17 mai 2010

[Paix Liturgique] Le président de la Conférence des Evêques de France au pélerinage de Chrétienté

SOURCE - lettre 230 de Paix Liturgique - 17 mai 2010

C’est désormais officiel, le 28ème Pèlerinage de Chartres organisé par l’Association Notre Dame de Chrétienté (http://www.nd-chretiente.com/) sera marquée par la visite de Monseigneur André Vingt Trois, Cardinal Archevêque de Paris et Président de la Conférence des évêques de France. En effet, selon le communiqué de l’association Notre Dame de Chrétienté, il « rendra visite aux pèlerins, après leur deuxième journée de marche, pour célébrer le Salut du Saint-Sacrement et présider la Consécration à la Sainte Vierge. »

Depuis 28 années que le pèlerinage traditionnel de Chartres existe, c’est la première fois qu’un Président de la Conférence des évêques de France y participe. L’évènement est donc exceptionnel pour le pèlerinage. Il l’est aussi compte tenu des propos, disons peu amènes à l’égard des catholiques attachés à la liturgie traditionnelle, que Monseigneur Vingt-Trois a récemment publiés. Nous ne doutons certes pas que l’ensemble de ces catholiques sont prêts à les lui pardonner. L’honneur chrétien nous oblige cependant à nous souvenir du courage des fondateurs et des prêtres qui ont accompagné ce pèlerinage dès l’origine et qui ont défendu héroïquement le trésor de la liturgie traditionnelle au prix … d’être exclus par les évêques qui à Paris comme à Chartres fermaient leurs cathédrales à leurs frères pèlerins et les laissaient assister à la sainte messe sur le parvis.

C’est il y a 28 ans, en 1982, au Mesnil Saint Loup, que Bernard Antony et Rémi Fontaine fondaient le pèlerinage à pieds de Paris à Chartres, baptisé de Chrétienté avec l'équipe du Centre Charlier, la direction spirituelle étant confiée à l'Abbé François Pozzetto.
Fondé et organisé par des laïcs, le Pèlerinage a toujours affiché sa volonté missionnaire, dans un esprit de réconciliation entre catholiques et des catholiques avec leur tradition, spécialement liturgique.
Pour cela, sans ambiguïté, le Pèlerinage a toujours exprimé son attachement à la liturgie romaine traditionnelle (cf. le point 4 de la charte de l’Association Notre Dame de Chrétienté : « Dans une fidélité totale au Saint Siège, les organisateurs du pèlerinage se réfèrent à l'enseignement constant de l'Eglise. Ils traduisent leur attachement à la Tradition sous toutes ses formes, en particulier doctrinales, liturgiques et sacramentelles, par l'utilisation exclusive du rit tridentin, tel qu'il a été codifié dans les livres liturgiques de 1962, et à nouveau confirmé par le motu proprio « Summorum pontificum » du 7 juillet 2007 comme étant la forme extraordinaire, jamais abrogée, de la liturgie du Saint Sacrifice de la Messe. Ils demandent aux prêtres, qui les accompagnent, de respecter ce choix dans le ministère qu'ils exercent pendant le pèlerinage et au cours des différentes activités préparatoires »).

Véritable vitrine de l’attachement à la liturgie traditionnelle en France, le Pèlerinage de Chrétienté est l’une des expressions de la voix des sans voix (34% des pratiquants français aimeraient assister à la liturgie traditionnelle dans leurs paroisses mais ne le peuvent pas). On sait au reste comment le Pèlerinage de Chrétienté s’illustre notamment par sa jeunesse, son dynamisme et son attachement joyeux et serein à la liturgie traditionnelle de l’Église. Il n’est pas possible de dire le nombre de jeunes n’ayant connu que la nouvelle liturgie jusqu'alors découvrir avec émerveillement la splendeur du rite traditionnel qu’on leur avait caché. Il n’est pas possible de dire le nombre de conversions qu’a portées ce pèlerinage. Il n’est pas possible de dire le nombre de vocations sacerdotales et religieuses qui sont nées sur la route de Chartres. Nombre de prêtres qui célèbrent aujourd’hui quotidiennement cette liturgie et de fidèles qui en vivent et la défendent ont découvert cette liturgie sur la route de Chartres.

Incontestablement, le pèlerinage de Chartres a joué un rôle capital dans le maintien et le développement de la liturgie traditionnelle de l’Église en France à un moment où elle était menacée de fait par les autorités ecclésiastiques.
C’est ce pèlerinage qu’aujourd’hui le Président de la Conférence des évêques de France vient rendre visite. Est-ce une manière de tourner une page de douloureuse histoire ? Cette visite marquera-t-elle la fin d'une époque de 40 ans où l'on niait en France l'existence de fidèles et de prêtres jeunes et nombreux attachés à la liturgie traditionnelle de l'Église et où, depuis 2007, l'on nie l'existence d'une demande de l’application d’un droit affirmé par le Souverain Pontife ?

Après tout, ce n’est pas impossible. ..Le Père Chauvet, curé de Saint-François-Xavier dans le 7ème arrondissement de Paris et vicaire épiscopal pour l'usage de la forme extraordinaire du rite romain ne déclarait-il pas publiquement en juin 2008 dans une réunion du GREC (voir lettre de Paix liturgique n°116) : « on peut raisonnablement penser qu’à moyen terme, la forme extraordinaire du rite romain pourrait être célébrée dans toutes les grandes églises de Paris ».

Dans cet esprit, pouvons-nous espérer que le Cardinal profitera de sa présence au pèlerinage pour adresser des paroles d'amour et d'ouverture à ses ouailles parisiennes, venues nombreuses l'entourer, membres des 35 groupes de demandeurs de célébrations "Extraordinaires" de Paris qui veulent vivre plus complètement leur foi Catholique au sein de leur propre paroisse ? Ce serait un signe fort de Charité, d'unité et de réconciliation pour l'ensemble des catholiques de France, toutes sensibilités confondues…

P.S. : pour vous inscrire au Pèlerinage de Chartres (samedi 22, dimanche 23 et lundi 24 mai 2010) :
http://www.nd-chretiente.com
mail: information@nd-chretiente.com
Notre-Dame de Chrétienté
49 avenue de Paris
78000 Versailles
Tél: 01.39.07.27.00
Fax: 01.39.07.27.01

16 mai 2010

[Max Barret - La Lettre de Tychique] Fatima - la lettre de Mgr Fellay de 2001 - etc.

SOURCE - Max Barret - La Lettre de Tychique - 16 mai 2010


Dimanche 16 Mai 2010
Dimanche dans l’Octave de l’Ascension.

La campagne des douze millions de chapelets. Dans sa « Lettre aux Amis et Bienfaiteurs » (n° 74) Mgr Fellay écrivait :« Il nous semble que le moment est venu de lancer une offensive d’envergure, profondément ancrée sur le message de Notre Dame de Fatima, dont elle-même a promis l’heureuse issue, puisqu’elle annonce qu’à la fin son Coeur Immaculé triomphera. C’est ce triomphe que nous lui demandons par les moyens qu’elle demande elle-même : la consécration de la Russie à son Coeur Immaculé par le Pasteur Suprême et tous les évêques du monde catholique, et la propagation de la dévotion à son Coeur douloureux et immaculé. C’est pourquoi, nous voulons lui offrir dans ce but, d’ici le 25 mars 2010, un bouquet de 12 millions de chapelets, comme une couronne d’autant d’étoiles autour de sa personne, accompagné d’une somme équivalemment importante de sacrifices quotidiens que nous aurons soin de puiser dans l’accomplissement fidèle de notre devoir d’état, et avec la promesse de propager la dévotion à son Coeur immaculé. » (Mgr Fellay : « Lettre aux amis et bienfaiteurs » n° 74)

Ce n’est pas un bouquet de 12 millions qui fut offert à Benoît XVI, mais, nous dit-on, de 19 millions ! Le contrat était donc rempli !…

Et pourtant : 500.000 pèlerins à Fatima : pour … rien !

Rien de ce qui était attendu, espéré ! On ne peut imaginer plus flagrant mépris du pape pour ceux qui veulent encore et toujours lui accorder leur confiance ! Ni consécration, ni, a fortiori, révélation du 3ème secret, car toute l’Eglise conciliaire se serait effondrée ! Ratzinger qui en est l’un des plus actifs promoteurs ne peut s’y résoudre ! Il y eut bien, dans l’avion qui le conduisait au Portugal, une longue allusion à ce fameux 3ème secret, mais dans un langage abscons difficilement accessible au commun des mortels ! L’occasion était pourtant belle et beaucoup espéraient …

Le rêve passe !

Le pape rentré à Rome depuis, ne fit que rabâcher ses poncifs oecuméniques et exclusivement humanitaires : « Ce n’est qu’avec cet amour de fraternité et de partage que nous réussirons à bâtir la civilisation de l’Amour et de la paix ! » ! On ne dit rien d’autre dans les loges … Mais aussi : « La mission prophétique de Fatima est un combat toujours actuel pour la cause de la solidarité fraternelle. Elle s’oppose à l’égoïsme mesquin de la nation, de la race, de l’idéologie » Pour avoir trouvé « ça » dans le message délivré par la Très Sainte Vierge à Fatima, il faut une certaine dose de mauvaise foi ! Et, « cerise sur le gâteau » il ajoute que ce message a « le pouvoir d’enflammer les coeurs les plus froids et les plus tristes. » (« Le Figaro » – 14 mai 2010)

Rappelons donc le véritable message de Fatima, une fois de plus occulté :- message de pénitence.- « Les péchés qui mènent le plus d’âmes en enfer sont les péchés de la chair. … Oh ! il faut faire pénitence – message du Rosaire.- « Il faut réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire » – les premiers samedis.- « Je viendrai assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires au salut, ceux qui, le 1ier samedi de 5 mois consécutifs feront … ce que je demande »

Eh bien, la contrefaçon de ces demandes de notre Très Sainte Mère a soulevé les acclamations enthousiastes de 500.000 fidèles, ce qui prouve dans quel état de délabrement spirituel l’Eglise est tombée !

La déception a dû être immense chez tous ceux qui avaient « misé gros » sur cet acte attendu ! Toutefois, bien maigre consolation, le pape procéda à la consécration de tous les prêtres du monde au Coeur Immaculé de Marie ! Pour la galerie ! …Il est évident que l’on ne peut critiquer cet acte !… Mais on est fort loin du but espéré et les plus bienveillants d’entre nous doivent bien, admettre, enfin, que la prétendue dévotion mariale de Benoît XVI n’est que manoeuvre et poudre aux yeux ! Comment pourrait-il en être autrement ?

Souvenons-nous que c’est lui, en compagnie de ses complices (Angelo Sodano, Tarcisio Bertone, Castrillon Hoyos) qui a honteusement trafiqué le 3ème secret de Fatima, et n’en publia qu’un faux ! Le Cardinal Oddi (qui avait lu ce secret) avait écrit dans « Il Sabato » du 17 mars 1990 que dans ce troisième secret « la Sainte Vierge nous avertissait de l’apostasie dans l’Eglise » !

D’ailleurs, et Benoît XVI ne peut l’ignorer : en admettant que cette consécration fut faite, elle ne l’aurait pas été dans les conditions requises par la Très Sainte Vierge qui demandait qu’elle se fasse « en union avec tous les évêques du monde ». Un tel acte aurait pu se faire lors du Concile !… Tous les évêques s’y trouvaient ! Il n’en fut rien, nous le savons bien ! Nous pouvons donc, désormais, nous attendre aux pires catastrophes ! Comme le disait le bon Père Barrielle dans son délicieux accent : « On ne se moque pas de Dieu ! » Ni de sa Très Sainte Mère !

Une lettre de Mgr Fellay.- Elle est datée du 22 janvier 2001. Elle était adressée « aux Supérieurs de la Fraternité ». J’en possède une photocopie depuis un certain temps. En voici quelques extraits :

« Le texte ci-joint est destiné aux membres de la Fraternité, mais pas aux fidèles auxquels on communiquera de vive voix seulement son contenu. Le texte lui-même ne doit pas être remis dans les mains des fidèles jusqu’à nouvel avis. Il est interdit de le publier. On ne parlera pas non plus aux fidèles des deux conditions exprimées au n° 6. » Quelles étaient donc les « deux conditions exprimées au n° 6 » ? Les voici : « Le 16 janvier (2001) eut lieu une nouvelle rencontre avec le cardinal Hoyos pendant laquelle le Supérieur Général exposa la nécessité de garanties de la part de Rome avant d’aller plus avant dans le concret d’éventuelles discussions ou accord (sic) :

- Que la Messe tridentine soit accordée à tous les prêtres du monde entier ;

- Que les censures qui frappent les évêques soient annulées »

Si ces deux « garanties » furent accordées – avec toutes les réserves que l’on a pu formuler à leur sujet – nous sommes assez éloigné de celles qu’exigeait Mgr Lefebvre :

« C’est moi qui poserai les conditions, disait-il ! Je poserai la question au plan doctrinal : « Est-ce que vous êtes d’accord avec les encycliques de tous les papes qui vous ont précédé ? » Et il énumérait un certain nombre de grandes encycliques. Puis il ajoutait : « Tant que vous n’aurez pas accepté de réformer le Concile en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédé, il n’y a pas de dialogue possible. C’est inutile. »

Le moins que l’on puisse dire, après le voyage du pape à Fatima c’est que nous n’en prenons pas la direction ! Les animaux mieux traités que les hommes… en France !

Dimanche dernier, dans le courant de l’après-midi, le petit chien de notre fille, qui jouait avec un animal plus gros, fut cruellement mordu sur le haut du cou. Comme il paraissait mal en point, elle l’emmena dans une clinique vétérinaire de la ville pour y être soigné. Le n° de téléphone du vétérinaire de garde étant mentionné sur la porte, elle l’appela. Un quart d’heure plus tard il arriva, prit aussitôt l’animal en mains. Et le petit chien fut soigné et traité… en moins d’une heure, au prix d’un tarif plus que raisonnable ! (78 € pour une visite un dimanche, avec soins et deux piqures !)

Imaginez la même chose, arrivant le même dimanche, à un enfant !

[chretiente.info] Le Portugal et la messe traditionnelle

SOURCE - chretiente.info - 16 mai 2010

Summorum Pontificum observatus  s’est fait l’écho d’un intéressant sondage de Paix Liturgique à l’occasion de la visite du pape au Portugal.

Comme nos confrères, nous soulignerons un fait d’importance: il est remarquable que, dans un pays où 74% des catholiques n’avaient pas entendu parler du motu proprio Summorum Pontificum, plus de la moitié (53,5%) de ceux qui vont à la messe au moins une fois par mois se disent prêts à le faire dans la forme traditionnelle si celle-ci était disponible dans leur paroisse. [Je rappelle au passage que l'habitude des sondeurs est de parler de "catholique pratiquant" pour les personnes qui assistent à la messe une fois par mois, ce qui n'est évidemment pas l'habitude de l'Eglise catholique!...]

Cela confirme l’idée exprimée dans une récente lettre du cardinal Cañizares, préfet de la S. Congrégation pour le culte divin et encore davantage les propos tenus le 14 juin 2008 à Londres par le cardinal Castrillón Hoyos. Ce dernier, qui était alors président de la Commission ponticale Ecclesia Dei, avait fait savoir ce jour-là à des journalistes médusés que le pape désire que la liturgie traditionnelle soit poposée à terme dans toutes les paroisses, même celles où il n’y a pas de demande active. En effet, comme le soulignait le cardinal colombien, on ne peut aimer que ce que l’on connaît. Le tout récent sondage portugais confirme que, lorsque les catholiques sont informés, beaucoup de barrières tombent.

On sait que l’épiscopat portugais et la bureaucratie ecclésiastique de ce pays n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour informer leurs ouailles… C’est pourquoi l’allocution papale aux évêques lusitaniens eût été une bonne occasion de leur “remonter les bretelles” et de leur rappeler que personne n’est de trop dans l’Église, comme il l’avait à Lourdes en septembre 2008.

Dans la foulée, on apprend que les chanoines réguliers de Saint-Jean de Kenty organisent en septembre prochain un pèlerinage au Portugal, au cours duquel aura lieu un congrès liturgique sur le rite romain traditionnel, avec conférences sur la spiritualité et la théologie de cette liturgie, et ateliers pratiques d’apprentissage. Dans ce cadre, les chanoines  célébreront une messe solennelle traditionnelle sur l’autel majeur de la basilique de Fatima. Vous pouvez trouver ici des informations sur cet événement, qui s’annonce important pour la renaissance de l’usus antiquior dans ce pays.

[David Briand - sudouest.fr] Les traditionalistes de l'Indre filmés à visage découvert

SOURCE - David Briand - sudouest.fr - 16 mai 2010

Le réalisateur saintais Xavier Roujas a filmé durant un an dans l'Indre le quotidien d'une école gérée par la Fraternité Saint-Pie X. Entretien.

Xavier Roujas : « Si l'enseignement reçu est davantage religieux que politique, la frontière est pourtant mince sur le plan idéologique ».

Diffusé sur France 2 le 27 avril dernier, le documentaire « Les Infiltrés » s'attachait à montrer les liens existant à Bordeaux entre le groupuscule Dies Irae, l'école traditionaliste Saint-Projet et la paroisse Saint-Éloi. Si les journalistes ont filmé en caméra cachée ce milieu réputé hermétique aux médias, il est possible de réaliser un film à visage découvert. Un réalisateur saintais raconte son expérience dans une école à Châteauroux, dans l'Indre.

« Sud Ouest Dimanche ». Comment avez-vous procédé pour filmer les traditionalistes de l'école Saint-Michel de Châteauroux ?

Xavier Roujas. Je me suis fait recommander par d'anciens élèves de l'école, dont j'avais gagné la sympathie. J'ai ainsi pu filmer (1) en toute liberté en 2003 et 2004 le quotidien de l'école Saint-Michel, un établissement hors contrat scolarisant environ 150 élèves par an, de la sixième à la terminale.

Mon but était de mettre au jour les tensions existant entre l'Église de France et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), à travers les différences perceptibles dans l'enseignement professé.

Qu'avez-vous découvert ?

Une volonté farouche de redonner à la France ses racines chrétiennes et de lutter contre l'anticatholicité dont ils considèrent la République française être porteuse depuis la Révolution. On perçoit un goût de revanche sur l'air de : « Il faut sauver la France. » Ce qui les amène à être en porte-à-faux avec le monde contemporain, y compris avec les établissements privés sous contrat.

Dans le film, un prêtre indique ainsi « pousser les parents à mettre leurs enfants dans une bonne école, afin de sauver leur âme des écoles publiques et privées ».

Que reprochent-ils aux écoles privées classiques ?

D'être dirigées par des laïcs alors que Saint-Michel est régie par des prêtres. Et, sur le plan de l'enseignement, ils ne se tiennent pas au programme officiel prôné par l'Éducation nationale.

Vous avez des exemples concrets traduisant cette affirmation ?

Les professeurs apprennent aux élèves que Voltaire et Rousseau, et plus généralement les philosophes des Lumières, ont conduit la France à la décadence philosophique, morale et politique. L'égalité politique entre les hommes née de la Révolution n'est pas reconnue car elle est coupable, selon le corps enseignant, de niveler les gens vers le bas. Pour eux, la seule égalité qui existe est celle devant Dieu.

Il faut tout de même souligner que cette dichotomie dans l'enseignement de l'histoire fait l'objet de discussions animées chez certains élèves.

La Seconde Guerre mondiale fait-elle l'objet d'un traitement à part ?

C'est très subtil. Le général de Gaulle est considéré comme un déserteur en 1940, mais il apparaît aussi comme le vainqueur de l'Allemagne aux côtés des Alliés en 1945.

Par ailleurs, je n'ai pas constaté de révisionnisme concernant le génocide juif ni vu d'enfant se vantant de « fêter ses noces à Auschwitz », comme dans le documentaire de France 2.

Quel regard portent les prêtres et les professeurs laïcs sur leur enseignement ?

Le préfet des études dit qu'il existe à Saint-Michel « un suivi propre qui permet aux enfants de comprendre chacune des périodes jusqu'au bout, complètement ».

Un professeur d'économie admet dans le documentaire qu'un double objectif est mis en œuvre : « Former leur esprit, en leur apprenant le véritable rapport à la réalité et à la vérité. » Mais aussi « les préparer à la vie active en faisant en sorte qu'ils connaissent leur environnement ». Et qu'ils obtiennent une bonne copie au bac, ce dont ils s'acquittent. « Je leur apprends ce qu'est le politiquement correct », ajoute l'enseignant.

Sont-ils noyautés par des groupuscules d'extrême droite ?

Il est difficile de tenir un discours contre-révolutionnaire et de ne pas être approché par l'extrême droite. À Châteauroux, l'abbé Bétin (2), le directeur de l'école, veille à ne pas tomber dans ces travers, via le recrutement des professeurs laïcs. Si l'enseignement reçu est davantage religieux que politique, la frontière est pourtant mince sur le plan idéologique.

Ainsi, tel conférencier est invité pour parler de Tixier-Vignancour (NDLR : avocat et ex-candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle de 1965). Tel autre est lié au journal « Présent ».

L'extrême droite apparaît-elle comme une voie d'engagement politique ?

À la sortie de l'école, c'est un débouché naturel et de moindre mal, car la restauration monarchique paraît irréaliste. Il ne faut pas oublier qu'ils vivent dans l'ostracisation de la République et de l'Église. La volonté du pape Benoît XVI de les réintégrer dans le giron de l'Église catholique n'est pas anodine, car cela permet de les cadrer. Le danger est représenté par une frange dure difficilement localisable et en dehors de tout contrôle.

(1) Son film sur l'école Saint-Michel n'a jamais été diffusé à la télévision.

(2) L'école Saint-Michel est aujourd'hui toujours dirigée par l'abbé Bétin.

15 mai 2010

[Mgr Williamson] Insomnie du pape

SOURCE - Commentaire Eleison CXLVIII - 15 mai 2010

A quel point la Rome Conciliaire ne comprend plus rien à la Tradition Catholique a été relevé encore une fois par la conférence de Presse donnée à Paris mercredi dernier par le Cardinal Kasper, chargé au Vatican des rapports avec les autres églises et les Juifs. Selon le rapport qu'en a fait l'agence de presse Reuters, la pensée du Cardinal se laisserait résumer aussi fidèlement que possible en cinq propositions, dont je ferai le commentaire après:

1) Les discussions doctrinales qui ont lieu tous les deux mois entre quatre théologiens de Rome d'une part et d'autre part un évêque et trois prêtres de la Fraternité St Pie X, ne s'avèrent point faciles. 2) Le problème principal est le concept de la Tradition: « Voulons-nous une Tradition vivante ou pétrifiée? » -- telle est la question posée par le Cardinal.  3) Il dit qu'il approuve en principe le dialogue avec la FSSPX,  mais en pratique ce dialogue doit se dérouler selon les conditions de Rome et pas celles de la FSSPX.  4) Si l'on veut arriver à un accord, la FSSPX devra faire des concessions, et elle devra accepter les réformes Conciliaires.  5) Sans un tel accord, la FSSPX n'aura aucun statut officiel, ses prêtres ne seront pas reconnus comme étant Catholiques, et ils ne recevront aucune permission d'exercer leur ministère.

1) Bien sûr qu'il ne s'avère pas facile de concilier 2+2=4 (la Tradition et la FSSPX) avec 2+2 =4 ou 5 (Vatican II et la Rome Conciliaire). Comme nous avons ici deux conceptions profondément différentes de l'arithmétique, de même nous nous trouvons en présence de deux conceptions encore plus différentes de ce qu'est la Vérité Catholique.

2)  2+2=4 est la vérité, qui ne change point et ne peut changer, donc est « traditionnel ». 2+2=4 ou 5 est une arithmétique complètement nouvelle, aussi « vivante » qu'on le veut, mais complètement irréelle, et donc nullement traditionnelle.

3)  Si l'on veut discuter de la vraie arithmétique, c'est cette arithmétique qui posera les conditions de la discussion, et ni l'une ni l'autre des parties qui discutent, même si l'une d'elles se base sur les vraies conditions.

4)  Qui a le désir, qui a le besoin, d'un accord fondé sur 2+2=4 ou 5 (Vatican II) ?  Seulement les marchands de fantasmes qui font fi de la vraie arithmétique !

5)  Si le « statut officiel », la « reconnaissance comme prêtres » et « la permission d'exercer son ministère » dépendent de l'acceptation de 2+2= 4 ou 5, alors lesdits « statut », « reconnaissance » et « permission » s'achèteront au prix de la Vérité. Mais si je brade la Vérité, comment puis-je encore la
posséder pour pouvoir la prêcher ?  Et si je ne puis plus la prêcher, quelle sorte de prêtre serai-je, et quelle sorte de  ministère pourrai-je exercer ?

Donc ce n'est pas seulement la « Tradition », c'est la nature même de la vérité qui divise les Romains d'avec la FSSPX. En bradant la vérité, ces Romains ont perdu la Vérité. De fait, au moins objectivement parlant, ils l'assassinent, tout comme Macbeth « assassine le sommeil » (Acte II, Sc 2).

En effet, le même article de Reuters cite le Pape comme disant que le problème de la FSSPX « l'empêche de dormir ». Très saint Père, veuillez croire que la Vérité s'élève bien au-dessus de la petite FSSPX, qui n'est pas plus que l'un de ses défenseurs minuscules et momentanés. Et tout membre de la FSSPX vous veut toute sorte de bien, en particulier le bon sommeil.

Ce n'est pas la FSSPX, c'est la Vérité assassinée qui vous coupe le sommeil.

Kyrie eleison.

[APIC/RA] L'Eglise reconnaît l'extrémisme des traditionalistes

SOURCE - APIC/RA - via lecourrier.ch - 15 mai 2010

Bordeaux - «Les Infiltrés», une enquête en caméra cachée de France 2, a pointé les liens, à Bordeaux, entre un groupuscule d'extrême droite et l'Institut Bon Pasteur, créé pour accueillir d'anciens lefebvristes.

A la suite de l'émission «Les Infiltrés» du 27 avril sur les intégristes bordelais, l'archevêque de Bordeaux, le cardinal Jean-Pierre Ricard a décidé de créer une commission de relation avec les «traditionalistes» de la paroisse Saint-Eloi. «Comme pasteur de l'Eglise de Gironde, pouvez-vous confier une partie de votre troupeau à des bergers racistes et incitant à la violence?» demande un groupe de catholiques du diocèse, représentant cent nonante laïcs dans un courrier adressé au cardinal Jean-Pierre Ricard. La question en dit long sur la colère et l'incompréhension qui règnent dans la communauté catholique girondine, après les révélations des «Infiltrés». Cette émission, tournée en caméra cachée, met en évidence les liens unissant Dies Irae, groupuscule d'extrême droite, dont les jeunes tiennent des propos racistes, antisémites et islamophobes dans le reportage, et la paroisse Saint-Eloi de Bordeaux. Celle-ci a été confiée à l'Institut du Bon Pasteur, à la suite de la reconnaissance par Rome en 2006 de cet institut de droit pontifical, dirigé par l'abbé Philippe Laguérie. Cette reconnaissance avait permis à une fraction schismatique de la Fraternité Saint-Pie X (les intégristes d'Ecône) de réintégrer l'Eglise catholique. En réaction, l'archevêque de Bordeaux a décidé d'instaurer une commission de relation avec l'église Saint Eloi. Dans un communiqué, le cardinal Jean-Pierre Ricard rappelle que «l'accueil dans l'Eglise diocésaine de l'Institut du Bon Pasteur implique une communion avec les autres composantes de l'Eglise de Gironde (...) qui sont appelées à traduire dans des actes l'engagement que l'Eglise catholique a pris à Vatican II vis-à-vis des chrétiens des autres confessions chrétiennes, des juifs, des membres des autres religions». «Nul ne peut ignorer les complicités politiques d'extrême droite de certaines personnes des courants traditionalistes», affirme le prélat. «La commission devrait être mise en place d'ici à la fin du mois «, indique le P. Jean Rouet, vicaire général du diocèse de Bordeaux. Elle sera composée de prêtres et de laïcs. Elle aura pour tâche de veiller à la communication entre les «traditionalistes» et les autres instances du diocèse, ainsi que de traiter les éventuels contentieux.

Certains chrétiens redoutent que cette mesure ne suffise pas. En 2006, le cardinal Jean-Pierre Ricard avait déjà annoncé la création d'une commission de relation avec les prêtres de Saint-Eloi, mais elle n'a jamais vu le jour, notamment en raison des difficultés des prêtres du diocèse à dialoguer avec les membres du Bon Pasteur qui, manifestement, ne se sont pas intégrés à la vie de l'Eglise.¨

Christian Terras, rédacteur en chef de la revue catholique progressiste Golias, ironise: «Aujourd'hui, Mgr Ricard fait mine de découvrir la lune! Et de prendre de bonnes résolutions pour contrôler l'incontrôlable! Ainsi, l'entourage de l'église Saint Eloi serait donc aux mains de personnes peu fréquentables! Quel scoop! Sans compter qu'il lui a fallu une émission de télévision pour le découvrir et prendre conscience officiellement du problème! Mais de qui se moque le cardinal archevêque de Bordeaux?» Après sa rencontre des 4 et 5 mai, le Conseil presbytéral du diocèse a publiquement déclaré être «persuadé que le véritable enjeu ne se réduit pas à la messe en latin ou en français ni à la forme du rite», précisant que «nul ne peut ignorer les complicités politiques d'extrême droite de certaines personnes des courants traditionalistes». Si les quarante prêtres membres de ce Conseil disent partager la préoccupation du pape de «chercher des chemins de réconciliation et d'unité dans la charité et la vérité», ils estiment que «bien des initiatives ont eu lieu dans ce sens, qui offrent à nos frères traditionalistes des signes de bienveillance, sans vraie contrepartie de leur part».

De leur côté, les responsables de la paroisse Saint-Eloi nient tout lien entre la paroisse et le groupe politique incriminé. La semaine dernière, le parquet de Bordeaux a ouvert «une enquête préliminaire».

Par ailleurs, l'inspection d'académie a constaté en mars, lors d'une visite de contrôle, un «certain nombre d'insuffisances graves «, notamment concernant les enseignements d'histoire et de sciences au sein de l'école Saint-Eloi à Bordeaux, une école privée, hors contrat, rattachée à l'Institut Bon Pasteur. Dans cet établissement, le journaliste de France 2 avait été témoin de chants, de discours racistes et antisémites proférés par quelques-uns des quatre-vingt-cinq élèves, parents et enseignants. APIC/RA

[DICI] Entretien de Mgr Bernard Fellay à la revue américaine The Remnant du 11 mai 2010

SOURCE - DICI - 15 mai 2010

Brian Mershon : Monseigneur, quelle est votre réaction devant ce résultat de plus de 19 millions de chapelets, alors que la Fraternité Saint-Pie X en avait demandé 12 millions ?

Mgr Fellay : Tout d’abord, je suis très, très heureux de voir autant d’enthousiasme et une telle réponse à notre appel. Je suis certain que ce résultat ne provient pas seulement de nos fidèles. Je suis persuadé que beaucoup, beaucoup d’autres se sont joints à cette croisade, mais nous en ignorons le nombre. C’est la première chose. Deuxièmement, cet enthousiasme manifesté veut dire que les fidèles ont pris conscience de l’importance de ce sujet. Et je m’en réjouis car ce sujet est très, très important.

Brian Mershon : Les deux précédentes croisades du rosaire ont donné lieu à des réponses rapides et historiques – la libération de la messe traditionnelle pour tous les prêtres dans le monde entier et la levée des excommunications des évêques de la Fraternité, ce qui a permis notamment d’entamer des discussions doctrinales avec le Saint-Siège. Envisagez-vous une réponse aussi spectaculaire à cette troisième Croisade du rosaire ?

Mgr Fellay : Je la laisse entièrement entre les mains de Dieu et de la T.S. Vierge Marie. Mais probablement, non. On ne sait jamais, mais je serais très étonné de voir le pape consacrer la Russie. Ce serait une très grande surprise. Mais d’un autre côté, nous avons déjà été surpris, aussi je ne serai pas étonné que cela arrive rapidement. Cette fois-ci, ce que nous demandons est tellement important, si grand et directement impliqué dans tous les évènements de l’histoire des temps modernes.

Brian Mershon : Depuis que Benoît XVI a été élu et que le nouveau patriarche orthodoxe de Russie a été choisi, il y a eu un changement manifeste dans les relations, et, me semble-t-il, pour le mieux. Le Patriarche orthodoxe russe a même publié un livre sur les écrits du Pape destiné à être distribué parmi ses fidèles ! Comment comprenez-vous cela ? Y a-t-il également un lien avec le Troisième secret de Fatima ?

Mgr Fellay : Personnellement je crois qu’il y a du mouvement dans l’air en Russie. Il y a assurément quelque chose qui semble bouger en Russie. Jusqu’où et à quel point ? Je ne sais pas. Mais il y a beaucoup d’indices qui manifestent une renaissance de la religion en Russie.

Brian Mershon : Avez-vous déjà envoyé le bouquet de chapelets ?

Mgr Fellay : Cela ne saurait tarder.

Brian Mershon : Quelle est l’attitude de la Fraternité Saint-Pie X à l’égard des attaques contre le Saint-Père et l’Eglise de la part des medias du monde entier ?

Mgr Fellay : Je pense que nous avons une bonne preuve que l’Eglise a toujours des ennemis. Et que ces ennemis portent des noms réels. Vous pouvez le constater à travers la campagne en cours. C’est très révélateur. D’un côté nous avons les vieux ennemis américains et de l’autre les gauchistes européens, les deux travaillant ensemble.

Brian Mershon : Pensez-vous que ces attaques soient liées aux châtiments prédits par sœur Lucie dans le Troisième Secret ?

Mgr Fellay : C’est trop difficile à dire. Mais il y a une citation de Fatima qui s’applique et que j’aimerais citer :  « Le Pape va beaucoup souffrir. Le Pape va beaucoup souffrir. » C’est ce qui se passe.

Brian Mershon : Les discussions en cours avec le Saint-Siège se déroulent hors des projecteurs des médias pour des raisons évidentes. A quoi pensez-vous que cela va aboutir ? Qu’est-ce qui ferait que la Fraternité Saint-Pie X accepte une structure canonique ? Est-ce que les discussions ont un lien avec une éventuelle solution canonique ?

Mgr Fellay : C’est impossible à dire. Absolument impossible. Cela dépend de trop de facteurs pour l’instant. Je n’ai pas la réponse.

Brian Mershon : Certaines critiques disent que le rejet d’une solution canonique ou pratique est un signe d’obstination ou de mauvaise volonté. Que répondez-vous à cela ?

Mgr Fellay : C’est très simple. Le Saint Siège a accepté que les discussions doctrinales aient lieu… Ce fait devrait répondre à votre question sans peser sur moi. Mais au-delà, il est très clair qu’une solution éventuelle sans fondement doctrinal serait désastreuse. Nous ne voulons pas de cela. Nous voulons et nous avons besoin de la sécurité d’une solution fondée sur la doctrine pour avancer. Alors prétendre qu’il y a quelque chose de définitif avant même d’engager les discussions doctrinales …

Nous avons sous les yeux tous ces exemples antérieurs : la Fraternité Saint-Pierre, l’Institut du Christ-Roi et tous les autres sont complètement bloqués sur le plan doctrinal car ils ont d’abord accepté un accord pratique.

Brian Mershon : Croyez-vous que le pape personnellement désire sincèrement aboutir à une solution canonique avec la Fraternité Saint-Pie X ?

Mgr Fellay : Oui, je le pense. Je pense que c’est ce que le pape désire. Il veut que la situation de l’Eglise s’améliore et il veut résoudre avec la Fraternité la question de la consécration de ses évêques.

Brian Mershon : Lors de précédents entretiens, vous avez dit que la Fraternité avait de bonnes relations et mêmes des amis parmi les évêques et cardinaux – même au sein de la curie romaine. Quels conseils vous donnent-ils sur les discussions doctrinales en cours ?

Mgr Fellay : Aucun. Ils sont très discrets en ce moment. Je pense que les discussions que nous avons sont très bonnes et se passent en toute discrétion. La prochaine aura lieu en mai.

Brian Mershon : Avez-vous connaissance d’un groupe de prêtres ou de fidèles, ou de diocèses qui aurait, dans l’histoire récente de l’Eglise, offert un si grand bouquet de chapelets au pape, comme vous l’avez fait trois fois ?

Mgr Fellay : Pas à ma connaissance. Il y a peut-être un précédent mais je ne suis pas au courant. Il est évident qu’une telle croisade est unique. Je crois savoir que le P. Gruner va faire la même chose.

Brian Mershon : Quel conseil donnez-vous aux catholiques qui désirent ouvrir une chapelle près de chez eux ? Est-ce que la Fraternité met un frein à l’expansion du nombre de chapelles en raison des discussions doctrinales ?

Mgr Fellay : Il faudrait d’abord que les fidèles nous contactent et ensuite nous essaierons de faire quelque chose pour eux. En ce moment, nous avons tellement de demandes que nous pouvons difficilement les satisfaire toutes. Cette année a été une bonne année pour les ordinations. Néanmoins, nous sommes toujours en manque de prêtre (pour satisfaire toutes les demandes). Nous avons même du mal à y répondre. Mais nous continuons notre vie comme avant. Ce serait absolument contre-productif de penser que nous devons arrêter de grandir en raison des discussions avec Rome. C’est le contraire qu’il faut.

Brian Mershon : Monseigneur, avez-vous une dernière chose à ajouter ?

Mgr Fellay : Les prières à la T. Sainte Vierge Marie doivent continuer. Certains penseront que maintenant que nous avons accompli notre Croisade du rosaire, tout va bien. Non, non et non. Il est désormais clair que nous sommes engagés dans une bataille avec les vrais ennemis de l’Eglise. Alors, Catholiques, soyez prêts ! Remportez la victoire avec le rosaire !

[Présent] "Le combat de la Foi" - entretien avec l'abbé Loïc Duverger

SOURCE - Présent - mise en ligne par La Porte Latine - 15 mai 2010

Entretien donné à Présent du 15 mai 2010
Abbé Loïc Duverger, 1er Assistant du District de France, Directeur de Pèlerinage de Tradition
Le combat de la Foi - L’édition 2010 du Pèlerinage de tradition a pour thème : “Le combat pour la foi”. Est-ce une référence paulinienne, avec un éventuel clin d’œil au “combat de la foi” de l’abbé Coache ?

- Bien entendu lorsque le thème du « combat de la Foi » est choisi, saint Paul est la référence principale, lui le grand héraut de la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, l’unique Sauveur des hommes devant qui tout genou doit fléchir. Saint Paul reste le modèle indépassable en qui l’Eglise puise son enseignement et l’exemple missionnaire.

Mais c’est plus qu’un clin d‘œil au combat de la Foi du vénéré abbé Coache, c’est une volonté de s’inscrire dans le combat de tous ces prêtres, héros des temps modernes, qui ont résisté et combattu contre les erreurs conciliaires avec tant d’enthousiasme de fougue et de force.

Grâce à eux, combien d’entre nous ont gardé la Foi intégrale qu’ils peuvent à leur tour transmettre, sans eux la Tradition en France n’aurait pas la force et l‘étendue qui sont les siennes aujourd’hui.

- Pour le chrétien, la vie est un combat. Pourquoi y insister plus spécialement cette année ?

- A première vue, le thème du combat de la Foi peut paraître une banale redite. Que peut-on dire de nouveau qui n’ait déjà été dit ?

Pourtant, la Foi ne cesse de disparaître dans notre pauvre France, les églises sont vides, le clergé a disparu, les fidèles ne sont plus baptisés et ceux qui le sont, ont une connaissance si approximative de la religion qu’ils nient de nombreux dogmes au point de se demander s’ils ont encore la Foi catholique. Lorsque la Foi disparaît, d’autres religions prennent la place, la perversion des mœurs atteint les bas-fonds et la société civile sombre dans la décadence.

Or, sans la Foi il est impossible de plaire à Dieu, impossible de sauver son âme, c’est saint Paul qui le dit. Il faut donc que les fidèles ardents, joignant la prière aux sacrifices, proclament avec force la Foi catholique. Il faut qu’elle soit prêchée pour qu’elle soit défendue, pour qu’elle soit entendue, reconnue, aimée et pratiquée, c’est encore saint Paul qui l‘écrit.

Contre ceux qui veulent faire taire cette prédication, contre ceux qui craignent que la proclamer trop haut puisse indisposer et armer le bras des ennemis de Jésus-Christ, les fidèles, sans jamais se lasser, doivent manifester par des actions publiques, pleines d’éclat, que nul ne peut faire taire la voix des catholiques professant leur foi, essentielle et nécessaire pour le salut des âmes, des familles, des sociétés. C’est tout le sens de notre pèlerinage.

- Un pèlerinage n’est-il pas d’abord une démarche de conversion ?

- Vous avez raison, le pèlerinage est avant tout une conversion, un retour à Dieu pour le placer au centre de nos pensées, de nos actions, de notre vie quotidienne. Mais ce retour à Dieu se fait par une vie de Foi qui fait régner Notre Seigneur tout d’abord dans les cœurs, avant de le faire régner ensuite dans les familles et dans les sociétés. Cette conversion demande d’entreprendre un combat difficile contre la mollesse, le qu’en-dira-t-on, le respect humain, la tiédeur, la mondanité et l’esprit de jouissance.

La conversion à une vie de Foi vive, nécessaire pour sauver son âme, demande un véritable combat contre la chair, l’orgueil et le monde.

- Pensez-vous que cet appel puisse être missionnaire, et attirer tous ceux qui croiseront votre pèlerinage au gré de ces trois jours ?

- Le chrétien convaincu qu’il n’y a pas de plus grand bien que celui de la Foi, qui procure la vie éternelle, n’a qu’un seul désir celui de faire participer son prochain à ce bien source de toute véritable paix et de toute joie. Plus la Foi est vive, plus ce désir est puissant. Il a animé tous les saints missionnaires et je pense en particulier à tous ces saints qui ont sanctifié notre pays, saint Martin, saint Hilaire, saint Irénée, saint Denis, sainte Blandine, sainte Geneviève…

Nous devons retrouver cette Foi ardente qui brille comme une ville sur la montagne, si nous voulons voir refleurir la civilisation chrétienne.

Le chrétien, s’il veut entraîner à sa suite, ne doit pas raser les murs. Ce grand pèlerinage impressionne les passants, il provoque dans les âmes des interrogations. La prière de ces milliers de pèlerins fait tomber une pluie de grâces qui touchent les cœurs. La grâce de Dieu fait alors elle aussi son pèlerinage dans les âmes.

- Ce thème a-t-il une visée sociale ? Voire politique ?

- C’est évident. Mais, ne croyez pas que c’est à de grandes actions politiques et sociales que je pense. Non, c’est à la multitude des petites actions personnelles que je songe.

Il faut que chaque fidèle ait le souci de faire rayonner sa Foi par une charité joyeuse dans son milieu auprès de ses proches. Le prochain c’est celui avec qui l’on vit, que l’on fréquente et qui n’a pas la Foi et met donc son éternité en danger, c’est le boulanger chez qui l’on va chercher le pain, c’est le plombier qui vient faire quelque réparation, c’est la vieille dame du palier que l’on croise dans l’escalier, c’est le voisin de table en classe, à l’université, à l’atelier, c’est l’ami au sein de l’entreprise… C’est là que le fidèle a une action politique et sociale en prêchant par l’exemple, par la bonté, par quelque parole douce et miséricordieuse en parlant de Notre Seigneur et de sa Sainte Mère… Cette prédication est un véritable combat !

- L’Eglise est durement attaquée ces derniers mois. Le Pape lui-même est au centre des coups portés par l’adversaire. Comment votre “combat pour la Foi” éclaire-t-il cette situation ? Et vos relations avec Rome ?

- Le monde ne supporte pas Jésus-Christ, il le haït. Notre Seigneur nous a avertis, le disciple n’est pas au-dessus du maître. Que les cœurs ne se troublent pas, le monde ne cessera jamais de combattre l’Eglise et le Souverain Pontife. Plus l’Eglise paraît faible et sans force, plus le monde et ses suppôts s’acharnent pour la détruire. C’est une illusion que de croire que l’ouverture au monde unie à l‘œcuménisme délétère désarme les persécutions et instaure la paix.

Au contraire, plus la Foi catholique est proclamée, affirmée dans sa pureté, dans son intégralité, sans concession aux erreurs qu’il faut dénoncer avec acharnement, plus l’Eglise est glorifiée, plus le Pape est vénéré, respecté, écouté, plus les âmes se convertissent à Jésus-Christ et trouvent la véritable paix. Alors, l’influence du monde recule et ses attaques blasphématoires deviennent inaudibles.

Aujourd’hui, le meilleur moyen pour le fidèle de défendre l’Eglise contre les attaques si odieuses des derniers mois, de soutenir le Souverain Pontife dans cette persécution contre sa personne est de proclamer haut fort la Foi catholique sans rien concéder à l’esprit du temps et aux erreurs modernes.

- Pensez-vous que le pèlerinage 2010 sera un grand cru ?

- Je le souhaite de tout cœur. Les inscriptions affluent, mais nous ne serons jamais assez nombreux.

Il faut que ceux qui sont déjà inscrits entraînent par leur enthousiasme les indécis à se décider, les craintifs à s’armer de courage, les paresseux à secouer leur torpeur. Le combat de la Foi est le combat de tous, nul ne peut s’en dispenser. Que ceux qui ne peuvent plus marcher viennent aider à la logistique ; que ceux qui ne peuvent plus aider à la logistique soutiennent les pèlerins par quelque généreuse aumône. Et que tous prient et supplient Notre Dame pendant ces trois jours de prières et de pénitence.

- Alors, peut-on s’y inscrire encore ? Et comment ?

- Le Pèlerinage a lieu le 22, le 23 et le 24 mai. Il débute le samedi matin 22 mai dans les jardins de l’Evêché derrière la cathédrale de Chartres et s’achève à Paris le 24 mai après-midi par la messe place Vauban devant l’église des Invalides.

Propos recueillis par Olivier Figueras
, Présent du samedi 15 mai 2010

Pour plus d'informations et pour vous inscrire:

Pèlerinages de Tradition : 23, rue Poliveau, 75005 Paris. Tél. : 01 55 43 15 60. Fax : 01 55 43 15 61.
Mail : pele.trad@wanadoo.fr
Ou par internet : http://pelerinagesdetradition.com

14 mai 2010

[IBP Roma] Le Préfet de la Signature Apostolique nous rend visite

SOURCE - IBP Roma - 14 mai 2010
Nous l’attendions depuis longtemps, nous espérions une proche échéance, on ne nous en disait que du bien. Enfin il est venu et nous l’avons accueilli avec une joie non dissimulée ! Sa valeur nous était connue d’avance, certes, mais quel n’a pas été notre bonheur de juger sur pièce que tout ce qu’on pouvait en dire n’était qu’un pâle reflet de ce qu’il est vraiment.En date du 27 juin 2008, le décret de Benoît XVI ne pouvait pas porter un inconnu à la tête du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique pour prendre la suite de Mgr Agostino Vallini, nommé le même jour cardinal-évêque de Rome. Mgr Raymond Leo Burke est en effet une figure montante du paysage ecclésiastique romain, à qui l’on proposera probablement la barrette rouge d’ici peu, vue sa fonction. Il était chez nous Vendredi dernier.
Evêque de La Crosse au Wisconsin puis archevêque de Saint-Louis au Missouri, Mgr Burke est connu depuis longtemps pour sa fidélité au Magistère qu’il a encouragée au sein de l’épiscopat américain. Mais aussi pour son soutien à la cause pro-life et son appui jamais démenti au renouveau de la tradition liturgique, par sa présence aux côtés de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre notamment.

Chevronné en droit canon, sujet sur lequel nous avons beaucoup appris de lui Vendredi, Mgr Burke ne se borne pas aux problématiques de ses fonctions, bien au contraire. S’interrogeant avec nous sur le Comment ? de la ré-évangélisation, il découvre avec enthousiasme le Festival International du Film Catholique que lui présente sa fondatrice, grande amie de la Maison de Rome. Oui, « évangéliser la culture est une mission révolutionnaire » ! Une révolution qui éclatera à Rome d’ici quelques semaines… A vos agendas !
Ce fut une soirée vraiment riche. Par le récit de ses souvenirs, Son Excellence nous a montré de l’intérieur la charge de l’évêque. Il nous a aussi éclairés sur le fonctionnement de la tête de l’Eglise, aux antipodes des clichés convenus. Un exemple ? Douze. Une douzaine de personnes travaillent à la Signature, régie par la constitution apostolique Pastor Bonus (1988) : douze pour juger en « appel » ou en « cassation » les litiges ayant lieu dans l’Eglise ! Si ce n’est pas du flux-tendu…Raison pour laquelle les employés et leur Préfet sont « triés sur le volet » !
Merci Excellence de nous avoir donné goût au travail consciencieux et professionnel. A très bientôt !

[abbé René-Sébastien Fournié - IBP Roma] Le Bon Pasteur, modèle de connaissance

SOURCE - abbé René-Sébastien Fournié - IBP Roma - 14 mai 2010

Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père (Jn, X 14-15)

Il y a quelques jours nous avons célébré la fête du Bon Pasteur. A chaque évocation de ce titre du Christ, je ne peux m’empêcher de penser à une conférence que nous avait donné, en son temps, l’abbé de Tanoüarn : « le Bon Pasteur connaît ses brebis, Il connaît chacun de nous par notre nom… Et nous, à Son exemple, nous devons connaître notre prochain, lui porter une réelle attention ».
Depuis, cela ne m’a jamais quitté : le Bon Pasteur est le modèle de celui qui connaît… qui connaît Dieu et son prochain.

Connaître Dieu

La connaissance du Père vis-à-vis du Fils paraît évidente, dans la mesure où Ils sont tous deux consubstantiels. Mais l’Incarnation en elle-même demeure le fruit d’un dialogue divin, fruit de l’obéissance et de l’amour qui sont comme une réponse du Fils au Père. Cette nature humaine assumée est en somme une prière divine qui s’est matérialisée. Sur la Croix, Jésus est mort en priant, faisant de son sacrifice un acte de prière et d’adoration. Mais au fond, c’est toute la vie du Christ qui est une prière : il ressort des Evangiles que toutes ses paroles et ses actes jaillissent de son intime communion de vie avec le Père. La communication permanente avec le Père constitue le centre de Sa vie et de Sa personne. C’est d’ailleurs après que les Apôtres L’aient vu prier seul, que saint Pierre s’écriera dans sa célèbre profession de foi relatée par saint Luc : « Tu es le Christ de Dieu »… Il a compris qui Il était, en Le voyant prier, en Le voyant s’adresser à son Père.
Pour nous, cela revêt une importance considérable : on ne peut connaître réellement Dieu que dans la prière ; ou plus exactement en entrant, en participant à cette prière du Christ, à ce dialogue entre le Fils et le Père. Sans la prière, il est donc impossible de participer à l’intimité du Christ, laquelle est synonyme de dialogue entre le Verbe et le Père.

Notre connaissance de Dieu ne peut pas se contenter de n’être qu’une pure connaissance intellectuelle. Elle a besoin d’une relation personnelle profonde, propre à celui qui aime et se sait aimé. Certes, on n’aime que ce que l’on connaît, c’est vrai… mais la connaissance qui en procède est un amour, et elle n’est une connaissance que parce qu’elle est un amour.
Et voilà pourquoi, la voix du Bon Pasteur qu’entendent les brebis quand Il les appelle nommément est une voix qu’elles reconnaissent et à laquelle elles répondent. Elles savent que Celui qui les appelle veut leur bien ; elles le savent parce qu’Il a l’habitude de le leur procurer ; elles ont l’expérience de Sa bonté, et le son de cette voix qu’elles entendent est lié à cette expérience. Elles savent que s’Il les approche c’est pour les caresser ou les soigner, « pour qu’elles aient la vie, et une vie abondante ».

De cet amour et de cette confiance nait une amitié. C’est précisément ce qu’ont expérimenté les Apôtres… En pénétrant toujours plus la personnalité de Dieu, on renouvelle et accroît constamment notre amitié avec Lui. Il en va de même avec l’amitié humaine : plus on connaît son ami, plus on mesure son amitié… plus on l’aime : « il va jusque-là dans son amitié ! ».
Et de l’amitié découle une union de pensée et de volonté, puisqu’avec un vrai ami, on ne fait pas n’importe quoi. On ne traite jamais un ami à la légère, mais au contraire on en prend soin. Etre ami de Jésus Christ, voilà où conduit notre connaissance de Dieu…

Connaître notre prochain et le reconnaître comme un vrai Frère

De cette union à Dieu par la prière, découle nécessairement une union avec le prochain. En effet, notre prière, étant une participation à celle du Fils, est donc filiale et s’adresse au Père. Etre fils adoptif de Dieu, c’est-à-dire fils dans le Fils Unique, signifie que nous existons en tant que Chrétien, avec Lui, avec Sa personne… Et cela constitue un seul corps dont Il est la tête.

Dire que notre prière est une prière de fils, implique non seulement que nous ayons un Père, mais que nous ayons aussi des frères : reconnaître la paternité de Dieu, signifie que j’ai obligatoirement des frères. L’oublier, tant en pensée, qu’en parole ou en acte, fait de nous des menteurs quand nous osons dire « Père ». Ainsi, quand le Christ enseigne aux apôtres de prier, leur ordonne-t-Il de dire « Notre Père » et non pas « mon Père », et ce même si nous la récitons seuls. Notre filiation à Dieu s’insère nécessairement dans la communauté de ce « nous » que le Christ a engendré.

Ce « nous » prend évidemment une dimension toute particulière entre Chrétiens communiant au même Corps et au même Sang. C’est tout le sens du rappel de saint Paul aux Corinthiens : « Nous formons un seul corps, tout en étant plusieurs ; car nous participons tous à un même pain ». En effet, en communiant à ce même pain, nous devenons ce que nous mangeons. Ordinairement, les aliments que nous prenons sont moins forts que l’homme et leur finalité est de s’assimiler à notre organisme. Avec la sainte Eucharistie, c’est tout le contraire : cette nourriture nous est supérieure et sa finalité est aussi inverse puisque c’est l’homme qui est assimilé par le Christ et devient comme Lui.
La conséquence est évidente : en communiant à la Sainte Eucharistie, je ne m’enferme pas dans un dialogue privé avec Dieu, mais j’entre dans une transformation totale où mon « moi » devient un « nous », avec Dieu certes, mais aussi avec les « siens » qui deviennent, d’une façon suréminente, « mes frères ».

Dès lors, nous ne pouvons vraiment comprendre et connaître les hommes en profondeur, qu’à la lumière de Dieu. Et tout comme, nous ne pouvons nous contenter d’une connaissance théorique de Dieu. Nous nous devons de connaître concrètement notre prochain, sans quoi ce serait une connaissance sans amour et sans réel rapport intérieur.

Il est intéressant de noter que le Bon Pasteur donne Sa vie pour ses brebis. L’image est forte au point de pouvoir paraître outrancière dans la mesure où, ordinairement, si un berger va chercher une brebis perdue, pour la soigner et s’en occuper avec diligence, où a-t-on vu qu’il sacrifie sa vie pour l’une d’entre-elles ?
Pour le comprendre il faut revenir à cette grande réalité qu’est l’amitié : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn, XV, 13).

Ainsi, cette connaissance du prochain, autre moi-même dans le Fils, conduit à l’aimer au nom de cette filiation jusqu’au don de soi-même. Voilà où conduit le modèle héroïque du Bon Pasteur ; voilà l’exemple que nous ont donné tant de saints qui ont jalonné l’histoire de l’Eglise.

Abbé René-Sébastien Fournié
Responsable de l’IBP-Roma

12 mai 2010

[Lamy - leforumcatholique.org] Monsieur l'abbé de Fommervault est mort

SOURCE - Lamy - leforumcatholique.org - 12 mai 2010

Monsieur l'abbé de Fommervault est mort aujourd'hui.
Nous ne manquerons pas de bien prier pour lui.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, il est le fondateur de la "communauté tradie" de Fontainebleau.

Prêtre réfractaire, ayant gardé soutane et ancien Missel, il a participé à la prise de St Nicolas puisqu'il fit office de diacre à la première Messe qui y fut dite par les nouveaux "affectataires" du lieu.

Disant sa Messe à Fontainebleau dans un hangar, on se souvient de la foule qui s'y était peu à peu regroupée.
On se souviendra notamment de ses démelés épiques avec le curé de Fontainebleau, des disputes assez violentes mais aussi leur annuel coup de téléphone pour se souhaiter bonne fête (les deux s'appelant Michel).
Les Sacres de 1988 aux aussi ont apporté leur lot de bagarres : voilà notre bon abbé chassé de son logement, allant (en réflexe) quémander aide et assistance auprès de son évêque, tandis qu'il rejoignait la FSSP naissante. L'évêque, croyant enterrer le "problème" lui octroie un timide droit de Messe à 9H30 dans la très peu fréquentée Chappelle du Carmel. Làs ! Ce fut le début d'une grande aventure, une importante communauté s'y retrouva avec joie, et plus de 20 ans après : nos deux abbés Lefevre et Le Coq se retrouvent à diriger avec talent une des plus importantes chapelles de la FSSP.

L'abbé de Fommervault c'est aussi ce cathéchiste passionnant, une mémoire et une gentillesse confondante.

Je l'ai surtout connu enfant, j'étais "scotché" pendant ses cours de cathéchisme, mais plus tard, le croisant une fois l'an sur les routes de Chartres, je ne manquais pas de le saluer, toujours étonné qu'il se souvienne de moi, qu'il prenne des nouvelles de toute ma famille.

Ce saint homme a fait beaucoup pour le chrétien que je m'efforce d'être aujourd'hui ...

Merci monsieur l'abbé : et de là-haut: ne nous oubliez pas !

[summorum-pontificum.fr] Du nouveau pour la forme extraordinaire au Brésil

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 12 mai 2010
Petit événement dans cette partie du monde ! Le diocèse de Granhuns, dans le nord-est du Brésil organise une rencontre de prêtres, consacrée à la forme extraordinaire du rite romain. Ce rassemblement aura lieu du 17 au 19 juin prochain.

Si l’organisation en revient à plusieurs prêtres intéressés par cette forme liturgique, elle bénéficie des encouragements de l’évêque local, Mgr Fernando Guimarães. Elle s’effectuera également en présence d’un autre évêque, Mgr Fernando Rifan, de l’Administration apostolique Saint-Jean-Marie Vianney de Campos.

Alors qu’aucune messe diocésaine selon la forme ancienne du rite romain n’existait voici quelques années dans cette partie du Brésil, cette rencontre constitue un pas en avant qui peut être décisif pour les années à venir.

[hommenouveau.fr] Le cardinal Canizarès explique la pensée du pape

SOURCE - hommenouveau.fr - 12 mai 2010

Dans une lettre envoyée à l'Institut du Christ Souverain Prêtre, à l'occasion d'un colloque sur le Motu Proprio Summorum Pontificum qui s'est déroulé à Madrid, en Espagne, le Préfet de la Congrégation du Culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal Canizarès a tenu à rappeler le sens de cette décision du Pape Benoît XVI :
« Dans le cœur du Saint-Père et au centre de ses préoccupations comme pasteur de l'Eglise se trouve la connaissance profonde du mystère de la Liturgie et le désir qu'elle soit célébrée et vécue par l'Eglise entière avec délicatesse et ferveur, et qu'ainsi Elle engendre et communique ce dynamisme surnaturel, désir du Christ Lui-même, afin que le témoignage de tous les catholiques soit unanime et efficace pour transformer les réalités de notre monde.

Le Motu Proprio "Summorum Pontificum" doit se comprendre dans cette vision d'ensemble de l'enseignement et des actes du Saint Père, et jamais comme quelque chose d'isolé ou de simplement anecdotique destiné à quelques-uns pour des situations particulières. Favoriser l'accès à la forme liturgique officielle du le Rite Romain jusqu'à la réforme souhaitée par le Concile Vatican II,  n'est pas une concession à la nostalgie ou à l'intégrisme, c'est plutôt, un pas pour favoriser la Communion Ecclésiale et une aide pour orienter et mieux comprendre l'actuelle "forme ordinaire" de la Liturgie Romaine selon une « herméneutique de la continuité ».
Remerciant l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre pour avoir organiser ce colloque, le représentant du Saint-Père en ce qui concerne la liturgie précise par ailleurs :
« Il est évident que ces initiatives pastorales de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, pour être fructueuses, doivent être accompagnées d'une intense activité de formation, et d'un approfondisse théologique, historique, pastoral, juridique et spirituel, à la lumière du trésor de la Liturgie Catholique et des enseignements des Pères et des Saints Pasteurs de l'Eglise tout au long des siècles. J'espère, et je m'en réjouis par avance, que des initiatives comme le présent Colloque aideront sans nul doute à contribuer à cette formation. »
Ce Colloque a eu lieu à Madrid le 24 avril dernier en Mgr Juan Miguel Ferrer, Sous-secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin et Mgr Bux de l'Office pour les Célébrations  Liturgiques du Souverain Pontife. On trouvera plus de détail sur le site de l'ICRSP.

11 mai 2010

[Benjamin Seze - temoignagechretien.fr] Traditionalistes : une députée socialiste écrit au Pape

SOURCE - Benjamin Seze - temoignagechretien.fr - 11 mai 2010

Mardi 11 mai, la députée de Bordeaux Michèle Delauney a envoyé une lettre à Benoît XVI. Elle lui confie ses doutes sur l'opportunité d'une dévolution exclusive de l'église Saint-Eloi aux traditionalistes de l'Institut du Bon Pasteur, à Bordeaux.

« Je ne pense pas qu'il soit opportun de confier une église en exclusivité à une communauté comme l'Institut du Bon Pasteur », explique Michèle Delaunay, députée de la 2ème circonscription de la Gironde. « Car cela favorise  l'agrégation des extrémismes comme on a pu le constater.»

La député socialiste fait référence au reportage "A l'extrême droite du Père" diffusé le 27 avril dans l'émission "Les Infiltrés" sur France 2. Dans ce reportage, le journaliste met en lumière les liens existants entre les traditionalistes de l'Institut du Bon Pasteur, qui occupent, à Bordeaux, l'église Saint-Eloi, et le mouvement de jeunes Dies Irae (« jour de colère », en latin), proche de l'extrême droite. On y voit notamment des jeunes  tenir face à la caméra cachée du journaliste des propos racistes et antisémites, emprunts d'une haine de la « démocratie moderne ».

Dans un courrier adressé le 7 mai à l'archevêché de Bordeaux,  Michèle Delaunay interroge Mgr Ricard :

« J’ai pleinement conscience que les traditionalistes ont été réintégrés dans l’Eglise et que celle-ci veut leur tendre la main. Cependant, leur dévoluer une église et leur confier la totalité de la charge d’une paroisse ne favorise-t-il pas le fait que des groupuscules puissent se former dans la proximité de ce traditionalisme ?»

« Ne serait-il pas au contraire envisageable que des cultes sous le rite romain ancien puissent être célébrés à Saint-Eloi mais ceci, de manière non exclusive. Et qu’à l’occasion, ce même rite puisse être utilisé dans une célébration traditionaliste dans une autre paroisse, comme c’est d’ailleurs le cas aujourd’hui à l’église Saint-Bruno de Bordeaux ? »

Mardi 11 mai, la députée de Bordeaux a directement écrit au pape Benoît XVI pour lui faire part de ses préoccupations. Une lettre qu'elle a fait suivre à TC :
« Votre Sainteté,

Une récente émission de la télévision française a grandement ému les Français attachés aux principes républicains et soucieux de l’image de l’Eglise. Cette émission, sous le titre « A l’extrême droite du Père », a enquêté sur les milieux catholiques extrémistes de la ville de Bordeaux.

Députée de Bordeaux, c’est au nom de ses habitants que je représente, que je prends aujourd’hui la liberté de m’adresser à vous.

L'eglise Saint Eloi a été initialement dévolue, de manière illégale et contraire à la volonté de Monseigneur RICARD, à la communauté intégriste.

Nous comprenons votre volonté de mettre fin au schisme intégriste en levant l’excommunication des disciples de Monseigneur LEFEBVRE. Cette volonté de tendre la main, vous l'avez traduite en érigeant canoniquement l’Institut du Bon Pasteur, issu de la Fraternité Saint Pie X, en « Société de Vie Apostolique » et en l'installant à Bordeaux. Cette ouverture ne doit en aucun cas être à l’origine d’ambiguïtés, voire de dérives racistes et antisémites telles qu’exposées dans l’émission « les Infiltrés ».

L’Institut du Bon Pasteur relève du Saint Siège et est donc directement rattaché à l’Eglise romaine qui lui a dédié « l’usage exclusif de la liturgie grégorienne ». Dans un souci de vigilance et de réciprocité, vous avez défini une période « probatoire » initiale. Nous nous interrogeons sur les dangers de la dévolution exclusive d’une paroisse à cet Institut, au risque de voir se développer, dans sa proximité directe, des comportements et des propos tombant sous le coup de la loi française et contraires à l’enseignement de l'Eglise.

C’est cette préoccupation que je veux aujourd’hui porter à votre connaissance dans une période où les extrémismes se favorisent et s’entretiennent les uns les autres, et sont à l’origine de haine, d’exclusion et de violences.

Je vous remercie grandement de l’attention que vous voudrez bien porter à ce courrier. Veuillez agréer, votre Sainteté, mes très respectueuses salutations.

Michèle DELAUNAY. »

[Elen C.] (Les Infiltrés à Bordeaux) Lettre d’une tradie à ceux qui sont troublés et veulent comprendre

SOURCE - Elen C. - Le Forum Catholique - 11 mai 2010

L’affaire des « infiltrés » de Bordeaux dans laquelle des catholiques sont présentés comme des monstres et d’affreux fascistes, appelle une analyse sérieuse en raison de l’ampleur que ce débat a prise et des accusations qui sont portées.

Plus d’une semaine après la présentation du reportage de France2, il ne s’est pas passé une journée sans qu’au moins un article sur le sujet ne soit publié dans le quotidien régional Sud-Ouest et ceci souvent à charge. Tout ce qui est à gauche ou à l’extrême gauche pousse des cris d’orfraie contre la bête immonde et réclame sanctions et poursuites pénales. Le maire de la ville et le diocèse publient des communiqués. La Licra, SOS racisme, la ligue des droits de l’Homme, des associations regroupées autour d’un collectif laïque et même un groupe de catholiques du diocèse, montent aussi au créneau pour, en vrac, réclamer : des sanctions, la fermeture de l’école, l’expulsion des catholiques de l’église St Eloi, la dissolution de Dies Irae, plus de sévérité de la part du diocèse envers l’IBP. Certains catholiques invitent même notre Cardinal à ne pas recevoir les tradis dans sa cathédrale lors d’une procession religieuse ! Un péril fasciste, extrémiste, raciste, antisémite, xénophobe débarquerait-il sur Bordeaux et serait-il devenu un danger imminent et de premier ordre ? Ou alors ces catholiques dérangeraient au point qu’il faille les éliminer ou pour le moins les réduire au silence ?

Au passage, je note qu’une bonne partie (une grande partie ?) de ces donneurs de leçons de morale qui se font les avocats de l’émission « les infiltrés », sont les mêmes qui crient aux atteintes à la liberté, la démocratie et la vie privée dès qu’une caméra de surveillance voit le jour sur le domaine public. Comme quoi certaines convictions sont fluctuantes…

Revenons un instant sur le reportage de France2. Il apparait de plus en plus maintenant que des scènes présentées ont été bidouillées, que le journaliste « infiltré » soit sujet à caution tout comme le membre de Dies Irae parlant des cahiers de Turner (cahiers plus connus d’ailleurs dans les milieux français d’extrême gauche pour les dénoncer que dans ceux d’extrême droite pour les revendiquer). Des plaintes ont été déposées de part et d’autre, des enquêtes sont en cours mais cela n’empêche pas les champions de la défense de la démocratie et des droits de l’Homme de juger sans procès et de condamner sans autre preuve que celles d’une émission de télévision déjà critiquée par ailleurs pour ses procédés d’investigations. Là encore, les nouveaux défenseurs d’un nouvel ordre moral s’assoient allègrement sur leurs principes ! Cette façon de faire, rappelle les heures les plus noires de la révolution ou de l’épuration où on ne faisait pas dans la dentelle, ni dans le détail…

Mais quels sont ces actes si graves, si répréhensibles, si dangereux qui nécessitent de telles réactions en chaine et un aussi grand déferlement de haine ? Un ou deux enfants de 12 ans dans une école privée hors contrat, se disent fachos et chantent une comptine scandaleuse (en l’espèce, les parents seraient plus à blâmer que les enseignants). Deux institutrices font une blague ou un commentaire dans un lieu privé et non public sur les juifs en Algérie. Un prof d’histoire a une vue différente sur de Gaulle et Pétain. Des jeunes (surtout des filles) font un parcours sportif (malicieusement dénoncé comme du combattant !) et un jeune homme (connu depuis comme membre d’extrême gauche) parle d’un livre interdit en France. Certains propos discutables voire condamnables mais dits en privé et qu’il faudrait entendre dans leur intégralité pour se faire une idée complète avant d’accuser tous les tradis et d’en profiter pour jeter le bébé avec l’eau du bain. Les réactions contre les tradis qui ont suivie, sont vraiment disproportionnées et les raisons des cris de vierges effarouchées doivent se chercher ailleurs.

Mais alors quoi ?! Alors la peur, la peur de l’autre tout simplement et pour certains la haine ! Oui la peur et la haine pour certains de voir, à Bordeaux, des gens qui avec l’Eglise dénoncent et condamnent des actes (pas les individus) comme: l’avortement, l’euthanasie, l’homosexualité, le divorce, la contraception ! La peur pour certains catholiques d’une relecture de Vatican II voulue d’ailleurs par le St Père ; une lecture qui ne soit pas tronquée et des textes que l’on respecte un peu plus (on pourrait énumérer nombreuses désobéissances aux textes et à l’esprit de Vatican II). C’est aussi la peur de voir des gens pensant différemment de tout le monde et peu enclins à faire dans le politiquement, religieusement et médiatiquement corrects. Des gens enfin à qui l’on reproche de défendre d’abord les droits de Dieu avant ceux de l’Homme.

Curieusement et contrairement à ce que l’on veut faire croire, ces catholiques traditionalistes ne sont pas nostalgiques d’un autre temps car ils sont de plus en plus jeunes et ils ont des enfants qui, à leur tour, fréquentent nombreux les églises que d’autres ont désertées. Pour les stigmatiser et pour jeter l’opprobre sur eux, ont veut les lier et les relier avec ce que l’on appelle communément l’extrême droite. Certains catholiques, mais pas seulement eux, trouvent leur espérance dans ces partis qualifiés d’extrémistes. Est-ce interdit ? Est-ce infamant ? Ces partis ou mouvements sont-ils légaux ou non ? Avant de décider qui est honorable ou pas en politique, il serait honnête de reconnaître que tous, je dis bien tous les partis politiques ont des casseroles à traîner. Faut-il faire ici une liste des procès, des condamnations qu’ils possèdent à leur actif ? Enumérer les déclarations scandaleuses ou les agissements condamnables de leurs responsables ?

Mais au fait, quels sont les partis politiques dits honorables en France qui se sont prononcés contre ce que l’Eglise condamne ? Le Saint Père a déclaré (discours du 30 mars 2006 aux euro-parlementaires) qu’en politique il y avait des points non négociables (le respect de la vie, la famille union d’un homme et d’une femme et le droit des parents à éduquer leurs enfants). On aimerait compter beaucoup plus de partis politiques respectant ces points non négociables ! Et surtout, depuis quand demande-t-on à un catholique qui entre dans une église pour qui il vote ou même s’il vote ? Cette façon de faire sent bon la police de pensée et la dictature ! Une fois encore, les donneurs de leçon de morale et de démocratie sont loin d’être les mieux placés pour jouer les saintes nitouches.

Il est quand même un peu facile et très simpliste d’accuser les catholiques traditionalistes de tous les mots et d’en profiter pour lancer l’anathème contre eux ; si un tradi dit ça, tous les tradis on donc dit ça ; si un tradi vote FN, tous les tradis votent FN ; si Mgr Williamson est révisionniste, tous les tradis sont révisionnistes ! Pourtant, quand l’abbé Pierre défend Garaudy, tous les catholiques ne deviennent pas pour autant révisionnistes ; ou quand un prêtre est pédophile, tous les prêtres ne le sont évidemment pas (et très loin s’en faut, d’ailleurs)! En fait, quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage et quand on veut tuer le tradi on l’accuse d’être fasciste. Cette façon de faire ne date hélas pas d’hier.

Catholique de gauche ou catholique de droite, cela ne veut plus dire grand chose aujourd’hui tellement la droite et la gauche sont peu catholique. Cela veut d’autant moins dire quelque chose qu’un catholique se définit d’abord et surtout par rapport à son respect de l’enseignement du Christ et celui de l’Eglise (donc de Rome). La pensée ou le bord politique d’un catholique ne regarde que lui et il n’a pas à être jugé sur cela mais sur sa vie chrétienne.

Toute cette affaire manque cruellement de charité, d’amour et de respect mais aussi d’honnêteté et d’objectivité. Pour s’en rendre compte, il suffit par exemple de venir au Rosaire public devant la Cathédrale de Bordeaux ou à toute manifestation en faveur de la Vie, pour entendre les insultes, les blasphèmes, les menaces et les propos cathophobes qui sont déversés par de soi-disant démocrates et défenseurs des libertés… Les mêmes peut être qui à Bordeaux ont tagué les murs de l’habitation du directeur de St Projet, tagué ou fait voler en éclats des vitrines de commerces (mêmes celles qui n’avaient rien à voir) ; hélas, ces actes n’ont pas été dénoncés par les donneurs de leçons professionnels.

Quant aux catholiques effrayés par les catholiques traditionalistes, qu’ils se rassurent et se rappellent qu’il y a « plusieurs demeures dans la maison du Père ». Les tradis, qui certes ne sont pas des saints, se veulent être catholiques, apostoliques et romains, comme tous les catholiques. Ils reconnaissent le Pape comme le chef de leur Eglise. Enfin, leur foi est toute contenue dans le Credo. Alors que personne, surtout chez les cathos, ne se trompe d’adversaires. Aujourd’hui il faut avancer et évangéliser plutôt que regarder derrière et se jeter Vatican II en permanence à la figure. Que chacun avance selon son charisme et sa vocation ; qu’il voit dans l’autre ce qui le complète plus que ce qui l’oppose. Qu’ils soient tradis ou pas, les croyants que nous sommes sont d’abord des catholiques et à ce titre nous devons, avec notre Pape, vivre de la Bonne Nouvelle et l’annoncer selon nos spécificités propres.

Pour finir, et bien que cela ne soit ni indispensable ni une tare, je précise ne pas être paroissienne de St Eloi, ne pas être prof ou parent d’élèves à St Projet ni membre de près ou de loin de Dies Irae. Je suis une mère et une grand-mère, ce qui me confère une certaine expérience de la vie mais surtout : je suis une catholique, un point c’est tout, mais c’est aussi l’essentiel.

Elen C.

10 mai 2010

[Paix Liturgique] Au pays de Fatima aussi, un pratiquant sur deux assisterait volontiers à la messe traditionnelle dans sa paroisse. Pourtant, trois catholiques portugais sur quatre n'ont jamais entendu parler du Motu Proprio de Benoît XVI

SOURCE - lettre 229 de Paix Liturgique - 10 mai 2010

Du 11 au 14 mai, le Saint Père se rend en voyage apostolique au Portugal pour le Xème anniversaire de la béatification des pastoureaux de Fatima (Francisco et Jacinta Marto). À l'occasion de ce déplacement, Paix Liturgique a commandité à l'Institut Louis Harris un sondage sur la réception du Motu Proprio Summorum Pontificum par les catholiques portugais. Le Portugal, pays de grande tradition catholique, semble en effet être passé totalement à côté de ce texte. C'est bien simple, il n'y a qu'une seule messe traditionnelle dominicale régulière célébrée dans tout le pays (à Fatima). Et encore est-elle non paroissiale... Avec la messe de la Fraternité Saint Pie X à Lisbonne, ce sont les deux seules célébrations selon le missel de 1962 dans tout le pays.

Les résultats de cette nouvelle étude, réalisée du 29 avril au 6 mai 2010 par l’institut de sondage professionnel Harris Interactive auprès de 1433 personnes de 18 ans et plus habitant le Portugal dont 950 se considèrent comme catholiques, sont instructifs à plus d’un titre.

En résumé : les catholiques portugais découvrent la liberté de la messe traditionnelle et ils veulent en user.

Question n°1 : Assistez-vous à la messe ?
Chaque semaine : 11,7%
Une fois par mois : 7,6%
Pour les grandes fêtes : 12%
Occasionnellement (mariages…) : 68,7%

Question n°2 : Le pape Benoît XVI a rappelé en juillet 2007 que la messe pouvait être célébrée à la fois sous sa forme moderne dite « ordinaire » ou « de Paul VI » - en portugais, le prêtre faisant face aux fidèles, la communion étant reçue debout – et sous sa forme traditionnelle dite « extraordinaire » ou « de Jean XXIII » - en latin et grégorien, le prêtre tourné face à l’autel, la communion reçue à genoux. Le saviez-vous ?
Oui : 26%
Non : 74%

Question n° 3 : Considéreriez-vous comme normal ou pas normal si les 2 formes liturgiques devaient être célébrées régulièrement dans VOTRE paroisse ?
Normal : 44,7%
Pas normal : 40%
Ne se prononcent pas : 15,3%

Question n°4 : Si la messe était célébrée en latin et grégorien sous sa forme extraordinaire dans VOTRE paroisse, sans se substituer à celle dite ordinaire en portugais, y assisteriez vous ?

Réponses des seuls pratiquants réguliers (hebdomadaires et mensuels)

- 29,5% y assisteraient chaque semaine
- 24% une fois par mois
- 14,2% lors des grandes fêtes
- 23,5% occasionnellement
- 8,8% jamais


LES REFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1/ Après les sondages réalisés en France, en Italie et en Allemagne, ce nouveau sondage confirme l'excellente disposition du peuple catholique envers la forme extraordinaire du rite romain. Ici encore, comme partout (sauf en Italie, où le pourcentage était nettement plus élevé), environ un tiers des pratiquants assisteraient chaque semaine à la messe traditionnelle si elle était célébrée dans leur paroisse. Nous le répétons : cette indication partout et constamment répétée est une donnée pastorale massive, incontournable comme on dit. Seuls les évêques – non, les aveugles, pardonnez nous le lapsus – peuvent l’ignorer.

2/ Cette faveur est d’autant plus intéressante que, pour la première fois au cours de cette série d'enquêtes commanditées par Paix Liturgique, la grande majorité des catholiques interrogés n'avait jamais entendu parler du Motu Proprio Summorum Pontificum : 74%. Autrement dit, apprenant que l’assistance à la messe traditionnelle dans leurs paroisses serait possible, comme partout dans le monde, des catholiques qui en sont privés depuis 40 ans disent qu’ils aimeraient bien y assister TOUTES LES SEMAINES.
Cette ignorance des catholiques portugais est certainement due à plusieurs phénomènes :
- le peu d'intérêt des médias portugais pour les questions liturgiques,
- l'hostilité sourde de l'épiscopat mais aussi d'une bonne part du clergé portugais à la réforme de la réforme entreprise par Benoît XVI en général et à la libération de la messe " Extraordinaire " en particulier.

3/ En outre, nonobstant cette méconnaissance de la nouvelle situation liturgique permise par le geste réconciliateur du Saint Père en 2007, 44,7% des fidèles trouvent instinctivement normale la coexistence des deux formes du rite romain dans les paroisses. Il convient toutefois de signaler les plus de 40% de catholiques qui jugent anormale une telle cohabitation liturgique. C'est bien plus qu'en France, qu'en Italie ou qu'en Allemagne où les réfractaires ne représentent (voir nos enquêtes CSA 2008, Doxa 2009 et Harris 2010) au pire qu'un quart des catholiques. Certains seraient tentés d'en conclure que la liturgie nouvelle a trouvé au Portugal un consensus plus large qu'ailleurs. Sauf que le taux de pratique des Portugais est presque aussi faible que celui des Français : à peine 20% des catholiques portugais vont à la messe au moins une fois par mois. Et surtout, point capital, 74% ignoraient jusqu’à ce jour que la célébration de la messe traditionnelle était redevenue possible.

4/ D'ailleurs, à la question sur l'attitude des pratiquants face à la forme extraordinaire du rite romain, seuls moins de 9% refusent catégoriquement d'y assister. Autrement dit, plus les Portugais interrogés sont pratiquants, plus ils sont favorables à la messe en forme extraordinaire. Il est donc clair que c'est plus par ignorance que par idéologie que 40% jugent anormale la coexistence des deux formes du rite. A la limite, ils font un simple constat : celui de la quasi inexistence de la liturgie traditionnelle dans le pays. Du coup, son existence, c’est un fait, est “anormale” dans ce pays.

5/ Enfin, on aura remarqué que 53,5% des pratiquants " réguliers" (c'est-à-dire qui vont à la messe au moins une fois par mois), pratiquants par la force des choses de la forme ordinaire, se déclarent prêts à assister régulièrement à la forme extraordinaire si elle devait être célébrée dans leur paroisse, à divers degrés de fréquence (toutes les semaines, tous les mois, occasionnellement). De ce point de vue, le Portugal ignorant du Motu Proprio se place tout de même dans la fourchette haute de notre série d'enquêtes.
Ce n'est pas aussi bien que l'Italie (63%, sondage Doxa 2009), mais c'est mieux que l'Allemagne (44%, sondage Harris interactive 2010) et beaucoup mieux que la France (34%, sondage CSA 2008). Tenus à l'écart du débat liturgique et ne connaissant que la liturgie moderne depuis plus de 35 ans (dès le milieu des années 70, la messe tridentine avait à peu près disparu du pays), les Portugais sont néanmoins désireux de prier au rythme de la liturgie traditionnelle, sans aucun préjugé idéologique à son encontre. Il leur manque seulement des curés courageux pour la célébrer.

Une fois de plus, au Portugal comme partout ailleurs, la prétendue réception unanimement favorable de la réforme liturgique de Bugnini s’avère une monumentale duperie idéologique. C’est le clergé – et tout spécialement ce sont les évêques – qui maintiennent ce rideau de fumée contre la volonté du Peuple de Dieu. Contrairement au refrain de la grande majorité des théologiens postconciliaires, l’Église n’avait jamais été aussi « pyramidale » qu’aujourd’hui et les fidèles si peu écoutés.

6/ Ce sondage a coûté la somme de 5700 € TTC. Si vous souhaitez participer à son financement et nous permettre de continuer notre travail d’information, vous pouvez adresser votre don à Paix Liturgique, 1 allée du Bois Gougenot, 78290 CROISSY-SUR-SEINE en libellant votre chèque à l'ordre de Paix Liturgique ou par virement : IBAN : FR76 3000 3021 9700 0500 0158 593 - BIC : SOGEFRPP.

P.S. : dans une lettre précédente, nous nous demandions si nous serions en mesure de financer, en collaboration avec des amis écossais, un sondage sur les désirs des catholiques de ce beau pays : Un généreux donateur nous a rendu ce projet possible, nous demandons à tous nos amis de prier à ses intentions.

[perepiscopus.org] Une communauté proche de la FSSPX occupe l'évêché de Poitiers

SOURCE - perepiscopus.org - 10 mai 2010

C'est un véritable pied-de-nez que la Fraternité de la Transfiguration, proche de la Fraternité Saint-Pie X, a fait à l'égard de Mgr Rouet, archevêque de Poitiers. Ce qui fut l’évêché jusqu’en 2007 était constitué de deux bâtiments reliés par un jardin. Le plus ancien, au n° 19 rue de la Cathédrale daterait du XVIIe siècle. En 1898, l’évêque de Poitiers, Mgr Pelgé, acheta cet immeuble pour y installer une école. Et en 1911, chassé de son palais épiscopal par la loi de séparation de l’Église et de l’État, l’évêque  - Mgr Humbrecht  - y fixa sa résidence. Le jardin s’étendait jusqu’à la rue Bourbon, percée sous le Second Empire. Mgr Mesguen y fit construire un nouveau bâtiment au n° 44, en 1934-1935. Ce bâtiment, en belles pierres en ronde-bosse, devait abriter les bureaux et les archives de l’évêché. Sur la façade qui devint dès lors l’entrée principale de l’évêché, Mgr Mesguen fit graver ses armes épiscopales avec sa devise : «Albæ ad messem» («les blés sont mûrs pour la moisson»), sur la façade de la rue - inscription toujours en place, ce qui était exigé par le contrat de vente de la part de l’actuel évêque.

En 2007 en effet, Mgr Rouet vendit l’ensemble des bâtiments et le jardin, pour s’installer plus modestement place Sainte-Croix. Un promoteur immobilier acheta l’immeuble de la rue de la Cathédrale (avec une partie du jardin),  et la Fraternité de la Transfiguration put acquérir le reste.

La Fraternité de la Transfiguration a été fondée en 1970 (la même année que la Fraternité Saint-Pie X) par le Révérend Père Bernard Lecareux afin d'accomplir les voeux d'un prêtre venu de l'orthodoxie au catholicisme, Mgr Vladimir Ghika, prince moldave converti à l'âge de trente ans. Ce prélat est mort en martyr le 17 mai 1954 dans les prisons des communistes roumains. Mais son grand désir d'unité fut relevé par l'abbé Lecareux qui l'a transmis à la Fraternité qu'il fondait. Il s'agit pour elle de prier, d'adorer et de se sacrifier pour que se réalise l'unité qui serait si profitable à l'Eglise, de l'Occident romain et de l'Orient séparé. Le R.P. Lecareux créa donc une oeuvre de prêtres et de religieuses, qui trouve sa maison mère à Mérigny (Indre), tout près de Fontgombault. Il fut, comme Mgr Lefebvre, dont il se rapprocha très vite au début des années 1970, conduit à subvenir aux besoins de fidèles désemparés. C'est pourquoi la Fraternité de la Transfiguration évangélise le Centre Ouest de la France (le Berry, le Poitou et le Limousin). Ses prêtres sont formés et ordonnés à Ecône. Leurs relations avec l'autorité sont confiées à celles de la FSSPX et leur supérieur actuel est le P. Jean-Noël.

A Poitiers, le groupe se développa et du rechercher un établissement plus grand. Les recherches n’aboutirent qu’en 2008, lorsque les Père de Mérigny parvinrent, employant des ruses de sioux, à acheter une partie des bâtiments de l’évêché de Poitiers (en vente depuis l’année précédente), situé dans le même quartier du centre ville de Poitiers, à quelques centaines de mètres de l’ancienne chapelle. La Fraternité de la Transfiguration put aménager un sanctuaire plus vaste dans l’ancienne salle des archives diocésaines, sans compter des salles annexes qui trouveront facilement à être employées (catéchisme, bureaux, salles de réunion…).

Le nouveau sanctuaire, situé au 44 de la rue Jean Jaurès, a été béni solennellement par Mgr Tissier de Mallerais (FSSPX), le samedi 24 avril 2010.

9 mai 2010

[Abbé Ceriani] L’Abbé Ceriani répond à la lettre de Monseigneur Fellay : "Cela, ce n’est plus de la politique, c’est du mensonge !"

Abbé Ceriani - 9 mai 2010

À Monseigneur Bernard Fellay,

Supérieur général de la FSSPX

Votre Excellence,

Dans les lettres que je vous ai adressées l’an dernier, j’ai laissé entendre que vous mentiez peut-être. Aujourd’hui, je puis affirmer que vous avez menti, que vous mentez et qu’à défaut de vous corriger, vous continuerez à mentir.

Dans votre lettre aux fidèles et bienfaiteurs de la FSSPX du 1er mai, vous écrivez en effet :

« Les indices sont suffisamment variés et nombreux pour qu’on puisse affirmer que ce nouveau mouvement de réforme ou de restauration est bien réel. »

Plus bas, vous donnez les deux premiers exemples de vos illusions à cet égard :

« Concernant la vie de l’Église, la réhabilitation en 2007 de la messe de toujours dans son droit, puis l’annulation deux ans plus tard de la peine infamante qui voulait nous disqualifier… »

Or, vous savez fort bien qu’il est mensonger de dire que la Messe de toujours a été réhabilité dans son droit.

La réalité, c’est que par le Motu Proprio de juillet 2007, la Messe de toujours a perdu son droit, puisqu’elle s’est trouvée reléguée au rang de « forme extraordinaire » d’un rite dont la « forrme ordinaire » est la messe bâtarde montinienne.

La réalité, c’est que vous étiez au courant de ce blasphème, et ce au moins depuis septembre 2006, voire octobre 2004. Or, vous l’avez caché, et vous continuez à le cacher. Mais « le mensonge court sur des petites pattes », et j’ai pu découvrir la vérité, bien qu’il fût trop tard.

Cessez de tromper les prêtres et les fidèles !

Vous savez très bien que vous m’avez menti quant à l’« annulation de la peine ». D’autres prêtres et des fidèles ont pu être trompés, eux aussi.

En effet, j’ai signalé en plus d’une occasion que vous et vos collaborateurs immédiats ne pouviez employer cette expression.

Et vous me répondiez toujours qu’il s’agissait là d’une « imprécision de langage ».

Dans ma lettre du 2 août 2005, je vous écrivais :

« Au vu de ce qui s’est passé depuis août 2000, il est fort probable que les autorités de la Fraternité finiront par accepter de la Rome moderniste une formule telle que le « retrait de l’excommunication », la « levée de l’excommunication » ou l’ « annulation de l’excommunication ».

La réalité, c’est que par l’acte pontifical censé indiquer une réforme ou une restauration véritable, l’excommunication des quatre évêques a été levée à votre demande expresse faite au nom de vous quatre.

La réalité, c’est qu’il n’y a pas eu de déclaration de nullité de la peine. La réalité, c’est que la peine en question n’était pas « infamante » ; bien au contraire, c’était un honneur.

C'est d’ailleurs ce qu’ont déclaré publiquement tous les Supérieurs de la Fraternité (quand il s’agissait de supérieurs, et non pas de nains comme aujourd’hui) dans leur lettre du 6 juillet 1988.

La réalité, c’est que cette peine honorable ne pouvait nous « disqualifier » ; tout au contraire, elles nous surqualifiait en nous distinguant de l’Église officielle, officiellement moderniste et conciliaire !

Cessez de tromper les prêtres et les fidèles !

Tout cela n’est plus de la politique, c’est du MENSONGE !

Contre vos mensonges, contre votre politique et contre votre reddition, en vue du Jugement final, j’en appelle à la mémoire de Monseigneur Lefebvre, de Monseigneur de Castro Mayer, de tous les Supérieurs de la Fraternité de 1988, j’en appelle à tous les vrais prêtres et fidèles de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

Pour le bien de leurs âmes (et de la vôtre), NE MENTEZ PLUS.

Abbé Juan Carlos Ceriani

8 mai 2010

[Abbé de Tanoüarn - Monde&Vie] "Lettre ouverte à Jean-Pierre Denis"

SOURCE - Abbé de Tanoüarn - Monde&Vie - 8 mai 2010

Cher Jean-Pierre Denis,

J’ai vu de quelle manière vous maintenez le bien-fondé de votre titre d’il y a trois ans, visant l’abbé Laguérie : Pourquoi cet homme-là devait rester dehors. C’était en septembre 2006. L’Institut du Bon Pasteur avait été fondé à Rome et ses statuts reconnus par le cardinal Castrillon Hoyos, responsable de la Commission Ecclesia Dei. Vous avez estimé à l’époque que l’on n’avait pas été assez exigeant avec les cinq fondateurs de ce jeune Institut. Vous nous soupçonniez, en un mot comme en cent, d’intégrisme larvé. Et aujourd’hui, après l’émission des Infiltrés, mardi 27 avril, vous vous pensez fondé à dire et même à proclamer publiquement que… somme toute… vous aviez bien eu raison de titrer de cette manière à l’époque et que, si c’était à refaire - foi d’ « Infiltrés » ! - vous le referiez.

Vous avez raison d’écrire aujourd’hui que, pour un grand nombre d’entre les traditionalistes, peu habitués à pratiquer ce que vous nommez si bien « un christianisme plus tiède, plus lisse ou plus poli », votre attaque de l’époque ne les avait pas dérangés. J’y avais décelé, personnellement, le contraire de l’indifférence, quelque chose comme un amour contrarié ou… retourné. Et c’est dans cet esprit – fraternel - que je vous avais lancé une invitation à venir à La Mutualité. J’étais au téléphone. Vous pouviez raccrocher sans explication. Vous avez relevé le défi, car vous êtes manifestement un homme des défis à relever (On ne donne pas à un hebdomadaire un peu poussif comme La Vie, cette jeunesse et cette insolence si l’on n’aime pas relever des défis). Vous êtes venu dans une salle comble. Quelque 800 personnes. Dans leur écrasante majorité, des traditionalistes. Et surprise : vous avez été applaudi. Vous évoquiez, souvenez-vous, notre foi commune en l’eucharistie et vous repreniez une formule du concile Vatican II qui n’a effrayé personne en soulignant que ce sacrement est le « sommet de la vie chrétienne ». Vous vous êtes exprimé alors, avec un grand respect pour votre auditoire, mais sans aucune concession. Du grand art. Ce jour-là, nous avions su montrer ensemble que le respect fraternel entre catholiques était toujours immédiatement possible.

Et voilà qu’aujourd’hui vous donnez à votre collaboratrice Joséphine Bataille l’occasion de prendre au sérieux cette émission des Infiltrés dans laquelle tout pue le bidonnage et l’appel à la haine, à commencer par cette manière de faire parler les enfants, comme le font les régimes totalitaires quand ils cherchent à obtenir les « aveux » des ennemis du peuple. La grande presse ne s’y est pas trompé. A part le Figaro, qui, depuis qu’il a pris le format d’un « gratuit », ne sait plus comment manifester le vide intellectuel qui rassure tellement une partie de sa clientèle, les journaux sérieux, et pas vraiment traditionalistes, n’ont pas voulu manger de ce pain là. Ni Libération, ni Le Monde, ni Le Nouvel Obs, ni l’Express n’ont daigné s’attarder sur cette émission, navrante pour le Service publique. Mais La Vie l’a fait. De la part de votre collaboratrice, attentive à collationner les citations, comme une bonne élève qu’elle est sûrement, on chercherait en vain l’ombre d’un commencement de réserve sur les problèmes éthiques que pose un tel type d’émission et sur le lynchage que Mathieu Maye entend provoquer par amalgame. C’est dommage. Excusez ma franchise. Elle me semble simplement en l’occurrence une défense légitime. Pour le reste, soyez sûr que je n’en veux à personne et surtout pas à cette Joséphine que j’ai eue récemment au téléphone et qui, outre son prénom napoléonien, porte un nom vraiment prometteur pour la profession qu’elle a embrassée : nomen, omen, disons-nous parfois dans notre latin !

Je n’en veux à personne et ne cèderai pas au démon de la polémique, d’autant plus que votre texte à vous, lu de près, rend un son différent. Il me semble qu’il résonne, en fait, comme un appel au respect, à un respect forcément mutuel. Je vous cite : « L’attachement aux formes anciennes de la liturgie est profondément respectable, tout comme le désir de sauver un trésor culturel et cultuel.(…) On pense ici aux personnes qui se sont converties grâce à la liturgie désormais dite « extraordinaire », quand la messe « ordinaire » ne leur parlait pas. Elles ne sont ni plus ni moins catholiques que vous, que moi, que d’autres ». Pour ces paroles de chrétien, de frère, merci Jean-Pierre Denis.

Certains relèveront sans doute les crochets indiqués dans votre texte et y verront la perspective redoutable d’un caviardage. Loin de moi cette pratique ! Vous nous appelez, nous autres traditionalistes, à la clarté. Je l’ai fait aussi, modestement, sur mon blog (voir metablog sous le titre : Je n’ai pas la télé). Je voudrais encore y travailler ici.

Avant tout, pour justifier votre opposition à l’abbé Laguérie, vous citez le concile Vatican II : « C’est bel et bien l’acceptation du concile Vatican II qui reste à vérifier sans faux-nez. Nous avions dit qu’il eût été préférable de manifester quelques exigences avant de réintégrer les amis de l’abbé Laguérie, même au nom de la charité et même au nom de leurs vocations religieuses. On voit bien, aujourd’hui, que le ménage a été fait trop en surface ». Mais le concile Vatican II, Jean Pierre Denis, c’est « un chantier », comme me disait un dignitaire du Vatican il y a quelque temps. Tout le monde y travaille : dialogue interreligieux, œcuménisme, liturgie, chaque catholique a sa petite idée sur ces questions. Et les textes du Concile offrent simplement des « pistes » à explorer, si vous me permettez de reprendre un mot de Benoît XVI, alors cardinal Ratzinger, lors d’un entretien public à Rome avec le philosophe italien Paolo d’Arcais. Nous tous, les catholiques d’aujourd’hui, nous défrichons les « pistes » désignées par le concile Vatican II, sur lesquelles doit se construire le christianisme de demain, en accord foncier, en « continuité » avec le christianisme d’hier.

Exemples ?

Pour les traditionalistes aussi, le dialogue interreligieux, dans un pays où l’islam est la religion sans conteste la plus dynamique, n’est plus seulement une option mais une nécessité. Comment vivre avec l’autre sans prendre la peine de le connaître et, en l’occurrence, de connaître sa religion ? Quant au dialogue avec les Juifs, une émission comme celle du 27 avril nous montre qu’il est indispensable de le mener, dans un grand respect mutuel et sans jamais prétendre confondre deux économies que Dieu lui-même distingue. Sans jamais faire des Juifs des chrétiens malgré eux ou des chrétiens sans le nom.

Autre exemple. Pour les traditionalistes, comme l’a répété Monde et Vie maintes fois ces dernières semaines, le style du pape Benoît XVI en matière d’oecuménisme, cette préoccupation constante de la vérité, sa manière roide de dialoguer avec les luthériens sur la doctrine de la justification par la foi, en parvenant à « un consensus différencié », sa façon chaleureuse mais exigeante d’approcher les orthodoxes en leur faisant reconnaître, à Ravenne, qu’il n’y a pas d’antagonisme entre la conciliarité et la primauté et jusqu’à sa manière de proposer aux dits « lefebvristes » un véritable dialogue doctrinal, tout cela est suivi avec une attention particulière par les traditionalistes de toutes origines. Encore une fois, voyez Monde et Vie. Ou le Forum catholique.

Ajoutons une considération qui va de soi : pour les traditionalistes, la question liturgique, que le Concile a mise au premier plan, est effectivement décisive. Cela vous l’avez parfaitement perçu d’ailleurs dans la partie de votre texte que je viens de citer.

Alors si Vatican II n’est pas une incantation, vide de sens, qu’est-ce d’autre que la préoccupation de ces « pistes » nouvelles, dans lesquelles, nous en sommes tous bien d’accord, il faut nous engager ?

En réalité, plus j’étudie le concile et l’indétermination profonde des textes les plus doctrinaux (je pense par exemple à Dei Verbum, dont un grand théologien du Centre Sèvres aujourd’hui note que pour lui il n’en reste que « des traces »), plus je crois que le moment est venu de cesser d’en faire une incantation, pour le considérer comme ce qu’il est : un chantier nécessaire.

Il me semble en fait que l’essentiel est ailleurs. L’essentiel de l’accusation que vous continuez à porter contre l’abbé Laguérie est dans le paragraphe précédent : « Sur un certain nombre de points, qui touchent essentiellement au rapport à l’autre, et sous un certain nombre de formes, désormais plus souterraines qu’affichées, un certain traditionalisme reste volontairement prisonnier de ses racines anti-révolutionnaires, anti-modernes (ce qu’a été l’Eglise) et dans certains cas maurassiennes et antisémites (ce qu’elle ne peut plus être à aucun prix) ». Il me semble que ce que vous dites là est l’essentiel de vos reproches. L’essentiel de votre propos, la question du Concile, essentiellement cléricale malgré tout, me semblant facilement soluble dans la discussion, ou dans ce que Benoît XVI appelle l’interprétation.

Pour clarifier le débat avec vous, je souhaite reprendre l’un après l’autre les mots que vous utilisez.

Je commence par la fin : l’antisémitisme. Il y a un antisémitisme « à la papa », une culture du mépris qui n’a rien à voir avec la solution finale. On le trouve dans un milieu catholique qui déborde largement « les traditionalistes ». Cela correspond à une génération, marquée par les polémiques de Drumont et de quelques autres, dénonçant « la France juive ». En réalité, si l’on se reporte à la fin du XIXème siècle, la République qui n’était plus celle des Ducs, accéda au pouvoir (1876), et se trouva devant une élite massivement antirépublicaine. C’est à ce moment là que les grandes familles juives, ayant pris fait et cause pour la République, se trouvèrent montrées du doigt, dénoncées, stigmatisées, comme étant devenues les soutiens naturels du nouveau Régime… Je ne cherche pas à excuser, mais à expliquer pourquoi beaucoup de catholiques, pour des raisons avant tout sociologiques (et non religieuses), se découvrirent antisémites. Il faut remonter à la guerre des deux France une fois de plus, guerre des deux France dont cet antisémitisme, rémanent chez certains bourgeois catholiques, apparaît comme un important dommage collatéral. Soulignons néanmoins que les vrais chrétiens, papes en tête, n’ont jamais cédé à ce genre de sirène. Pie XI n’a pas eu besoin de Vatican II pour dire : « Nous sommes spirituellement des sémites ». J’avoue qu’il m’a fallu l’affaire Williamson pour comprendre que l’antisémitisme était encore aujourd’hui une vraie menace spirituelle à propos de laquelle il est impossible de se taire, en tant que catholique.

Vous donnez l’impression de faire un amalgame entre « maurrassien » et antisémite. Il est vrai que Maurras n’était pas dreyfusard. Vrai qu’il représente sans doute un bon exemple de cet antisémitisme sociologique, typique de la fin du XIXème siècle, dont je parlais à l’instant. Mais enfin ! Cet antisémitisme ne constitue pas l’ensemble de la réflexion d’un penseur qui est l’un des plus grands analystes du XXème siècle en France. Politique, critique, littérature, poésie, morale et même d’une certaine façon métaphysique, on trouve tout chez Maurras et ses disciples, comme Pierre Boutang, ont bien montré qu’il y avait moyen d’être maurrassien sans être antisémite ! Il y a même aujourd’hui des maurrassien dont le sionisme est la bannière, autour de la revue Les Provinciales. Je crois que décidément il ne faut pas tout confondre ! Et ressortir la vieille lune de la condamnation de l’Action Française, à laquelle un Jacques Prévotat a consacré 700 pages sans rien expliquer de convaincant sur les raisons de Pie XI, raisons que l’on attend toujours (comme l’a d’ailleurs constaté son successeur, levant la condamnation), c’est me semble-t-il s’enfoncer dans le passé, au lieu de traiter les problèmes du présent.

Restent deux adjectifs : antirévolutionnaire et antimoderne. Maurras est anecdotique dans cette affaire. Mais ceux-là – antirévolutionnaire et antimoderne – concentrent, me semble-t-il, la matière de notre désaccord réel.

Antirévolutionnaire ? Antimoderne ? Vous soulignez que l’Eglise a été l’un et l’autre. Lui serait-il interdit aujourd’hui d’être antirévolutionnaire ? lui est-il permis de condamner les révolutions qui ne sont pas la révolution chrétienne ? Ces pseudo-révolutions singent la sienne, comme disait Pie XI dans Divini Redemptoris, et il ne lui serait pas permis de le souligner ? Lui est-il interdit, à notre Eglise, de dire qu’elle porte la seule révolution qui vaille, celle qui supporte toute l’histoire réelle de l’humanité, la révolution personnaliste ? Lui est-il interdit de souligner que toutes les autres ont été des leurres, produisant du sang, des larmes et des dégâts humains souvent irréparables ? Il me semble qu’au moment où l’on enterre solennellement le concept de Révolution, ce n’est peut-être pas la peine que les chrétiens décident de jouer aux croque morts, en se chargeant des fleurs, des couronnes et de l’oraison funèbre. Là encore, c’est décidément regarder vers le passé. Nous avons mieux à faire : c’est l’Evangile qui change le monde, en donnant à chaque personne le sens de sa responsabilité éternelle (et donc de sa liberté temporelle). Voilà ce qu’en tant que chrétiens, nous avons à dire aux hommes. Me détromperez-vous ? Je sais bien que non.

Quand à l’antimodernité, Benoît XVI a une formule décisive dans Spe salvi : il parle, au paragraphe 19, d’une nécessaire autocritique de la modernité. Il est trop subtil pour tomber dans le jeu binaire du pro et de l’anti. Je suis d’accord avec vous là dessus : on ne peut plus être antimoderne. C’est absurde de se vouloir antimoderne. Jacques Maritain avait lancé ce concept en 1925, mais c’est un mort né. Comment peut-on ne pas être marqué par la modernité sous tous ses aspects, technologiques, sociologiques, psychologiques et même métaphysiques ? On n’est pas face à la modernité, encore moins contre elle. On est dedans, qu’on le veuille ou non. Le traditionalisme, par exemple, est un phénomène contemporain, engendré par la modernité. Et c’est lorsque l’on a compris cela que l’on peut saisir aussi ce qui nous est demandé par Benoît XVI : une autocritique de la modernité, à la lumière de la Révolution chrétienne. Notre propre autocritique.

Cher Jean-Pierre Denis, nous avons tous à nous laisser évangéliser par la Révolution chrétienne. Nous réagissons différemment en fonction de nos histoires personnelles aux uns et aux autres. Mais je crois que notre époque est radicale ; je crois qu’elle emportera dans le vide tous les conservatismes, celui d’une « Tradition » hypostasiée comme celui d’un Concile mythifié et fossilisé dans cinquante années d’échec pour l’Eglise ; je crois qu’il ne restera, dans dix ans ou dans vingt ans, que ceux qui transmettent l’Evangile parce qu’ils l’ont reçu au plus profond d’eux-mêmes et ceux qui s’y opposent parce que, comme on commence à le voir ici et là, il aura été littéralement diabolisé.

Mais pourquoi tant de mots, si c’est pour en arriver à ce dilemme apocalyptique ? Si j’ai beaucoup apprécié votre texte, alors même qu’il me paraît injuste ou excessif, c’est parce que, reprenant de manière parfois trop unilatérale la charge médiatique contre les traditionalistes,  je sens pourtant qu’il est écrit par un chrétien.

Abbé G. de Tanoüarn