22 mai 2006

Entretien avec Mgr Ranjith dans le Tagespost du 22 mai 2006
Commenté par www.dici.org
Dans le Tagespost, le journaliste allemand Guido Horst rapporte une entrevue avec Mgr Ranjith. On avait ouvert l’Eglise au monde moderne. On avait repensé les relations de l’Eglise catholique avec les autres confessions chrétiennes, avec l’islam et le judaïsme. On avait pris en compte l’existence des médias, on s’était préoccupé de développement, de paix et de justice sociale. On s’était penché sur les questions structurelles de l’Eglise, et aussi sur le rôle des laïcs dans le monde. On avait récolté les fruits du Concile Vatican II: tout était prêt, l’avion "Eglise" pouvait et devait décoller. Mais voilà, rien ne s’est passé, la machine ne s’est jamais élevée. L’envol de l’Eglise vers les cimes ne s’est tout simplement pas produit.
C’est ainsi que Mgr Ranjith décrit la situation pour le moins défectueuse de l’Eglise catholique durant la période post-conciliaire. Ce membre de la curie romaine, né en 1947 dans la ville indienne de Polgahawela, est depuis décembre dernier secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements - et donc le "2ème homme" de cette Congrégation. En collaboration avec le cardinal Arinze, originaire du Nigeria, il dirige ce dicastère chargé d’élaborer d’éventuelles "réformes" liturgiques de l’Eglise catholique.
Qui est Mgr Ranjith? Son origine indienne n’apparaît pas au premier abord - il y a des habitants de l’Inde chez qui cela se voit -. Mais ses mains, aux doigts fins et allongés, qui soulignent chacune de ses paroles, trahissent en lui l’Asiatique. Son nom complet est Albert Malcolm Ranjith Patabendige Don, mais je crois que personne à Rome ne sait au juste distinguer là un nom et un prénom! Qu’importe, pour tous il est simplement Mgr Ranjith. Son retour à la Curie romaine, il y a cinq mois, après avoir été au service de la diplomatie vaticane, est dû à une des seules décisions personnelles prises par Benoît XVI jusqu’ici.
On sait que Rome s’est toujours intéressée de près à la liturgie. Pourtant lors d’une entrevue avec Mgr Ranjith dans un simple salon d’accueil de la Congrégation pour le Culte divin, celui-ci nous a fait rapidement comprendre qu’il ne faut pas s’attendre à des réformes immédiates.
On croit savoir - et on en a beaucoup parlé ces dernières semaines - que l’art et la manière de célébrer le culte de l’Eglise est une épine dans le pied de notre nouveau pape; il serait question d’une "réforme de la réforme". D’ailleurs le cardinal Ratzinger lui-même, du temps où il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, avait beaucoup écrit à ce sujet.
Les rumeurs se sont multipliées lorsque, au cours de l’été dernier, Benoît XVI avait rencontré Mgr Bernard Fellay, le supérieur de la Fraternité S. Pie X créée par Mgr Lefebvre. Depuis, sur les sites Internet traditionalistes on lit que "quelque chose bouge à Rome" en ce qui concerne l’autorisation de célébrer plus largement la messe dite "tridentine". Avant les fêtes de Pâques on pouvait entendre à Rome que le pape allemand allait certainement clarifier très rapidement la question des rites et proposer une possibilité d’une utilisation généralisée de l’ancien missel. Mais il ne s’est rien passé. Au point qu’on peut se demander si réellement quelqu’un s’intéresse encore à la liturgie...
Mgr Ranjith confirme pourtant: si, bien sûr, le sujet est toujours d’actualité. Et d’après lui, le problème est en relation étroite avec le fait qu’après le Concile l’ "avion-Eglise" n’a pas décollé. Selon Mgr Ranjith, le Concile Vatican II a voulu hisser l’Eglise à son plus haut niveau et l’armer contre la sécularisation du monde moderne. Mais il s’est passé ensuite exactement le contraire - et ce, contre la volonté du Concile -. La sécularisation s’est introduite comme un voleur dans l’Eglise et s’est attaquée à ce qui aurait dû être au cœur de tout "aggiornamento", donc au centre de toute réforme et de tout e progrès: la foi. La foi en la proximité de Dieu, en l’action surnaturelle des sacrements, à la présence du Christ à la messe et dans l’Eucharistie.
Le pape Benoît XVI est intimement persuadé que la liturgie aurait dû constituer le cœur même d’un renouveau de l’Eglise. Mais à cause de sa sécularisation, et de sa propension à célébrer l’homme plutôt que Dieu, il a manqué à l’Eglise, pour prendre un nouveau départ, la force que donne la foi.
Si l’on demande à l’évêque un exemple pour illustrer ses dires, il sourit et raconte: "Lors de la Journée mondiale de la jeunesse à Paris en 1997, une jeune fille a pris le micro et a demandé au pape Jean-Paul II de rappeler à ses prêtres combien il était important qu’ils parlent à nouveau de Dieu." Mgr Ranjith avait été très ému par ces paroles. Il avait pensé à tous ces endroits où la liturgie n’était plus l’occasion de prier et d’adorer Dieu, d’honorer Jésus-Christ dans le silence, mais de célébrer l’homme...
Mais que peut-on faire? Si une "réforme" liturgique devait avoir lieu, un renouveau du caractère sacré de la liturgie, cela devrait se faire dans le cadre d’une sorte de mouvement liturgique. Le rétablissement du sens de l’Eucharistie ne se décrète pas par un "motu proprio" du pape. La position de Mgr Ranjith est claire: ce mouvement liturgique, si nécessaire, serait au fond un nouvel éveil à la foi. Pour l’évêque indien, il ne s’agit pas d’obtenir un indult et une autorisation exceptionnelle donnée à tel ou tel groupe de fidèles désireux de célébrer à nouveau l’ancienne messe, mais de provoquer un retour à la foi en la présence de Dieu à son Eglise et plus particulièrement à travers la célébration de l’Eucharistie.
Et le pape? Que fait le pape? Pour Mgr Ranjith, Benoît XVI, doué d’une intelligence exceptionnelle, est celui qui observe, sachant exactement dans quelle situation se trouve l’Eglise. Et il est celui qui justement voudrait faire jaillir l’étincelle d’un renouveau de la foi capable de redonner à la liturgie son caractère sacré et surnaturel. La Congrégation pour le Culte divin est toute prête à suivre les indications du pape, dit Mgr Ranjith. Mais on a parfois l’impression que Benoît XVI n’a pas encore l’intention de poser des actes concrets et d’opérer des changements dans le domaine si délicat de la liturgie.
Le samedi avant la Pentecôte, lors de la célébration de la Vigile sur la place St Pierre, le pape rencontrera des membres et des sympathisants de plus de 130 mouvements d’Eglise et communautés nouvelles. D’après le programme diffusé par le Conseil pour les laïcs qui organise ce rassemblement, ces fidèles se répartiront la veille dans 50 églises de Rome, pour préparer dans la prière "les chemins de l’Esprit-Saint". Le Pape profitera-t-il de cette occasion pour proposer à ces nouvelles communautés ce mouvement liturgique qu’il appelle de ses vœux, et qui est au fond un nouvel élan de la foi?
 Notre conversation avec Mgr Ranjith a en tout cas mis clairement en évidence que le pape n’est pas homme à prendre n’importe quelle décision en matière de liturgie, mais qu’il vise à l’essentiel: une renaissance et un approfondissement de la foi.
« Dialogue avec les traditionalistes, mais pas au point de sacrifier le dialogue œcuménique »
Apic du 22 mai 2006 - Commenté par www.dici.org
Martin Klöckener, professeur de sciences liturgiques à la Faculté de Théologie de l’Université de Fribourg, est interrogé par Pierre Rotet de  l’ agence Apic, sur les propos tenus le 27 avril dernier à Rome par Mgr Albert Malcom Ranjith Patabendige, pour qui les changements liturgiques intervenus à la faveur de Vatican II - comme la disparition de l’usage du latin et l’orientation des autels face au peuple -, ne peuvent pas être considérés comme définitifs. (voir DICI n° 135).
Le secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Mgr Ranjith avait fait cette déclaration dans le cadre de la présentation de la version italienne du livre "Rivolti al Signore. L’orientamento nella preghiera liturgica" ("Conversi ad Dominum. Zur Geschichte und Theologie der christlichen Gebetsrichtung") du Père Uwe Michael Lang. Le prélat indien s’inscrivait explicitement dans la ligne du cardinal Ratzinger qui avait préfacé l’ouvrage en 2003.
La sortie de la traduction italienne de ce livre a eu lieu un mois après la rencontre des cardinaux avec Benoît XVI où il fut question de la Fraternité Saint-Pie X. Le 23 mars, le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé, déclarait à l’issue de cette réunion que l’Eglise attendait à bras ouverts les disciples de Mgr Lefebvre.
Dans ces circonstances, comment interpréter les propos du prélat indien ajoutant sans hésiter que "dans une culture qui divinise l’homme, la tentation de devenir protagonistes de la liturgie est forte"? Remise en question, volonté d’un retour en arrière ? Martin Klöckener répond au journaliste de l’Apic :
 « Il faut rester clair. Vatican II a été accepté, avec ses idées théologiques, sa vision de l’Eglise, son ouverture vers le monde. L’essentiel de ce Concile ne peut donc pas être remis en question, surtout dans l’optique d’un dialogue avec les traditionalistes. Les acquis de Vatican II ne touchent du reste pas que la liturgie. Cette dernière n’est qu’un aspect, peut-être même secondaire dans le dialogue avec les traditionalistes, pris dans l’ensemble de Vatican II, faute de quoi, on toucherait à sa légitimité. C’est dire que les questions sont plus profondes et qu’elles vont bien au-delà de la simple liturgie.
C’est pourtant bien d’une remise en question de ces acquis dont il est apparemment question…
 - Cela aurait été moins possible il y a 20 ans en effet, même si, à l’époque, en 1984, on a assisté à une première ouverture vers les intégristes, avec l’acceptation de l’utilisation du missel du Concile de Trente, de 1570 (mais dans l’édition de 1962). Cela avec des conditions bien précises et dans un cadre défini par l’évêque diocésain. Surtout qu’il appartenait à l’évêque de choisir les prêtres autorisés à célébrer selon le rite saint Pie V en compagnie d’intégristes. Cette première ouverture, certes restrictive, n’en était pas moins évidente. Sans doute fallait-il y voir l’intention de Jean-Paul II de retrouver l’unité. Il faut se rappeler du rapprochement avec la communauté du Barroux, dans le sud de la France, puis plus tard, d’une autre communauté traditionaliste au Brésil.
Le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avant de devenir Benoît XVI, avait joué un rôle non négligeable dans ce rapprochement…
 - Oui. Dans le souci de retrouver l’unité de l’Eglise, il s’est montré assez ouvert, et il a pris quelques mesures qui n’ont pas toujours été appréciées de la même manière par tout le monde. Par exemple, il avait d’ailleurs écrit la préface pour la réimpression d’un missel des fidèles préconciliaire, publié par l’abbaye du Barroux, vers la fin des années 80.
Les prémisses d’une volonté de retrouver l’unité ?
 - L’Eglise se doit d’avoir le soin de retrouver l’unité. Mais elle ne doit pas non plus perdre de vue qu’elle doit rester fidèle au Concile Vatican II.
Avec un recentrage et un tour de vis pour tout ce qui touche à la liturgie…
 - Dans beaucoup de questions liturgiques actuelles, le problème central tourne autour de la relation entre l’Eglise universelle d’une part et les Eglises particulières d’autre part. Si l’on observe le rôle du Saint-Siège dans le développement de la liturgie ces dernières années, on peut en effet constater une volonté de centraliser le règlement de la liturgie et de limiter la responsabilité des Conférences des évêques, d’empêcher les efforts d’une inculturation approfondie de la liturgie. On note de sa part un intérêt assez marqué pour souligner le rôle du prêtre, sans avancer en même temps dans la recherche d’une place convenable des agents pastoraux laïcs dans la liturgie. Les discussions en Suisse vont d’ailleurs bon train à ce sujet. Il est vrai que le statut des agents pastoraux laïcs dans la liturgie n’est pas bien clarifié. Une déclaration des évêques suisses avait abordé la question en janvier 2005 d’une manière constructive. Même s’il reste des questions, il faut poursuivre ces chemins pour trouver des solutions théologiquement justifiées, aptes aux situations des Eglises particulières, et acceptables aussi pour l’Eglise universelle.
La méfiance est de mise….
 - Le Saint-Siège, à plusieurs reprises, a fait part de sa méfiance face aux nouvelles orientations et au développement tous azimuts de la liturgie dans certains pays ou continents. Il est vrai, il existe des développements moins heureux et des pratiques nettement à critiquer; il faut s’engager, avec tous les moyens possibles, pour une bonne qualité de la liturgie. Mais cela se fait mieux en dialogue avec les évêques des pays concernés, en écoutant leur avis, pour achever ce qui est nécessaire selon la première phrase du dernier concile: pour « faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles ». Cela inclut aussi la poursuite de l’intégration et de l’adaptation de cette même liturgie aux cultures locales.
Si, à en croire Mgr Albert Malcom Ranjith Patabendige, rien ne peut être considéré comme définitif s’agissant des changements apportés par Vatican II, c’est donc, selon lui, qu’un retour en arrière est à envisager…
 - C’est ce que pourraient laisser supposer ses déclarations, mais j’espère et je crois que cela n’est pas son intention. Il faut savoir que la messe latine n’a jamais été abolie dans l’Eglise romaine. Le Missel romain, dans la version latine, sert encore de base pour toutes les traductions en langue maternelle et peut également être utilisé dans la célébration de la messe elle-même. Mais un retour à une pratique régulière de ce rite n’aurait aucune chance de passer. Si tel devait être le cas, je ne crois pas que beaucoup de prêtres responsables de paroisse, ni que beaucoup d’évêques diocésains soutiendraient l’idée d’une messe régulière en latin. Comment les fidèles pourraient-ils authentiquement y participer et y trouver la source principale de leur vie spirituelle, comme le dernier concile le demande également?
Comment alors interpréter les propos du secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, sans doute pas fortuits… Comme un ballon d’essai…?
 - Je ne le pense pas. Nous avons assez de discussions entre le Saint-Siège et les Conférences des évêques, surtout en matière liturgique. Pour ces dernières, la liturgie doit rester un point essentiel de la vie pastorale, de la spiritualité des fidèles de notre époque. Nous n’avons pas encore trouvé le bon équilibre afin d’intégrer le rite romain, qui signifie entre autres l’unité de l’Eglise universelle, mais tout en respectant les mentalités propres, les différentes cultures et la manière de formuler le tout dans les différentes langues. Après le Concile, la question était plus ouverte. Aujourd’hui, la position du Saint-Siège est plus tranchée, plus sévère, et moins conciliante en ce qui concerne les relations avec les Conférences épiscopales.
C’est donc qu’il y a problème…
 - C’est l’évidence même.
Et vos étudiants, qu’en disent-ils ?
 - Ils ont entre 20 et 25 ans. Cette génération ne parle pas de "nouvelle liturgie" dans l’esprit de Vatican II. Ils n’ont jamais fait l’expérience d’une autre liturgie. Ainsi, ils ne sont plus fixés sur les positions parfois conflictuelles d’après le concile et montrent en général une ouverture dans différentes directions. Néanmoins pour eux, beaucoup des problèmes mentionnés sont d’un autre siècle.
On parle de rapprochement… comment concilier des positions a priori irrémédiablement opposées entre Ecône et Rome ?  Il faudra bien que quelqu’un lâche du lest…
 - Il n’est pas simple de prévoir comment les choses vont se développer. L’Eglise catholique ne doit pas oublier son engagement en faveur de l’œcuménisme, ses pas vers les Eglises de la Réforme. Il n’est pas admissible qu’un petit groupe, très spécial, à droite de l’Eglise catholique, puisse bloquer le dialogue de l’Eglise dans son ensemble. On ne peut faire le sacrifice de ces dialogues avec les autres Eglises, sous prétexte de retrouver l’unité avec les intégristes. Ce serait là un sacrifice trop grand.

20 mai 2006

Notre missel quotidien et l’Ordinaire du lieu
Jean Madiran - 20 mai 2006 - www.present.fr - mis en ligne par le Forum Catholique
L’« Ordinaire du lieu », c’est l’évêque du diocèse. Individuellement ou collégialement, selon les époques et les circonstances, nos évêques de France, se succédant les uns aux autres comme par cooptation conforme, nous ont depuis quarante ans largement répété de toutes les manières et sur tous les tons : « Il n’est plus permis de célébrer la messe selon le rite de saint Pie V. »
« L’obéissance à l’Eglise interdit de célébrer la messe de saint Pie V dans quelque circonstance que ce soit. »
« Le rite de saint Pie V a été aboli par la constitution apostolique Missale romanum du 3 avril 1969. »
« Le Pape a prescrit que le nouveau missel doit remplacer l’ancien. »
Ce discours impérieux a commencé à s’atténuer à partir du 3 octobre 1984. Il est devenu moins absolu, plus nuancé, plus embarrassé aussi, à mesure qu’apparaissait mieux le fait (pourtant mis en lumière par l’abbé Raymond Dulac dès 1969-1970) que le missel romain de saint Pie V est un rite officiel de l’Eglise, hors d’atteinte de toute abolition.
Les promulgations pontificales de 1969 et 1970 ont bien existé, elles ont simplement pu installer un second rite romain officiel, coexistant avec le précédent, elles ne pouvaient faire valablement davantage et la situation, plus clairement aperçue désormais, est celle de la légalité canonique simultanée du rite traditionnel et du rite de Paul VI.
Dans cette situation le missel Jubilate Deo me paraît convenir surtout aux familles, aux écoles, aux jeunes gens curieux de ce rite traditionnel dont ils entendent parler dans leur diocèse d’une manière de moins en moins hostile et dont ils ignorent tout. Cette ignorance est excusable : quarante ans à ne fréquenter que l’inépuisable multiplicité des diverses messes issues du rite de Paul VI, cela n’arrange pas le sens liturgique, ni n’instruit beaucoup les baptisés et les catéchumènes. Ce Jubilate Deo, déjà présenté ici le 4 mai, est édité par l’Imprimerie Saint-Joseph, 11 rue Vaubecour, 69002 Lyon : c’est seulement à cette adresse que l’on peut en passer commande, fût-ce par téléphone : 04.78.42.45.85
Il existe en France trois autres missels traditionnels. Il y a celui des Editions Clovis, que je connais seulement par ouï-dire, il a une excellente réputation. Les Editions DFT (BP 28, 35370 Argentré du Plessis) ont édité en 2003 un « Missel vespéral très complet ». C’est celui que j’ai adopté pour l’avoir toujours sous la main au journal. Les divers imprimatur qu’il mentionne remontent à 1933 et (ou) ont été décernés hors de France. De son côté le « Missel quotidien » du Barroux est présenté avec autorité par le cardinal Ratzinger dans une lettre-préface du 18 juillet 1990, et il porte non moins honorablement l’imprimatur du cardinal Mayer délivré à Rome le 10 novembre de la même année. C’est une licentia edendi on ne peut plus somptueuse.
Mais la particularité du Jubilate Deo est que, seul jusqu’ici à notre connaissance, il porte un imprimatur récent accordé dans un diocèse français. Que cet imprimatur ait été personnellement signé par le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon et primat des Gaules, en augmente, nous l’avons déjà souligné, la portée symbolique, historique, canonique et administrative.
Tout au long de ce que l’abbé Aulagnier a très justement appelé la bataille de la messe, nous nous sommes souvent heurtés à la direction collective de l’épiscopat français et même au sentiment individuel de la plupart de nos évêques. Nous avons attaqué non pas leur fonction légitime ni leur personne, mais les implications et conséquences du faux principe que plusieurs d’entre eux ont explicitement formulé au cours de ces quarante années : « Le monde change, la religion doit changer de même. »
Nous ne désirons pas que leur autorité soit contestée ou humiliée, mais au contraire restaurée dans sa vérité.
Que dans chaque diocèse ce soit l’Ordinaire du lieu qui devienne le principal promoteur du retour de la messe traditionnelle ; et qu’en cela du moins l’ordre soit rétabli dans l’Eglise.

16 mai 2006

« Ad missam celebrandam* » (*privatim)
http://la.revue.item.free.fr/ - 16 mai 2006 - abbé Paul Aulagnier
Oh ! comme ce « privatim » est injuste, injurieux et faux. Certes, il me touche d’abord. Il touche ma personne. Il touche surtout mon sacerdoce que j’ai reçu des mains de Mgr Lefebvre, ce grand missionnaire, le 17 octobre 1971, d’une manière tout à fait légale, avec les « démissoires » de mon évêque, Mgr de La Chanonie, évêque, à l’époque, de Clermont Ferrand, me laissant à la disposition de Mgr Lefebvre et de la FSSPX qu’il fondait. Il m’a confié ce trésor, cette messe pour que je puisse la célébrer et puisse en faire bénéficier le plus grand nombre. Pour que je puisse rendre d’abord à Dieu, par elle, « tout honneur et toute gloire », « omnis honor et gloria ». Pour que je puisse par ce sacrifice du Christ auquel je suis ontologiquement lié, sanctifier toutes les générations et obtenir le pardon des offenses des vivants et des morts. C’est bien la finalité de la rédemption qui se perpétue par les mains du prêtre…Je communie à cet enseignement de l’Eglise qu’elle rappelle dans son canon 897 : « Le Sacrement le plus vénérable est la très sainte Eucharistie dans laquelle le Christ Seigneur lui-même est contenu, offert et reçu, et par laquelle l’Église vit et croît continuellement. Le Sacrifice eucharistique, mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur, dans lequel le Sacrifice de la croix est perpétué au long des siècles, est le sommet et la source de tout le culte et de toute la vie chrétienne, par lequel est signifiée et réalisée l’unité du peuple de Dieu et s’achève la construction du Corps du Christ. En effet, les autres sacrements et toutes les oeuvres d’apostolat de l’Église sont étroitement liés à la très sainte Eucharistie et y sont ordonnés ».
Et c’est cette messe qui fait la joie du prêtre, sa raison d’être, son enthousiasme…Il trouve toute consolation dans son ministère, dans son ministère dominical…où tout son peuple de fidèles l’entoure, chante et confesse avec fierté, la gloire de Dieu, s’approche de la Sainte Table pour y recevoir l’Eucharistie, le Seigneur, le Bon Pasteur, le Consolateur des âmes… Oui ! La messe célébrée est la raison du prêtre, la raison de sa paroisse, de l’église paroissiale. C’est là qu’elle doit être célébrée pour les fidèles. Il ne le reçoit pas pour lui, ce sacerdoce. Il ne la reçoit pas pour lui, cette messe. Il la reçoit pour la célébrer pour Dieu et sa gloire et pour le peuple et sa sanctification. De sorte que vouloir le réduire à une célébration « privatim », en ces trente mètres carrés, c’est vouloir le réduire à néant. C’est vouloir le mettre à mort. « C’est par toi que je meurs » disait Jeanne d’Arc à Cauchon, son juge, l’évêque de Beauvais. Ce « privatim » qui touche mon sacerdoce, et la messe, c’est vouloir les réduire à néant, alors qu’ils sont fait pour la multitude, « ad gentes » : « Allez enseigner toutes les Nations baptisez-les au nom de Père et du Fils et du Saint Esprit »
Mais ce « privatim » touche finalement et concerne principalement l’Eglise, son droit, son patrimoine, sa liturgie, son histoire, son être historique. C’est surtout cela qui est en cause dans ce « privatim ». Aussi est-ce la raison pour laquelle je désire réagir au plus tôt et le plus fort possible.
J’en appelle à Rome.
J’en appelle à Benoît XVI .
Mais de quoi s’agit-il ?
Chassé injustement de la FSSPX, en octobre 2003, je me présente à Rome en novembre pour demander conseils au cardinal Castrillon Hoyos. Je reçois bon et franc accueil. Il me conseille de « réactualiser » mon incardination au diocèse de Clermont. Quelques semaines plus tard, on me fait revenir à Rome et, son chargé d’affaire m’informe du désir de Rome, de demander à l’archevêque de Clermont de créer, dans son diocèse, une paroisse personnelle. Un petit dossier est établi. Il contient un certain nombre d’obligations pastorales légitimes ainsi que les quatre points acceptés par Mgr Lefebvre, lors du protocole d’accord du 5 mai 1988. Je donne mon accord sur tout mais demande de rédiger une lettre plus personnelle pour les mieux adapter aux circonstances présentes. Ce que Rome accepte. Et de fait, j’adressais au cardinal cette lettre quelques temps plus tard. Il l’accepta. C’est Mgr Hippolyte Simon qui m’informa de cet accord. Le dossier est ainsi très officiel. Il est envoyé par Rome au Nonce de Paris, Mgr Baldelli. On me prit même de prendre contact avec le Nonce et ensuite, une fois le dossier transmis, par le Nonce, de prendre rendez-vous avec Mgr Hippolyte Simon. Ce que je fis avec joie, fidèlement et promptement.
Avant même toute discussion avec l’archevêque, les choses étaient, pour lui et dans sa tête, entendues. On est un homme de dialogue ou on ne l’est pas…Il avait déjà rédigé la réponse au cardinal. Il acceptait bien mon incardination dans le diocèse mais refusait toute fondation de « paroisse personnelle » dans son diocèse. Pour se justifier, il invoquait le jugement très négatif que Mgr de la Chanonie avait signifié à Monsieur le chanoine Ouvry, un ami de ma famille. Il me remettait une copie de cette lettre. Cette lettre était, je crois, datée de 1976, après la « suspens » de Mgr Lefebvre. Mgr de La Chanoinie me reprochait de l’avoir trahi pensant qu’en restant fidèle à Mgr Lefebvre, j’avais trahi ma parole d’obéissance et de fidélité à Rome…Il me reprochait, lui, également, un jugement que j’avais exprimé sur le clergé du diocèse avant mon entrée au séminaire de Rome. Nous étions en 1964 . J’étais bien jeune et sans expérience…
Mgr Hippolyte Simon me donna lui-même mon premier « celebret ». J’assistais à une conférence organisée par l’archevêché. Mgr Jordan en était le conférencier. Il descendit de l’estrade et me le remit en la main. Il était daté du 15 mars 2004, sous le numéro 11 et était signé du chancelier et contre signé de l’archevêque, Mgr Hippolyte Simon , lui-même. Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont par la miséricorde de Dieu et par la grâce du Siège Apostolique attestait « testificatur » que le prêtre du diocèse, Paul Aulagnier n’avait aucun empêchement pour la célébration de la messe, « ad missam » - point c’est tout - et était approuvé ou admis à entendre les confessions selon les normes du droit. Ce « celebret » était valable pour un an. Il prit bien soin de me confirmer par lettre privée que je pouvais dire cette messe dans ma paroisse avec seulement quelques membres de ma famille ou amis et en la seule abbaye de Randol, chez les bénédictins, près de Clermont Ferrand. . Optimiste, je n’en tins pas grand compte pensant que les choses avec le temps s’arrangeraient. Je ne connaissais pas l’archevêque et son caractère « autoritaire ». En deux circonstances bien précises, toutes fraîches encore en ma mémoire, il s’appliqua très fortement à me le faire comprendre ou à me le rappeler. Je passerai, pour l’instant, sur les détails…Je pensais toujours que les choses, en cette affaire liturgique finiraient par s’arranger d’autant que Benoît XVI était devenu l’élu du conclave et que l’on connaissait ses intentions en cette matière liturgique….Il avait suffisamment écrit la dessus, l’épiscopat français le savait bien.
Mais il n’était pas dit sur mon « celebret », document officiel « ad usum publicum » que je devais célébrer cette messe d’une manière « privatim ». Par ces lettres de recommandation, « Litterae commendatitiae », Mgr Simon attestait que je n’avais pas d’empêchement pour la célébration de la messe. En latin, il est dit : « non impedimento esse ei ad missam celebrandam ». Point.
C’était un autre argument qui me faisait patienter tranquillement attendant des jours meilleurs…On est optimiste ou on ne l’est pas…Et de fait, je pus célébrer souvent la messe pour le peuple, la sainte messe tridentine, en paroisse dans quelques diocèses de France. . Je resterai discret pour ne pas gêner ni compromettre mes confrères. Mais je ne cachais rien.
Mgr Hippolyte Simon me renouvela l’envoi du « celebret » le 22 février 2005, à ma demande expresse. Mais cette fois, il était signé du seul chancelier. Les choses se normalisait, pensais-je, et entrait dans l’ordre ! Il était toujours libellé de la même manière. Je le répète. C’est important. Il n’y avait aucun ajout. Je pouvais célébrer la messe de l’Eglise, la messe tridentine sans difficulté dans toutes les églises de France et d’ailleurs. C’est le sens même de ces « litterae commendatitiae », dit « celebret ». Le canon 903 auquel ces « lettres » nous renvoie, dit bien : « Un prêtre, même inconnu du recteur de l’église, sera par lui (admis) à célébrer pourvu qu’il lui présente les lettres de recommandation de son Ordinaire ou de son Supérieur, délivrées au moins dans l’année… ». Ce que je n’omettais pas de faire…avec fierté…Il m’écrivit même qu’il me délivrait ce « celebret » « sans condition ».
Mon « celebret » prenait fin le 22 février 2006, je fis savoir, comme l’année précédente, que je serais désireux de le recevoir de nouveau…Je pense que c’était vers la fin février. Je ne voyais rien venir…j’attendais et comme ce que j’écris sur Item, mon site, n’a pas l’air de plaire toujours à Mgr Hippolyte Simon, je restais silencieux…J’aurais bien voulu l’ avoir pour mon voyage à Rome, prévu à la fin avril 2006…Cela aurait pu me rendre service…Rien ne venait. Il fallut que je gagne la Ville éternelle sans ce précieux document officiel…Mais j’avais celui de l’an dernier. Il n’était pas tellement périmé…En cas de nécessité, je pourrais m’expliquer…Les prêtres ne sont pas si à jour que cela de leur « celebret »…On le comprend…Ils sont souvent « curés » eux-mêmes et ne se déplacent pas tous les jours… Je pars à Rome. Et de fait, ce « celebret » de 2005 me servit bien…Pas tellement pour moi…mais pour un de mes confrères. J’étais en ordre canoniquement…J’ai pu le prouver…Il devait en être…de même pour mon acolyte.
De retour de Rome, je reçois le 3 mai une lettre du chancelier de Clermont. Je suis toujours un peu ému quand je reçois une lettre de l’archevêché. Je l’ouvre fébrilement. Et peux lire : « le diocèse de Clermont a le plaisir de vous faire parvenir, ci-joint, et à la demande de Monseigneur Simon, un celebret du diocèse de Clermont destiné à renouveler celui de l’an dernier. Signé le Chancelier. » Il est daté du 28 avril 2006. Il a le numéro 31. Il est signé du chancelier. Je vois qu’il est contresigné par l’archevêque Hippolyte Simon. Cela retient mon regard. « Tiens ! ». Je vois un petit astérisque après le « ad missam celebrandam * ». Je regarde en marge et je vois « Privatim », en lettre capital. Je regarde de plus près. Je remarque trois écritures. Une écriture ronde d’une grosse plume et de couleur noire. J’imagine, la secrétaire. La signature du chancelier est en bleu et je vois une écriture noire fine, la signature de l’archevêque Hippolyte Simon.. Le « Privatim » est de la même plume. C’est lui, me dis-je, qui a ajouté le « PRIVATIM ».
C’est là que je proteste. Je le fais publiquement après en avoir averti Rome et Benoît XVI. L’archevêque de Clermont n’a pas le droit, de son seul pouvoir épiscopal, de m’interdire la célébration « publique » de la messe tridentine.
J’ai combattu toute ma vie de prêtre pour l’honneur de cette messe et son maintien dans l’Eglise. J’ai pendant 18 ans dirigé le District de France de la FSSPX, fondé un nombre important de prieurés, d’écoles et d’églises. Nous n’avions qu’un but, mes confrères et moi-même : la messe tridentine. La faire aimer, la diffuser. Nous nous souvenions du testament de Mgr Lefebvre transmis lors de son jubile sacerdotal, à la Porte de Versailles…en 1978. Et vous voudriez qu’aujourd’hui, je baisse les bras et me confine dans mes trente trois mètres carrés ? Vous n’y pensez pas. J’ai même accepté mes malheurs avec ma propre hiérarchie de la FSSPX parce que je voulais gagner ce combat de la messe et que cette victoire passée nécessairement par ce que j’appelais, à l’époque le « corps à corps », parce que je croyais à la légitimité de l’autorité de ces évêques qui nous faisaient injustice.
Je suis avec mes confrères, les abbés Laguérie, Tanouärn, Héry … en train de « négocier » avec Rome la fondation d’un Institut sacerdotal…Il est évident qu’on ne pourrait s’engager dans une telle aventure si nous devions rester confiné dans quelques mètres carrés. Il ne peut en être question.
La messe tridentine est un bien public de l’Eglise qui appartient à l’Eglise, qui fait parti du patrimoine de l’Eglise. Qui fait parti des biens historiques de l’Eglise. Tout prêtre, légitimement en ordre avec la hiérarchie catholique, - c’est mon cas -, jouit d’un privilège perpétuel « ad perpetuum ». Cette messe n’a jamais été abrogée ni obrogée. Elle ne le pourrait. Elle est une coutume multi séculaire de l’Eglise. Elle est, du reste, un droit imprescriptible de tout prêtre. Il en est ainsi depuis la Bulle « Quo primum tempore ». Nul ne peut être frappé de suspens ou d’interdit en raison de cette messe et de sa célébration. Nul ne peut l’être pour la raison qu’il célèbre cette messe. Nul ne peut être enfermé dans trente trois mètres carrés…comme le fut Jeanne d’Arc, dans son cachot, dans la prison de Rouen.
« Evêque, c’est par toi que je meurs », dit-elle.
« Monseigneur, C’est par vous que je meurs ».
Vous faites « un misérable abus d’autorité ».

15 mai 2006

L'honneur d'un croquemitaine - L’Echo du Parvis
Bertrand Le Noac’h - www.mascaret.presse.fr - avril/mai 2006
Il existe sur Internet une multitude de sites qui offensent le sixième commandement, le site Honneur a choisi pour se singulariser d’offenser tous les autres. Calomnie, mensonge, diffamation, insulte en sont les ingrédients favoris comme au plus beau temps de l’Agit-prop. Si encore ces excès étaient à mettre au compte d’un débordement polémique autour d’une argumentation sérieuse, leurs auteurs, courageusement masqués, pourraient plaider quelques circonstances atténuantes. Mais à observer le fond on est pris d’un rare vertige métaphysique : contempler la quintessence de rien. Comment un catholique peut-il se permettre d’user contre un adversaire de moyens qu’un individu, simplement honnête, se refuserait à employer ?
Ces turpitudes ne mériteraient aucun écho, si elles n’étaient couvertes par l’autorité du supérieur du district de France, qui tout en désavouant les moyens, les justifie en fait par l’objectif poursuivi : défendre l’honneur des prêtres. Comme si l’usage de moyens intrinsèquement mauvais pouvait être justifié par la fin poursuivie ! C’est faire trop d’honneur à Machiavel, dont le modèle fut César Borgia qui fit périr par le fer, la corde ou le poison tous les seigneurs qui gouvernaient le pays pour se tailler le duché de Romagne.
L’ambition de servir, l’Eglise, sa patrie, sa famille, où nous plaçons l’honneur est toute différente de cette rage d’avilir, d’abaisser, de salir pour asseoir sa sacro-sainte « Autorité ». Agir ainsi, c’est précisément confondre la gloire du monde avec l’honneur.
Cet épisode détestable caractérise la mauvaise passe que traverse le traditionalisme. La haine vigilante d’une poignée d’intégroïdes, plus ou moins emprunts de sédévacantisme, absolument courts de théologie sérieuse, réduisant l’Evangile à une simple idéologie, empoisonne depuis trop longtemps la mouvance traditionaliste, le tout sous couvert d’amour de la « véritable » Eglise. Ce venin puise sa source dans les erreurs mêmes qu’il prétend combattre, oubliant que l’erreur contraire n’est pas la vérité, mais une erreur. Il se répand insidieusement, parmi les laïcs et même les clercs, passablement fragilisés par la persécution subie de la main qui aurait du les protéger, leur faisant perdre le sens de la romanité. Les premiers chrétiens se faisaient une gloire d’être les plus fidèles sujets de l’empereur, il est facile de mesurer l’héroïcité d’une telle attitude. Alors que notre situation est infiniment plus confortable, qui d’entre nous revendiquerait d’être les plus fidèles sujets du Pape. L’habitude a été prise de prendre systématiquement en mauvaise part ce qui vient de Rome, au point de vouer une détestation de principe à la Rome réelle, pour ne s’attacher qu’à une Rome abstraite, idéalement rêvée, qui risque de n’être qu’une pure chimère. Et cette détestation n’est pas réservée aux seules autorités romaines, toutes ces factions s’anathémisent et s’invectivent à qui mieux mieux, cherchant au détour d’un mot, une intention perverse fruit de leur imagination enfiévrée.
On mesure l’erreur fondamentale des « autorités » qui ont choisi d’instrumentaliser ces factions pour mieux abattre les personnalités qui leur faisaient de l’ombre. Aujourd’hui la crainte qu’ils font régner, paralyse complètement la hiérarchie, qui n’ose plus entreprendre l’ingrat travail qui consiste à renouer un à un les fils avec le siège pétrinien. Remettre les choses le plus tard possible, attendre que tout rentre dans l’ordre pour enfin daigner collaborer sans l’ombre d’un soupçon d’une quelconque compromission, c’est oublier que la FSSPX est un élément indispensable dans la remise en ordre de l’Eglise et qu’il faudra qu’un jour ses responsables mettent les mains dans le cambouis. La recherche du bien de l’Eglise doit passer avant toute considération de l’image de soi-même.

[Mgr Fellay, fsspx - Fideliter] une synthèse sur les relations avec Rome

SOURCE - Mgr Fellay, fsspx - Fideliter - Abbé Grégoire Celier - Mai 2006

A quelques semaines de la fin de son mandat, Mgr Bernard Fellay nous a accordé un entretien, dans la ligne de ceux qu'il nous a accordés en 1995, en 2001 et en 2002. C'était évidemment l'occasion de faire un tour d'horizon, comme un petit bilan de ces douze années. En même temps, il nous a semblé utile de lui demander de présenter une synthèse sur les relations avec Rome, qui ont fait couler tant d'encre ces derniers mois.

ÉNERGIE SPIRITUELLE FORMIDABLE

Fideliter : Monseigneur, pouvez-vous nous résumer les grandes lignes de l'évolution de la Fraternité durant les douze ans écoulés ?
Mgr Fellay : Volontiers. Si l'on veut résumer de façon simple le développement matériel de la Fraternité pendant ces douze années, on peut dire qu'il a été double. Il y a d'abord eu un développement intérieur, un renforcement de ce qui existe déjà : les chapelles qui deviennent prieurés, qui deviennent presque centres paroissiaux ; les écoles qui prennent de l'ampleur, etc. Il y a eu ensuite un développement territorial, bien que nous ayons par prudence freiné au maximum. Ce deuxième développement a néanmoins été important, puisque, si nos prêtres résident dans 30 pays, la Fraternité touche désormais 65 pays : ce qui signifie qu'en moyenne, chaque pays de résidence s'occupe d'un autre pays.

Mais cette simple description quantitative risque de cacher le principal, à savoir l'énergie spirituelle formidable qui anime toute la Fraternité : nos prêtres, nos fidèles construisent et rénovent des églises dans le monde entier. C'est absolument impressionnant pour celui qui, comme moi depuis douze ans, circule à travers le monde. D'une fois sur l'autre, des églises se sont transformées ou ont surgi comme des champignons.
Qu'est-ce qui mobilise le plus le Supérieur général dans sa fonction ?
Il est difficile de répondre, parce que cette fonction de Supérieur général est fort variée. Une réponse, très vraie quoique paradoxale, c'est que tout ce qui va bien prend considérablement moins de temps que les problèmes. Souvent, on est obligé de consacrer beaucoup d'énergie à des choses qu'on aurait envie de qualifier de mineures, mais qui ne sont pas mineures, car c'est toute la question des rapports humains, des problèmes humains. C'est d'ailleurs le lot de toute société, de tout responsable.

Mais ce qui mobilise le Supérieur le plus essentiellement, c'est évidemment de conduire la Fraternité vers son but propre, de conduire les âmes vers le service du bon Dieu.
Y a-t-il une peine particulière qui a marqué ces douze ans ?
La peine du Supérieur d'une société sacerdotale, c'est sans aucun doute la perte des prêtres ! Voir une âme sacerdotale qui s'éloigne de l'oeuvre, surtout si cette âme prend des options qui mettent directement en cause son propre sacerdoce, et se sentir comme impuissant, malgré ses efforts et ses désirs, à l'arrêter dans cet éloignement, telle est réellement la peine principale du Supérieur général.
Y a-t-il quelque chose, au contraire, qui vous ait enthousiasmé durant ces douze ans ?
Évidemment ! Je dirais même que, malgré la difficulté d'une telle charge, malgré les peines qu'immanquablement on y trouve, tout y est enthousiasmant. Car, plus qu'un autre, le Supérieur général est en contact constant avec les miracles de la grâce, tant du côté des prêtres que des fidèles. Et cela, c'est enthousiasmant, c'est même merveilleux.

Puisque Clovis est une oeuvre de diffusion de l'information, je vais me permettre une question sur ce point. La grande évolution de ces dernières années, en matière de communication, c'est sans aucun doute l'internet. Estimez-vous la Fraternité bien outillée et efficace sur ce point ? On lui reproche parfois d'être en retard sur l'évolution technique.

Puisque Clovis est une oeuvre de diffusion de l'information, je vais me permettre une question sur ce point. La grande évolution de ces dernières années, en matière de communication, c'est sans aucun doute l'internet. Estimez-vous la Fraternité bien outillée et efficace sur ce point ? On lui reproche parfois d'être en retard sur l'évolution technique.

Sur le plan technique, nous nous sommes mis à jour d'une façon qui me semble efficace. Les grands districts de la Fraternité possèdent des sites internet performants. Nous avons une presse en ligne, notamment la revue Dici, rapide et bien adaptée, me semble-t-il. Évidemment, il est toujours possible de faire mieux, mais je ne crois pas que nous ayons un train de retard.

En revanche, nous refusons d'entrer dans une espèce d'engrenage qui met les âmes en un état complètement superficiel, émotionnel, parce qu'elles sont happées par une vitesse d'information qui semble leur imposer de réagir au quart de tour sans plus prendre le temps de réfléchir. Il y a là un vrai problème, et je pense qu'il faut apprendre aux fidèles et même aux prêtres à réfléchir devant les données qui leur sont fournies par l'internet, et à ne pas laisser les émotions immédiates et incontrôlées les dominer au détriment du bon sens et de l'esprit de foi.
Avant d'aborder les relations avec Rome, dont on a beaucoup parlé ces derniers mois, il semble intéressant de prendre la mesure des relations de la Fraternité avec des parties importantes de l'Église. Tout d'abord, existe-t-il des relations avec les autres catholiques « traditionnels » (Ecclesia Dei, Campos, etc.) ?
Nous avons des contacts personnels avec l'un ou l'autre des membres de ces sociétés, en général avec des membres qui sont plus spécialement proches de nous. Mais je dois dire que nous ne cherchons pas spécialement le contact avec ceux d'entre eux qui nous déclarent schismatiques, et qui sont presque les seuls dans l'Église à le faire. Nous estimons que polémiquer sur ce point ne serait guère constructif. Donc, si quelqu'un veut garder cette position hostile à notre égard, de toute façon il ne cherchera pas les contacts avec nous et nous-mêmes n'essayons pas d'aller vers lui.
Pensez-vous que, malgré tout, ces catholiques « traditionnels » apportent quelque chose à l'Église ?
Je pense que la divine Providence se sert de tout. Malgré l'intention « douteuse », dirons-nous, de Rome dans l'établissement de ces diverses sociétés, il me semble qu'à la fin c'est la Tradition qui gagne malgré tout. Rome, je crois, essaie de nous déstabiliser un peu en faisant jouer la concurrence, mais au bout du compte le bon Dieu s'en sert pour faire avancer la cause de la Tradition et de la messe.
Et les contacts avec le clergé actuel, « conciliaire » ?
On peut dire que ces dernières années ont vu un contact plus serré, plus approfondi avec une partie du clergé officiel, et que les choses vont dans la bonne direction, c'en est même réjouissant. Il s'agit, il faut le rappeler, d'une partie essentielle de l'apostolat de la Fraternité : selon nos Statuts, nous sommes faits pour nous occuper du prêtre, de tout prêtre. Il est très consolant de voir que l'on peut faire beaucoup, déjà maintenant, pour aider les prêtres modernes à retrouver le goût de la Tradition.
Je crois qu'aux États-Unis, il y a eu une initiative similaire à la Lettre à nos frères prêtres française, et que cette initiative a porté des fruits étonnants.
Cela n'a pas été exactement la même action que la Lettre à nos frères prêtres. Il s'agit d'un livre de témoignages de prêtres sur la messe, et d'un matériel liturgique pour apprendre l'ancienne messe, qui ont été envoyés aux prêtres des États-Unis. Une action similaire a eu lieu en Grande-Bretagne, avec la diffusion d'une vidéocassette sur la messe. Enfin, il convient de noter que le district d'Allemagne publie régulièrement une Lettre à nos frères prêtres (Rundbrief an unsere Priesterfreunde). Ce sont des actions de contact avec le clergé, qui portent sans aucun doute des fruits, même si pour l'instant ceux-ci restent encore discrets.
Est-ce que les contacts récents avec Rome ont changé l'atmosphère des relations avec les évêques ?
Incontestablement, l'atmosphère actuelle de Rome a un retentissement chez nombre d'évêques. Il m'est plus facile d'en rencontrer, de leur parler avec franchise et clarté. Par ailleurs, en certains lieux, les supérieurs locaux sont mieux reçus qu'il y a quelques années. Ce n'est pas un changement radical, sans doute, mais il n'est pas négligeable non plus.
Vous avez fourni, ces derniers mois, de nombreuses explications sur les relations avec Rome, au cours de conférences et d'entretiens divers. Pouvez-vous nous en donner une synthèse rapide ?
Je voudrais dire d'abord qu'il ne faut pas être pressé. Des personnes de bonne foi croient que demain il va y avoir subitement un accord avec Rome. Et des sites internet sédévacantistes ne cessent de répandre des messages mensongers sur ce thème, ce qui ne fait qu'accroître la confusion.

Dans la réalité, l'évolution sera lente, très lente à certains égards : on ne sort pas d'une crise commencée il y a plus de quarante ans en quelques semaines. Il faut bien se rendre compte qu'il s'agit d'un processus complexe et donc long. Ne nous faisons donc pas d'illusions.

En l'an 2000, nous avons soumis à Rome deux préalables. Nous sommes aujourd'hui en 2006 et il se murmure que, peut-être, Rome va accorder l'un ou l'autre préalable, voire les deux. Nous demandions un premier pas, près de six ans ont passé, et ce premier pas n'est pas encore fait : donc, ne nous emballons pas sur une suite à donner, alors que l'affaire n'a même pas démarré.
Vous avez évoqué un processus en trois étapes ?
Effectivement, nous envisageons trois étapes vers une solution de la crise : préalables, discussions, accords. Pour avoir une idée claire de la situation, il faut bien comprendre la nature et les buts de ces trois étapes.

L'idée des préalables est celle-ci. La Fraternité, et par conséquent tout ce qui est un peu conservateur ou traditionnel dans l'Église, a été diabolisée à travers la prétendue excommunication. Les fidèles et les prêtres qui sont dans Ecclesia Dei peuvent dire ce qu'ils veulent, ils peuvent se démarquer de nous autant qu'ils le voudront, ils subissent néanmoins les conséquences de cette diabolisation.

Donc, nous demandons d'abord à Rome d'arrêter ce jeu négatif et de remettre en faveur ce qui est traditionnel dans l'Église. C'est tout le sens de cette fameuse demande du retrait du décret d'excommunication. C'est aussi le sens de la demande de reconnaissance publique que la messe traditionnelle n'a jamais été interdite et que tout prêtre peut la célébrer librement. Il s'agit de changer un peu l'atmosphère anti-traditionnelle si délétère qui empoisonne aujourd'hui l'Église.

En ce sens, nous parlons de créer un nouveau climat, un climat favorable à la Tradition dans l'Église. Il ne s'agit pas simplement d'une question d'émotion ou de médiatisation, il s'agit par des actes très concrets de rendre de nouveau possible la vie conforme à la Tradition théologique, liturgique, spirituelle.
Mais si Rome accorde ces préalables ?
Dans cette atmosphère nouvelle (et il ne faut pas minimiser l'ébranlement qu'une mise en oeuvre franche et sincère des deux préalables créerait dans l'Église), il conviendra de passer à la deuxième étape, c'est-à-dire aux discussions. Ici, la grande difficulté sera d'aller aux principes mêmes de cette crise, et non simplement de se lamenter sur les conséquences désastreuses de ces principes. Tant que l'on ne touchera pas aux principes, les conséquences continueront inéluctablement. Je dois dire que, pour le moment, Rome ne semble guère vouloir remonter aux principes, si j'en juge par le discours de Benoît XVI le 22 décembre, où il a essayé de sauver le Concile du naufrage.

Cette étape-là, celle des discussions, sera difficile, houleuse, et probablement assez longue. Qu'est-ce que cela veut dire du point de vue du temps ? Je n'en sais rien, c'est entre les mains du bon Dieu, il peut faire que les choses aillent plus ou moins vite, mais humainement parlant nous sommes loin du but. En tout cas, il est impossible et inconcevable de passer à la troisième étape, donc d'envisager des accords, avant que ces discussions n'aient abouti à éclairer et corriger les principes de la crise.
Est-ce à dire que vous attendrez que la crise soit pleinement résolue pour signer des accords ?
Non ! Nous ne prétendons pas attendre que tout soit réglé sur le terrain le plus pratique, le plus humain, dans les conséquences ultimes de la crise, dans tous les lieux et chez toutes les personnes. Ce ne serait pas raisonnable.

En revanche, il est clair que nous ne signerons pas d'accords si les choses ne sont pas résolues au niveau des principes. C'est pour cela qu'il faut des discussions approfondies : nous ne pouvons pas nous permettre des ambiguïtés. Le problème de vouloir faire des accords rapidement, c'est que forcément ils seraient bâtis sur des zones grises, et qu'à peine signés la crise resurgirait violemment de ces zones grises.

Il faudra donc, pour résoudre le problème, que les autorités romaines manifestent et expriment de façon nette, en sorte que tout le monde comprenne, que pour Rome il n'y a pas 36 chemins pour sortir de cette crise, qu'il n'y en a même qu'un seul de valable : que l'Église retrouve pleinement sa propre Tradition bimillénaire. Du jour où cette conviction sera claire chez les autorités romaines, et même si sur le terrain tout est loin d'être réglé, des accords seront très faciles à réaliser.

Propos recueillis par l'abbé Grégoire Celier pour Fideliter n° 171 de mai-juin 2006

14 mai 2006

Sermon de Mgr Fellay
14 mai 2006 à Saint-Nicolas-du-Chardonnet - Paris
Mis en ligne par le Forum catholique
Monseigneur commence son homélie, il souhaite aborder un double sujet : faire le point sur les rapports entre la FSSPX et Rome, et commenter l’exemple de sainte Jeanne d’Arc dont c’est aujourd’hui la fête.

Tout d’abord, nous voudrions dénoncer le développement d’une certaine inquiétude, une attitude de l’âme qui, nous semble-t-il, est favorisée par un contact trop assidu avec Internet.Cela induit une curiosité surexcitée qui court après les bruits, qui s’émotionne… et là, on arrive à un niveau très superficiel et on en tire des conséquences « irrémédiables » qui… changent le lendemain. Il y a des bruits ce ci, de là, on y court… Ça fait penser à Notre Seigneur et à saint Paul : « le Christ est ici, le Christ est là, c’est la fin des temps… » N’y allez pas ! Faux bruits, fausses rumeurs, fausses prophéties, fausses annonces. Rien de vrai. Notre vie Chrétienne ne doit pas se passer à ce niveau.

Depuis une année, depuis l’avènement de Benoît XVI, on voit d’une manière nette, quoique peu efficace, une certaine ligne en faveur de la Tradition, une demande de retour à un esprit conservateur.Dans ce mouvement, on voit un certain nombre de points qui nous touchent : la question de l’ancienne messe, la question des mouvements qui sont sous l’autorité de la Commission Ecclesia Dei, questions entremêlées qui, de par la volonté de Rome commence à se distinguer les unes des autres. Envisageons deux de ces questions :

1/ La Messe.
Nous demandons la liberté pure et simple, nous demandons le droit qui existe et qui n’a jamais été détruit pour ce rite sacro-saint d’être célébré par les prêtres mais qui, depuis l’instauration de la nouvelle messe fait l’objet d’une très grave injustice. Sur cette question de la messe, pour ce que nous pouvons en savoir (en vérifiant nos sources), on peut dire que Benoît XVI a pris la décision de faire quelque chose. Cependant, cette décision est déjà retenue par une autre « ligne », c’est à dire qu’il n’agira pas avant d’avoir trouvé des appuis auprès d’un certain nombre de cardinaux. Ce qui veut dire qu’il ne les a pas.

Un membre de la Curie nous a dit : « Ce qui est en préparation ne dépend pas de la Commission pour la Liturgie, mais du pape seul ». La question est de savoir : Quand et Quoi. Liberté totale ? Liberté sous surveillance ? Nous n’en savons rien.Le gouvernement actuel se passe avec beaucoup de discrétion, dans le secret, et nous en sommes réduits à attendre que les choses se passent pour les voir. Mais la libéralisation de la messe est probablement ce qui pourrait advenir en premier. Dans l’ordre des probabilités, ce qui devrait arriver en second :

2/ Le retrait du décret d’excommunication.
Nous n’avons aucune nouvelle depuis le 15 novembre, date à laquelle on nous avait demandé d’écrire une lettre demandant la levée de ces excommunications. Il semble (sans plus) que cela soit en travail à Rome.

Sur toutes ces questions qui nous touchent, sur un retour vers des positions conservatrices, on constate une opposition forte de beaucoup de cardinaux et d’évêques. Qu’est-ce que le pape arrivera à faire ? Il est sûr qu’il évite les cassures, les brisures, il cherche à gouverner avec le consensus, il recule et diffère dès qu’il sent une opposition trop forte, et les progressistes le savent bien.

En ce qui concerne les intentions de libérer les ecclésiadéistes du carcan des évêques, on sait par la voix du cardinal Ricard que le pape en a parlé. Mais au vu des réactions des évêques de France et du cardinal Ricard lui-même, on peut penser que ce n’est pas pour demain.

En ce qui nous concerne, c’est encore plus loin, beaucoup plus loin. Cependant cette situation n’est pas arrêtée, elle se développe lentement, sans bruit, sans grand fracas malgré les scoops des journaux. A vous chers fidèles de ne pas vous laisser émouvoir dans un sens ou dans l’autre, car cela risquerait de générer en vous des illusions qui aboutiraient à des désillusions. Suivons plutôt le regard que Dieu et L’Eglise nous donne avec sainte Jeanne d’Arc.

Sainte Jeanne d’Arc. Intervention de Dieu dans l’histoire des hommes. Surprenante. Il va susciter une jeune fille, une simple petite bergère, pour en faire une guerrière ! Et cela dans une double action : action politique d’abord : libérer un pays, et action religieuse : protéger la foi en France.Dieu intervient dans l’histoire des hommes et la tentation est d’oublier cette intervention de Dieu dans notre histoire.

Quand on pense « intervention », on pense à un acte isolé : rien de plus faux ! Dieu gouverne l’histoire des hommes et Sa Divine Providence est infaillible. Dieu guide tous les actes de tous les hommes vers une fin par lui fixée, et le plus extraordinaire de tout cela c’est que, en même temps, il respecte notre liberté, il ne lèse pas l’activité humaine, il ne l’ampute pas de sa liberté.

Considérons les conséquences de ces actes : il nous semble que notre histoire s’écoule au fil des actions des hommes… Grave erreur ! Il faut maintenir avec foi ce grand principe de la Divine Providence. Ne jamais l’oublier ! C’est sur elle que repose la plus belle des vertus qui touche à l’action : l’Espérance. L’Espérance est la vertu qui nous fait nous appuyer sur la certitude que Dieu va nous aider parce qu’il l’a promis.

On se tourne vers lui quand les choses vont mal, quand c’est difficile, on l’oublie quand c’est facile… Or c’est une vertu plus que jamais nécessaire. Si on l’oublie lorsque les circonstances sont difficiles, alors on tombe dans le pessimisme, dans le désespoir.Mais le désespoir n’est pas seulement un manque de vertu, c’est l’un des plus terribles péchés, un péché irrémissible, le péché par inaction : on est subjugué par le mal et on laisse tout tomber. C’est très grave.

Attention à cette mentalité de se laisser subjuguer par le mal en n’étant pas capable de compter sur Dieu. Car il existe le problème inverse : ne rien faire, attendre de Dieu. C’est un attentisme coupable qui consiste à se dire que l’Eglise va se retrouver en situation merveilleuse, sans que l’on ait rien à faire, par un simple coup de baguette magique divine.

Ce n’est pas ainsi que Dieu travaille !

Nous le voyons bien dans cette intervention de Dieu dans le monde, la plus merveilleuse : l’Incarnation. Voilà bien une action qui ne dépend que de lui, que de sa volonté. Et pourtant, Dieu a voulu faire dépendre cette action de la coopération d’une créature, toute la Rédemption dépend du oui, du Fiat d’une créature humaine, la Vierge Marie.On voit aussi cela à l’œuvre chez sainte Jeanne d’Arc : on voit bien que ce qui est demandé n’a rien à voir avec le résultat qui est tellement plus immense, que l’immense résultat dépasse l’acte lui-même, mais qu’il n’y aurait pas eu ce résultat s’il n’y avait eu l’acte.

Les hommes bataillent, Dieu donne la victoire. Si l’Eglise en est là et que Dieu nous a donné la grâce de nous placer ici, ce n’est pas pour dormir ! C’est au contraire une vocation. Un appel à nous y mettre de toutes nos forces afin que les hommes reviennent à Dieu, au service de Dieu. Ce n’est pas de la présomption que de dire cela car nous savons bien que, seuls, nous n’y arriverons pas. Dieu ne nous a jamais demandé d’agir seuls ! Au contraire,Jésus dit aux apôtres que l’arbre doit porter des fruits, de beaux fruits et, en même temps, il donne le moyen : « Demeurez en moi car, sans moi, vous ne pouvez rien faire ».

Pensons que nous avons Dieu avec nous, qu’avec une âme qui veut servir Dieu, il y a un Dieu qui veut faire tout coopérer au bien, qui est capable de nous laisser dans cette situation pour faire tout coopérer au bien, à notre Salut. Regardons comme Jeanne d’Arc répond avec simplicité… « Oui, mais c’était pour des choses merveilleuses ! Oui, mais elle entendait des voix, elle ! Pas nous ! » Nous n’en avons pas besoin. Cherchons simplement, avec soin, à marcher dans le chemin ordinaire, simple, celui de la pratique quotidienne des vertus chrétiennes quotidiennes. C’est simple et ça suffit. Mais il faut y mettre le prix ! Car notre devoir de chaque jour peut être difficile, mais c’est ainsi que nous sommes assurés de recevoir les grâces nécessaires dans les grandes choses.

Notre Dieu est un Dieu de miséricorde prêt à écouter, prêt à aider, il a mis son plaisir à vivre au milieu de nous pour nous aider, pour nous sauver. N’ayons donc pas peur de cette situation dans laquelle se trouve l’Eglise aujourd’hui, dans laquelle nous nous trouvons.Ne nous laissons pas ballotter d’un côté, de l’autre, mais sachons que la Croix nous est promise jusqu’au bout et qu’elle est le chemin qui nous mènera au Ciel. Apprenons à renoncer à nos biens propres comme nous le dit l’Evangile, soyons prêts à subir quelques quolibets, moqueries, souffrances pour le nom de Jésus et là, nous recevrons les grâces pour les uns et pour les autres.

C’est ainsi que l’Eglise sortira de cette crise. Dieu peut faire des miracles penserez-vous… Mais il en fait constamment ! Mais nous ne les voyons plus. La sainte Hostie, le confessionnal… Ayons ce regard sur Dieu en gardant les pieds sur terre, et tout ira bien.

Comme le prêtre qui dit chaque jour au Canon de la messe : « Disposez de nos jours dans votre paix », nous qui sommes en guerre, souvenons-nous que Dieu est dans la paix et qu’il la donne aux hommes de bonne volonté, aux hommes qui ont le souci de Le servir à tout prix.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.

13 mai 2006

[Aletheia] Une belle initiative avec imprimatur

SOURCE - Aletheia n°92 - 13 mai 2006

Il y a des imprimeurs qui ne sont pas seulement des fabricants et des marchands de papier imprimé. A Lyon, l'Imprimerie Saint-Joseph a réalisé un "Paroissial" intitulé Jubilate Deo. Pour les fidèles qui n'ont pas de missel ou pour ceux qui ne sont pas familiers de la liturgie traditionnelle, voici un beau "livre d'Eglise".

L'Imprimerie Saint-Joseph a suivi l'exhortation de Pie XII dans Mediator Dei : "Mettre entre les mains du peuple le missel romain, de manière que les fidèles, unis au prêtre, prient avec lui à l'aide des mêmes paroles et avec les sentiments mêmes de l'Eglise".

On trouvera dans le “Paroissial” :
  • l’Ordinaire de la messe, latin/français, avec explications en marge du texte ;
  • les chants grégoriens de la messe (kyriales, alleluias, credos) avec partitions ;
  • les chants latins selon le temps liturgique, avec traduction ;
  • des chants français selon le temps liturgique ;
  • les prières et offices.
Le livre a un format commode, une typographie élégante, une couverture solide (avec une belle reproduction du Christ roman de l'Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux). Une table des matières et deux index, thématique et alphabétique, en rendent l'utilisation facile.

Le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, a donné, en date du 22 février 2006, son imprimatur à ce livre d'église, "Paroissial au service des prêtres et des fidèles vivant de la liturgie traditionnelle". C'est, pour ceux-ci, une reconnaissance, de plus, du "droit de cité" dans l'Eglise ; malgré les obstacles et ralentissements qu'on peut observer ailleurs.

L’ouvrage peut être commandé auprès de l’Imprimerie Saint-Joseph (11 rue de Vaubécour, 69002 Lyon) au prix de 25 euros (+ 4,50 euros de frais de port). Tarif dégressif à partir de 10 exemplaires.

[Aletheia n°92] La Messe Traditionnelle - Un regard surnaturel sur la FSSPX

Yves Chiron - Aletheia n°92 - 13 mai 2006


La Messe Traditionnelle

1. Une explication
Le dernier numéro d'Aletheia se terminait par l'information suivante, donnée au conditionnel : "Jeudi Saint 13 avril : Benoît XVI devrait rendre public un motu proprio sur le rite de la messe". Un mois est passé et la publication, annoncée – de manière non officielle – comme imminente à Rome, n'a pas eu lieu. En octobre dernier déjà, juste avant le Synode sur l'Eucharistie, un tel bruit avait couru puis, au cours du Synode, des déclarations cardinalices contradictoires avaient montré la difficulté pour Benoît XVI d'agir dans le sens d'une plus grande libéralisation de la messe traditionnelle.
Qu'est-ce qui en avril dernier a, à nouveau, empêché la publication d'un motu proprio annoncé comme imminent, paraît-il, par Radio-Vatican elle-même ?
On ne sait pas si un tel texte pontifical est prêt à être promulgué. La rumeur d’une publication pour le 5 mai dernier, fête de saint Pie V, avait encore couru à Rome…
Mais, du moins, l'intention du Pape est certaine – et donc un projet de texte existe. Les difficultés viennent d’ailleurs. Si on l'applique, notamment, à l'Eglise de France, on ne pourra qu'être d'accord avec l'analyse faite par Jean Madiran : "Depuis vingt ans [depuis le motu proprio de 1984], une importante partie de l'épiscopat et du clergé oppose sa mauvaise volonté, voire son veto, aux efforts de Jean-Paul II puis de Benoît XVI pour libérer la messe traditionnelle d'un interdit sans fondement. Le Saint-Siège veut éviter d'avoir à le faire malgré les évêques, et donc contre eux. Il n'est pas encore arrivé à les y entraîner de leur plein gré" (Présent, 10 mai 2006).
Il faut considérer aussi que chez Benoît XVI la volonté d'amplifier le "droit de cité" de la messe dite de saint Pie V est associée à la volonté d'engager la "réforme de la réforme" (la réforme de la "nouvelle messe"). La messe traditionnelle et la nouvelle messe “réformée” étant appelées, à l’avenir, à se rejoindre (cf. la lettre du card. Ratzinger au Dr Barth, le 23 juin 2003, déjà citée ici).

2. Une belle initiative avec imprimatur
Il y a des imprimeurs qui ne sont pas seulement des fabricants et des marchands de papier imprimé. A Lyon, l'Imprimerie Saint-Joseph a réalisé un "Paroissial" intitulé Jubilate Deo. Pour les fidèles qui n'ont pas de missel ou pour ceux qui ne sont pas familiers de la liturgie traditionnelle, voici un beau "livre d'Eglise".
L'Imprimerie Saint-Joseph a suivi l'exhortation de Pie XII dans Mediator Dei : "Mettre entre les mains du peuple le missel romain, de manière que les fidèles, unis au prêtre, prient avec lui à l'aide des mêmes paroles et avec les sentiments mêmes de l'Eglise".
On trouvera dans le “Paroissial” :

  • l’Ordinaire de la messe, latin/français, avec explications en marge du texte ;


  • les chants grégoriens de la messe (kyriales, alleluias, credos) avec partitions ;


  • les chants latins selon le temps liturgique, avec traduction ;


  • des chants français selon le temps liturgique ;


  • les prières et offices.

Le livre a un format commode, une typographie élégante, une couverture solide (avec une belle reproduction du Christ roman de l'Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux). Une table des matières et deux index, thématique et alphabétique, en rendent l'utilisation facile[1].
Le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, a donné, en date du 22 février 2006, son imprimatur à ce livre d'église, "Paroissial au service des prêtres et des fidèles vivant de la liturgie traditionnelle". C'est, pour ceux-ci, une reconnaissance, de plus, du "droit de cité" dans l'Eglise ; malgré les obstacles et ralentissements qu'on peut observer ailleurs.



Un regard surnaturel sur la FSSPX
Une communauté contemplative, fondée en Afrique par Mgr Lefebvre, nous écrit :
Comme vous le savez sans doute, notre monastère a été fondé en 1950 par Mgr Lefebvre, alors évêque de Dakar et délégué apostolique. Nous avons une grande vénération, un attachement profond pour ce saint évêque, que nous avons vu à l’œuvre au Sénégal. Nous avons suivi avec intérêt et dans la prière, la fondation d’Ecône et les difficultés qui ont suivi. Le sacre des évêques, l’excommunication ont été pour nous des peines profondes. Nous ne cessons de prier pour que cette œuvre, qui est bonne en elle-même, soit réunie à l’Eglise, au pape et puisse travailler au salut des âmes. C’est bien ce que voulait Mgr Lefebvre. Votre feuille d’informations nous montre le souci du Saint-Père, des cardinaux, et de la part de la Fraternité un désir sincère de communion. Cela nous a causé une grande joie. Nous continuons de prier pour que cette communion avec le Saint-Père se réalise. Le choix de Dieu, sur ce pape, très au courant de la situation de la Fraternité, nous a paru un miracle de la Providence divine. En effet, vu l’âge du Saint-Père, nous n’osions pas espérer qu’il serait élu. Oui Dieu est grand … Nous avons confiance en sa bonté et sa toute puissance. Tant de saints, sur la terre et au Ciel, prient avec nous. Alors, nous persévérons dans notre prière.



Diffusion
Mère Marie Céline de Jésus Crucifié, ocd
Sœur Lucie. Souvenirs sur sa vie
Un livre de 48 pages – 4 euros (franco de port) auprès d’Aletheia.
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NOTE
[1] L’ouvrage peut être commandé auprès de l’Imprimerie Saint-Joseph (11 rue de Vaubécour, 69002 Lyon) au prix de 25 euros (+ 4,50 euros de frais de port). Tarif dégressif à partir de 10 exemplaires.

11 mai 2006

[Jean Madiran - Présent] « Ne saurait tolérer »

SOURCE - Jean Madiran - Présent - 11 mai 2006

PARLANT au nom de l’épiscopat, son président le cardinal Ricard déclare éventuellement « possible » un « retour » des traditionalistes à « la pleine communion » de l’Eglise, si Benoît XVI donne, comme il en est question, des « directives » en ce sens « dans les semaines ou les mois qui viennent ».

Il avertit cependant. Il stipule ce que la communion « ne saurait tolérer ».

Ah, bon !

Elle « ne saurait tolérer un refus systématique du Concile, une critique de son enseignement et un dénigrement de la réforme liturgique que le Concile a décrétée ».

Cela paraît anodin. Il va de soi que le refus « systématique » et le « dénigrement » ne sont jamais les bienvenus en aucun domaine.

Mais on aurait tort d’en conclure que le cardinal-président accueille comme légitimes un refus du Concile qui serait partiel et circonstancié, ou une critique de la réforme liturgique si elle est argumentée plutôt que systématique, motivée plutôt que dénigrante.

Il nous est bien précisé à quoi, selon notre épiscopat, se limite ce qui est tolérable :

« La communion peut s’accompagner de questions, de demandes de précision ou d’approfondissement. »

Et pas plus.

Seulement des « questions ».

Des « demandes de précision ».

Mais plus d’objections ? Plus de réfutations ? Plus de débats désormais ? Plus de discussions ? Dans l’Eglise, plus de « questions disputées » ?

Je suppose qu’il faut entendre, ou plutôt je constate que seuls les traditionalistes en sont ainsi privés.

Sinon, à ce compte, quand Jérôme et Augustin s’opposaient avec la vivacité que l’on sait, quand Bossuet réprimandait Fénelon, quand Guéranger affrontait Félix Dupanloup, lequel des deux aurait dû ne pas être « toléré » par la communion ? Et quand le futur cardinal Congar vilipendait l’« ecclésiologie » du concile de Trente ?

# Le refus du Concile, tel qu’il existe chez les traditionalistes, n’est pas le refus de tout le Concile, mais de ses innovations. Le refus de les recevoir aveuglément et sans critique. Autrement dit, le refus de leur sacralisation. Le refus de considérer que Vatican II aurait autant d’autorité et plus d’importance que le concile de Nicée. Le concile Vatican II n’a été infaillible dans aucune de ses décisions, aucun de ses décrets. Il s’est voulu pastoral par distinction d’avec dogmatique et même d’avec doctrinal. Le considérer comme ayant autant d’autorité et plus d’importance que les décisions dogmatiques définissant la foi de l’Eglise, c’est une insupportable exagération, pour ne pas dire une imposture. Prétendre qu’on ne peut à son sujet formuler rien de plus que des questions ou des demandes de précision est un misérable abus d’autorité.

# La critique des innovations de Vatican II n’est pas infaillible elle non plus, bien sûr. Mais elle est licite. Elle relève d’une éventuelle réfutation mais non pas d’une censure ; non pas d’une exclusion de la communion ecclésiale. A cet égard l’épiscopat français pourrait utilement s’interroger sur ce qu’a été sa responsabilité, pendant et après Vatican II, dans l’injuste apartheid qui a frappé les traditionalistes et qui n’est toujours ni vraiment supprimé ni réparé. A ne considérer que les propos du cardinal-président, le temps de cette repentance-là ne paraît pas encore venu pour le noyau dirigeant de notre épiscopat.

[Golias] Fesses au peuple

SOURCE - Golias - 11 mai 2006

L’un des points les plus discutés aujourd’hui, à Rome, de la réforme liturgique d’après le Concile, est la position de l’autel qui permet au prêtre de faire face à l’assemblée, alors qu’avant, il lui tournait le dos.

Un jeune prêtre allemand vient de présenter à l’Augustinianum un livre sur la question, préfacé par Joseph Ratzinger, alors simple cardinal, si l’on ose dire.

Ce dernier y écrit qu’"il n’y a rien dans les textes conciliaires au sujet de l’orientation de l’autel".

Il cite, pour mettre en cause la vague du ’face au peuple’, le célèbre petit livre de Mgr Klaus Gamber, Tournés vers le Seigneur, édité par Le Barroux, et préfacé déjà par Joseph Ratzinger.

A la présentation du livre à l’Augustinianum, une présence a été remarquée : celle de Mgr Albert Malcolm Ranjith Patabendige Don, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, nommé il y a peu, précisément suite à l’éviction d’un archevêque italien trop réformiste, Mgr Sorrentino.

COMME PAR HASARD ! ! !

10 mai 2006

[Jean Madiran - Présent] Les « conclusions » de l’Assemblée épiscopale - Non, vous n’arriverez pas à esquiver les 2 messes

SOURCE - Jean Madiran - Présent - 10 mai 2006

Dimanche dernier 7 mai, La Documentation catholique a publié le texte intégral, et officiel, des « conclusions » de l’assemblée épiscopale de printemps, telles que les dévoile et les résume le cardinal-président Ricard. Parmi d’autres questions, les évêques ont « échangé » (entre eux) sur « l’accueil et la place des groupes traditionalistes dans les diocèses ».
 
A ce sujet, le cardinal-président Ricard rappelle d’abord qu’il y a dix-huit ans, dans Ecclesia Dei adflicta, Jean-Paul II avait demandé aux évêques de répondre « largement et généreusement » aux demandes de fidèles et de groupes de fidèles demandant une célébration de la messe selon le missel de 1962, appelée communément « messe de saint Pie V ».
 
Fort bien. Mais dans le long développement qui suit (environ trois mille cinq-cents signes) sur l’« accueil des traditionalistes », il est question de plusieurs points certes importants, mais il n’est plus question du tout de la messe. Une allusion en passant à la « diversité de sensibilités liturgiques », et plus loin une dénomination embrouillardée : « questions de liturgie ».
 
C’est d’ailleurs dans un contexte plaçant ces questions de liturgie au second plan, voici ce contexte : « La vérité implique qu’on soit au clair sur nos points de dissension. Ceux-ci portent moins d’ailleurs sur les questions de liturgie que sur celle de l’accueil du Magistère, tout particulièrement celui du concile Vatican II. »
 
Evidemment, on peut toujours trouver un « point de dissension » plus général, et le plus général porte sans doute ici sur la conception philosophico-théologique selon laquelle le monde change, donc la religion doit changer aussi, et les rites. Depuis quarante ans, nous avons bien eu quarante déclarations épiscopales, individuelles ou collectives, qui allaient dans ce sens. Mais les vues générales, c’est quand elles se concrétisent qu’elles entraînent des heurts, des dissensions, des conflits. C’est alors la rivalité de deux messes, la traditionnelle et la nouvelle.
 
Rivalité, c’est trop peu dire. La messe nouvelle a prétendu remplacer l’ancienne, c’est-à-dire l’assassiner ; elle a prétendu être obligatoire, c’est-à-dire être revêtue d’une obligation juridique et morale qui comportait l’interdiction de la messe traditionnelle. Avec quelle brutalité, dès 1970, le clergé a imposé cette contrevérité ! Il l’a imposée aux religieuses, dépendantes de leur aumônier désigné par l’évêque. Il l’a imposée spécialement aux religieuses enseignantes, et aux écoles dépendant de la direction diocésaine ; et par là il l’a imposée aux enfants baptisés. Il l’a imposée à l’opinion publique, par l’affirmation répétée, de 1970 à 1984, que la messe de saint Pie V était interdite, et que d’ailleurs seuls des vieillards nostalgiques, en nombre infime, y restaient stupidement attachés. La messe de Paul VI a été ainsi instrumentalisée au profit d’un autoritarisme injuste et cruel, qui au demeurant a vidé les églises et tari les vocations sacerdotales. Cette messe réformée a tristement fait ses preuves ; à la longue elle ne pourra survivre qu’au prix d’une réforme de la réforme, cela est clairement ou obscurément admis désormais.
 
Depuis 1984-1986, c’est-à-dire depuis une vingtaine d’années, on sait dans l’Eglise (mais nombreux sont encore ceux qui ne veulent pas le savoir) que l’interdiction supposée de la messe traditionnelle était une erreur, une tragique erreur. Depuis vingt ans, une importante partie de l’épiscopat et du clergé oppose sa mauvaise volonté, voire son veto, aux efforts de Jean-Paul II puis de Benoît XVI pour libérer la messe traditionnelle d’un interdit sans fondement. Le saint-siège veut éviter d’avoir à le faire malgré les évêques, et donc contre eux. Il n’est pas encore arrivé à les y entraîner de leur plein gré.
 
Il est à la mode de se demander si une libération officielle de la messe tridentine sera « suffisante », ou ne le sera pas, pour « satisfaire » les traditionalistes. Mais la messe n’est pas pour nous faire plaisir. Ses titres à être célébrée ne se limitent pas à notre éventuel contentement. Accidentellement il a bien fallu, et il faut encore, que des « traditionalistes » fassent entendre leur réclamation en sa faveur. Mais indépendamment des subjectives « sensibilités liturgiques » plus ou moins riches ou pauvres, il y a la messe multiséculaire, il y a la primauté d’honneur à laquelle elle a droit et la piété filiale qu’elle réclame ; il y a sa liaison intime avec la foi de l’Eglise.

9 mai 2006

La Lettre de Paix liturgique, numéro 53
9 mai 2006 - contact@paixliturgique.com

Merci Famille Chrétienne !

► Par ces quelques lignes, nous souhaitons remercier bien sincèrement Philippe Oswald, rédacteur en chef de l’hebdomadaire catholique Familles Chrétiennes, pour son magnifique éditorial publié dans le numéro du 22 avril 2006 Famille chrétienne n° 1475.
Depuis des années, les familles attachées à la liturgie traditionnelle de l’Eglise supplient – souvent en vain – leurs évêques de mettre en place les mesures d’apaisement promulguées par Jean Paul II dans son motu proprio Ecclesia Dei. Et ces familles ne disent rien d’autre que : « Il est grand temps de mettre un terme aux divisions ! » Quel réconfort de retrouver ces paroles dans ce numéro de Famille Chrétienne consacrant couverture, éditorial et dossier à la question des catholiques qui souhaitent vivre leur foi au rythme de la liturgie traditionnelle.
Nous reproduisons tout d’abord ce splendide éditorial dans son intégralité :

L’unité des chrétiens

Entre catholiques d’abord

« Aide-nous à être des serviteurs de l’unité ! »
Voici un an, dans l’homélie de la messe inaugurale de son pontificat, Benoît XVI priait pour que lui soit donné d’accomplir la mission de Pierre, pasteur et pêcheur : « […] Oui Seigneur, invoquait le pape, fais que nous ne soyons […] qu’un seul troupeau ! Ne permets pas que ton filet se déchire…»
Pour Benoît XVI, on ne saurait travailler à l’unité des chrétiens sans donner la priorité à celle des catholiques. Il est grand temps de mettre un terme aux divisions entre progressistes et traditionalistes attisées par des interprétations erronées et des applications fantaisistes du Concile.
On se souvient que le cardinal Ratzinger avait ouvertement déploré, dans plusieurs livres et discours, ces dérives doctrinales et liturgiques, comme d’ailleurs l’interdiction, de fait sinon de droit, de l’ancien missel. Conscient de ce problème, Jean Paul II avait demandé aux évêques dans le motu proprio Ecclesia Dei adflicta de 1988, de répondre « largement et généreusement » aux demandes de fidèles souhaitant une célébration de la messe dite « de saint Pie V ». A chacun d’apprécier, quelques dix-huit ans après cette demande, si la largesse et la générosité furent la règle.
Depuis, l’eau a coulé sous les ponts. Le risque de la constitution d’« églises parallèles » ayant leurs séminaires, leurs écoles, leurs paroisses, grandit avec le temps, comme l’a relevé le cardinal Ricard, président de la Conférence des évêques de France, dans son discours de clôture de l’assemblée plénière à Lourdes (9 avril). Aussi, s’exprimant au nom de ses confrères, a-t-il promis : « Nous sommes prêts, comme évêques, à nous engager dans ce vrai travail de communion » entrepris par Benoît XVI.
Cette ouverture fait notamment écho aux contacts renoués avec la Fraternité Saint-Pie X (lire enquête). Dans son cas, il ne s’agit pas simplement d’une sensibilité traditionnelle à respecter. La communion rompue par les ordinations illicites de quatre évêques par Mgr Lefebvre doit être restaurée « dans la charité et la vérité », comme l’a dit encore Mgr Ricard.
La charité implique qu’on apprenne à se connaître en renonçant aux fausses images, aux procès d’intention, aux arrière-pensées. La vérité exige un examen loyal des points de dissension : non seulement sur la liturgie, mais sur l’enseignement du « vrai » Concile et des papes. Qu’on puisse enfin se consacrer ensemble à l’essentiel : adorer, évangéliser !
Philippe Oswald

► Les réactions de Paix liturgique : 

Nous remercions vivement Famille Chrétienne pour cet éditorial courageux et serein dont l’objectivité et le ton tranchent notablement avec les amalgames, les inexactitudes et hélas aussi les calomnies que l’on retrouve généralement dans d’autres publications religieuses sur ce sujet. Nous n’apportons aucune réserve à cet éditorial et souhaitons simplement souligner quelques idées qui nous paraissent importantes.
# Il est temps de faire l’unité entre catholiques. Les familles attachées à la liturgie traditionnelle de l’Eglise ne demandent que cela. L’urgence de l’évangélisation l’exige. Nous ne souhaitons rien imposer à personne et voulons vivre en catholiques comme les autres. Nous ne voulons pas être traités comme des catholiques de seconde catégorie que l’on exclut de la vie des diocèses, qui n’ont pas d’existence reconnue officiellement ou que l’on relègue dans des réserves indiennes.
# Oui, la question mérite d’être posée aussi simplement : qu’en est-il, dix-huit ans après la demande faite par Jean Paul II aux évêques dans le motu proprio Ecclesia Dei adflicta de 1988, de répondre « largement et généreusement » aux demandes de fidèles souhaitant une célébration de la messe dite « de saint Pie V » ?
La réponse est bien connue et il faudrait être d’une mauvaise foi particulièrement criante pour feindre, dix-huit ans après, de s’apercevoir seulement aujourd’hui qu’il existe en France un profond et grave problème liturgique. Combien de déchirements, de drames humains aurait-on pu éviter si l’on avait fait ce constat plus tôt ?
Comment parler d’application large et généreuse quand, dans plus d’un diocèse sur trois, malgré une réelle demande, strictement aucun lieu de culte n’est octroyé aux familles soucieuses de se sanctifier dans cette antique liturgie ? Si l’ostracisme dont fait preuve Mgr Thierry Jordan à Reims, en refusant d’accorder aux familles de son propre diocèse qui le supplient de mettre en place la célébration d’une messe traditionnelle, est typique de la manière dont on traite encore largement aujourd’hui cette question dans les évêchés français, il est hélas loin d’être un cas isolé.
Comment parler d’application large et généreuse quand dans de nombreux endroits où cette messe est célébrée dans le cadre du Motu Proprio, elle l’est de manière irrégulière (une fois par mois, une fois tous les quinze jours) ou à des horaires peu pratiques pour les familles, ou dans des endroits difficilement accessibles, ou particulièrement hideux, ou bien encore par des prêtres peu favorables, voire hostiles…?
Comment parler d’application large et généreuse quand l’accueil de familles attachées à la liturgie traditionnelle se limite exclusivement à la messe célébrée le dimanche matin... ou en plein milieu de l'après-midi, à l’exclusion des autres grands temps forts de la vie chrétienne que sont par exemple les baptêmes, ou que l’on restreint toute forme de catéchèse ou d’activité organisée ?
Enfin, comment parler d’application large et généreuse quand on refuse encore aujourd’hui en 2006 à des jeunes l’autorisation d’avoir une messe de mariage célébrée dans le rit traditionnel, comme le fit encore récemment Mgr Pierre Pican, évêque de Bayeux-Lisieux ?
# Malgré cette application ultra-restrictive, malgré les innombrables difficultés qu’éprouve aujourd’hui un catholique en communion visible avec l’Eglise qui souhaite vivre sa foi au rythme de la liturgie traditionnelle de l’Eglise, une enquête récente indiquait qu’environ 50 000 fidèles en France assistaient à la messe dans des églises desservies dans l’esprit du motu proprio Ecclesia Dei, c'est-à-dire sans aucune réserves vis-à-vis de l’Eglise et du Saint-Père (pour environ 35 000 dans des églises desservies par des prêtres de la famille de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X).
Nous savons bien que si la liturgie traditionnelle était célébrée dans de bonnes conditions d’horaires et de lieux, là où des fidèles en ressentent le besoin, que si le Motu Proprio était véritablement appliqué de manière « large et généreuse », ce nombre serait décuplé… En effet, ce chiffre de 50 000 fidèles ne signifie pas grand-chose au regard du nombre important de diocèses où n’existe aucun lieu de culte traditionnel ou encore au regard du nombre de diocèses où seule une partie du diocèse peut – souvent pour des raisons géographiques – bénéficier de la célébration de la messe traditionnelle. Nous l’avons constaté pendant deux ans lors de nos opérations de sensibilisation dans les paroisses : de nombreux fidèles assisteraient volontiers régulièrement à la messe traditionnelle s’ils en avaient tout simplement… la possibilité.
Raisonnablement, il est donc permis d’affirmer qu’aujourd’hui la « sensibilité traditionnelle » représente un peu plus de 15 % des fidèles. Ce chiffre n’a absolument rien de fantaisiste et se trouve d’ailleurs confirmé par les vocations sacerdotales puisque, aujourd’hui, le nombre d’ordinations de prêtres français issus des communautés traditionnelles tourne autour de 15 % de celui des prêtres français ordonnés dans les diocèses.
Alors reprenons les paroles du Saint-Père en criant « Aidez-nous à être des serviteurs de l’unité ! » Pour cela nous avons besoin de vos prières et de votre aide pour que cessent au plus vite les divisions et que partout règne une authentique paix liturgique génératrice d’amitié et de réconciliation.
 Sylvie Mimpontel

PS : Cette lettre électronique est diffusée à 55 000 exemplaires… Il ne tient qu’à vous de développer sa diffusion… Pour cela, donnez-nous les adresses de vos parents et amis et toutes celles des personnes dont vous jugeriez qu’elles seraient intéressées par notre démarche.

Des nouvelles de Paix liturgique à Reims

► Marc Billig, avec plusieurs familles du diocèse de Reims, vous avez entrepris il y a quelques semaines une action publique de sensibilisation des fidèles pour que cesse la dramatique exclusion qui frappe les catholiques du diocèse de Reims attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise…
Pour commencer, rappelons qu’il n’est pas possible aujourd’hui, dix-huit ans après les décisions du pape Jean Paul II, aux catholiques du diocèse de Reims de vivre leur foi au rythme de la liturgie traditionnelle en parfaite communion avec leur évêque, alors que cela est possible dans des centaines de diocèses de l’Eglise en France, en Allemagne, mais aussi en Australie ou au Gabon… C’est pourquoi après avoir tenté, sans succès, pendant des années de trouver une solution charitable et bienveillante, nous avons pris la décision d’aller à la rencontre de nos frères dans les paroisses de Reims pour solliciter leur avis et témoigner de notre exclusion. Cela faisait de nombreuses années que nous, les catholique de la génération Jean Paul II, tentions en vain de faire cesser les querelles du passé et l’exclusion dont nous sommes l’objet en suppliant notre évêque de mettre en place la célébration d’une messe traditionnelle régulière à Reims. Malgré des demandes anciennes, respectueuses et mainte fois renouvelées, l’autorité diocésaine continue d'ignorer l’existence du problème liturgique et refuse de trouver de solutions bienveillantes. Nous ne pouvions accepter cette situation d’apartheid liturgique et avons donc pensé que du dialogue naîtrait la paix. L’élection de notre nouveau pape nous a d’ailleurs confirmé que le temps de l’unité était venu et qu’il nous fallait désormais renouer les liens ecclésiaux en allant à la rencontre de nos frères du diocèse pour que se mette en oeuvre une véritable réconciliation entre tous les catholiques, quelle que soit leur sensibilité. Si nous ne le faisons pas, qui le fera ?
► Marc Billig les familles qui ont fait ce choix avec vous sont-elles nombreuses ?
Bien sûr, l’attitude incessante de ceux qui refusent d’agir avec bienveillance à notre endroit est d’affirmer d’une étonnante manière incantatoire que nous n’existons pas… et donc que notre demande n’est pas fondée. Que leur répondre pour démontrer la fausseté de leur certitude ? Peut-être faut-il leur rappeler une fois encore que les familles du diocèse attachées à la liturgie traditionnelle sont nombreuses… A titre de simples exemples, plus de 350 familles du diocèse ont signé en 1991 la supplique au Saint-Père en faveur de la célébration de la messe traditionnelle initiée alors par le père abbé de Sainte-Madeleine du Baroux et aujourd’hui même, 250 personnes se réunissent chaque dimanche à Reims au prieuré de la Fraternité Saint-Pie X, seul endroit où la messe traditionnelle est célébrée à Reims. Et ceux qui souhaitent cette célébration en pleine communion avec leur évêque sont des centaines à en être privés… Cela étant rappelé, le noyau fondateur de Paix liturgique représente plusieurs dizaines de personnes auxquelles s’ajoutent plusieurs centaines de sympathisants. Non, nous ne sommes pas seulement deux ou trois familles « isolées », comme le déclare notre évêque à ceux qui l’interroge… Et plus encore, au fur et à mesure que nous informons les fidèles du diocèse de la situation d’exclusion dont nous sommes l’objet, de nouveaux contacts sont noués et de nouveaux militants nous rejoignent chaque semaine.
► Mais votre demande est-elle sérieuse alors que Mgr Jordan vient de répéter qu’une messe en latin et grégorien était célébrée chaque dimanche dans la cathédrale de Reims et que cela rendait infondée toute autre demande ?
Ces propos masquent le regrettable désir de notre évêque de ne pas aborder le problème de fond et une volonté incompréhensible de la part de notre père de discréditer notre demande. Il y a quelques semaines Mgr Jordan déclarait que nous n’étions que deux ou trois familles, aujourd’hui il déclare que l’on peut prier à la cathédrale de Reims en latin et en grégorien… Bien sûr, cela ne correspond à rien et cette réponse n’est pas sérieuse. Il ne s’agit pas, pour les familles qui demandent l’application du motu proprio Ecclesia Dei, d’avoir deux chants en latin dans le cadre d’une liturgie qui n’est pas, et de très loin, la liturgie traditionnelle, car notre demande, rappelons-le, est de pouvoir prier et vivre notre foi dans la liturgie traditionnelle de l’Eglise, c’est-à-dire dans les livres liturgiques de 1962 auxquels fait référence ledit Motu Proprio. C’est la demande du pape tout de même, adressée solennellement à toute l’Eglise. Pourquoi n’a-t-il pas simplement dit « il suffit d’accorder à ces fidèles un peu de latin et de grégorien » ? Quel mépris pour cette sainte figure qu’était Jean Paul II ! Le problème, et tout le monde le sait très bien, y compris Mgr Jordan, n’est pas une simple question de latin, et à tout prendre nous préférerions la liturgie traditionnelle en français plutôt qu’un ersatz de liturgie qui ne correspond pas à notre sensibilité.
► Pouvez-vous nous dire jusqu’ou ira la détermination des catholique de Paix liturgique à Reims ?
Il y a quelques semaines je vous aurais dit que l’important pour nous était de jeter un pavé dans la marre de la langue de bois diocésaine… Aujourd’hui nous n’en sommes plus là : des dizaines de personnes que nous avons rencontrées dans nos dialogues à la sortie des paroisses nous ont apporté leur soutien et leurs encouragements : « Continuez pour qu’enfin cesse l’exclusion dont nous sommes l’objet », « Quand la messe de saint Pie V sera célébrée à Reims, nous viendrons en famille chaque dimanche ». De même, des contacts discrets ont pu être noués avec des prêtres du diocèse qui comprennent notre démarche. Que Mgr Jordan ne s’y trompe pas, lui qui dit à qui veut l’entendre que nous ne sommes que quelques personnes qui nous lasserons vite, on ne peut pas durant des années mépriser le désir des simples fidèles et s’étonner ensuite qu’ils réagissent avec détermination. Nous nous devons donc de poursuivre jusqu'à l’instauration d’une vraie réconciliation au sein du diocèse…
Et puis la providence sait nous donner des signes : ce sont les jeunes familles de Reims qui, toujours plus nombreuses, s'engagent à soutenir avec persévérance l’oeuvre entreprise en faveur de l’instauration dans notre diocèse de la paix liturgique… Qui n’y verrait pas un signe du ciel sur l'avenir ?

Vous pouvez contacter Paix liturgique à Reims par téléphone au 06 31 75 73 94 ou par courriel à l'adresse : collectif51@tiscali.fr