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11 janvier 2005

[Mgr Williamson, fsspx] "...je n’autorise personne à utiliser mon nom pour soutenir des procédés..."

Mgr Williamson, fsspx - La Porte Latine - 11 janvier 2005

« Cher monsieur l’abbé de Cacqueray, vu les circonstances présentes de votre district, il me semble nécessaire de faire ce que je peux pour empêcher toute interprétation indue de mes paroles et actions. Je vous demande en conséquence de communiquer à qui de droit que je n’autorise personne à utiliser mon nom pour soutenir des procédés qui soient de nature apte à nuire aux intérêts de notre Fraternité Saint Pie X et ses Supérieurs. »…

9 janvier 2005

[Petrus - Le Forum Catholique] Accord ou pas accord avec Rome ?

SOURCE - Petrus - Le Forum Catholique - 9 janvier 2005

Cher Franck, permettez-moi de vous dire d'abord combien je trouve utile et opportune votre initiative de faire figurer en ligne les textes de prêtres ayant quitté ces dernières années, pour des raisons diverses, la FSSPX. Il est seulement regrettable qu'ils soient en langue étrangère mais enfin c'est mieux que rien. J'adhère totalement à votre analyse sur le comportement des autorités de la FSSPX avec les prêtres dont ils se débarrassent : cela se fait sans ménagement, de manière expéditive, généralement par simple fax, sans entrevue préalable, sans possibilité de se défendre, sans droit d'appel ou de recours. Sans vouloir à nouveau polémiquer, reconnaissez quand même que ce sont là les signes cliniques, objectifs, repérables de la secte. Les abbés Laguérie et Héry subissent aujourd'hui ce que tant de prêtres ont subi injustement depuis plus de trente ans. Car ne nous y trompons pas: cette attitude détestable n'est pas nouvelle au sein de la FSSPX. Elle ne date pas de Mgr Fellay, ni de la mort de Mgr Lefebvre, ni même des sacres. Elle a toujours été la marque de fabrique de l'organisation écônienne ou éconnarde. Il serait d'ailleurs intéressant d'écrire une vraie histoire d'Ecône et de la FSSPX et de dresser une liste descriptive de tous les prêtres, diacres et séminaristes exclus ou poussés au départ. L'on serait édifié. Les abbés Laguérie et Héry découvrent tout à coup une situation dont ils s'accommodaient très bien lorsque c'étaient d'autres eux qui subissaient la foudre, injuste et cruelle, des grands chefs successifs de la FSSPX. 
 
Mais enfin passons, tel n'est pas le sujet principal de mon post. 
 
Cher Franck, je n'ai jamais dit que les laguéristes ne voulaient pas trouver un arrangement avec le Vatican, ce qui est en effet à peu près la thèse qu'Henri Tincq a développée dans Le Monde en septembre 2004. J'ai simplement rappelé une citation du dernier Cor unum de Mgr Fellay (citation que l'on doit à l'abbé Daniel Vd, même si malheureusement ces citations ont disparu de manière inexplicable du texte du 5 janvier intitulé "Très sincère" : il faudra bien que l'on obtienne une explication sur cette affaire qui n'est quand même pas mineure).

[NDXA : cette assertion est fausse. Les citations faites par Daniel vd de Cor unum sont partie intégrante d'un autre message que celui cité ici par Petrus. Ces citations figurent tujours dans le message concerné. Voir Message ERRATUM ci-dessous.] 
 
Simplement je constate que faire de Mgr Fellay le garant de l'autonomie de la FSSPX par rapport au Vatican ne me semble pas tenir la route, au vu d'un grand nombre de déclarations récentes du supérieur général de la FSSPX. L'entretien qu'il a donné à la revue américaine The Latin Mass (que l'on peut lire dans Fideliter de novembre-décembre 2004 ou sur le site de DICI au 25 septembre 2004) va complètement dans le sens des accords. Et il semble que depuis la reprise officielle des discussions en 2000, les contacts n'aient jamais complètement cessé. Rappelons-nous également que Mgr Fellay ne s'était pas montré hostile, au moins dans un premier temps, lors de la régularisation canonique de la communauté de Campos en janvier 2002. A la différence de Mgr Williamson qui s'était aussitôt exclamé dans la lettre aux amis et bienfaiteurs du séminaire de Winona qu'il dirigeait à l'époque : "Campos is fallen" (Campos est tombé). J'ajoute qu'au séminaire, puis comme prêtre (il a été ordonné en juin 1982), Mgr Fellay a toujours été considéré comme un des éléments les plus modérés, les plus centristes, les plus faibles de la FSSPX. (mais justement un gouvernement faible est souvent injuste)

Est-ce à dire pour autant que tous les actuels soutiens de Fellay sont ouverts au principe d'un accord avec Rome? Certes non. On voit mal ainsi un abbé Beaublat ou un abbé Pivert accepter de bon coeur la régularisation canonique de leur société sacerdotale par le cardinal Castrillon Hoyos. En revanche, le fellaysien Bonneterre, le plus à gauche, avec l'abbé Cottard, (et depuis longtemps!) des 450 prêtres FSSPX, n'y verrait sans doute que des avantages. C'est dire que pour un lefebvriste le choix est difficile. Je le vois bien avec ceux de mes amis et relations qui, sans être sédévacantistes, refusent catégoriquement tout rapprochement avec une Rome honnie : ils aimeraient choisir entre les deux camps mais s'en abstiennent car justement ils ont des doutes sur la fiabilité de certaines personnes dans les deux parties.

Et de fait la situation n'est pas plus claire du côté des "mutins" pour reprendre l'ecxpression suresnienne. Mgr Williamson a toujours été en pointe contre tout accord avec Rome, au moins dans ses discours publics, et encore récemment dans son sermon du 17 octobre à Saint-Nicolas. Pour ma part, n'étant pas Dieu, je suis bien obligé de juger les hommes sur leurs discours et leurs écrits (et bien sûr sur leurs actes passés et présents) et non sur leurs éventuelles arrière-pensées. L'abbé de Tanoüarn qui est un peu le théoricien du droit de fronde à l'intérieur de l'"église officielle" (il veut que la FSSPX soit "l'instance critique de l'église conciliaire") s'est toujours montré réservé jusque-là sur le principe d'un accord à court terme (sur le long terme, c'est différent). ainsi que son soutien Maxence Hecquart qui y paraît, quant à lui, plus opposé encore, toujours évidemment à en juger par ses écrits.

En revanche, l'abbé Laguérie en avait étonné plus d'un en écrivant dans le numéro 54 de Pacte (avril 2001) ces quelques lignes: "Je crois à la possibilité d'un accord pratique et à la vanité totale de discussions doctrinales" car, ajoutait-il, "il est urgent de se retrouver dans la communion liturgique et sacramentelle de l'Eglise de toujours pour que, faisant pareil, on finisse par penser pareil". Donc, l'abbé Laguérie n'est pas fermé à un accord pratique avec Rome. D'ailleurs, lorsqu'il est passé en septembre dans l'émission de Serge de Beketch sur Radio Courtoisie, répondant à une question d'un auditeur, il a dit qu'il n'était pas favorable à un Campos français "tout de suite" et qu'il rejetait tout "accord mal ficelé, bâclé", mais il semblait en revanche très ouvert au principe d'un accord pratique correctement négocié, même si cela devait prendre quelque temps. J'ajoute que le fait que l'abbé de Tanoüarn ait accueilli cet article dans sa revue laisse à penser qu'il n'est pas en désaccord complet avec son confrère, même si le directeur de Pactes peut très bien faire paraître dans son bulletin une contribution avec laquelle il n'est pas en phase.

A la vérité, et c'est ce qui renforce la complexité de cette crise, mais aussi son caractère pathétique, c'est que la division en cours ne se forme pas sur des querelles d'idées clairement exprimées, sur des divergences de stratégie ouvertement revendiquées (accord ou pas accord avec le Vatican). C'est d'ailleurs à mon sens ce qui la rend plus inextricable et plus à même d'ébranler en profondeur la FSSPX et ses soutiens. Car vous remarquerez que la querelle sur la gnose est également transversale. De même que vous trouvez des partisans de la régularisation canonique avec Rome dans les deux camps et également des personnes qui y sont tout aussi fermement opposées, de même les défenseurs du livre de Paul Sernine sont-ils répartis dans les deux camps, fût-ce, il est vrai, de manière inégale : c'est le cas dans le clan fellaysien de l'abbé Celier bien sûr (il est l'auteur du livre) mais aussi par exemple de l'abbé Bonneterre; dans le camp laguériste c'est le cas de la plupart (Laguérie, Héry, Forestier, Tanoüarn, Guelfucci, Schaeffer...) mais reste l'énigme Williamson. Ou plutôt le paradoxe Williamson, si proche depuis des années de Sous la bannière (il avait préfacé le livre d'Adrien Loubier "Echec au ralliement"), revue qui intente actuellement un procès en diffamation contre l'abbé de Tanoüarn, lequel avait ironisé sur "la bêtise à front de taureau" des rédacteurs de cette revue bimestrielle qui défend avec vigueur les thèses couvertiennes et barruéliennes sur la gnose. Un Mgr Williamson très proche aussi, au moins jusqu'à une époque récente, des dominicains d'Avrillé dont il est de notoriété publique qu'ils jugent sévèrement les travaux, et plus encore les fréquentations de l'abbé de Tanoüarn et qu'ils ne lui portent pas une grande estime (ce qui est d'ailleurs réciproque).

C'est en cela que l'alliance objective à laquelle on assiste actuellement entre d'une part la triade Laguérie-Héry-Tanoüarn et ses disciples et d'autre part Mgr Williamson valait une sacrée cote. Même parmi les meilleurs connaisseurs de la FSSPX et de ses satellites, je ne connais personne qui aurait pu prédire une situation aussi improbable et, à bien des égards, surréaliste que celle que nous avons sous les yeux. Comme quoi la réalité peut dépasser la fiction et être finalement plus excitante!

Même si je n'exclus évidemment pas d'autres motifs que nous connaîtrons peut-être un jour (il n'y a jamais de cause unique à un événement, à une crise), il me semble à première vue que ce qui réunit cet attelage improbable, c'est d'une part et incontestablement une piètre opinion de la direction actuelle de la FSSPX tant à Suresnes qu'à Menzingen (est particulièrement pointée du doigt son incapacité à gérer les hommes: problème des séminaires, des mutations, du choix des nominations, etc). C'est d'autre part une certaine mentalité commune, un certain tempérament analogue: avec Mgr Williamson, qui est d'abord agréable et facile, il est possible de parler, de se confier, de dire ce que l'on a sur le coeur, bref de se comprendre, de se respecter et de s'aimer. Avec Mgr Fellay et ses courroies de transmission (abbé Sélégny, abbé Radier, abbé de Cacqueray), c'est beaucoup plus difficile. Ils sont froids comme des glaçons, distants, économes de leurs paroles et de leurs sentiments, bref ce sont des administrateurs (Mgr Fellay est resté douze ans économe de la FSSPX avant d'en être élu le supérieur, c'est une donnée que l'on a peut-être trop tendance à négliger dans l'explication de cette crise), des apparatchiks. Avec des mentalités, des caractères, des personnalités, et par conséquent des visions du monde aussi différents, il est évidemment mal aisé de s'entendre et de s'apprécier. Surtout sur une longue durée. Je crois que les questions d'épiderme jouent un rôle essentiel tout comme le désaccord sur le mode de fonctionnement de la FSSPX: le camp laguériste souhaiterait plus d'audace, plus d'ouverture sur le monde, sur les autres, un accent davantage mis sur la mission, l'apostolat et moins sur la sanctification personnelle, le religieux respect des statuts de la FSSPX et de l'ensemble de ses articles et de ses dispositions.

Ira-t-on jusqu'à dire qu'il s'agit d'un conflit entre la lettre et l'esprit? Nous nous garderons d'aller jusque-là.

Ce qui est certain, c'est que désormais rien ne sera plus comme avant. La FSSPX a perdu l'aura qu'elle avait auprès de beaucoup de ses fidèles et même au-delà dans tous ceux qui voyaient en elle (à mon sens à tort, comme j'ai déjà tâché de le démontrer et comme je continuerai à la faire, j'ai encore de l'artillerie lourde à ma disposition, Justin!) une authentique force de résistance aux déviations modernistes et à l'apostasie générale.

Qu'en sera-il à l'issue de cette crise de la question des accords avec Rome? Bien malin qui peut le dire mais vu le profond malaise engendré par cette division chez les fidèles, je suis personnellement convaincu que si le Vatican proposait prochainement un accord inspiré de celui de Campos, une moitié au moins des fidèles et des clercs suivraient. Ce qui, après l'hémorragie de 1986 (Dom Augustin, puis Mater Ecclesiae), de 1988 (fondation de la FSSP, rupture avec le Barroux, les soeurs de Pontcallec...), de 1998 (Société Saint-Jean fondée par des dissidents du district des Etats-Unis), de 2002 (Campos), de 2003 (abbé Aulagnier), de 2004 (érection de l'oratoire Saint-Philippe Néri en Allemagne par des prêtres transfuges de la FSSPX), une nouvelle déperdition au profit de ce que Mgr Lefebvre appelait "la Rome moderniste" réduirait comme peau de chagrin la mouvance se réclamant du prélat d'Ecône.

Voici venu le temps (non pas des rires et des chants comme le disait le générique de L'île aux enfants avec Casimir) mais des pleurs et des grincementds de dents (comme dit Notre-Seigneur dans l'Evangile). Même si pour ma part je dois dire que j'ai le plus grand mal à prendre toute cette farce au sérieux.

Foin des faux défenseurs de la Tradition, tirons la chasse et passons à autre chose, et vite! Tel est le voeu que l'on peut utilement faire sien à l'aube de cete nouvelle année.

Petrus.

7 janvier 2005

[Petrus - Le Forum Catholique] Autosatisfaction

SOURCE - Petrus - Le Forum Catholique - 7 janvier 2005

"La FSSPX étant en somme le véhicule de la résistance doctrinale et liturgique auxx nouveautés conciliaires, il est manifeste que ses prêtres doivent quelques part avoir une nature de battant, quitte à ce que cela entraîne des frictions importantes à l'interne comme nous l'avons vu dans la crise de Bordeaux. Les mous, les tièdes, les indécis, les chercheurs de comfort facile, en voyant que ce n'est pas leur place, invoqueront toutes une série de raisons plutôt controuvées pour justifier leur départ, en général de nature papolâtre, lesquelles feront les délices des individus chargés d'alimenter les sites invoqués plus haut" nous écrit PGM. 
 
Voilà le type même de l'autosatisfaction lefebvriste dans toute sa splendeur: la FSSPX est "le véhicule de résistance doctrinale et liturgique aux nouveautés conciliaires". Véhicule qui en tous cas a plusieurs roues crevées actuellement et le moteur en panne. Quant à la résistance doctrinale, j'ai déjà longuement expliqué ce qu'il fallait en penser. Quant au qualificatif de papolâtre, volontairement péjoratif, il désigne en fait les papistes c'est-à-dire ceux qui pensent qu'il faut obéir à la personne que l'on reconnaît publiquement comme le vicaire du Christ en matière de foi, de moeurs, de discipline et de gouvernement (Vatican I). Or, qu'est-ce qu'un catholique qui n'est pas papiste? Un objet non identifié.

Quant à dire que tous les prêtres de la FSSPX sont des "battants", si cela était le cas, cela se saurait. C'est vrai incontestablement pour des abbés Laguérie, Tanoüarn, Aulagnier. Peut-on le dire sérieusement d'un abbé de Cacqueray, d'un Mgr Fellay ou d'un Mgr Tissier?

Quant au couplet sur "les mous, les tièdes, les indécis, les chercheurs de confort facile" qui n'auraient pas leur place à la FSSPX, permettez-moi d'en rire. Outre qu'une position ne doit pas être jugée au fait qu'elle soit molle ou dure mais au fait qu'elle soit vraie ou fausse, je trouve au contraire que quelqu'un qui veut son confort est très bien à la FSSPX. Il y a l'argent qui coule à flots (des dizaines de millions de francs de dons, de legs, d'héritages divers débloqués par le gouvernement en 2000), un logement très confortable dans des prieurés pour tous les prêtres, très souvent des soeurs ou de bonnes dames pour leur faire le repas et leur servir à manger des repas tout sauf frugaux, le chauffage, de belles voitures que des smicards ne pourraient sûrement pas s'offrir, des chapelles en pagaille, des offrandes de messe en cascade, des quêtes abondantes (les fidèles, surtout âgés, étant généralement très généreux, peut-être croyant ainsi s'acheter le Ciel), je ne vois pas sincèrement où est l'héroïsme. Franchement, au point de vue du confort, il n'y a pas mieux que prêtre de la FSSPX. Pensez au prêtre conciliaire (dont encore une fois je n'approuve nullement la position mais il faut quand même être honnête), qui doit faire face le plus souvent, surtout à la campagne, à des églises désertées, des quêtes minuscules, des cures peu ou mal chauffées, très souvent personne pour lui servir les repas ou lui tenir compagnie (alors que dans les prieurés de la FSSPX il y a généralement plusieurs prêtres qui cohabitent), des fidèles souvent dépourvus de piété, vous croyez vraiment que c'est plus confortable? Idem pour les prêtres Ecclesia Dei qui doivent se coltiner leurs confrères du nouveau rite et parfois leurs fidèles, qui ont des comptes à rendre à des évêques qui souvent les détestent ou, à tout le moins, s'en méfient ou au mieux sont indifférents. Vous m'objecterez qu'ils l'ont bien voulu ainsi en se "ralliant". Certes, j'en suis d'accord avec vous, mais objectivement l'on ne peut pas dire que leur situation est confortable. En tous cas, beaucoup moins que celle des prêtres estampillés FSSPX. Et que dire des prêtres indépendants sans ressources? 
 
Mais à la vérité, le confort, c'est tout ce que recherche le piédiste: il a ses écoles pour mettre ses enfants (nombreux si possible car il faut faire beaucoup de petits lefebvristes qui vont recatholiciser la France, quelle blague!), ses chapelles, ses camps scouts, ses chorales, ses maisons de retraite, ses séminaires, ses revues et bulletins qui distillent la bonne parole fellaysienne et s'envoient gracieusement, quasiment à chaque numéro, beaucoup de coups d'encensoir (on n'est jamais mieux servi que par soi-même, il est vrai). Mais le lefebvriste vit dans un cocon, dans un monde clos, dans un univers virtuel où l'on se nomme curé (de Saint-Nicolas, de saint-Eloi) sans jamais avoir été nommé par aucun évêque résidentiel, où l'on crée des chapelles, des prieurés, où l'on sacre des évêques sans demander l'autorisation ni prévenir une autorité que l'on reconnaît publiquement comme légitime et suprême. La FSSPX a formé une véritable contre-Eglise, une contre-société avec les associations et congrégations qui lui sont liées. N'est-on pas heureux entre nous? D'ailleurs, on est les meilleurs. Que dis-je? on est les seuls. Les autres, tous les autres, sont des vendus, des mous, des tièdes, des crottes. Nous, on est bien, on est des purs. D'ailleurs, la preuve qu'on est béni de Dieu, ce sont nos réussites terrestres. Les 95% de nos garçons et filles qui ont le bac dans nos écoles (et pour beaucoup avec mention, mazette! De vrais petits génies comme le montre surabondamment leur capacité à argumenter sur le FC), nos chapelles qui se remplissent, notre extension miraculeuse sur les cinq continents (on va recatholiciser non seulement la France et l'Europe mais le monde, on vous dit, c'est t'y pas beau, tout ça,), nos revues qui se multiplient, nos prêtres qui sont de plus en plus nombreux et qui sont de vrais combattants de Dieu (pour gagner du temps on pourrait les canoniser de leur vivant, c'est plus simple) et puis nous avons notre guide infaillible à nous, notre boussole, notre idole, notre gourou: Mgr Marcel Lefebvre himself. Du béton, cet homme-là. Un évêque de fer, c'est comme ça qu'on l'appelle chez nous. Et inspiré par le Saint-Esprit et la Sainte Vierge. Ben si, c'est lui qui l'a dit, le jour des sacres: à Quito la Sainte Vierge a révélé qu'un évêque sauverait l'Eglise au XXe siècle. Si, si, c'était Marcellus, puisqu'on vous le dit.
C'est beau l'humilité. Merci à la FSSPX et à ses ardents soutiens de nous en donner de magnifiques exemples à chaque instant. C'est sûr: tous les saints, tous les réformateurs, tous les confesseurs de la foi ont toujours agi comme cela, s'adressant eux-mêmes des couronnes de fleurs, méprisant les autres.
Oui, de tels discours sont à vomir.

Il me souvient que lorsque j'avais été un court moment au MJCF, on nous avait passé un film sur les guerres de Vendée. Et après sa diffusion, l'animateur du MJ nous avait expliqué que le MJCF et la FSSPX poursuivaient le même combat que les Vendéens. Notre combat est le leur et le leur est le nôtre disait avec assurance ce jeune homme bien formaté (et qui a donc dû grimper haut au sein de l'organisation). C'est beau et émouvant, n'est-il pas? De quoi avoir les larmes aux yeux, non? 
 
Quand on pense que les Vendéens ont été massacrés par dizaines et dizaines de milliers par les colonnes infernales pour avoir voulu défendre leur foi, leur Dieu et leur Roi, que leur obéissance au pape les avait conduit à soutenir en masse les prêtres réfractaires (fidèles à Rome), comment peut-on prétendre se mettre au même niveau que ses martyrs, surtout quand on jouit du confort matériel et spirituel? Jamais depuis la création de la FSSPX un seul de ses prêtres n'est mort martyr pour sa foi. Ce n'est pas forcément de leur faute. L'occasion ne s'est sans doute pas présentée mais davantage d'humilité, de discrétion et de bon sens ne seraient vraiment pas trop demander. 
 
Et après tout cela, vous ne pensez que le Bon Dieu serait en droit d'envoyer un châtiment sur la FSSPX? Il me semble que la crise actuelle s'explique pourtant aisément. Et d'ailleurs dans cette crise l'orgueil semble assez équitablement partagé entre les deux camps. Mais comme le dit le psaume 113: "ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas". 
 
Petrus.

1 janvier 2005

[Jean-Paul Parfu] "...l'attitude que la Fraternité St Pie X doit avoir, non seulement vis-à-vis des autorités romaines, mais aussi vis-à-vis 'des ralliés'..."

SOURCE - Jean-Paul Parfu, avocat à la cour - 1er janvier 2005

Mesdames, messieurs,

S'agissant de la "crise" au sein de la Fraternité St Pie X, il me semble qu'elle a deux causes:

1) d'une part, la cohabitation, au sein de la Fraternité St Pie X, de deux mentalités différentes. 
Ce phénomème est d'abord passé inaperçu, bien que présent dès l'origine. Cependant, plus les évènements et le contexte qui étaient directement à l'origine de la fondation de la Fraternité s'éloignaient, plus le problème est petit à petit remonté à la surface.

A l'origine, en effet, Mgr LEFEBVRE avait créé la Fraternité, afin de réunir différents prêtres hostiles aux réformes concilaires et post-concilaires et qui, de ce fait, étaient isolés. Il s'agissait aussi de permettre aux prêtres ordonnés par lui et qui ne pourraient être incardinés dans un diocèse, de trouver un débouché et de ne pas, eux non plus, se retrouver totalement isolés.

Or, avec le temps, et compte-tenu des circonstances, la Fraternité St Pie X est devenue, et d'ailleurs sans aucune faute de sa part, une sorte d'ordre religieux, même plus moins militaire.

Il y a donc deux cultures au sein de la Fraternité St Pie X: celle "des curés de campagne" qui en sont membres à cause des circonstances que l'on connaît et dont nous souffrons tous, et celle de ceux qui sont entrés dans la Fraternité, comme on entre dans un ordre religieux, chez les Jésuites ou même autrefois chez les Templiers.

Le problème des séminaires est donc à considérer de ce point de vue également: la Fraternité "produit-elle" de futurs curés de campagne ou des moines-soldats?

C'est "ce malentendu culturel", si c'en est un, qui a éclaté au grand jour, et de manière un peu désagréable, il faut bien le dire, devant des fidèles médusés!
2) d'autre part, l'attitude que la Fraternité St Pie X doit avoir, non seulement vis-à-vis des autorités romaines, mais aussi vis-à-vis "des ralliés", au sens le plus large et le moins péjoratif que l'on peut donner à ce terme.
D'abord, il est compréhensible que la Fraternité St Pie X ait été réservée dans ses négociations avec Rome et qu'elle ait assez durement ressenti le ralliement de certains.

En effet, c'est seulement l'existence de la Fraternité St Pie X et la pression qu'elle exerçait (et qu'elle continue d'exercer) à l'extérieur du système qui a finalement conduit Rome à faire "aux traditionnalistes" des propositions.

Les ralliés s'illusionnent lorsqu'ils croient qu'ils ne doivent qu'à eux-mêmes, à leur foi, à leur piété à leur intelligence de ce que serait l'Eglise, la place qui leur est -timidement- octroyée aujourd'hui.

Il est compréhensible également que la Fraternité "l'ait eu mauvaise", quand de surcroît, certains de ces ralliés la traitèrent (et continuent de la traiter) de tous les noms d'oiseaux possibles.

Mais, la Fraternité St Pie X doit-elle, notamment vis-à-vis de ces ralliés, s'en tenir à l'ingratitude de certains, à son amertume et même à son attitude de mépris vis-à-vis d'eux? Serait-ce bien chrétien?

Il serait peut-être bon, pour elle, de voir les choses de plus haut, en quelque sorte.

Il est en effet possible que la Providence ait permis ces ralliements pour que les uns fassent pression de l'extérieur, tandis que les autres investiraient la maison de l'intérieur.

En un mot, la Fraternité St Pie X et les ralliés ne devraient-ils pas considérer que leurs choix réciproques sont légitimes et qu'il concourt au bien commun des traditionalistes et de l'Eglise?

Nous le savons, c'est une tactique de certains mouvements, de créer, d'une part une structure qui joue le jeu des institutions, "une vitrine légale", et d'autre part, une structure militaire "secrète" pour des opérations "plus musclées", alors que tout le monde sait qu'il s'agit, en réalité, d'une unique organisation et que les représentants "démocratiques" sont aussi souvent les chefs militaires de l'organisation (voir les consorts Alec Mac GUINESS et Géry ADAMS en Irlande).
Puissent peut-être les enfants de lumière être parfois aussi habiles que les enfants des ténèbres!

En tout état de cause, il me semble non seulement disproportionné, mais également faux de prétendre qu'il y aurait, entre les uns et les autres, membres de la Fraternité d'un côté et membres de la Fraternité et ralliés de l'autre, des oppositions telles, doctrinales ou autres, qu'elles ne pourraient jamais être dépassées.

Rappelons-nous l'un des messages de Noël:
"Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté".
D'avance, je vous remercie de votre patiente lecture de ces modestes réflexions qui aimeraient contribuer à la pacification des esprits, et vous prie de croire, Mesdames, Messieurs, en l'expression de ma considération distinguée.

31 décembre 2004

[Aletheia n°68] Bons points et coups de règle

Aletheia n°68 - 30 décembre 2004
Bons points et coups de règle


Dans Le Sel de la Terre, la revue trimestrielle éditée par le couvent de la Haye-aux-Bonshommes (49240 Avrillé), on trouve toujours des articles qui retiennent l’attention. Ainsi, dans le dernier numéro paru, n° 51, hiver 2004-2005, 14 € le numéro, on peut lire un intéressant dossier, d’une soixantaine de pages, consacré au P. Fahey (1883-1954), spiritain irlandais, théologien du Corps mystique et de la royauté sociale du Christ.
Mais ce même numéro contient aussi, en fin de livraison, huit pages anonymes, qui, sous le titre “ Informations et commentaires ”, sont une distribution de bons points et de coups de règle sur les doigts. Tour à tour, sont cités à comparaître devant les sévères juges d’Avrillé, Olivier Pichon, directeur de la rédaction de Monde et Vie ; Jean Madiran, directeur de la rédaction de Présent ; enfin, le seul et unique rédacteur de cette pauvre Aletheia. On laissera aux deux éminents directeurs des publications citées, le soin de répondre – s’ils en ont le temps et le goût –  à l’honorable rédacteur anonyme.
Concernant Aletheia, l’anonyme du Sel de la Terre me reproche d’être allé “ à la rescousse d’Emile Poulat ”. L’honorable anonyme se récrie : personne n’a jamais laissé entendre qu’Emile Poulat était franc-maçon ou proche de la franc-maçonnerie.
De qui se moque-t-on ? Quand on cite neuf noms, qu’Emile Poulat est le premier nom cité, et qu’après avoir énuméré les neufs noms on poursuit : “ tout ce monde [1] est, d’une part plus ou moins influencé par les idées de Julius Evola ou de René Guénon et d’autre part souvent lié à la franc-maçonnerie ”, il y a bien amalgame et approximation.
Quand on traite de ce genre de sujet par allusion, sous-entendu et amalgame, on n’est pas loin de la calomnie et de la médisance. Le paragraphe accusateur de Christian Lagrave dans Lecture et tradition a été repris textuellement par Le Sel de la terre, puis par Sous La Bannière puis par Action Familiale et Scolaire. On aimerait, pour l’honneur d’Emile Poulat et de Jean Borella, que ces revues publient des rectificatifs sinon des excuses.
Au début du siècle déjà, quand la campagne antimoderniste et antilibérale avait pris une tournure trop personnelle, les Etudes (janvier 1914) avaient publié un article retentissant, “ Critiques négatives et tâches nécessaires ”. La célèbre revue jésuite, qui se revendiquait, elle aussi, au rang des “ catholiques intégraux ”, s’était indignée :
 “ Quelle pitié de voir ravaler ainsi à des questions de personnes les questions doctrinales de la plus haute gravité ! (…) Chaque semaine, le lecteur attend avec impatience son numéro, en se disant : A qui le tour ? Il ne s’inquiète plus guère de ce qu’est le modernisme ou le libéralisme. Foin des graves problèmes, du souci des précisions et des questions de nuances ! L’important est d’enrichir de quelques noms sensationnels la galerie des suspects ! ”.
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Revue des revues
. La presse s’est fait l’écho du “ Communiqué ” de Mgr Bruguès, évêque d’Angers et président de la Commission doctrinale de l’épiscopat, consacré aux ouvrages de Jacques Duquesne et du P. Dominique Cerbelaud. Ce communiqué a été suivi d’une “ Note doctrinale ”, beaucoup plus développée, consacrée au livre de Jacques Duquesne et d’un “ Résumé ” de cette analyse critique. Ces deux dernières interventions de la Commission doctrinale ne sont, pour ainsi dire, jamais citées. On trouvera le texte de ces trois interventions doctrinales dans la Documentation catholique (3 rue Bayard, 75008 Paris – 4,50 € le numéro), n° 2326, du 19 décembre 2004. Une note doctrinale sur le livre du P. Cerbelaud “ devrait paraître ultérieurement ”.
. J’ai rappelé, dans le dernier numéro d’Aletheia, plusieurs articles et études critiques qui avaient été consacrés au premier, et important, livre de Jean Borella, La Charité profanée. Le P. Lous-Marie de Blignières nous rappelle qu’il avait consacré une “ recension respectueuse et critique ” à un autre livre de Jean Borella, Le Sens du surnaturel. Effectivement, cette longue étude critique, de vingt pages, peut se lire dans le n° 61, automne 1997, de Sedes Sapientiæ (53340 Chémeré-le-Roi).
. Dans le numéro de janvier 2005 de La Nef (B.P. 48, 78810 Feucherolles, 6 € le numéro), on peut lire un très important débat consacré à “ La France : mort, déclin ou renaissance ? ”. Y ont pris part Mgr Brincard, évêque du Puy-en-Velay, Paul-Marie Coûteaux, député européen “ souverainiste ”, Patrice de Plunkett et Jean Raspail. Dans ces huit pages très denses, on relèvera, entre autres, ces analyses de Mgr Brincard : “ il y a une crise grave, cette crise est à la fois intellectuelle et spirituelle. Comment sortir de cette crise ? Sera-t-elle l’occasion d’un retour non pas au passé mais aux sources, ou ouvrira-t-elle le chemin au déclin ? Pour ma part, je pense qu’il y aura un renouveau mais, comme tout renouveau profond, il passera par la croix ”.
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Rappels 
. Le dernier livre de Jean Madiran, La trahison des commissaires, publié aux éditions Consep, est disponible aussi à Aletheia au pris de 10 € franco de port.
. Un “ abonnement-liberté ” au quotidien Présent est possible par un prélèvement automatique mensuel de 27,45 € par mois (formulaire à demander à Présent, 5 rue d’Amboise, 75002 Paris).
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Au seuil de cette nouvelle année, je fais mien ce vœu exprimé par Mgr Brincard : “ Retrouvons l’espérance en faisant ce qui, avec l’aide de la grâce de Dieu, dépend de nous ”.
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[1] Souligné par moi.

15 décembre 2004

[Abbé Christophe Beaublat, fsspx - Le Bachais] "Parfois Détruire, Souvent Construire, Toujours Servir!"

Abbé Christophe Beaublat, fsspx - Le Bachais - Novembre - Décembre 2004

"Parfois Détruire, Souvent Construire, Toujours Servir!"
LE BACHAIS
Bulletin du prieuré Saint Pierre-Julien Eymard n°56
Novembre - Décembre 2004
« Le grand mal des temps, c'est qu'on ne va pas à Jésus-Christ..., et surtout à Jésus dans l'Eucharistie. » Saint Pierre-Julien Eymard

Chers Amis et Bienfaiteurs,
Il me semble qu'en cette période de ténèbres, où la Cité de Dieu est attaquée de toutes parts, il est bien nécessaire de faire nôtre cette belle devise du Génie, en lui trouvant des applications dans le combat quotidien.
1) Parfois Détruire
« Interdire au prêtre, parce qu'il est prêtre, l'invective, c'est accepter une image conventionnelle et artificielle du prêtre, qui a son origine ailleurs que dans l'Evangile et dans l'Eglise, étant l'image moderne du prêtre ou plutôt sa caricature bénisseuse, onctueuse, efféminée. Je ne veux pas ressembler à cette caricature dégradante ; je veux garder à portée de ma main le fouet dont s'est servi le Souverain Prêtre, seul vrai modèle des prêtres ministériels »  (Abbé Berto, La Pensée Catholique, n°45-46).
La Cité de Dieu, disais-je, est attaquée de toutes parts : de l'extérieur et de l'intérieur.
De l'extérieur : la découverte récente d'un complot chez nos confrères d'outre-Rhin. Le Cardinal Dario Castrillon Hoyos, engeance de vipère, a été pris la main dans le sac, tramant un ralliement, très limité rassurez-vous, de prêtres allemands, un peu dans le genre de ce qu'il a misérablement obtenu à Campos. La tentative a échoué, et c'est tant mieux : tenons-nous sur nos gardes. Prions pour ces gens-la, bien sûr, discutons avec eux, éventuellement... mais qu'ils évitent de nous prendre pour des benêts !
De l'intérieur : le développement, chaque jour un peu plus facile à constater, d'une maladie qui nous ronge, le cancer gnostique, avec ses tumeurs néopaïennes ou ésotériques. Le fouet, il va donc falloir le manier un peu, sur l'échine des blasphémateurs néo-païens et de leurs affidés, et vous trouverez en pages 4-6 des modèles de tracts à diffuser sans modération.
2) Souvent Construire
7 messes le dimanche, 3 messes avec prédication en semaine, la direction et l'aumônerie d'une école de 54 élèves, l'aumônerie d'une 2e école, des cours de catéchisme pour enfants et adultes, une conférence mensuelle, trois sessions d'étude pour la formation des adultes, un Cercle de Formation des Animateurs mensuel (cadres MJCF, un déplacement mensuel dans les Hautes Alpes (Briançon et ND du Laus), la Croisade Eucharistique, les directions spirituelles, les préparations au mariage et les visites aux   malades (dispersés un peu partout dans les montagnes). Tout cela nous le faisons pour vous, chers amis, car nous aimons vos âmes et que notre plus cher désir est de vous emmener avec nous au Ciel, si Dieu veut.
Je recommande à vos prières notre excellent confrère, Monsieur l'Abbé Juan-Carlos Cériani (du métal dont on fait des épées !), maintenant à Dijon (desservant Besançon), notre 5e mutation en 2 ans (mais ici il n'y a ni pleur, ni grincement de dents : un pet de lapin dans un ciel serein... quoique nous souhaitions tous un peu plus de stabilité...).
Et je vous demande de bien prier pour la nouvelle équipe : Messieurs les Abbés Bruno Duthilleul, Dominique Lagneau, Vincent Grave, et votre serviteur. J'en profite pour manifester ma gratitude pour le soutien des Foyers Adorateurs.
3) Toujours Servir
Oui, chers amis, avec la grâce de Dieu nous nous efforçons de servir. Servir !e Christ-Roi, bien sûr, non pas « servir la soupe » à Alain de Benoist ou Emile Poulat...
« Forteresses missionnaires » (Mgr Tissier de Mallerais), «Bastions de la foi et phares de la chrétienté» (Mgr Lefebvre) : voici ce que sont nos prieurés, et Meylan ne fait pas exception, vous l'imaginez bien, « Le prieuré idéal se trouvera, non en pleine ville, mais à la périphérie et déjà à la campagne, pour garantir au prêtre le recueillement nécessaire et le prémunir contre des visites incessantes de fidèles. La chapelle, située en ville, sera au contraire le lieu privilégié de l'apostolat » (Mgr Tissier de Mallerais, nous Iivrant la pensée du fondateur, in Marcel Lefebvre, une vie, p, 539).
Et vous aussi, chers amis, vous devez vous protéger, vous-mêmes et ceux qui vous sont chers ; « II y a une préservation, un éloignement, une séparation donc un renoncement qui est inévitable si on ne veut pas être contaminé par l'esprit du monde. C'est comme s'il y avait la peste qui se généralise. Une fois qu'on a attrapé la peste, c'est très difficile de s'en sortir. Le meilleur remède, c'est de ne pas l'attraper, de l'éviter. Et pour l'éviter, iI faut prendre des mesures. Eh bien, ici c'est la même chose ! Plus le temps passe, plus la solution pour persévérer, pour nous maintenir c'est l'éloignement, la séparation de ce monde » (Mgr de Galarreta, Sermon des Ordinations, Ecône, 29.06.04, donné in extenso dans Le Sel de la Terre n° 50, automne 2004, pp. 222-228). Et que les esprits superficiels, mondains et libéraux, évitent de dire que cela nuit à l'apostolat, car l'expérience prouve le  contraire : les âmes assoiffées de vérité vont spontanément vers ceux qui leur proposent l'intégralité du message évangélique, sans atténuation ni amoindrissement. Elles se méfient à juste titre des imitations et exigent l'authenticité.
« Intégrisme : si l'on entend par là le respect de l'intégralité du dogme, du catéchisme, de la morale chrétienne, du Saint Sacrifice de la messe, alors oui nous sommes des intégristes. Mais je ne vois pas (...) ce que peut être un catholique qui ne serait pas intégriste dans ce sens-là » (Mgr Lefebvre, in Lettre ouverte aux catholiques perplexes, p. 216, 4 juillet 1984).
Sous l'étendard de l'Immaculée, forte comme une armée rangée en bataille,
Je vous bénis !
Abbé Christophe Beaublat.

Avertissement : le texte qui suit procure, nous l'espérons l'occasion de réduire un peu la morosité.
Néanmoins, dans des cas très rares, il est possible qu'apparaissent des petits signes d'irritation (tremblement, papillotement des paupières, voix saccadée, regard instable, gestes vifs et maldaroits,...). Si cela persiste au-delà d'une semaine, consulter son médecin traitant.

Annexe :
Nous venons de, recevoir un follicule jaune-canari, intitulée Paul Sernine répond à ses lecteurs, aux Éditions du Zébu (!).  Il faut beaucoup d'efforts pour y voir un début de contrition. Le Zébu se garde bien d'aborder le fond de son livre, pour ne considérer que la forme, sur laquelle il aurait été injustement attaqué. J'invite aimablement Sernine, Gricha, Zébu, et pourquoi pas Bozo le clown, Rantanplan ou Casimir (le monstre gentil), à noter les points suivants :

1) dans nos montagnes, aucun arrêté préfectoral n'interdit la chasse au zébu. Or, nous avons enregistré deux messages forts dans Fideliter :
a) La Paille et le Sycomore n'a reçu aucune approbation particulière des autorités du District de France au en tout cas, pas plus et pas moins que Les galipettes de Petit-Ange (cf. Fideliter n°161, septembre-octobre 2004, p. 39).
b) Le débat doit continuer (ibidem, p. 40).
2) A l'occasion du décès de Jean Vaquié (1992), la presse amie, unanime, salua le départ d'un grand monsieur, valeureux combattant anti-libéral et spécialiste incontesté de la Contre-Révolution (entre autres, Monde et Vie, dans son n° 542, texte reproduit par Le Sel de la Terre, n° 50,  2004, pp. 252-253).
3) Dans son sac à malice, Sernine met Jean Vaquié au rang des plus grands pécheurs, responsable des pires corruptions intellectuelles et morales, de ces criminels dont on n'ose à peine prononcer le nom. Tout juste s'il ne propose pas une cellule d'aide psychologique, pour les malheureuses victimes qui auraient été en contact avec l'ignoble psychopathe. Relire très précisément les pages 9, 53-57, 155, 164-166, 174-177, et 183.
4) En pages 179-133, Sernine accuse Jean Vaquié (adversaire irréductible du néo-paganisme) d'être complice de la Nouvelle droite (qu'il dénonce a juste titre comme anti-chrétienne, en donnant plusieurs exemples), et là nous formulons deux hypothèses :
a) C'est du Kolossal humour au 33e degré (peu vraisemblable).
b) C’est, à l'état chimiquement pur, le plus bel exemple de mauvaise foi qu'on puisse trouver, un monument d'hypocrisie ; à découper, agrandir, encadrer, et afficher au mur du Musée de la Désinformafion. Il y a du Voltaire chez cet homme, et ce fameux texte devra figurer en bonne place dans une anthologie du pharisaïsme.
5) Sernine aborde le problème de la Nouvelle Droite, et il semble avoir le haut-le-coeur en imaginant -quelle horreur- une éventuelle collaboration avec ces monstres ! Pourtant...
a) II fait éditer son livre par un ami intime d'Alain de Benoist, chef de file de cette fumeuse école de pensée.
b) Cet ami intime pourfend les «complotistes» et défend Sernine, en plagiant Alain de Benoist (cf. Lecture et Tradition, n" 324, février 2004, pp. 32-34).
c) Les adversaires farouches de Sernine sont tous des bons connaisseurs de la Nouvelle Droite, qu'ils combattent depuis longtemps.
d) Les quelques recensions très favorables dont Sernine a bénéficié sont toutes le fait de «pIumitifs grenouillant» dans la mouvance Nouvelle Droite. On relira avec profit le très instructif chapitre 34 du Libéralisme est un péché (réédité par Avrillé), car Sernine nous apporte un cas d'école idéal NB : «Jamais plus qu'aujourd'hui la lecture de ce livre est nécessaire pour tous ceux qui veulent se désintoxiquer des erreurs du Libéralisme», écrivait Mgr Lefebvre, dans la préface accompagnant l'édition de 1975.
e) Herr professor, Alain de Benoist himself, fin connaisseur, n'a pu que décerner des louanges à son élève. Lisons attentivement ce que, plein d'admiration, il a écrit dans le livret scolaire de ce dernier : «Catholique traditionaliste lui aussi, mais d'une tendance plus raisonnable, Paul Sernine (...) n'a pas de mal à démontrer que ce délire repose sur une «énormité psychologique». Il le fait avec une réjouissante alacrité, assise sur une documentation impeccable» (Éléments, printemps 2004, citation complète reproduite par Le Sel de la Terre, n° 49, été 2004, pp. 201-202). On n'est jamais trahi que par les siens !
6) Après le Bâchais n° 54, j'avais été prié de remettre l'épée au fourreau, ce que j'avais fait immédiatement. Avec le recul, il me semble qu'il y avait eu une petite confusion sur la composition de lieu. En effet la référence scripturaire n'était pas St Mathieu XXVI, 51, mais plutôt Daniel XIII. Alors ?... Sycomore, chêne ou lentisque?
7) Avec l'esprit talmudique qui a soufflé dans La Paille et le Sycomore, il est possible de faire un procès stalinien aux meilleurs d'entre nous . Prenons un exemple tout simple : le dernier catalogue Clovis (novembre 2004, n° 45, pp, 9 et 23). Une intelligence tordue pourrait relever deux faits et les présenter comme « étonnants et inquiétants » :
a) «Voyons donc attentivement cette encyclique Humanum genus, à laquelle nous devons accorder quelque attention, parce que si l'on étudie bien ce qu'est la maçonnerie à l'exemple des papes, on tient la clef de tout ce qui se passe actuellement» (cf. C’est moi l'accusé qui devrais vous Juger, p. 67).
b) La présence d'un auteur, Régis Bayer, bien connu pour ses convictions néo-païennes, et surtout... directeur de collection au Porte-Glaive (cf. Les droites nationales et radicales en France, p, 455), maison d'édition que personne ne connaissait, avant que Sernine n'en dénonce la perversité ! (cf. La Paille et le Sycomore, p. 180)...
8) Nous ne désirons qu'une chose : la Justice. Tant que justice n'aura pas été rendue, avec la réparation proportionnée au scandale occasionné, il y aura une guerre inexpiable. J'ai déjà célébré plusieurs fois les saints mystères pour la conversion de Sernine (motu proprio, ou à la demande de certains fidèles), et je continuerai à le faire. J'attends toujours, avec calme et confiance, le règlement prochain de cette lamentable querelle qui divise la Tradition.

12 décembre 2004

[Aletheia n°67] Mgr Rey : "On ne peut être catholique et franc-maçon"

Aletheia n°67 - 12 décembre 2004
Mgr Rey : “ On ne peut être catholique et franc-maçon ”
Après la claire intervention de Mgr Brincard, évêque du Puy, en 2002[1], un nouvel évêque français, Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, rappelle la position traditionnelle de l’Eglise sur la franc-maçonnerie et explique pourquoi l’appartenance à la franc-maçonnerie est interdite aux catholiques. Il le fait dans un long entretien à la revue La Nef, en conclusion d’un important dossier qu’il avait suggéré lui-même à la revue de réaliser.
Mgr Rey explicite trois raisons principales qui rendent condamnable la franc-maçonnerie au regard de la doctrine catholique :
-          Elle diffuse un enseignement de type gnostique : “ Elle prétend donner à ses adeptes une formation ésotérique, enseignement secret qui révèlerait le sens caché de l’univers. Tous les rituels font miroiter aux yeux des initiés l’acquisition d’une soi-disant “ Tradition primordiale ”, et d’une “ Lumière ” qui, au mieux, est celle de l’intelligence humaine, mais en aucun cas celle de la Transfiguration en Christ ”.
-          “ Le maçon soutient le primat et l’autonomie de la raison par rapport à toute vérité révélée ”.
-          “ Elle rejette tout dogme. Elle prône le relativisme, au prétexte de la tolérance absolue. Relativisme religieux qui met toutes les religions sur le même plan, les considérant comme des tentatives concurrentes pour exprimer la vérité sur Dieu qui, en soi, est inatteignable. […] D’autre part, la franc-maçonnerie prône le relativisme moral. Aucune règle morale n’est pour elle d’essence divine, donc intangible. La morale doit évoluer au gré du consensus des sociétés ”.
Dans son entretien avec Christophe Geffroy, Mgr Rey ne s’en tient pas à l’analyse doctrinale et à la mise en lumière des principes erronés et dangereux de la franc-maçonnerie. Il est lucide sur l’influence de la franc-maçonnerie dans la société française : “ Par l’entremise de cercles de pensées et de réseaux d’influence, bien des projets de lois votés par le Parlement ont été préparés dans le silence du temple. ”
D’autres points de cet entretien de trois pages mériteraient d’être relevés, notamment quand, parmi les “ réponses pastorales pertinentes ” à la franc-maçonnerie, l’évêque de Fréjus-Toulon invite les catholiques “ à investir le vaste champ politique, comme le rappelle si souvent le pape Jean-Paul II, à inventer de nouveaux modes d’apostolat sur des terrains autrefois occupés par les mouvements de type Action catholique, mais qui sont aujourd’hui déserts. ”
Le constat sur le “ désert ” et les nécessaires “ nouveaux modes d’apostolat ” ouvre la perspective sur la mission des laïcs. Vaste question où Mgr Rey, là aussi, fait preuve d’une lucidité réconfortante qui tranche avec les discours convenus de l’épiscopat français. 
Le dossier de 12 pages sur la franc-maçonnerie comprend les articles suivants [2] :
. Michel Toda, La franc-maçonnerie hier et aujourd’hui.
. Yves Chiron, Les rituels francs-maçons.
. Paul Airiau, L’Eglise et la franc-maçonnerie.
. Michel Toda, Les chimères du Père Riquet.
. Entretien avec Mgr Dominique Rey : “ On ne peut être catholique et franc-maçon ”.
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Pour l’honneur de Jean Borella et d’Emile Poulat
Plusieurs revues, relayées ou inspirées par des folliculaires internautiques, répandent la rumeur qu’Emile Poulat aurait des accointances avec la franc-maçonnerie. C’est sa direction de la revue Politica Hermetica et son dernier livre, Notre laïcité publique (Berg International, 2003), qui ont suscité cette campagne où l’amalgame rivalise avec l’approximation. Comme je l’ai déjà relevé[3], d’autres collaborateurs de Politica Hermetica ont eux aussi été mis en cause, leur point commun serait d’être “ souvent lié à la franc-maçonnerie ” (on appréciera l’imprécision !), et parmi eux, Jean Borella, collaborateur éphémère de P.H.
Le bon et sérieux dossier de La Nef sur la franc-maçonnerie est l’occasion de prendre à nouveau la défense de ces deux auteurs qui sont aussi des lecteurs bienveillants et attentifs d’Aletheia. Une rumeur non démentie ou une insinuation répétée deviennent des fausses vérités que l’on croit établies.
Jean Borella, philosophe et chrétien, a été un lecteur attentif et critique de René Guénon. Sa recherche spéculative l’a amené à produire des ouvrages importants sur le symbolisme, l’ésotérisme et le surnaturel. On peut contester certains aspects de sa pensée[4]. Mais laisser croire qu’il est franc-maçon est une calomnie et une mauvaise action. À la suite de ma précédente évocation de cette affaire, le Professeur Borella m’avait adressé une lettre dont je crois utile de reproduire la claire affirmation suivante :
Les insinuations de Ch. Lagrave concernant mon éventuelle appartenance à la F.M. sont évidemment fausses. La seule “ organisation ” à laquelle j’ai appartenu et appartiens toujours, c’est l’Eglise catholique, apostolique et romaine. Et, s’il plaît à Dieu, je lui appartiendrai toujours. Je me suis intéressé à la F.M., à son histoire et un peu à sa symbolique. Mais je n’ai jamais remis en cause les condamnations de Rome à son encontre.
Émile Poulat, lui, a protesté, auprès de deux revues qui le mettaient en cause, par des lettres qui apportent des rectifications et précisions propres à faire taire les calomnies. On aimerait que les revues en question publient, par honnêteté intellectuelle, les lettres d’Emile Poulat. Il écrit, entre autres affirmations claires : “ je n’ai et je n’ai jamais eu aucun lien, aucune accointance avec la franc-maçonnerie ”.
Émile Poulat, dans une de ces lettres, revient aussi sur la question de la laïcité et de la loi dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat du 9 décembre 1905. À l’approche du centenaire de cette loi, il n’est pas inutile de citer l’état factuel de la question qu’il dresse en réponse à un de ses contradicteurs[5] :
Cette loi dite de “ séparation ”, qui l’a lue dans son texte publié au Journal officiel et aujourd’hui introuvable en librairie ? A-t-elle été condamnée ? Oui, par Pie X trois fois, et une fois par Pie XI en 1924. La condamnation a-t-elle été levée ? Non. L’interdit jeté par Pie X sur les associations cultuelles a-t-il été levé ? Oui, par Pie XI en 1924, au terme de longues négociations et sous la forme d’associations diocésaines. La loi de 1905 est-elle modifiable ? Oui, et déjà une dizaine de fois, la dernière en 1998. Ces modifications ont-elles été condamnées. Non : un modus vivendi jugé satisfaisant à Rome et en France a donc été trouvé dans le cadre d’une loi qui reste condamnée, mais dont la plus grande partie se trouve désormais sans objet et dont le reste a été amendé, interprété ou complété. La réalité qui nous gouverne, c’est le régime issu de cette loi, et d’autres, régime qui, lui, n’a pas été condamné. Le mot séparation lui-même ne figure dans aucun texte de loi et n’a aucune valeur légale : seulement rhétorique.
Sur cette question de la laïcité, le premier mérite d’Emile Poulat est d’être allé aux faits. Comme il l’a fait, depuis quarante ans, dans ses travaux sur le modernisme, sur l’intégrisme et sur l’antilibéralisme de l’Eglise. Ces travaux sont devenus des ouvrages de référence, salués aussi bien dans le milieu historique universitaire que dans les milieux traditionalistes (ou “ intransigeants ” comme disent les Italiens et Emile Poulat). Pourquoi, aujourd’hui, dans une frange de ces mêmes milieux traditionalistes, jette-t-on le soupçon voire la calomnie sur cet auteur ?  N’est-ce pas là une preuve de plus de l’affaissement intellectuel qui touche tous les milieux, y compris les milieux traditionalistes ?
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Mises au point sur Fatima (suite)
Les “ Mises au point sur Fatima ” publiées dans un récent numéro d’Aletheia (n° 65, 21 novembre 2004) ont suscité des réactions diverses. Philippe Maxence, rédacteur en chef de L’Homme Nouveau, me précise que le débat sur la question reste ouvert dans les colonnes de son journal, qui a publié, depuis, des courriers de lecteurs, contradictoires, sur le sujet[6].
M. l’abbé Aulagnier, directeur du site item.snoozland.com, rappelle qu’il avait publié un dossier sur le sujet et il a reproduit mon article du 21 novembre en le résumant ainsi : “ L’article d’Yves Chiron se veut apaisant et nous encourage à nous “reposer sur nos deux oreilles“. […] “Peuples, dormez en paix ! Rien de “ méchant ” ne se prépare à Fatima “ ”.
Le cher abbé, outre qu’il invente des expressions d’un langage familier que je ne permettrais pas d’utiliser dans un écrit, fait un résumé par trop cavalier de mes analyses.
Un lecteur belge, lui, m’accuse de vouloir “ cacher ” (sic) à mes lecteurs un article de Nouvelles de chrétienté (n° 89, septembre-octobre 2004), article de Vincent Garnier “ Les hindous à Fatima ”[7]. Loin de moi l’idée de cacher quelque article que ce soit sur le sujet. Mais, je n’ai pas vocation, ici, à établir des bibliographies exhaustives.    
Depuis, le dossier s’est enrichi d’une nouvelle pièce, une nouvelle “ mise au point ” publiée par Jeanne Smits dans le quotidien Présent, le 4 décembre dernier. Cette fois, elle publie le texte d’un communiqué, important, de Mgr Serafim de Sousa Ferreira, évêque de Leiria-Fatima, qui sonne comme un “ désaveu ” de ce qui s’est passé à Fatima le 5 mai dernier.
Pour clarifier la controverse, qui a pris une dimension internationale, et qui porte sur plusieurs points, on peut, je pense présenter les faits en trois étapes en les plaçant sous leur vrai jour :
- un congrès interreligieux a bien eu lieu à Fatima en octobre 2003. Déjà, au moment des faits, la FSSPX avait mobilisé ses prieurés et ses écoles pour faire prier contre ce “ nouveau scandale d’Assise ”. L’honnêteté pourtant commande de ne pas assimiler les deux événements. À Assise, en 1986, il y eut une réunion interreligieuse, à l’initiative et en présence de Jean-Paul II, pour prier, séparément. À Fatima, il y a eu un congrès d’études, organisé par le sanctuaire, en présence de diverses hautes autorités ecclésiastiques, mais cela ne s’est point fait à l’initiative du Saint-Siège ni sous son patronage. On doit convenir que plusieurs des interventions faites au cours de ce congrès étaient en contradiction flagrante avec la doctrine catholique mais aussi que les déclarations faites en la circonstance par le P. Guerra, recteur du sanctuaire, ont été déformées.
- Un groupe hindou (et non bouddhiste, comme l’écrit par détraction une des publications citées) est venu en pèlerinage à Fatima le 5 mai dernier. Des participants ont pu accéder à l’autel de la Chapelle des Apparitions. Mais, a précisé plus tard le recteur du sanctuaire : “ Le prêtre [hindou] a chanté une prière pendant quelques minutes. Il n’a fait aucun geste, n’a effectué aucun rituel sur ou en dehors de l’autel. ” C’était une prière pour la paix. Même ramené à cette dimension, l’événement reste choquant (on peut en voir des images sur le site du mensuel catholique américain Catholic Family News : www.oltyn.com). Et c’est lui qui, semble-t-il, a suscité la plus grande réprobation du Saint-Siège[8].
- La construction d’un nouveau sanctuaire a bien commencé à Fatima. Ni la chapelle construite sur le lieu des apparitions ni la basilique actuelle ne seront détruites ou abandonnées, le troisième édifice cultuel en construction est dédié à la Sainte Trinité. Reste un point à éclaircir, signalé par Jeanne Smits dès son article du 28 août et rappelé, à juste titre, par M. l’abbé Aulagnier dans son dernier article sur le sujet : un autre bâtiment, appelé “ Centre Paul VI ”, sera construit face à la nouvelle église. Il sera voué, dit le projet, à la “ documentation interreligieuse ”. Le mot peut recouvrir des choses très diverses. Si le futur Centre Paul VI organisait des réunions interreligieuses, et non pas de simples colloques ou congrès, il y aurait un risque de confusion très dommageable pour la foi.
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[1] Mgr Brincard, “ Il faut combattre la franc-maçonnerie ”, entretien accordé à Radio-RCF-Le Puy, reproduit intégralement dans Aletheia, n° 28, 16 avril 2002.
[2] La Nef (B.P. 48, 78810 Feucherolles), n° 155, décembre 2004, le numéro 6 euros.
[3] Aletheia, n° 62, 18 septembre 2004, p. 2-3.
[4] Son premier livre, La Charité profanée, publié en 1979, aux Editions du Cèdre du regretté abbé Lefèvre, avait fait l’objet de deux longues recensions louangeuses, et parfois questionnantes, de Louis Salleron et de Marcel De Corte dans Itinéraires (n° 234, juin 1979, p. 209-218, — photocopie à la disposition des lecteurs qui le souhaiteraient). Quelques années plus tard, j’ai publié un long entretien avec Jean Borella sur ce livre, et sur d’autres sujets, dans la revue L’Age d’Or (n° 5, 1986, p. 16-27, — photocopie à la disposition des lecteurs qui le souhaiteraient). L’abbé Basilio Meramo, de la FSSPX, a publié, lui, Les hérésies de la Gnose du professeur Jean Borella, Editions les Amis de St François de Sales (C.P. 2016 — 1950 Sion 2, Suisse), 1996, une brochure de 42 pages préfacée par Mgr Tissier de Mallerais.
[5] Arnaud de Lassus, “ Emile Poulat et la laïcité ”, Action Familiale et Scolaire (31 rue Rennequin, 75017 Paris), n° 175, octobre 2004.
[6] L’Homme nouveau, 10 rue Rosenwald, 75015 Paris, 4 euros le numéro.
[7] Nouvelles de Chrétienté, Etoile du Matin, 57230 Eguelshardt, 3,50 euros le numéro.
[8] Depuis septembre, la presse portugaise évoque un prochain remplacement du P. Guerra et de l’évêque de Fatima, remplacements que le Saint-Siège aurait instamment demandés.