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18 octobre 2000

[Aletheia n°4] Le Syllabus de Pie IX - Fallait-il béatifier Jean XXIII? - A propos de Dominus Jesus - Trois livres sur le Troisième secret de Fatima

Aletheia n° 4 - 18 octobre 2000

Sommaire :
I. Le Syllabus de Pie IX.
II. Fallait-il béatifier Jean XXIII ?
III. A propos de Dominus Jesus.
IV. Trois livres sur le Troisième secret de Fatima.
V. Nouvelles.

I. Le Syllabus de Pie IX
En 1967, l’éditeur anticonformiste Jean-Jacques Pauvert avait réédité, dans la collection “Libertés”, l’encyclique Quanta Cura et son complément le Syllabus. Ces deux actes, que Pie IX avait promulgués en 1864, étaient réédités par l’abbé Armogathe en même temps que d’autres documents d’époque : la lettre du cardinal Antonelli, Secrétaire d’Etat de Pie IX, qui accompagnait l’envoi officiel des documents aux évêques du monde entier ; et, en annexes, la reproduction intégrale de la grande encyclique antilibérale de Grégoire XVI, Mirari Vos ; des extraits de la brochure de Mgr Dupanloup, La Convention du 15 septembre et l’Encyclique, où le célèbre évêque d’Orléans interprétait à sa manière, réductionniste, les deux actes pontificaux ; deux articles du libéral Forcade, dans la Revue des Deux-Mondes, très critiques envers “ce pénible document” ; enfin des extraits du féroce livre de Louis Veuillot, L’Illusion libérale.
A l’occasion de la récente béatification de Pie IX, une nouvelle édition du Syllabus est parue, mais sans l’encyclique Quanta cura dont elle était le complément. Dans Le Syllabus de Pie IX (éditions du Cerf, 109 pages, 75 F), publié par Paul Christophe et Roland Minnerath, on trouve donc le texte latin intégral du document et, en regard, sa traduction française. Le document est précédé d’une longue présentation historique par l’abbé Paul Christophe et il est suivi d’un commentaire théologique dû à Mgr Roland Minnerath, professeur à la faculté de théologie catholique de Strasbourg et membre de la Commission théologique internationale.
Ce dernier juge nécessaire de distinguer, dans le Syllabus,
les affirmations qui relèvent des principes immuables de la foi, et celles qui sont relatives aux conditions spécifiques de la vie de l’Eglise dans la deuxième moitié du XIXe siècle. A cet égard, il est apparu que nombre de considérations étaient devenues obsolètes et ne présentaient plus qu’un intérêt historique, comme les sections consacrées aux relents de régalisme et de jurisdictionnalisme d’Ancien Régime, aux immunités et autres dispositions du droit public de l’Eglise qui avaient alors cours. Bien des questions comme l’angoisse de la papauté de perdre son autonomie avec la perte de ses états ont été réglées. D’autres ont changé de paramètres avec l’évolution même des Etats modernes et de leur attitude envers les religions.
Cependant, les affirmations du Syllabus concernant la doctrine de la foi s’inscrivent dans la tradition constante de l’Eglise (...) Ainsi le rationalisme et l’indifférentisme sont-ils toujours plus d’actualité. Ils ne sont plus une nouveauté qui choque, ils sont devenus des caractéristiques de la culture contemporaine, imperméable à l’affirmation centrale de la vision chrétienne de la société, à savoir que le Dieu révélé de la Bible est aussi le créateur de la raison humaine.”
Dans un long article paru dans La Croix, le 2 octobre, Emile Poulat, avec sa rigueur questionnante habituelle, estime :
“Le Syllabus ne nous est plus immédiatement compréhensible : qui peut encore deviner à qui et à quoi pensait Pie IX ? Il nous manque encore un grand commentaire à la façon du P. Lagrange pour les Évangiles. Sa rédaction et son intelligence soulèvent bien des questions. Paul Viollet, membre de l’Institut, professeur d’histoire du droit civil et du droit canonique à l’Ecole nationale des Chartes, catholique dreyfusard, les avaient posées en 1904. La revue jésuite Etudes l’avait aussitôt traité de “ théologien improvisé ”. Elles attendent toujours leur réponse.
(...) Tout a changé depuis Pie IX - situations, problèmes, langages, sensibilités, attitudes -, tout sauf les enseignements fondamentaux de l’Eglise, et sauf le conflit fondamental générateur de ce monde nouveau qui est le nôtre, et de son humanisme séculier “ dans sa terrible stature ”, selon les propres paroles de Paul VI à la clôture de Vatican II.”

II. Fallait-il béatifier Jean XXIII ?
Comme en écho à l’article de Jean Madiran sur Jean XXIII, daté de 1963, que je citais dans le numéro 3 (daté du 5 septembre), Présent, à son tour, dans son numéro du 9 septembre, en cite de courts extraits assortis d’un commentaire, non signé, qui dit notamment :
“L’insistance obsessionnelle et déformante des médias à dominante maçonnico-marxiste a réussi, semble-t-il, à faire croire à beaucoup de “ traditionalistes ” qu’ils étaient les ennemis de Jean XXIII et que Jean XXIII était leur ennemi ; et à faire croire aux “ progressistes ” que Jean XXIII a désiré toutes les démolitions liturgiques et morales qu’en réalité il voulut empêcher, mais il n’y est pas arrivé, le déferlement étant quasiment irrésistible.”
Ces lignes, anonymes, surprennent par leur faiblesse d’argumentation. Quelques jours plus tard, toujours dans Présent (16.9.2000), Jeanne Smits et Olivier Mirande ont publié un reportage sur les béatifications du 3 septembre. L’essentiel de leur article est constitué de notices biographiques sur les cinq nouveaux bienheureux, notices inspirées pour la plus grande part du livret distribué ce jour-là, Place Saint-Pierre, aux pèlerins et fidèles venus assister à la béatification. La notice de Jean XXIII a été enrichie, néanmoins, par les deux journalistes, de remarques visant à faire de ce pape “un garant des traditions”. Et les deux auteurs de rappeler Veterum sapientia où Jean XXIII “défendant l’usage du latin et des autres langues sacrées contre l’emploi du vernaculaire, non seulement en recommande l’étude et l’emploi, mais demande qu’il soit restauré là où il a été abandonné.”
Sur Veterum sapientia, il y a intérêt à lire ce qu’en dit Peter Hebblethwaite dans sa biographie de Jean XXIII (Le Centurion, 1988, p. 445-446) : un texte de circonstance, une concession, qui s’avèrera incompatible avec d’autres actes du même pape. Il y a lieu, aussi, de se souvenir de la réponse de Jean XXIII à Mgr Lefebvre qui le félicitait de Veterum sapienta :
- Oh, les encycliques... Il faut en prendre et en laisser.
Plus satisfaisant que les maigres défenses de Jean XXIII parues dans Présent les 9 et 16 septembre, on se reportera au texte publié entre temps par Jean Madiran (13.9.2000). Ses lignes accompagnaient une large reproduction de son éditorial paru dans Itinéraires en 1963. Jean Madiran écrit aujourd’hui :
“Si j’avais dû, ce qu’à Dieu ne plaise, donner un avis sur la béatification du pape Jean XXIII, ou si je devais le faire à son (prochain ?) procès de canonisation, j’avoue que j’aurais fortement tendance à remettre en cause l’ “ l’héroïcité des vertus ”, et leur “ connexion ”, qui lui ont été reconnues. J’invoquerais là-contre sa manière de pratiquer la vertu cardinale de prudence dans le gouvernement de l’Eglise.
Ce que le P. Congar, avec une gourmandise ravie, appelait “ la révolution d’Octobre dans l’Eglise”, par une singulière référence à l’octobre 1917 de Lénine, a bien commencé sous le pontificat de Jean XXIII, et à l’occasion du concile Vatican II dont il a pris l’initiative. Mais ce n’est pas Jean XXIII qui a conduit la suite et la fin du concile ni l’après-concile, et le parti progressiste lui a fait gloire d’une révolution qu’en réalité il ne voulait pas et qu’il n’a pas su empêcher.
Mais j’aurais sans doute eu tort. Le jugement porté là-dessus par la béatification, qui n’est pas infaillible, mas dont il y aurait “ témérité coupable ” à ne tenir aucun compte, signifie peut-être que cette révolution dans l’Eglise était une déferlante diabolique telle que rien, sur le moment, n’aurait pu l’arrêter.”
Enfin, pour nourrir le dossier et la réflexion, on doit signaler les nombreux documents que la revue Sel de la Terre (Couvent de la Haye-aux-Bonhommes, 49240 Avrillé) publie, dans son n° 34, sous le titre : “Bienheureux Jean XXIII ?” (p. 221-237).

III. A propos de Dominus Iesus
Le 5 septembre dernier, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Ratzinger, a présenté une déclaration, Dominus Iesus, “Sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise”.
On doit remarquer d’abord que cette déclaration, datée du 6 août, n’a été rendue publique que le mardi 5 septembre, soit deux jours après la béatification de Pie IX. Ce n’est sans doute pas une coïncidence. Certains commentateurs, hostiles, ne s’y sont pas trompés qui y ont vu un “nouveau Syllabus”. L’abbé Claude Barthe, lui, dans un long commentaire paru dans le n° 69 de la revue Catholica (B.P. 246, 91162 Longjumeau Cedex), relève une autre coïncidence : le cinquantenaire de la grande encyclique Humani generis (12 août 1950).
L’encyclique de Pie XII était toute dirigée, sans les nommer, contre les tenants de la “nouvelle théologie” et certaines de leur doctrine. Domini Iesus est dirigé contre les thèses aventurées en matière de théologie des religions et les affirmations intempestives qui entourent le dialogue interreligieux et le dialogue oecuménique. Semble être particulièrement visé, quoique non nommé, l’ouvrage qui fait référence en la matière : Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux du père Jacques Dupuis, jésuite.
Sans entrer dans une analyse complète du document, on doit relever son intention formelle : “remédier à [une] mentalité relativiste toujours plus répandue”. Sans reprendre l’antique formule anathema sit, le Préfet de la Congrégation procède par affirmations claires, avec des formules qui ne le sont pas moins : “Est donc contraire à la foi de l’Eglise la thèse ....”, “Il est donc contraire à la foi catholique de ...”, “Elle n’est donc pas compatible avec la doctrine de l’Eglise la théorie...”, etc.
La Croix a engagé, dès le document connu, une véritable campagne d’opposition. Michel Kubler, rédacteur en chef du seul quotidien catholique reconnu comme tel par l’épiscopat français, publiait dès le 6 septembre, à la une, un éditorial furieux contre “des anathèmes dignes du Syllabus” et “des catégories qui relèvent de la préhistoire en matière d’oecuménisme catholique”. Le 18 septembre, c’était un des théologiens collaborateurs réguliers du journal, le père Bruno Chenu, qui estimait : “le cardinal Ratzinger se livre à une lecture réductrice de Vatican II, au point de mettre en péril l’intention même du concile.” Lui aussi établissait un parallèle entre Dominus Iesus et le Syllabus : “Dans son dernier texte, la Congrégation offre surtout un catalogue de citations de documents récents, conciliaires ou pontificaux, avec une pratique pas toujours très judicieuse du “ copier-coller ”.” Et de s’inquiéter : “Serions-nous revenus en-deçà de Vatican II ?”.
Le 19 septembre, la Croix poursuivait sa campagne en publiant une interview de Mgr Fitzgerald, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. En termes clairs, celui-ci déclarait : “Dominus Iesus ne change rien à notre attitude envers eux [les représentants des autres religions], qui reste fondée sur la déclaration Nostra aetate de Vatican II.” Le 25 septembre encore, le journal publiait un entretien avec l’historien Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de sant’Egidio et organisateur de rencontres interreligieuses dans la suite du rassemblement de prière d’Assise (le 27 octobre 1986). Andrea Riccardi, lui aussi, semble vouloir passer outre au document romain : “Notre travail doit continuer dans l’esprit qui fut celui d’Assise et qui est aussi celui de Redemptoris missio, l’encyclique missionnaire de Jean-Paul II.”
Cette façon d’opposer le cardinal Ratzinger à Jean-Paul II était déjà celle de Michel Kubler, dans l’éditorial cité. Il y revenait en présentant un “Forum” - deux pleines pages - consacré au document romain. Pourtant, Jean Madiran l’avait souligné dans Présent , dès la parution du document, Jean-Paul II n’a pas seulement approuvé le document publié par le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il l’a revêtu d’une autorité particulière. Le document se termine par une déclaration solennelle :
“Sa Sainteté le pape Jean-Paul II, au cours de l’audience accordée le 16 juin 2000 au soussigné cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avec science certaine et son autorité apostolique a approuvé la présente Déclaration, décidée en session plénière, l’a confirmé et en ordonné la publication.”
On peut donc lire cette déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi non comme la manifestation de “clivages entre sphères du Vatican” (M. Kubler), mais comme une manifestation de plus d’une des tendances majeures du pontificat, sous-estimée par certains. Dominus Iesus est, après le Catéchisme de l’Eglise Catholique, Donum vitae, Ordinatio sacerdotalis, Fides et ratio, un acte restaurateur et clarificateur.
On peut aussi, peut-être, le lire à la lumière du motu proprio Ecclesia Dei Afflicta (2 juillet 1988) où Jean-Paul II exhortait à “un effort renouvelé d’approfondissement qui permettra de mettre en lumière la continuité du concile avec la Tradition.” A cet égard, il semble que l’on puisse s’attendre, à l’avenir, à une déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur la liberté religieuse.

IV. Trois livres sur le secret de Fatima
Dans le prolongement de la béatification de deux des voyants de Fatima et de la révélation du “troisième secret”, trois livres méritent d’être signalés :
• Aura Miguel, Le Secret de Jean-Paul II, Mame-Plon, juillet 2000, 255 pages, 118 F.
Aura Miguel est la seule journaliste portugaise accréditée au Vatican. A ce titre, elle a suivi le pape dans nombre de ses voyages, notamment ceux effectués au Portugal. Son livre a été publié en portugais avant la béatification du 13 mai dernier et la révélation du “troisième secret”. La traduction française, en revanche, contient un complément où tous les documents officiels relatifs à ce dernier événement sont publiés, suivis d’un commentaire d’Aura Miguel.
Son livre ne raconte pas une énième fois les apparitions de la Sainte Vierge à Fatima. Il s’agit d’un récit, très circonstancié, du lien privilégié de Jean-Paul II avec Notre-Dame de Fatima, depuis l’attentat dont il a été victime le 13 mai 1981. Comment Jean-Paul II a littéralement découvert le message de Fatima et les demandes de la Vierge à partir de cette date et comment il a essayé, pas à pas, d’y répondre. Un livre convaincant, très bien informé, avec nombre de détails significatifs. Telle cette déclaration, oubliée, du cardinal Ottaviani, en 1967, à propos du “troisième secret” qu’il avait lu:
“Le secret n’intéresse que le Saint-Père, à qui il était destiné. Il en était le destinataire. Et tant que le destinataire ne décide pas de dire “ c’est maintenant le moment de le faire connaître au monde ”, nous devons faire confiance à sa sagesse et le conserver secret.”
Soeur Lucie, en 1992, avait dit la même chose au cardinal Padiyara (Fatima. Soeur Lucie témoigne, éditions du Chalet, 1999, p. 64).
• Andrea Tornielli, Fatima. Il segreto svelato, Piero Gribaudi Editore, Milan, juillet 2000, 144 pages, 15.000 L.
Andrea Tornielli, vaticaniste du grand quotidien de droite italien Il Giornale, publie un livre où, à côté de choses bien connues, on en trouve d’autres, curieuses, parfois stupéfiantes. L’approbation tacite, silencieuse, donnée par soeur Lucie à un prêtre italien, don Luigi Bianchi, spécialiste de Fatima, qui lui exposait, en 1991, une interprétation du 3e secret en lien avec la crise doctrinale de l’Eglise (p. 78). Les confidences du cardinal Luciani - le futur Jean-Paul Ier - après le long entretien qu’il eut avec soeur Lucie, en juillet 1977, entretien au cours duquel la religieuse carmélitaine annonça au pape qu’il serait pape et d’autres événements, sans doute (p. 95-99). On relèvera encore (p. 102-104), à propos de Jean-Paul Ier, la vision de sa mort qu’a eue une mystique allemande, soeur Erika Holzach. Cette vision est rapportée dans un ouvrage qu’a édité en 1988 le grand théologien Hans Urs von Balthasar, créé cardinal par Jean-Paul II justement cette année-là (un mois avant sa mort). Pour ne pas ajouter une traduction à la traduction, je cite ici la version italienne de la vision :
Ieri sera, quasi alla fine della preghiera ... mi è stato dato di conoscere qualcosa in modo molto chiaro : nella notte in cui fu ucciso due uomini entrarano nella stanza da letto del Papa. Il primo aveva une siringa, l’altro doveva solo fare la guardia. Ma il Santo Padre si è svegliato e ha capito subito che lo volevano uccidere. Ha visto anche il secondo uomo, non poteva e non voleva difendersi. Ho accettato volontariamente di morire per amore. Tutto è successo molto velocemente. La cara Madre di Dio mi ha rivelato che il Santo Padre si è consegnato totalmente nell’ultimo instante, raccomandando a lei anche la Chiesa e il futuro Papa.”
Voilà qui semblerait pouvoir renforcer la thèse de ceux qui identifient le pontife de la vision de Fatima avec Jean-Paul Ier (à nouveau, dans le dernier numéro de la Contre-Réforme Catholique au XXe siècle, septembre 2000, Maison Saint-Joseph, 10260 Saint-Parres-lès-Vaudes). Encore faudrait-il savoir quel crédit accorder à la mystique Rika Holzach, décédée en 1987.
• Laurent Touchagues et Thierry Boutet, Fatima. trois secrets, un message, Edifa (15-27 rue Moussorgski, 75895 Paris cedex 18), 96 pages, 75 F.
C’est, à ce jour, l’ouvrage le plus complet, le plus précis et le plus agréable consacré à Fatima dans la perspective du 3e secret. Sur deux points controversés - la consécration accomplie par Jean-Paul II en 1984 correspond-elle bien à ce qu’a demandé la Vierge et soeur Lucie a-t-elle approuvé formellement cette consécration ? - on appréciera les réponses nuancées des deux auteurs (p. 32 et 33). On relèvera notamment cette appréciation, empreinte non d’une mentalité mécaniste, positiviste mais d’un esprit spirituel et surnaturel :
“Il est donc probable que les actes de 1982 et 1984, même s’ils n’ont pas été faits exactement comme Notre-Dame de Fatima le souhaitait, ont été entendus du Ciel et ont mérité à la Terre des adoucissements. Ceux-ci se sont traduits en particulier par des changements intervenus à l’Est.”
On doit même remonter à Pie XII et, comme l’a rappelé Jean Madiran dans un grand article du journal Présent (2.9.2000), rendre justice à ce pape qui, le premier, a fait apparaître le nom de Fatima dans un document pontifical et qui, le premier, “avait confié l’Eglise, le monde et la Russie au Coeur Immaculé de Marie”. “Si Pie XII n’a pas tout fait, comme l’écrit Jean Madiran, du moins a-t-il fait beaucoup ; et beaucoup enseigné. Cela ne sera pas oublié.” Et cela ne fut pas sans effet surnaturel.

V. Nouvelles
• Cette année, l’abbaye Sainte-Madeleine (84330 Le Barroux) fête le 30e anniversaire de sa fondation. Dom Gérard décrit comment “un certain 25 août 1970, un petit moine débarquait en mobylette avec ses maigres bagages pour commencer l’étrange aventure”, dans un prieuré du XIe siècle, à Bédoin. Le dimanche 21 mai, 1.500 fidèles purent visiter le monastère qui ouvrait ses portes, exceptionnellement clôture comprise. Le 1er octobre dernier, c’est une cérémonie solennelle qui a vu le cardinal Medina célébrer la messe dans l’église de l’abbaye. Le cardinal Medina, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline ecclésiastique, est le cinquième cardinal à célébrer la messe traditionnelle au Barroux.
L’abbaye compte aujourd’hui 65 moines. Quelque 300 oblats lui sont liés. L’abbaye publie régulièrement un bulletin (Les Amis du monastère, 95 numéros parus à ce jour) et des livres. Parmi les derniers parus, une nouvelle traduction des Homélies sur les Évangiles de saint Grégoire le Grand (620 pages, 190 F).
• Giuseppe Alberigo, directeur de l’Institut pour les sciences religieuses de Bologne, est le maître d’oeuvre d’une “Histoire du concile Vatican II”, rédigée par des historiens de différents pays et dont les volumes sont traduits simultanément en plusieurs langues. Le IVe volume, portant sur la période septembre 1964-1965, est paru en Italie mais n’est pas encore traduit en français. Il a fait l’objet d’un grand article - une pleine page sur quatre colonnes - de L’Osservatore Romano (31.1/1.2.2000). L’article, très critique, est dû à Mgr Agostino Marchetto, de la Secrétairerie d’Etat. Il estime que l’ouvrage est empreint “d’une animosité non scientifique” à l’encontre de la “minorité” et qu’il offre une lecture “idéologique” de l’événement et des débats qui ont eu lieu, particulièrement, au cours de la IIIe session.