27 novembre 2007





N.O.M., légitime ou pas ? 
2007-11-27 - Abbé Guillaume de Tanoüarn - leforumcatholique.org
Chers amis, Je trouve le très long fil me concernant, après une journée de travail. N'ayant pas l'habitude de me défosser ou de me débiner, je voudrais revenir sur les principes théologiques qui sont en jeu dans cette affaire.
Membre de l"'IBP, j'ai prêché pour les obsèques de Pierre Pujo, directeur de l'Action Française, dans l'église de La Madeleine à Paris, au cours d'une cérémonie célébrée selon la forme ordinaire du rite romain, appelée vulgairement Messe de Paul VI.
Pouvais-je faire autrement que d'accepter la demande qui m'était faite ? Il ne me semble pas.
La forme ordinaire du rite romain, que je me suis engagé à ne pas célébrer en adhérant à l'IBP, et contre laquelle j'ai formulé et je formule des critiques construites, du point de vue à la fois théologique et pastoral (voir mon texte sur La messe de l'homme dans La messe en question, 2002 pp. 261-289), ce Novus Ordo Missae reste un rite légitime de l'Eglise catholique romaine.
Austremoine essaie de dire dans le fil que ce N.O.M. est légal et non légitime ; et il donne immédiatement l'exemple de la loi autorisant l'avortement jusqu'à 12 semaines qu'il caractérise également (sic) comme légale et non légitime.
Réfléchissez pourtant : aucun Etat n'a le droit de s'attaquer à la vie humaine depuis la conception jusqu'à la mort naturelle. Il peut mettre en place un dispositif législatif qui permette cette pratique, mais il ne peut pas la déclarer bonne ou indifférente. Ce n'est pas à lui d'édicter la loi morale. Cette loi libéralisant l'avortement n'est donc pas légitime, parce qu'elle prétend dirimer un problème d'ordre moral qui, par définition, échappe au législateur politique.
En revanche, si l'on en vient à la réforme liturgique et au pouvoir du pape, on est bien obligé de constater qu'il s'agit d'une loi légitime et pas seulement légale.
Le pouvoir du pape, pour sanctifier et pour enseigner le troupeau du Christ est un pouvoir de droit divin. Certes le pape est matériellement élu par un conclave, mais formellement il ne tient son pouvoir que du Christ et non de l'Eglise (cf. Cajétan De institutione Romani pontificis). Et ce pouvoir est un pouvoir immédiat, ordinaire et universel sur toutes les brebis, qu'il gouverne en les enseignant et en les sanctifiant.
Le pape a donc bien pouvoir en droit sur cette grande loi de la sanctification des fidèles qu'est la loi liturgique. Il est dans le domaine de définition de son pouvoir lorsqu'il exerce son autorité sur les formes de la liturgie.
Reste bien évidemment, au-delà de la question de droit qui est réglée, une question de fait : le pape a-t-il raison de modifier cette loi qu'il a bien le droit de modifier ? S'il est vrai que «l'homme spirituel juge de tout » comme dit saint Paul, on est fondé, comme simple fidèle à se poser cette question. En l'occurrence, pour ce qui est de la messe coeur de notre vie chrétienne, il me semble que c'est un devoir de le faire - et de le faire avec le respect et l'intelligence que suppose une telle démarche. Benoît XVI lui-même dans son discours du 22 décembre 2005 nous exhorte à faire preuve d'esprit critique pour ce qui concerne le concile et les réformes issues du Concile, en ne cédant pas à la tentation d'une herméneutique de rupture.
Concernant la sainte messe, nous devons donc par exemple nous en tenir au Concile de Trente et aux définitions irréformables qu'il donne plutôt qu'au document intitulé Institutio generalis, qui dans son article 7 présente une définition insuffisante du rite, en omettant de mentionner sa puissance propitiatoire.
Notre critique est bien légitime : nous sommes fondés, en tant que membres du corps du Christ, à la formuler, selon notre degré de responsabilité (nous sommes responsables de notre salut personnel, de notre famille etc.) et notre degré d'instruction. Lorsqu'il a donné aux laïcs la possibilité de créer des groupes stables pour demander une messe manifestant mieux le sens du sacré que la messe ordinaire, il me semble que Benoît XVI a eu égard à tout cela. Ce n'est pas très courant qu'un pape reconnaisse dans un texte juridique un droit concret de choix à de simples laïcs ! De façon très contemporaine, le pape a conçu le Motu proprio du 7 juillet comme un droit opposable à la messe traditionnelle.
Mais pour en revenir au N.O.M. et à ma prédication à La Madeleine, il n'en reste pas moins qu'en droit, cette messe n'est pas seulement légale, elle est, elle aussi, légitime, elle correspond au domaine dans lequel s'exprime l'autorité du pape, qui a reçu en plénitude du Christ lui-même le Munus sanctificandi. Si on refuse la légitimité d'une loi liturgique promulguée par le pape, c'est le pape lui-même que l'on refuse comme pontife légitime.
Ayant égard à ce point fondamental de doctrine, Mgr Lefebvre nous a fait signer un texte dans lequel nous nous engagions, avant d'être ordonnés prêtres pour la FSSPX, à reconnaître la validité essentielle du rite nouveau. Il montrait par là que le rite nouveau est apte à transmettre aux fidèles la grâce qui sanctifie. Si le Christ est présent, il est actif (« Mon Père agit toujours et moi aussi j'agis »). S'il est actif, il sauve.
Dans cette perspective, pour en revenir à ce qui m'était proposé à La Madeleine, il m'a semblé que la prédication, qui n'est pas en soi un acte cultuel même s'il s'agit d'un acte liturgique, était pour moi une manière d'affirmer la communion ecclésiastique, qui nous dépasse tous. Cette communion sort bien entendu du Christ lui-même, qui est la tête de son corps mystique, mais aussi du pape en tant qu'il détient la plenitudo potestatis, selon la formule de Vatican I et de l'évêque, Mgr Vingt-trois en l'occurrence, en tant qu'il manifeste la présence de l'Eglise universelle dans l'Eglise locale.
Je ne célèbre pas le N.O.M., parce que j'ai des critiques sérieuses à formuler, critiques qui, comme le soulignait l'abbé Héry dans un récent article de Mascaret ne sont pas seulement d'ordre intellectuel ou théologique mais aussi d'ordre sensible puisqu'elles concernent un rite liturgique, lui-même d'ordre sensible par définition.
Mais je peux (et je dois) participer comme non-célébrant à une liturgie dont je reconnais la légitimité, la validité et l'efficacité en droit.
Ces explications techniques, beaucoup d'entre vous les ont pressenties d'instinct, ou ont commencé de les exposer. Je remercie tous ceux qui se sont exprimés (souvent avec fougue) pour défendre mon geste. Je souhaite de tout mon coeur que les grands mots qu'emploient certains un peu vite ne leur retombent pas dessus.
Sur cette question cruciale de la légitimité du N.O.M. , j'ai bien conscience de ne pas avoir tout dit. Mais je me tiens prêt à répondre à toutes questions - et aussi à peser toutes les raisons contraires, d'où qu'elles viennent.

25 novembre 2007





S.Exc. Mgr Alfonso de Galarreta (FSSPX) : son analyse du MP (video)
L'allocution de Mgr Galerrata date du 25 novembre 2007
Ci-dessous: le message d'Ennemond sur le Forum Catholique en date du 19 janvier 2008
Les prises de position de Monseigneur de Galarreta, l'un des quatre évêques de la FSSPX, n'étaient pour le moment pas très connues. Voici l'analyse du plus discret des évêques sacrés par Mgr Lefebvre :

Mgr Alfonso de Galarreta à propos de la situation après le Motu Proprio

Il ajoute quelques mots sur l'apostolat de la Fraternité

Mgr de Galarreta indique qu'un certain nombre de textes créent un nouveau climat dans l'Eglise, en particulier le Motu Proprio qui présente "des aspects bons aussi bien au point de vue théorique, doctrinal que patrique".

Tout en indiquant la nécessité de rester prudent et, en même temps, de prendre des risques, il reconnaît la sincérité du pape Benoît XVI dans sa volonté de restauration de la tradition liturgique. Il n'y a aucun piège selon lui.
 

24 novembre 2007





Une journaliste de l'Ohio démontre que le groupe stable soi-disant requis par Summorum Pontificum n'existe pas
24 novembre 2007 - Daniel Hamiche - americatho
Samedi 24 novembre 2007 Une journaliste de l'Ohio démontre que le groupe stable soi-disant requis par Summorum Pontificum n'existe pas
Quand on s’intéresse et au catholicisme aux États-Unis et à la « forme extraordinaire » du rite romain, les sites américains qu’il ne faut pas manquer de visiter ne manquent pas… Ce qui manque, ordinairement, c’est le temps de les “éplucher” systématiquement. Il y en a plusieurs que je conserve dans les “favoris” dont celui – que je vous recommande – du P. John Zuhlsdorf (www.wdtprs.com/blog).
Dans son blogue d’aujourd’hui, le P. Zuhlsdorf donne un coup de chapeau – ou plutôt soulève sa barrette, comme il l’écrit souvent avec humour – a un article paru ce jour dans le quotidien Akron Beacon Journal de l’Ohio. Cet article de Colette M. Jenkins a pour titre « Church resumes regular Masses in Latin » (L’Église reprend la célébration régulière des Messes en latin [c’est-à-dire dans la forme extraordinaire]), et raconte ce qui se passe en matière de liturgie traditionnelle dans la paroisse de St. Mary à Akron.
On peut y lire le paragraphe suivant qui vaut à la journaliste un triple « WOW » (en capitales sur son blogue) du P. Zuhlsdorf. Le voici d’abord en langue anglaise :
« Pope Benedict's directive, released July 7 in a four-page apostolic letter titled “Summorum Pontificum,” states that the Tridentine Mass of 1962 is to be made available in parishes where “a group of faithful attached to the previous liturgical tradition exists stably.” ».
La traduction à présent :
« L’instruction du Pape Benoît [XVI], publié le 7 juillet dans une lettre apostolique de quatre pages intitulée “Summorum Pontificum”, stipule que la Messe tridentine de 1962 doit être rendue disponible dans les paroisses où « un groupe de fidèle attaché à la tradition liturgique antérieure existe de manière stable ». Commentaire du P. Zuhlsdorf : « WOW WOW WOW ! Ce reporter a emporté du travail à la maison ! Remarquez qu’il n’est pas parlé de “groupe stable” ? Bien vu ! ».
Le P. Zuhlsdorf a bien raison de souligner de nouveau ce point de grande importance, et voici pourquoi.
Si l’on reprend le texte original en latin de Summorum Pontificum, le seul qui soit officiel et qui n’a d’ailleurs fait l’objet d’aucune traduction en aucune langue vernaculaire sur le site du Saint-Siège, on lit à l’article 5 § 1 du motu proprio : « In paroeciis, ubi coetus fidelium traditioni liturgicae antecedenti adhaerentium continenter exsistit, (…) ». Or la traduction “reçue”, celle qui fut diffusée par la Conférence épiscopale lors de la conférence du presse du cardinal Ricard le 7 juillet, écrit : « Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, (…) ». Cette traduction est fautive. Je l’ai démontré dans mon article « Un groupe “stable” de fidèles ? » paru dans le dossier consacré à Summorum Pontificum dans L’Homme Nouveau (n° 1403, daté du 1er septembre 2007). Le « groupe stable », ressassé par tous les évêques, tous les commentateurs, tous les journaux est une pure invention et n’existe pas dans le texte : l’adverbe « continenter » ne pouvant évidemment se rapporter qu’au verbe conjugué « existit » et en aucune façon au substantif « coetus ». La bonne traduction pourrait donc être : « Dans les paroisses où existe, de façon stable, un groupe de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, (…) », ce qui est, grosso modo, l’interprétation que donne cette journaliste inconnue d’Akron, plus fidèle à l’original latin que nos évêques qui semblent avoir perdu le leur…
 




A propos du “Motu proprio” Summorum Pontificum - Quelques questions à Mgr Fellay
24 novembre 2007 - Présent - FC
A propos du “Motu proprio” Summorum Pontificum
Quelques questions à Mgr Fellay
— Où en est le Motu proprio depuis le 14 septembre ?
— Les échos que j’en ai pour l’instant sont plutôt négatifs, certains évêques cherchant manifestement à en limiter l’application. Il y a là une certaine ironie, dans la mesure où ils agissent un peu comme si le Motu proprio créait un désordre parce qu’il n’y a plus désormais besoin de leur demander la permission de célébrer les sacrements selon le rite traditionnel. Il y a là une opposition objective avec la magnanimité dont le Pape a voulu faire preuve.
— Ce Motu proprio n’en demeure pas moins, selon vous, positif ?
— Effectivement, la cause de notre joie réside dans l’affirmation selon laquelle la messe de saint Pie V n’a jamais été abrogée. Ce qui comporte une foule d’implications. A commencer par le fait que, puisqu’elle a continué d’exister, elle a toujours été la loi universelle de l’Eglise. La réforme conciliaire n’a donc pas été capable de remplacer l’ancienne messe, même si, d’une certaine façon, elle a été mise au ban.
— Cela signifie-t-il donc que la crise est terminée ?
— Pas du tout ! Nous avons désormais la mission d’aider à réintroduire ce rite. Nombre de prêtres nous demandent de leur apprendre à la célébrer. Et leurs témoignages peuvent se résumer par ce propos d’un prélat romain : « Le prêtre ne peut pas trouver son identité dans la nouvelle messe. » Il y faudra, bien sûr, beaucoup de temps.
— N’y a-t-il pas un paradoxe d’affirmer, avec le ton d’une connivence affectueuse pour le Pape, que ce Motu proprio constitue un indéniable pas en avant, et que vous attendez beaucoup dans la suite, et de dire, dans le même temps, que cela sera long – sans doute sur plusieurs générations ?
— Non ! parce que, dans toute médaille, il y a deux faces. D’une part, la possibilité de remèdes pratiques immédiats ; de l’autre, la paix de l’Eglise par la résolution de la crise à sa racine qui est doctrinale. La situation présente est très contrastée. Pour que ce soit complet, il faut envisager les deux faces.
Mais, selon l’interlocuteur, vous semblez présenter plutôt un aspect ou un autre…
— Il s’agit de voir où se trouve l’interlocuteur, de l’atteindre là où il est. Vis-à-vis de nos fidèles, j’essaye de donner la ligne juste, de corriger les erreurs. Mon souci, est de leur donner, et de leur faire garder, l’esprit catholique. C’est-à-dire un attachement sans faille à la foi, et, à un autre niveau, l’attachement à l’Eglise.
— Mais vous avez affirmé, devant certains journalistes, attendre « beaucoup plus » du mouvement donné par le Pape depuis le Motu proprio.
— Lorsque je dis cela, j’envisage la possibilité, relativement prochaine, de trouver des remèdes pratiques. Mais, quand je dis aux fidèles qu’il y faudra sans doute plusieurs générations, je veux parler de la paix retrouvée dans l’Eglise par la solution de la crise doctrinale. Si on veut combiner les deux points, les deux faces de la médaille, cela signifie que les remèdes pratiques arriveront bien avant la fin de la crise.
Mais, même pour ce premier point, il faudra que les conditions nécessaires soient réunies. Il y a, bien sûr, la messe, telle que nous venons de la retrouver dans le Motu proprio. Le retrait du décret d’excommunication, qui ne semble guère poser de problème. Mais, tout d’abord, que l’on arrête de nous faire avaler du poison, en ce qui concerne la foi, le dogme. C’est toujours la première, la principale condition.
Propos recueillis par Olivier Figueras

Article extrait du n° 6471 de Présent, du Samedi 24 novembre 2007
 

23 novembre 2007





La lame de fond du Motu Proprio
23 novembre 2007 - par Chouan - leforumcatholique.org
Il semble que, du fait des rigidités épiscopales françaises (entre autres) , nous n'ayons pas suffisamment pris conscience, à sa juste mesure, de l'événement colossal qu'est le MP à l'échelle de l'Eglise et de son histoire. La Croix et Le Monde nous expliquent doctement que la montagne a accouché d'une souris et que les demandes de "groupes stables" sont peu nombreuses. Outre que cela est faux, c'est prendre le problème à l'envers ! Comme le dit justement l'abbé de Tanoüarn, en matière de liturgie c'est l'offre qui créé la demande.
La nouveauté radicale du MP, c'est la relégitimation de la messe tridentine et le droit accordé à chaque prêtre catholique de pouvoir la dire... Et là nous ne sommes qu'au début d'un gigantesque processus qui ne fait que commencer. Mgr Fellay a déclaré récemment que c'est plus de 5000 prêtres dans le monde qui ont commandé le DVD d'apprentissage de la messe tridentine. Et ce n'est qu'un début... Que vont faire les prêtres diocésains qui vont apprendre la messe tridentine ? Vont-ils devenir biritualistes ? Vont-ils cesser de dire le NOM ? Vont-ils s'intéresser de plus près à la critique de Gaudium et Spes et de Dignitatis Humanae ? Dieu seul le sait... En tout cas,les réactions de crispation des évêques sont plutôt un bon signe : c'est qu'une mutation importante est en cours et que la lame de fond / le tsunami pourrait être moins spectaculaire mais plus radical que certains ne l'ont prédit. Les communautés tradies sont déjà assez largement pourvues... Les pratiquants du NOM sont contents (sinon ils feraient comme les autres, ils ne pratiqueraient pas/plus). Finalement n'est-ce pas aux millions d'incroyants qu'est destiné le Motu Proprio ?
 

21 novembre 2007





Renaissance d’une confrérie de Pénitents noirs à Toulon
21 novembre 2007 - diocese-frejus-toulon.com
Renaissance d’une confrérie de Pénitents noirs à Toulon
21 novembre 2007 - Françoise Girard
Dimanche 11 novembre, à la cathédrale de Toulon, sous la présidence de Mgr Dominique Rey, a eu lieu la prise d’habit définitive de la confrérie des Pénitents noirs, dite aussi de la Miséricorde. Il s’agit d’une association catholique de laïcs visant à la sanctification de ses membres, exerçant un service liturgique paroissial (processions, présence lors des manifestations importantes) et menant une action caritative spécifique. Les confréries de France se rassemblent au sein d’une Maintenance qui se réunit chaque année.
Notre évêque a expliqué que les Pénitents noirs étaient autrefois présents à Toulon, mais avaient disparu à la Révolution. Ceux d’aujourd’hui, tentant de vivre d’une charité réciproque, prient pour les pécheurs dans une démarche pénitentielle et se donnent pour mission de visiter les malades. Ils ont également une originalité liturgique : à la fois rattachés à la cathédrale Notre-Dame de la Seds et à la paroisse personnelle Saint-François de Paule, les confrères suivent les deux formes du rite romain dont parle le récent motu proprio du pape Benoît XVI, Summorum Pontificum : la forme ordinaire (messe en français selon le missel de 1969) et la forme extraordinaire (messe en latin d’après le missel de 1962). Ils ont déjà participé à plusieurs grands événements de la vie diocésaine.
Au cours de la cérémonie, six hommes, qui avaient pris l’habit en 2006, se sont définitivement engagés dans la confrérie tandis que deux autres les ont rejoints pour un an. Evoquant l’exemple récent d’un paysan cambodgien qui, après avoir fait 3 heures de vélo tous les samedis pour se rendre au catéchisme pour adultes et avoir reçu le baptême, a évangélisé tout son village, le recteur Alain Vignal a souligné que Dieu appelait toujours, même les laïcs, pour travailler à la nouvelle évangélisation voulue par Jean-Paul II.

Qu’est-ce qu’une confrérie de pénitents ? (source: wikipedia)
"L’origine de ces confréries est discutée : pour les uns, elles seraient nées en Italie au XII° siècle (en 1267 saint Bonaventure crée, à Rome, un statut pour les laïcs agissant selon les règles de l’Amour du Christ : c’est la première Confrérie du Gonfalon dont l’objet est l’amour du Christ et la proclamation de la foi catholique) ; pour les autres, les premiers pénitents virent le jour en 1221 : François d’Assise a en effet fondé le Tiers Ordre de pénitence.
Le nom de "pénitent" apparait dans les livres à la fin du Moyen-Âge. Les pénitents italiens se chargeaient de protéger les condamnés à mort en leur enfilant une cagoule, pour qu’ils ne soient pas lynchés par la foule. Ils priaient pour leur âme, avec le pouvoir d’accorder la grâce à l’un d’eux chaque année.
Aujourd’hui, dans le Sud de la France, chaque confrérie de pénitents se différencie par la couleur de son habit :
  • gris à Aix-en-Provence,
  • blanc à Aigues-Mortes,
  • rouge en Corse,
  • bleu à Montpellier,
  • noir à Perpignan,
  • blanc, noir, rouge et bleu à Nice.
La cagoule en popeline cousue à la robe, est appelée "caparuxte" et masque le visage pour assurer l’égalité des Frères.
Certaines confréries de pénitents ont disparu et sont parfois réapparues à l’époque récente : c’est le cas de la confrérie des pénitents noirs de Toulon en 2006.
Les confréries de pénitents se réunissent chaque année au cours d’une maintenance (en mai 2007, ce fut à Corte)."

Confrérie des Pénitents noirs de Toulon
Alain Vignal
Tél. 09 54 36 24 83
Courriel
 




Amiens : les « catholiques SDF » réclament un toit pour la Messe
21 novembre 2007 - leforumcatholique.org
Amiens : les « catholiques SDF » réclament un toit pour la Messe Dimanche matin, parvis de la cathédrale ; temps glacial. Des centaines de catholiques assistent, pourtant, pieusement, à la deuxième messe dominicale tridentine célébrée « dehors » à Amiens depuis que la Fraternité Saint-Pie X a dû quitter la chapelle du Bon Pasteur, qui l’accueillait depuis plusieurs années. Pour eux, il n’y a pas de toit, alors même que de nombreuses églises de la ville sont aujourd’hui vacantes, désaffectées, abandonnées.
Que demandent ces fidèles ? Un lieu de culte, tout simplement. Cela faisait déjà six mois qu’ils le réclamaient, depuis que la décision de résilier le bail du Bon Pasteur en vue de la vente de la chapelle avait été notifiée par le conseil général qui venait d’en prendre la responsabilité. Six mois que les responsables de la Fraternité Saint-Pie X avaient pris contact, respectueusement, avec l’évêque d’Amiens, pour trouver un lieu où célébrer la messe traditionnelle. Mgr Bouilleret leur a adressé une nouvelle fin de non-recevoir le 14 novembre dernier, alors qu’une première messe avait déjà dû être célébrée dehors, sur le parvis de l’église Saint-Germain, dans la pluie et le froid.
Le 11 novembre, plus de 700 personnes – pas toutes « fidèles » de la Fraternité Saint Pie X ! – avaient assisté à cette première messe des rejetés. Mgr Bouilleret a fait savoir par lettre que, s’il n’est pas par principe opposé à la célébration d’une messe selon la « forme extraordinaire » dans sa ville, ce sera seulement par des « prêtres diocésains ».
Et c’est ainsi qu’en France, les restrictions au Motu proprio Summorum Pontificum vont bon train…
La question se pose certes de savoir si, dans le cadre de ce Motu propio, on peut espérer des règlements locaux en faveur de la Fraternité Saint-Pie X : n’est-ce pas trop demander ?
A cela, plusieurs réponses. Le combat pour la Messe a été justifié a posteriori par la confirmation qu’elle ne pouvait être interdite. En d’autres lieux – comme à Lourdes lors du pèlerinage du Christ-Roi, début novembre – un accueil charitable, fraternel, catholique commence à être offert aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X : à Lourdes, c’est même l’un d’entre eux qui a été officiellement invité à célébrer selon la « forme extraordinaire » dans la crypte de la Basilique pour un groupe de fidèles qui se trouvaient sans prêtre.
Et il y eut, à Amiens, la réaction de fidèles du diocèse qui, pendant que les traditionalistes gelaient dehors, sans toit, assistaient à une messe à l’intérieur de la cathédrale. Interpellant le vicaire qui prêchait sur la nécessité de « l’ouverture aux autres religions » et à son affection pour la célébration « face au peuple » parce que « le respect de l’homme, c’est ça que Dieu veut », des laïcs ont dénoncé le manque d’amour fraternel qui conduit à laisser des prêtres et des familles dehors, dans le froid… « Il y a de la charité pour les protestants, les musulmans, mais pas pour les chrétiens traditionalistes ! », lançait une paroissienne.
Il semblerait que la mobilisation des catholiques attachés à la messe tridentine porte des fruits, puisqu’il serait question de pourparlers en vue de leur accorder l’hospitalité de l’église Saint-Rémi, rue des Cordeliers : rumeur non confirmée. Ce qui est sûr, c’est que la presse locale ne les considère point avec malveillance. Le Courrier Picard, par la voix de son correspondant Jacques Goffinon, insistait longuement sur la jeunesse de l’assistance et le nombre d’enfants présents lors des messes des « catholiques SDF » ; et d’observer : « Chants grégoriens et messe en latin, avouons-le, ça en jette un maximum ! »
Prochain rendez-vous : devant la cathédrale d’Amiens, dimanche 25 novembre à 10 heures.
JEANNE SMITS

Article extrait du n° 6468 de Présent, du Mercredi 21 novembre 2007, p.2
 




Agatha Christie avec Jean Madiran
21 novembre 2007 - Joël Prieur - Minute
Agatha Christie avec Jean Madiran Jean Madiran,le fondateur du quotidien « Présent », revient sur ce qui sera sans doute le combat le plus marquant de sa vie, le combat pour la défense du rite traditionnel de la messe. Il nous propose aujourd’hui une Histoire de la messe interdite,qui fourmille d’anecdotes significatives et dénote une hauteur de vue qui ne se dément pas tout au long de sa longue bataille pour le retour de la messe en latin dans les églises.
Simple problème cultuel ? Affaire interne à l’Eglise ? Non, l’abandon de la messe marque l’ouverture d’une véritable crise de civilisation. Dès le mois de janvier 1970, dans la revue « Itinéraires », Jean Madiran écrivait ceci : « Qu’on n’imagine pas que l’on pourra aisément faire l’aller et retour d’une messe à l’autre. Ce qui est interrompu sera perdu pour longtemps. […] Ceux qui ont la possibilité de maintenir, fût-ce à l’écart, en petits groupes, en catacombes ou en ermitages, la liturgie romaine et le chant grégorien, en tiennent le sort historique entre leurs mains. »
Le 6 juillet 1971, un groupe d’intellectuels de toutes religions publiait dans le « Times » de Londres un appel au Saint-Père, qui fait entendre la même musique : « Les signataires désirent attirer l’attention du Saint-Père sur l’effrayante responsabilité qu’il encourrait dans l’histoire de l’esprit humain, s’il refusait de permettre la survie de la messe traditionnelle, même si c’était côte à côte avec d’autres formes liturgiques. » Parmi les signataires : Agatha Christie, l’instigatrice de cet appel, puis Roger Caillois, Yehudi Menuhin, Graham Greene, Henri de Montherlant, Julien Green, etc.
Paul VI ne répondit ni à l’un ni aux autres. Silence. L’interdiction du rite immémorial dit de Saint Pie V s’effectue, comme tous les grands abus de droit du XXe siècle, comme les génocides, par simple voie administrative. Et tout le monde sait que l’administration, qu’elle soit ecclésiastique ou laïque, n’est guère loquace, lorsqu’on tente de lui demander ses raisons.
Jean Madiran montre comment, au gré des circulaires auto-justificatives, progresse l’interdiction de la messe latine, sans que cela soit même un sujet de discussion possible. On ne sait pas qui a pris la décision. Il y a deux circulaires anonymes de la Congrégation pour le culte divin, l’une le 11 juin 1970,l’autre le 14 juin 1971.Sans plus de précisions, la Documentation catholique, qui publie en français la seconde, intitulée Notification, annonce triomphalement en note : « En France, la célébration de la nouvelle liturgie est obligatoire depuis le 1er janvier 1970. » Le pape Paul VI ne se prononcera explicitement sur ce sujet que le 24 mai 1976, en annonçant la chose faite et la messe latine enterrée…
L’enquête autour de ce que l’on veut voir comme un cadavre est menée de main de maître et dans le moindre détail par Jean Madiran, qui, comme détective de l’horreur ecclésiastique, peut bien être comparé… à Hercule Poirot !
Joël Prieur

Jean Madiran, Histoire de la messe interdite,
éd. Via romana, 122 pp., 19,50 euros port  compris. Sur commande à : Minute, 15 rue d’Estrées, 75007 Paris.
 

20 novembre 2007





L'étrange attitude des Guides et Scouts d'Europe
20 novembre 2007 - La Lettre de Paix Liturgique n°71 - contact@paixliturgique.com
L'étrange attitude des Guides et Scouts d'Europe
L’affaire éclate à Toulon lorsque l’abbé Fabrice Loiseau, curé de Saint-François-de-Paule, paroisse personnelle pratiquant la messe du Bx Jean XXIII, demande début septembre aux Scouts d’Europe la création d’une meute. Après un accord donné par le commissaire de district suivi d’un refus du commissaire général Jean-Michel Permingeat, le conseil d’administration de l’AGSE (Association des Guides et Scouts d’Europe) publiait le 9 octobre une « mise à jour » imposant exclusivement la forme ordinaire du rite romain et précisant que les unités du mouvement devaient être accompagnées par des conseillers religieux (aumôniers) célébrant habituellement selon cette forme :
« L’AGSE confirme son choix d'utiliser dans les activités scoutes le missel de Paul VI, qui constitue la forme liturgique ordinaire de la messe et nous pensons qu'il n'est pas de la mission du mouvement de faire découvrir aux enfants et aux jeunes la forme particulière du missel. [...] C'est pourquoi,
  • Les unités du mouvement doivent être accompagnées par des Conseillers Religieux qui célèbrent habituellement selon la forme ordinaire du missel.
  • La forme ordinaire du missel sera choisie pour toutes les activités scoutes et guides dans le cadre du mouvement.
  • La création d'un nouveau groupe se fait autour de la pédagogie scoute et non d'une spécificité liturgique (forme extraordinaire du missel). »
L'abbé Loiseau a aussitôt réagit en publiant une lettre ouverte dans laquelle il s'avoue "blessé" par cette décision :
« Bien que le Motu Proprio Summorum Pontificum soit beaucoup plus fort en droit que le Motu Proprio Ecclesia Dei, les Scouts d'Europe deviennent plus durs qu'en 1988 et interdisent toute création d'unité avec la forme extraordinaire du rit, même à la demande d'un évêque. Il faut noter que le Motu Proprio s’adresse d’abord aux prêtres et aux fidèles (articles 1, 2 et 4) avant de parler des paroisses (article 5). Ainsi une association publique de fidèles concernée par cette réalité ne peut s’exclure de son champ d’application. [...]
De plus, j’attire votre attention sur le fait que des prêtres qui célèbrent ordinairement dans leur apostolat la forme extraordinaire du rit, même en célébrant la messe de Paul VI dans le cadre des activités scoutes, n’ont plus le droit d’être conseillers spirituels Scout d’Europe, ce qui est un abus de pouvoir et une remise en cause de la liberté de chaque prêtre et des évêques.
Cette attitude est contraire aux orientations de l'Eglise Catholique et révèle un esprit de fermeture. »
D'autre part, des conseillers religieux de la Fédération des Scouts d'Europe estiment que, d'un point de vue canonique :
« 1-Le Conseil d'administration n'est pas une entité canonique compétente. Il prend ici des dispositions légales concernant le droit interne de l'Eglise sans en avoir le pouvoir. [...]
2-[...] cette célébration en dehors du cadre paroissiale est canoniquement assimilée à une célébration privée (ou quasi privée). Ce cas est explicitement prévu par le Motu Proprio Summorum Pontificum à l'article 4. [...] En conséquence, aucune autorité ne peut interdire à un Conseiller Religieux de célébrer selon la forme extraordinaire du rite romain à la demande d'une unité.
3-Une unité qui assiste ponctuellement à la célébration publique de la messe dans un lieu où est utilisée la forme extraordinaire du rite romain, fait usage d'un droit que nul ne peut lui retirer d'assister à la célébration licite du culte. Une telle interdiction, en plus d'être nulle canoniquement, serait en contradiction avec le droit inaliénable à la liberté religieuse. (Concile Vatican II, Déclaration Dignitatis Humanae §2 et 4)
En conséquence, il faut considérer cette déclaration comme n'ayant aucune valeur canonique. »
Suite à la lettre ouverte de l'abbé Loiseau, Jean-Michel Permingeat, commissaire général de la Fédération des Scouts d'Europe a répondu, en écrivant notamment que :
« Nous ne pouvons laisser des groupes de parents, de chefs ou de jeunes, choisir à leur gré de célébrer selon la forme extraordinaire du missel au cours des activités, au risque d’entraîner des divisions ou des tensions internes dans les groupes. La première mission des responsables du mouvement est d’assurer son unité et sa paix ».
Formulation pour le moins étrange, car Benoît XVI affirme au contraire publier son Motu Proprio pour que cessent les divisions au sein de l'Eglise :
« J'en arrive ainsi à la raison positive qui est le motif qui me fait actualiser par ce Motu Proprio celui de 1988. Il s'agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l'Eglise. »
Pour l'abbé Loiseau, cette réponse ne répond à aucune des objections sérieuses et il a finalement ouvert une meute sur sa paroisse, avec l'aide des Europa Scouts (http://europa-scouts.fr/intro/intro.php, association fondée par le fondateur de la FSE, Perig Géraud-Keroad, ancien président-exclu de la FSE…) tout en répondant :
« Monsieur Permingeat n'est pas dans l'esprit du Motu proprio ».
A l’intérieur des Scouts d’Europe, où les positions de l’état-major ne font pas l’unanimité (lors de la dernière assemblée générale, plus de 30% des votants ont refusé le rapport moral) la crise s’accentue. A tel point que les commissaires nationaux ont dû écrire à l’ensemble des commissaires. Dans cette lettre, ils avouent sans rougir :
« Nous prenons acte de ces réactions qui témoignent, pour certains d'une réelle souffrance de voir que le mouvement n'est pas en mesure de les accueillir avec la liberté qu'ils revendiquent. »
Ce qui ne les empêche pas de voir dans les réactions suscitées par leur position, une justification a posteriori de leur ligne !
Le forum de la Fédération des Scouts d'Europe, fermé pendant un temps sur ce sujet, a du rouvrir au vu des nombreuses réactions tant internes qu’externes. Le fil sur ce sujet est le plus long dans l’histoire de ce forum, preuve parmi d’autres que cette mise au point a heurté un grand nombre d’adhérents, qui ne comprennent pas cette hostilité.
L’Association des Guides et Scouts d'Europe affirme avoir le soutien de Mgr Benoît Rivière, président du conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes. Sa position s’inscrit sans doute dans le processus de reconnaissance par l’épiscopat français. Elle peut être aussi interprétée comme un contre-feu opposé par une partie des évêques français hostiles au Motu proprio. Et Philippe Maxence, spécialiste du scoutisme (auteur de la biographie de référence sur Baden Powell), révèle dans L’Homme Nouveau (n°1407) que l’AGSE se rapprocherait des Scouts unitaires de France et des Guides et Scouts de France en vue de créer une fédération du scoutisme catholique :
« Selon la confidence d’un responsable, ces derniers auraient indiqué que le Motu proprio était un non-évènement. Est-ce un tel avis qui a influencé les Guides et Scouts d’Europe ?
On comprend leur volonté de participer à l’unité du scoutisme en France, comme le leur a d’ailleurs demandé le Saint-Père le 25 juin dernier. Pour autant, ce but, noble en lui-même, reste subordonné à l’unité dans l’Église.»
Deux évêques ont exprimé leur vigoureuse désapprobation de la position de la Fédération des Scouts d'Europe et l’un d’entre eux envisagerait même de porter le dossier à Rome.
Dans Famille chrétienne, Marie Hélène Morel (commissaire générale branche guide) justifie ainsi l'attitude de la Fédération Française des Scouts d'Europe :
"Nous bénéficions d'une autonomie statutaire, qui nous permet d'édicter des règles particulières, ce qui ne veut pas dire que nous ne reconnaissons pas la légitimité de l'ancien missel. Seulement, la pratique liturgique de notre mouvement se fait selon le rite de celui de Paul VI".
Alors que le Motu Proprio parle d'un seul "rite", sous deux "formes". Mgr Centène, évêque de Vannes, lui répond (toujours dans Famille Chrétienne) :
"Le texte publié par l'association française des Guides et Scouts d'Europe est maladroit. C'est un abus de droit, parce qu'une norme particulière ne peut pas restreindre les facultés accordées par une norme générale".
S’aggravent également les tensions entre l’Association des Guide et Scouts d'Europe et l’Union internationale des Guides et Scouts d’Europe (UIGSE), plus souple en matière de liturgie. Par exemple, lors de l’Euro-Moot, rassemblement cet été de la branche aînée du mouvement, venue de tous les pays appartenant à l’Union internationale, une messe en rite gréco-catholique était prévue. L’un des buts des organisateurs était de montrer que l’Église en Europe respire avec deux poumons, selon la belle expression de Jean-Paul II. Cette messe grécocatholique devait illustrer le poumon oriental avant qu’une autre grand-messe, en rite latin, selon la forme ordinaire, incarne la même chose pour le poumon occidental. Toutes les associations nationales des Guides et Scouts d’Europe assistèrent à cette messe gréco-catholique sauf les Français. La raison qui aurait été invoquée : en permettant d’assister à cette messe, les responsables auraient donné acte à la pluralité liturgique et auraient offert ainsi un argument en faveur des groupes désireux de bénéficier de la forme extraordinaire du rite latin, pourtant autorisée par le Pape.
Dans son éditorial du mois de novembre, l’abbé Loiseau conclu ainsi l’affaire :
« Les évènements récents au sein de la Fédération des Scouts d'Europe illustrent de manière significative le manque de fidélité au Magistère de l'Eglise. Encore une fois, le souci de communion et d'unité ne peuvent se résumer à une simple absence de tension, mais plutôt à une conversion permanente pour vivre l'unité de la foi, de gouvernement et de sanctification. On ne peut mettre en avant la communion pour rejeter la Tradition, ni invoquer cette Tradition pour rejeter l'autorité de l'Eglise. Les nouvelles dispositions de la F.S.E visant à interdire toute célébration du missel du bienheureux Jean XXIII en dehors des groupes des Yvelines apparaissent comme une provocation et une rupture au moment où le Pape demande à toute l'Eglise une ouverture sur cette question.
L'enjeu est important. La Mission, la Nouvelle Évangélisation ne seront possibles que dans la fidélité au Saint-Père et dans l'accueil des différents charismes dans l'Eglise. La force des saints a toujours été de ne faire qu'un avec l'Eglise. Que cette fête de la Toussaint puisse nous faire grandir dans l'amour de l'Eglise. »

► Pour éclairer ce débat, les textes de référence
Mise à jour de la FSE du 9 octobre 2007 :
http://saintfrancoisdepaule.fr/Lettre%20officielle%20scouts.pdf
Lettre ouverte de l'abbé Loiseau :
http://saintfrancoisdepaule.fr/Lettrescouts.htm
Réponse de JM Permingeat, commissaire national FSE :
http://saintfrancoisdepaule.fr/permingeat.htm
Commentaires de CR à la position de la FSE :
http://saintfrancoisdepaule.fr/lettrecr.htm
Réponse de l’abbé Loiseau à JM Permingeat :
http://saintfrancoisdepaule.fr/reponsescout.htm
L'éditorial de P. Maxence dans l'Homme Nouveau :
http://docs.leforumcatholique.org/src/pdf/FSE-HN.pdf
Blog de Scouts d’Europe favorables au MP :
http://manifestonsnous.over-blog.com/

►  Voici une liste de mouvements scouts catholiques attachés à la forme extraordinaire du rite latin :
VIIe Paris :
52 rue de Bourgogne 75007 Paris
http://7eparis.blogspot.com/
Scouts de Riaumont :
Village d'Enfants de Riaumont
BP 28
62801 Liévin Cedex
http://www.riaumont.net/
Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Eglise.

Groupe « FIDES SAINT MAUR » à Saint-Maur des fossés (Val-de-Marne)
Déjà plus de 200 personnes se sont réunies à Saint-Maur des Fossés dans le Val-de-Marne (Diocèse de Créteil) pour demander la célébration de la forme extraordinaire du rite latin. Que ceux qui veulent s’associer à cette demande ou organiser leur propre groupe dans ce diocèse s’adresse à eux :
Par courriel fidessaintmaur@free.fr  ou par téléphone 06 37 88 87 81.
Pour en savoir Plus http://www.fidessaintmaur.com

Le 22 novembre, conférence débat à Paris au sujet du Motu proprio
Les fidèles de Paris viendront nombreux pour participer à cette intéressante conférence d’un professeur de l’Institut Catholique de Paris sur un sujet qui nous tient particulièrement à coeur :
► L’Eglise après Vatican II et le motu proprio Summorum Pontificum sur la liturgie.
Le Père Laurent Villemin présente ici la conférence qu’il donnera à Notre-Dame des Champs le jeudi 22 novembre à 20 h 30 au « 92bis ». [92 bis bd du Montparnasse - 75014 Paris - (en face de l''église), au fond de la cour]
Le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI a rendu public un Motu Proprio sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. Différents médias ont donné échos à ce texte, se limitant bien souvent à s’interroger s’il s’agissait d’un pur et simple retour en arrière et s’il fallait être pour ou contre. Lors de la soirée du 22 novembre 2007, nous tenterons de prendre du recul par rapport aux conséquences pour l’Eglise du texte pontifical sur la liturgie. Acceptant avec obéissance le Motu Proprio, nous regarderons d’abord son contenu en nous efforçant de comprendre de ce qu’est un rite liturgique, la différence entre la forme ordinaire et la forme extraordinaire. Nous serons alors amener à préciser le lien entre la liturgie et la foi, entre ce que la tradition appelle la lex orandi et la lex credendi. Nous pourrons ainsi mesurer la portée de ce texte dans la réception du concile Vatican II et dans le grand mouvement de la vie de l’Eglise.
Dans un deuxième temps, nous verrons comment ce texte interroge notre manière même de comprendre l’Eglise et la vie ecclésiale. Il force à revenir à des fondamentaux : le lien entre la célébration de l’eucharistie et l’Eglise, la communion des Eglises locales dans l’Eglise universelle. Dans ce cadre, c’est la figure de l’évêque diocésain qu’il faut alors mieux saisir, non pas pour une meilleure organisation mais pour revenir à la fraîcheur apostolique de Evangile.
Se pose alors la question de la nature de l’unité de l’Eglise. Dans la mesure où le Motu Proprio s’inscrit dans une volonté d’unité interne de l’Eglise catholique, à quelles conditions cette unité peut-elle devenir véritable ? Ne nous éloigne-t-elle pas du même coup d’une unité avec nos frères chrétiens séparés avec lesquels nous dialoguons dans le cadre de l’œcuménisme.
On l’aura compris ce texte de Benoît XVI est propice à la réflexion. Prenons en le temps et les moyens.
Laurent VILLEMIN
Professeur à l’Institut catholique de Paris

Un groupe stable pour une messe en semaine en rite extraordinaire à Poissy (Diocèse de Versailles)
Un groupe de fidèles désire assister, en semaine, au moins une fois par mois à une messe, célébrée selon la forme extraordinaire du rite latin dans la collégiale de Poissy... Cette demande, bien modeste, semble excessive à certains !
Que ceux qui souhaitent s''associer à cette sainte requête, famille ou salariés, se fassent connaître à vianney.lagarde@mpsa.com

Courrier des lecteurs
Votre lettre 70 m’a scandalisé ! Vous vous dîtes défenseurs de la « paix liturgique » et vous faîtes la promotion de la Fraternité Saint Pie X (schismatique, intégriste et excommuniée !!!) à Amiens. Faut il vous rappeler que les adeptes de Monseigneur Lefebvre ne sont pas catholiques car ils refusent l’autorité du Pape et le Concile Vatican II ? Ces gens là ne font pas partie de l’Eglise, ils n’ont donc rien à faire dans les églises diocésaines. Je trouve particulièrement malhonnête de présenter ces gens comme des victimes alors qu’ils passent leur temps à insulter l’évêque, mes confrères et tous les gens qui ne pensent pas comme eux. Ils n’ont que ce qu’ils méritent et au moins on peut espérer que faute de lieu de culte, ils disparaîtront. D’ici là qu’ils restent repliés sur eux-mêmes mais de grâce qu’ils ne viennent pas nous mêler à leurs affaires et qu’ils ne viennent pas nous dire quand ça les arrange qu’ils sont catholiques et que nous sommes de la même Eglise. Pour finir, je dirai que ces mélanges douteux vous discréditent vous qui vous dîtes respectueux du Pape et des évêques.
Père D. diocèse de Paris
Réponse de Paix Liturgique :
Mon Père,

A vous lire, le fait que des fidèles assistent à une messe célébrée par un prêtre de la FSSPX, le fait qu’un prêtre soit membre de la FSSPX en fait ipso facto des personnes avec qui on ne parle pas, des étrangers indésirables, des personnes infréquentables voire même des ennemis dont on souhaite la disparition… On dirait également que vous vous réjouissez du fait que les fidèles d’Amiens se retrouvent à la rue.

Ne voyons nous pas qu’il en va à Amiens de la crédibilité de l’Eglise et de son message universel d’Amour ? Comment voulez-vous que le monde croie si l’Eglise montre un visage de division, de jugement et d’exclusion ? Comment être crédible et nous dire respectueux de nos frères orthodoxes ou protestants quand nous ne sommes même pas capables de vivre de la charité entre catholiques ? « Voyez comme ils s’aiment » ne disait on pas au sujet des premiers chrétiens ?

De ce que nous avons pu lire, voir ou entendre, il apparaît qu’aucune insulte n’a été proférée par qui que ce soit dans l''affaire d’Amiens. Connaissez-vous vraiment les personnes dont vous parlez avec autant de certitudes ?

Nous ne nions pas qu’il existe des difficultés encore importantes dans les relations entre Rome et la FSSPX mais le Saint-Père lui-même ne souhaite-t-il pas la réconciliation ? Devons-nous par conséquent, chacun à notre place, être des facilitateurs de la réconciliation ou des diviseurs ?

Aider – même temporairement – la communauté traditionnelle d’Amiens en mettant à sa disposition une église, serait un geste pastoral fort de la part de l’évêque, un signe tangible de la charité d’un Père et personne n’y verrait un blanc-seing donné à la FSSPX. Des églises sont mises depuis longtemps à la disposition de nos frères protestants ou orthodoxes sans que cela ne pose de difficulté particulière (à moins que cela vous en pose au motif que, pour vous citer, "Ces gens là ne (faisant) pas partie de l’Eglise, ils n’(aient) donc rien à faire dans les églises diocésaines "). Pourquoi une charité à géométrie variable ?

Baissez les armes de la « guerre des rites », cette guerre n’a pas lieu d’être, le Saint-Père nous l’a rappelé, il n’y a qu’un seul rit romain sous deux formes.

Qui sommes-nous ?
► Ce que nous sommes
- Des catholiques romains attachés à leur Eglise.
- Des fidèles attachés au Saint-Père.
- Des diocésains qui respectent leurs évêques et qui attendent beaucoup d''eux comme des enfants de leur père.
- Des croyants soucieux de respecter l’enseignement de l’Eglise conformément aux définitions qui ont été renouvelées par le Catéchisme de l’Eglise catholique publié par Jean Paul II en 1992.
- Des chrétiens très nombreux qui désirent vivre leur foi catholique dans leur paroisse au rythme de la forme extraordinaire du rit latin de l''Eglise comme le pape Benoit XVI le propose dans son motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.
► Ce que nous désirons
- Une application « large et généreuse » des possibilités accordées par l''Eglise en faveur des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle.
- Il est nécessaire que ces lieux soient des églises où sera célébrée chaque dimanche et fête la liturgie traditionnelle selon le missel de 1962.
- L’enseignement de la foi catholique selon les schémas définis par le catéchisme de l’Eglise catholique publié par le Vatican en 1992.
- L’accès effectif pour tous aux sacrements de la Sainte Eglise selon le missel de 1962.
- La possibilité de développer dans la paix toutes les oeuvres chrétiennes nécessaires aux besoins des fidèles (scoutisme, patronage, chorale, Conférences Saint Vincent de Paul, Domus Christiani, récollections, pèlerinage...)
- Ces communautés en communion avec l’évêque doivent être dirigées par des prêtres bienveillants, soucieux de paix et de réconciliation.
► Pourquoi nous le désirons
- Les querelles dans l’Eglise doivent cesser.
- C’est notre sensibilité et le pape a demandé que cette sensibilité soit accueillie et respectée.
- Au moment où l’Eglise traverse en France une crise grave, il est urgent de mettre en oeuvre une réconciliation entre tous les fidèles.
- C’est par ce moyen et lui seul que se renoueront des liens de dialogue, de charité fraternelle et de respect et que cesseront les invectives.
- C’est surtout répondre au précepte évangélique d’agir en tout pour l’unité des catholiques malgré leurs différences et leurs diversités.

C’est ainsi que l’on pourra véritablement prétendre favoriser l’oecuménisme et entreprendre tous ensemble la nouvelle évangélisation réclamée par l''Eglise.
 

17 novembre 2007





Pour en sortir...
17 novembre 2007 - par Justin Petipeu - leforumcatholique.org
Il y a quelques mois, les évêques de France produisaient des communiqués où ils juraient la main sur le cœur qu’ils partageaient le souci d’unité du Saint-Père et qu’ils tendraient la main aux traditionalistes, y compris ceux de la FSSPX.
Depuis la parution du motu proprio, les évêques sont au pied du mur. A de très rares exceptions près, ils se sont employés à contourner la volonté du pape, à l’écarter, à la négliger voire à l’empêcher. Il serait trop long ici de montrer tour à tour les montagnes de mauvaise foi, les arguties mesquines et autres faux prétextes qui sont opposés tous les jours aux catholiques qui demandent une « messe selon la forme extraordinaire », surtout quand ceux-ci ont le malheur et la honte de se ranger du côté d’un institut traditionnel, qu’il soit ED ou non. Le dernier communiqué de Mgr Bouilleret en est un condensé tout à fait extraordinaire. Non seulement il rejette la FSSPX dans les ténèbres du schisme, contre l’avis des prélats romains et avec un ton digne des soviets brejnéviens, mais il ne distingue les Ecclesia Dei que pour mieux assurer qu’il n’aura jamais recours à eux…Trop de prêtres, sans doute, dans le diocèse d’Amiens…
Ennemond a donc raison de dire que le combat se situe au-delà des différences entre traditionalistes ; comme partout en France, au lieu de tendre la main, on empêche et on assomme. Ici on dépèce un ministère de la FSSP, là on frappe de suspens un prêtre d’un institut qui vient d’être créé par Rome (qui plus est un prêtre ordonné par un cardinal !!) et à Amiens, on rejette absolument le (petit) geste demandé par l’abbé Radier dans la charité. Bref, c’est la curée. Les évêques de France n’auront pas pu jouer leur mauvais rôle de gens tolérants et ouverts à l’égard de la Tradition bien longtemps.
Mais il y a des gestes d’encouragement qui compensent quelque peu la guerre ouverte livrée par l’Eglise de France aux dispositions romaines…La création de l’IBP ; les ordinations célébrées par le cal Hoyos ; les interviews successives de prélats romains où la bienveillance s’exprime vis-à-vis de la FSSPX ; la venue prochaine du cal Hoyos à Versailles ; le feu roulant des reproches très sévères de Mgr Ranjith aux évêques, jugés désobéissants…Tous ces encouragements sont romains.
Tout cela ne peut déboucher que sur du positif : il semble que Rome se rend compte qu’il est impossible de construire quoi que ce soit avec l’épiscopat français. Cette Eglise de France est restée échouée dans la vasière des années 70. Elle accompagne doucement la disparition progressive mais réelle du catholicisme en France. Elle est extraordinairement vieillie et usée ; ses fidèles sont relativistes en diable et une forte partie d’entre eux ne croient ni aux dogmes, ni au respect des positions de l’Eglise en matière de morale. Chaque nouveau sondage commandé par « La Croix » en est une preuve accablante. Plutôt que de réformer sa conduite et ses séminaires, elle est en train de mettre en place et même d’inventer une Eglise sans prêtres (cf : le rôle joué par Mgr Rouet.à la CEF).
IL EST TEMPS QUE ROME ACCORDE AUX CATHOLIQUES FRANÇAIS UNE ADMINISTRATION APOSTOLIQUE qui leur permette de s’affranchir des ordinaires pour pratiquer leur religion en communion avec le Souverain Pontife.
Il est inutile d’attendre des nominations nouvelles qui sont de toute façon verrouillées et vérolées ; il est inutile de plaider à Rome pour que le pape tape du poing sur la table : la vérité est qu’il n’est pas obéi en France. Il est inutile de continuer à maintenir entre nous la vieille fracture des sacres…elle est complètement artificielle et les évêques nous le prouvent : ils tapent indistinctement sur la FSSP ou sur la FSSPX. Ils ne veulent ni de celle-ci, ni de celle-là. La Tradition est un bloc. Etre en communion ou non avec le pape ne les intéresse pas ; leur seule raison d’être est d’être « anti-tradis ».
A Rome, on commence à s’en rendre compte. Il faut prier pour que le pape et ses conseillers les plus proches agissent en conséquence.
 




Place au scoutisme !
17 novembre 2007 - scouts-europe.org
Le mouvement des Guides et Scouts d’Europe est un mouvement catholique d’éducation par la méthode scoute. Il est reconnu comme mouvement éducatif par la conférence des évêques. En juillet 2007, le Pape Benoît XVI a publié un motu proprio qui établit des règles nouvelles de célébration selon l’ancien missel (« forme extraordinaire du missel »).
Le Saint Père explique qu’il existe une forme ordinaire (normale), selon le Missel de Paul VI, et une forme extraordinaire selon le Missel de Jean XXIII, qui sont les deux formes du Rite Romain.
L’AGSE, association privée de fidèles, ne constitue ni une paroisse, ni un institut de vie consacrée, ni une société de vie apostolique. Elle ne bénéficie pas en tant que telle de l’autorisation de célébrer selon le Missel de Jean XXIII.
Elle définit ses règles de fonctionnement interne, notamment en matière de pastorale et d’éducation de la foi, selon son projet éducatif, ses principes, ses textes fondamentaux, ceci en conformité avec le droit canon.
Depuis de nombreuses années, l’AGSE est heureuse d’accueillir dans les mêmes unités scoutes, des enfants et des jeunes de diverses sensibilités. Le scoutisme a pour mission d’apprendre aux enfants et aux jeunes à grandir et à vivre ensemble, au sein de communautés fraternelles.
C’est pourquoi, nous ne souhaitons pas mettre des enfants ou des jeunes à part, dans des unités dont la seule raison d’être serait une spécificité liturgique. Nous pouvons et nous voulons continuer d’accueillir les uns comme les autres, les uns avec les autres.
Ce choix de ne pas créer d’unités spécifiques, est le choix du mouvement.
Aucun mouvement, aucune association de fidèles, aucune congrégation ne peut et ne prétend faire vivre en elle toutes les diversités, toute la palette des charismes ou des options.
Personne ne peut les lui imposer.
C’est un choix clair, c’est un choix d’unité et de paix, c’est un choix de sagesse.
Comme le rappelle le Saint Père, la forme ordinaire constitue la forme commune de la messe. Elle convient au plus grand nombre de jeunes et de parents.
Les dispositions prises par le conseil d’administration du 6 octobre 2007 ne visent qu’à rappeler les règles nécessaires pour mettre en œuvre ces principes et préserver la paix et l’unité au sein de l’association :

• La création d’un nouveau groupe doit se faire autour de la pédagogie scoute et non d’une spécificité liturgique.

• Les prêtres qui accompagnent les unités du mouvement doivent célébrer habituellement selon la forme ordinaire du missel.

• La forme ordinaire du missel est choisie pour toutes les activités guides et scoutes dans le cadre du mouvement.
La situation des unités actuellement autorisées à célébrer selon la forme extraordinaire du missel sera prise en compte avec l’évêque du diocèse.
Ces dispositions ne font pas obstacle à la possibilité pour une unité d’assister dans des paroisses ou monastères, à titre exceptionnel, à une messe célébrée selon le missel de Jean XXIII, avec l’accord du chef de groupe et du conseiller religieux du groupe, ainsi que celui de toutes les familles de l’unité.
Ces dispositions ont été rédigées, après plusieurs mois de réflexion et de concertation.
Elles ont été prises en communion avec Mgr Rivière, agissant en tant que Président du conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes dans la Conférence des évêques de France.
La mise à jour est également conforme aux statuts de l’Association, elle a été votée par le conseil d’administration.
Le mouvement a la responsabilité d’effectuer les choix pédagogiques qu’il juge les plus adaptés. L’adhésion libre à une association entraîne l’acceptation de ses règles.
Au-delà de ces questions, le plus important, ce qui doit rassembler tous les Guides et Scouts d’Europe, est la volonté d’aider les jeunes grâce à la méthode scoute, à grandir, à découvrir le Christ, et à vivre selon son enseignement .
Le Saint Père dans sa lettre du 25 juin 2007 adressée aux trois mouvements du scoutisme catholique en France nous dit : « Je me réjouis que, depuis l’appel lancé en 1997 par mon prédécesseur à plus d’unité dans le scoutisme catholique, des collaborations puissent se réaliser, dans le respect des sensibilités de chaque mouvement, en vue d’une plus grande unité au sein de l’Église…. Je fais confiance aux différents mouvements, Scouts et Guides de France, Guides et Scouts d’Europe, Scouts Unitaires de France, afin de poursuivre la route, dans un soutien de plus en plus fort entre les mouvements, et de proposer aux garçons et aux filles d’aujourd’hui une pédagogie qui forme en eux une personnalité forte, fondée sur le Christ et désireuse de vivre les idéaux élevés de foi et de solidarité humaine. »
La réussite des rassemblements des aînés à la Toussaint témoigne de l’efficacité de l’action de notre mouvement et de sa fidélité à l’Eglise.
 




Monsieur Denis Crouan a une position très originale
17 novembre 2007 - par Renatus - leforumcatholique.org
M. Crouan est un des rares catholiques de France qui perçoivent cet aspect très inquiétant de notre pauvre "Eglise-qui-est-en-France".
Ce n'est pas seulement le missel de saint Pie V que les évêques français regardent de travers. C'est aussi le missel de Paul VI.
Je me souviens du violent reproche que m'a fait un jour mon propre évêque : "Je n'aime pas votre liturgie". A quoi j'ai répondu : "Monseigneur, la liturgie que je célèbre, c'est, à la virgule près, la liturgie de l'Eglise". Et il a encore rétorqué : "M. l'abbé, je vous rappelle que ce qui compte, dans le missel, ce n'est pas ce qui est imprimé en rouge mais ce qui est en noir." A quoi j'ai répondu : "Mgr, pour les paroles, je lis ce qui est en noir, mais pour les gestes, je fais ce qui est imprimé en rouge".
Bref, tout ça pour dire que si un prêtre célèbre la liturgie de Paul VI à la perfection avec une dose raisonnable de latin, les fidèles le dénoncent comme intégriste (ce fut mon cas) et il se fait admonester par son évêque.
Ce n'est pas le moindre des paradoxes.
Monsieur Crouan est un des rares à dénoncer ce genre de choses, et comme je sais qu'il navigue parfois sur le FC, j'en profite pour le remercier de mettre le doigt là où ça fait mal.
Et je me permets de conseiller à tous les liseurs intéressés par la liturgie de consulter le site de "Pro Liturgia" de Denis Crouan. Il est mis à jour quotidiennement et on y découvre la misère de notre Eglise de France, textes et photos à l'appui.
M. Crouan affirme - et je le crois volontiers - que son site est très regardé à Rome, notamment à la Congrégation pour le culte divin.
Renatus +
 




L'erreur d'un episcopat -
17 novembre 2007 - Denis Crouan - proliturgia
L'erreur de l'épiscopat français: avoir tout fait, depuis plus de 40 ans, pour apparaître comme le principal obstacle à l'application des directives magistérielles en général, et de Vatican II en particulier. Il y a eu l'ignorance de la Ratio fundamentalis dans les séminaires diocésains; il y a eu la publication de "Pierre Vivantes" - qui n'était pas un catéchisme - suivie par la parution de "parcours catéchétiques" qui, bien que défaillants, furent rendus obligatoires pour la catéchèse; il y a eu l'affaire du Missel "Ephata" qui a été l'occasion d'un différend entre la "clérocratie" française - dénoncée par Jean-Claude Didelot - et le Vatican; il y a eu les tracas - le mot est faible - faits à l'éditeur Téqui dont la fidélité aux enseignements du Magisère ne s'est jamais démentie (c'est là son tort!); il y a eu les connivences des évêques diocésains avec le socialo-communisme; il y a eu l'affaire du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) mouvement qui, officiellement soutenu par les évêques français, finançait les promoteurs de la théologie de la libération; il y a eu les critiques de certains pasteurs diocésains contre Jean-Paul II - critiques dénoncées par André Frossard et par François-Georges Dreyfus - et contre le Cardinal Ratzinger; il y a eu les grincements de dents à l'annonce de l'élection du Cardinal Ratzinger sur le siège de Pierre; il y a eu le silence orchestré autour du discours sur la liturgie prononcé par le Cardinal Arinze à l'Institut catholique de Paris en octobre 2006; il y a eu les levées de boucliers à l'annonde de la publication d'un Motu proprio sur la liturgie par le pape Benoît XVI; il y a toujours l'absence d'une édition française du missel romain actuel...
Bref, autant de faits qui, accumulés, laissent à penser qu'entre Rome et l'épiscopat français, quelque chose ne passe plus.
Or les fidèles catholiques de France ne veulent plus de ce corporatisme d'un épiscopat gallican; il ne veulent plus de cette "exception française" qui, en gangrénant depuis plus de 40 ans la catéchèse et la liturgie, vide les églises et les sémianires. Les fidèles catholiques de France ne se reconnaissent plus dans les slogans d'une pastorale mise en place par des clercs qui ont comme soviétisé les instances diocésaines après avoir réussi à se présenter abusivement comme les vrais du courant conciliaire, alors que leur vision de l'Eglise était faussée par les a-priori hérités des courants de la pensée soixante-huitarde.
Oui: aux yeux de beaucoup, l'épiscopat français apparaît bien aujourd'hui - à tort ou à raison - comme le premier obstacle à la réception des enseignements magistériels et à leur application. Non pas que ces enseignements soient refusés; mais ils sont sans cesse atténués, relativisés, édulcorés, réinterprétés dans un sens qui fait qu'entre les directives romaines et leurs applications "sur le terrain", apparaissent de multiples décalages quand ce ne sont pas carrément des contradictions. Et c'est ce qui fait que de plus en plus de fidèles se demandent, à l'instar de Mgr Gaidon (1), s'ils peuvent toujours se dire en pleine communion avec des évêques qui ont pris l'habitude de faire part de points de vue pastoraux souvent discordants dès qu'il ne devrait s'agir que d'appliquer sans arrières pensées les enseignements du Souverain Pontife (2).
Ce que les fidèles catholiques de France attendent aujourd'hui de leurs évêques, ce ne sont ni des négociations ni des tergiversations portant sur la façon d'appliquer tel ou tel document magistériel; ce qu'ils attendent, c'est la diffusion la plus large de tous les textes émanant du Siège apostolique et leur application immédiate sans le moindre faux-fuyant.
Cela concerne essentiellement la Constitution Sacrosanctum Concilium dont beaucoup attendent encore la mise en oeuvre, l'Exhortation Sacramentum Caritatis dont il y a beaucoup à espérer, et le Motu proprio Summorum pontificum dont l'application devrait être soumise davantage à la prudence pastorale qu'à cette actuelle réticence épiscopale qui sonne d'autant plus faux que la liturgie restaurée à la suite de Vatican II n'est elle-même pas respectée dans nos diocèses.

Notes.
(1) Voir son livre "Un évêque français entre crise et renouveau de l'Eglise", éd. de l'Emmanuel.
(2) Mgr Ranjith, Secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin, a expressément appelé les prêtres, les évêques et les cardinaux à l'obéissance aux directives du Souverain Pontife.
 

16 novembre 2007





Entretien de Mgr Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin sur le Motu Proprio Summorum Pontificum
16 novembre 2007 - Agence Fides - motuproprio.fr
Le 14 septembre 2007 est entré en vigueur le Motu Proprio « Summorum Pontificum » promulgué par le Pape Benoît XVI le 7 juillet 2007, et consacré au rite de Saint Pie V revu en 1962 par le Pape Jean XXIII. Le Motu Proprio (initiative promue de la part de celui qui en a la faculté) donne de nouveau la possibilité de célébrer la Messe avec le Missel Tridentin, sans devoir demander la permission de l’Evêque. Après le Concile Vatican II, la réforme liturgique de 1970 promue par Paul VI, l’ancien Missel avait été remplacé par le nouveau, et, même s’il n’était pas officiellement aboli, les prêtres et les fidèles, pour l’utiliser devaient avoir expressément la permission de l’Evêque. Cette permission était reconnue aussi dans un autre Motu Proprio, « Ecclesia Dei Adflicta, » signé par Jean Paul II le 2 juillet 1988. A présent, avec le nouveau Motu Proprio, cette permission n’est plus nécessaire et tout « groupe stable » de fidèles peut demander librement à son propre curé la célébration de la Messe selon l’ancien Missel. L’Agence Fides a posé des questions à ce sujet à S. Exc. Mgr Albert Malcolm Ranjith, Archevêque, Secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements.

Excellence, quel est votre avis sur la signification profonde du Motu Proprio « Summorum Pontificum » ?
Je vois dans cette décision non seulement la sollicitude du Saint-Père à ouvrir la voie du retour dans la pleine communion de l’Eglise aux fidèles de Monseigneur Lefebvre, mais aussi un signe pour l’Eglise tout entière sur certains aspects théologiques et disciplinaires à sauvegarder pour un renouveau profond, si désiré par le Concile.
Il me semble que le Pape désire fortement corriger ces tentations visibles dans certains milieux qui considèrent le Concile comme un moment de rupture avec le passé et d’un commencement nouveau. Il suffit de se rappeler son discours à la Curie Romaine, le 22 décembre 2005. D’ailleurs, le Concile n’a pas non plus pensé, en soi, dans ces termes. Dans ses choix doctrinaux et dans ses choix liturgiques, mais aussi dans les choix juridiques et pastoraux, le Concile a été un moment d’approfondissement et de mise à jour du riche héritage théologique et spirituel de l’Eglise dans son histoire bimillénaire. Avec le Motu Proprio, le Pape veut affirmer clairement que toute tentation de mépriser ces traditions vénérables est hors de question. Le message est clair : progrès, oui, mais pas au détriment de l’histoire ou sans elle. La réforme liturgique elle aussi doit être fidèle à tout ce qui s’est passé depuis le début jusqu’à nos jours, sans rien exclure.
D’autre part, nous ne devons jamais oublier que, pour l’Eglise catholique, la Révélation divine n’est pas quelque chose qui provient seulement de l’Ecriture Sainte, mais aussi de la Tradition vivante de l’Eglise. Cette foi nous distingue nettement d’autres manifestations chrétiennes. La vérité, pour nous, est ce qui ressort, pour ainsi dire, de ces deux pôles, c’est-à-dire Ecriture Sainte et Tradition. Cette position, pour moi, est beaucoup plus riche que d’autres visions, parce qu’elle respecte la liberté du Seigneur pour nous guider vers une compréhension plus adéquate de la vérité révélée, même pour ce qui se passera dans l’avenir. Naturellement, le processus de discernement sera fait par le Magistère de l’Eglise. Mais ce que nous devons retenir est l’importance attribuée à la Tradition. La Constitution Dogmatique Dei Verbum a affirmé cette vérité de manière claire (Dei Verbum, 10).
L’Eglise, en outre, est une réalité qui dépasse le niveau d’une pure invention humaine. Elle est le Corps mystique du Christ, la Jérusalem céleste et la Race élue de Dieu. C’est pourquoi elle dépasse les frontières terrestres et toute limite de temps, et elle est une réalité qui transcende de beaucoup sa manifestation terrestre et hiérarchique. C’est pourquoi, ce qui est reçu en elle, devra être transmis fidèlement. Nous ne sommes ni des inventeurs de la vérité, ni ses patrons, mais seulement ceux qui la reçoivent et ont la charge de la protéger et de la transmettre aux autres. Comme le déclarait saint Paul en parlant de l’Eucharistie : « J’ai reçu en effet du Seigneur ce que, à mon tour, je vous ai transmis » (1 Corinthiens 11, 23). Le respect de la Tradition n’est pas un choix libre de notre part dans la recherche de la vérité, mais la base qui doit être acceptée. Dans l’Eglise, la fidélité à la Tradition est donc une attitude essentielle de l’Eglise elle-même. Le Motu Proprio, à mon avis, doit être compris dans ce sens. Il est un élément en vue d’une nécessaire correction d’orientation. En effet, dans certains choix de la réforme liturgique réalisée après le Concile, on a adopté des orientations qui ont estompé certains aspects de la liturgie, qui se manifestaient mieux dans la pratique précédente, parce que, pour certains, le renouveau liturgique a été compris comme quelque chose à réaliser « ex novo ». Mais, nous savons bien que ce ne fut pas l’intention du document Sacrosanctum Concilium, qui déclarait : « les formes nouvelles, d’une certaine manière, naissent de manière organique de celles qui existent déjà » (S.C. 23).
Une caractéristique du Pontificat du Pape Benoît XVI semble être l’insistance sur une herméneutique correcte du Concile Vatican II. D’après vous, le Motu Proprio « Summorum Pontificum » va-t-il dans cette direction, et si oui, en quel sens ?
Quant il était cardinal, le pape, dans ses écrits, avait rejeté un certain esprit d’exubérance visible dans certains cercles théologiques poussés par un soi-disant « esprit du Concile », qui fut pour lui en réalité un « anti-esprit » ou un « Konzils-Ungeist » (Rapporto sulla Fede, San Paolo 2005, capitolo 2. - Entretien sur la foi, Fayard 1985, chapitre 2 « Un concile à redécouvrir »). Je cite textuellement cet écrit où le pape déclare : « Il faut résolument s’opposer à ce schéma d’un avant et d’un après, dans l’histoire de l’Eglise, tout à fait injustifié par les documents mêmes de Vatican II qui ne font que réaffirmer la continuité du catholicisme » (ibid. p. 33 ; édit. française p. 37).
 Or, cette erreur d’interprétation du Concile et du chemin historique et théologique de l’Eglise, a influé sur tous les domaines ecclésiaux, y compris la liturgie. Une certaine attitude, de rejet facile des développements ecclésiologiques et théologiques mais aussi des développements liturgiques du dernier millénaire d’une part, et une « idolâtrisation » de ce que serait l’esprit de la soi-disant Eglise des premiers chrétiens de l’autre, ont eu une influence de grande importance sur la réforme liturgique et théologique de l’ère postconciliaire.
Le rejet catégorique de la messe préconciliaire, comme reste d’une époque désormais « dépassée », a été le résultat de cette mentalité. Beaucoup ont vu les choses de cette manière, mais pas tous, grâce à Dieu.
La Constitution Sacrosanctum Concilium, la constitution conciliaire sur la Liturgie, n’apporte aucune justification à une telle attitude. Dans ses principes généraux et dans les normes proposées, le document est sobre et fidèle à ce que signifie la vie liturgique de l’Eglise. Il suffit de lire le numéro 23 de ce document, pour être convaincu de cet esprit de sobriété.
Plusieurs de ces réformes ont abandonné des éléments importants de la liturgie, avec les considérations théologiques qui s’y rapportent : à présent, il est nécessaire et important de récupérer ces éléments. Le pape considère le rite de saint Pie V, revu par le Bienheureux Jean XXIII, comme un moyen de récupération de ces éléments estompés par la réforme, et il aura certainement réfléchi beaucoup sur son choix ; nous savons qu’il a consulté différentes personnalités  de l’Eglise sur cette question et, malgré des positions contraires, il a décidé de permettre la libre célébration de ce rite. Cette décision n’est pas, comme le disent certains, un retour au passé, mais le besoin de rééquilibrer de manière intègre les aspects éternels, transcendants et célestes avec les aspects terrestres et communautaires de la liturgie. Elle aidera à établir éventuellement un équilibre aussi entre le sens du sacré et le sens du mystère d’un côté, et le sens des gestes extérieurs et des attitudes et engagements sociaux et culturels découlant de la liturgie.
Quand il était encore cardinal, Joseph Ratzinger insistait beaucoup sur la nécessité de lire le Concile Vatican II à partir de son premier document, « Sacrosanctum Concilium ». Pourquoi, d’après vous, les Pères conciliaires ont-ils voulu se consacrer tout d’abord à la liturgie ?
 Avant tout, derrière ce choix, il y avait certainement la conscience de l’importance vitale de la liturgie pour l’Eglise. La liturgie, si l’on peut dire, est l’œil du cyclone, parce que ce que l’on célèbre, c’est ce en quoi l’on croit et ce qui se vit : le célèbre axiome « Lex orandi, Lex credendi ». C’est pourquoi toute vraie réforme de l’Eglise passe par la liturgie. Les Pères étaient conscients de cette importance. D’ailleurs, la réforme liturgique était un processus déjà en cours, bien avant même le Concile, à partir du Motu Proprio « Tra le Sollecitudini » de saint Pie X et « Mediator Dei » de Pie XII.
 C’est saint Pie X qui attribua à la liturgie l’expression de « première source » de l’esprit chrétien authentique. Peut-être que l’existence de structures (déjà constituées) et l’expérience de ceux qui s’engageaient dans l’étude et l’introduction de certaines réformes liturgiques, invitaient les Pères conciliaires à choisir la liturgie comme matière à étudier en premier lors des sessions du Concile. Le pape Paul VI reflétait l’esprit des Pères conciliaires sur la question, quand il déclarait : « Nous reconnaissons votre respect de l’échelle des valeurs et des devoirs : Dieu à la première place ; la prière avant nos obligations ; la liturgie, première source de la vie divine qui nous est communiquée, première école de notre vie spirituelle, premier don que nous pouvons faire au peuple chrétien… » (Paul VI, Discours de clôture de la 2° Session du Concile, 4 décembre 1963).
Beaucoup ont lu la publication du Motu Proprio « Summorum Pontificum » comme une volonté du Pontife de rapprocher l’Eglise des schismatiques lefebvristes. En est-il ainsi pour vous ? Le Motu Proprio va-t-il aussi dans ce sens ?
Oui, mais pas seulement. Le Saint-Père, en expliquant les raisons de sa décision, dans le Motu Proprio et dans la Lettre de présentation adressée aux évêques, énumère aussi d’autres raisons intéressantes. Naturellement, il aura tenu compte de la demande toujours plus croissante faite par différents groupes, et surtout par la Fraternité Saint-Pie X et par la Fraternité Saint-Pierre, mais aussi par des associations de laïcs, en faveur de la libéralisation de la messe de saint Pie V. Assurer l’intégration totale des lefebvristes était importante aussi par le fait que, souvent, dans le passé, on a commis des erreurs de jugement en entraînant des divisions inutiles dans l’Eglise, divisions qui sont devenues à présent presque insurmontables. Le pape parle de ce danger possible dans la Lettre de présentation du Motu proprio adressée aux évêques.
Quels sont à votre avis les problèmes les plus urgents pour une juste célébration de la Sainte Liturgie ? Quelles sont les exigences sur lesquelles il faut le plus insister ?
 Je crois que dans la demande croissante en faveur de la libéralisation de la messe de Saint Pie V, le pape a vu des signes d’un certain vide spirituel causé par la manière avec laquelle les cérémonies liturgiques sont célébrées maintenant dans l’Eglise. Cette difficulté provient autant de certaines orientations de la réforme liturgique postconciliaire - qui tendaient à réduire, ou, pour le dire mieux encore, à rendre confus des aspects essentiels de la foi -, que d’attitudes aventureuses et peu fidèles à la discipline liturgique de cette même réforme ; ce que l’on peut constater partout.
Je crois que l’une des causes de l’abandon de certains éléments importants du rite tridentin, dans la réalisation de la réforme postconciliaire par certains responsables liturgiques, est le résultat d’un rejet ou d’une sous-évaluation de ce qui a été fait dans le deuxième millénaire de l’histoire de la liturgie. Certains théologiens voyaient les développements de cette période de manière plutôt négative. Ce jugement est erroné, parce que lorsque l’on parle de la Tradition vivante de l’Eglise, on ne peut choisir de-ci de-là ce qui concorde avec nos idées préconçues. La Tradition, considérée en un sens général, y compris dans les domaines de la science, de la philosophie ou de la théologie, est toujours quelque chose de vivant qui continue à évoluer et à progresser, y compris avec les hauts et les bas de l’histoire. Pour l’Eglise, la Tradition vivante est une des sources de la Révélation divine, et elle est le fruit d’un processus d’évolution continue. Cela est vrai aussi dans la tradition liturgique, avec un « t » minuscule. Les développements de la liturgie dans le deuxième millénaire ont leur valeur. La Constitution Sacrosanctum Concilium ne parle pas d’un nouveau rite, ou d’un moment de rupture, mais d’une réforme qui émerge organiquement de ce qui existe déjà. C’est pour cela que le pape déclare : « Dans l’histoire de la liturgie, il y a croissance et progrès, mais aucune rupture. Ce qui était sacré pour les générations antérieures, reste sacré et grand pour nous aussi, et ne peut être interdit tout à coup, ni même être considéré comme dangereux » (Lettre aux Evêques, 7 juillet 2007). Idolâtrer ce qui s’est passé durant le premier millénaire, aux dépens du millénaire suivant est donc une attitude peu scientifique. Les Pères conciliaires n’ont pas manifesté une telle attitude.
Un deuxième problème serait celui d’une crise d’obéissance envers le Saint-Père que l’on note dans certains milieux. Cette attitude d’autonomie est visible chez certains ecclésiastiques, et même dans les rangs les plus élevés de l’Eglise, elle ne profite certes pas à la noble mission que le Christ a confiée à son Vicaire.
On entend dire que, dans certains pays ou dans certains diocèses, des évêques ont promulgué des règles qui annulent pratiquement ou déforment l’intention du Pape. Cette attitude n’est pas conforme à la dignité et à la noblesse de la vocation d’un pasteur. Je ne dis pas que tous sont ainsi. La majorité des évêques et des ecclésiastiques a accepté, avec le sens normal de la révérence et de l’obéissance, la volonté du pape. Cela est véritablement louable. Malheureusement, il y a eu des voix de protestation de la part de certains.
Dans le même temps, on ne peut douter que cette décision soit nécessaire, parce que, comme le dit le pape, la Sainte Messe « en certains endroits n’était pas célébrée de manière fidèle aux prescriptions du nouveau Missel, mais elle était même comprise comme une autorisation voire comme une obligation de créativité qui conduit souvent à des déformations de la liturgie, à la limite du supportable ». « Je parle par expérience », continue le pape, « parce que j’ai vécu moi aussi cette période avec toutes ses attentes et ses confusions, et j’ai vu combien ont été profondément blessées par les déformations arbitraires de la liturgie, des personnes qui étaient profondément enracinées dans la foi de l’Eglise » (Lettre aux Evêques). Le résultat de ces abus fut un esprit croissant de nostalgie pour la Messe de saint Pie V. En outre, un désintérêt général à lire et à respecter les documents exposant les règles émanées du Saint-Siège, ses instructions, ainsi que les présentations des livres liturgiques, aggrava encore la situation. La liturgie ne semble pas encore figurer suffisamment dans la liste des priorités des cours de formation permanente des ecclésiastiques.
Distinguons bien. La réforme postconciliaire n’est pas entièrement négative ; au contraire, il y a même de nombreux aspects positifs dans ce qui fut réalisé. Mais il y a aussi des changements introduits abusivement, qui continuent et se poursuivent, avec des effets nocifs sur la foi et sur la vie liturgique de l’Eglise.
Je parle ici, par exemple, d’un changement effectué dans la réforme, qui ne fut proposé ni par les Pères ni par la Constitution Sacrosanctum Concilium, je veux parler de la communion dans la main. Cela a contribué d’une certaine manière à une baisse sensible de la foi en la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Cette pratique, et l’abolition des bancs de communion dans le sanctuaire, des agenouilloirs dans les églises, et l’introduction de pratiques qui obligent les fidèles à rester assis ou debout pendant l’Elévation du Très Saint Sacrement, diminuent la signification authentique de l’Eucharistie, et le sens de la profonde adoration que l’Eglise doit adresser au Seigneur, le Fils Unique de Dieu. En outre, l’église est utilisée en certains endroits comme une salle pour des rencontres fraternelles, des concerts ou des célébrations interreligieuses. Dans certaines églises, le Saint Sacrement est presque caché et abandonné dans une petite chapelle invisible et peu décorée. Tout cela aussi éclipse le centre de la foi de l’Eglise en la Présence réelle du Christ. Pour nous, catholiques, l’église est essentiellement la demeure de l’Eternel.
Une autre erreur sérieuse consiste à confondre les rôles spécifiques du prêtre et des laïcs à l’autel, en faisant du sanctuaire un lieu de perturbation, où il y a trop de mouvement, et non pas le lieu où le chrétien parvient à saisir le sens de l’émerveillement et de la contemplation devant la présence et l’action salvifique du Seigneur. L’usage de danses, d’instruments de musique et de chants qui n’ont rien ou presque de liturgique, ne conviennent nullement au domaine sacré de l’église et de la liturgie ; j’ajoute aussi certaines homélies à caractère politique et social, souvent peu préparées. Tout cela dénature la célébration de la Sainte Messe, et en fait une chorégraphie et une manifestation théâtrale, mais pas une manifestation de foi.
 Il y a aussi d’autres aspects peu cohérents avec la beauté et l’émerveillement de ce qui se célèbre sur l’autel. Tout n’est pas mal dans le Novus Ordo, mais beaucoup de choses doivent encore être mises en ordre en évitant d’autres dommages pour la vie de l’Eglise. Je crois que notre attitude envers le pape, envers ses décisions et l’expression de sa sollicitude pour le bien de l’Eglise, doit être celle que saint Paul recommande aux Corinthiens : « Que tout se passe de manière à édifier » (1 Corinthiens, 14, 26)