12 février 2008

Langue de buis et impatience à Limoges
12 février 2008 - Lettre de Paix liturgique n°84
La Lettre de Paix liturgique
12 Février 2008 - Numéro 84 Pour entrer en contact avec nous, cliquez ici

Langue de buis et impatience à Limoges Nous publions ci-après un dossier reçu de monsieur Marc F, fidèle de Limoges, qui nous fait part de l''impatience et de la colère bien légitimes d''un groupe de catholiques du Limousin qui ont l''impression que l''on se moque d''eux...

Voici le dossier composé d''une part de la reproduction d''un entretien accordé au "Populaire" par Monseigneur Dufour, évêque de Limoges, publié dans ce quotidien le 16 septembre 2007, au lendemain de l’entrée en vigueur du Motu Proprio, et d''autre part d''extraits de la lettre de Marc F datée du 28 janvier 2008.


1 - Extraits de l’article du Populaire publié le 16 septembre 2007

La messe en latin peut réconcilier les catholiques

Depuis vendredi dernier le pape Benoît XVI autorise officiellement les prêtres à prononcer à nouveau la messe en latin. Pour Monseigneur Dufour, cette décision n’a rien de rétrograde. Elle devrait simplement apaiser les esprits.

Q : Il n’y avait plus de messe en latin ?

R : Il faut bien comprendre. Ce n’est pas le latin qui est en cause. Ce décret du pape n’a pas pour objectif de réhabiliter le latin. Cette langue fait partie de notre patrimoine. Nous chantons toujours des cantiques et dans les grands rassemblements internationaux qui se déroulent à Rome ou à Lourdes, les messes sont dites en latin. Mais aujourd’hui les gens ne l’apprennent plus. C’est la raison pour laquelle l’usage a été abandonné par le Concile Vatican II dans les années soixante.

Q : Pourquoi ce retour en arrière ?

R : Depuis, les catholiques se sont divisés. Cette décision vise à apaiser les esprits à réconcilier les fidèles attachés aux traditions et les autres plus sensibles à la messe réformée. Le missel dit de Paul VI publié en 1970 est toutefois le plus utilisé. Il n’est pas question de revenir en arrière. Mais il n’est pas question non plus de rejeter l’autre forme de célébration. Le pape demande aux prêtres de respecter les deux formes.

Q : Y a-t-il, dans le diocèse de Limoges une paroisse concernée ?

R : Oui ! La chapelle des papillons. Là se rassemble chaque semaine une centaine de fidèles. Le prêtre a été formé à l’Institut du Christ Roi. Sa formation lui permet de célébrer l’eucharistie avec les missels de 1962 et de 1970.

Q : Ce décret est une bonne chose ?

R : Bien sûr. Il est source d’apaisement. Aujourd’hui il n’y a plus de vraie ou de fausse messe. Dans les deux cas, il s’agit de celle de l’Église catholique.

Q : Les prêtres du diocèse vont modifier leur mode de célébration ?

R : J’ai réuni jeudi les prêtres du diocèse. Ce sujet a bien entendu été abordé. Aucun d’entre eux n’a manifesté l’intention de reprendre le missel de 1962.

Q : Ils peuvent changer d’avis ?

R : Si un groupe stable de fidèles attachés au missel de 1962 demande à être accueilli sa requête doit être entendue. C’est ce que dit Benoît XVI.


2 - Quelques les extraits de la lettre de Marc F. du 28 janvier 2008

A Limoges, les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain ont de plus en plus l’impression qu’on les prend pour des imbéciles ! Quatre mois après sa publication dans cette gazette locale, l’interview accordé au populaire par notre évêque, Monseigneur Dufour, apparaît plus que jamais, comme une véritable provocation pour qui connaît un tant soit peu la situation des fidèles de Limoges de sensibilité traditionnelle.

L’évêque est – au mieux – mal informé ou alors ses propos ont été déformés (je n’ose imaginer une troisième hypothèse). La messe traditionnelle célébrée à la chapelle des Papillons n’est absolument pas célébrée toutes les semaines mais seulement le 2ème et le 4ème dimanche du mois (soit même pas un dimanche sur deux).
La messe traditionnelle n’y est pas célébrée non plus les jours de fête d’obligation qui ne tombent pas un dimanche et bien sûr elle l’est naturellement encore moins les jours de semaine. A ce stade, je précise d’ores et déjà que plusieurs familles de Limoges ont écrit à l’évêque pour lui manifester respectueusement leur désir de pouvoir assister à une telle célébration au minimum chaque dimanche. En vain ! « On » dit dans les milieux les plus autorisés du diocèse, qu’il n’est pas question de passer à un rythme hebdomadaire pour que les fidèles traditionnels retournent à la messe dans leurs paroisses les autres dimanches. Il est curieux de constater, à l’heure où les catholiques pratiquent de moins en moins et choisissent leurs paroisses, que les seuls fidèles à qui l’ont fait obligation d’assister à la messe (dans la forme ordinaire) dans leurs paroisses, sont les fidèles qui désirent vivre leur foi dans la forme extraordinaire du rite romain… A l’heure du Motu proprio de Benoît XVI, une telle conception de la célébration de la messe traditionnelle semble bien archaïque.
Il faut également préciser que la messe de la chapelle des Papillons est célébrée le dimanche à 18 heures. On le voit, un rythme irrégulier, un horaire difficilement praticable pour les familles… Tout est fait à Limoges pour décourager les fidèles. Si cette messe était célébrée chaque dimanche à un horaire normal, ce ne sont pas cent fidèles qui se réuniraient mais probablement plus du double… Alors ne cherchons pas plus loin les raisons du refus de nous donner le minimum minimorum que constitue la messe dominicale hebdomadaire à un horaire "normal"
Malgré les belles déclarations d’intention du clergé, la paix liturgique (pour reprendre votre titre) ne semble pas voulue dans les paroisses de Limoges. Par conséquent, il ne faudra pas venir critiquer demain les familles manipulées qui, devant tant de mauvaise foi, auront préféré installer une communauté religieuse traditionnelle sans concertation avec l’évêque.
A l''heure actuelle, d''autres groupes de fidèles sollicitent leurs curés dans le diocèse pour mettre en place dans leurs paroisses la célébration régulière de la messe dans la forme extraordinaire du rite romain. Ne doutons pas - qu''à la différence de ce qu''il fait à Limoges - l''évêque fera ce qu''il dit et que "si un groupe de fidèles attachés au missel de 1962 demande à être accueilli sa requête doit être entendue".
Peut être faudra-t-il un nouveau nouveau Motu Proprio pour que notre évêque passe des paroles aux actes ou alors peut être devrions nous organiser un grand pèlerinage vers le Saint Père à Rome, ou encore, comme à Paris, organiser une grande pétition départementale pour demander l''érection d''une paroisse personnelle au profit de l’Institut du Bon Pasteur dans le diocèse ?
Marc F.
Pour en savoir plus info@motuproprio87.com
Les réflexions de Paix Liturgique

- Il a été quelquefois reproché à Paix Liturgique de ne pas employer " les bons moyens" et de semer la zizanie en rendant publique des situations inadmissibles. On remarque que les moyens employés jusqu''alors par certains fidèles de Limoges qui se sont armés de patience, de silence et de bonne volonté malgré les couleuvres à avaler, n''ont guère été concluants et ne méritante pas plus le qualificatif de "bonnes méthodes". On le voit bien, quelle que soit la méthode employée, à Limoges comme dans d''autres diocèses, le résultat est toujours le même : on n''applique pas le Motu Proprio de Benoît XVI et on traite les fidèles de sensibilité traditionnelle comme des chrétiens de seconde catégorie.

- Nous le disons tout net : lorsque demain éclatera leur colère et que des actions plus visibles seront organisées dans le diocèse pour manifester leur ras le bol, il sera inutile de rechercher des responsabilités du côté de ces familles. En revanche, les responsables du diocèse qui pendant des années auront feint de ne pas entendre la demande de ces familles devront assumer les conséquences de leur attitude irresponsable.

- La bonne méthode à Limoges serait-elle celle d''Amiens ou de Niafles ? Ou bien celle d''un scandale médiatique ? Peut être !
N''est il pas incroyable d''en arriver là alors qu''il serait si facile et normal de satisfaire les légitimes suppliques d''une centaine de familles ?
- Une nouvelle fois implorons la charité de nos évêques pour qu''ils mettent en pratique dans les diocèses de France des mesures honnêtes et charitables au service de l''unité et de la paix.

Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

Yvelines - Magnificat à Rollboise Depuis le dimanche 10 février une messe selon la forme extraordinaire est célébrée à 11 h dans l''église saint Michel de Rolleboise prés de Bonnières dans les Yvelines. Cette messe est le résultat d''une convention passé le 8 février 2008 entre l''évêque de Versailles et l''Institut du Bon Pasteur qui donne à monsieur l''abbé Aulagnier une fonction de Vice-Chapelain sous l''autorité du curé de Bonnières-sur-Seine.

La première messe du 10 février à réuni 150 fideles qui ont été très fraternellement accueilli par le père Long curé de Bonnières

Que Monseigneur Aumonier soit vivement remercié pour sa décision et que les fideles nombreux s''unissent dés dimanche prochain par leur présence ou leurs prières à cette célébration.

Contact :
http://la.revue.item.free.fr

Rhone - Une nouvelle célébration à Amplepuis (En Beaujolais)
Les dimanches 17 et 24 février prochains, sera célébrée à 11 h dans la chapelle du cimetière d''Amplepuis une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.

Unissons-nous nombreux par la prière ou notre présence à cette nouvelle célébration qui aura besoin de tous nos soutiens pour être pérenniser

Contact :
summorum-pontificum.amplepuis69@orange.fr
04 74 89 28 53


Corréze - Une nouvelle demande à Brive.
Des fidèles de Brive-la-gaillarde et de sa région souhaitent constituer un groupe pour demander la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.

Merci de les rejoindre ou de les aider !

Contact :
ludovic.leguen@hotmail.fr

Yvelines - Nouveau groupe à La Celle Saint-Cloud
Autour de Monique et Paul Dillée, des fidèles de La Celle-Saint-Cloud, souhaitent constituer un groupe afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.

Merci de les rejoindre ou de les aider !

Contact :
info@motuproprio78.com

Nord - Une Nouvelle demande à Valenciennes
Des fidèles de Valenciennes et de sa région souhaitent se mettre en contact et faire connaissance en vue de constituer un groupe afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin à Valenciennes.

Merci de les rejoindre ou de les aider !

Contact :
info@motuproprio59.com

Paris - Deo Gratias pour Sainte Jeanne de Chantal
Une assemblée nombreuse et recueillie de plus de 280 fidèles le 10 février à 12h 45 dans l''église Sainte Jeanne de Chantal à Paris.

Un grand merci au Père Guiot, et Rendez-vous à tous les fidèles du 16éme dimanche prochain 17 février !

Contact :
dominique.mg@wanadoo.fr

Yvelines - Une seconde messe selon la forme extraordinaire à Rambouillet le 17 février
Un grand merci au père curé Guy Lecourt qui célébrera une seconde messe selon la forme extraordinaire le dimanche 17 février à 9h dans l''église Saint Lubin de Rambouillet.
Erratum : Nous avons signalé par erreur que la célébration de la première messe traditionnelle du 13 janvier n''avait pas été annoncée aux paroissiens habituels de saint Lubin par le Père Lecourt. Cette remarque, qui s''inspirait des réflexions de fidèles de la messe (célébrée à 11 h) qui suivait celle célébrée selon la forme extraordinaire était erronée. En effet le Père Lecourt avait bien signalé la célébration de cette première messe dans son bulletin paroissial qui n''avait visiblement pas été lu par tous ses fidèles ... ceci montre l''importance de répéter les informations que l''on souhaite transmettre à temps et à contre temps ....
Contact :
info@motuproprio78.com

Paris - Le 13 février Messe de préparation du pelerinage de Chartres.
Nous vous invitons à venir très nombreux à la Messe de préparation du 26ème pèlerinage de Pentecôte 2008qui sera célébrée par monsieur l’Abbé Guilhem le Coq le Mercredi 13 Février 2008 à 19 h 30 en l’église Saint Germain l’Auxerrois
(Place du Louvre, 75001 Paris)

Modalités Pratiques :
Métro Louvre - Rivoli (ligne 1) - Parking souterrain gratuit juste devant l''église –

Contact :
information@nd-chretiente.com
01.39.07.27.00


Calvados - Messe à Lisieux le 17 février. Le dimanche 17 Février à 9H00, dans la Chapelle de l''Adoration de la Crypte de la Basilique de Lisieux, Monseigneur Lagoutte, recteur de la Basilique, célébrera la messe dans la forme extraordinaire du rite romain.

Merci de faire connaître l''existence de cette célébration à vos parents, amis ou connaissances de la région susceptibles d''être intéressés ou de vous unir par vos prières à cette célébration pour laquelle nous remercions Monseigneur Lagoutte.

Contact :
annemarie.le.gall@cegetel.net

Val de Marne - Grande réunion à Saint-Maur le 16 février
Nous vous rappelons que l''association FIDES SAINT MAUR organise dans la salle polyvalente de la Maison de Quartier de la Pie, quai de la Pie 94100 Saint-Maur-des-Fossés, une conférence sur le MOTU PROPRIO le samedi 16 février 2008 à 20h30.

Tous ceux qui souhaitent participer à l''application des bienfaits du motu Proprio dans le diocèse de Créteil y sont les bienvenus

Contact :
fidessaintmaur@free.fr
06 37 88 87 81
http://www.fidessaintmaur.com

9 février 2008

[Aletheia n°120] Réformes et restaurations, pas à pas - par Yves Chiron

Au regard de ses écrits et de ses actes antérieurs au pontificat, il était clair, dès le début, qu’en matière liturgique, Benoît XVI serait à la fois un réformateur et un restaurateur (cf. Aletheia, n° 74, 20 avril 2005).
Non pas seulement un réformateur du nouveau rite (la fameuse « réforme de la réforme ») et un restaurateur de l’ancien rite (le non moins fameux « droit de cité »), mais aussi un réformateur de l’ancien rite. Avec, au terme de ce double mouvement de réforme et de restauration, la fusion des deux rites.
Celui qui était le cardinal Ratzinger l’avait affirmé dans une lettre à son ami le professeur Barth : « le rite romain de l’avenir devra être un seul rite, célébré en latin ou en langue populaire, mais entièrement fondé dans la tradition du rite ancien » (lettre reproduite dans Aletheia, n° 89). Que cette perspective de l’unique rite soit à long terme, à très long terme même, celui qui est devenu Benoît XVI en a bien conscience lui qui sait aussi que le temps de l’Eglise ne s’apprécie pas avec la même mesure que le temps des affaires et des projets uniquement humains.
Quatre actes récents montrent ce double mouvement de réforme et de restauration :
• les éditions du Vatican ont créé une nouvelle collection « Monumenta Liturgica Piana » qui propose l’édition anastasique des livres liturgiques selon la dernière editio typica de 1962. Le Missale Romanum vient de paraître, suivra la réimpression du Rituale Romanum dans l’editio typica de 1952, du Pontificale Romanum dans l’editio typica de 1961-1962 et du Breviarium Romanum dans l’editio typica de 1962.
Le Missale Romanum qui vient d’être réédité n’est pas destiné aux fidèles. Par son format, c’est un missel d’autel, relié, avec notations musicales. Il est destiné aux prêtres, comme un prolongement naturel du motu proprio de juillet 2007[1].
• le 13 janvier 2008 dernier, dans la Chapelle Sixtine, Benoît XVI a célébré la messe (en italien), sur l’autel ancien, sous la fresque du Jugement dernier de Michel-Ange, « tourné vers le Seigneur » et non pas face au peuple comme l’usage s’en est répandu avec le nouveau rite.
Sans en faire une norme pour tous les prêtres, Benoît XVI a voulu mettre en acte, en tant que Souverain Pontife, une conviction spirituelle et théologique. Cette conviction, il l’avait exprimée, notamment, il y a plus de quinze ans, en préfaçant la traduction française de l’ouvrage de Mgr Klaus Gamber, Tournés vers le Seigneur (Editions Sainte-Madeleine, 84330 Le Barroux) : « L’orientation de la prière commune aux prêtres et aux fidèles – dont la forme symbolique était généralement en direction de l’est, c’est-à-dire du soleil levant – était conçue comme un regard tourné vers le Seigneur, vers le soleil véritable. Il y a dans la liturgie une anticipation de son retour ; prêtre et fidèles vont à sa rencontre. Cette orientation de la prière exprime le caractère théocentrique de la liturgie ; elle obéit à la monition : Tournons-nous vers le Seigneur ! ».
• Mgr Athanasius Schneider a publié, le 18 janvier, aux éditions du Vatican, un ouvrage consacré à la communion[2]. Mgr Albert Malcolm Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin, a accordé une préface à ce livre. Mgr Ranjith regrette que la pratique de distribuer la communion dans la main ait été « introduite abusivement et à toute vitesse dans certains milieux de l’Eglise tout de suite après le Concile. »
Cette pratique a banalisé l’acte de la communion, mais aussi a généralisé une attitude désinvolte ou irrespectueuse face à l’hostie consacrée elle-même. Mgr Ranjith estime nécessaire de « revoir » et « si nécessaire abandonner » la pratique de la communion dans la main.
Dès 1969, Jean Madiran avait analysé la « tromperie » du Processus de la communion dans la main[3] ; un processus qui a commencé avec l’instruction Memoriale Domini de la Congrégation pour le Culte divin, en date du 29 mai 1969. L’instruction procédait en trois temps. Elle faisait référence à une consultation des évêques du monde : ils s’étaient montrés très largement hostiles à la communion dans la main : 567 Placet contre 1.233 Non placet. Elle indiquait la position de Paul VI : « le Souverain Pontife n’a pas pensé devoir changer la façon traditionnelle de distribuer la sainte communion aux fidèles ». Mais, elle laissait aux Conférences épiscopales le soin d’autoriser « un usage différent », dans certaines conditions.
Cette autorisation exceptionnelle et conditionnelle de mai 1969 est devenue la norme universelle, sans éviter les risques redoutés par l’instruction elle-même : « manque de respect ou d’opinions fausses qui pourraient s’insinuer dans les esprits au sujet de la Très Sainte Eucharistie. »
L’alarme lancée par Jean Madiran en 1969 a trouvé, près de quarante ans plus tard (!), une première réponse dans la préface du secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin.
• La prière « pour la conversion des Juifs », qui figure parmi les oraisons du Vendredi saint, avait été modifiée dans l’editio typica du Missel de 1962 (les mots perfidis — incrédules – et perfidia – incrédulité – avaient été supprimés). Après le motu proprio de juillet dernier, des organisations juives avaient demandé que cette prière pro Iudaeis soit supprimée. Par un décret du 4 février, Benoît XVI ne supprime pas cette prière, mais il en rend obligatoire une nouvelle version : si les expressions auferat velamen de cordibus eorum et a suis tenebris eruantur sont supprimées, la conversion des Juifs est toujours demandée à Dieu : Ut Deus et Dominus noster illuminat corda eorum, ut agnoscant Iesum Christum salvatorem omnium hominum.
Précisions
• À propos du n° 118 : outre le P. Philippe Verdin, dominicain, il faut compter aussi au nombre des inspirateurs du « Discours du Latran », son amie, Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy. Elle a tenu à le faire savoir au Figaro (16 janvier 2008).
• À propos du n° 119 : un lecteur, jésuite, a fait remarquer que les Jésuites ne sont plus 22.000 dans le monde mais « seulement 19.500 ». Il précise aussi que le noviciat français jésuite n’est pas « mixte » mais qu’ « il y a un internoviciat ignatien qui se réunit de temps à autre ». En d’autres termes, jeunes novices masculins jésuites et jeunes novices féminines de la famille ignatienne se retrouvent de temps en temps, pour quelques jours de « partage », de réflexion et de prière.
• Après le Discours du Latran (20 décembre 2007) à destination des catholiques et après le Discours de Riyad (le 14 janvier 2008) à destination des musulmans, il y aura le « Discours au Grand Orient de France » à destination des francs-maçons et des tenants de la laïcité. La date n’est pas arrêtée, mais Nicolas Sarkozy a accepté de venir s’exprimer lors d’une « tenue blanche fermée » devant le Grand Orient de France. Ce sera une première sous la Ve République de voir le Chef de l’Etat s’exprimer dans une loge maçonnique.
Y.C.
[1] Missale romanum. Edition typica (1962), Libreria Editrice Vaticana (00120 Città del Vaticano), 1.096 pages, 59 euros.
[2] Mgr Athanasius Schneider, Dominus Est, Libreria Editrice Vaticana, 2008, 8 euros.
[3] Jean Madiran, « Le processus de la communion dans la main », Itinéraires, n° 135, juillet-août 1969.

7 février 2008

[Maja Zoltowska - Liberation] Les traditionalistes polonais retrouvent leur latin

SOURCE - Libération - 7 février 2008

Les dimanches matin, la petite église de Saint-Benon, dans le vieux Varsovie, est toujours pleine. Cela n’a rien de singulier dans une Pologne qui reste encore très pratiquante. Mais Saint-Benon n’est pas une église comme les autres. Le prêtre y célèbre la messe en latin, le dos tourné aux fidèles. «Ici je peux vraiment vivre le mystère de Dieu, dit un jeune traditionaliste polonais, Tomasz Sulewski. Je ne risque pas de tomber sur un prêtre novateur qui cherche à plaire et à rendre la messe attractive. Le Dieu que je cherche n’est pas un copain. A l’église, je ne veux pas que l’on saute ou que l’on danse.»

Trop progressiste. Une dizaine d’églises ont opté pour le rite traditionnel. Quand le pape Benoît XVI l’a autorisé par son Motu Proprio (décret pontifical) du 7 juillet 2007, les traditionalistes ont été soulagés. «Seuls quelques prêtres avaient obtenu ces dernières années du Vatican le droit de dire "la messe universelle" - une autre appellation de la messe d’avant le concile Vatican II - et il nous était difficile de procéder aux baptêmes, mariages et autres sacrements dans ce rite», raconte Izabela Jurek. Cette pratiquante suit la messe en latin depuis une quinzaine d’années, date à laquelle les premières messes traditionnelles ont été permises à Poznan. Désormais, pour la célébrer, il n’est plus nécessaire de demander une autorisation de l’évêque diocésain. Le pape allemand Benoît XVI est allé plus loin que Jean Paul II qui, en juillet 1988, avait autorisé dans les paroisses diocésaines une seule messe à l’ancienne par dimanche et jour de fête. En Pologne, l’élection du cardinal Ratzinger a réjoui ceux pour qui le pape Wojtyla était trop progressiste.

Les anciens missels sont de nouveau recherchés. Tomasz en a trouvé un sur Internet, puis un autre dans sa famille. Pour satisfaire la demande, une maison d’édition publie désormais les textes liturgiques en version bilingue, latin et polonais. Sur l’autel de l’église Saint-Benon repose un beau canon en latin, financé par les traditionalistes. L’église collecte aussi de l’argent pour acheter un candélabre ancien à une église qui vient de fermer ses portes en Europe occidentale. «Autrefois nous avions le sentiment d’être rejetés. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas », dit Mme Jurek.

Quand elle a appris par Internet que le pape Benoît XVI avait célébré à Rome, le 13 janvier, face tournée vers l’autel et non plus vers le public, ce fut «une grande joie». Même si cette messe n’a pas été dite en latin, les traditionalistes y ont vu un geste très important et un signe que Joseph Ratzinger entend réviser l’application de la réforme liturgique Vatican II. «La réforme de la réforme est nécessaire si l’Eglise veut faire face à la laïcisation du monde. Si les gens quittent l’Eglise, c’est souvent parce qu’ils n’y retrouvent plus Dieu», pense Izabela Jurek. Cette dévote est indignée de ce qu’elle appelle «les excès des prêtres en France, qui laissent les fidèles en manteau de fourrure distribuer la communion sur la main et qui ne s’agenouillent pas une seule fois au cours de la messe».

Nostalgie. Comme le modernisme, le retour à la tradition est venu de France. « On a tout essayé, parfois jusqu’à la caricature. Si des gens ne s’y retrouvent pas, c’est peut-être parce qu’ils pensent que la réforme est allée trop loin», souligne le père Krzysztof Stepowski, qui célèbre la messe en latin depuis six ans. L’ecclésiastique pèse ses mots : «Je ne suis pas contre Vatican II, mais une réforme de la réforme serait une bonne chose. La tradition est un aspect fondamental de l’église.» Il s’empresse de souligner qu’il n’est pas question de fondamentalisme : «Tout doit reposer sur l’unité et la soumission au pape.» C’est ce qui oppose les traditionalistes aux partisans de Mgr Lefebvre qui, sous le nom de Fraternité Saint-Pie-X, sont présents en Pologne depuis 1993.

Plus qu’adeptes d’un courant de pensée, les traditionalistes sont les champions de la nostalgie. «En Pologne, les traditionalistes ne représentent que quelques centaines de personnes, c’est avant tout du snobisme », veut croire Krzysztof Golebiewski, un journaliste de l’agence de presse catholique KAI.

6 février 2008

Ratzinger et la prière pour les Juifs - Commentaire de M. l’abbé Francesco Ricossa, supérieur de l’Institut Mater Boni Consilii
6 février 2008 - Communiqué de l'Institut Mater Boni Consilii

Commentaire de M. l’abbé Francesco Ricossa, supérieur de l’Institut Mater Boni Consilii

Comme il est de notoriété, la correction du texte liturgique traditionnel a été demandée par la communauté juive après la "promulgation" du Motu Proprio Summorum Pontificum.
Se répète donc ce qui se produisit avec Vatican II et la réforme liturgique qui s’en est suivie, c’est-à-dire que ce qui devrait être enseignement et prière de l’Église est au contraire dicté, ou pour le moins influencé, par ce qui est étranger et même opposé à l’Église.
La requête de la communauté juive va au-devant des projets personnels de Joseph Ratzinger, lequel a, depuis longtemps et à plusieurs reprises, préconisé une "réforme de la réforme" liturgique au moyen d’un amalgame et d’une contamination du rite Romain et de celui réformé après Vatican II sous un angle œcuménique. Le même Motu proprio prévoit et souhaite cette contamination ; la célébration versus Deum mais avec le rite montinien à la Chapelle Sixtine en a été une expérience ; la nouvelle réforme de l’oraison pro Judæis de la Semaine Sainte en est le dernier exemple.
Comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, le Rite Romain traditionnel, que l’on n’a pas réussi à supprimer avec 40 années d’interdit et de persécutions, risque maintenant (si tant est que cela soit possible) de disparaître par fusion et contamination avec le rite réformé.
On objectera que dans la nouvelle oraison pour les Juifs on demande leur conversion, alors que dans l’oraison réformée par Paul VI on demande leur fidélité à l'Alliance (!), c’est-à-dire, en fait, de persévérer dans l’erreur. À cette objection, on peut facilement répondre : d’abord, que ce n’est pas l’oraison réformée qui a été modifiée, bien qu’étant scandaleuse et inacceptable pour la foi chrétienne ; elle continue de faire partie du "rite ordinaire" qui, de fait, est encore célébré partout dans nos églises ; et ensuite, qu’au contraire, c’est l’oraison traditionnelle qui a été modifiée et à nouveau prohibée, comme si elle était imprononçable.
La nouvelle oraison prévue pour qui utilisera le missel "de 1962" doit être jugée non seulement pour ce qu’elle dit, mais pour ce qu’elle se refuse à dire : c’est-à-dire qu’on refuse d’admettre avec saint Paul que le peuple jadis élu - en refusant Jésus-Christ - est comme aveuglé et dans les ténèbres.
Saint Paul le savait bien, lui qui - de pharisien meurtrier des chrétiens qu’il était - converti par le Seigneur sur le chemin de Damas, fut frappé d’une mystérieuse cécité jusqu’à ce que, par le baptême, il fût libéré des ténèbres du judaïsme et vit la vraie Lumière qui resplendit dans les ténèbres, Jésus-Christ le Verbe de Dieu.
La nouvelle oraison ratzingérienne demande pour les Juifs la lumière du Christ, mais nie qu’ils se trouvent dans les ténèbres du refus du Christ, ayant honte de la parole révélée (II Cor. 3, 15-16), comme si les Juifs devaient seulement avancer dans la voie de Dieu et non sortir de l’erreur.
Une telle décision ne peut être attribuée seulement à la "Secrétairerie d’État", comme d’aucuns essaieront de dire, eux aussi aveugles volontaires, mais à Benoît XVI lui-même aux ordres de qui est la Secrétairerie d’État ; elle ne peut au contraire être attribuée à l’Église Catholique, épouse immaculée du Christ, et au Christ lui-même.
Souhaitons que les catholiques soient cohérents, et sachent refuser un plat (le "Motu Proprio", les différents indults, la messe elle-même si elle est célébrée "una cum") qui, encore une fois, démontre n’être rien d’autre qu’un cadeau empoisonné.

Abbé Francesco Ricossa

Verrua Savoia, Mercredi des Cendres, 6 février 2008.
Bénédictins de l'Immaculée
L’accueil de Mgr Mario Oliveri
6 février 2008 - benedettini-immacolata
L’accueil de Mgr Mario Oliveri L’évêque d’Albenga-Imperia
Mercredi des Cendres
Albenga, le 6 Février 2008

Révérend Père Dom Jehan de Belleville,

Les nombreuses rencontres que nous avons eues et les divers courriers que vous m’avez adressés depuis plusieurs mois m’ont fait clairement comprendre les raisons qui vous ont incité à rechercher une nouvelle situation canonique et disciplinaire dans laquelle, avec une âme sereine et dans la pleine fidélité à votre consécration religieuse, vous puissiez vivre votre vie monastique en cohérence avec les principes et les règles qui ont conduit le Saint Siège à approuver la fondation du monastère et donc de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux en France.

Ayant eu l’opportunité de rencontrer et d’écouter le Révérend Père abbé du Barroux, ayant été également en contact avec le Secrétaire de la Commission Pontificale “Ecclesia Dei”, après avoir informé et écouté le Conseil Presbytéral de ce diocèse d’Albenga-Imperia, et après avoir réfléchi "coram Domino" et demandé avec insistance le secours de la grâce divine,
Je vous informe, Révérend Père Dom Jehan, que je suis disposé à vous accueillir sous ma paternité et ma responsabilité pastorale, pour vivre “extra-claustra” dans ce diocèse particulier d’Albenga-Imperia et, pour commencer, “ad experimentum”, durant une période d’un an.

Si, durant cette première année, il est possible de parvenir à une organisation convenable et stable tant pour ce qui regarde le lieu que pour le futur projet de vie monastique, on pourra sans doute poser les actes nécessaires pour votre incardination dans le diocèse d’Albenga-Imperia, dans la perspective d’une vie monastique bénédictine diocésaine. Autrement, on pourra proroger l’“extra-claustra” pour tout le temps nécessaire.

Intense et déjà profonde est ma communion spirituelle avec vous, et elle grandira encore si elle est alimentée constamment par la prière et la contemplation de tout ce que Dieu nous révèle et nous communique par et dans son Église et que le Père nous révèle et nous communique par et dans son Fils bien aimé.

Prions tout particulièrement afin qu’à travers votre présence, Révérend Père Jehan, grandissent, dans cette Église locale d’Albenga-Imperia, la recherche et l’amour des “choses divines”, de tout ce que Dieu nous offre dans son infinie miséricorde.

Je vous bénis et vous demande d’implorer pour moi la Divine bénédiction.

Avec mes sentiments de profond et religieux respect, je me déclare votre très dévoué dans le Seigneur.
+ Mario Oliveri
Évêque d’Albenga-Imperia

5 février 2008

Un Motu Proprio de retard dans le diocèse de Versailles
5 Février 2008 - La Lettre de Paix liturgique numéro 83
La Lettre de Paix liturgique
5 Février 2008 - Numéro 83
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Un Motu Proprio de retard dans le diocèse de Versailles
 Quand on évoque le diocèse de Versailles, il est de bon ton de dire que les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain sont bien acceptés et que l’accueil de l’ordinaire du lieu est large et généreux. Certes, à côté de la politique d’ostracisme total menée à l’encontre de ces fidèles dans de trop nombreux diocèses, les évêques successifs de Versailles, avec quatre lieux de culte officiels où est célébrée la messe traditionnelle, ont longtemps fait figure d’exemples de bienveillance à l’égard des fidèles soucieux de vivre leur foi au rythme de cette forme liturgique.

Rappelons que le diocèse de Versailles est un diocèse historiquement et sociologiquement très pratiquant, quelle que soit la forme liturgique. Sur la seule ville de Versailles, les églises sont bondées et la pratique est massive. L’apparente « largesse » à l’égard de la liturgie traditionnelle n’est que le pendant de cette pratique massive des fidèles, y compris dans la forme extraordinaire. Par ailleurs, la « largesse » du diocèse de Versailles n’est pas plus grande que celle de certains diocèses de province où le nombre de fidèles concernés est pourtant beaucoup moins grand. A titre d’exemples, nous pouvons citer le diocèse du Mans ou le diocèse de Laval avec également quatre lieux de culte traditionnel chacun.

Il est de notoriété publique que les lieux de culte où est célébrée la forme extraordinaire du rite romain sont complètement saturés. Les 5 messes dominicales célébrées à la chapelle Notre Dame des Armées de Versailles, les 4 messes dominicales célébrées à l’église Saint Louis du Port Marly, les 2 messes dominicales célébrées à l’église saint Germain du Chesnay ou bien encore la messe dominicale célébrée à l’église paroissiale de Saint Martin de Bréthencourt ne suffisent clairement pas à satisfaire l’énorme demande dans ce diocèse. Il suffit pour s’en convaincre d’arriver avec moins d’un quart d’heure d’avance à l’une des grand messe dominicale pour s’apercevoir qu’il est impossible de trouver une place assise et qu’il faudrait pousser les murs pour accueillir les fidèles contraints d’assister à la messe debout quand ils ne sont carrément pas dehors… Ceci sans parler des 5 lieux de culte du diocèse de Versailles desservis par des prêtres de la Fraternité Saint Pie X, non encore reconnus par l’ordinaire du lieu, qui eux aussi connaissent une très forte affluence.

Oui la demande de célébrations de la messe traditionnelle est énorme dans le diocèse de Versailles. Ainsi, chacune des paroisses de la seule ville de Versailles connaît un « groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure », groupe s’étant naturellement manifesté auprès du curé. On pourrait donc s’attendre, conformément au Motu Proprio du 7 juillet dernier, à ce que les curés accueillent « volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. ».

De même, ceux sont les autorités du diocèse elles-mêmes qui affirment qu’à ce jour, ce ne sont pas moins de vingt-deux (22 !!! pour plus de renseignements contacter info@motuproprio78.com ) demandes sérieuses de célébration de la forme extraordinaire du rite romain dans des paroisses du diocèse qui se sont fait connaître.

Comment comprendre alors que depuis l’entrée en vigueur du Motu Proprio rien ou quasiment rien ne bouge dans le diocèse de Versailles en dépit des besoins évidents et connus de tous ?

Comment comprendre que des exemples récents illustrent au contraire une volonté de ne pas appliquer dans les faits le Motu Proprio Summorum Pontificum qui fait de la paroisse le cadre normal de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain et qui en finit avec le principe des réserves indiennes du Motu Proprio de 1988… ?

L’exemple de Rambouillet est révélateur de cette volonté de contourner ou de nier la réalité de la demande et de ne pas appliquer le Motu Proprio. En
effet, à la demande de plusieurs fidèles, Monsieur le Curé de Rambouillet a accepté de célébrer la messe de Saint Pie V dans son église Saint Lubin le dimanche 13 janvier dernier. Malgré l’absence totale de publicité du curé, le bouche à oreilles a fonctionné et les familles alentours intéressées se sont rendues à cette messe. L’affluence était au rendes-vous et le curé lui-même a affirmé avoir distribué 400 communions… La chapelle latérale dans laquelle le curé avait prévu de célébrer la messe était manifestement trop petite pour contenir la foule. A la sortie de la messe, plusieurs fidèles étaient étonnés en discutant avec les paroissiens habituels de constater que ces derniers leur demandaient ce qu’il se passait, manifestant ainsi le fait qu’ils n’avaient pas été informés par leur curé qu’une telle célébration avait lieu ce jour… Par conséquent, cette messe « ad experimentum » avait tout pour démontrer la réalité de la demande, l’existence indéniable d’un « groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure » et par conséquent, être le début d’une application paisible du Motu Proprio. Et bien, non ! Depuis le 13 janvier dernier, les centaines de fidèles sont priés d’aller pratiquer leur foi ailleurs qu’à Saint Lubin car « la messe du 13 janvier avait des allures de triomphalisme ». On voit bien la logique : s’il n’y avait eu qu’une poignée de fidèles à cette messe, on aurait ainsi pu justifier l’arrêt de l’expérience. Il y a beaucoup de monde ? Qu’à cela ne tienne, on jugera la cérémonie trop triomphaliste, trop ceci ou trop cela pour en stopper immédiatement la continuation. Désormais, le fameux « il n’y a pas de demande » peut aussi se décliner par « cette demande n’est pas opportune ou est mal formulée… ». Ainsi, à Rambouillet, on nie l’existence d’un groupe de 500 personnes sous un motif grotesque qui en dit long sur la bonne foi de certains…

L’exemple de Maisons Laffitte est tout aussi révélateur. Voilà une paroisse où un groupe stable soucieux de vivre sa foi au rythme de la liturgie traditionnelle de l’Eglise se manifeste auprès du curé. Il se trouve que ce groupe stable est bien connu du curé et de la paroisse puisqu’il est composé de paroissiens habituels qui pratiquent régulièrement dans la paroisse dans la forme ordinaire du rite romain mais qui souhaitent bénéficier du Motu Proprio et assister à la célébration de la messe dans sa forme extraordinaire. Ces paroissiens habituels et connus du curé qui font cette demande se trouvent être également investis dans la paroisse :
catéchisme, chorale, oeuvres… Une situation idéale pour mettre en oeuvre les mesures de Benoît XVI serait on tenté de penser ? Presque un cas d’école ! Et bien non ! A Maisons Lafitte, malgré une réelle demande bien ancrée dans la paroisse, on décide de ne pas appliquer le Motu Proprio.

Enfin, la situation à Versailles est également préoccupante pour les fidèles. Voilà de nombreuses années que la chapelle Notre Dame des Armées est desservie par des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre (http://www.fsspfrance.org/). Il est ésormais un secret pour personne que les prêtres qui desservent cette chapelle ont demandé leur incardination au diocèse de Versailles et par conséquent quitteront la Fraternité dans un avenir plus ou moins proche. Nous n’avons certes aucun jugement sur la personne de ces prêtres qui sont parfaitement libres d’avoir les parcours personnels qu’ils souhaitent. Nous comprenons mal en revanche qu’on remercie de fait une communauté Ecclesia Dei (dont les statuts ont été définitivement approuvés par Rome) qui n’a pas démérité et a montré sa fidélité et son amour de l’Eglise. Ce que les fidèles ne peuvent s’empêcher de considérer comme un hold-up d’apostolat les scandalise véritablement. Jamais on ne leur demande leur avis... curieux de la part des apôtres du dialogue et de l''échange... Est ce vraiment respectueux ? Ne serait il pas envisageable d’incardiner les prêtres qui en ont fait la demande dans le diocèse de Versailles mais de laisser la FSSP desservir Notre Dame des Armées. Il nous semble qu’il y a de la place pour tout le monde dans le grand diocèse de Versailles et que les besoins sont loin d’être comblés.
Que dire encore de ce père curé qui déclare « être très favorable à une application du motu proprio dans sa paroisse « mais qui ajoute « ne rien pouvoir faire à l’encontre du vicaire général » et cet autre qui benoîtement nous demande « de revenir l’année prochaine » et celui-là qui n’hésite pas (Cela fera bien rire notre ami Denis Crouan de Pro Liturgia ! www.proliturgia.org ) à proposer à ses interlocuteurs interloqués « La célébration d’une messe de Paul VI en latin » Comme si ils n’étaient que des niais qui n’avaient jamais rien compris ! Non les fidèles ne comprennent pas ces intrigues et manoeuvres menées sans concertation ou sans respect Et sont malheureusement révélatrices de l’esprit avec lequel "on" entend répondre à la demande dans le diocèse de Versailles et régler la question.
Faut-il enfin rappeler un principe fondamental du droit de l’Église, qui est justice et miséricorde, et qui est toujours en lien direct ou indirect avec la foi : le motu proprio affirme l’existence d’un droit strict, qui plus est d’un droit concernant la vie sacramentelle des fidèles ? Normalement, les pasteurs devraient d’eux-mêmes en proposer la réalisation. Ce n’est que par réalisme et par condescendance, compte tenu de l’état d’esprit de trop nombreux pasteurs, que le texte – sans doute provisoirement – prévoit que les fidèles ont à solliciter de leurs pasteurs l’application de leur droit. Mais il est contraire à la justice, au bon sens élémentaire, à la charité pastorale la plus évidente, voire même, il faut le dire, au sens de la foi, de poser cent conditions et dresser mille obstacles pour qu’une loi portée par le Vicaire du Christ et concernant la lex orandi ne soit en définitive pas appliquée.
Souhaitons donc que bientôt le Motu Proprio soit honnêtement mis en oeuvre dans le diocèse de Versailles qui aurait tous les atouts pour être un magnifique exemple de la bonne mise en œuvre des mesures de Benoît XVI.
Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Eglise.

Nouvelle Messe le 10 février à Sainte Jeanne de Chantal - Paris 16éme Le 10 février sera célébrée pour la première fois dans la forme extraordinaire du rite latin une messe à 12 h 45 dans l’église Sainte Jeanne de Chantal à Paris 16ème (Il d''agit de l''église qui se trouve sur la place de la Porte de Saint-Cloud à Paris)
Merci de vous unir par votre présence ou votre prière à cette « première » célébrée grâce à la bienveillance de Monseigneur Vingt Trois cardinal archevêque de Paris et du Père Guiot curé de la paroisse : qu’ils en soient vivement remerciés.
Contact : dominique.mg@wanadoo.fr

Nouvelle Messe à La Roche sur Yon le 10 février- Vendée Le 10 février à 9h sera célébrée pour la première fois dans la forme extraordinaire une messe dans l’église Notre-Dame de
La roche sur Yon.
Merci de vous unir par votre présence ou votre prière à cette « première » célébrée grâce à la bonté de l’évêque de Luçon et du curé de La Roche sur Yon qu’ils en soient vivement remerciés.
Contact : bruno.chanal@cg85.fr

Nouvelle Messe à Cannes le 10 Février - Alpes Maritimes Le 10 février à 18h sera célébrée pour la première fois dans la forme extraordinaire du rite latin une messe dans la chapelle de la Miséricorde ,Place du Marché Forville, à Cannes.
Merci de vous unir par votre présence ou votre prière à cette « première » célébrée grâce à la bonté de l’évêque de Nice et du curé de Cannes qu’ils en soient vivement remerciés.
Contact : ab.merly@icrsp.org
09.54.07.04.82


Vers un groupe stable à Douai ? - Nord
Des fidèles de Douai et de sa région souhaitent constituer un groupe stable afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin à Douai.
Merci de les rejoindre ou de les aider !
Contact : info@motuproprio59.com

Des fideles de l''Ardéche - diocese de Viviers- cherchent à se regrouper. Pas facile de constituer ou de rejoindre un groupe lorsque l’on est isolé… Aussi des fidèles de l''Ardèche vous interrogent pour savoir si des groupes sont actuellement en cours de constitution dans cette région ?
Merci de les rejoindre ou de les aider !
Contact : info@motuproprio07.com

31 janvier 2008

[Abbé Philippe Laguérie - IBP] Nouvelles de l’IBP

SOURCE - Abbé Philippe Laguérie, ibp - 31 janvier 2008

Cher monsieur l’abbé,

Vous ne nous donnez que très peu de nouvelles de l’Institut. On dirait qu’il ne s’y passe (presque) rien et c’est par les amis que nous apprenons les choses. On sait les femmes curieuses, il est vrai, mais n’est-ce pas exacerber ce défaut que de ne nous donner aucune nouvelle ? Vous savez combien votre œuvre jeune et dynamique nous tient à cœur ! C’est comme le fer de lance de notre espoir pour l’Eglise et nous voudrions tellement qu’elle prospère. Pardonnez mon impatience et, s’il vous plait, ne laissez pas aux autres un soin qui vous revient.

France Housset - Bois Colombes

Chère madame,

Il est vrai que je ne prends pas le temps de dire à nos amis les nombreuses nouvelles de notre jeune Institut et puisque que vous me rappelez si justement et si gentiment à l’ordre, je m’exécute. Merci à vous. D’autant qu’il se passe tellement de choses que je ne sais pas par quoi commencer. D’où le caractère décousu de mes réponses que la logique (féminine en l’occurrence) voudra bien me pardonner. Car ce n’est pas parce qu’il ne se passe rien, ou pas assez, que nous n’avons pas le cœur à communiquer ; c’est parce qu’il se passe tellement de choses que nous n’en n’avons pas le temps. Par où commencer ?

Tout d’abord, je vous invite aux ordinations du samedi 16 février en l’église paroissiale de Courtalain (9h30) que son Exc. Mgr Pansard a bien voulu mettre à notre disposition pour l’occasion. Comme d’ailleurs ce valeureux évêque (de Chartres) nous la prête tous les dimanches et jours de fête par convention signée entre lui et le directeur du séminaire, notre célèbre Abbé Christophe Héry. Merci à l’évêque de Chartres pour sa compréhension et sa bienveillance.

Ce jour-là, c’est son Exc. Mgr Madec, Archevêque émérite de Toulon, qui conférera la tonsure, les ordres mineurs et 6 sous-diaconats à 23 de nos séminaristes. Quelle joie en perspective. Bravo à tous mes confrères du séminaire qui réalisent un travail gigantesque et démontrent la grâce de Dieu sur notre Institut qui, dois-je vous le rappeler, n’a pas encore un an et demi ! Merci aux abbés Héry, Forestier, Krolikowsky et Vella. Merci à tous les professeurs qui se succèdent sans relâche, au premier rang desquels notre jeune et brillant docteur en Sorbonne, l’abbé de Tanoüarn, responsable des théologiens.

Mais vous n’êtes pas au bout de vos surprises, chère madame. Le 23 février, huit jours plus tard donc, 4 de nos séminaristes recevront le diaconat des mains de son Exc. Mgr de Magistris et seront, par le fait même, incardinés dans le Bon Pasteur. Où donc ? A Rome s’il vous plait. En quelle église ? Allez-vous me croire ? En la cathédrale du Pape, la Mère et la Maîtresse de toutes les églises, la première et la plus vénérable de la chrétienté : Saint Jean de Latran ! Merci à notre valeureux abbé Fournié, notre représentant en la ville éternelle ; merci au cardinal Ruini, vicaire du Pape, qui donne cette autorisation. Merci à tous les acteurs de ce geste éminemment symbolique et fort de la bienveillance du Pontife Romain sur notre modeste Institut. On trouve des billets d’avion pour 50 Euros aller-retour, sur certaines compagnies (j’ai fait ce voyage pour 27 Euros au mois de novembre) alors, si le cœur vous en dit…

En France, on avance, quoiqu’on en dise. Deux églises ont été accordées par leurs ordinaires respectifs : l’église de Courtalain dans le diocèse de Chartres et celle de Rolleboise dans celui de Versailles. Merci encore aux deux évêques qui nous accordent leur confiance : Mgr Pansard, évêque de Chartres et Mgr Aûmonier, évêque de Versailles. Ce sont nos prêtres du séminaire qui desservent Courtalain et M. l’abbé Aulagnier qui assure Rolleboise. Ces deux réalisations manifestent hautement, après la belle réussite de Saint Eloi, que la collaboration est possible, souhaitable et fructueuse. Quel gage décisif pour la paix de l’Eglise qui est en France!

M. l’abbé Roch Perrel est à la veille de s’embarquer pour Sao Paulo, au Brésil, et prendre la direction de notre séminaire sud-américain. Il est facile de comprendre que notre cher abbé Navas, supérieur de district de l’Amérique du sud ne peut plus gérer nos quatre maisons là-bas et assurer la télé-direction de ce séminaire prometteur. Il faut des énergies nouvelles et résidentes. Et quelle énergie que celle de l’abbé Roch Perrel, dont le seul rire suffit à démontrer le zèle apostolique qu’il est susceptible de déployer. Un mélange de prudence, de régularité et de sérieux, de joie continuelle et communicative : ce n’est pas de gaité de cœur que nous le regardons partir si loin. Mais l’enjeu est considérable aussi : des dizaines, des centaines de vocations sont là, sans la Tradition et ses trésors doctrinaux et liturgiques et bien souvent livrées aux caprices idéologiques encore tenaces. Il faut le Bon Pasteur pour rassembler ces brebis éparses et jamais prêtre n’aura porté si bien les couleurs de son institut que cet exceptionnel confrère. Mais attention aux nouveaux venus. Un cadeau lui sera fait et vous êtes priés d’envoyer vos dons à M. l’abbé Julien. (1 rue saint Eloi, 33000 Bordeaux).

Lequel abbé Julien vient d’être nommé, sur ma présentation, vicaire officiel de saint Eloi par son Eminence le Cardinal Ricard en remplacement de l’abbé Héry. Merci au Cardinal qui, en outre, donne les pouvoirs de confesser aux 5 prêtres ordonnés à Bordeaux le 22 septembre dernier et les maintient à notre prestigieux abbé Héry désormais à la tête de notre séminaire.

Nous avons encore d’autres contacts très positifs avec quelques évêques de France, avec une bienveillance particulière ça et là. Mais vous comprendrez, chère madame, qu’il serait très désagréable à ces prélats (et je les comprends) de trouver ici l’étalage public de négociations privées et là doit forcément se borner votre légitime curiosité. Ce sera donc un autre épisode.

Sachez tout de même que le Bon Pasteur compte 19 prêtres incardinés, une bonne dizaine de prêtres associés, 35 séminaristes (il en arrive chaque semaine, surtout en ce moment) dont, s’il plait à Dieu, 4 au moins devraient être prêtres cette année.

Aussi, vous promettant désormais de vous tenir informée plus fréquemment et quoiqu’il m’en coûte de devoir ne vous dire que cela (si vous saviez ! je suis cruel) je vous invite à vous joindre à notre action de grâces envers la Providence qui, sans nous ménager pourtant les épreuves de toute sorte, manifeste si clairement que c’est bien « dans la faiblesse que se déploie la force » comme nous le rappelait si justement l’Apôtre des Nations dimanche dernier.

[Paix Liturgique] Rome s'adresse aux Scouts d'Europe

SOURCE - Lettre de Paix Liturgique n°82 - 31 Janvier 2008

La Lettre de Paix liturgique
31 Janvier 2008 - Numéro 82
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Rome s'adresse aux Scouts d'Europe

L'hostilité de L'Association Française des Guides et Scouts d'Europe au Motu Proprio Summorum Pontificum et son refus de le voir appliqué au sein du mouvement a provoqué une réaction à Rome.

Le Cardinal Hoyos, président de la Commission Ecclesia Dei, a envoyé le 14 janvier un courrierau Président de l''AGSE, Jean-Marie Nessi, lui demandant explicitement de revenir sur sa position de refuser la célébration de la forme extraordinaire lors des activités du mouvement.

"Dernièrement sont arrivés à la Commission Pontificale "Ecclesia Dei" de nombreuses lettres au sujet de la Déclaration que vous avez fait au nom des Guides et Scouts d'Europe, qui porte le titre « Place au Scoutisme » et la date du 17 novembre 2007.

Dans cette Déclaration vous vous exprimez sur l''impossibilité de faire usage de la forme extraordinaire du Rite Romain pendant des activités de votre mouvement, comme par exemple des camps.

Comme vous le savez, cette matière a été réglée par le Motu proprio « Summorum Pontificum » du Souverain Pontife Benoit XVI entré en vigueur le 14 septembre 2007, lequel a donné à la Commission la charge de veiller sur l'application de ce Motu proprio.

Les lettres, qui nous sont arrivées, proviennent de la part de nombreux prêtres, - dont 61 ont signé une pétition explicite adressée à cette Commission Pontificale, - et aussi de la part des laïcs membres de votre mouvement : toutes expriment la même préoccupation que cette interdiction de l'usage de l'usage extraordinaire ne soit pas conforme au Motu proprio et devrait causer de grands problèmes dans plusieurs sections des Scouts d'Europe.

Après avoir fait une profonde réflexion sur la matière, je me vois dans l'obligation de vous inviter à reconsidérer cette normative ; un nouvelle réglementation de votre part devrait prendre acte de ce qui suit :

Les prêtres membres d'un Mouvement de l'Eglise ont le droit de célébrer selon la forme extraordinaire, comme tous les autres prêtres ; ils ne peuvent, certes, imposer cette forme à tout leur mouvement ; d'autre part, les Dirigeants de telles Associations et Mouvements ne peuvent, ni imposer ni empêcher cette forme de la célébration dans leur Mouvement.

Je vous saurais donc gré, Monsieur le président, si vous pouviez en informer le comité des Scouts d'Europe lors de la réunion annuelle des Conseillers religieux prévue pour le 14 janvier 2008.

Signé : Dario Card. Castrillon Hoyos"


Malgré cela, le président du conseil d''Administration de l''AGSE a refusé de communiquer ce courrier et a envoyé le communiqué trompeur suivant:

Les commissaires généraux ont informé les commissaires de province que le président de la commission pontificale Ecclesia Dei m'avait adressé en tant que président de l'AGSE une lettre par fax le 14 février 2008 concernant le communiqué « Place au scoutisme » du 17 novembre 2007. Cette information a également été donnée aux conseillers religieux présents lors du colloque, comme le demandait son auteur.

Cette question, si elle nous intéresse au premier chef, dépasse le cadre des Guides et Scouts d'Europe. Elle nécessite notamment des échanges entre le Siège Apostolique, les évêques de France et les dirigeants de l'Association, dans le respect des procédures prévues.

Il nous a donc été demandé d'être patients et discrets en attendant les résultats des échanges en cours afin d'éviter une communication prématurée.

Je ne peux vous donner par lettre davantage d'informations et considère avoir répondu aux demandes de diffusion de ce document émanant de certains administrateurs.

Jean-Marie Nessi


Devant une telle mauvaise volonté, la Commission Ecclesia Dei s''est vue dans l''obligation de communiquer elle-même ce texte par internet aux administrateurs.

Que cette lamentable histoire nous serve de leçon et nous invite enfin à mettre en oeuvre des mesures apaisantes d''unité et de charité.
Sylvie Mimpontel

Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l'Eglise.

Le 3 février messe à Lisieux- Calvados
Dans le cadre de l''application du Motu Proprio, Mgr. Lagoutte, recteur de la Basilique de Lisieux, célébrera la messe St.Pie V, le dimanche 3 Février, à 9H00, à la Chapelle de l''Adoration de la crypte de la Basilique de Lisieux.

Merci de priez à cette intention ou de venir nous retrouver à Lisieux

Contact :
Anne-Marie Le Gall
annemarie.le.gall@cegetel.net

Une plaisanterie de mauvais gout à Louveciennes ? Yvelines

Louveciennes une paroisse des Yvelines ou plus de 100 fideles participeraient demain à la messe selon la forme extraordinaire du rite latin est devenu un lieu d’interrogation …

Cette paroisse étant actuellement sans curé titulaire, est administré par le le Père Leborgne , vicaire général du diocèse de Versailles. Aux fideles qui l’ont sollicité pour que soit célébrée une messe hebdomadaire, et qui dans un souci de conciliation avait été jusqu''à accepté que dans un premier temps cette mese soit seulement mensuelle voire trimestrielle il leur fut été répondu qu’il devrait voir cela l’année prochaine avec leur futur curé… c''est-à-dire un renvoi aux calendes grecques !

Comment un nouveau curé pourrait-il agir autrement que le vicaire général du diocèse ? C’est pourquoi de nouveau les fideles s’organisent pour qu’au moins une expérience de célébration soit tenté à Louveciennes avant l’été

Contact :
info@motuproprio78.com

Nouvelle demande Is sur till – Cote d’Or
Un groupe de fidèles de la région d’Is sur tille à 30 km de Dijon a entrepris depuis plus d’un trimestre d’obtenir la célébration d’une selon la forme extraordianire du rite latin, merci de les rejoindre et de les aider dans leur démarches.

Nouvelle demande à Bayonne – Pyrénées atlantiques

Des fidèles s’organisent pour demander la célébration régulière d’une messe selon la forme extraordinaire du rite latin à Bayonne. Merci de les aider ou de les rejoindre.

Contact : bevalexis@hotmail.fr

Nouvelle demande en Seine et Marne

Des fideles de St Georges de Couilly Pont aux Dames, et de Saint Germain sur Morin en Seine et Marne sollicite la célébration d’une messe selon la forme extraordinaire du rite latin dans l’une de ces deux églises. Merci de les soutenir ou de les rejoindre.

Contact : d.m.bataille@free.fr

Dialogue avec nos lecteurs

DE JMM

Je reçois vos messages depuis quelques mois. Il me semble que leur contenu dément assez régulièrement le titre "Paix liturgique". De sorte que la polémique "liturgique" paraît assez misérable face aux problèmes de l''Eglise et du monde. J''essaie de travailler au service de l''Eglise, comme beaucoup de personnes autour de moi, sachant que peu de prêtres sont disponibles pour ce service. Peut-être n''avez-vous pas l''expérience du manque de prêtres et êtes-vous tentés par la suffisance des gens riches. N''avez-vous rien de mieux à faire que de vous adonner à ce genre de "combat" ? Est-ce que les premiers disciples du Christ s''y reconnaîtraient ?

J.M. M.
Cher Monsieur,

Merci pour votre message.

Nous avons certainement beaucoup à apprendre de vous, de votre engagement au service de l''Eglise et de votre dévouement. Permettez-nous de n''être que ce que nous sommes, de simples pères et mères de familles de base qui n''ont d''autres prétentions que de faire de leur mieux pour élever leurs enfants dans la foi de l''Eglise et se sanctifier eux mêmes. Cela, nous le faisons avec nos pauvretés, nos faiblesses et nos défauts. Peut être y a-t-il des maladresses, des erreurs mêmes. Cet engagement aussi imparfait soit il ne mérite-t-il pas également un minimum de respect ? Sans soute n''avez vous pas remarqué que depuis 40 ans, les fidèles et les prêtres attachés à la liturgie traditionnelle de l''Eglise sont traités dans les diocèses de France comme des chrétiens de seconde catégorie. Dans cette perspective, l''expérience du manque de prêtres est d''autant plus intolérable que de nombreux jeunes prêtres issus des communauts traditionnelles (reconnues par Rome) n''ont aujourd''hui pas de réels apostolats puisqu''on continue à préférer des églises vides que des églises avec un clergé jugé par "trop classique". Quoi qu''il en soit nous sommes parfaitement d''accord avec vous, la polémique liturgique est assez misérable car de polémique il ne devrait y avoir puisque le Pape a parlé. Si seulement cela était suivi dans les faits en France, de nombreux chrétiens n''ayant plus à se soucier de leurs propres survies, pourraient oeuvrer avec vous et d''autres à d''autres tâches dans l''Eglise.

Cordialement,

PL

[Cardinal Hoyos - Forum Catholique] Lettre du cardinal Hoyos au Président des Scouts d'Europe

SOURCE - mis en ligne par leforumcatholique.org - Janvier 2008

Monsieur le Président,

Dernièrement sont arrivés à la Commission Pontificale “Ecclesia Dei” de nombreuses lettres au sujet de la Déclaration que vous avez fait au nom des Guides et Scouts d’Europe, qui porte le titre « Place au Scoutisme » et la date du 17 novembre 2007.

Dans cette Déclaration vous vous exprimez sur la possibilité de faire usage de la forme extraordinaire du Rite Romain pendant des activités de votre mouvement, comme par exemple des camps.

Comme vous le savez, cette matière a été réglée par le Motu proprio « Summorum Pontificum » du Souverain Pontife Benoit XVI entré en vigueur le 14.9.2007, lequel a donné à la Commission la charge de veiller sur l’application de ce Motu proprio.

Les lettres, qui nous sont arrivées, proviennent de la part de nombreux prêtres, - dont 61 ont signé une pétition explicite adressée à cette Commission Pontificale, - et aussi de la part des laïcs membres de votre mouvement : toutes expriment la même préoccupation que cette interdiction de l’usage de l’usage extraordinaire ne soit pas conforme au Motu proprio et devrait causer de grands problèmes dans plusieurs sections des Scouts d’Europe.

Après avoir fait une profonde réflexion sur la matière, je me vois dans l’obligation de vous inviter à reconsidérer cette normative ; un nouvelle réglementation de votre part devrait prendre acte de ce qui suit :

Les prêtres membres d’un Mouvement de l’Eglise ont le droit de célébrer selon la forme extraordinaire, comme tous les autres prêtres ; ils ne peuvent, certes, imposer cette forme à tout leur mouvement ; d’autre part, les Dirigeants de telles Associations et Mouvements ne peuvent, ni imposer ni empêcher cette forme de la célébration dans leur Mouvement.

Je vous saurais donc gré, Monsieur le président, si vous pouviez en informer le comité des Scouts d’Europe lors de la réunion annuelle des Conseillers religieux prévue pour le 14 janvier.

Signé : Dario Card. Castrillon Hoyos

25 janvier 2008

[Paix Liturgique] La Croix replie les bannières

SOURCE - Paix liturgique n°81 - 25 janvier 2008

La Croix replie les bannières

Il ne faut pas s’y tromper, l’article d’Isabelle de Gaulmyn, dans La Croix, que nous reproduisons ci-dessous – un rapport objectif, une analyse détachée –, fait partie des « signes des temps ». Elle constate simplement : « Depuis la nomination du nouveau cérémoniaire, Mgr Guido Marini, les célébrations pontificales donnent un espace de plus en plus large aux traditions liturgiques préconciliaires ». Et elle conclut impavidement : « Le motu proprio de juillet 2007 visait ainsi non seulement à libéraliser la messe en rite tridentin, mais aussi à ce que l’ancien rite puisse influencer le rite de Paul VI ». On a bien lu. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est La Croix ! Lorsque l’on sait, par ailleurs, que La Croix a délégué Nicolas Senèze pour suivre attentivement le bouillonnement des demandes de messes en paroisse selon la « forme extraordinaire », que la direction du journal prépare ses munitions informatives pour couvrir avant ses confrères « bien informés », Sophie de Ravinel, Henri Tincq, les événements que présagent à l’évidence les frémissements de plus en plus importants du côté de la Fraternité Saint Pie X, point n’est besoin de regarder le baromètre : la dépression s’est installée sur la France jadis « progressiste ». S’il s’agissait d’une guerre – mais la métaphore serait vraiment inconvenante ! – on dirait qu’une des armées en présence s’apprête à l’éventualité d’une retraite en bon ordre.

Voici l’article :

Benoît XVI a célébré une messe « dos au peuple »

Le pape entend montrer, en utilisant des éléments de la tradition liturgique préconciliaire, que Vatican II et le nouveau Missel ne s''inscrivent pas en rupture mais dans la continuité de l'ancien rite.

Benoît XVI a-t-il célébré hier en rite tridentin ?


Non, mais pour la première fois, hier, dans la chapelle Sixtine, le pape a publiquement célébré la messe dos au peuple, face à l''autel, suivant donc la tradition préconciliaire. Pour cette célébration, où, comme chaque année, le pape baptise des enfants, on a donc utilisé l''ancien autel de la chapelle, qui se trouve contre le mur, sous la fresque du jugement dernier de Michel-Ange. Durant tout le pontificat de Jean-Paul II, et les premières années de celui de Benoît XVI, les responsables de la célébration avaient recours à un autel mobile en bois, placé au milieu du choeur.

Pourquoi une messe dos au peuple ?


Une note rendue publique par le Bureau des célébrations liturgiques pontificales donne une explication esthétique : il s''agit « de ne pas altérer la beauté et l''harmonie de ce joyau architectural, en préservant sa structure du point de vue de la célébration ». Le Bureau des célébrations précise que, pour le reste, la messe s''est déroulée « selon le Missel ordinaire, introduit par Paul VI, après le concile Vatican II ». En réalité, depuis la nomination du nouveau cérémoniaire, Mgr Guido Marini, les célébrations pontificales donnent un espace de plus en plus large aux traditions liturgiques préconciliaires. L''ancien trône pontifical a été ressorti pour les célébrations, et se trouve sur le côté droit et non plus au centre. D''autres éléments, chandeliers, crucifix posés sur l''autel, ont aussi été réintroduits, tout comme les vêtements liturgiques, empruntés à une tradition plus ancienne.

Quel est l''objectif poursuivi par Benoît XVI ?


Le pape veut montrer la voie pour une évolution liturgique. Selon Benoît XVI, en effet, Vatican II n''a pas introduit de rupture dans la liturgie. Le motu proprio de juillet 2007 visait ainsi non seulement à libéraliser la messe en rite tridentin, mais aussi à ce que l''ancien rite puisse influencer le rite de Paul VI. Dans l''esprit du pape, cela devrait permettre de préserver la liturgie d''innovations qu''il juge excessives. Dans la lettre aux évêques qui accompagne le motu proprio, il estimait que « les deux formes d''usage du rite romain peuvent s''enrichir réciproquement ». « Dans la célébration de la messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l''a été souvent fait jusqu''à présent cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. » Car « il n''y a aucune contradiction entre l''une et l''autre édition du Missale Romanum : l''histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l''improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. »

ISABELLE DE GAULMYN
La Croix, 14 janvier 2008
Sylvie Mimpontel

Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Eglise.

Saint-Michel d’Andaines – Orne (Suite)

Nous étions à la messe de l'abbé Talbot à Saint-Michel des Andaines (entre Bagnoles de l''Orne et Domfront), en présence du père Philippe Pottier, vicaire épiscopal du diocèse de Séez. Nous avons pu assister à une très belle messe chantée. L''église était pleine (aux alentours de 130 personnes), réunissant des personnes attachées à la forme extraordinaire du rite de toute la région aux villageois manifestement heureux de la réouverture hebdomadaire de leur église pour la messe dominicale car elle n''était jusque-là utilisée que trois fois par an mais très bien entretenue par des sacristains fidèles. Il s''agit là d''un formidable témoignage d''une réouverture d''église. La messe a lieu tous les dimanches à 11h30.

Contact : motuproprio61@neuf.fr

Les Scouts d'Europe et le Motu Proprio

On nous informe que la Commission Ecclesia Dei est intervenue afin de demander la révision de l''application du Motu Proprio Summorum Pontificum par la branche française de la Fédération Scouts d''Europe alors que les conseillers religieux de l''Association Française des Guides et Scouts d''Europe étaient réunis récemment pour leur colloque annuel. Le Cardinal Castrillon Hoyos a en effet écrit au Président de l’AGSE. Avant d’apprendre l’existence de cette lettre, les commissaires généraux et Mgr Rivière avaient précisé que si Rome se prononçait, ils obéiraient bien évidemment à ce qui leur serait demandé.

Bientôt une messe à Rueil-Malmaison ? – Hauts-de-Seine

De très nombreuses familles de Rueil-Malmaison et de ses environs se regroupent pour que soit célébrée dans leur ville une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.

Renseignements auprès de Brigitte et Bernard Puntis :

bernard.puntis@wanadoo.fr

Urgence à Morlaix (Finistère)

Des fidèles s’organisent à Morlaix dans le Finistère pour solliciter la célébration d’une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.

Les personnes qui désirent se joindre à ce groupe pourront contacter:

info@motuproprio29.com

Vers un groupe stable à Dax et Mont-de-Marsan – Landes

Des fidèles de la région de Dax et Mont-de-Marsan se regroupent actuellement pour former un groupe stable qui pourrait bénéficier d’une célébration hebdomadaire de la forme extraordinaire du rite latin.

Les familles intéressées peuvent contacter:

info@motuproprio40.com

Una Voce recrute... des bénévoles

Una Voce (Association pour la sauvegarde et le développement de la liturgie latine, du chant grégorien et de l''art sacré dans le sein de l''Eglise catholique romaine) cherche bénévoles – un jour par semaine – pour son siège parisien de la rue de la Procession, Paris XVe. Métro Pasteur ou Volontaires. Travaux de secrétariat très variés.

Ecrire à : unavoce@orange.fr ou appeler le : 01 30 40 02 89

Pour en savoir plus, consultez le site de Paix Liturgique : paixliturgique.com

24 janvier 2008

[Abbé Lorber, fsspx] Réponses à des questions récurrentes concernant la Fraternité St-Pie X - abbé Lorber

SOURCE - Abbé Lorber, fsspx - amiens-catholiques-sdf.com - 24 janvier 2008

Quelle est la réalité du "schisme"? Sommes-nous excommuniés? Refusons-nous le concile Vatican II?  Pouvons-nous invoquer le Motu proprio du pape Benoît XVI?

Autant de questions qui nous sont posées de façon récurrente et auxquelles nous donnons réponse par ce document.


Est-il vrai que « La Fraternité St-Pie X est née du schisme entre Mgr Lefebvre et le Saint Siège en 1988. »?
La Fraternité St-Pie X a été fondée en 1970 et ses statuts ont été approuvés le 1er novembre de cette même année par Mgr Charrière, évêque de Fribourg en Suisse. Comme toute congrégation, la Fraternité St-Pie X a débuté en tant que congrégation de droit diocésain. Sa fondation ne date pas de 1988 et n’est entachée d’aucun soupçon d’illégalité.

En raison de son développement sur les 5 continents, elle devrait jouir aujourd’hui du statut de droit pontifical; ce n’est pas le cas. C’est précisément l’objet des pourparlers avec Rome depuis 2001.
Reconnaissez-vous le pape?
Nous avons toujours reconnu le pape, de Paul VI à Benoît XVI. Le fait de soulever des contradictions sur certains points par rapport à l’enseignement de toujours de l’Eglise, ne signifie pas un rejet de l’autorité ou de la fonction pontificale – ou alors il faudrait affirmer qu’une bonne partie de l’épiscopat français et allemand est schismatique, pour ne pas toujours épouser la vision des choses du pape. Certains évêques français ne sont-ils pas allés à Rome pour s’opposer à la volonté du pape Benoît XVI voulant libéraliser la messe traditionnelle? Certains évêques d’Allemagne n’ont-ils pas publié un document justifiant l’accès à l’eucharistie pour les divorcés remariés, et ce contre la volonté du pape? Le pape Jean-Paul II a demandé aux prêtres et religieux de remettre l’habit religieux, il n’a pas été suivi. Et nous pourrions citer bien des cas de désobéissance factuelle qui n’implique pas pour autant un rejet de la fonction pontificale.

Le schisme consiste à réprouver l’autorité du pape et à créer sa propre Eglise. Dans notre cas, il n’en est rien. Nos prêtres nomment le pape chaque jour au canon de la messe, ainsi que l’évêque du diocèse dans lequel ils se trouvent. Nous prions publiquement pour le pape à chaque Salut du St-Sacrement. D’ailleurs les membres de la Fraternité St-Pie X qui ne reconnaîtraient pas Benoît XVI (et ses prédécesseurs) comme pape sont exclus de la congrégation.
Mais pourquoi dit-on alors de vous que vous êtes schismatiques?
C’est une épithète dans la bouche de ceux qui ne nous veulent pas forcément du bien. Elle n’est cependant pas fondée, la réalité des faits la dénie, puisque nous n’avons pas créé d’Eglise parallèle. D’ailleurs, Rome le reconnaît et ne nous accuse pas d’être schismatique. Seule la méconnaissance du dossier à notre sujet pousse à une telle affirmation.
Donc tout va bien? Pourtant vous avez bien été excommuniés!
L’excommunication n’est pas synonyme de schisme. Ce sont des termes juridiques précis qu’il convient de ne pas mélanger. Le schismatique est celui qui rejette l’autorité et la fonction pontificale, l’excommunié est un puni pour avoir enfreint une règle importante du droit canon.

De fait, le pape Jean-Paul II a usé de l’excommunication une fois dans sa vie, en 1988, à l’égard de Mgr Lefebvre, Mgr Castro Mayer et les quatre évêques consacrés. Ce sont donc six personnes qui ont été excommuniées. Par contre, les prêtres et les fidèles ne le sont pas.

Évidemment on pourrait se poser la question de l’opportunité d’user de cette mesure répressive, alors que depuis 30 ans, dans l’Eglise, certains évêques et des prêtres ont enseigné bien des hérésies, se sont permis des choses parfois contraires à la foi sans jamais avoir été inquiétés.
Estimez-vous que l’excommunication de ces 6 évêques soit injuste?
Considérons le droit canon: l’excommunication pour un évêque qui consacrerait un autre évêque sans mandat pontifical est une mesure relativement récente dans l’histoire de l’Eglise, elle date du pape Pie XII (1938-1959). Suite à la création de l’Eglise patriotique chinoise – à la solde du gouvernement communiste – le pape Pie XII a voulu mettre une barrière pour éviter la création d’autres Eglises nationales, d’où cette mesure répressive lourde. Voilà l’intention du législateur et donc l’esprit de cette loi.

Or, chez Mgr Lefebvre, il n’a jamais été question de créer une Eglise parallèle. Il n’a sacré les quatre évêques que dans le but de préserver le sacerdoce ainsi que la messe traditionnelle, devançant en cela la volonté du pape qui vient de reconnaître sa pleine légitimité et sa nécessité pour féconder le nouveau rite.

En 1988, vu l’hostilité dont la Fraternité était l’objet, aucun évêque n’était prêt à ordonner les 250 séminaristes qui se préparaient au sacerdoce dans les 6 séminaires de la congrégation. Les évêques de la Fraternité n’ont aucune juridiction, ils ont comme fonction de donner les sacrements, là s’arrête leur mission canonique; ils sont soumis au supérieur général, lequel est élu de façon régulière suivant les statuts de la congrégation approuvés officiellement par l’Eglise.

Cette absence de volonté schismatique dont la Fraternité St-Pie X a fait la preuve en 20 ans a été reconnue par Romequi évoque aujourd’hui la question de la levée de cette excommunication.
Mgr Bouilleret cite le P. Jean-Paul Durand lequel semble dire que vous êtes schismatiques. Le Père Durand est une voix « autorisée »; que répondez-vous?
Vous dites bien qu’il « semble dire », car la citation est tronquée et relativement incompréhensible; mais globalement, il semble dire que nous sommes schismatiques. Le Père Durand est consulteur du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs. On pourrait lui opposer d’autres affirmations en provenance de personnes plus autorisées que lui, c’est-à-dire ayant des postes de responsabilité plus importants. A titre d’exemple:

  • Dans un entretien accordé au journal italien 30 jours, en septembre 2005, le cardinal Hoyos, alors encore préfet de la Congrégation pour le Clergé (aujourd’hui, président de la Commission Ecclesia Dei), affirmait: « Mgr Lefebvre a maintenu sa décision de consacrer des évêques et cela a donc créé cette situation de détachement, même s’il ne s’agit pas formellement d’un schisme. » Le 13 novembre de la même année, devant la télévision italienne TV Canal 5, il renchérit: « Nous ne sommes pas face à une hérésie. On ne peut pas dire en termes corrects, exacts, précis qu’il y ait un schisme. (…) Ils sont à l’intérieur de l’Eglise. Il y a seulement ce fait qu’il manque une pleine, une plus parfaite communion, parce que la communion existe. »


  • Le 28 juin 1993, le Vatican a renversé le décret du 1er juillet 1988 et a déclaré que l’accusation de schisme à l’égard de la Fraternité St-Pie X est sans fondement (déclaration officielle nº 10311 de Mgr Cacciavillan, Nonce apostolique aux Etats-Unis, de la part du Cardinal Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi). Les faits: aux Etats-Unis, des fidèles avaient fait appel à un des évêques sacrés par Mgr Lefebvre pour l’administration du sacrement de la confirmation. L’évêque du lieu, après une monition canonique, excommunia les 6 fidèles. Rome, par la bouche du Nonce apostolique, et sur demande du Préfet de la doctrine de la foi, annula l’acte de l’évêque arguant que le motif de schisme n’était pas valable.


  • Dans une lettre datée du 3 mai 1994, le Cardinal Cassidy, président du Conseil Pontifical pour l’Unité des chrétiens, écrit à un correspondant étranger: « En ce qui concerne votre demande, je voudrais faire remarquer tout de suite que le Dicastère sur l’Oecuménisme n’est pas concerné par la Fraternité Saint-Pie X. La situation des membres de cette Société est une affaire interne de l’Eglise catholique. La Fraternité St-Pie X n’est pas une autre Eglise ou une Communauté ecclésiale dans le sens qu’utilise ce Dicastère. Bien sûr, la messe et les sacrements administrés par les prêtres de la Fraternité St-Pie X sont valides. (…)»


  • «L’examen des circonstances dans lesquelles l’archevêque Lefebvre a procédé à des consécrations épiscopales à la lumière des canons 1321, 1323 et 1324 élève pour le moins un doute significatif sinon une certitude raisonnable contre la validité de la déclaration d’excommunication prononcée par la Congrégation des Evêques. » Telle est la conclusion d’une thèse de droit canonique soutenue à Rome en 1995 (Université Grégorienne) par le Père Gerald E. Murray avec félicitations du jury. Le Père Gerald E. Murray n’est pas un prêtre de la Fraternité St-Pie X. Il exerce son ministère dans l’archidiocèse de New-York.


  • Nous pourrions continuer la liste et citer bien des faits; ce serait quelque peu fastidieux. Un dernier: à la demande d’un évêque du Gabon, s’il fallait noter les mariages célébrés par les prêtres de la Fraternité St-Pie X dans les registres des paroisses, la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements a répondu par l’affirmative.

Le pape peut-il se tromper quand il porte une excommunication à l’encontre d’un membre de l’Eglise?
Une excommunication est un acte disciplinaire, qui par nature ne peut être revêtu de l’infaillibilité. Que Rome puisse porter un jugement erroné dans un cas circonstancié, voilà une chose qui est arrivée dans l’histoire de l’Eglise. Le cas de Mgr Lefebvre n’est pas le premier. Saint Athanase, évêque d’Alexandrie (IVe siècle) et Docteur de l’Eglise fut excommunié a cinq reprises par le Pape Honorius. La grande sainte Thérèse d’Avila, la réformatrice et véritable mystique, fut excommuniée par son évêque.

Cette discussion sur le pseudo-schisme et l’excommunication est aujourd’hui, en 2008, ringarde. En 20 ans, Rome a eu le temps de se rendre compte de la fausseté des accusations faites en 1988 à l’égard de la Fraternité St-Pie X. Aujourd’hui, nous sommes à l’heure de la levée des sanctions et de la prise de conscience qu’il n’est plus envisageable d’ignorer les forces vives de l’Eglise que constitue le mouvement traditionnel.
Venons-en au Concile. On vous accuse de refuser Vatican II, qu’en est-il?
Nous ne refusons pas le concile Vatican II en bloc; nous souscrivons à tous les schémas qui s’inscrivent dans la continuité du Magistère et des 20 conciles précédents. Il est inconcevable que l’Eglise et le Magistère renient leur passé.

Nous sommes par exemple ceux qui suivent le plus fidèlement le schéma sur la liturgie, où tous les éléments de la liturgie de l’Eglise sont rappelés, comme par exemple le latin comme langue officielle de la liturgie de l’Eglise… Les liturgies novatrices et fantaisistes de l’après-concile – et d’aujourd’hui, car ce n’est malheureusement pas fini – sont en contradiction avec le concile. Les Pères du concile n’auraient jamais imaginé en rédigeant ce schéma, qu’on en viendrait un jour, par exemple, à confier les cérémonies de funérailles à des laïcs. C’est contre Vatican II. On fait dire à Vatican II des choses qu’il n’a jamais dites, au nom du fameux « esprit du concile ».

Les schémas sur le ministère et la vie des prêtres, sur la formation des prêtres, la vie religieuse, l’apostolat des laïcs, l’éducation chrétienne, autant de schémas qui sont de bons rappels du Magistère et un essai d’adaptation aux circonstances du monde moderne.

Par ailleurs, il est vrai que le concept de la Révélation tel qu’il est formulé dans Dei Verbum – et repris de la nouvelle théologie d’un P. de Lubac – le concept de liberté religieuse tel qu’il est formulé dans Dignitatis humanae, la réalité de l’œcuménisme tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, le subsistit in dans Lumen gentium, sont des nouveautés théologiques qui font problème; nous demandons à Rome de pouvoir aborder ces problèmes dans le cadre de discussions théologiques.
Vous pensez vraiment pouvoir remettre ces points en question?
Aujourd’hui, tout est remis en question. Le moindre théologien qui publie une étude remet bien des choses en question. Depuis 40 ans, tout a été remis en question: la messe, tous les sacrements, les traductions de la bible, l’exégèse, la pastorale, le passé de l’Eglise, l’annonce de l’Evangile, la place des prêtres et des laïcs, etc…

Les églises ont été vidées, le mobilier vendu, les ornements relégués voire détruits, et voilà qu’on lance des cris d’orfraie parce que nous nous permettons d’évoquer certains points – nouveaux – du concile qui posent problème? A-t-on vraiment mesuré la disproportion entre la complaisance vis-à-vis de tout ce qui est novateur, voire liquidateur d’une Tradition qui a sanctifié des générations de catholiques et le régime d’exclusion qu’on fait subir à ceux qui ne hurlent pas avec les loups?
Revenons sur la situation à Amiens. A lire l’évêque, vous refusez de le voir, vous refusez ses propositions. Qu’en est-il?
Il nous est pénible de devoir répondre à cette question ici, car nous ne souhaitons pas entamer une querelle de personnes; mais étant donné que cette question nous est posée souvent et que certaines affirmations ont été faites, nous ne pouvons l’éluder.

La réalité est que Mgr Bouilleret a toujours refusé de recevoir les prêtres de la Fraternité St-Pie X. Le supérieur du district de France de notre Fraternité lui a écrit à deux reprises; l’évêque a répondu la première fois par une fin de non-recevoir, la seconde fois par l’ignorance. Le dialogue que nous demandons n’a toujours pas été instauré.
Est-il vrai que vous auriez refusé une proposition de salle?
Nous n’avons jamais reçu de proposition concrète de salle; la seule avancée dans ce sens fut: « Adressez-vous au service de location de salles de la commune. »

Nous n’avons jamais eu l’intention de nous adresser à ce service pour la simple raison qu’il n’est plus envisageable, depuis que le pape Benoît XVI a redonné au rite extraordinaire de la messe la place qui lui est due, de se réfugier dans une salle profane pour célébrer un culte légitime et légitimé par l’autorité du pape. Les églises de France ont été construites pour ce culte, il serait absurde de les laisser vides et de se cantonner dans des salles, comme si nous faisions des choses privées, selon nos goûts, voire interdites.
Ne faites-vous pas erreur sur votre situation en invoquant le Motu proprio de Benoît XVI?
Notre demande ne s’appuie pas sur un droit concédé par le Motu proprio. Nous avons demandé à l’évêque un toit pour passer l’hiver, en clair, nous demandons la charité. Il dispose de 750 églises dont la plupart sont vides, nous ne pensons pas demander le bout du monde.

Nous avons reconnu d’emblée ne pas tomber sous la lettre du Motu proprio. Par contre, on ne pourra nous dénier que nous tombons sous l’esprit du Motu proprio, lequel libéralise la messe traditionnelle et correspond à une volonté d’apaisement et de réconciliation du pape. Il est regrettable que cette volonté du pape ne trouve pas d’application sur le terrain, car les solutions pratiques dans un cas comme le nôtre existent. Évidemment, elles supposent un peu d’esprit d’ouverture et de bonne volonté.
Mgr l’évêque d’Amiens se plaint de calomnies et de violences verbales; viennent-elles de votre part?
Les propos outranciers et blessants sont toujours regrettables et à réprouver, peu importe l’intention et l’identité des auteurs. Nous regrettons vivement que Mgr Bouilleret ait pu être l’objet de propos malveillants ou agressifs. Pour notre part, nous avons toujours veillé à garder le juste ton; notre site en est la meilleure preuve. De même, nos fidèles d’Amiens vivent cette situation dans un esprit pacifique, avec persévérance et dignité, malgré l’épreuve du froid et surtout le fait de se sentir rejetés. Notre situation commence à être connue dans la France entière; j’ignore qui écrit à l’évêque et la forme des propos tenus.
On vous qualifie facilement d’être «d’extrême-droite». Qu’en est-il?
La Fraternité St-Pie X est une congrégation de prêtres qui a une mission dans l’ordre du spirituel et non du temporel. Dans notre enseignement, nous reprenons la doctrine sociale de l’Eglise à travers les documents et les encycliques des papes, de la distinction des pouvoirs par Boniface VIII à des documents plus récents.

Quant à la politique des partis, nous ne descendons pas dans l’arène, nous ne donnons aucune consigne de vote, ni en public, ni même en privé; nous estimons nos fidèles suffisamment adultes pour assumer leurs responsabilités de citoyens. Nous qualifier d’extrême-droite est par conséquent un amalgame dont le but est de nous estampiller et nous disqualifier, et qui trouve son origine dans l’ignorance de ce que nous sommes et faisons.
Et la suite?
L’avenir appartient à Dieu. Mais comme le dit l’adage: « Aide-toi et le ciel t’aidera », nous continuons notre travail; il s’oriente vers une proposition de réhabilitation d’une église, projet que nous allons soumettre aux responsables des collectivités locales. La Fraternité St-Pie X a déjà signé des conventions avec une dizaine de communes en France, indépendamment et au-delà des étiquettes politiques (Marseille, Tours, St-Malo, Bordeaux, Compiègne, Toulon, Thouars, etc…), à la satisfaction des différentes parties. Nous avons donc dans ce domaine une expérience et des moyens dont pourront bénéficier d'autres communes dans l'avenir.

De façon générale, l’avenir des églises de France est incertain voire préoccupant. 30.000 églises demandent un travail de rénovation ou de restauration. Beaucoup de communes ont déjà investi des sommes importantes. Mais le problème n’est pas là; les élus locaux ne rechignent pas à entretenir le patrimoine religieux et culturel. Par contre ils se posent la question de l’intérêt d’un tel poste de dépense quand l’église n’est quasiment pas utilisée, ce qui est le cas de 4 églises sur 5. Dans 10 ans, la France comptera à peine 7000 prêtres; statistiquement, dans 10 ans, un certain nombre de diocèses auront déjà fait faillite.

C’est pourquoi cette exclusion des communautés traditionnelles est un combat d’arrière-garde qui, non seulement discrédite leurs auteurs, mais en plus n’a pas d’avenir, et d’une certaine façon compromet le travail de mission de l’Eglise.

Aujourd’hui, Rome prend conscience de la vitalité des communautés traditionnelles (beaucoup de vocations, de jeunes gens, de jeunes familles nombreuses) et souhaite les intégrer dans le paysage de l’Eglise missionnaire. C’est une vague montante que les évêques n’arrêteront plus.
Janvier 2008