passer cet apostolat naissant de 4 chapelles à plus de 23 en moins de 20 ans. Très apprécié et aimé des fidèles français pour son zèle apostolique et missionnaire, pour sa gentillesse et son sourire il était certain qu'aux États-Unis comme partout où il serait envoyé en mission « Canon Jayr » agirait au mieux pour la sanctification des fidèles qui lui seraient confiés et le bien et la réputation de l'ICRSP.

2) À Saint-Stanislaus, paroisse ordinaire doublée d'un oratoire « extraordinaire » (structure canonique choisie aux États-Unis par l'ICRSP pour ses apostolats), chacun y trouve son compte : les paroissiens ordinaires (50) qui peuvent continuer à pratiquer dans leur église de toujours ; les fidèles traditionnels (650 à ce jour) qui jouissent d'une église historique parfaitement adaptée à la célébration de la forme extraordinaire du rite romain, spacieuse et à l'acoustique excellente ; et le diocèse qui voit un lieu de culte important renaître et la paix rayonner.

3) Les fidèles traditionnels américains sont d'un naturel plus paisible que ceux du vieux continent. Cependant, c'est une vraie paix surnaturelle qui rayonne autour de la communauté traditionnelle de Milwaukee, notamment lors de la Fête-Dieu. Pour l'occasion, Saint-Stanislaus unit ses forces à celles de deux paroisses ordinaires voisines lors d'une grande procession qui se termine en l'église Saint-Vincent-de-Paul et dont le service liturgique est assuré par les clercs de Saint-Stanislaus. À la dignité et à la solennité de la procession répond l'enthousiasme des familles hispaniques du voisinage qui saluent le passage du Très Saint Sacrement au cri de ralliement des Cristeros : « ¡Viva Cristo Rey! » Cette paix diocésaine vient en outre d'être illustrée par un grand dossier sur Saint-Stanislaus dans le journal diocésain : Son titre ? « À Saint-Stanislaus, la tradition va de l'avant ». Que demander de mieux ? Que les séminaristes diocésains puissent librement participer à certaines des activités et, bien entendu, des célébrations de l'oratoire ? C'est déjà le cas !

4) Dans un film produit pour les 150 ans de Saint-Stanislaus, en 2016, le chanoine Jayr conclue en disant que ce n'est pas la communauté traditionnelle de Milwaukee qui a choisi Saint-Stanislaus mais Saint-Stanislaus qui a choisi la communauté traditionnelle de Milwaukee pour sa renaissance. Plus qu'une affirmation rhétorique, il y a là une vérité surnaturelle que les gros titres des médias locaux de mai 2015 confirmaient en relatant une jolie anecdote, clin d'œil de la Providence : en 1966, des vitraux aux motifs multicolores très caractéristiques de ces années de réforme avaient remplacé les anciens vitraux du XIXème siècle ; faute de pouvoir financer le devis présenté par l'architecte en charge de la restauration de Saint-Stanislaus, le chanoine Jayr dut renoncer à les remplacer. C'est alors qu'il reçut alors un appel téléphonique : « Allo, j'ai lu dans le journal que vous restauriez Saint-Stanislaus à l'occasion de son 150ème anniversaire. J'ai dans mon garage une partie des vitraux démontés en 1966, est-ce que cela vous intéresse ? » Ébahi par une telle nouvelle, le chanoine Jayr se repentit sur le champ d'avoir manqué de confiance en la Divine Providence en estimant la réfection des vitraux inaccessible aux moyens de la paroisse. Et, en effet, même si ces vitraux étaient pour la plupart inutilisables, leur découverte a permis au studio d'art sacré qui a coordonné la restauration de Saint-Stanislaus de les utiliser pour proposer un nouveau jeu de vitraux parfaitement coordonné avec ceux qui avaient nourri la foi des paroissiens pendant près d'un siècle.

5) En définitive, l'histoire de la renaissance de la messe traditionnelle à Milwaukee, dans un paysage religieux dévasté par l'esprit du Concile, est emblématique de ce qui s'est passé dans tant de diocèses. Comme nous l'illustrons régulièrement, la défense de la liturgie traditionnelle n'est pas une affaire franco-française. Pourtant, les similitudes qui existent entre Milwaukee et certaines situations françaises sont frappantes : l'attachement au chant grégorien ; l'action résolue d'un groupe de laïcs ; le secours de prêtres décidés ; la location d'un lieu privé pour contourner les interdictions diocésaines ; la persévérance... En fait, à Milwaukee comme à Port-Marly, par exemple, c'est un même sensus fidelium qui s'est manifesté face à une même crise et qui a trouvé les mêmes solutions.

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(1) Nous avons évoqué la figure de l'abbé Skeris dans notre lettre 628 consacrée à Laszlo Dobszay, le musicologue à l'origine du renouveau grégorien en Hongrie.
(2) Le P. Reginald Foster, carme déchaux, rédacteur pendant 40 ans des textes pontificaux en latin, est aujourd'hui retiré à Milwaukee, sa ville natale, où il anime des stages de latin très recherchés.