17 décembre 2017

[FSSPX Actualités] Australie : ordination diaconale au Séminaire Holy Cross de Goulburn

SOURCE - FSSPX Actualités - 17 décembre 2017

Jeudi 14 décembre 2017, Mgr Alfonso de Galarreta a ordonné un diacre originaire du Kenya, en présence de 27 prêtres, 6 religieuses de la Fraternité Saint-Pie X et d'une centaine de fidèles.

L’abbé Pablo Suárez, économe général de la Fraternité, et l’abbé Yves Le Roux, recteur du séminaire Saint Thomas d'Aquin (USA), étaient présents, ainsi que le Supérieur du district, l'abbé John Fullerton.

Pour écouter le sermon de l'évêque, cliquez sur ce lien (en français), et ici pour la traduction anglaise.

Le jour suivant, une grande messe solennelle a été célébrée par l’abbé Paul Robinson, avec le nouvellement ordonné comme diacre.

[Ar Gedour] Messe selon la forme extraordinaire du rit romain à saint Christophe de Lorient

SOURCE - Ar Gedour - 9 décembre 2017

Depuis maintenant un an, une messe est célébrée selon la forme extraordinaire du rit romain à la chapelle saint Christophe de Lorient., Il ne faut pas la confondre avec l’église N.D de Bonne Nouvelle (proche de la gare) qui est depuis le Second Empire le siège de la paroisse.
Une messe en latin, breton et français
La messe est célébrée- sauf exception- tous les deuxièmes dimanches de chaque mois (sauf pour le moment en juillet et août) par le recteur (en fait, dans les grandes villes, on dit curé, même en Bretagne) de la paroisse saint Christophe de Kerentrec’h qui est desservie par les prêtres de la communauté saint Jean.

La messe est célébrée en latin – en principe langue de l’Eglise latine – chantée en grégorien avec des pièces simples, accompagnée au son de l’harmonium avec aussi des cantiques en français; Les lectures sont dites en français et des feuillets ainsi que des livrets sont mis à disposition des fidèles qui connaissent peu ou pas la forme extraordinaire du rit romain ou n’ont pas de missel.

Le breton a bien entendu sa place : chaque mois, un cantique breton est chanté. Si l’assistance est encore modeste, elle est en revanche très jeune avec beaucoup de familles et d’enfants.
La chapelle Saint-Christophe, un patrimoine à découvrir
Cette jolie chapelle du XVIème siècle est avec le tout proche château de Tréfaven le plus vieil édifice de Lorient, ville “nouvelle” qui ne fut fondée qu’en 1699 pour servir de siège à la Compagnie des Indes. De plus, Lorient a été ravagée par les bombardement alliés lors de la Seconde Guerre mondiale et il ne reste que peu de choses de l’ancienne ville.

La chapelle saint Christophe est donc bien antérieure à la fondation de la ville et est un des derniers monuments anciens qui y subsistent, elle a aussi souffert pendant la guerre, a été entièrement brûlée, et il ne restait alors que les murs. Elle a été amoureusement reconstruite après la guerre, et même si son décor est un peu dépouillé et minéral, les vitraux et les volumes apportent une incomparable note de chaleur et de couleur au lever du soleil. Elle est bâtie sur un éperon rocheux qui surplombe la rivière du Scorff, au lieu-dit de Kerentrec’h : la ville du passage -en trec’h en breton vannetais – car bien avant la construction du pont saint Christophe, c’était le lieu le plus commode pour passer le Scorff entre Caudan et Ploemeur. Les communes de Lanester et de Lorient sont en effet des démembrements des anciennes immenses paroisses de Caudan et Ploemeur.

Depuis des siècles, des passeurs faisaient la navette sur leurs canots entre les deux rives du Scorff, le pont le plus proche étant à Pont-Scorff. Ce passage, s’il était facilité par la faible distance à cet endroit entre les deux rives, restait néanmoins un lieu dangereux en raison des traîtres courants et des marées.

C’est pourquoi depuis des temps immémoriaux, Kêr-en-trec’h a été voué à saint Christophe, le passeur par excellence, qui porta l’Enfant-Jésus sur ses solides épaules en traversant une rivière. Il manqua alors de s’enfoncer dans l’onde, car l’enfant qu’il portait avait lui-même sur les épaules le fardeau de tous les péchés du monde… C’est pourquoi lors du pardon de saint Christophe à Lorient – tous les premiers dimanches de mai-il y a traditionnellement une bénédiction des enfants. Par extension, saint Christophe est aussi le saint patron des automobilistes et des voyageurs car il aidait ces derniers à accomplir leur périple en les portant sur ses solides épaules.

La chapelle saint Christophe de Kerentrec’h est donc un lieu chargé de symbolique et de mémoire depuis des siècles.
En pratique
Sur le plan pratique, la messe est à 10h30. Il est recommandé de se garer le long du Scorff, car l’impasse qui mène à la chapelle est réservée aux riverains.

[Paix Liturgique] La messe de Paul VI: un rite estompé

SOURCE - Paix Liturgique - lettre n°623 - 11 décembre 2017
Après notre lettre 616 consacrée à l’analyse du missel nouveau sous son aspect cérémonial, nous avons consacrée une première lettre – la 620, intitulée « Une hémorragie du sacré » – au contenu de ce missel promulgué le 3 avril 1969. Nous la complétons ici de nos réflexions sur ce qui est la plus grave de ses déficiences du point de vue doctrinal et spirituel : la faible expression de la messe comme sacrifice propitiatoire. 
Le contexte de « réévaluation » du sacrifice de la messe
Le Concile de Trente, répondant aux erreurs protestantes, avait affirmé la perfection de l’unique sacrifice de la croix, duquel découle uniquement toute rédemption. Il avait affirmé de même que le Christ, lors de la Cène, avait laissé à son Église un sacrifice visible, « sacrifice véritable et authentique » (Dz 1751), accompli par les prêtres participants à son sacerdoce, où serait représenté de manière non sanglante celui du Golgotha, de telle sorte que la vertu salutaire de ce dernier puisse opérer la rédemption des péchés jusqu’à la fin des temps (Dz 1740). 

La théologie post-tridentine s’est évertuée durant quatre siècles à définir ce qu’était l’essence de ce sacrifice de la messe. Sur ce point, Pie XII, dans Mediator Dei (20 novembre 1947), au plus près de l’enseignement de saint Thomas (1), avait précisé : « Le sacrifice de l’autel n’est pas une pure et simple commémoration des souffrances et de la mort de Jésus-Christ, mais un vrai sacrifice, au sens propre, dans lequel par une immolation non sanglante, le Souverain Prêtre fait ce qu’il a déjà fait sur la croix en s’offrant lui-même au Père éternel comme une hostie très agréable. […] Le sacrifice de notre Rédempteur est montré de façon admirable par des signes extérieurs qui renvoient à la mort. En effet par la "transsubstantiation" du pain en Corps et du vin en Sang du Christ, son Corps ainsi que son Sang sont réellement présents, et les espèces eucharistiques sous lesquelles il est présent figurent la séparation du Corps et du Sang ». 

À la fin des années soixante, la notion de « sacrifice pour les péchés » et de « satisfaction vicaire » (le Christ a pris sur lui les péchés des hommes pour en faire réparation à leur place) subissait des critiques frontales. Courantes étaient les charges comme celle de Hans Küng, qui ne passait pas alors pour un extrémiste : « La théologie de la contre-réforme a fait les frais, dans la doctrine eucharistique, de maintes partialités qui donnent à réfléchir : abandon de l’aspect mémorial sur lequel on insiste encore beaucoup au Moyen Âge, tout de même que l’aspect communion, par contre insistance redoublée sur l’aspect sacrifice. Or précisément la notion de sacrifice et son actualisation posent maintes questions restées sans solution ». (Le Concile, épreuve de l’Église, Seuil, 1962) 

Plus largement, se manifestait une certaine gêne à affirmer le caractère d’acte proprement sacrificiel de la messe. Pour certains théologiens, la messe, au lieu d’être sacrifice vrai et sacramentel, constituait plutôt un sacrifice d’oblation par l’Église, captant le sacrifice d’oblation-immolation par le Christ au Calvaire toujours présent dans le ciel aux yeux de Dieu, sans répétition sacrificielle proprement dite sous mode sacramentel. Ainsi, dans Faites ceci en mémoire de moi (Cerf, 1962), Dom Casel (décédé en 1948), estimait par exemple que l’acte unique du sacrifice du Calvaire devenait « mystériquement » présent à la messe, le sacrifice de la messe n’étant pas un acte sacrificiel propre. Les tenants très divers de cette nouvelle approche théologique la résumaient volontiers en disant : « La messe n’est pas un sacrifice, elle est Le sacrifice ». Assez caractéristique était la pensée de Jacques Maritain, élaborée en dialogue avec Charles Journet, selon laquelle la transsubstantiation se doublait d’une sorte de « présence réelle » du sacrifice de la croix (2). 

Dans le contexte œcuménique de la composition du Novus Ordo Missæ, on ne niait pas la référence sacrificielle de la messe, mais on était gêné d’affirmer que la messe est un sacrifice. On retrouvera d’ailleurs cette option théologique, devenue commune dans la théologie enseignée, dans les explications doctrinales qui ont accompagné la réforme liturgique depuis Paul VI, explications non pas fausses, mais faibles : « Quand l’Église célèbre l’Eucharistie, elle fait mémoire de la Pâque du Christ, et celle-ci devient présente : le sacrifice que le Christ a offert une fois pour toutes sur la croix demeure toujours actuel » (CEC, 1364, et aussi nn. 1362, 1366) ; « L’Eucharistie est ainsi dans l’Église "l’institution sacramentelle" qui, à chaque étape, sert de "relais" au sacrifice de la croix, qui lui offre une présence à la fois réelle et opératoire. » (Message de Jean-Paul II au Congrès eucharistique de Lourdes, 21 juillet 1981) 
L’amoindrissement sacrificiel du Nouvel Ordo
Par exemple, au moment le plus solennel, le nouveau missel a déplacé l’attention que la liturgie de la messe avait jusque-là portée d’abord sur le sacrifice du Vendredi saint (le sang livré pour nous), en direction du mystère pascal dans son ensemble, entendu comme mort et résurrection (3). Ainsi, le mysterium fidei, qui était inséré au sein de la consécration du Précieux Sang, comme une explicitation de la consécration du calice qui parachève le sacrifice eucharistique – le mystère de la foi célébré hic et nunc, c’est le Sang répandu en rémission des péchés (4) –, est reporté après la consécration, comme introduction aux acclamations. Il prend dès lors une signification plus large : ce n’est plus seulement le mystère de l’eucharistie, sacrifice et sacrement, mais c’est le mystère de la mort, de la résurrection et de la parousie qui est désigné : « Il est grand le mystère de la foi : nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. » 

La croix n’est plus obligatoirement placée au centre de l’autel pour dominer la célébration du sacrifice, mais peut être située « à proximité » (Présentation générale, n. 270). Un seul signe de croix sur les oblats non consacrés a été retenu, au lieu des vingt-huit signes de croix de bénédiction ou désignatifs faits par le prêtre sur les oblats avant et après la consécration, ou avec l’hostie ou le calice (Per ipsum, commixion, communion), dans l’ancien Ordo. 

La breve Prex eucharistica II, version adaptée de la Tradition apostolique d’Hippolyte, telle que reconstituée par Gregory Dix et Dom Botte, de manière aujourd’hui très discutée, reflète une expression théologique archaïsante, qui n’exprime le sacrifice du pain et du vin consacrés que très implicitement (« qu’en ayant part au Corps et au Sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps »). 

Nombre de prières à tonalité de pardon des péchés ont été évacuées : celles de la montée à l’autel, comme on l’a dit ; les prières de l’offertoire, sur lesquelles on reviendra ; les deux prières de demande de purification de l’âme et de crainte du jugement avant la communion, réduites à une au choix. 

L’ultime oraison du prêtre avant de donner la bénédiction, Placeat tibi sancta Trinitas, très significative du sacrifice accomplie, a été supprimée : « Agréez, Trinité sainte, l’hommage de ma servitude, ce sacrifice, que, malgré mon indignité, j’ai présenté aux regards de votre Majesté, acceptez-le, et que par votre miséricorde, il soit source de grâces pour moi et pour tous ceux pour lesquels je vous l’ai offert ». 

Le canon romain, particulièrement explicite dans l’expression du sacrifice, avec ses répétitions des termes « sacrifice » au singulier ou au pluriel, « offrandes », « nous offrons », « oblation », n’est plus que l’une des prières eucharistiques possibles, peu utilisée par des célébrants qui craignent d’être taxés d’« intégrisme ». Au reste, les mots sanctum sacrificium, immaculatam hostiam, « sacrifice saint, hostie immaculée », rajoutés par saint Léon à l'oraison Supra quæ propitio, de l'ancien canon romain, sont traduits en français par « en signe du sacrifice parfait ». 

Mais l’amoindrissement sacrificiel majeur résulte de la suppression de l’offertoire traditionnel, remplacé par une « préparation des dons ». Or, ce terme d’offertoire a toujours été entendu au sens fort desacrifice. Le canon se présente d’ailleurs comme un « offertoire », c’est-à-dire une oblation sacrificielle au Père par le Fils. Dans ce tout que constitue l’ensemble de l’action eucharistique, les liturgies latines et orientales – ces dernières de manière très insistantes – ont toujours salué les oblats apportés dans le sanctuaire et découverts sur l’autel comme consacrés et offerts de manière sacrificielle par anticipation. 

C’est tout naturellement que, du VIIe au XIe siècle, se sont fixées dans la liturgie romaine – comme dans les autres liturgies latines et orientales – ces prières d’offrande sacrificielle des oblats à consacrer : « Reçois, Père saint, cette hostie sans tache que je te présente pour mes péchés, offenses, et négligences » ; « Nous t’offrons, Seigneur, le calice du salut » ; « Reçois, Trinité Sainte, l’oblation que nous te présentons en mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l’Ascension » ; « Dans un esprit d’humilité et un cœur contrit que nous soyons regardés par toi, Seigneur, et que notre sacrifice s’accomplisse aujourd’hui devant toi, de telle sorte qu’il te plaise » ; « Priez, frères, pour que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, puisse être agréé par Dieu le Père tout-puissant ». 

Le désir d’un retour à un rituel antique tel qu’on l’imaginait – simple apport des dons en procession – se conjuguant avec une recherche créative par des processions d’apport des « fruits de la terre et du travail », conduisit à la suppression du prétendu « doublet » qu’aurait constitué l’offertoire romain. 

On doit cependant à Paul VI la réintroduction du mot offerimus, dans la présentation du pain et dans celle du vin, comme aussi de la prière Orate fratres et du répons Suscipiat, qu’il aimait beaucoup, et que les traductions gommèrent, comme on va le voir. 

Les experts fabriquèrent des eulogies sur le modèle de la berakha juive pour les bénédictions de la première coupe et de la fraction du pain au cours des repas cérémoniels (ainsi : « Béni sois-Tu, Éternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui crée le fruit de la vigne »). Aujourd’hui, cette inspiration provoque en effet quelque gêne, car les thèses qui supposaient naïvement une prière juive inchangée durant huit à neuf siècles ont été sérieusement bousculées. Il est même possible que certaines apologies ou autres prières de l’offertoire traditionnel soient au moins aussi anciennes que les bénédictions juives. 

Il reste que les savants experts du Consilium ont éliminé l’offertoire romain et ce pan entier de l’explicitation du sacrifice par la tradition liturgique qu’il représentait. En définitive, la « préparation des dons » qui le remplaçait est ainsi rendue dans le missel français : 
  • Quand le prêtre élève la patène : « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra le pain de la vie » (au lieu de, dans le missel tridentin : « Reçois, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant, cette hostie immaculée, que moi, ton indigne serviteur, je t’offre, à toi mon Dieu vivant et vrai, pour mes péchés, offenses et négligences sans nombre, pour tous ceux qui m’entourent et pour tous les fidèles chrétiens vivants et morts afin qu’elle serve à mon salut et au leur pour la vie éternelle »). 
  • En versant un peu d’eau dans le calice : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité » (au lieu de l’oraison duSacramentaire léonien qui se trouve à cette place dans le missel tridentin: Dieu, qui avez admirablement fondé la dignité de la nature humaine et l’avez plus admirablement encore réformée, donnez-nous par ce mystère de l’eau mêlée au vin de prendre part à la divinité de Celui qui a daigné prendre notre humanité, Jésus Christ, votre Fils, notre Seigneur… » 
  • Quand il élève le calice : « Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra le vin du Royaume éternel » (au lieu de : « Nous t’offrons, Seigneur, le calice salutaire, et demandons à ta bonté qu’il s’élève en parfum agréable devant ta majesté divine, pour notre salut et celui du monde entier»). 
  • Puis incliné : « Humbles et pauvres, nous te supplions, Seigneur, accueille-nous : que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant toi » (au lieu de l’ancienne oraison, cependant conservée dans le missel latin nouveau : « Vois l’humilité de nos âmes et le repentir de nos cœurs : accueille-nous, Seigneur, et que notre sacrifice s’accomplisse aujourd’hui devant toi de telle manière qu’il te soit agréable »).
  • A été supprimée l’invocation : « Vois l’humilité de nos âmes et la contrition de nos cœurs : nous t’en supplions, Seigneur, accueille-nous et que notre sacrifice en ce jour trouve grâce devant toi, Seigneur Dieu. 
  • « S’il le juge bon, le prêtre encense les offrandes de l’autel ; puis le diacre ou le ministre peut encenser le prêtre et le peuple ». 
  • En se lavant les mains : « Lave-moi de mes fautes, Seigneur, purifie-moi de mon péché ». 
  • Et pour finir : « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église » ; avec la réponse du peuple : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde » (au lieu de l’ancien dialogue que conserve toutefois le missel nouveau dans son editio typica latine : « – Priez mes frères, afin que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit acceptable auprès de Dieu le Père tout-puissant. – Que le Seigneur reçoive le sacrifice de vos mains à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute sa sainte Église »). 
Il est clair que les expressions d’offrande sacrificielle (de l’« hostie immaculée », pour les péchés du prêtre et pour le salut de « tous les fidèles chrétiens vivants et morts », du « calice salutaire » en parfum agréable devant la majesté divine, pour le salut du monde entier) ont été sérieusement rabotées. 
Un glissement vers le « faire simplement mémoire » 
Chacun des éléments examinés dans cette lettre et dans les deux qui précèdent peut paraître en soi d’une importance relative. Mais la somme en est très conséquente : de l'abandon d’un rituel contraignant à la multiplication des options, de la célébration dans la plupart des cas face au peuple à l'usage général des langues communes, de la très grande liberté dans les monitions et les commentaires à la place accrue des paroles (pratiquement toujours à haute voix) au détriment du secret rituel et sacré, de la révérence affaiblie vis-à-vis de l’eucharistie à l'expression plus faible du sacerdoce hiérarchique et surtout de la réalité du sacrifice sacramentel, en passant par l'adoption d’un certain nombre de gestes et usages de la vie ordinaire, tout l’ensemble conduit à glisser du faire mémoire au faire simplement mémoire. Pour autant, nous ne remettons pas en cause la validité de cette messe nouvelle, mais cependant, en raison du fait que la structure du rite et des prières est beaucoup plus lâche que dans l’Ordo ancien, la question de la validité peut légitiment se poser lors de célébrations fantaisistes ou blasphématoires que certains prêtres croient pouvoir s’autoriser en profitant de cette normativité peu contraignante. 

Mais ce ne sont pas seulement les prêtres « progressistes » qui bricolent le rituel mou du NOM. Les prêtres « classiques » le font aussi, en sens inverse (génuflexions interminables, commentaires insistants : « Maintenant le prêtre va consacrer le pain qui va vraiment devenir le Corps du Seigneur », etc.). On peut même dire que la mise en avant de la « présence » du célébrant, caractéristique de la messe nouvelle, est une sorte d’obligation compensatoire des manques intrinsèques de cette messe. Pour que la célébration n’incline pas vers un simple mémorial, les célébrants pieux du nouvel Ordo font en sorte de manifester leur foi et leur piété personnelle pour pallier les défectuosités de cet Ordo. Moins le rite parle de présence réelle et de sacrifice, plus le prêtre doit manifester qu’il y croit pour entraîner la foi des assistants. Ce qui bouscule le principe fondamental d’objectivité des sacrements, lesquels produisent la grâce, non pas d’abord en raison de ce que croit personnellement le célébrant, mais par ce qu’il fait publiquement au nom de l’Église. 
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(1) Lors du sacrifice de la messe, la mort salvatrice du Christ est reproduite sacramentellement sous le signe des espèces séparées consacrée en Corps et en Sang qui symbolisent la séparation violente de la croix (Somme théologique, q 77 a 7 ; Somme contre les Gentils, l 4, c 61). 
(2) Voir Philippe-Marie Margelidon, op, « La théologie du sacrifice eucharistique chez Jacques Maritain », dans la Revue Thomiste (janvier-mars 2015, pp. 101-147. 
(3) Entendu comme mort et résurrection. À noter que l’expression peut aussi signifier la mort du Seigneur. Par exemple dans l’oraison du Vendredi Saint : « …le Christ, votre Fils, par son sang répandu, a institué le mystère pascal », per suum cruorem, instituit paschale mysterium. 
(4) « Ceci est le calice de mon sang, de la nouvelle et éternelle alliance, mystère de la foi, qui a été répandu pour vous et pour beaucoup ».

16 décembre 2017

[Abbé Fabrice Loiseau - Missionnaires de la Miséricorde Divine] Désirer le sacerdoce

SOURCE - Abbé Fabrice Loiseau - Missionnaires de la Miséricorde Divine - 8 décembre 2017

Mesurons-nous vraiment la grâce qui nous est accordée pour chaque ordination ? Saint Jean-Paul II affirmait dans Pastores dabo vobis : « L’Église ne pourrait pas, sans prêtres, vivre l’obéissance fondamentale qui est au cœur de son existence et de sa mission dans l’histoire, l’obéissance au commandement de Jésus : Allez donc, de toutes les nations faites des disciples ».

Dans beaucoup de secteurs de l’Église, nous avons encore du mal à comprendre la grandeur de ce don. La crise des vocations vient entre autres d’un manque de foi dans l’identité sacerdotale. Le prêtre est un « Autre Christ », identifié dans son âme et son agir sacramentel au Christ tête et pasteur. Il est marqué par le Seigneur pour nous donner la présence de Dieu, il est l’intendant des mystères du Salut. Seul le prêtre, comme le rappelle infailliblement l’Église, peut offrir le sacrifice de la messe. « Si on comprenait le prêtre, disait le saint curé d’Ars, on en mourrait d’amour ». Sans déifier l’homme qui demeure avec ses faiblesses, comprenons que nous sommes en présence du don de Dieu pour le salut de l’humanité.

Benoît XVI disait en 2006: «Priez le Seigneur de la moisson, cela veut dire aussi : nous ne pouvons simplement « fabriquer » des vocations, elles doivent venir de Dieu. Nous ne pouvons pas, comme peut-être dans d’autres professions, par un management ciblé, par des stratégies appropriées, tout simplement recruter des gens. La vocation doit toujours trouver le chemin qui va du cœur de Dieu au cœur de l’homme. Et malgré tout, pour qu’elle puisse atteindre le cœur de l’homme, notre coopération est également nécessaire. Priez le Seigneur de la moisson, cela signifie certainement en premier lieu que nous lui adressions notre prière, que nous, nous remuions son cœur en disant : agis donc ! Réveille les hommes ! Allume en eux l’enthousiasme pour l’Évangile et la joie à son contact ! Fais qu’ils reconnaissent qu’il s’agit du trésor des trésors, et que celui qui l’a découvert le transmette».
Nous ne pourrons sortir de la crise des vocations si l’ensemble de l’Église ne fait pas un acte de foi dans le sacerdoce. La qualité de l’évangélisation dépend de la juste articulation entre prêtres et laïcs. Il faut désirer et demander des vocations dans chaque famille, ainsi en est il du plan du Seigneur pour une collaboration avec l’homme.

Abbé Fabrice Loiseau

15 décembre 2017

[Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter] L'influence de l'Église dans la société


SOURCE - Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter n° 240 - novembre-décembre 2017

Le cardinal André Vingt-Trois achève son ministère à la tête de l'archidiocèse de Paris. Il a accordé un entretien au Figaro le 10 novembre. À la question : « Ne voyez-vous pas une perte d'influence de l'Église en France ? », le Cardinal répond de façon assez stupéfiante: «L'Église n'a jamais eu d'influence!»

Il développe ensuite sa pensée. D'abord, dit-il, l'Église n'a pas pu empêcher certaines lois mauvaises. Ensuite, affirme-til, la société civile est traversée de divers courants, l'Église n'en représentant qu'un seul. Il souligne également que « si les chrétiens ne sont pas investis, ce n'est pas l'archevêque de Paris qui va changer le cours des choses... » Enfin, il déclare que « la question n'est pas de savoir si la loi autorisera ou non [tel comportement condamnable], mais de savoir s'il y a des chrétiens suffisamment motivés pour ne pas y avoir recours ! »

Ces arguments ne sont guère convaincants. Certes, des lois mauvaises sont passées malgré la résistance des catholiques, mais l'important débat qui a accompagné la question du « mariage homosexuel », par exemple, manifeste clairement que l'Église peut avoir une influence quand les catholiques sont déterminés... surtout s'ils sont soutenus par leurs évêques ! Même si la société est aujourd'hui malheureusement pluraliste, quel parti politique ou syndicat réunit chaque semaine plusieurs millions de ses militants, comme l'Église ? Bien entendu, ce n'est pas l'archevêque de Paris seul qui agit dans la société (même si sa parole a un poids particulier), mais toute l'Église, depuis le dernier des fidèles jusqu'au sommet de la hiérarchie. Enfin, que les chrétiens s'abstiennent de faire le mal, même autorisé légalement, n'est pas équivalent à combattre les mauvaises lois et à promouvoir les bonnes.

Ces arguments du Cardinal concluent encore moins que l'Église n'a jamais eu d'influence. Peut-on dire que sous Constantin, l'Église n'a eu aucune influence dans la société civile ? Que Léon le Grand n'a pas eu d'influence en arrêtant les ravages d'Attila ? Que sainte Clotilde, que saint Rémi n'ont pas eu d'influence sur Clovis ? Que les rois saint Louis en France, saint Édouard en Angleterre, saint Henri en Germanie, saint Étienne en Hongrie, saint Herménégilde en Espagne, n'ont pas eu d'influence sur la société ? Que saint Bernard, saint Vincent de Paul, saint François de Sales, Bossuet, saint Grignion de Montfort, le curé d'Ars, n'ont pas eu un rayonnement social ?

Dire que l'Église n'a pas eu d'influence sur la société, c'est nier l'évidence de l'Histoire, c'est vouloir changer le réel au nom d'une idéologie. La chrétienté, cette union étroite de l'Église et de la société, cette civilisation imprégnée de christianisme, comme l'entendent les historiens, a bel et bien existé durant de nombreux siècles.

En vérité, le Cardinal connaît suffisamment l'Histoire pour savoir que cette influence de l'Église sur la société a été réelle et profonde. En affirmant tout de go que « l'Église n'a pas d'influence », il cherche surtout à se soustraire à ses responsabilités : c'est un langage de démission, d'abandon, de renoncement.

Sans doute, en ses modalités, l'influence de l'Église est-elle différente aujourd'hui de ce qu'elle fut lorsque l'État était officiellement chrétien. Désormais, c'est plutôt par ses intellectuels, ses réseaux modernes d'influence, sa capacité militante, ses institutions universitaires et ses revues, son clergé répandu sur tout le territoire et bien inséré dans la vie locale, que l'Église peut et devrait intervenir avec plus de pugnacité dans le débat public, contribuer à l'enrichir, à l'infléchir, à l'améliorer, à défendre et à promouvoir des valeurs qui font la vraie civilisation. Si toutefois les hommes d'Église veulent être vraiment catholiques, et non se rallier à une prétendue « modernité » qui n'est que le nom d'un monde rejetant Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Sans oublier évidemment la force de la prière et de la grâce : au cours de l'Histoire, quand la situation paraissait désespérée, une prière ardente a pu renverser le cours des choses. C'est ainsi que la bataille de Belgrade en 1456 avec saint Jean de Capistran, que la bataille de Lépante en 1571 avec saint Pie V, que la bataille de Vienne en 1683 avec Jean Sobieski, toutes remportées sur les musulmans oppresseurs de l'Europe chrétienne, furent d'abord des victoires de la prière.

Pour cela, toutefois, il faut que les clercs, et au premier rang les évêques, retrouvent le courage de leurs pères, celui que réclame leur fonction, et engagent les fidèles à prier et à agir dans la société, avec habileté, certes, mais sans crainte ni respect humain, pour le règne de Jésus-Christ.

Abbé Christian Bouchacourt +, Supérieur du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

[FSSPX Actualités] Etats-Unis : nouveaux membres pour la Fraternité Saint-Pie X

SOURCE - FSSPX Actualités - 11 décembre 2017

Jour de liesse à Dillwyn : 12 séminaristes ont prononcé leur premier engagement dans la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, en la solennité de l’Immaculée Conception.

La fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie est le jour consacré aux engagements publics, temporaires et perpétuels, dans la Fraternité Saint-Pie X.

Douze séminaristes ont eu ainsi la joie de prononcer leur premier engagement dans la Fraternité. De plus, quatre prêtres ordonnés à Winona en 2012 se sont engagés de façon définitive : il s’agit des abbés Steven Reuter, Anthony Haynos, Mark Mac Farland et Scott Graves.

La messe a été célébrée par l’abbé Patrick Abbet, sous-directeur du séminaire.

Le saint sacrifice de la messe est au cœur de la spiritualité de la Fraternité fondée par Mgr Marcel Lefebvre. L’Immaculée Conception y tient une place toute particulière, puisque c’est Elle qui a eu le privilège de former en son sein virginal la Victime que le prêtre offre sur l’autel.

Puisse la Vierge Marie, que le continent américain fête le 12 décembre sous le vocable de Notre-Dame de Guadalupe, donner aux membres de la Fraternité la grâce de demeurer fidèles à l’idéal de sanctification que son fondateur leur a laissé en héritage.

[Sylvain Dorient - Aleteia] Les Frères de Saint-Vincent veulent retourner à leurs missions!

SOURCE - Sylvain Dorient - Aleteia - 15 décembre 2017

La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, d'inspiration dominicaine, s'est lancée dans la construction d'une église: un projet aussi beau qu’accaparant.
Le chantier, qui occupe les Frères de Saint-Vincent, à Chémeré-le-roi (Mayenne), depuis septembre 2015, est né d’une bonne nouvelle. Les frères de cette jeune fraternité — fondée en 1979 par le père Louis-Marie de Blignières — sont devenus trop nombreux pour leur petite chapelle et ladite chapelle contient difficilement les fidèles qui suivent les offices de la communauté. « Nous étions obligés d’installer une partie des fidèles dans une pièce à part avec un écran pour suivre la messe », déplore le père Augustin-Marie Aubry, maître des novices de la fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

Les frères se sont lancés, chacun selon ses compétences, avec enthousiasme dans ce projet. Mais maintenant qu’il prend forme, ils voudraient le voir finir pour reprendre leurs missions. Ainsi, le père Jourdain-Marie, chargé de communication du chantier, témoigne : « J’ai hâte de pouvoir raccrocher l’appareil photo pour être plus directement au contact des personnes et non sans cesse derrière un objectif et un écran ».
Un frère trésorier-funambule
Le frère Alain-Marie Froment, l’économe de la Fraternité, est toujours sur la brèche. Il a un budget de 5,8 millions d’euros à gérer, qui comprend la construction d’une église, d’une hôtellerie et d’un cloître. Grâce à la générosité des donateurs, les deux tiers des travaux sont financés, soit 3,8 millions d’euros. Le frère se souvient qu’au plus fort du chantier, il devait honorer des factures s’élevant jusqu’à 300 000 euros par mois ! Il avait la sensation d’avancer dans le vide, comme un funambule : « Actuellement, la note mensuelle a bien diminué, se réjouit-il, mais elle est encore d’environ 180 000 euros. Alors, je m’agrippe à ma perche et ne regarde pas en direction du sol ! ». « Sa perche », se sont les dons des bienfaiteurs, auxquels il demande un dernier effort pour boucler son budget.
Nous finirons avant l’été… si Dieu veut !
Le père Augustin-Marie Aubry rappelle que, si le casque de chantier ne manque pas de charme, les frères ont choisi la capuche. Ils sont d’abord apôtres : leur vie se nourrit de contemplation, de prière et de prédication. Il espère donc que, comme convenu, l’église sera achevée à l’été 2018. Notamment pour que les frères puissent reprendre leurs projets d’études (doctorats, publications, etc.), d’enseignements, ou encore développer l’existant, comme  la Revue de Chémeré, Sedes Sapientiæ. Tout cela est mis en sommeil pendant le temps des travaux.

Ils attendent aussi de pouvoir reprendre l’apostolat en milieu rural, qui passe par la visite de fermes, et l’apostolat d’évangélisation des personnes de culture musulmane. Ils voudraient enfin pouvoir accueillir des retraites dans de bonnes conditions. Cela sera possible grâce à la nouvelle hôtellerie, qui accueillera des retraites : « Retraites du Rosaire, retraites du combat spirituel et retraites des vocations », précise le père Augustin.

Mais il souligne aussi que le chantier n’a pas été stérile, car les frères et les ouvriers se sont très bien entendus. Des relations d’amitiés sont même nées, puisque l’un des maçons a demandé à l’un des pères de la communauté de baptiser son petit-fils. Cette église qui sort de terre n’a pas attendu d’être achevée pour commencer son œuvre apostolique !

[FSSPX Actualités] François : ne pas aller à la messe est un péché

SOURCE - FSSPX Actualités - 15 décembre 2017

Dans un discours prononcé en langue italienne lors de l’audience générale du 13 décembre 2017, le Saint-Père a continué son cycle sur la messe en répondant à la question: «pourquoi aller à la messe le dimanche?»

«Nous, chrétiens, c’est pour se laisser rencontrer par le Christ que nous allons à la messe le dimanche», a expliqué François.

«Et d’ailleurs, les disciples ne s’y sont pas trompés», a expliqué le pape, précisant qu’«eux-mêmes avaient pris l’habitude de célébrer la rencontre eucharistique le dimanche, car c’était en ce jour que s’était produite la Résurrection, ainsi que la grande effusion de l’Esprit Saint à la Pentecôte».

«Un certain nombre de sociétés sécularisées ont perdu le sens chrétien du dimanche illuminé par la messe», a déploré François avant de marteler: «ça, c’est un péché!»

Sur la question du dimanche comme jour chômé, le Saint-Père a rappelé: «au tout début, la cessation du travail le dimanche n’existait pas» dans l’Empire romain, «c’est l’apport spécifique du christianisme», car en passant «de l’état d’esclave à celui d’enfant de Dieu, on a fait du dimanche un jour de repos rempli par la messe».

«Nous allons à la messe», a conclu François, parce que « nous avons besoin de la grâce de Jésus», et que sans la messe nous «ne pouvons pas être des témoins crédibles» de notre foi.

Il est heureux d'entendre le pape rappeler le devoir de sanctifier le dimanche. Ce devoir fait partie des commandements de l'Eglise, et correspond au troisième commandement de Dieu : «Tu sanctifieras le jour du Seigneur». Il consiste à s'abstenir d'œuvres serviles et à rendre à Dieu le culte qui lui est dû, en toute justice, en esprit et en vérité (cf. Jn 4, 23). Or l'assistance à la sainte Messe est le moyen par excellence de rendre à Dieu ce culte sacro-saint. Ici se place tout le drame de la réforme liturgique post-conciliaire, qui altère plusieurs vérités essentielles de la doctrine de la messe catholique, et justifie la défense de la messe traditionnelle.

13 décembre 2017

[Fraternité Saint-Pie X (Belgique)] Communiqué de presse du 13 décembre 2017

SOURCE - Fraternité Saint-Pie X (Belgique) - 13 décembre 2017
En 2011, dès que les parents avaient rapporté les graves accusations dont un prêtre suisse de la Fraternité Saint-Pie X faisait l’objet, son supérieur l’avait immédiatement relevé de tout ministère et avait averti les services de Police dans les 24 heures. La Fraternité avait évidemment pleinement coopéré avec les autorités judiciaires belges.

La Cour d’Appel de Bruxelles vient aujourd’hui de condamner ce prêtre. 

L’arrêt rendu ce jour précise très clairement que la culpabilité se fonde notamment sur plusieurs éléments (témoignages et documents) fournis volontairement par la Fraternité aux autorités judiciaires.

Les faits incriminés sont très graves, a fortiori lorsqu’ils sont commis par un prêtre. La Fraternité Saint-Pie X condamne avec la plus grande force de tels comportements. Les suites canoniques feront sans délai l’objet d’une procédure, conformément au droit de l’Eglise.

Les supérieurs de la Fraternité expriment toute leur tristesse par rapport à ces agissements. Ils regrettent profondément qu’un des membres de leur société ait pu commettre de tels actes scandaleux, si fermement condamnés par l’Evangile.

Ils demandent pardon à la victime et à sa famille. Ils les assurent à nouveau de leur disponibilité pour les aider autant qu’il est possible et si elles le souhaitent. Leurs pensées et leurs prières s’étendent aussi à toutes les autres personnes blessées et scandalisées à juste titre par cette douloureuse affaire.

La Fraternité Saint-Pie X exerce une vigilance accrue pour que de tels drames ne se reproduisent plus.

[Peregrinus] La liturgie en Révolution (1) : L’atteinte à la prière publique de l’Eglise

SOURCE - Peregrinus - Le Forum Catholique - 16 décembre 2017

Si l’Assemblée Nationale Constituante, de la mise à la disposition de la Nation des biens du clergé en novembre 1789 à l’installation de la nouvelle hiérarchie constitutionnelle au printemps 1791, a imposé un profond bouleversement dans l’organisation et la vie de l’Eglise de France, elle semble tout d’abord ne s’être guère intéressée à la liturgie. Contrairement à Joseph II d’Autriche, qui légifère sur le nombre des cierges ou la longueur des chants, ce qui lui vaut d’être surnommé par Frédéric II de Prusse le « premier sacristain du Saint-Empire », la Constituante, malgré la radicalité de ses réformes religieuses, n’a fait aucune réforme liturgique. 

Une telle réserve, alors que la Constitution civile du clergé du 12 juillet 1790 vise à régénérer le clergé en l’intégrant à la Nation, peut surprendre. Il est possible de l’expliquer de deux manières. Tout d’abord, l’Assemblée, qui se défend d’avoir mis la main à l’encensoir, entend conserver une certaine prudence en se gardant de modifier visiblement les rites ; en effet, dans la doctrine du clergé constitutionnel lui-même, tout ce qui concerne immédiatement le culte ou l’administration des sacrements relève d’une « discipline intérieure » dont la puissance spirituelle seule peut disposer. De même que le refus d’ouvrir à cette époque le débat sur le mariage des prêtres, auquel une part considérable des députés du Tiers est probablement favorable, le silence des décrets de la Constituante sur la liturgie témoigne d’une volonté toute pragmatique de ménager au moins provisoirement la sensibilité des catholiques, déjà exaspérés par le refus, le 12 avril 1790, de proclamer la religion catholique religion de la Nation française et par le décret du 12 juillet réorganisant l’Eglise de France.

Si cette première raison est probablement déterminante, il est possible d’en évoquer une seconde. Contrairement à ce que l’on croit souvent, la nouvelle Eglise issue du décret du 12 juillet 1790 n’est pas une Eglise nationale, mais une juxtaposition d’Eglises départementales (1) à peine fédérées par les nouvelles métropoles, comme l’ont bien relevé à l’époque les adversaires du décret (2). Il n’existe pas dès lors de véritable raison de procéder à l’élaboration et à l’imposition d’une unique liturgie nationale, dont le projet n’apparaît qu’après la Terreur, avant d’être repris dans les articles organiques du Concordat de 1801. 

Les évêques constitutionnels ne semblent pas davantage s’être intéressés à la réforme des livres liturgiques en usage dans leurs diocèses, alors même que la nouvelle circonscription ecclésiastique basée sur les départements entraîne la coexistence, au sein d’un même diocèse, entre plusieurs rites. Ainsi, dans le diocèse de la Charente, les paroisses issues de l’ancien diocèse d’Angoulême suivent le rite romain, tandis que les parties du département issues des diocèses de Périgueux, de Sarlat, de Cahors, de Poitiers, de Limoges et de Saintes suivent des rites propres dérivés du rite parisien. Une telle disparité, qui explique pour partie les réformes successives entreprises par les évêques du Concordat à la romanisation du milieu du XIXe siècle, ne semble pas avoir engagé les prélats constitutionnels à promouvoir l’uniformité au sein de leurs diocèses. Là encore, le souci de ménager clergé et fidèles, alors que la lutte entre jureurs et réfractaires bat son plein, explique sans doute largement la prudence des intrus. 

Il pourrait donc sembler à première vue que la réorganisation constitutionnelle de l’Eglise gallicane n’a pas affecté la prière publique. Une telle vue est cependant trop courte. En effet, bien que les réformes de la Constituante n’aient, à quelques exceptions près, guère altéré la vie liturgique des paroisses, elles ont en réalité détruit la perpétuité de la prière publique en anéantissant tous les corps qui y étaient voués. Ainsi, la suppression des ordres religieux, décidée par l’Assemblée dès février 1790, c’est-à-dire avant même l’ouverture des débats sur la Constitution civile, entraîne logiquement la disparition des monastères et couvents dédiés à la célébration de l’opus Dei. Cette mesure est aggravée par la Constitution civile, qui anéantit les bénéfices sans charge d’âmes, éteint définitivement les églises collégiales et prétend ramener les églises cathédrales à leur « état primitif » supposé (titre I, article 7). La Constitution civile conçoit l’évêque comme le premier des curés du diocèse. La cathédrale, église épiscopale, est donc avant tout une église paroissiale dont l’évêque est le curé (3). Les douze à seize vicaires qui lui sont adjoints, qui remplacent à la fois vicaires généraux et chanoines, sont à la fois ses auxiliaires dans le gouvernement du diocèse et les vicaires de la paroisse cathédrale. 

Une telle réforme n’est pas sans conséquence dans la célébration de l’office divin. A partir de l’automne 1790, les chapitres cathédraux sont dispersés par les autorités civiles ; des scellés sont parfois apposés aux portes de la sacristie et aux grilles du chœur. A la cathédrale de Soissons, seule reste ouverte, après le départ forcé des chanoines, la chapelle paroissiale des Fonts tandis que le chœur demeure fermé jusqu’à l’installation solennelle de l’évêque intrus (4). L’office perpétuel est donc interrompu. Mais même dans les cathédrales dont les autorités n’imposent pas la fermeture totale ou partielle, la prière publique est atteinte dans son intégrité. Certes, à Rouen ou à Bayeux, les autorités municipales chargent les prêtres du bas-chœur de la cathédrale de poursuivre la célébration solennelle des offices. Cependant, ceux-ci sont ramenés au cadre paroissial. Désormais, les prêtres du bas-chœur acquitteront les messes matinales, les messes de fondation et une grand-messe chaque jour ; mais les heures canoniales sont supprimées ; les vêpres elles-mêmes ne seront chantées que les dimanches et fêtes. L’office constitutionnel des cathédrales est un office paroissial et non canonial (5). 

L’installation des évêques intrus et de leurs vicaires n’apporte aucune amélioration à ce nouvel état. Occupés à l’administration du diocèse ou aux soins du ministère paroissial, lorsqu’ils ne se jettent pas à corps perdu dans les clubs politiques, les vicaires épiscopaux n’ont guère de temps à consacrer à l’office du chœur. 

Si l’on pourrait citer de nombreuses protestations pleines de vigueur et de dignité élevées par les chapitres cathédraux contre leur dispersion forcée, c’est à un laïc, le canoniste Gabriel-Nicolas Maultrot, qu’il est revenu d’exprimer avec le plus de force la signification profonde d’une telle atteinte à la prière publique de l’Eglise. Contre Henri Grégoire, évêque intrus du Loir-et-Cher, qui moque les chapitres détruits et se félicite du primat donné aux fonctions paroissiales dans les cathédrales, Maultrot, pourtant défenseur des droits des curés à la fin de l’Ancien Régime, met en évidence, en termes magnifiques, la valeur proprement ecclésiologique de la liturgie de l’église cathédrale.
Je vois ici une erreur bien plus sérieuse que votre satyre imbécile [contre les chanoines]. C’est celle qui ne fait de la priere publique de l’évêque & de son église, qu’un service accessoire, & qui n’est point immédiatement applicable aux fideles ; erreur qui démontre que vous n’avez aucune idée de l’unité de l’église, dont l’office perpétuel de la cathédrale est le sacrement, le signe sensible, & que vous n’en connoissez pas plus le mystere dans son culte que dans sa puissance. Dieu est un, Monsieur, & il a tout réduit à l’unité. Il a réconcilié le ciel & la terre par J. C. son Fils, qu’il a rendu le centre de toutes choses. C’est en lui qu’il réunit toutes les substances spirituelles & corporelles, visibles & invisibles ; c’est par lui que les anges et les hommes lui rendent l’hommage dû à sa majesté suprême. J. C., pour former de vrais adorateurs à Dieu son Pere, a fondé son église. Cette église, quoique dispersée par tout le monde, est une. Il en est le chef invisible ; le successeur de Pierre en est le chef visible […]. Rome est son point de réunion, son centre commun. Chaque église particuliere est une, aussi bien qu’elle ; elle se réunit dans son évêque, & le clergé de sa cathédrale. […] Cette premiere église est le point de réunion de toutes les parties qui composent le diocèse : elle est le principe d’où tout part, « la source des bénédictions & consécrations divines, qui coulent & se distribuent dans les paroisses, d’où la majesté du culte divin & la sainteté de nos sacremens se répandent dans les églises inférieures ». Elle est aussi le centre où tout aboutit. C’est à la priere publique de l’évêque & de la premiere église, centre de la communion diocésaine, comme Rome est celui de la communion catholique, que viennent se réunir & se consolider toutes les prieres, toutes les bonnes œuvres qui se font dans le diocèse. Le pere de famille prie dans sa maison, avec sa femme, ses enfans, ses serviteurs ; l’abbé, dans son monastere, avec sa famille spirituelle ; le curé, dans sa paroisse, avec ses paroissiens […]. Mais à l’exemple de Daniel, 6, 10, tous dirigent leur esprit vers la ville sainte, vers le temple sacré où l’évêque, assisté de son clergé, environné des fideles, présente au Tout-Puissant leurs besoins, leurs vœux, le tribut de leurs adorations & de leurs actions de graces (6).
L’abandon par l’Eglise constitutionnelle de la prière publique perpétuelle des diocèses, sacrifiée aux conceptions étroitement utilitaristes qui marquent la pensée des constituants et d’une partie du clergé, constitue un signe de la perte du sens de l’unité catholique. Par les lois qui règlent son organisation, l’Eglise constitutionnelle est une Eglise dont l’activité ne prend pas surnaturellement sa source dans la prière et dans la liturgie. Il est donc faux de dire que la Constituante n’a pas altéré la prière publique. Certes, elle s’est gardée de réformer les livres liturgiques. Elle n’en a pas moins porté une atteinte extrêmement grave à l’intégrité de la prière de l’Eglise, condamnée, à l’encontre de sa raison d’être la plus profonde, à se plier aux vues d’utilité sociale des hommes de 1789. 

(A suivre)

Peregrinus
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(1) Cf. Gérald Chaix (dir.), Le diocèse. Espaces, représentations, pouvoirs (XVe-XXe siècle), Cerf, Paris, 2002. 
(2) Voir par exemple l’importante intervention à la Constituante le 31 mai 1790 de l’abbé Goulard, curé de Roanne, dans Archives parlementaires, t. XVI, p. 11, ou la déclaration du chapitre de Saint-Brieuc du 9 novembre 1790 (Archives Nationales, D/XXIX/bis/25). 
(3) Cf. Paul Chopelin, « Les paroisses urbaines de l’Eglise constitutionnelle (1791-1803) », dans Anne Bonzon, Philippe Guignet, Marc Venard (dir.), La paroisse urbaine du Moyen Age à nos jours, Cerf, Paris, 2014, notamment p. 292-293.
(4) Archives départementales de l’Aisne, L1502, Procès-verbal d’apposition des scellés à la cathédrale de Soissons, 13 novembre 1790.
(5) Jules Charrier, Claude Fauchet, évêque constitutionnel du Calvados, député à l’Assemblée Législative et à la Convention (1744-1793), Honoré Champion, Paris, 1909, t. II, p. 50-51.
(6) Gabriel-Nicolas Maultrot, Comparaison de la constitution de l’Eglise catholique et de la nouvelle Eglise de France, Dufresne, Paris, 1792, p. 224-226.

[Raphaël Zbinden - cath.ch] Pédophilie: un prêtre valaisan de la FSSPX condamné en Belgique

SOURCE - Raphaël Zbinden - cath.ch - 13 décembre 2017
Un prêtre valaisan de la Fraternité sacerdotale St-Pie X (FSSPX) a été reconnu coupable, le 13 décembre 2017 à Bruxelles, d’avoir abusé sexuellement d’un jeune garçon. La FSSPX demande pardon pour les agissements du prêtre.
La cour d’appel de Bruxelles a condamné le prêtre de la Fraternité traditionaliste à cinq ans de prison avec sursis pour ce qui excède trois ans, rapporte l’agence Belga. Les abus se seraient produits dans un internat de la FSSPX dans la capitale belge, entre 2010 et 2011. En première instance, l’accusé avait été acquitté au bénéfice du doute. Il s’est toujours déclaré innocent. Le 13 décembre, il n’a pas comparu devant la Cour, pour raison médicale.
Déjà accusé en Valais
Les juges de la cour d’appel ont suivi le réquisitoire de l’avocat général qui avait requis la culpabilité du prévenu et réclamé une peine de cinq ans de prison avec sursis partiel à son encontre.

Le prêtre a par contre été acquitté au bénéfice du doute pour des faits de même nature commis sur deux autres garçons de l’internat. Ces derniers ne s’étaient pas constitués partie civile devant la cour d’appel.

Le prêtre avait déjà été soupçonné de pédophilie en Valais. Il avait alors bénéficié d’un acquittement par un tribunal ecclésiastique, en 2006. Il lui avait néanmoins été interdit d’avoir des contacts avec des enfants pour une durée de 10 ans. A Bruxelles, le prêtre n’aurait eu ainsi dans un premier temps que des tâches administratives. Il aurait cependant fini par s’occuper de la surveillance de nuit d’un dortoir. Un manquement que le tribunal a reproché à la Fraternité. Selon le journal belge La Capitale, le supérieur de l’accusé aurait expliqué que ce dernier avait entrepris “dans son dos” de s’approcher des enfants.
La FSSPX condamne
Dans un communiqué publié sur son site internet, la FSSPX souligne que “l’arrêt rendu ce jour précise très clairement que la culpabilité se fonde notamment sur plusieurs éléments (témoignages et documents) fournis volontairement par la Fraternité aux autorités judiciaires”. La Fraternité séparée de Rome depuis 1988 affirme que “les faits incriminés sont très graves, a fortiori lorsqu’ils sont commis par un prêtre”. Elle “condamne avec la plus grande force de tels comportements” et assure que les suites canoniques feront l’objet d’une procédure.

Les supérieurs de la Fraternité expriment également “toute leur tristesse par rapport à ces agissements”. Ils demandent pardon à la victime et à sa famille et garantissent une “vigilance accrue pour que de tels drames ne se reproduisent plus”. (cath.ch/ag/rz)

12 décembre 2017

[Tommy Brochu - La Tribune (Canada)] L'église Sainte-Jeanne-d'Arc redeviendra un lieu de culte

SOURCE - Tommy Brochu - La Tribune (Canada) - 12 décembre 2017

L'Église Sainte-Jeanne-d'Arc reprendra du service. Acheté par la Fraternité Saint-Pie X et l'abbé supérieur de district Daniel Couture, le bâtiment inoccupé depuis 2015 reprendra sa vocation première de lieu de culte.

La Fraternité Saint-Pie X a acheté l'église au prix de 550 000 $. Depuis le mois de novembre, les fidèles occupent le bâtiment, même si la confirmation de l'achat ne s'est faite que le 8 décembre.

Les membres de la Fraternité sont déménagés plus souvent qu'à leur tour au cours des dernières années. Les fidèles sont passés par plusieurs locaux, dont un garage dans l'Est de Sherbrooke. Par contre, la Fraternité est à l'église Sainte-Jeanne-D'Arc pour y rester, selon l'abbé Daniel Couture.

« Le cœur du problème, c'est que depuis l'arrivée de la messe en français, les églises se vident, explique l'abbé Couture. Nous, on fait la messe en latin et on achète des églises. En parallèle, il y a un intérêt pour les valeurs traditionnelles un peu plus exigeantes », pense-t-il.

L'objectif est simple à la Fraternité Saint-Pie X. Le but est de faire salle comble. « On veut remplir l'église. On n'est pas encore une centaine, mais comme on a maintenant un lieu de culte digne de la messe, on invite les gens à venir », mentionne-t-il.

De plus, malgré quelques retouches, l'état de l'église semble bon. « Elle est dans un état surprenant. C'est sûr qu'il y a des travaux à faire. De plus, on essaie de louer le sous-sol à des organismes communautaires qui ont des valeurs semblables aux nôtres. Ce ne sera pas un bar rock-n-roll! », plaisante l'abbé Couture.

Le retour de la messe

Les messes sont déjà recommencées dans le lieu de culte. Chaque vendredi à 18 h 30 et tous les dimanches à 11 h 30, les fidèles se réunissent afin de célébrer Dieu.

La Fraternité Saint-Pie X est présente dans 72 pays.

Au mois d'octobre 2016, l'homme d'affaires Réal Brochu a acheté le lieu de culte pour la somme de 230 000 $. M. Brochu aménagera prochainement un stationnement pour les utilisateurs de l'église située au 1000 rue Galt Ouest.

Après beaucoup de rumeurs comme quoi l'église allait servir de cinéma, de cirque ou encore de mosquée, l'édifice a trouvé preneur une fois pour toutes vendredi dernier.

10 décembre 2017

[Séminaire de Wigratzbad - FSSP] Première messe de l'abbé Télisson à Bourges

SOURCE - Séminaire de Wigratzbad - FSSP - 10 décembre 2017
L'abbé Nicolas Télisson, ordonné prêtre le 18 novembre, est retourné à Bourges, où il avait passé son année diaconale, pour célébrer sa première messe solennelle. Il était entouré des prêtres de la Maison du district de France, puisqu'elle est installée dans cette ville depuis quelques années. Le prêtre assistant était l'abbé Louis Le Morvan, responsable de notre apostolat berruyer.

[VIDEO] [Mgr Williamson] Veillez et priez

SOURCE - Mgr Williamson - 21 octobre 2017

[Jean de Taurriers - ND de Chrétienté - L'Appel de Chartres] Le cardinal Sarah sera à Chartres en 2018!

SOURCE - Jean de Taurriers - Notre Dame de Chrétienté - L'Appel de Chartres n°2015 - 9 décembre 2017

Le cardinal Sarah sera à Chartres en 2018! Comme je l’ai annoncé lors de l’Assemblée Générale de notre association (le 17 novembre) et à l’Université d’Automne (le 18 novembre), Notre Dame de Chrétienté aura le grand honneur d’accueillir le cardinal Sarah lors de la Messe de clôture de notre prochain pèlerinage à Chartres, le 21 mai 2018.

Nous remercions infiniment le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, d’avoir accepté de venir pèleriner avec nous. Nous nous faisons une joie de préparer cet événement qui sera une date importante pour l’histoire de notre pèlerinage.
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Nous revenons juste de notre retraite annuelle à l’abbaye de Fontgombault où nous étions une cinquantaine de pèlerins, amis de Notre Dame de Chrétienté. La chaleur de l’accueil des moines nous a fait oublier la fraîcheur du microclimat bien connu des bords de Creuse ! Nous avons prié pour nos défunts, malades, familles et pour vous tous.
   
« Écoute, ô mon fils, les préceptes du Maître, et prête l’oreille de ton cœur » sont les premiers mots de la Règle de Saint Benoît. Nous avons écouté le silence rempli de Dieu de l’abbaye et « frappé sans fatigue à la porte du Dieu silencieux » (Benoît XVI). Le Père Abbé, Dom Pateau, nous a instruits sur la « lectio divina », et l’Abbé Garnier sur Saint Jean-Baptiste, « premier martyr du mariage et de la famille » (Cardinal Burke).
  
Cette retraite, année après année, se remplit de plus en plus vite. Nous allons la maintenir en remerciant encore l’Abbaye de Fontgombault et son Père Abbé. Cette retraite nous permet de donner à Dieu ce temps qui est la prière, peut-être en suppléance de celui que nous ne donnons pas suffisamment dans la vie de tous les jours.
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Joyeux temps de l’Avent! En ce début de temps de l’Avent, je vous propose de lire un petit texte devant le tableau de La Nativité peint en 1622 par Gerrit van Honthorst. (1)

C’est un extrait d’un texte bien connu pour son auteur, Jean-Paul Sartre, écrit dans un camp de prisonniers français en 1940. Au second plan du tableau, dans l’ombre et la discrétion, vous découvrirez Saint Joseph père attentif et serviteur de Notre Seigneur à qui notre prochain pèlerinage sera dédié. Mais lisons le texte « … Joseph ? Je ne le peindrais pas. Je ne montrerais qu’une ombre au fond de la grange et aux yeux brillants, car je ne sais que dire de Joseph. Et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer. Il se sent un peu en exil. Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu. Combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu est venu dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté, et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera d’apprendre à accepter. Joseph ne sait que dire de lui-même : il adore et il est heureux d’adorer. »

Je vous souhaite, ainsi qu’à toutes vos familles, un saint temps de l’Avent et un joyeux Noël. Prions pour les défunts amis de Notre Dame de Chrétienté : Charles Houdet, Arnaud de Lassus, Gérard de Rosny, Jehan de Saint Chamas. Que la Sainte Vierge protège également nos amis malades, je pense tout spécialement à Alain Huser et Pierre Vouters.

Saint Joseph, priez pour nous.

Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

Jean de Tauriers
Président
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(1) En remerciant le site PRIXM, découvert au retour d’un récent pèlerinage en Terre Sainte, de nous avoir donné « involontairement » l’idée de cet Appel de Chartres.

[FSSPX Actualités] Nouvel archevêque de Paris: quel sera le rôle de Mgr Aupetit?

SOURCE - FSSPX Actualités - 9 décembre 2017
Alors que Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, vient d’être nommé par le Saint-Père à la tête de l’archidiocèse de Paris, en remplacement du cardinal André Vingt-Trois, FSSPX.Actualités fait le point sur les attributions d’un archevêque qui exerce sa mission apostolique avec l’aide de quatre évêques auxiliaires.

Parce que Paris est le siège du gouvernement, son archevêque est souvent celui qui représente l’Eglise catholique auprès des autorités politiques. Ainsi le prélat est-il invité aux vœux du président de la République à l’Élysée.

Il revient à l’archevêque de célébrer chaque année la messe de rentrée des parlementaires à Sainte-Clotilde - proche de l’Assemblée nationale -, et de participer à l’instance de dialogue entre le gouvernement et l’Eglise catholique créée en 2002.

Il est par ailleurs membre de droit du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France qui se réunit une fois par mois.

La province ecclésiastique de Paris couvre la région Ile-de-France et compte huit diocèses suffragants : leurs huit évêques – ainsi que l’évêque aux armées – se retrouvent autour de leur métropolitain six fois par an, le plus souvent au siège de l’archevêché de Paris. Celui-ci est installé depuis 2013 au 10, rue du Cloître-Notre-Dame, sur l’île de la Cité, face au portail nord de la cathédrale.

L’archevêque de Paris est statutairement chancelier de l’Institut catholique dont il préside aux orientations.

Enfin, il est l'Ordinaire des catholiques de rite oriental résidant en France. Dans l'accomplissement de cette fonction, l’archevêque est aidé d’un vicaire général délégué. Actuellement il s'agit de Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient.

[FSSPX Actualités] Le cardinal Pujats dénonce le libéralisme d’Amoris lætitia

SOURCE - FSSPX Actualités - 9 décembre 2017

Dans un entretien paru le 19 novembre 2017 sur le site italien La Fede Quotidiana, le cardinal Janis Pujats, archevêque émérite de Riga en Lettonie et ancien président de la Conférence épiscopale locale, a déclaré au sujet de l’exhortation Amoris lætitia : « la mentalité sous-jacente du texte est trop libérale. » Il a affirmé voir un certain relâchement de la moralité catholique et surtout des valeurs et principes non négociables.

Interrogé sur la possibilité de donner la communion aux divorcés civilement remariés qui vivent more uxorio (i.e. maritalement), le prélat a rappelé : « nous avons certainement besoin de porter une attention pastorale à ces personnes », mais « elles ne peuvent pas recevoir la communion sacramentelle. Elles ne sont pas légitimement unies dans le mariage et se trouvent donc dans un état de péché mortel. Tout cela fait partie de la doctrine des sacrements. »

A la question de savoir si cette position est « trop sévère », le cardinal letton a demandé : « qu’est-ce que cela signifie ? », et de répondre aussitôt : « la doctrine de l’Eglise ne change pas et personne n’est autorisé à faire cela. Tout est écrit dans l’Evangile et doit être accepté ». « Aujourd’hui, pour le bien de l’Eglise et du peuple de Dieu, une clarification en accord avec les préceptes de l’Evangile et le magistère constant de l’Eglise est nécessaire », a poursuivi le cardinal, âgé de 87 ans. « Personne ne devrait avoir peur de la clarté doctrinale », a-t-il ajouté, en précisant : « s’il y a quelque chose de destructeur, c’est l’incertitude provoquée par l’ambiguïté et la confusion. »

« Nous devons avoir le courage de parler le langage de la vérité, clairement et sans crainte, sans vouloir plaire au monde, parce que nous risquons de glisser peu à peu dans une grave erreur. Nous devons réitérer la doctrine éternelle sur le mariage et la famille », a-t-il déclaré.

Pour mémoire, le cardinal Pujats avait signé la Déclaration de fidélité à l’enseignement immuable de l’Eglise sur le mariage, du 26 août 2016, qui a recueilli 35.700 signatures, et à laquelle le pape François n’a pas plus porté attention qu’aux Dubia des quatre cardinaux, du 19 septembre 2016, et à la Correction filiale des clercs et universitaires catholiques, du 16 juillet 2017.

[FSSPX Actualités] Mgr Schneider: les vrais amis du pape ne sont pas ses adulateurs

SOURCE - FSSPX Actualités - 8 décembre 2017

Dans un entretien accordé à Michaël Matt du journal américain The Remnant, le 19 novembre 2017, Mgr Athanase Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, a déclaré que « les vrais amis du pape » sont ceux des cardinaux, évêques et laïcs «qui expriment leur inquiétude publique sur l’état de confusion dans l’Eglise.»

Il a qualifié l’appel à la clarté sur cette situation très préoccupante, un « acte de charité envers le pape », ajoutant qu’il était convaincu que lorsque le pape sera face au jugement de Dieu, «il sera reconnaissant à ces cardinaux, évêques et laïcs qui en auront appelé à lui pour faire la clarté.»

Mgr Schneider a affirmé que ceux qui adoptent une attitude d’«adulation du pape» et qui « nient l’évidence» que l’ambiguïté dans ses enseignements soit à l’origine de la confusion présente, ne servent pas le pape ni ne contribuent au bien de leurs âmes, quand ils seront confrontés au jugement dernier.

A tous ceux qui disent au pape: «tout va bien», malgré la « situation désastreuse», le prélat a déclaré qu’à leur jugement Dieu demandera: «Qu’avez-vous fait quand il y avait la confusion? Pourquoi n’avez-vous pas élevé la voix pour défendre la vérité?»

Pour Mgr Schneider, l’Eglise est la «grande famille de Dieu»; or, en famille, nous devons avoir l’occasion de parler «sans craindre d’être punis ou isolés».

[Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et Marie] Cinq nouveaux membres pour la SAJM

SOURCE - Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et Marie - 8 décembre 2017

Aujourd'hui, en la fête de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie, les séminaristes de deuxième année ont prononcé leurs premiers engagements dans la SAJM. Deo gratias.


[Adélaïde Pouchol - L'Homme Nouveau] Quand les moines appellent à boire... - entretien avec un moine du Barroux

SOURCE - Adélaïde Pouchol - L'Homme Nouveau - 5 décembre 2017

L’abbaye du Barroux lance un appel pour écouler au plus vite les stocks de vin Caritas, pourquoi est-ce si urgent?
Caritas est un projet solidaire, une marque de vin créée en 2015 avec les vignerons de notre secteur. Caritas, la charité en latin, est vraiment l’expression de ce que nous avions au cœur, de ce que nous vivions et voulions partager et ce nom nous est venu naturellement. Nous avons d'ailleurs fait inscrire sur les bouchons de chacune de nos bouteilles "Si je n'ai pas la charité, je ne suis rien."Nous avions bien conscience que Caritas était aussi le nom de la fédération bien connue d’organismes catholiques présente partout dans le monde, mais nous avons été mal conseillés en droit des marques et avons cru pouvoir déposer ce nom en classe 33 (vins et boissons alcoolisées) puisque la fédération Caritas avait déposé le sien dans la classe des services. Or la fédération a les caractéristiques d’une marque notoire et a droit à ce titre à une protection de sa marque au-delà de sa classe de dépôt. Nous avons discuté avec des responsables de Caritas, avons compris leur demande et décidé de changer de nom pour ne pas entraver leur travail.

Cette nouvelle marque devrait voir le jour en janvier. D’ici là, nous avons obtenu des représentants français de Caritas la permission d’écouler notre stock en France mais cela nous a été refusé dans d’autres pays car nous devons négocier avec les représentants de chaque pays le droit d'y vendre nos bouteilles. À cela s’ajoutent les pertes – grimpant parfois jusqu’à 70 % – subies par les vignerons à cause du gel cette année… Nous allons manquer de trésorerie si nous n’écoulons pas nos stocks rapidement et manquons surtout de place pour étiqueter et stocker les bouteilles avec le nouveau nom. Si nous voulons surmonter ces difficultés, nous avons besoin que l’on achète et que l’on boive notre vin!
Caritas, dont le nouveau nom sera bientôt dévoilé, est donc une marque de vin. Mais encore ?
Notre communauté bénédictine s’est installée au Barroux il y a trente ans et les sœurs, arrivées en 1986, ont repris une propriété viticole en s’engageant à la maintenir en activité. Dès le début, nous avons donc travaillé la vigne, et en avons même planté autour de l’abbaye des hommes. Au fil des ans, nous avons rejoint un groupe de vignerons et nous nous y sommes impliqués jusqu’à en devenir administrateurs. Conscients des enjeux de l’activité viticole dans cette région, nous avons eu l’idée de créer une cuvée commune pour travailler ensemble, avec des méthodes plus respectueuses de la Création.

L’image monastique est une image forte, celle d’un travail bien fait et avec amour. Nous voulions emmener avec nous des vignerons dont le travail est assez méconnu et peu valorisé dans notre région du Ventoux. Ici, les terrains sont en terrasse, parfois très accidentés et donc bien plus difficiles à travailler que sur les plaines. Cela nécessite un outillage spécifique et couteux. Mais les vignerons avaient à cœur de ne pas laisser à l’abandon ces paysages façonnés par des siècles de travail de nos pères et avaient décidé d’y faire un vin d’exception. Alors, en 2012, les moines commencent donc à cultiver, eux aussi, en terrasse, avec les méthodes très pointues que cela implique. L’intuition de Caritas, c’est donc d’allier le savoir-faire des moines et celui de ces vignerons jusqu’au-boutistes !
Ce travail du vin mobilise-t-il toute la communauté ?
Il y a une équipe fixe de quatre ou cinq frères qui s’occupent des activités agricoles, le vin, l’huile d’olive et la lavande. Il en va de même pour la communauté des moniales, que nous aidons pour certaines activités, notamment les travaux de force. Toute la communauté travaille pour les vendanges et les cueillettes. Notre vin est le fruit d’un travail monastique réel ! A eux deux, les vignobles des moines et des moniales représentent tout de même 9 hectares.
Les moines connaissaient-ils les métiers de la vigne lorsque l'aventure de Caritas a commencé ?
Il y avait dans la communauté un moine qui avait été œnologue, un fils de vigneron et un ancien ingénieur agronome. Mais surtout, nos liens avec les vignerons de la région nous ont permis de rencontrer des personnes qui connaissent bien le métier et étaient prêtes à nous aider. Je pense en particulier à Jean-Dominique Artaud, rencontré en 2010, alors qu'il était chef de culture du Domaine de la Janasse en Châteauneuf-du-Pape. Il a vu le potentiel des vignobles des abbayes des moines et des moniales et a su nous indiquer dans quelle direction approfondir notre travail pour gagner en qualité. Il faut beaucoup de finesse, ne serait-ce que pour déterminer la date des vendanges en fonction du vin que l'on souhaite... Comment ne pas citer également Philippe Cambie, sacré œnologue de l'année en 2010 par Robert Parker, qui nous a prodigué de précieux conseils alors qu'il est très sollicité par ailleurs ? C'est un homme de cœur qui a su voir tout de suite que notre projet valait le coup.
Comment sont vendus les vins Caritas?
Au Barroux, nous avons toujours fait et vendu notre vin mais au départ, nous ne passions que par les réseaux monastiques. Avec Caritas, nous voulons rejoindre les canaux de vente de vin traditionnels : cavistes, épiceries fines, hôtelleries... Notre site internet répertorie les différents points de vente des vins Caritas mais ces informations sont en perpétuelle évolution puisque de nouveaux points de vente s'ouvrent régulièrement. Caritas représente quelques 70 vignerons, nous avons donc des objectifs d'export très importants pour la marque. Nous avions déjà bien amorcé ces démarches mais notre problème de nom de marque fait que nous ne sommes pas en mesure d'honorer nos commandes dans certains pays. Il faut impérativement que nous surmontions ces difficultés pour que le projet Caritas continue de se développer, et avec lui l'esprit de charité qu'il porte, et l'hommage qu'il rend au travail paysan.

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Miracles dans le NOM?

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 9 décembre 2017

Un pasteur pourra bien quitter tous ses agneaux.
Dieu, jamais! Sauf s’ils veulent être pris pour des veaux.

Lorsque l’année dernière nous affirmions dans ces “Commentaires” qu’à Sokulka, en Pologne, s’était produit en 2008 un miracle eucharistique sur une hostie consacrée lors d’une nouvelle Messe, un certain nombre de catholiques du monde anglophone ont nié qu’une telle chose fût possible. Lorsque, récemment, cette affirmation a été renouvelée à Paris (youtu.be), ce fut au tour de certains traditionalistes français de mettre en question ce miracle, malgré la preuve apparemment scientifique qu’apportèrent à l’époque deux laboratoires polonais : l’un et l’autre déclarèrent séparément que l’échantillon de l’hostie en question provenait du muscle cardiaque d’un être humain en détresse aiguë.

Devant ces preuves, deux lignes d’argument opposées sont possibles. Soit on insiste sur le poison moderniste contenu dans le NOM et l’on conclut à l’impossibilité intrinsèque pour Dieu de faire un tel “miracle” ; soit l’on reconnaît le sérieux des preuves scientifiques, ce qui conduit à la nécessité de reconnaître comme pouvant être valides la nouvelle Messe, les nouvelles Ordinations sacerdotales et les nouvelles Consécrations épiscopales, étant donné que le prêtre et l’évêque concernés ont été ordonné et consacré respectivement en 2005 et en 1980). Mais de vaillants Traditionalistes se refusent obstinément à croire que ces trois validités soient possibles au sein de la Néo-église moderniste.

Toutefois, une chose est certaine, au moins dans l’Église catholique : de telles questions doivent être déterminées par la doctrine et non par l’émotion. On sait combien « piloter au feeling » peut être fatal aux aviateurs ; ici comme ailleurs, la raison doit pré valoir. La doctrine de l’Église sur la validité d’un sacrement comporte quatre exigences : un ministre, une forme, une matière et une intention sacramentelle valides. Le NOM peut négliger une seule ou toutes de ces exigences, mais aucune des quatre n’est automatiquement exclue. Si bien que là où ces quatre exigences sont respectées, la nouvelle Messe est valide. C’est pourquoi Mgr Lefebvre, qui connaissait sa théologie, n’a jamais prétendu que le NOM était automatiquement invalide. Donc, le NOM célébrée à Sokulka n’était pas nécessairement invalide ; et donc il semble plus raisonnable de partir des preuves pour admettre le miracle que de partir de l’impossibilité du « miracle » pour conclure à la fausseté de cette évidence scientifique. A moins de pouvoir fournir une raison précise qui permette de révoquer en doute le témoignage des pathologistes qui se sont exprimés.

Reste une objection majeure : comment est-il possible que le Bon D ieu fasse des miracles dans le cadre du NOM, alors que cette réforme a été conçue par ses auteurs pour empoisonner progressivement la foi des fidèles et détruire ainsi l’Église catholique ? La réponse doit être que Dieu ne donne pas au NOM une valeur authentique dans son principe. Néanmoins, Il maintient sa validité possible afin de ne pas abandonner une masse des catholiques qui continuent d’y assister innocemment, plus ou moins ignorants du poison que représente ce nouveau rite. Avant tout, ce qu’Il veut rappeler par un tel miracle, à la fois aux pasteurs et au troupeau, c’est qu’Il est Présent sous les apparences du pain et du vin. Quand on ne perd pas de vue que la doctrine catholique peut permettre au NOM d’être valide ; quand on se rappelle Saint Paul disant que quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement sera coupable du Corps et du Sang du Seigneur (I Corinthiens 23–2 9) ; et quand on observe à quel point est répandu dans la Néo-église le manque de respect pour la Présence Réelle, alors on comprend tout de suite que des signes comme le miracle de Sokulka peuvent contribuer au salut de beaucoup d’âmes. Le curé de la paroisse est là pour témoigner du progrès de la foi et de la pratique religieuse dans toute la région de Sokulka depuis le miracle.

Mais l’objecteur insistera : Comment Dieu peut-il permettre qu’un tel rite empoisonné puisse être valide ? Nous répondons : Il ne supprime pas le libre arbitre de l’homme ; Il nous permet dans une large mesure de faire ce que nous voulons. Dans le cas présent, les néo-modernistes voulaient (et veulent toujours) que le rite de la Messe soit suffisamment empoisonné pour tuer à long terme la vraie Église, mais qu’il soit en même temps assez catholique pour abuser à court terme les fidèles ignorants et innocents, encore confiants dans leurs pasteurs qui leur racontent, par exemple, que le NOM est le « rite ordinaire » de l’Église. Le NOM n’aurait jamais été accepté dans l’Église Universelle s’il avait été évident dès le départ qu’il était automatiquement invalide.

Kyrie eleison.