4 octobre 2010

[Albert Marchetti - ledauphine.com] Les moines du Barroux ont la bosse du commerce

SOURCE - Albert Marchetti - ledauphine.com - 4 octobre 2010

Il parait 20 ans mais en a déjà 35. Sur son stand à la Foire de Marseille, quand il présente à un visiteur les vertus et les qualités gustatives de ses huiles, ses arguments bien maîtrisés et son bagout enthousiaste pourraient en faire l’un des meilleurs commerciaux de la manifestation. Ce n’est pourtant pas un vendeur comme les autres, dans ce pavillon “Terroir” du hall 6. Le père Alberic est l’un des 52 moines de l’abbaye Sainte-Madeleine, au Barroux !

La prière et le travail

Les moines bénédictins doivent, naturellement, leur devise à saint Benoît : ora et labor (la prière et le travail). Elle suffit amplement à justifier leur présence, de prime abord surprenante, à la foire de Marseille. « Le travail, comme la prière, donne un sens et un engagement à notre vie. Et il assure notre autonomie financière ». Au monastère du Barroux, tout le monde travaille : « Nous avons une boulangerie/boutique où nous vendons notre pain au levain (nature, olives, noix…), nos huiles, du nougat et des pâtes d’amande, quelques produits des vergers et les livres de notre maison d’édition “Les éditions sainte Madeleine”.

Pourquoi un stand à la foire ?

Il y a aussi un secrétariat de vente par correspondance. Nous sommes un peu comme une vraie entreprise ».

« Notre monastère est récent, il a été construit dans les années 70. Notre oliveraie aussi est toute jeune. Alors quand nous avons créé le moulin, en ramenant d’Italie les meules en pierre de Toscane, notre activité a consisté à faire de l’huile avec nos olives mais surtout avec celles des professionnels et des particuliers de la région. Je tiens à préciser que toutes nos olives viennent d’un terroir précis : entre les dentelles de Montmirail et le Ventoux.

Peu à peu notre production est devenue tellement importante que depuis 2 ans nous nous sommes engagés dans la création d’un nouveau marché, en cherchant des débouchés nouveaux. Grossistes, revendeurs et clientèle particulière ».

Et ils ne devraient pas être trop difficiles à trouver. Il suffit de goûter leurs trois variétés d’huile (lire ci-dessous) pour s’en convaincre!

3 octobre 2010

[summorum-pontificum.fr] Le Catholic Herald parle des Rédemptoristes transalpins

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 3 octobre 2010

Sur le site du Catholic Herald, un article très intéressant est en lecture. Le signataire de l’article, Mark Greaves, a rendu visite aux célèbres Rédemptoristes transalpins pour comprendre leur histoire et leur réconciliation avec Rome. Il s’est entretenu avec le Father Michael Mary, fondateur de cette communauté en 1988.

La réconciliation de cette communauté avec Rome est à mettre directement au bilan du Motu Proprio Summorum Pontificum, puisque celui-ci a servi de déclencheur à un processus de réflexion.

Father Mary déclare qu’il n’avait pas l’intention de se réconcilier avec Rome au départ puisqu’il estimait que le Vatican était dans l’erreur. Mais lors d’une conférence de Mgr Fellay, il a entendu celui-ci parler d’une éventuelle démarche auprès de Rome pour obtenir la juridiction concernant les mariages, question canonique particulièrement délicate. Or, jusqu’ici, la Fraternité Saint-Pie X affirmait, selon lui, avoir les compétences nécessaires. De ce fait, pourquoi demander une autorisation pour un pouvoir que l’on a déjà. Notons que dans son article, Mark Greaves précise que Mgr Fellay nie avoir fait une telle déclaration. Toujours est-il qu’à partir de ce moment, le Father Michael Mary a voulu cerner au mieux leur position canonique. Après une tentative infructueuse auprès de dominicains français – lesquels ? – il s’est tourné vers l’abbé Joseph Bisig de la Fraternité Saint-Pierre. La suite des événements, ce fut un voyage à Rome, la levée des sanctions, l’acceptation par Rome des constitutions s’appuyant sur les anciennes constitutions rédemptoristes de 1921 et 1936.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes  ?

Non, bien sûr !

D’abord, la communauté s’est divisée, des Pères et des Frères sont partis, emportant avec eux les apostolats.  Une majorité des laïcs en lien avec la communauté jusqu’ici a rompu les contacts. Les abonnés à leur publication sont passés de 4 000 à 2 000.

Mais, plus encore, ils attendent de l’évêque, dont ils dépendent, l’érection de leur communauté, lequel évêque dit attendre l’avis de la Congrégation des religieux. Selon Mark Greaves, la communauté fait preuve de foi et de joie, malgré les épreuves de l’attente et de l’abandon, voire des critiques très dures venues des anciens amis. Deux frères devraient être ordonnés.

Une communauté réconciliée avec Rome ; un évêque qui traîne à prendre une décision. Un bon exemple du bilan du Motu Proprio. Beaucoup de choses ont été faites, d’autres restent encore à faire. Beaucoup dépendent des évêques. Nos pays ont besoin d’évêques Summorum Pontificum.

2 octobre 2010

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] D'où viendront les vocations?

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 2 octobre 2010

Après avoir suivi pendant des dizaines d'années une variété de cours à plein temps et à mi-temps dans deux universités de grandes villes d'une nation occidentale « avancée », Robert (comme je l'appellerai) s'avère substantiellement d'accord avec la critique des universités modernes qui est parue dans un « Commentaire Eleison » récent (158), mais il a une objection intéressante qui va un peu plus loin. Commençons par son expérience directe du « système » universitaire d'aujourd'hui.

Il y a quelques années, au bout de ses études apparemment interminables, Robert a finalement réussi à obtenir son doctorat en histoire, mais on ne le lui a accordé  que de justesse et de telle manière qu'il ne pourra jamais obtenir un poste de professeur universitaire. Le système politiquement correct, dit-il, s'était bien défendu de ses idées « d'extrême droite ». « L'intégriste s'était fait museler, la démocratie était sauve. L'imbécile s'était rué au-devant d'un rouleau compresseur et s'était fait écraser comme il faut, aussi facilement que Winston à la fin du roman célèbre de George Orwell, 1984 ».

« Etant donné mon expérience, » dit-il, « je ne recommanderais à aucun jeune, et encore moins à mes enfants, d'aller à l'Université dans les sciences humaines. Mieux vaut choisir un métier manuel ou une formation technique avancée. L'idéal, c'est de pouvoir travailler à son compte pour échapper à l'esclavage moderne du salariat, et de vivre à la campagne ou du moins dans une petite ville. Si je pouvais recommencer ma vie, c'est ce que je ferais », dit-il, parce qu'en tant qu'intellectuel catholique il sent qu'il n'a pas pu faire plus que « témoigner ».

Mais Robert soulève une objection de poids à cette préférence d'un métier manuel ou d'une formation technique avancée. Bref, les ingénieurs sont mieux payés que les philosophes, mais la nature mathématique de leur travail (éteint-allumé, zéro-un) les portera à se désintéresser des complications humaines, trop humaines, de la religion et de la politique. Idéalement, il faudrait être technicien le jour et poète le soir, mais en réalité il est difficile de mener une vie tiraillée entre des matières si opposées, dit Robert, et normalement un homme qui essaie de le faire perdra tout intérêt pour l'un ou pour l'autre.

Cela va plus loin. Il pense observer la même tension à l'œuvre dans une école de la Fraternité  St Pie X de sa région. Théoriquement les humanités classiques y sont privilégiées, mais en pratique les garçons et les professeurs optent pour le cursus scientifique parce que cela « ouvre des portes » sur le marché du travail. Les jeunes qui sortent de cette école, semble-t-il à Robert, sont d'autant moins préparés pour comprendre en profondeur les problèmes soit de l'Eglise conciliaire, soit du monde moderne. Fin de son témoignage.

Le problème est grave. Par exemple, les écoles de la FSSPX sont en effet soumises à cette pression qui les incline vers les sciences, mais de futurs prêtres ont sûrement besoin plutôt d'une bonne formation dans les humanités, parce que ce n'est pas mathématiquement, au zéro-un, que fonctionnent les âmes. Pourtant si les vocations ne sortent pas des écoles privilégiées comme celles de la FSSPX, d'où viendront-elles ?  Comment peut-on protéger les choses spirituelles dans un monde livré tout entier aux choses matérielles ?  Comment va-t-on orienter les âmes des garçons vers le sacerdoce ?  Pour ma part j'ai observé que ce qui est décisif dans beaucoup de cas, c'est le sérieux avec lequel le père de famille prend sa religion. Il faut lire dans l'Ancien Testament le livre de Tobie, ni long ni difficile à comprendre, pour voir comment Dieu récompense les pères à travers leurs fils.

Kyrie eleison.

1 octobre 2010

[Paix Liturgique] Entretien exclusif avec Mgr Athanasius Schneider - Deuxième partie

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 250 - 1 octobre 2010

Nous poursuivons cette semaine la présentation de l'entretien exclusif que Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Karaganda au Kazakhstan, a accordé à La Lettre de Paix Liturgique au cours de l'été. Après une première partie consacrée à la question de la communion, objet de son livre “Dominus Est - Pour comprendre le rite de communion pratiqué par Benoît XVI”, publié en 2008 aux éditions Tempora, nous vous proposons aujourd'hui ses propos sur l'enrichissement mutuel des deux formes du rite romain. Mgr Schneider, que nous avons rencontré alors qu'il conférait les ordres mineurs cet été, y développe notamment une conception traditionnelle des rôles du diacre, du lecteur et de l'acolyte dans la liturgie moderne.

1) Dans son Motu Proprio Summorum Pontificum, Benoît XVI a formulé une invitation explicite à l'enrichissement réciproque des deux formes de l'unique rite romain. Selon vous, qui célébrez volontiers dans l'une comme dans l'autre forme du rite, en quelles occasions cet enrichissement pourrait-il se manifester le plus fructueusement ?

Mgr Athanasius Schneider : Nous devons prendre le pape au sérieux. Nous ne pouvons continuer à faire comme s'il n'avait pas dit cette phrase. Et même, en fait, comme s'il ne l'avait pas écrite. Bien entendu, et sans qu'il soit nécessaire de revoir les missels, il y a moyen de rapprocher les deux formes du rite.
Une première idée pourrait être de célébrer versus Deum à partir de l'Offertoire, comme c'est d'ailleurs prévu par les rubriques du nouveau missel. Le missel de Paul VI indique en effet clairement qu'à deux reprises le célébrant doit se retourner vers le peuple. Une première fois au moment de l'“Orate fratres” et une seconde lorsque le prêtre dit “Ecce Agnus Dei” lors de la communion des fidèles. Quelle est la signification de ces indications si ce n'est que le prêtre doit être tourné vers l'autel pendant l'Offertoire et le Canon ? En septembre 2000, la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a publié une réponse relative à un “quaesitum” sur l'orientation du prêtre pendant la messe. Expliquant que “la position versus populum semble la plus commode dans la mesure où elle rend plus facile la communication”; elle précisait cependant que “supposer que l'action sacrificielle doit être orientée principalement vers la communauté serait une grave erreur. Si le prêtre célèbre versus populum, chose légitime et souvent conseillée, son orientation spirituelle doit toujours être tournée vers Dieu par Jésus-Christ”.
Il me semble qu'aujourd'hui cette réponse, qui défendait la célébration vers le peuple, pourrait être adaptée à la nouvelle réalité créée par le Motu Proprio Summorum Pontificum par la recommandation de célébrer vers l'Orient à partir de l'Offertoire.
En ce qui concerne la communion, le Saint Siège pourrait aussi publier une recommandation universelle pour rappeler ce que prévoit la Présentation générale du Missel romain dans son article 160 : “Les fidèles communient à genoux ou debout, selon ce qu’aura établi la Conférence des évêques. Quand ils communient debout, il leur est recommandé, avant de recevoir le Sacrement, de faire un geste de vénération approprié, que la Conférence des évêques aura établi.” On soulignera que la première forme de communion mentionnée par le texte officiel de l'Église commentant le Novus Ordo est la forme à genoux...
En outre, il serait bon de limiter l'usage des ministres laïcs de l'Eucharistie aux seuls cas d'absence du prêtre et du diacre.
Une autre possibilité d'enrichissement de la nouvelle liturgie serait que les lectures de la Sainte Bible soient le fait d'hommes en habits liturgiques et en aucun cas de femmes ni d'hommes en habits civils. Et ce parce que les lectures se font dans le sanctuaire, un lieu réservé depuis les temps apostoliques au prêtre et aux ministres ordonnés, clercs des ordres mineurs inclus. Ce n'est qu'en l'absence de ces derniers qu'un laïc masculin pouvait suppléer. Le service de l'autel, de lecteur ou d'acolyte, n'est pas un exercice du sacerdoce commun mais fait partie du sacerdoce sacré, particulièrement de celui du diaconat. C'est pour cette raison que, au moins à partir du IIIème siècle, l'Église a conçu les ordres mineurs comme une sorte d'introduction aux différentes fonctions contenues dans l'exercice du diaconat comme, par exemple, la garde du sanctuaire et l'appel des fidèles à la liturgie (portier), lire la parole de Dieu au cours de la liturgie (lecteur) chasser les esprits malins (exorciste), porter la lumière et servir l'autel (acolyte). On peut mieux comprendre ainsi pourquoi l'Église a traditionnellement réservé la délivrance des ordres mineurs et l'institution des lecteurs ou des acolytes aux seuls fidèles masculins.
En ce sens, on comprend bien que l'un des enrichissements rendus possibles par le rapprochement des deux formes liturgiques est celui qui consisterait à revenir à la saine tradition de réserver le chœur aux hommes : diacres, acolytes, lecteurs et enfants de chœur doivent être de sexe masculin. Rien ne sert de se lamenter de l'écroulement des vocations si les garçons ne sont plus appelés au service de l'autel.
Enfin, la prière des fidèles doit être réservée aux seuls diacres, acolytes ou lecteurs en habits liturgiques. Il serait même plus cohérent avec la tradition bimillénaire de l'Église, occidentale comme orientale, que cette prière des fidèles ou prière universelle soit proclamée, ou mieux encore chantée, uniquement par le diacre puisqu'elle portait auparavant le nom d' “oratio diaconalis”. En cas d'absence du diacre, il serait bon que ce soit le prêtre lui-même, comme pour la proclamation de l'évangile d'ailleurs, qui la lise. Le terme de prière des “fidèles” ne signifie pas que sa proclamation est du ressort des fidèles. Ce serait une erreur historique et liturgique de le croire. Cela indique en fait qu'elle survenait au début de la messe des fidèles, une fois les catéchumènes partis, quand le diacre ou le prêtre offrait à la Majesté divine les intentions de toute l'Église, donc de tous les fidèles, d'où son nom.

2) Et pour la forme extraordinaire ? De quelle façon pourrait-elle s'enrichir au contact de la forme ordinaire du rite romain ?

Monseigneur Athanasius Schneider : Je dirais que l'esprit qui anime les derniers éléments que j'ai cités à propos du Novus ordo pourrait être appliqué à la forme extraordinaire. Les lectures saintes devraient toujours être accessibles aux fidèles, donc dans la langue locale et pas seulement en latin, sauf occasion particulière. Les lectures pourraient alors être faites, dans cette forme aussi, d'un lecteur ordonné ou institué voire d'un fidèle masculin en habits liturgiques.
L'introduction de quelques-unes des préfaces du nouveau missel serait une initiative belle et utile, ainsi que l'introduction de nouveaux saints dans le calendrier liturgique traditionnel.

29 septembre 2010

[Communiqué officiel de l'IBP] Statut canonique de M. l'abbé Aulagnier

SOURCE - IBP - 29 septembre 2010

Par échange de courriers, valant explicitement convention, entre Son Exc. Mgr Hippolyte Simon, Archevêque de Clermont et M. l'abbé Philippe Laguérie, supérieur général de l'Institut du Bon-Pasteur, en dates respectivement du 6 et du 23 septembre 2010, ayant obtenu l'accord de l'intéressé :

M. l' abbé Paul Aulagnier est (et reste) incardiné au diocèse de Clermont depuis 1968. Par ladite convention, aux termes du canon 271 § 2, il est dorénavant en sortie canonique du diocèse de Clermont au profit de l' Institut du Bon-Pasteur pour une durée de cinq ans renouvelables. Son "ordinaire" devient donc le supérieur général du Bon-Pasteur.

Ses confrères du Bon-Pasteur lui présentent leurs vives félicitations et l'Institut le remercie de l'honneur qu'il lui est fait. M. l'abbé Aulagnier reste l'économe général de l'Institut.

M. l'abbé Leszek Kròlikowski,

Secrétaire général.

[Ennemond - le Forum Catholique] 3 ans d'application du Motu Proprio

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 29 septembre 2010

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[Mgr Brunero Gherardini] L'avenir de la FSSPX : ni compromis, ni "statu quo" confortable.

SOURCE - Mgr Brunero Gherardini - version française: Abbé Matthieu Raffray - 29 septembre 2010

Nous proposons ici un texte que Mgr B. Gherardini nous a demandé de traduire en français et de publier, à propos de l’avenir de la Fraternité saint Pie X. Sa perspective réaliste, fondée sur des circonstances historiques qu’il connaît bien pour plusieurs motifs, donne lieu à une synthèse théologique qui recentre sur la notion de "Tradition" la vexata quaestio.

Il invite à œuvrer lucidement dans la clarté théologique, sans crainte d’entamer un travail de longue haleine, ouvert à de larges collaborations et à des recherches approfondies sur les documents conciliaires controversés, comme il y appelait déjà dans son ouvrage désormais célèbre, Vatican II, un débat à ouvrir. Dans cette perspective, l’accord canonique souhaité ne serait pas l’aboutissement d’une rapide confrontation point par point sur Vatican II, mais au contraire le point de départ d’un vaste programme d’analyses et d’études qui engagerait « la collaboration des spécialistes les plus prestigieux, les plus sûrs et les plus reconnus dans chacun des secteurs sur lesquels s’articulent Vatican II [et qui donnerait lieu à] une série de congrès ou une série de publications sur chacun des différents documents conciliaires » (B. Gherardini, « Supplique au Saint-Père », Ibid., éd. fr., p. 262).

Nous nous inscrivons nous aussi dans cette optique, en particulier en ce qui concerne un sérieux renouveau du débat théologique, qui doit comporter des deux côtés la révision de « lieux communs » non-dogmatiques, dans l’intérêt suprême de l’Eglise universelle, et non dans la recherche d’un statu quo qui ne viserait qu’à cultiver les intérêts particuliers.

A l’occasion d’une rencontre amicale, quelques amis m’ont demandé quel pourrait être l’avenir proche de la Fraternité saint Pie X, à l’issue des discussions en cours entre ladite fraternité et le Saint-Siège. Nous en avons longuement discuté et les avis étaient partagés. C’est pour cela que je tiens à exprimer le mien par écrit, dans l’espoir – sans aucune prétention, Dieu m’en garde – qu’il puisse profiter non seulement à mes amis, mais aussi à ceux qui participent à ce dialogue.

Je tiens à dire avant tout que personne n’est prophète, ni fils de prophète. Le futur est entre les mains de Dieu. Parfois il est possible de l’aménager à l’avance, au moins en partie ; dans d’autres cas, il nous échappe totalement. Il faut en outre reconnaître aux deux parties, qui sont enfin à l’œuvre pour trouver une solution au problème des « lefebvristes » qui a désormais trop duré, qu’elles ont réussi jusqu’ici à maintenir admirablement et exemplairement le silence qu’elles avaient promis sur leurs colloques. Un tel silence, cependant, n’aide pas à en prévoir les issues possibles.

Des « rumeurs », par contre, se font entendre ; et pas peu. Savoir quel est leur fondement est une énigme. J’examinerai donc quelques-unes des opinions exprimées à l’occasion de la discussion mentionnée, pour ensuite donner clairement la mienne.

1 – Au cours de la discussion, certains jugèrent positive la récente invitation faite à la Fraternité de « sortir du bunker dans laquelle elle s’était barricadée durant l’après-concile pour défendre la Foi contre les attaques du néomodernisme ». Il était clair que donner un avis à ce sujet n’était pas chose facile. Que la Fraternité ait été, durant quelques décennies, enfermée dans un bunker, cela est évident ; et malheureusement, cela dure encore. Ce qui est moins évident, c’est de savoir si elle y est entrée toute seule, si on l’y a fait entrer, ou si ce sont les évènements qui l’y ont poussée. Il me semble, si l’on veut vraiment parler de bunker, que c’est Mgr. Lefebvre lui-même qui a emprisonné sa Fraternité, ce 30 juin 1988, lorsque – après deux avertissements de Jean-Paul II et une monition formelle pour qu’il renonce à l’acte « schismatique » qu’il projetait d’accomplir – il a ordonné évêque quatre de ses prêtres. Le bunker, ce fut cela : non pas celui d’un schisme formel, puisque s’agissant seulement d’un « refus de la soumission au Souverain Pontife » (CIC 751, §2), il n’y avait ni dol, ni intention de créer une anti-église ; au contraire, cet acte fut même déterminé par l’amour de l’Eglise et par une sorte de « nécessité » pressante pour assurer la continuité de la véritable Tradition catholique, sérieusement compromise par le néomodernisme postconciliaire. Mais ce fut bel et bien un bunker : celui d’une désobéissance aux limites du défi, une voie sans issue et sans la perspective d’aucun débouché possible. Et non pas un bunker pour avoir voulu sauvegarder des valeurs compromises.

Il est difficile de comprendre en quel sens, « pour défendre la Foi contre les attaques du néomodernisme », il pouvait être à proprement parler nécessaire de « se barricader dans un bunker ». Cela voulait-il dire : laisser le champ libre à l’irruption de l’hérésie moderniste ? Non, puisque de fait, le passage de l’hérésie fut sans cesse mis en difficulté. Car bien que dans une situation de condamnation canonique, et donc en-dehors des rangs officiels, mais avec la conscience certaine de travailler pour le Christ et pour son Eglise, une, sainte, catholique, apostolique et romaine, la Fraternité s’est attachée par-dessus tout à la formation des prêtres, puisque c’est là son but spécifique ; elle a fondé et dirigé des séminaires ; elle a promu et soutenu des débats théologiques parfois de haut niveau ; elle a publié des livres d’une valeur ecclésiologique remarquable ; elle a rendu compte d’elle-même en publiant des feuilles d’information internes et externes ; et tout cela à couvert, démontrant ainsi de quelle force – malheureusement laissée pour compte – l’Eglise pourrait se prévaloir pour réaliser son œuvre d’évangélisation universelle. Le fait que les effets de la présence lefebvriste active puissent paraître modestes, ou que de fait ils ne soient pas très apparents, peut dépendre de deux motifs : d’une part de la condition canonique anormale dans laquelle elle évolue ; d’autre part de ses dimensions : on sait que « la mosca tira il calcio che può » (« la mouche tire le coup de pied qu’elle peut »).

Mais je suis profondément convaincu que c’est justement pour cela qu’il faudrait remercier la Fraternité : pour avoir maintenu, et pour maintenir encore bien haut le flambeau de la Foi et de la Tradition, dans un contexte de sécularisation désormais parvenue au seuil d’une ère post-chrétienne, et ce, malgré une antipathie non-dissimulée envers elle.

2 – A l’occasion du débat dont il était question au début, quelqu’un a fait référence à une conférence durant laquelle la Fraternité fut invitée à avoir une plus grande confiance dans le monde ecclésial contemporain, en recourant si nécessaire à certains compromis, puisque le « salus animarum » exige – c’est un lefebvriste qui l’aurait dit – que l’on courre même ce risque-là. Oui, mais certainement pas le risque de « compromettre » son salut éternel, ni celui d’autrui.

Il est probable que les paroles aient trahi les intentions. Ou que l’on n’ait pas pris garde à la valeur des mots. Car s’il y a bien une chose, en matière de Foi, qu’il est un devoir d’éviter, c’est bien le compromis. Et le fait que la Fraternité en appelle – comme tout authentique fidèle du Christ – au « Si si, no no » de Mt. 537 (Jac. 512) est l’unique réponse valable à la perspective d’un compromis. Le texte cité continue en affirmant que « tout le reste vient du malin » : donc aussi, et même précisément, le compromis. Au moins lorsqu’on entend par là renoncer à ses propres principes moraux et à ses propres raisons d’être.

A vrai dire, dès que les discussions entre le Saint-Siège et la Fraternité ont commencé, m’est parvenue, à moi aussi, la rumeur de la possibilité d’un compromis. C'est-à-dire d’un comportement indigne, auquel le Saint-Siège se refuse, j’imagine, le premier. Un compromis sur tout ce qui n’implique pas la confession de la Foi authentique est possible et même plausible ; mais il ne l’est jamais aux dépens de valeurs non-négociables. Ce serait là, avant tout, une contradiction dans les termes, puisque le compromis lui-même est l’objet d’un « negotium » – et une négociation à risque : le risque du naufrage de la Foi. L’idée même que le Saint-Siège puisse proposer et accepter un compromis me répugne : ce serait obtenir beaucoup moins qu’un plat de lentilles, et il endosserait alors la responsabilité d’un délit gravissime. Me répugne tout autant l’idée que la Fraternité, après avoir fait de la Foi sans compromis la bannière de son existence propre, puisse glisser sur la peau de banane de la renonciation à sa raison d’être.

J’ajoute que, à en juger sur quelques indices qui ne sont peut-être pas totalement infondés, la méthodologie mise en acte bilatéralement ne semble pas ouvrir de grandes perspectives. C’est la méthodologie du point contre point : Vatican II « oui », Vatican II « non », ou à la rigueur « oui, si… ». La condition d’une telle méthode est que d’un côté ou de l’autre, ou bien des deux, l’on baisse la garde. Une capitulation sans condition ? Pour la Fraternité, se remettre entre les mains de l’Eglise serait l’unique comportement vraiment chrétien, si n’existait pas la raison pour laquelle elle est née et qui l’a conduite à se retirer sur l’Aventin. A savoir ce Concile Vatican II qui, en particulier dans certains de ses documents, est littéralement à l’opposé de ce en quoi elle croit et de ce pour quoi elle agit. Avec une telle méthodologie, aucune voie moyenne ne peut donc être entrevue : soit la capitulation, soit le compromis.

Une telle issue pourrait être évitée si l’on suivait une autre méthodologie. Le « punctum dolens » de tout le contentieux s’appelle la Tradition. L’une et l’autre partie ne cessent d’y faire appel, bien qu’elles en aient une notion nettement distincte. En 1988, le pape Jean-Paul II déclara officiellement que la notion de Tradition défendue par la Fraternité était « incomplète et contradictoire ». Il resterait à démontrer la raison d’une telle incomplétude et d’une telle contradiction, mais ce qui est le plus urgent est la nécessité de parvenir, pour les deux parties, à un concept commun, c’est-à-dire bilatéralement partagé. Un tel concept deviendrait alors l’instrument permettant de démêler l’écheveau des problèmes. Il n’y a pas de question théologique ou de problème ecclésial qui ne trouve dans un tel concept sa solution. Si, donc, on continue à dialoguer en maintenant, d’un côté comme de l’autre, son point de départ, ou bien cela donnera lieu à un dialogue de sourds, ou bien, pour essayer de prouver que l’on a pas dialogué en vain, on donnera libre accès au compromis. En particulier, si elle acceptait la thèse des « contrastes apparents », qui réduit les oppositions non à des causes de caractère dogmatique, mais à l’interprétation toujours renouvelée des faits historiques, alors la Fraternité déclarerait sa propre fin, en substituant misérablement à sa notion de la Tradition, qui est celle des apôtres, la notion vaporeuse, inconsistante et hétérogène de Tradition vivante des néomodernistes.

3 – Dans notre colloque amical, nous avons enfin abordé une ultime question, exprimant là davantage des espérances que des prévisions concrètement fondées : la question de l’avenir de la Fraternité. Sur ce sujet, s’est déjà penché le site cordialiter.blogspot.com, avec une anticipation idyllique des lendemains heureux qui pourraient advenir à la Fraternité : un nouveau – nouveau ? Oui, car pour l’instant, cela n’a jamais existé – statut canonique, signifiant le début de la fin du modernisme, des prieurés pris d’assaut par les fidèles, et la Fraternité transformée en « superdiocèse autonome ». Pour ma part, j’attends aussi beaucoup du rapprochement espéré et qui est actuellement à l’œuvre, mais en gardant un peu plus les pieds sur terre.

J’essaye de porter sur ces choses un regard plus aigu afin de voir ce qui pourrait advenir. La spécificité de la Fraternité, comme je l’ai déjà rappelé, est la préparation au sacerdoce et le soin des vocations sacerdotales. Ne devrait donc pas s’ouvrir pour elle un terrain différent de celui des séminaires, ce terrain-là étant son véritable champ de bataille : que ce soient ses propres séminaires ou d’autres, c’est là plus qu’ailleurs que pourront s’exprimer la nature et la finalité de la Fraternité.

Sous quel profil canonique ? Il n’est pas facile de le prévoir. Il me semble, cependant, que le fait qu’il s’agisse d’une fraternité sacerdotale devrait en suggérer l’aspect canonique, sous la forme d’une « société sacerdotale », placée sous le gouvernement suprême de la « Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique ». De plus, le fait qu’elle possède déjà quatre évêques pourrait suggérer, comme solution, qu’elle soit une « Prélature » dont le Saint-Siège, au moment opportun, pourra préciser la configuration juridique exacte. Tout cela ne me semble pas, toutefois, être le problème principal. Ce qui est bien plus important, sans aucun doute, c’est aussi bien la résolution, à l’intérieur de l’Eglise, d’un contentieux incompréhensible à l’heure du dialogue avec tous, que la libéralisation d’une force compacte attachée à l’idée et à l’idéal de la Tradition, afin qu’elle puisse opérer non pas depuis un bunker, mais à la lumière du soleil et comme expression vive et authentique de l’Eglise.

Brunero Gherardini
Rome, le 27 septembre 2010

26 septembre 2010

[Bruno Bouvet - La Croix] Les «états généraux du christianisme» parient sur le débat dans l'Eglise

SOURCE - Bruno Bouvet - La Croix - 26 septembre 2010

À l’initiative de l’hebdomadaire «La Vie», 2 500 personnes ont participé du 23 au 25 septembre à la première édition d’une «rencontre entre cathos qui ne se parlent jamais»

L’amphithéâtre de la Catho de Lille était comble, samedi matin 25 septembre, quand Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie s’est approché du micro. «Le débat qui va suivre est une grande première, tout à fait dans l’esprit de ces états généraux du christianisme. Je remercie Christine Pedotti, à l’origine du Comité de la jupe et de la Conférence des baptisé(e)s de France, et l’abbé Vincent Ribeton, supérieur du District de France de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, d’avoir eu le courage d’accepter notre proposition. Et je vous fais confiance pour rester dans cet état d’esprit d’ouverture de cœur…»

L’échange entre la laïque contestataire et le curé en soutane était assez représentatif de la teneur de cette manifestation organisée pour la première fois à l’initiative de l’hebdomadaire, en partenariat avec l’Université catholique de Lille. Une soixantaine de débats étaient organisés pour ces «états généraux du christianisme»: «Faut-il un nouveau concile ?», «Divan ou confessionnal?», « Faut-il défendre l’Église à tout prix?», «Les chrétiens ont-ils un problème avec le sexe?». Tous autour de la question centrale : «Notre époque a-t-elle besoin de Dieu?»

«Il y a encore dix ou quinze ans, une telle rencontre entre des courants si éloignés aurait été impensable», soufflait l’une des 2 500 participantes, médecin hospitalier dans la région. Cette rencontre invitait à envisager l’événement comme un premier pas salutaire dans une Église qui cherche à dépasser des fractures idéologiques dont il aura été beaucoup dit, pendant ces trois jours, qu’elles doivent appartenir au passé.

Encore un peu de temps

Manifestement, il faudra encore un peu de temps pour que les catholiques d’options différentes engagent un véritable dialogue. Christine Pedotti et l’abbé Vincent Ribeton, loin de tout anathème, ont ainsi davantage fait valoir leurs visions respectives de l’annonce de l’Évangile et de l’organisation de l’Église qu’ils n’ont discuté ensemble de la place à accorder aux femmes ou de la création de nouveaux ministères ordonnés.

A contrario, dans certains ateliers, il y avait une propension à relancer les querelles de la génération Vatican II, très majoritairement représentée dans ces états généraux du christianisme. L’ouverture à tous les âges du catholicisme, « mais aussi aux plus faibles, aux précaires et à d’autres styles de cathos », comme l’a fait remarquer en conclusion Thérèse Lebrun, recteur de la Catho de Lille, sera l’un des défis d’une manifestation qui envisage d’ores et déjà une deuxième édition.

Bruno Bouvet, à Lille

25 septembre 2010

[summorum-pontificum.fr] Demain, l’actualité est à Toulon

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 25 septembre 2010

C’est demain dimanche qu’aura lieu l’ordination sacerdotale de l’abbé Alexis Campo en la cathédrale de Toulon. L’évêque du diocèse Frejus-Toulon, Mgr Dominique Rey procédera à cette ordination en suivant les rubriques de la forme traditionnelle du rite romain.

Une habitude pour cet évêque et pour ce diocèse ? Oui, dans le mesure où Mgr Rey est de loin l’évêque le plus accueillant envers les prêtres et les séminaristes attachés à la tradition de l’Église latine. Oui, encore, parce qu’il a mis sur place la première paroisse personnelle confiée à l’abbé Fabrice Loiseau et à sa communauté.

Mais avec une telle cérémonie, Mgr Rey ordonne pour la deuxième fois (jamais deux sans trois, dit-on) un prêtre diocésain et non le membre d’une communauté traditionnelle. L’an dernier, à la même époque, il avait déjà ordonné l’abbé Marc de Saint-Sernin, aujourd’hui étudiant en théologie patristique à l’université Augustinienne à Rome. Ancien de la Fraternité Saint-Pierre (il était d’ailleurs présent à une rencontre estivale des prêtres de cette Fraternité), l’abbé de Saint-Sernin avait finalement choisi une incardination diocésaine.

Demain, c’est donc l’abbé Alexis Campo qui recevra les saints ordres pour le diocèse de Fréjus-Toulon, montrant la volonté de son évêque de ne refuser aucun ouvrier à la moisson. À l’heure du bilan du Motu Propio Summorum Pontificum, cette ordination a du poids et indique la voie à suivre et à faire connaître au Nonce apostolique à Paris…

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] La doctrine sous-estimée

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 25 septembre 2010

Dans une revue normalement sérieuse des Etats-Unis, « Culture Wars » (Guerre des Cultures), cet été l'Editeur m'a passé un savon, en même temps qu'à toute la Fraternité St Pie X d'ailleurs, parce que - parait-il  - nous nous coupons délibérément de l'Eglise officielle. Je me permettrai de présenter aussi brièvement et honnêtement que possible l'argumentation de Monsieur E. Michael Jones, en mettant une lettre devant ses propositions principales, pour faciliter la réponse :
Son principe de départ, c'est que le problème de Vatican II n'est point un problème de doctrine : (A) Les documents du Concile en soi ne sont pas responsables de toute la folie qui a suivi le Concile au nom de son soi-disant « esprit ». Quant aux documents eux-mêmes, il est vrai qu'ils sont parfois ambigus, mais (B) Dieu est toujours avec son Eglise, en sorte que (C) seul ce qui est catholique peut obtenir l'approbation des évêques du monde réunis, comme ce fut le cas au Concile Vatican II. (D) Dès lors, il est possible et doit suffire d'interpréter les ambiguïtés à la lumière de la Tradition, comme Mgr Lefebvre lui-même a proposé de le faire à un moment donné.

« Donc (E) Vatican II est Traditionnel, et aucun problème entre Rome et la FSSPX ne saurait être doctrinal. (F) Donc le vrai problème de la FSSPX, c'est qu'elle refuse la communion avec l'Eglise par peur d'être contaminée, (G) une peur qui procède de son manque schismatique de charité. (H) Se sentant ensuite coupables, ses membres prétendent que le problème est une crise de l'Eglise sans précédent, causée par l'anti-doctrine de Vatican II. (I) Par là, la FSSPX dit en effet que l'Eglise a failli dans sa mission, et que l'Eglise, c'est la FSSPX. Quelles bêtises ! Messeigneurs les évêques de la FSSPX, signez votre capitulation à Rome ! »

REPONSE : le problème de Vatican II est ESSENTIELLEMENT doctrinal : (A) Hélas, les documents de Vatican II sont vraiment responsables de « l'esprit » du Concile, comme des folies qui ont suivi le Concile. C'est l'ambiguïté même des documents, reconnue par Monsieur Jones, qui a déchaîné ces folies. (B) En effet Dieu est toujours avec son Eglise, mais il laisse ses chefs libres de choisir de lui infliger, s'ils le veulent, un mal terrible, mais jamais mortel (cf. Lc.XVIII, 8). (C) C'est ainsi qu'au quatrième siècle il a permis que la masse des évêques catholiques tombe dans la crise épouvantable de l'Arianisme. Ce qui s'est passé une fois, se passe de nouveau, seulement en pire. (D) Quant à l'idée de faire le tri des ambiguïtés de Vatican II à la lumière de la Tradition, cela a pu être une idée raisonnable peu après le Concile, mais il y a belle lurette que les fruits amers de ces ambiguïtés ont démontré qu'il n'y a rien à sauver dans ces documents conciliaires si subtilement empoisonnés.

Donc (E) le Concile n'est pas du tout Traditionnel, et la lutte entre Rome et la FSSPX est ESSENTIELLEMENT doctrinale. Et alors (F) celle-ci a bien raison de craindre la contamination, parce que la fausse doctrine de Vatican II envoie les âmes en Enfer. (G) On ne peut pas dire non plus qu'il y ait une mentalité schismatique parmi les Traditionalistes (non-sédévacantistes), même si (H) l'Eglise est en pleine crise, la pire de toute son histoire. (I) Car tout comme dans la crise arienne les quelques évêques qui ont gardé la Foi ont prouvé que l'Eglise n'avait pas complètement défailli, de même aujourd'hui la FSSPX fait partie de l'Eglise et garde la Foi, sans nullement ériger la prétention qu'elle remplace l'Eglise, ou qu'elle seule la constitue.

Monsieur Jones, à quel moment dans toute l'histoire de l'Eglise ses évêques réunis ont-ils été délibérément ambigus ?  Vous admettez que Vatican II a été ambigu. Quand les hommes d'Eglise ont-ils jamais recouru à l'ambiguïté si ce n'était pour frayer le chemin à l'hérésie ?  Dans l'Eglise de Notre Seigneur, « oui » doit être oui et « non » doit être non (Mt.V, 37).

Kyrie eleison

[Stéphanie Bersauter] L'évêque attaqué par les traditionnalistes

SOURCE - Stéphane Bersauter - ladepeche.fr - 25 septembre 2010

Depuis trois semaines, l'évêque Mgr Herbreteau est attaqué en termes polis , sur internet notamment, au motif qu'il a choisi, selon ses détracteurs, « d'interdire les cours de catéchisme (sic) » dispensés par l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (une trentaine d'enfants et d'adolescents) et qu'il a décidé de plus de « restreindre la délivrance des sacrements ».

Considérant qu'il n'était pas bien accueilli, l'Institut susnommé a donc choisi de se retirer du diocèse à la fin août. L'ICRSP dispensait des messes en latin, autrement appelées « messes traditionnelles » oude «forme extraordinaire» voulues par le Motu Proprio de Benoît XVI et appliqué depuis trois ans dans les paroisses, peu nombreuses, qui le souhaitaient. Ce texte doit permettre un usage plus large du missel dit « de Saint Pie V » dans l'Église catholique.

« La pastorale montre ici son vrai visage de rejet et d'exclusion » peut-on lire entre autres commentaires sentis sur les choix de l'évêché. Même oint de l'huile de la Sainte Ampoule, le torchon brûle entre les traditionalistes et l'évêché. Aux dernières nouvelles, l'Institut et l'évêque ont « repris contact ». « Nous avons décidé, explique Mgr Herbreteau, de prendre le temps de la réflexion jusqu'en décembre. Nous prendrons alors, éventuellement, de nouvelles dispositions pour que les relations entre nous se poursuivent dans la sérénité et le respect des uns et des autres

[…] J'ai été très blessé et beaucoup de diocésains avec moi par l'amplification inutile donnée dans les médias (sites internet, Facebook). Je pense qu'il y a mieux à faire pour avancer ensemble dans l'Eglise… » La messe dominicale attirait une centaine de fidèles. Des familles souvent, des catholiques pratiquants ayant choisi cette liturgie ancienne (des messes « tridentines », du Concile de Trente) plutôt que la forme récente, plus connue des pratiquants. D'année en année, le nombre de fidèles ne cessait de se multiplier dans l'église de Gaillard. Contacté jeudi, l'évêché renvoie à une déclaration en forme de réponse aux accusations [...] tout en indiquant que les informations distillées sur le net sont inexactes, et infondées. Cette réaction devait être mise en ligne sur le site de l'évêché hier soir. Ces messes en latin restent célébrées le premier dimanche de chaque mois face au cimetière de Gaillard et au monastère Sainte-Marie de la Garde.

24 septembre 2010

[Paix Liturgique] Entretien exclusif avec Mgr Athanasius Schneider

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 249 - 24 septembre 2010

La réforme de la réforme promue par le Saint Père est une œuvre qui progresse lentement faute d'avoir, pour l'instant, reçu un soutien suffisant de la hiérarchie épiscopale. En dépit de l'attentisme de la majorité des prélats, quelques-uns ont cependant décidé de se lancer, avec enthousiasme et obéissance, dans la promotion du nouveau mouvement liturgique voulu par Benoît XVI: Nous sommes heureux de vous présenter cette semaine la première partie d'un entretien avec l'un d'entre eux, SE Monseigneur Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Karaganda au Kazakhstan et auteur du livre “Dominus Est - Pour comprendre le rite de communion pratiqué par Benoît XVI”, publié en 2008 aux éditions Tempora. C'est précisément de cette question de la communion dont Mgr Schneider nous parle aujourd'hui.

1) Excellence, pouvez-vous, avant toute autre chose, nous présenter l'ordre religieux auquel vous appartenez : les Chanoines réguliers de la Sainte Croix, connus aussi sous le nom de Chanoines de Coimbra ?

Monseigneur Athanasius Schneider : L'ordre fut créé en 1131 à Coimbra, au Portugal, par Dom Tello et saint Teotonio, le premier portugais a être canonisé. Ils le fondèrent avec dix autres religieux, choisissant de suivre la règle de saint Augustin et se mettant sous la double protection de la Sainte Croix et de l'Immaculée Conception. L'ordre connut une croissance rapide.
Portugais de naissance, saint Antoine de Padoue, appartint à l'ordre avant de rejoindre les franciscains. En 1834, le gouvernement portugais interdit les ordres religieux. Cependant, pour l'Église, un ordre ne s'éteint que 100 ans après la mort du dernier de ses membres. En vertu de cette disposition, le Primat du Portugal décida de relancer l'ordre au sortir du concile Vatican II. Sa renaissance fut approuvée en 1979 par un décret du Saint Siège signé par Mgr Augustin Mayer, alors Secrétaire de la Congrégation pour les Religieux.
L'ordre est voué à la vénération de la Sainte Croix et des anges et lié de façon particulière à l'œuvre poursuivie par l'Opus Angelorum. Née en 1949 en Autriche, l'Opus Angelorum a donné vie en 1961 à la Confraternité des Anges Gardiens avec pour vocation de rassembler les “frères de la Croix”. La fondatrice de l'Opus Angelorum, humble mère de famille autrichienne, Gabrielle Bitterlich, voulait apporter une aide spirituelle aux prêtres et participer à l'expiation de leurs péchés par la pratique de l'adoration eucharistique.
L'Opus Angelorum, après avoir fait l'objet de différentes interventions du Saint Siège afin de clarifier son fonctionnement, est finalement devenu, depuis 2007, le tiers-ordre des Chanoines réguliers de la Sainte Croix.
L'ordre compte 140 membres, dont 80 prêtres, et est présent en Europe, en Asie et en Amérique.
Au sein de l'ordre, la messe est célébrée selon le Novus Ordo mais “versus Deum”, la communion étant donnée selon la forme traditionnelle, celle que le Saint Père a remise à l'honneur dans les cérémonies qu'il préside : communion sur la langue et fidèles agenouillés. Par ce choix, l'ordre perpétue aussi la mémoire de la fondatrice de l'Opus Angelorum qui avait beaucoup souffert de la généralisation de la communion dans la main.

2) Est-ce ce respect particulier pour l'Eucharistie qui vous a incité, Excellence, à rejoindre l'ordre ?

Monseigneur Athanasius Schneider : Oui. Vous devez savoir que j'ai vécu pendant 12 ans, les premières années de ma vie, sous la tyrannie du communisme soviétique. J'ai grandi dans l'amour de Jésus Eucharistie grâce à ma mère qui était une “femme hostie”, à savoir l'une de ces pieuses femmes conservant secrètement l'hostie consacrée pour éviter que soient commis des sacrilèges lorsque les prêtres étaient arrêtés ou interrogés par les autorités.
Vous comprendrez combien j'ai pu être choqué à notre arrivée en Allemagne, en 1973, quand j'ai découvert comment était pratiquée la communion à l'église. Je me souviens avoir dit à ma mère, en voyant pour la première fois la communion distribuée dans la main : “Maman, mais c'est comme lorsqu'on nous distribue des bonbons à l'école !”
Plus tard, quand j'ai cru avoir la vocation sacerdotale, j'ai cherché une voie qui me permette à moi aussi d'être, à ma façon, gardien de Jésus Hostie. La Providence a voulu que ce soit précisément au moment de la relance des Chanoines de la Sainte Croix.

3) Depuis son élection, survenue en pleine année eucharistique, Benoît XVI a constamment réaffirmé la présence réelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Il a même repris, depuis la Fête-Dieu de 2008, l'usage de donner la communion sur la langue à des fidèles agenouillés. Touchés par cet exemple pontifical, de nombreux prêtres, souvent parmi les plus jeunes, commencent à douter des mérites de la communion généralisée sur la main, d'ailleurs considérée par certains comme l'un des plus grands dommages de la réforme liturgique.
Votre livre, “Dominus Est”, aborde justement ce sujet. Selon vous, peut-on dire, comme Mgr Malcolm Ranjith le fait dans la préface de votre livre, que la communion dans la main a favorisé une diminution de la foi en la présence réelle du Christ et, par conséquence, un manque de respect envers le Très Saint Sacrement ? Pour preuve la relégation des tabernacles dans les recoins des églises, les fidèles qui ne font plus la génuflexion devant le Saint Sacrement, les communions sacrilèges, etc.


Monseigneur Athanasius Schneider : Je voudrais avant tout souligner que je crois que l'on peut aussi communier avec grande révérence en recevant l'hostie dans la main. Mais, dans sa forme la plus commune, où le ministre et le fidèle semblent avoir oublié toute la sacralité de l'événement, je dois bien admettre que la communion dans la main contribue à un affaiblissement de la foi et à une moindre vénération du Seigneur eucharistique. En ce sens, je suis pleinement en accord avec les observations de SE Mgr Ranjith.
Certaines considérations aident à les comprendre :
- Rien ne garantit la vénération des fragments les plus infimes de l'hostie. Je souffre de la perte des fragments de la Sainte Eucharistie, désormais très fréquente à cause de la pratique quasi générale de la communion dans la main. Je ne comprends pas comment est possible une telle indifférence qui conduit avec le temps à une diminution de la foi dans la Transsubstantiation, si ce n'est à sa disparition pure et simple...
- La communion dans la main favorise grandement le vol des espèces eucharistiques. Des sacrilèges que nous ne devrions en aucun cas permettre se commettent de ce fait.
- Le déplacement du tabernacle, en outre, nuit à la centralité de l'Eucharistie, y compris dans une perspective pédagogique : le lieu où se repose Notre Seigneur Jésus-Christ doit toujours être visible de tous.

4) Bien qu'elle n'ait été autorisée à l'origine que par un indult, la communion dans la main est devenue la norme, quasiment un dogme, dans la majorité des diocèses. Comment expliquez-vous une telle évolution ?

Monseigneur Athanasius Schneider : Cette situation s'est imposée avec toutes les caractéristiques d'une mode et j'ai le sentiment que sa diffusion a répondu à une véritable stratégie. Cette habitude s'est répandue avec l'effet d'une avalanche. Je me demande comment nous avons pu devenir insensibles au point de ne plus reconnaître la sublime sacralité des espèces eucharistiques, Jésus vivant en nous avec Sa majesté divine.

5) Pour le moment, très peu de prélats ont décidé d'imiter le Saint Père et de donner eux aussi la communion dans le mode traditionnel. Du coup, de nombreux prêtres hésitent à suivre son exemple. Selon vous, s'agit-il seulement de simples résistances conservatrices (on ne touche pas aux “acquis” du concile) ou, et ce serait pire, d'un désintérêt pour la question ?

Monseigneur Athanasius Schneider : Nous ne pouvons juger les intentions mais une observation extérieure laisse penser qu'il y a bien une résistance, si ce n'est en effet un désintérêt, envers le mode le plus sacré et le plus sûr de recevoir la communion. C'est comme si une partie des pasteurs de l'Église faisait mine de ne pas voir ce qu'accomplit le Souverain Pontife : un magistère eucharistique pratique.

LA DEUXIEME ET LA TROISIEME PARTIE DE CET INTERVIEW SERONT PUBLIEES DANS DE PROCHAINES LETTRES DE PAIX LITURGIQUE.

[Mgr Hubert Herbreteau, évêque d'Agen] Note explicative au sujet de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP), le 24 septembre 2010

SOURCE - Mgr Hubert Herbreteau, évêque d'Agen - 24 septembre 2010

Suite à un désaccord survenu, en juin dernier, entre l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) et moi-même, je souhaite apporter quelques éléments de réflexion et rendre compte, à la demande de plusieurs personnes, des décisions que j’ai prises alors. 
 
En tout premier lieu, je tiens à dire qu’il n’était nullement dans mes intentions de remettre en cause l’action pastorale de l’abbé Marc Téqui. Tout au long de l’année, mes relations avec lui ont été cordiales et j’ai apprécié sa simplicité et son désir de vivre en communion avec le diocèse. Sa participation à la concélébration de la messe chrismale, avec les autres prêtres du diocèse, le lundi saint, en témoigne. J’ai établi avec lui, comme avec chacun des prêtres du diocèse, des relations fraternelles. C’est d’ailleurs ce qui est demandé dans l’Exhortation apostolique du Pape Jean-Paul II au sujet de la charge épiscopale : « L’Évêque cherchera toujours à se comporter avec ses prêtres comme un père et un frère qui les aime, qui les écoute, les accueille, les corrige et les réconforte, qui suscite leur collaboration et qui, autant que possible, se dépense pour leur bien-être humain, spirituel, ministériel et économique » (Jean-Paul II Pastores Gregis, n° 47). J’ajoute que l’abbé Marc Téqui, n’étant pas à plein temps, recevait chaque mois un demi traitement correspondant à ce que les prêtres diocésains reçoivent. Il bénéficiait aussi d’un logement gratuit et ses déplacements lui étaient remboursés. On ne peut pas dire, par conséquent, qu’il ait été mal accueilli par le diocèse.

Par ailleurs, en accord avec moi, il a assuré la messe à Saint Pierre de Gaillard selon la forme extraordinaire, dans le cadre de la paroisse Sainte-Foy. J’ai voulu, de cette manière, répondre au souhait du pape Benoît XVI. Le décret Summorum Pontificum porte sur la célébration de la messe et des sacrements. L’église Saint Pierre de Gaillard à Agen, me semble convenir pour cela.

Alors pourquoi un différend a-t-il éclaté entre nous, ayant pour conséquence, la décision de l’ICRSP, de ne plus venir à Agen ? La question de la catéchèse, qui n’entre pas dans le cadre du Décret du pape, en est la cause.

En juin dernier, constatant que des enfants se retrouvaient régulièrement autour de l’abbé Téqui pour la catéchèse, je suis intervenu auprès de lui pour lui demander de mettre fin à cette activité. Trois raisons m’y ont conduit :

1. Toute catéchèse dans le diocèse (dans les paroisses, les établissements catholiques et les aumôneries) suppose de ma part une attention particulière. L’évêque veille à ce que la catéchèse ait bien lieu, selon les normes de l’Église. Il doit s’informer des enfants qui y participent et vérifier le contenu du message. Cette vigilance, je l’exerce à l’égard de chaque lieu du diocèse où se déroule une catéchèse. Or, je n’ai jamais su quels étaient les enfants qui se retrouvaient, dans le cadre familial avec l’abbé Téqui, quels étaient les documents catéchétiques utilisés. Certes, j’aurais dû susciter des échanges, m’informer. Ce que je n’ai pris le temps de faire. Mais, de son côté, l’abbé Téqui ne m’a pas jamais rendu compte de ce qu’il faisait.

2. Ici ou là, j’ai perçu aussi des agacements venant des catéchistes du diocèse. Pourquoi en effet aller chercher un « complément » à la catéchèse diocésaine ? La catéchèse actuelle voulue par les évêques de France avec le Texte National pour l’Orientation de la Catéchèse en France et prenant appui sur le Catéchisme de l’Église catholique, n’est-elle pas suffisante ? Je ne pouvais pas laisser se développer un climat de suspicion sur la catéchèse que je veux promouvoir dans mon diocèse.

3. Autre point que je ne pouvais pas accepter : la proposition de la première communion à des enfants sans que le curé de la paroisse en soit informé en temps voulu. La célébration des sacrements de l’initiation chrétienne doit se faire selon les normes de l’Église. Le curé doit donner une autorisation pour qu’un enfant soit baptisé en dehors du territoire de sa paroisse. Pour la première communion, les parents doivent présenter une attestation du baptême de l’enfant.

Tout cela n’étant pas bien défini avec l’abbé Téqui, j’ai donc demandé un arrêt de cette catéchèse.

Suite à ma demande, l’ICRSP ne souhaite plus continuer pour l’instant la célébration de la messe à Agen selon la forme extraordinaire. Avant sa décision, je crois qu’il aurait fallu davantage de concertation entre l’ICRSP et moi-même. Il est important aussi de distinguer deux domaines. D’une part, seuls la liturgie et les sacrements relèvent du Décret Summorum pontificum. D’autre part, il y a la catéchèse qui suppose d’autres normes et qu’il aurait fallu mieux définir entre nous.

La messe selon la forme extraordinaire continuera cependant d’être assurée, le premier dimanche de chaque mois par Monsieur l’abbé Nicolas Richer, curé de la paroisse Sainte-Foy. Par ailleurs, elle est célébrée aussi tous les jours au Monastère Sainte-Marie de la Garde à Saint-Pierre de Clairac.

Le chanoine Benoît Jayr, Provincial de l’ICRSP a repris contact avec moi et nous avons décidé de prendre un temps de réflexion (jusqu’en décembre 2010). Nous prendrons alors, éventuellement, de nouvelles dispositions pour que les relations entre nous se poursuivent dans la sérénité et le respect des uns et des autres.

J’ai été très blessé et beaucoup de diocésains (prêtres et laïcs) avec moi par l’amplification inutile donnée, dans les médias (sites internet, Facebook), à ce désaccord. Je pense qu’il y a mieux à faire pour avancer ensemble dans l’Église et vivre la communion fraternelle. Ceux qui ont alimenté la polémique doivent s’interroger sur leur comportement et leur amour de l’Église.

J’ai alors pensé à saint Cyprien de Carthage. Au III siècle, dans un très beau livre sur l’unité de l’Église, il comparaît l’Église à une tunique déchirée par des conflits internes provoqués par des personnes qui ne cherchent pas la vérité de la foi : « Le Christ nous a donné la paix, il nous a prescrit d’être unis et en parfait accord, il nous a commandé de ne faire subir au pacte d’amour et de la charité ni altération ni violence. On ne peut se prétendre martyr si on n’a pas gardé la charité qui unit les frères. » Il ajoutait aussi au sujet de l’autorité des évêques et de leur paternité : « Voilà l’unité que nous devons tenir et défendre avec fermeté, surtout nous les évêques qui exerçons la présidence dans l’Église, afin d’apporter la preuve que la charge épiscopale elle aussi est une et sans division. Que personne ne trompe les frères par un mensonge, que personne n’altère la vérité de la foi par une perfide trahison. »

Telle est cette attitude que j’essaie d’avoir dans le conflit qui nous oppose. C’est la communion fraternelle que je vous invite à vivre expressément.

À Agen le 24 septembre 2010
Mgr Hubert HERBRETEAU
Évêque d’Agen

22 septembre 2010

[summorum-pontificum] Quand Solesmes s’éveillera…

SOURCE - summorum-pontificum - 22 septembre 2010

Dans Présent de demain, Jean Madiran revient une nouvelle fois sur le dernier livre de l’abbé Claude Barthe qui interviendra, sur le même sujet, demain jeudi dans l’émission de Daniel Hamiche sur Radio Courtoisie, à partir de 19h00.

Le livre dont il s’agit est La Messe à l’endroit, publié aux éditions de l’Homme Nouveau (9€). On dit que plusieurs évêques ont déjà reçu cet ouvrage et que les réactions sont… diverses. Toujours est-il que cet essai tente de proposer une application concrète de la réforme de la réforme, en profitant de l’espace important ouvert par le Motu Proprio Summorum Pontificum. Comme l’abbé Barthe l’a expliqué dans Monde&Vie, il ne s’agit pas d’aller à l’encontre de la libéralisation de la messe tridentine, mais au contraire de mener de front deux axes qui ne peuvent que renforcer le retour à une saine doctrine de la messe et à une saine liturgie. Loin de penser comme certains que la messe tridentine doit se réformer, l’abbé Barthe propose au contraire des axes de réforme de la messe en forme ordinaire, sans révolution, mais en profitant des libertés qu’elle offre elle-même.
Jean Madiran rappelle que la messe à l’endroit, avant d’être un livre de l’abbé Barthe, fut un titre d’article de Paul Claudel du 23 janvier 1955, sous le pontificat de Pie XII.  Derrière l’abbé Barthe, il rappelle également ce point d’histoire, assez important à garder en mémoire pour bien comprendre la méfiance des traditionalistes (enfin de ceux qui n’ont pas la mémoire courte) et la méthode à mettre en œuvre :
« Le 25 janvier 1964, Paul VI avait institué un Consilium liturgique dirigé par son secrétaire Bugnini Hannibal, surnommé en souvenir de Heredia « le chef borgne porteur de son ignoble bulle ». Le 24 octobre 1967 Hannibal, maître de Rome, présentait une « messe normative » qui estomaqua pas mal d’évêques mais qui, irrésistiblement, allait devenir deux ans plus tard la « messe de Paul VI ». Or, pendant les trois ans et neuf mois qui vont du 25 janvier 1964 au 24 octobre 1967, le clergé et les fidèles avaient été estourbis par sept, oui sept décrets romains successifs modifiant à petits coups les rites de la messe et habituant célébrants et pratiquants à une liturgie en évolution permanente. Le mouvement liturgique révolutionnaire, avant d’imposer sa loi, avait créé une attente, un désir, il avait en somme appliqué l’axiome de Maurras : « Pour le succès d’un commandement il faut que le besoin d’y obéir ait, de lui-même, fait la moitié du chemin. » Et c’est aussi vrai aujourd’hui, en sens inverse, pour le rétablissement de la messe à l’endroit. Souvent Benoît XVI applique ce que l’abbé Barthe appelle « la médication douce de l’exemple ». C’est ainsi qu’il donne l’exemple de la messe à l’endroit et de la communion reçue à genoux et sur la langue. C’est un début. On voit quelle obstination s’y oppose. Elle est générale dans un grand nombre de diocèses français. »
Jean Madiran, à qui rien n’échappe, établit aussi un parallèle avec un événement d’actualité : la messe télévisée diffusée depuis l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes dimanche dernier, dans le cadre de l’émission Le Jour du Seigneur :
« Dimanche dernier, le « Jour du Seigneur » de France 2 nous a offert la messe de Solesmes, célébrée par le Père Abbé en personne. Ce n’est point par distraction, ce ne peut être innocemment qu’à partir de l’[absence d’] offertoire, il a célébré face aux fidèles.
On sait que Solesmes, dès 1970, avait adopté l’essentiel de la révolution liturgique dissimulé derrière sa conservation du latin et du grégorien. Cette attitude fut marquée au fer rouge par le célèbre « Solesmes et la messe » de Louis Salleron, en appendice à la seconde édition, celle de 1976, de son ouvrage La Nouvelle Messe, le livre de référence que Mgr Marcel Lefebvre déposa entre les mains des cardinaux lui demandant pourquoi il s’opposait au nouveau rite…
La messe à l’envers n’a pourtant été imposée par aucun décret de Paul VI, par aucune consigne d’Hannibal, par aucune décision conciliaire ou postconciliaire. Mais elle est (depuis 1955 !) le signe de reconnaissance, elle est le symbole, elle est le drapeau du mouvement liturgique révolutionnaire. Solesmes s’est incrusté dans son erreur, et s’y pavane. »
Elle s’y pavane, certes. Officiellement ! Publiquement ! Mais c’est oublier que Solesmes (l’abbaye, pas la congrégation où s’est encore plus vrai) est divisée. C’est une communauté qui tient grâce à son amour de l’Église et à sa volonté de respecter la Règle de Saint-Benoît. Mais c’est aussi, d’après les échos que j’ai pu recueillir, une communauté où des perceptions de la liturgie, sinon s’opposent, du moins sont différentes. Il semble que là aussi joue une certaine différence de générations. Et comme il se vérifie souvent, les plus jeunes se montrent beaucoup plus ouverts au Motu Proprio Summorum Pontificum que leurs aînés qui défendent avec acharnement la messe de Paul VI et n’ont pas de mots assez durs pour critiquer les abbayes de la congrégation (Fontgombault et ses filles) qui ont retrouvé non seulement la messe traditionnelle mais aussi l’Office monastique traditionnel (à vrai dire, jamais abandonné). Si bien que l’on peut espérer que quand Solesmes s’éveillera, le retour à la liturgie traditionnelle franchira un pas décisif.

[sudouest.fr] L'abbé Pinaud part pour l'Afrique

SOURCE - sudouest.fr - 20 septembre 2010

C'est une figure familière du bourg de Domezain qui vient de quitter le Pays basque après 15 ans de présence comme directeur de l'école Saint-Michel Garicoïts. Et c'est pour l'Afrique, plus précisément Libreville au Gabon que l'abbé Nicolas Pinaud s'est envolé.

Ces années auront vu l'historique établissement domintxindar fondé par l'abbé Goyhenetche, aujourd'hui rattaché à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, connaître un agrandissement et un embellissement importants le long du chemin Etchegorria. Pour diriger cette institution qui accueille des élèves du CP à la seconde, il a été remplacé par l'abbé David Aldalur, originaire de Biriatou, jeune prêtre ordonné en 2007.

Au moment de partir, à l'heure des remerciements, l'abbé Pinaud aura en particulier un mot pour les villageois dont il a loué « la patience et la cordialité ». Désormais l'attendent en Afrique « un nouveau défi, une expérience humaine différente et enrichissante ».

21 septembre 2010

[Sophie le Pivain - famillechretienne.fr] «La messe tridentine me renvoie aux sources de la liturgie»

SOURCE - Sophie le Pivain - famillechretienne.fr - 21 septembre 2010

Trois ans après le Motu proprio Summorum pontificum, le Père Matthieu Rougé, curé de la paroisse Sainte-Clotilde à Paris (VIIe), célèbre une fois par semaine la messe selon la forme extraordinaire du rite romain. Il témoigne à l'occasion de cet anniversaire.

Comment en êtes-vous arrivé à célébrer la messe selon l’ancien missel ?


La demande m’a été adressée par des fidèles. Après avoir consulté mon conseil pastoral et quelques paroissiens, cela m’a semblé opportun d’y accéder. Cette requête venait de personnes qui étaient heureuses de pouvoir assister aussi à la messe selon la forme extraordinaire. J’ai également été sensible au fait que ces personnes ont souhaité que ce soit moi, le curé, qui la célèbre. Je l’ai fait volontiers.
Entre quinze et trente-cinq fidèles viennent donc toutes les semaines à cette messe. La plupart travaillent dans le quartier, c’est pourquoi nous avons choisi l’horaire de 12 h 45 chaque lundi.

Saviez-vous célébrer selon ce missel ?

J’avais déjà assisté plusieurs fois à la messe selon la forme extraordinaire, mais je ne l’avais pas célébrée. Je m’y suis donc formé. Cela a demandé un peu de travail, mais j’en suis très heureux.

Quelle expérience personnelle en tirez-vous ?

Tout d’abord, je n’avais pas le sentiment d’être en terre inconnue. Comme le dit très bien le Motu proprio, il s’agit de deux formes de l’unique rite romain. Une fois habitué, on y trouve des qualités de recueillement et de structuration de la prière qui sont bienfaisantes. Cela me renvoie aussi aux sources de la liturgie selon la forme ordinaire. C’est très fructueux.

Quels ont été les effets de cette célébration sur la communauté paroissiale ?

D’abord, j’ai été vraiment touché que tout cela se passe très simplement et paisiblement. Les personnes qui viennent à cette messe se sentent partie prenante de la communauté paroissiale et assistent volontiers à la messe selon la forme ordinaire.
Et puis certains paroissiens, que je ne voyais pas tellement, y ont pris des engagements. Même s’ils continuent à aller à la messe selon l’ancien missel ailleurs le dimanche, il est important qu’ils se sentent chez eux dans leur paroisse territoriale.

Sophie le Pivain

[Denis Crouan - Pro Liturgia] A défaut d’ordonner des femmes, Mgr Nourrichard nomme une « déléguée épiscopale »

SOURCE - Denis Crouan - Pro Liturgia - via Perepiscopus - 21 septembre 2010

J’ai souhaité écrire à l’Evêque d’Evreux, Mgr Nourrichard, pour lui dire que sa participation au choeur et en tenue épiscopale (mitre, [...] croix pectorale) a de prétendues ordination sacerdotales de femmes était une preuve manifeste qu’il était dans un état de schisme qui ne dit pas (encore) son nom. Mais en allant sur le site internet du diocèse d’Evreux, j’ai découvert que pour contacter Mgr Nourrichard et lui envoyer un message, il fallait passer par une certaine Mme Jacotte Faivre du Paigre qui a été parée du titre de « déléguée épiscopale ».

Décidément, Monseigneur Nourrichard, dont la fidélité au Successeur de Pierre est aussi problématique que les faiblesses de ses lumières en théologie, devrait, au lieu d’aller chez les Anglicans, commencer par lire un simple dictionnaire. Il y apprendrait ainsi qu’une personne déléguée est celle à laquelle on a transmis des pouvoirs, des responsabilités. Dans le diocèse d’Evreux, Mme Jacotte Faivre du Paigre a donc des « pouvoirs épiscopaux« … On espère que d’ici quelques temps, elle célèbrera la messe en l’absence de Mgr Nourrichard très occupé à des choses d’importance… qui ruinent l’Eglise.
Madame, En ma qualité de docteur en théologie catholique, permettez-moi de faire ici 3 remarques: 1. La participation de Mgr Nourrichard à une mascarade d’ordination chez les Anglicans est une grave atteinte à l’intégrité de la foi reçue des Apôtres et, en même temps, une insulte faite au Successeur de Pierre garant de l’unité dans l’Eglise; 2. Contrairement à ce qu’affirme le service communication du diocèse d’Evreux, la polémique issue de l’attitude de Mgr Nourrichard ne touche pas seulement « les sites traditionnalistes » qui « [les] surveillent ». La preuve: les membres de l’Association Pro Liturgia (dont je suis Président et qui est incontestablement éloignée des « traditionalistes » puisqu’elle se base uniquement sur Vatican II) sont outrés; 3. Votre titre de « déléguée épiscopale » est usurpé: aux yeux de l’Eglise, vous n’avez aucun droit de vous prévaloir d’être déléguée d’un évêque puisque vous ne pouvez pas participer à la charge pastorale de l’évêque. Tout au plus êtes-vous simplement « secrétaire ». Je vous accorde, Madame, que le titre est moins « ronflant »; il a cependant le grand avantage d’être plus conforme à la théologie et, partant, à la foi catholique. Avec mes respects.

20 septembre 2010

[Monde et Vie] Trois ans après le Motu proprio : c’est la galère!

SOURCE - Monde et Vie n°832 - 20 septembre 2010

On avait beaucoup présenté le Motu proprio Summorum pontificum comme un acte de miséricorde (voire de tolérance) envers les traditionalistes.Trois ans après, beaucoup de choses ont changé non seulement chez les traditionalistes mais dans toute l’Eglise.On est bien obligé de se rendre compte que le texte du Motu proprio est écrit non pour une catégorie de chrétiens, mais à l’attention de toute l’Eglise, qui, sous l’égide du pape, entame lentement un mouvement de retour liturgique. Sur Radio Notre-Dame, le 14 septembre, jour anniversaire de l’entrée en vigueur du Motu proprio, Louis Daufresne, devenu cette année chef d’édition de la Radio, recevait pour l’émission phare Le grand témoin Mgr Patrick Chauvet, curé de Saint-François- Xavier et Daniel Hamiche ,bien connu de nos lecteurs. L’application de la nouvelle liturgie « a bouleversé des siècles de pratique religieuse » explique notre ami. Et il tombe d’accord avec Mgr Chauvet sur le fait qu’il faut privilégier « l’offre » de la liturgie traditionnelle, pendant que l’abbé Chanut, au téléphone, souligne les difficultés concrètes de l’application dans un diocèse, celui d’Evry. Une parole libre sur les ondes officielles du diocèse de Paris qui augure de bien des déblocages… alors qu’on le sait l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre a dû quitter le diocèse d’Agen à cause du mauvais accueil qui lui était fait.

A. H.

[Monde et Vie - Abbé Barthe] «Pour un nouveau mouvement liturgique»

SOURCE - Abbé Barthe - Propos recueillis par Daniel Hamiche - Monde et Vie n°832 - 20 septembre 2010

L’abbé Barthe vient de lancer une petite bombe qui s’appelle, sans précautions inutiles, « la messe à l’endroit ». On sait que c’est l’écrivain Paul Claudel qui dans Le Figaro littéraire, dès 1955, avait écrit « la messe à l’envers », un article tonitruant pour stigmatiser ce qui à l’époque n’était qu’expériences liturgiques… Eh bien! Aujourd’hui l’abbé Barthe veut « remettre la messe à l’endroit ». Et il estime qu’il s’appuie sur un large courant, que l’on désigne dans l’Eglise comme le courant de « la réforme de la réforme ». Explications.

1. Votre dernier opus(1), nous prend un peu à contre-pied, car on vous connaît comme un défenseur pertinent de la Messe traditionnelle, et voici que vous vous préoccupez de la Messe dite « de Paul VI ». Pourquoi cet intérêt de votre part?

La participation à la défense de l’une n’a jamais empêché pour moi, au contraire, la préoccupation concernant la transmutation de l’autre, celle de Paul VI. En 1997, 20 ans avant le Motu Proprio, j’avais publié un livre d’entretiens, Reconstruire la liturgie. Entretiens sur l’état de la liturgie dans les paroisses (2), dont le thème était exactement celui de ce Carnet. Il est clair que le Motu Proprio de 2007 a dynamisé ce propos. Lequel consiste à remarquer que les deux critiques parallèles des mutations opérées sous Paul VI, à savoir la critique frontale qui veut promouvoir une large diffusion de la liturgie antérieure, dite de Saint Pie-V, et la critique réformiste, dite de réforme de la réforme, qui veut opérer une mutation de l’intérieur de la liturgie de Paul VI, ont plus que jamais partie liée. Le projet de réforme de la réforme ne peut se réaliser sans la colonne vertébrale que constitue la célébration la plus large possible selon le missel traditionnel ; cette dernière ne peut espérer se réinsérer massivement dans les paroisses ordinaires sans la recréation d’un milieu vital opéré par la réforme de la réforme.

2. Les intégristes de la « forme extraordinaire » pensent que le Missel de Paul VI n’est pas sauvable et qu’il faudrait s’en défaire, alors que vous pensez qu’il est réformable et même qu’on peut « l’enrichir ». Comment?

Je pense d’abord qu’il est totalement irréaliste de croire que l’on peut d’un coup de baguette faire que dans toutes les paroisses du monde toutes les messes soient célébrées selon l’usage ancien. En revanche, je constate – avec bien d’autres, dont les principaux sont fort haut placés – que le missel de Paul VI contient une presque infinie possibilité d’options, d’adaptations et d’interprétations, et qu’un choix progressif, ou systématique, ou systématiquement progressif, des possibilités traditionnelles qu’il offre, rend possible, sur le terrain paroissial, et tout à fait légalement (selon la lettre de la loi, sinon selon son esprit), sa “re-traditionalisation”. C’est d’ailleurs une simple constatation : de nombreux prêtres de paroisses (j’en ai en déjà dressé une liste rapide pour la France, que je me garderai bien de publier, mais qui est impressionnante) pratiquent cette réforme de la réforme, souvent par étapes, et dans la très grande majorité des cas en célébrant aussi la messe traditionnelle. Pour répondre donc à votre question, je dirais que je crois que la liturgie romaine peut être sauvée, ce qui passe, comme on peut le constater concrètement, par une action à deux vitesses : diffusion du rite Saint-Pie V; réforme de la réforme. Celle-ci permettra, en glosant un célèbre discours de Paul VI à contre-pied, d’abandonner progressivement tout ce qui dans sa réforme est déjà vieux, démodé, parce que non traditionnel. Nous verrons bien ce qui sera sauvé après cette opération…

3. Vous nous faites découvrir un pan assez méconnu de l’histoire liturgique de ces quarante dernières années. Alors que les partisans de l’ancienne Messe ne se souciaient guère de réformer le nouveau Missel, des adeptes “modérés” de ce dernier, un courant très minoritaire il est vrai, n’ont de cesse d’en proposer la réforme. Pourriez-vous nous retracer brièvement cette position?

C'est l’histoire de ce que l’on pourrait nommer la critique réformiste du nouveau missel. Brièvement, et pour ne parler que de la France, on peut rappeler qu’un théologien comme Louis Bouyer, qui avait participé activement à la réforme conciliaire, est très vite entré en opposition avec un certain nombre de ses aspects (le sens de la célébration). L’abbaye de Solesmes et à divers degrés certaines de ses filles ont accepté la réforme mais avec le tout latin et le tout grégorien. La Communauté Saint-Martin, de Mgr Guérin, opta aussi pour le missel de Paul VI, mais selon une interprétation très traditionalisante. Mgr Maxime Charles, recteur de la Basilique de Montmartre, et ensuite l’abbé Michel Gitton, un temps curé de Saint-Germain l’Auxerrois à Paris, son principal héritier spirituel, ont eu pour ligne la préservation de ce qui paraissait pouvoir l’être au milieu des ruines. Et surtout, il y a eu le phénomène Ratzinger. Déjà, en 1966, Joseph Ratzinger était intervenu de manière très sévère au Katholikentag de Bamberg à propos de la réforme en cours. Le combat contre ce qu’il pense être un « faux esprit du Concile » est devenu pour ainsi dire substantiel à celui qui est devenu Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, en 1981, puis pape en 2005. Or, en matière de liturgie, Joseph Ratzinger allait beaucoup plus loin que les autres réformistes. On sait aujourd’hui qu’il avait organisé à Rome une réunion cardinalice, le 16 novembre 1982, au « sujet des questions liturgiques », obtenant que tous les Préfets de Congrégations présents à la réunion affirment que le missel romain « ancien » devait être « admis par le Saint Siège dans toute l’Église pour les messes célébrées en langue latine ». En 1982 : un quart de siècle exactement avant le Motu Proprio Summorum Pontificum.

4. Votre ouvrage est sous-titré « Un nouveau mouvement liturgique ». Est-ce un voeu pieux ou le constat qu’autour de Benoît XVI, qui semble être le fer de lance de cette « réforme de la réforme », se constitue un groupe influent de prélats et de clercs qui entendent bien, sinon la mener à bout incessamment, au moins la lancer pour de bon?

Justement, s’appuyant sur les ouvrages de Joseph Ratzinger (Entretien sur la foi ; Ma vie; L’Esprit de la liturgie; Un chant nouveau pour le Seigneur, La célébration de la foi) et s’autorisant d’eux, une nouvelle génération de théologiens, d’historiens du culte divin, de responsables souvent de haut niveau, s’est constituée. Ils forment aujourd’hui le milieu des penseurs de la réforme de la réforme – un « nouveau mouvement liturgique », comme le Pape aime à dire – et des soutiens du Motu Proprio.

Ceci dit, aucun d’entre eux – et spécialement pas le premier d’entre eux, le Pape – n’entendent promouvoir une réforme de la réforme par des textes, par des décrets, et a fortiori par l’édition d’un nouveau missel fusionnel, un missel Benoît XVI qui s’ajouterait aux missels Pie V et Paul VI, mais ils veulent procéder par l’exemple, l’exhortation, l’éducation, et surtout, pour évoquer le thème de saint Paul dans l’épître aux Romains, en provoquant une saine «jalousie» de la forme dite aujourd’hui «ordinaire» vis-à-vis de la forme dite «extraordinaire». C’est au reste une caractéristique de la restauration ratzinguérienne depuis 1985 : elle cherche à infléchir le cours des choses conciliaires, mais de manière exhortative et non pas coercitive. C’est ainsi. La réforme de la réforme existe déjà dans un grand nombre de paroisses. Il suffit donc de l’encourager, de l’étendre et surtout de la faire passer au niveau diocésain. Il conviendrait qu’au lieu d’être seulement le fait des curés à la base et du Pape au sommet, elle soit mise en oeuvre par les évêques. Imaginez l’effet prodigieux de restauration, non seulement liturgique mais de tout ce qui va avec la liturgie, vocations, doctrine, catéchismes, renouveau de la pratique, que produirait le fait qu’un évêque, puis deux, puis trois…, retournent l’autel de leur cathédrale, y rétablissent la communion à genoux, y réintroduisent le latin et le grégorien, y fassent régulièrement célébrer la messe traditionnelle. J’insiste : ce projet de réforme de la réforme ne peut se réaliser sans la célébration la plus large possible selon le missel traditionnel ; et inversement, celle-ci a besoin pour exister dans les paroisses ordinaires d’un état d’esprit de retour aux sources traditionnelles représenté par la réforme de la réforme.

Les hauts responsables favorables à ce « nouveau mouvement liturgique » évoquent aussi volontiers: la diminution du nombre des concélébrants et même celui des concélébrations ; la réduction du nombre des prières eucharistiques, dont la variété « révèle une situation préoccupante, d’autant plus que leur qualité et leur convenance théologique sont parfois à la limite du supportable » 3 ; la réintroduction des éléments de la messe traditionnelle dans les multiples « trous » rituels de la forme de Paul VI (génuflexions, baisers à l’autel, très antiques signes de croix du canon); le remplacement des messes rassemblant des masses énormes de fidèles, où le culte devient une manifestation, certes d’intention pieuse mais fort peu liturgique, par des Heures Saintes, des bénédictions du Saint-Sacrement; la restitution d’un signe de paix comme action sacrée et non un signe de civilité bourgeoise ; etc. ; etc.

Ce Carnet m’attire d’ailleurs de nombreuses réactions favorables de prêtres. Toutes les idées rectificatives sont bonnes pourvu qu’on les mette en oeuvre et qu’elles ne restent pas des voeux pieux. Elles émanent massivement de pasteurs qui, sur le terrain paroissial, sont devenus bi-formalistes. 40 ans après ce bouleversement sans précédent dans l’histoire du rite romain qu’a été la réforme de Paul VI, et au milieu des ruines d’une sécularisation du monde catholique qu’elle n’a pas – au minimum – empêchée, il est patent qu’existe un climat de « retour », encore minoritaire, mais qui ne demande qu’à grossir. Bien entendu, la liturgie n’est qu’un de ses aspects, mais, par la nature de ce qu’est la liturgie, c’est un aspect très significatif.

Propos recueillis par Daniel Hamiche


1. Claude Barthe, La Messe à l’endroit. Un Nouveau mouvement liturgique, coll. Hora Decima, Éditions de L’Homme Nouveau, 102 p., 9€.
2. François-Xavier de Guibert.
3. Cardinal Ratzinger, La célébration de la foi, Téqui, 1985, pp. 72-73.

[Romano Libero - Golias] L'homme à abattre - L’odieuse campagne de la cathosphère tradi contre l’évêque d’Evreux

SOURCE - Romano Libero - Golias - 20 septembre 2010

A dire vrai, il ne nous a jamais inspiré une grande sympathie. Homme d’appareil, autoritaire, maladroit et cassant, l’actuel évêque d’Evreux, Mgr Christian Nourrichard, n’a pas grand chose de commun avec son prédécesseur Jacques Gaillot. Pourtant il fait aujourd’hui l’objet d’un procès d’intention particulièrement féroce de la part des courants intégristes et ultra-conservateurs pour avoir assisté, en mitre et en crosse - oecuménisme oblige - à une ordination de femmes dans l’anglicanisme.

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. En raison de l’attitude de Nourrichard face au curé de Thiberville c’est l’appel à la curée qui a été lancé...Mgr d’Evreux est devenu l’homme à abattre. Des pétitions commencent à circuler exigeant de Rome sa destitution.

Né le 24 mai 1948, Nourrichard a été ordonné prêtre le 23 Juin 1974 puis nommé évêque le 22 Octobre 2005. Comme le note notre confrère Perepiscopus, il est donc "un pur produit de la tourmente post-conciliaire". Formé qui plus est par l’Action catholique et par la pédagogie religieuse. Gravissant peu à peu les échelons. Protégé par Mgr Joseph Duval, son archevêque à Rouen qui était aussi le Président de la Conférence des évêques de France.

Les milieux intégristes ont pris en grippe dès son arrivée à Evreux. Avait été organisée, on s’en souvient une « fête du peuple de Dieu », dans la salle omnisports d’Evreux. Perepiscopus revient sur cet évènement : "Lors de la procession des offrandes fut apporté devant l’autel un monceau de cadeaux, dont une grande pièce de tissu vert, avec la représentation des mosquées de Médine et de La Mecque et la Chahada, la « profession de foi » musulmane". De quoi se faire des amis du côté tradi.

La gouvernance épiscopale de Nourrichard n’est certes pas des plus heureuse. Cassant, il prend ses décisions sans assez de concertation. Par ailleurs, si le curé de Thiberville, l’abbé Michel, incarne un ultra-conservatisme royaliste et liturgiquement figé, à nos yeux insupportable et caricatural, il est certain que l’évêque n’a pas fait toujours preuve d’une grande souplesse. Même les prêtres de tendance progressiste ne sont guère contents, en général, de cet évêque apparatchik.

Pour autant, cela ne légitime en rien le procès d’intention fait aujourd’hui à ce prélat. Son diocèse d’Evreux est jumelé avec le diocèse anglican de Salisbury et il est normal que les évêques des deux diocèses entretiennent des relations communes. Y compris en participant à des cérémonies. Christian Nourrichard a d'ailleurs été nommé en octobre 2009 chanoine honoraire de ce diocèse. Il a participé le 3 juillet dernier à des ordinations, en habit de choeur, sans concélébrer au sens strict du terme. Un geste de courtoisie et de fraternité.

Évidemment les intégristes entendent bien s’en servir pour dénoncer "l’infâme" évêque moderniste. Nous en tirons pour notre part deux conclusions.

En premier lieu, loin de revendiquer simplement une place et le respect, les courants intégristes entendent bien semer le trouble et empêcher les conciliaires de tourner en rond. On pourrait même dire familièrement leur "bousiller l’existence". Cela est particulièrement vrai en France où la proportion de cette tendance dure est plus forte qu’ailleurs.

En second lieu, opposer aux revendications intégristes une attitude cléricale et autoritaire, comme le font NN SS Nourrichard, Hubert Herbreteau (Agen) ou Jean-Luc Bouilleret (Amiens) n’est pas très efficace, même si l’on peut comprendre l’exaspération légitime de ces prélats. Par là, les évêques concernés se placent eux-même sur le terrain de leur adversaire qui en profite. On trouve toujours la faille dans l’orthodoxie ou le respect de la discipline chez l’autre, la paille que l’on pointe du doigt.
Nos évêques seraient bien mieux inspirés de laisser souffler en liberté l’esprit de Vatican II réduit souvent à une demi-mesure. Et le vent finit par emporter les feuilles mortes.

18 septembre 2010

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Doctrine - Pourquoi?

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 18 septembre 2010

La doctrine, ou l'enseignement, est de l'essence même de l'Eglise catholique. Aux âmes il faut tout d'abord enseigner le chemin du ciel, ou jamais elles n'y arriveront. « Allez, enseignez toutes les nations » se trouve parmi les toutes dernières instructions de Notre Seigneur à ses Apôtres (Mt. XXVIII, 19).  C'est pour cela que la lutte héroïque que mena Mgr Lefebvre pour la Tradition (1970-1991) fut d'abord et avant tout une lutte doctrinal.

C'est pour cela aussi que Mgr. Fellay, comme on a pu lire dans ce « Commentaire » la semaine dernière, a dit à Brian Mershon au mois de mai qu'il n'est pas possible de laisser de côté les différences doctrinales pour arriver à un accord pratique avec Rome, pour attrayant qu'il soit. On avait posé à Mgr Fellay la question à savoir si la Fraternité St. Pie X, en refusant toute solution canonique ou pratique, ne faisait pas preuve « d'obstination ou de mauvaise volonté ». Il a répondu (on peut vérifier ses paroles à l'Internet, sur le site du Remnant et de La Porte Latine): « Il est très clair qu'une solution éventuelle sans fondement doctrinal serait désastreuse ... Nous avons sous les yeux tous ces exemples antérieurs : la Fraternité Saint-Pierre, l'Institut du Christ-Roi et tous les autres sont complètement bloqués sur le plan doctrinal car ils ont d'abord accepté un accord pratique. »

La raison pour laquelle tout accord pratique « bloque » la doctrine relève du bon sens. Les Romains d'aujourd'hui sont absolument accrochés encore à leur Concile (Vatican II). Celui-ci représente essentiellement un éloignement de la Tradition catholique, de la religion de Dieu, en faveur d'une nouvelle religion de l'homme. Si donc ils faisaient une concession majeure à la Tradition, telle une régularisation de la FSSPX, ils se devraient de demander quelque concession en retour. Or ils savent que la FSSPX s'accroche à la doctrine catholique, pour toutes les raisons déjà données. Alors le moins qu'ils puissent exiger, c'est que l'on laisse de côté, pour le moment, les différences doctrinales.

Mais cela suffirait aux Romains pour  arriver à leur but !  Quant à ce « pour le moment », une fois qu'on aurait signé un accord pratique, il y aurait une euphorie, non-doctrinale, de toutes les âmes de la Tradition qui seraient enchantées de ne plus sentir le froid, comme elles le sentent à présent, de la désapprobation de Rome. Une telle euphorie ferait que la FSSPX pourrait difficilement rebrousser chemin, si ce « moment » - comme par hasard, bien sûr - devait se prolonger en un temps indéfini. Le piège se serait refermé sur la FSSPX

Et quant à ce « laisser de côté », laisser de côté la doctrine, surtout cette différence  radicale de doctrine entre la religion de Dieu et la religion de l'homme, n'équivaudrait-il pas à laisser de côté, ou à faire abstraction de Dieu lui-même ?  Mais comment un serviteur de Dieu peut-il servir Dieu en le laissant de côté ou en faisant abstraction de lui ?  Pour peu que l'on y pense, n'est-ce pas là le premier petit pas vers une grande apostasie?

Comme Mgr Fellay l'indique, voilà 40 ans d'expérience qui confirment ces principes - le champ de bataille de la Tradition est parsemé des cadavres d'organisations dont les débuts étaient nobles mais qui n'ont jamais compris l'importance du problème doctrinal.

Kyrie eleison.

[SPO] Le Chapitre général de l'ICRSP en ligne

SOURCE - SPO - 18 septembre 2010

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’indiquer, du lundi 30 août au vendredi 3 septembre dernier, s’est déroulé à Gricigliano le chapitre général de l’institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, marqué cette année par son XXe anniversaire. L’Institut vient de mettre sur son site plusieurs photos de ces jours ainsi que les sermons prononcés à cette occasion par dom Antoine Forgeot, Père Abbé de Fontgombault et par Mgr Burke, Préfet du Suprême Tribunal de la Signature apostolique.
 
La présence du Père Abbé de Fontgombault s’explique notamment par le fait que cette abbaye transmit  Gricigliano au jeune Institut du Christ Roi après l’échec de sa fondation bénédictine en Italie. Dans son sermon, dom Forgeot déclara notamment :
« L’offrande du sacrifice eucharistique est le meilleur moyen de remercier Dieu pour ses bienfaits, aussi il nous est bon de nous retrouver autour de cet autel dans cette belle chapelle, dans l’action de grâce pour les 20 ans que votre Institut a déjà passés dans ces lieux. De tout cœur, je vous dis « ad multos annos », en vous souhaitant de poursuivre votre fécond labeur au service de la Sainte Eglise, au service du sacerdoce, particulièrement dans la formation des futurs prêtres appelés à être « les apôtres des derniers temps » entrevus par saint Louis-Marie Grignon de Monfort qui les décrit comme « ayant dans leur bouche le glaive à deux tranchants de la parole de Dieu ; portant sur leurs épaules l’étendard ensanglanté de la Croix, le crucifix dans la main droite, le chapelet dans la gauche, les Sacrés noms de Jésus et de Marie sur leur cœur, et la modestie et mortification de Jésus-Christ dans toute leur conduite » (V. D. 59). »
Ami de l’Institut, la présence du Préfet du Suprême Tribunal de la Signature apostolique est plus habituelle. Mgr Burke exhorta notamment « Les Adoratrices et les Chanoines, comme la Vierge Marie et l’apôtre Saint Jean » à « se tenir ensemble au pied de la Croix, spécialement au cours du Sacrifice Eucharistique, manifestant la grande beauté de vos vocations, distinctes et complémentaires, dans l’Eglise ».
 
On trouvera ici les textes complets et les photographies liées à ce chapitre.

17 septembre 2010

[Abbé Ph. Laguérie, ibp] C'est la rentrée

SOURCE - Abbé Ph. Laguérie, ibp - 17 septembre 2010

Après un été rempli de joies avec les ordinations du 10 juillet, notre jeune institut compte désormais un prêtre, un diacre et un sous-diacre de plus. Nous en rendons grâce à Dieu. Les prêtres de l’institut ont eut la grâce de suivre une retraite magnifiquement prêchée par Monsieur l’abbé Chanut, qu’il en soit vivement remercié. A cet instant même, les séminaristes sortent de la retraite de rentrée prêchée par Monsieur l’abbé Pozzetto, je l’en remercie par la même occasion.
En ce début d’année académique, chacun retrouve son poste et son ministère, certains après un été missionnaire chargé d’espérance pour le futur.
Je vous souhaite donc une bonne rentrée à tous et je prendrais bientôt la plume pour vous donner les détails de notre été.

Prenez note que j’ai nommé Monsieur l’abbé Hugues Beaugrand, secrétaire personnel du Modérateur Général. Il a pris ses fonctions et se tient à votre disposition pour toute information concernant l’IBP. Par la même, il est responsable dorénavant de ce site officiel à compter d’aujourd’hui. C’est à lui que vous voudrez bien adresser toute communication concernant notre institut, susceptible d’être mise en ligne.
Pour joindre la Maison Centrale de l’Institut du Bon Pasteur : secretariatcentral.ibp@gmail.com ; vous pouvez joindre M. l’abbé Beaugrand à cette adresse ou au 06.71.62.43.07.

Recevez ma bénédiction et soyez assuré de mes prières. Je vous demande les vôtres.

Abbé Philippe Laguérie