13 juillet 2018

[Ennemond - Le Forum Catholique] Deux visions de la FSSPX

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 12 juillet 2018

Il existe deux regards sur la position de la FSSPX à l’égard de l’extérieur :

- La première vision considère tout ce qui est extérieur à la Fraternité comme un ensemble de pièges dangereux à éviter. L’œuvre est considérée comme une citadelle assiégée, entourée de plagia qu’il faudrait diaboliser pour mieux en détourner les âmes. C’est une vision très politique des choses. Outre le fait que cette vision ne considère pas le bien objectif, elle ne peut que détourner les jeunes tant son fonctionnement est excessif, tant elle signifie qu’ils sont incapables de faire la part des choses.

- La deuxième vision considère que l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre est une matrice, un aiguillon qui a une action bénéfique et salutaire sur toute l’Église. Toute amélioration autour d’elle est une joie. Cela peut être imparfait. Mais une soutane remise, un bréviaire repris, une doctrine admise, c’est la Tradition de l’Église qui reprend petit à petit, malgré les imperfections des uns et des autres. Comment ne pas exprimer une joie quand un prêtre retrouve les marches de l’autel où il célèbre les mystères antiques ? Comment ne pas se satisfaire d’un prêtre qui a appris à célébrer la messe grâce au DVD présentant la messe traditionnelle ? La grâce fonctionne en-dehors des rangs de la FSSPX, fort heureusement. Sinon, ce serait tout simplement désespérant. On comprend bien, dans une telle situation, à quel point il est nécessaire de soutenir la Fraternité et ses œuvres dans la mesure où elle exerce cette fonction de matrice, de guide, de modèle. Partout où elle agit en grand seigneur, gratuitement, la Fraternité est grande.

Dans certains milieux restreints, les blessures de 1988 ont fait du monde Ecclesia Dei un véritable tabou au point qu’il devient impossible d’aborder sereinement la question sans que des mots aigres pleuvent (traîtres, abandon, jureurs) et qu’on recourt abusivement à l’arsenal de la morale pour régler des tourments. On est alors aux antipodes des statuts de la FSSPX alors que le fondateur souhaitait que la Fraternité serve à sanctifier les autres prêtres (1). Il est vrai que de l’autre côté du miroir, on retrouve parfois une idéologie similaire qui va saisir les quolibets de schismatique quand il y a bien longtemps que les papes ne les emploient plus. Sans doute est-il bien humain de voir dans un prêtre (un représentant de Dieu sur terre) un concurrent qui pique des parts de marché. Probablement faudra-t-il attendre un peu de temps. Après tout, on enterre les protagonistes du Concile. Les blessures de 1988 finiront par se résorber pour comprendre qu’il ne faut pas se tromper d’ennemi.
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(1) "Un deuxième but de la Fraternité est d’aider à la sanctification des prêtres, en leur offrant la possibilité de retraites, récollections. Les maisons de la Fraternité pourraient être le siège d’associations sacerdotales, de tiers-ordres, de périodiques ou revues destinées à la sanctification des prêtres." (Mgr Marcel Lefebvre, statuts de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X)