23 août 2005

[AFP] Benoît XVI cherche à renouer avec les intégristes de Mgr Lefebvre

AFP - 23 août 2005

Rome - Le pape Benoît XVI doit recevoir en audience lundi prochain le chef des catholiques intégristes, l'évêque suisse Bernard Fellay, pour tenter de mettre fin à un schisme au sein de l'Eglise, a-t-on appris lundi auprès de la communauté.

La rencontre avec le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X d'Ecône(Suisse), excommuniée par Jean Paul II, devrait avoir lieu à Castelgandolfo, la résidence d'été des papes.

Elle devait être entourée de la plus grande discrétion, mais elle a été rendue publique dans une lettre par l'un des quatre évêques de la Fraternité, le britannique Richard Williamson, opposé à tout compromis avec le Vatican.

Le Vatican n'a pas confirmé la rencontre et les fuites dans la presse pourraient la compromettre.

La Fraternité de Saint Pie X a été créée à Ecône (Suisse) en 1969 par l'archevêque français, Mgr Marcel Lefebvre, excommunié par Jean Paul II le 30 juin 1988 pour avoir sacré quatre évêques: le Suisse Bernard Fellay, le Britannique Richard Williamson, le Français Bernard Tissier de Mallerais et l'Argentin Alfonso de Galarreta. Mgr Lefebvre est mort le 25 mars 1991 et Mgr Fellay lui a succédé à la tête de la Fraternité.

La Fraternité a rappelé peu avant le décès de Jean Paul II son opposition pour l'oecuménisme, qui a conduit "à un affaiblissement de la foi et de la défense de la vérité".

Mgr Fellay a salué l'élection le 19 avril du cardinal allemand Joseph Ratzinger, nouveau pape sous le nom de Benoît XVI, car il a été "élu en opposition au progressisme", souligne-t-il.

"Nous savons que le cardinal Ratzinger était opposé au dialogue inter-religieux lancé à Assises en 1986 et qu'il n'a pas participé à cette rencontre. Toujours opposé à ce dialogue, il a participé à la seconde rencontre en 2002 car il a été forcé de le faire", souligne-t-il dans un entretien publié sur le site de la section britannique de la Fraternité.

"Si je suis reçu par le pape, je lui demanderai pleine liberté pour la messe et, pour nous, la levée de l'excomunication. Ce sont deux conditions préalables", affirme-t-il.

"Nous partageons avec Benoît XVI le même sentiment sur la dramatique situation de l'Eglise" avec la chute des vocations, précise-t-il.

"Un accord entre Rome et Saint Pie X semble impossible", assure pour sa part Mgr Williamson dans sa lettre publiée sur le site internet "www.dailycatholic.org".

La Fraternité de Saint Pie X revendique 460 prêtres, 178 séminaristes, 70 frères, 133 religieuses et 68 oblats. Elle est présente dans de nombreux pays avec 7 séminaires, 496 églises et chapelles, 2 instituts universitaires, 71 écoles.

[ATS] Benoît XVI prêt à tenter de renouer le dialogue avec Ecône

ATS - 23 août 2005

Le pape Benoît XVI doit recevoir lundi l'évêque Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X d'Ecône (VS). Il espère pouvoir relancer le dialogue avec les centaines de catholiques intégristes qui ont rompu avec Rome.
[ats] - Selon des sources dans l'entourage du pape, la rencontre aura lieu dans la résidence papale d'été en présence du cardinal Dario Castrillion Hoyos, qui dirige un département du Vatican créé après le schisme de 1988 pour ramener dans le rang les partisans de l'archevêque français Marcel Lefebvre.

Cette rencontre aurait dû être entourée de la plus grande discrétion, mais elle a été rendue publique dans une lettre par l'un des quatre évêques de la Fraternité, le britannique Richard Williamson, opposé à tout compromis avec le Vatican.

La Fraternité de Saint Pie X a été créée à Ecône en 1969 par Mgr Lefebvre. Ce dernier a été excommunié par Jean Paul II le 30 juin 1988 pour avoir sacré quatre évêques.

Les fidèles d'Ecône refusent les évolutions liturgiques décidées en 1962-65 par le concile de Vatican II et insistent notamment pour célébrer les messes en latin. Ils s'opposent catégoriquement à l'oecuménisme et au dialogue interreligieux, qui conduisent selon eux "à un affaiblissement de la foi et de la défense de la vérité".

Dans un récent entretien publié sur le site internet de la Fraternité, Mgr Fellay avait évoqué ses revendications au cas où il devait être reçu par le nouveau pape. Il entend exiger comme "préalables" "la pleine liberté de la messe (en latin) et la levée de l'excommunication" qui frappe les fidèles d'Ecône, a-t-il dit.

18 août 2005

[AFP] Les traditionalistes peuvent être intégrés à l'Eglise (Mgr Ricard)

AFP - 18 août 2005

COLOGNE (Allemagne) - Les catholiques traditionalistes doivent pouvoir être intégrés à l'Eglise, à condition qu'ils respectent les grands enseignements du concile de Vatican II, a expliqué le président de la Conférence des évêques de France, l'archevêque de Bordeaux Mgr Jean-Pierre Ricard.

"Mon souci est double", a déclaré Mgr Ricard à l'AFP, "c'est une question d'intégration de ces sensibilités dans l'Eglise. Je demande en retour qu'ils respectent la messe que je célèbre et que soient assimilés les grands enseignements du concile".

Mgr Ricard, qui appartient à la commission pontificale Ecclesia Dei chargée depuis 1988 des relations avec ces mouvements, a expliqué avoir accepté à ce titre l'invitation de Juventutem, un collectif d'instituts traditionalistes, attachés à la liturgie tridentine, la messe en latin de St Pie V avec le missel de Jean XXIII.

Toutefois, il a dû annuler la rencontre prévue jeudi en raison des difficultés de circulation liées à l'afflux de pèlerins pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Cologne.

"J'essaie d'avoir des contacts avec ces mouvements", a expliqué Mgr Ricard, qui a procédé à des ordinations de traditionalistes l'an dernier et accepte dans son diocèse des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre et de l'Institut du Christ-Roi. "C'est une question de respect à avoir pour ces gens : pour certains, c'est la messe de leur enfance, d'autres sont attirés par un sens du sacré, le cérémonial".

En revanche, des difficultés subsistent dans les relations avec la Fraternité Saint Pie X, le mouvement schismatique des intégristes ayant suivi Mgr Lefebvre, qui rejette Vatican II, a-t-il souligné.

[Cécile Calla - Le Figaro] A Sankt Antonius, les messes sont en latin - Les «tradis» de Juventutem installés à Düsseldorf

Cécile Calla - Le Figaro - 18 août 2005

Düsseldorf : de notre envoyée spéciale Cécile Calla

Agenouillés, les fidèles saluent l'arrivée du cardinal australien, venu célébrer les vêpres dans la basilique Sankt Antonius de Düsseldorf. Accompagnée par l'organiste, la chorale commence à chanter en latin. A l'occasion des JMJ qui ont débuté hier, le mouvement traditionaliste Juventutem tient son office liturgique dans cette église néoromane de la capitale de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Crée l'an dernier, l'association Juventutem participe pour la première fois aux Journées mondiales de la jeunesse. Parmi les 1 000 adhérents présents en Allemagne pour l'occasion, les 700 membres français se repèrent à leurs drapeaux tricolores frappés du sacré coeur vendéen. Les autres viennent essentiellement de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et d'Australie. Ils ont installé leur «quartier général» dans la basilique Sankt Antonius. Tous les matins, ils y célèbrent la messe selon le rite traditionnel de saint Pie V. «Nous voulions la messe traditionnelle tous les jours tout en étant aux JMJ», explique Julien, l'un des responsables du groupe français.

Mais le rite semble attirer d'autres pèlerins. Hier après-midi, Sankt Antonius faisait salle comble et de nombreux participants devaient suivre la cérémonie debout ou assis par terre. «Les autres jours, l'église était tout aussi bondée», confirme Julien avec satisfaction. Un bon signe pour le mouvement puisque les JMJ constituent «un test». «Nous voulons montrer aux autres la prédominance du sacré», souligne Julien.

Catherine, une Vendéenne de 33 ans, a choisi de venir aux JMJ avec Juventutem car elle voulait être sûre d'avoir de «bons enseignements». «Avec eux, j'avais un gage de sérieux.» De plus, «dans le milieu tradi, le recueillement est plus fort», explique-t-elle. Entre deux cérémonies, les pèlerins de Juventutem répètent leurs refrains ou égrènent leurs chapelets. Souvent, les Français se sont déjà croisés lors du pèlerinage de la Pentecôte à Chartres. A l'image d'Aude, 29 ans : «La messe traditionnelle met en valeur le respect du divin.» Pour autant, la jeune femme n'a pas renoncé à la messe version Vatican II : «Elle permet un contact plus direct avec Dieu.» Aussi, regrette-t-elle l'incompréhension qui sépare les «tradi» du reste de l'Eglise.

Contrairement aux autres participants des JMJ, ceux de Juventutem se montrent loquaces dès qu'on évoque Benoît XVI. «Nous l'attendons comme un père», souligne Julien. «C'est un peu comme si le frère de Jean-Paul II venait à notre rencontre», renchérit Catherine. «Sachant que Benoît XVI est un proche du défunt pape, nous étions rassurés quand il a été élu», ajoute-t-elle.

17 août 2005

[Mgr Richard Williamson] "Quelques réflexions pour le mois d'août 2005"

Reçu par mail - Mgr Richard Williamson - 17 août 2005

Dans le numéro de Mai-Juin de cette année-ci du bi-mensuel français « Sous la Bannière », à la page 7, on lit une citation bien intéressante que l’on prête au Cardinal Ratzinger, maintenant le Pape Benoît XVI. On y lit : « Une source en Autriche, qui ne veut pas être révélée, assure que le Cardinal Ratzinger aurait récemment confessé à un évêque autrichien ami, ‘J’ai deux problèmes sur la conscience : Mgr. Lefebvre et Fatima. Pour ce dernier on m’a forcé la main ; pour le premier j’ai échoué’ ». 

Bien sûr, la « source an Autriche » restant anonyme, nous n’avons aucun moyen de vérifier si le Cardinal a vraiment dit ces choses sur Mgr. Lefebvre et Fatima, mais la citation est pour tout le moins vraisemblable, et donc elle vaut la peine qu’on s’y arrête quelques instants.

Quant à ce qui est dit sur Fatima, on se doutait bien en Juin 2000, au moment où le Vatican – et le Cardinal Ratzinger en particulier – révélait le supposé Troisième Secret de Fatima, qu’il y avait un faux quelque part. Ou bien Rome cachait encore le vrai secret, celui que gardait Pie XII dans sa chambre sans l’ouvrir ; ou bien Rome révélait le vrai secret mais en faussait l’interprétation. Dans les deux cas, se disait-on à ce moment-là, Rome voulait en finir avec Fatima, et on voyait le Cardinal Ratzinger en première ligne se prêter à ce jeu. Et voici cette citation venant de l’Autriche qui nous confirmerait que c’était bien un jeu auquel le Cardinal s’est prêté. Qui lui a « forcé la main » ? Le Pape Jean-Paul II ? Un pouvoir occulte derrière et le Pape et le Cardinal ? Dieu le sait.

Quant à ce qui est dit sur Mgr. Lefebvre, là encore la citation, sinon vraie, est certainement vraisemblable. En mai, 1988, au moment où Mgr. Lefebvre menaçait de sacrer des évêques pour la Fraternité Sacerdotale St Pie X, avec ou sans la permission de Rome, c’est le Cardinal Ratzinger qui représentait le Saint Siège dans les négociations entamées pour empêcher une telle « rupture ». On se souvient que le Cardinal Ratzinger a failli « réussir » lorsque le 6 mai Mgr. Lefebvre a signé un protocole d’accord, mais il a « échoué » le 7 lorsque Mgr. Lefebvre après une nuit blanche a repris sa signature. Et voici que la citation venant d’Autriche nous confirme que le Cardinal voit toujours la fin de ces négociations-là comme un « échec ».

Cette confirmation est importante pour autant qu’elle nous suggère que le Cardinal reste, en tant que Pape, dans les mêmes dispositions pour traiter avec la Fraternité St. Pie X dans l’entretien qu’il accorde en principe le 29 août au successeur de Mgr. Lefebvre à la tête de la Fraternité, Mgr. Bernard Fellay. Autrement dit, il est fort probable non seulement que le Pape régnant est sincèrement convaincu qu’il faut mettre fin à cette « rupture » entre Rome et la Fraternité, mais aussi qu’il paraîtra être de toute bonne volonté lorsqu’il mettra tout en œuvre, y compris sa longue expérience de la diplomatie romaine et tout le prestige de son rang maintenant exalté, pour y arriver.

De fait, un accord semble impossible. Et bien sûr, si la Fraternité se ralliait, la résistance de la Tradition continuerait, et si le Pape « se convertissait », alors à la place de la guerre gentille menée maintenant à sa droite par la Tradition, il aurait à dos une guerre féroce menée à sa gauche par la cabale des néo-modernistes. Donc de toute façon la guerre continue entre les amis et les ennemis de la Foi de Notre Seigneur Jésus Christ.
Mais ici et maintenant, ce qui est important pour les Catholiques qui suivront avec intérêt cet entretien entre Rome et la Fraternité, c’est qu’ils ne donnent dans aucun des pièges que le Démon leur tendra :

D’abord, ce n’est pas parce que la Fraternité demande à être reçue en audience par le Saint Père qu’elle est sur le point de trahir – si la Tradition n’a aucun contact avec Rome, comment la vérité de la Tradition s’y fera-t-elle entendre ?

Ensuite, ce n’est pas parce qu’il y a un contact qu’une entente est possible. Que tous les Catholiques qui rêvent de combiner la Tradition et les autorités néo-modernistes de l’Eglise se désabusent. L’Autorité Catholique et la Vérité Catholique finiront par se réunir, mais rien pour le moment n’indique que cette réunion est pour aujourd’hui – ou demain !

Et finalement – et c’est le piège le plus subtil – qu’on ne pense ni que le Pape est de bonne volonté, donc il ne peut être néo-moderniste ; ni qu’il est néo-moderniste, donc il ne peut être de bonne volonté. Cette crise de l’Eglise serait bien moins grave et tromperait beaucoup moins de gens si les néo-modernistes étaient évidemment de mauvaise volonté. Ce qui caractérise ces derniers temps, c’est que les mauvais principes sont si répandus que peu de gens s’en rendent compte, et beaucoup de gens font mal tout en étant persuadés qu’ils font bien. C’est pour cela que la citation du Cardinal est vraisemblable où il dit que son échec en 1988 lui pèse « sur la conscience ».

Prions la Très Sainte Vierge pour que le Pape Benoît XVI voie clair, surtout la nécessité urgente de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie, et si nous-mêmes nous voyons clair, prions-la que nous ne nous laissions pas aveugler – « Celui qui estime qu’il se tient debout, qu’il fasse attention de ne pas tomber », dit St. Paul (I Cor X, 12). Les temps sont mauvais !

15 août 2005

[Sophie de Ravinel - Le Figaro] JMJ: Les traditionalistes au programme officiel

Sophie de Ravinel - Le Figaro - 15 août 2005

Pour la première fois dans l'histoire des Journées mondiales de la jeunesse, la liturgie tridentine antérieure au concile Vatican II est officiellement intégrée à l'événement. L'autorisation a été donnée par Jean-Paul II, mais l'élection de Benoît XVI, attaché à la liturgie en latin, ne pouvait qu'encourager «les tradis» à se joindre au mouvement. Ce soir, à 21 heures, dans la paroisse Saint Antonius de Düsseldorf, la messe de l'Assomption sera donc célébrée en latin à l'attention des jeunes de l'association Juventutem, venant de différentes communautés ou mouvements, mais tous unis par un même attachement au siège apostolique de Rome et à la tradition liturgique. Pour la plupart, les jeunes de Juventutem n'étaient pas en âge de raisonner lorsque, en 1988, Mgr Lefebvre a ordonné des évêques sans l'aval du Vatican, provoquant une rupture encore aujourd'hui non résolue et de profondes déchirures, parfois au sein des mêmes familles entre «traditionalistes» et «intégristes». Les jeunes «tradis» bénéficient cependant d'une permission spéciale, l'«indult», octroyée par Jean-Paul II aux prêtres fidèles au Vatican qui souhaitaient célébrer en latin selon le rite de saint Pie V. Pour Christophe Geffroy, le directeur de La Nef, un mensuel de réflexion sur la vie de l'Église catholique attaché à la messe traditionnelle, la participation de Juventutem aux JMJ «peut permettre aux relations de s'assouplir, de devenir plus naturelles dans les deux sens». Bien entendu, l'élection de Benoît XVI reste un élément moteur, car «il s'intéresse plus que Jean-Paul II à la question de la liturgie. On sent et on sait l'ancien cardinal Ratzinger personnellement concerné». Benoît XVI, un mois après son élection, a d'ailleurs envoyé un cardinal de la Curie participer à une célébration selon le rite tridentin chez les bénédictines traditionalistes du Barroux, dans le sud de la France.

13 août 2005

[Aletheia n°79] document: "Lettre d'un catholique français perplexe au Saint Père"

Aletheia n°79 - 13 août 2005

Document :

Lettre d'un catholique français perplexe au Saint Père

Très Saint Père,

Lors du congrès Eucharistique de Bari, vous avez voulu redonner de l'éclat, de la valeur et de la spiritualité au Jour du Seigneur, en insistant notamment sur l'assistance à la Sainte Messe, appelée aussi Célébration ou Eucharistie.

Le dimanche 19 juin, à l'occasion d'une Célébration dominicale offerte pour l'anniversaire de la mort d'un membre de ma famille, je me suis rendu dans une paroisse de la banlieue parisienne. Toute cette Célébration fut faite en langue vernaculaire. Dans le livre, mis à la disposition des fidèles, les mots “ Récit de l'institution ” sont écrits en marge des textes de la Consécration. Les hosties, destinées à la communion des fidèles, étaient mises dans un ciboire en bois. Ce dimanche-là, ai-je reçu le Corps de Christ (Messe catholique) ou une simple hostie (cène protestante)? J'en frémis encore. Vous comprendrez, Très Saint Père, que le dimanche suivant, je sois revenu dans la chapelle où est célébrée la Sainte Messe, selon le rite tridentin par des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X.

À la sortie de cette Célébration du 19 juin, mes nièces m'ont présenté quelques jeunes avec lesquels j'ai parlé des JMJ de Cologne, journées inoubliables qui réconfortent et rendent heureux. Pour ces jeunes, le Saint Père, Jean-Paul II, est vraiment un saint. Je les comprends. Mais moi, leur oncle, je ne puis oublier que votre prédécesseur est le pape qui a embrassé le Coran, ce qui pour un musulman représente un acte de soumission à la volonté du Coran. Comment est-il possible de croire un livre qui demande de lapider une femme adultère, alors que dans nos Saints Evangiles Notre Seigneur dit à cette même femme, en lui pardonnant : “ Va et ne pêches plus ”. En 1985, au Maroc, le Saint Père a dit à la jeunesse musulmane de ce pays : “ Nous croyons au même Dieu ”. Mais l'Islam nie la Trinité et nous traite d'idolâtres. En 2000, en Terre Sainte au bord du Jourdain, il s'est écrié : “ Puisse St Jean baptiste protéger l'islam ! ”. Quelle horreur ! Auparavant en 1980, à Mayence, il leur a dit aussi cette phrase : “ Vivez votre foi, même en terre étrangère ”. Je ne comprends plus. Les paroles de Notre Seigneur : “ Allez enseigner toutes les Nations, baptisez-les … ” seraient-elles devenues caduques ? Très Saint Père, je ne comprends plus. Santo subito? Je suis perplexe.

Que dois-je dire à mes nièces et à leurs amis des JMJ qui seront tous heureux de vous retrouver à Cologne ? Très Saint Père, s'il vous plaît, dites-leur que le prêtre est un autre Christ, qui, lorsqu'il prononce les paroles de la Consécration le calice en main, se trouve lui aussi au Calvaire au moment où Notre Sauveur s'écrie : “ Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ” et rend son âme à son Père.

Un autre sujet me trouble également. J'ai cru comprendre que lorsque vous serez à Cologne, vous iriez à la synagogue de cette ville. C'est une très bonne initiative. Mais quelles paroles direz-vousÊ? Le plus illustre de vos prédécesseurs, le premier Pape, saint Pierre, l'Apôtre et le Martyr, a prononcé deux admirables homélies que nous a retranscrites saint Luc dans les Actes des Apôtres : l'une au Chap. 2, V, 14-36, le jour de la Pentecôte et la seconde au Chap. 3, V, 12-36, quelques heures plus tard, dans le Temple même de Jérusalem.

Très Saint Père, reprenez cette homélie à Cologne et je ne serai plus perplexe. Je comprendrai alors que la Tradition Apostolique peut revenir. Les Israélites ne sont pas nos “ grands frères ”, car le devoir du “ grand frère ” serait alors de prendre la main du “ petit frère ” et de le conduire à la synagogue d’où Notre Seigneur nous a précisément sortis.

Très Saint Père, je ne comprends plus ! Je continuerai donc à fréquenter les prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X en suivant la Sainte Messe avec le missel que m'ont offert en 1948 mes parents, ouvriers agricoles. Il me faut rester fidèle à ce que j'ai reçu.

Comme vous l'avez dit le bateau prend eau. Dans ce cas, n'est-ce pas au capitaine de redresser la barre, Très Saint Père ? Chaque jour, avec mon épouse, nous prions pour que le Saint-Esprit inspire au successeur de Pierre ce qu'il faut pour tenir la barre et rester ferme dans la Foi, reçue des Apôtres.

Tonton Jean

(C'est ainsi que m'appellent mes nièces)

Ce texte est extrait du numéro d’août 2005 de la revue Credo (11 rue du Bel-air, 95300 Ennery). Cette revue est l’organe de l’association du même nom, fondée en 1977 par l’écrivain Michel de Saint-Pierre et liée aujourd’hui à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

Cette adresse respectueuse à Benoît XVI est celle d’un simple fidèle – l’Association est présidée par Jean Bojo. Plus que des démonstrations théologiques qui, paradoxalement, courent le risque de la simplification, de la caricature et, même de l’omission, cette interpellation a la saveur de l’authenticité et de la simplicité. Elle exprime le trouble, le scandale-même, qu’ont pu éprouver des fidèles, dans le monde entier, suite à certains gestes, certaines initiatives, certaines paroles de Jean-Paul II[1].

Depuis qu’il a été élu au Souverain Pontificat, Benoît XVI n’a pas manqué de recevoir des lettres de fidèles, de France et d’ailleurs, attachés à la Tradition, et des suppliques et pétitions d’associations, lui demandant des rectifications et des éclaircissements doctrinaux et une liberté entière pour le rite traditionnel de la messe. À l’inverse, une campagne médiatique s’est développée, surtout ces derniers temps à l’approche des JMJ organisées à Cologne, pour mettre en cause son “ traditionalisme en matière de mœurs et la lenteur des progrès sur l’œcuménisme ” (Le Figaro, 11 août 2005).

Les allocutions et sermons que le Pape Benoît XVI va prononcer aux JMJ de Cologne sont attendus par les uns et par les autres. Chacun y cherchera réponse à ses questions ou à ses interpellations, contradictoires, et, pour certains, à ses sommations. Les JMJ de Cologne seront un “ test ” disent déjà certains.

L’adresse du “ catholique français perplexe ”, que nous avons reproduite plus haut, est modeste et respectueuse. Elle est patiente aussi, nous semble-t-il.

Dans l’Eglise, les rectifications et restaurations se font rarement d’un seul coup. Benoît XVI ne répondra sans doute pas aux attentes des uns et des autres exactement de la façon dont ils le souhaitent. Un Pasteur en charge de l’Eglise universelle a forcément une vue universelle des besoins du Peuple de Dieu. Il a aussi une vision surnaturelle de l’Eglise, il sait, comme ses prédécesseurs, que l’Eglise ne se dirige pas comme une commune ou comme un pays, à coup de règlements, d’ordonnances et de lois qui peuvent annuler les précédentes. Il n’en reste pas moins que les fidèles peuvent être attentifs à certains signes, certaines décisions.

Les catholiques attachés à la Tradition auront peut-être été attentifs au fait qu’un des premiers évêques nommés en France a été M. l’abbé Raymond Centène, nommé évêque de Vannes. L’abbé Centène a été membre du comité de rédaction de Kephas dès son premier numéro et il y a publié plusieurs articles. Kephas est la revue dirigée par M. l’abbé Le Pivain, prêtre de la Fraternité Saint-Pierre (même si la revue ne dépend pas de la Fraternité Saint-Pierre) ; elle s’est voulue dans la continuité de la Pensée Catholique du regretté abbé Lefèvre.

Autre événement, sur lequel je me garderai bien d’entrer en conjecture : le 29 août prochain, Mgr Fellay, Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sera reçu en audience par Benoît XVI. Avant même l’élection du cardinal Ratzinger au Souverain Pontificat, dans les jours qui avaient précédé le conclave, des contacts, téléphoniques, avaient renoué les liens entre le futur pape et la FSSPX.

Cette audience accordée à Mgr Fellay est-elle une étape dans de nouvelles négociations entre le Saint-Siège et la FSSPX ? Sans répondre à cette question, on peut indiquer quelles sont les analyses et les demandes que le Supérieur général de la FSSPX va présenter au Saint-Père. Le 16 juillet dernier, il a accordé un long entretien au bulletin D.I.C.I.[2]. On y lit notamment les propos suivants :

Si l’on peut dire qu’avant son accession au souverain pontificat l’Eglise était en chute libre, Benoît XVI ouvrira un parachute, et il y aura un certain coup de frein. Un coup de frein qui pourra être plus ou moins important selon que le parachute sera plus ou moins vaste. Mais la direction reste la même. Faut-il espérer plus que ce coup de frein ? Les promesses de N.S. valent pour toujours. Et le Bon Dieu se sert de tout pour faire avancer son Eglise là où il veut.

Permettez-moi de vous donner un avis personnel : si Benoît XVI est mis au pied du mur, dans une situation de crise, face à une réaction très violente des progressistes, ou bien devant une crise politique, des persécutions, je pense - en observant comment il a agi et réagi jusqu’ici - qu’il fera le bon choix.

Voici quelques faits :

- À sa nomination à l’évêché de Munich, en 1977, alors qu’il n’a été jusqu’à présent que professeur de théologie, il rentre dans le concret et il est obligé d’interdire à un de ses amis d’occuper la chaire de théologie de la Faculté. Ce qui va lui valoir l’opposition de ses anciens amis.

- En France, en 1983, il rappelle que le catéchisme est le catéchisme romain c’est-à-dire celui du concile de Trente. Et il affrontera l’ire des évêques de France.

- On sait que le cardinal Ratzinger était opposé à la rencontre interreligieuse d’Assise, en 1986, et qu’il n’y est pas allé. La seconde fois, en 2002, toujours opposé, il a été contraint de s’y rendre. Et il donnera plusieurs fois sa démission comme préfet de la Congrégation de la foi à cause de désaccords avec le pape, notamment sur Assise.

- La Charte de Cologne, en 1989, signée par 500 théologiens contre le magistère romain, rassemblait la grande majorité des forces intellectuelles catholiques de l’époque. Ils manifestaient ouvertement leur hostilité à Rome et au magistère. Le cardinal produisit alors des écrits sur la nouvelle théologie. Dans une description très fine et réaliste, il faisait apparaître l’étendue de la gravité. Malheureusement les remèdes proposés étaient très en deçà du diagnostic, quasiment nuls. […]

DICI : Si vous étiez reçu par le pape, que lui demanderiez-vous ?

Mgr Fellay : Je lui demanderais la liberté de la messe pour tous et dans le monde entier. Dans notre situation personnelle, il s’agira également de rétracter ce décret d’excommunication relatif aux sacres. Ce sont les deux préalables que nous ne pouvons dissocier d’une discussion doctrinale ultérieure. On sait bien que tout ne se limite pas à la messe, mais il faut commencer par du concret ; il faut commencer par un début. Ce serait une brèche très profonde et efficace dans le système progressiste ; cela amènerait graduellement un changement d’atmosphère et d’esprit dans l’Eglise.

Un chef de dicastère à Rome, en voyant nos processions lors de l’Année Sainte, en 2000, s’est exclamé : “ Mais ils sont catholiques, nous sommes obligés de faire quelque chose pour eux ”. Il y a encore des évêques, des cardinaux qui sont catholiques, mais le mal est tellement répandu que Rome n’ose plus prendre le bistouri. […] Car Ecône n’est pas contre Rome, comme le disent les journalistes. Nous partageons avec le pape Benoît XVI le même constat sur la situation dramatique de l’Eglise. Et comment ne pas être d’accord sur ce constat lorsqu’on voit la chute des vocations : à Dublin en Irlande, l’an dernier, il n’y aurait eu aucune entrée de séminaristes ! Chez les jésuites il y a un an ou deux, on a compté seulement sept professions perpétuelles pour toute la congrégation ! Mais Rome ne remonte pas à la cause des effets que tout le monde constate, parce que cela équivaudrait à une remise en cause du concile. Il faut que Rome retrouve sa Tradition. Bien sûr, ce n’est pas nous qui convertissons, c’est Dieu ; mais nous pouvons apporter notre petite pierre à la restauration, nous devons faire tout ce que nous pouvons. Il faut faire comprendre que la Tradition n’est pas un état archéologique : c’est l’état normal de l’Eglise aujourd’hui encore. […] L’Eglise dont le cardinal Ratzinger a reconnu qu’elle prenait “ l’eau de toutes parts ” a besoin de se tourner vers sa Tradition oubliée. Nous en vivons et en jouissons pleinement. Nous donnons la preuve que la Tradition n’est pas dépassée, mais au contraire adaptée au temps présent, parce qu’elle est universelle, parce qu’elle se situe dans la ligne ininterrompue des principes éternels. Et parce que Dieu ne change pas.

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NOTES

[1] En son temps, suite au discours de Jean-Paul II à la jeunesse musulmane dans le stade de Casablanca (1985) et suite à la première “ Journée mondiale de prière pour la paix” (27 octobre 1986) – ce que certains ont appelé le “ scandale d’Assise ” –, Dom Gérard, le Rév. Père Abbé du Monastère Sainte-Madeleine du Barroux, faisait paraître, le 15 février 1987, une brochure de huit pages : Peut-on dire “ Nous avons le même Dieu que les Musulmans ? ” ; belles pages d’interrogations, de réponses et de réconfort pour les “ catholiques troublés dans leur foi ”.

[2] D.I.C.I.-Presse, Etoile du Matin, 57230 Eguelshardt, le numéro 2 €.

4 août 2005

[Lettre de Paix Liturgique 92] "Impressions d’un simple fidèle de Nanterre"

La Lettre de Paix Liturgique 92 - Numéro 42 - 4 août 2005

► Nous avons le plaisir de vous faire connaître « les impressions d’un simple fidèle de Nanterre », un article de monsieur Jean Madiran, qui réagit aux propos étonnants publiés dans l’édition du 22 juillet du journal La Croix :
La messe à Nanterre

Une « messe tridentine » est autorisée à Nanterre, annonçait La Croix en fin de semaine (22 juillet), précisant : « Après un an de réflexion, l’évêque de Nanterre autorise une célébration hebdomadaire selon le rite de saint Pie V dans une paroisse de son diocèse. »
Il n’est pas le premier. Mais c’est un nouveau petit progrès de la messe traditionnelle, et claironné.

Impressions d’un simple fidèle de Nanterre

La MESSE CATHOLIQUE TRADITIONNELLE, LATINE ET GRÉGORIENNE SELON LE MISSEL ROMAIN DE SAINT PIE V était épiscopalement interdite dans le diocèse depuis 1970, elle l’est encore, elle cessera de l’être tout à fait (je ne dis pas qu’elle cessera tout à fait de l’être) à partir du premier dimanche de l’Avent, le 27 novembre. Les catholiques qui voulaient demeurer fidèles à la messe traditionnelle étaient (et sont jusqu’au 27 novembre) liturgiquement exilés par l’évêque : il leur disait et répétait qu’ils n’avaient qu’à aller à la messe dans un autre diocèse. On risque maintenant de vérifier qu’il en va pour les proscrits religieux comme pour les proscrits politiques. Pour qu’ils reviennent, il ne suffit pas toujours que la proscription soit levée.

L’évêque de Nanterre a donc décidé d’appliquer, dit-il, Ecclesia Dei. Il me semble me souvenir que ce document pontifical était intitulé Ecclesia Dei afflicta. Il est de 1988. Pour le mettre en application dix-sept ans plus tard, l’évêque de Nanterre a eu besoin d’une année de réflexion. Il n’a pas péché par précipitation.

La messe traditionnelle sera célébrée en l’église Sainte-Marie-des-Fontenelles de Nanterre. L’évêque ne paraît pas avoir souhaité la célébrer lui-même. Il a prévu pour cela quatre prêtres, et un cinquième, le curé doyen de Saint-Cloud, est nommé vicaire épiscopal chargé de l’application d’Ecclesia Dei. Tous les cinq disent qu’ils n’ont « jamais célébré selon le rite de saint Pie V » sans qu’on distingue s’ils le déclarent sur le ton de l’aveu repentant ou bien de la vantardise matamore. Ils auront donc un gros retard à rattraper pour arriver à célébrer et chanter en grégorien la grand-messe et les vêpres, cela ne s’improvise pas. Il est vrai toutefois que l’évêque les a débarrassés des vêpres, les « tradis » n’y auront pas droit, l’évêque stipule que sa décision « ne concerne que la messe et seulement la messe ». Dans le texte même d’Ecclesia Dei afflicta, le Pape demandait aux évêques d’en faire une application qui soit « généreuse ». Nanterre a précautionneusement choisi d’en faire une application circonspecte.

Quels que soient les sentiments que l’on ait à l’égard des liturgies nouvelles inventées sous le règne de Paul VI, et même s’ils sont d’une admiration sans réserve, il reste le point probablement essentiel, et qui finalement s’impose peu à peu comme indiscutable : l’interdiction de la messe traditionnelle ne tient pas, elle n’est ni légitime ni licite. La placer sous le régime de l’autorisation préalable ne tient pas davantage, c’est un affront au rite romain millénaire et à toute l’Eglise latine dans laquelle elle a droit de cité. Il ne sera jamais convenable pour un évêque de l’admettre chichement, avec condescendance et mépris, comme si elle était concédée par lassitude à des débiles et des retardataires.

Ce n’est pas que je prête forcément une telle attitude à l’évêque de Nanterre. Mais la présentation (peut-être tendancieuse ?) qu’en fait La Croix (N.D.L.R. : dans son article en date du 22 juillet 2005) inspire à un simple fidèle liturgiquement exilé du diocèse les impressions, vives et nettes, que je viens de dire.

JEAN MADIRAN
Les réactions de Paix liturgique :

Après avoir remercié monsieur Madiran pour la clarté de son article, nous revenons sur quelques points qui nous paraissent essentiels…

Il est temps qu’une réconciliation globale, large, généreuse et véritable se mette en oeuvre dans le diocèse de Nanterre ainsi que dans de nombreux diocèses de France où la liturgie traditionnelle, dont le Cardinal Castrillon Hoyos rappelait pourtant en mai 2003 le droit de citoyenneté, continue hélas, de faire l’objet de nombreux obstacles.

Trop souvent les prêtres qui la célèbrent et les fidèles qui s’en nourrissent sont traités comme des catholiques de seconde catégorie ou dans les meilleurs des cas, comme des « bêtes curieuses » qu’il est parfois permis de « tolérer » à condition qu’on ne les entende pas…

Or, une paix ne peut être sincère qu’avec la reconnaissance de la richesse de l’autre. Elle ne peut être globale que si l’on accepte enfin de considérer le charisme propre des familles attachées à la liturgie traditionnelle de l’Eglise comme une chance et une richesse pour le diocèse et non comme un problème à gérer, un virus dangereux à isoler…

Après ces douloureuses vingt dernières années d’exclusion dans le diocèse de Nanterre, toutes ces familles souhaitent être aimées comme elles sont et bénéficier du même traitement que tout autre catholique du diocèse.

Des bruits de sacristies nous disent que certaines personnes mal intentionnées souhaiteraient faire de Sainte-Marie-des-Fontenelles la « réserve indienne » du diocèse dont tout développement sera de toute façon mécaniquement empêché. Preuve en serait la lecture hyperrestrictive que le diocèse souhaiterait donner au Motu Proprio Ecclesia Dei, en ne donnant qu’une seule petite église pour le grand diocèse de Nanterre et en faisant tourner les prêtres pour éviter qu’un seul puisse vraiment s’investir dans la régularité avec cette communauté et ainsi freiner tout développement. Un prêtre ami du diocèse nous confiait même récemment que même le choix du calendrier irait dans ce sens. Selon lui commencer la messe le premier dimanche de l’Avent permettrait quelques jours seulement après le début de cette messe de casser la dynamique de lancement avec les départs des familles entre Noël et le jour de l’an, cette messe étant alors trop récente pour que les familles y aient pris leurs habitudes. De même, les grandes vacances d’été arrivant six mois après, une deuxième grande cassure viendrait perturber le rythme. Au final, la première année dont notre évêque a décidé qu’elle serait « ad experimentum » serait fortement hachée et tout cela ne serait pas sans conséquence sur le lancement de Sainte-Marie-des-Fontenelles et « l’évaluation de fin d’année ».

Ces bruits nous semblent trop précoces pour être accrédités et nous espérons que ces personnes, probablement rendues prudentes par toutes ces années d’apartheid liturgique, pourront réviser leur jugement dans quelques mois.

L’identité des quatre prêtres nommés aux côtés du père Yvon Aybram n’étant pas encore connue, il nous paraît imprudent et déplacé de remettre en cause leur bonne volonté à célébrer dignement la liturgie de 1962 demain à Nanterre, même si, dit-on, aucun d’eux ne savait la célébrer il y a encore quelques semaines. S’il est possible d’être surpris d’apprendre que l’on va chercher des prêtres qui ne savent pas célébrer la liturgie traditionnelle alors que nous connaissons tant de prêtres du diocèse qui, aimant profondément cette liturgie, la célèbrent déjà occasionnellement en privé, il nous semble prématuré et exagéré d’y voir une manoeuvre frauduleuse.

Nous souhaitons ardemment qu’une solution soit rapidement trouvée pour la zone sud du diocèse qui est trop éloignée de Nanterre pour bénéficier de la messe à Sainte-Marie-des-Fontenelles. La mise en place de cette deuxième église concomitamment à celle de Nanterre serait une belle preuve de volonté diocésaine d’appréhender la question dans sa globalité.

A l’heure actuelle, nous ne pouvons que renouveler nos voeux de paix et d’unité diocésaine retrouvée. Nous croyons que cette paix ne peut passer que par le dialogue honnête et l’incorporation véritable des familles attachées à la liturgie traditionnelle de l’Eglise à la vie du diocèse. Cette incorporation ne peut passer que par la recherche de solutions honnêtes et globales.

[SIGNATURES, puis PRESENTATION DE "PAIX LITURGIQUE 92"]

[Aletheia n°78] - Le centenaire de Balthasar - par Yves Chiron

Aletheia n°78 - 4 août 2005

Le centenaire de Balthasar - par Yves Chiron

suivi d’un texte inédit

Hans Urs von Balthasar (1905-1988) est un des plus grands théologiens du XXe siècle. Le centenaire de sa naissance a été marqué par de nombreux colloques, en France et à l’étranger. D’autres manifestations sont prévues en ce mois d’août. Outre son œuvre immense – plus de cent ouvrages –, il a été, en 1975, un des fondateurs de la revue internationale Communio, revue créée pour faire contrepoint à l’autre grande revue internationale de théologie, Concilium, dont le progressisme et le néo-modernisme séduisaient un vaste public de clercs.

Balthasar, suisse de langue germanique, né le 12 août 1905 à Lucerne, entré chez les Jésuites, en 1929, fut ordonné prêtre en 1936. Ses premiers travaux théologiques ont porté sur les Pères de l’Eglise (Grégoire de Nysse et Maxime le Confesseur), en même temps qu’il restera un lecteur attentif de la littérature française, traduisant en allemand Claudel et Péguy et consacrant un volumineux essai à Bernanos.

Pendant la guerre, à Bâle, il fit la rencontre décisive d’Adrienne von Speyr (1902-1967). Adrienne était une protestante, qui avait connu des expériences spirituelles exceptionnelles. Balthasar allait devenir son directeur spirituel et l’amener au catholicisme (à la Toussaint 1940). Commença alors pour elle une vie mystique dont Balthasar allait être le témoin privilégié : visions, stigmatisation. Adrienne reçut aussi la mission de fonder une communauté séculière, la Communauté Saint-Jean. Des éditions (Johannes Verlag) virent le jour pour publier d’abord les écrits d’Adrienne von Speyr. En 1950, Balthasar quitta, non sans déchirement, la Compagnie de Jésus pour se consacrer à la Communauté, aux éditions et à ses propres travaux.

À partir de 1960, il jeta les bases de sa grande œuvre, une “ Trilogie ” consacrée au Beau (Æsthetik); au Bien (Theodramatik) et au Vrai (Theologik) ; dix-sept volumes au total. Pendant le concile Vatican II, Balthasar ne figura pas au nombre des experts (periti) qui eurent une si grande influence auprès de certains évêques ou Commissions. Puis, dans les années post-conciliaires, il apparut comme trop peu engagé, trop critique envers certaines évolutions de l’Eglise. Face à la crise de l’Eglise, les réponses de Balthasar allèrent toujours à l’essentiel. En témoignent Cordula ou l’épreuve décisive (1966), Retour au Centre (1969), Le Complexe antiromain (1974).

Sa grande trilogie peina à trouver un éditeur en France. Parus de 1961 à 1987 en langue allemande, les dix-sept volumes qui la composent ne furent traduits que très lentement et tardivement en français : d’abord chez Aubier-Montaigne pour la première partie (sous le titre La Gloire et la Croix), puis chez Lethielleux pour la deuxième, enfin, auprès de Culture et Vérité, en Belgique, pour la troisième.

Pourtant cette œuvre a fait son chemin, en France et dans l’Eglise. Trente ans après sa fondation, la revue balthasarienne Communio existe toujours, diffusée désormais en quinze langues. Par rapport à un Congar, à un Rahner, à un Chenu, dont l’œuvre et la pensée (et aussi l’action pour certains) ont joué un rôle essentiel durant le concile Vatican II, l’œuvre de Balthasar a connu une diffusion et une influence plus tardives mais profondes. De nombreux évêques et prêtres ont été profondément marqués par les écrits de Balthasar ; on citera, par exemple, le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, auteur de Théologie et sainteté. Introduction à Hans Urs von Balthasar (CERP/Parole et Silence, 1999).

Le cardinal Lustiger, lui aussi, a reconnu sa dette immense envers Balthasar : “ Ce devait être à l’automne 1965. Le premier tome de La Gloire et la Croix venait de paraître en français. Dans mon équipe d’aumôniers d’étudiants, nous l’avons travaillé pendant plusieurs mois. Ce fut pour nous un éblouissement et une vraie délivrance ”[1]. Ailleurs, il a été plus explicite : l’Eglise de France, dans l’après-Concile, écrit-il, “ semblait un bateau échoué ; échoué contre des récifs ou contre des bancs de sable et incapable de s’en dégager. La parution de l’œuvre de Balthasar a été comme un courant puissant qui remet le bateau en pleine mer. L’Eglise semblait échouée, enlisée dans les sables du monde, ou plutôt de la ”modernité” comme on dit. Pour décrire cette réalité complexe, j’ajoute un autre mot inscrit dans l’histoire de la pensée chrétienne : le ”modernisme”, et une troisième expression empruntée à Charlie Chaplin, ”les temps modernes””[2].

Les écrits de Balthasar s’inscrivaient à contretemps dans la crise terrible que connaissait l’Eglise de France. Il faut n’avoir jamais lu un livre de Balthasar pour définir sa pensée comme un “ modernisme soft ” (a. Bourmaud).

En guise de modeste contribution au centenaire de sa naissance, je publie un article qu’il avait bien voulu écrire pour une revue que j’allais publier. C’était en 1981. J’avais vingt ans. Avec l’enthousiasme de la jeunesse, qui est proportionnelle à ses ignorances, je décidais de lancer, seul, une “ revue chrétienne de culture ”. Le titre en était celui d’un livre majeur de Balthasar, Intégration. La revue prétendait récapituler et discerner, selon une ligne directrice définie par Balthasar : “ La moisson du monde sera engrangée, mais non par l’humanité elle-même : elle le sera par le Christ qui, seul, met tout le royaume aux pieds de son Père. C’est lui l’intégration ”.

Je souhaitais que le premier numéro de cette revue s’ouvre par un article de Balthasar. J’osais écrire au grand théologien, à Bâle. Il me répondit, quasiment par retour de courrier, par un article inédit de quatre pages, en allemand. Un “ petit rien ”, me disait-il avec modestie, auquel il me chargeait de donner “ un vêtement français convenable ”. Non sans une collaboration indispensable et précieuse, le texte fut traduit et ouvrit le numéro 1 d’Intégration qui parut en janvier 1982. Malgré la qualité des auteurs qui acceptèrent d’y voir publier leurs textes, la revue, mal réalisée techniquement, trop pauvre, eut peu d’abonnés et ne parut que pendant une année (six numéros). Pour le sixième et dernier numéro, Balthasar autorisa la publication d’une conférence qu’il avait donnée à Paris quelque temps auparavant.

C’est l’article, quasiment inédit de janvier 1982, que je publie ici, dans une traduction légèrement révisée.


Le chemin nous connait - par Hans Urs von Balthasar

Il est vraisemblable que parmi les personnes qui s’interrogent sur la relation entre la nature et la culture et le Royaume de Dieu, peu prennent suffisamment au sérieux les paroles de l’hymne aux Colossiens : “ En Lui ont été créées toutes choses dans les cieux et sur la terre […] Toutes choses ont été créées par Lui et pour Lui […] car il a plu [à Dieu] de faire habiter en Lui toute la Plénitude et par Lui de se réconcilier toutes choses. ” (Col. 1, 16, 19 et 20). Car toujours nous nous représentons les choses naturelles, de quelque manière, sorties d’abord de Dieu, avec leur sens propre, et seulement, dans un second temps, dirigées malgré elles vers un but surnaturel. Mais il ne peut en être ainsi, si – d’après le début de l’Epître aux Ephésiens – la glorification de son Fils par la création fut la première pensée de Dieu. Bien plus, les choses doivent séparément posséder dès le début la brûlure du signe et de la marque qui donne à leur existence leur vocation ultime.

Pour l’homme, c’est tout à fait évident, d’après les leçons de saint Thomas d’Aquin (qui ne fait que récapituler et élucider le point de vue des grands théologiens) : l’homme est ouvert sur un accomplissement qui le dépasse et, poursuit saint Thomas, ne pourra trouver sa plénitude favorable qu’à travers Dieu (comme un homme ne peut devenir fécond que par une femme, et inversement). Si ce paradoxe définit la nature de l’homme, comment cela ne serait-il pas perceptible dans toutes ses réalisations intellectuelles mais aussi dans la gigantesque infrastructure de la nature qui le porte mais qui, sans lui, n’a pas de sens réel ? Car dans la nature l’homme n’est pas une énigme et, à la vérité, n’est pas principiel car il ne peut s’accomplir en Dieu sans le cosmos (comme plusieurs théologiens médiévaux le pensaient).

Doit-on dire par là que toutes les productions culturelles de l’humanité apportent par elles-mêmes une contribution à l’édification du Royaume de Dieu ? Cela personne ne veut et ne peut l’affirmer à la vue de la bombe atomique, mais aussi simplement de l’automobile ou de l’avion. La manifestation du Fils de Dieu sur terre n’advint en aucune manière comme le signe d’un accomplissement triomphal et d’un rassemblement immédiat des fragments éclatés de l’homme, mais bien plutôt dans la contradiction d’une sorte de discrétion, de bassesse qui a apporté la confusion chez tous : Païens, Juifs, Chrétiens. Enfin, Jésus lui-même, après chaque tentative, a averti de ne pas essayer de localiser le Royaume “ ici et là ”.

Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que l’homme est placé comme lutteur pour la maîtrise des forces cosmiques, avec le devoir de s’affirmer en elles, avec elles et contre elles, à travers des échecs sans fin et des catastrophes ; par quoi sa victoire apparente, son avance dans la domination des puissances contient un problème très important : chaque nouvelle rationalisation en vue d’une nouvelle liberté plus grande doit-elle nécessairement être une perte de liberté ? Chaque dédain de la mort individuelle pour une supposée avancée dans la cause de l’espèce marque de l’empreinte absolue de la mort l’espèce elle-même. Aussi, au plan temporel, tout ceci n’est pas plus évident qu’une gigantomachie – comme dit Platon – qui, en dépit des performances très hautes et “ immortelles ”, ne parvient pas au-dessus de l’inutilité, de la précarité et de la mortalité.

Les penseurs antiques avaient cessé la lutte là-dessus car ils étaient prêts à abandonner sans arrière-pensée toutes les œuvres culturelles de l’humanité à un feu sans fin, après quoi on pourrait recommencer tout le processus ; les Allemands avec leur Muspilli ne pensaient pas autrement, et Nietzsche a exalté une nouvelle fois ce point de vue. Les chrétiens pourraient dire, au regard des efforts cosmiques de l’humanité, qu’ils sont plantés depuis le début dans le feu de justice de Dieu quand ils lisent : “ Quant aux cieux et à la terre de maintenant, la même parole les tient en réserve pour le feu […] les cieux passeront dans un sifflement, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre et les œuvres qu’elle contient seront mises à jour ” (II Pierre 3, 7 et 10). Paul reprend cette image du feu de justice et dit que chacun en particulier devra le traverser, avec son œuvre de vie, et que le feu devra prouver si elle est construite “ avec du bois, du foin, de la paille ” ou avec un matériau solide (I Cor. 3, 12 sq) : ces propos peuvent être étendus aussi à l’ensemble de la production culturelle de l’humanité.

Et ici nous retrouvons la première idée : le feu fait la preuve si une œuvre a été bâtie “ sur le fondement du Christ ” ou sur une autre base, et ce fondement ne peut être autre que le premier, celui par lequel l’homme est empreint du sens de la Parole de Dieu.

L’homme, avec seulement les bégaiements du monde, s’efforce de prononcer pleinement la Parole. Charles Péguy a décrit dans Eve l’immense mouvement de l’histoire du monde et de toute la culture hors de la Parole centrale, et il n’a pas conçu cette marche comme triomphale puisque, pour lui, le but en était la crèche, dans laquelle se trouvait un mot volé de chaque langue.

Assurément, il n’a guère vu de claire justice dans cet endroit où la Parole muette épargnait les mots tonitruants de l’humanité. Peut-être que d’un coup le plus petit est devenu le plus grand : “ En vérité, je vous dis que cette veuve qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le Trésor. Car tous, c’est de leur abondance qu’ils ont mis, mais elle, c’est de sa privation : tout ce qu’elle avait, elle l’a mis, tout son bien ” (Mc 12, 43-44).

Ainsi nous sommes appelés à faire un continuel discernement des esprits. Discernement de la direction où une œuvre s’engage consciemment ou inconsciemment. Un tel discernement est difficile parce que, pour beaucoup, la bonne direction qui semble avoir été prise n’est finalement que la recherche de sa propre glorification au lieu de l’accomplissement de la Parole, et parce que, pour d’autres, ce qui semble être un détournement de la bonne direction n’indique finalement et seulement (humblement !) que l’incapacité de l’homme qui s’efforce de trouver le but avec ses propres forces et de l’atteindre complètement. Aussi face à ces cas négatifs, il faut encore et toujours distinguer : s’agit-il d’une mise en valeur ou d’un obscurcissement de la vérité ? Est-ce que, par exemple, l’image de “ l’homme révolté ” est-elle seulement l’expression de sa temporalité insoluble, de sa situation gigantomachique (et aussi de sa vérité), ou alors un refus titanesque, à travers lequel la “ situation de révolte ”, objective, se laisse chevaucher par quelque chose d’autre ?

Le discernement est difficile. Le Nouveau Testament lui-même, d’une part avertit et même recommande, pour nous diriger, de laisser à Dieu seul le jugement (I Cor. 4, 3-5) ; mais d’autre part, cependant, nous blâme de ne pas savoir lire les signes des temps qui nous sont donnés dès ce monde – et qui sont montrés par le Christ et son existence – (Matt. 16, 4). Nous sommes livrés à ce dilemme : il nous a été donné assez de sensorium pour que nous connaissions la direction, pour nous, pour l’humanité et pour son œuvre ; cependant pas suffisamment pour que, chemin faisant, nous tombions dans un jugement définitif. Nous sommes viatores, des errants, et nous devons savoir si nous avons un CHEMIN sous les pieds ou si nous n’en avons pas.

Septembre 1981

NOTES

[1] Communio XIV, 2 – mars-avril 1989, p. 12.

[2] Communio XXX,2 – mars-avril 2005, p. 13-14.

27 juillet 2005

[Louis-Hubert Rémy] "Mgr Fellay succombera-t-il à la tentation anti-apostolique ?"

Louis-Hubert Rémy - Tiré du Courrier d'Information - 27 juillet 2005

On nous rapporte que, devant les prieurs réunis à Flavigny, Mgr Fellay vient de déclarer que :

1) le meneur de jeu de la crise que connaît la FSSPX est l'abbé Barthe, directeur de la revue Catholica. Mais sans doute y a-t-il derrière lui d'autres meneurs de jeu.

2) La manoeuvre de l'abbé Barthe est de grande ampleur, car elle s'étend à la Fraternité Saint Pierre et à l'institut du Christ Roi :
- Fraternité Saint Pierre : déjà quatre prieurs de villes importantes (dont Lyon) ont quitté leur fraternité pour le rejoindre et ils attendent le ralliement d'une quinzaine de confrères au total
- Institut du Christ Roi : quatre prêtres devraient rejoindre l'abbé Barthe.
3) L'actuel supérieur de la Fraternité Saint Pierre, l'abbé Devillers, conscient qu'il ne sera pas réélu à la tête de sa fraternité a acheté aux Etats-unis un séminaire, avec la bénédiction de Rome, pour en faire son point de chute (preuve de la volonté de Rome de semer la division à la Fraternité Saint Pierre).

Voila qui rejoint les analyses que nous avons fait paraître dès la publication de la Barthaulagnier’s connection à l’automne dernier et jusqu’à celle de l’Anglicampos très récemment.

Ainsi l’abbé radicalement orthodoxe Barthe voit exposé en pleine lumière son zèle caché à faire triompher la « réforme de la réforme » inspirée des laboratoires de Cambridge et des projets de l’abbé Ratzinger, comme celui-ci le confia à Robert Moynihan, directeur d’Inside the Vatican. Catherine de Cambridge, que d’aucun commencent à surnommer Cathy, inspirerait-elle la revue Cathylica de l’abbé Barthe ? Cette ‘participation’ eucharistique qui est le leitmotiv des théologiens anglicans de Radical Orthodoxy, et que Cathy établit dans la perspective du Graal (*), aurait-elle fait de l’abbé Barthe le barde du Graal eucharistique, clé de la « réforme de la réforme » ?
(*) Thomas d’Aquin et la quête eucharistique Catherine Pickstock, 1999, éditions Ad Solem (2001), voir les chapitres ‘La résurrection du signe’ et ‘Ite, missa est’, pages 67 à 77
Mgr Fellay prépare la FSSPX à un ralliement-apostasie avec la secte conciliaire avant la fin 2005 face à l’accord que l’abbé Ratzinger va lui proposer (propos tenus par Mgr Fellay aux prieurs réunis il y a 3 semaines à Flavigny).

Selon nos informations, entre le 15 août et le 4 septembre, Mgr Fellay va rencontrer, en Allemagne, l’abbé Ratzinger qui lui proposera cet accord précisant les conditions de son apostasie-ralliement et de celui de la FSSPX.

L’abbé Schmidberger, déjà recommandé par l’abbé Ratzinger à Mgr Lefebvre lors de leurs discussions, vient de quitter le séminaire de Zaitzkofen pour aller se réinstaller à Menzingen, au moment où une phase cruciale de préparation des abbés et des fidèles au ralliement-apostasie commence.

L’interruption de la succession apostolique de rite latin depuis la promulgation de Pontificalis Romani par Giovanni Baptista Montini le 18 juin 1968, et par voie de conséquence, l’anglicanisation de la secte conciliaire, semble laisser Mgr Fellay de marbre. Les murs, les écoles et le confort des prieurés et des chapelles semblent passer allègrement avant la défense de la Foi et de la succession apostolique de l’Eglise, condition de son apostolicité. Sous prétexte de protéger les écoles, les familles, et les vocations, la simonie des temps modernes que représente ce confort du réseau des chapelles est redevenu l’ornière des clercs qui ne travaillent pas et n’étudient pas l’ennemi et ses plans comme Mgr Fellay.

« Au diable l’apostolicité de l’Eglise ! » telle risque de devenir au fil des renonciations, des compromis et des aveuglements, la devise du successeur de Mgr Lefebvre.

En 2005, se trouvera-t-il parmi les 4 évêques un confesseur de la FOI ? Un successeur des apôtres qui ne se moquera pas de la succession apostolique que lui a transmise ontologiquement Mgr Lefebvre le 29 juin 1988 ?

« Le Fils de l’Homme, lorsqu’il reviendra, trouvera-t-il encore la Foi sur la terre ? »