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16 décembre 2007

[Jean-Claude Larchet - orthodoxie.com] Recension : Dom Guy Oury "La messe de S. Pie V à Paul VI"

SOURCE - Jean-Claude Larchet - orthodoxie.com - 16 décembre 2007

Dom Guy Oury, La messe de S. Pie V à Paul VI, Éditions de l’Abbaye Saint Pierre de Solesmes, Solesmes, 1975, 127 p.

La récente réhabilitation par le pape Benoît XVI de la messe en latin dite «de saint Pie V» a suscité un certain nombre de remous au sein de l’Église catholique, mais aussi quelques débats et prises de position au sein de l’Église orthodoxe, ce qui justifie cette recension.
 
Cette mesure, tout en s’inscrivant dans une série de prises de positions destinées à replacer le catholicisme romain sur ses positions antérieures au concile de Vatican II, était surtout destinée, au sein de l’Église catholique, à rallier, en satisfaisant leurs revendications les plus visibles et les plus immédiates, les dissidents de la toute petite minorité traditionaliste (objectif qui n’a été que partiellement atteint) ; sa portée est par ailleurs limitée puisque en France, par exemple, selon un article récent du journal «Le Monde», quelques dizaines de fidèles seulement ont fait la demande nécessaire pour obtenir, dans leurs paroisses, la célébration de la messe en question. Reste le problème de fond, qui a été de nouveau posé : celui de la valeur de ces deux messes l’une par rapport à l’autre et, dans la perspective qui est la nôtre, par rapport à l’Orthodoxie.
 
Ce petit livre, déjà ancien mais toujours diffusé, qui a été écrit par un liturgiste reconnu qui ne peut être qualifié ni de traditionaliste ni de moderniste, et qui a été cité comme une référence au cours des débats récents, apporte quelques réponses.
 
Il montre tout d’abord que la messe «de saint Pie V», qui date du concile de Trente, c’est-à-dire du XVIe siècle (et n’est donc pas, comme l’a dit un peu imprudemment le patriarche de Moscou, sans doute mal renseigné par ses conseillers, « d’une vénérable antiquité ») a sans cesse été retouchée, et cela jusqu’au pontificat de Jean XXIII. D’un autre côté, elle a été instituée dans le prolongement d’une longue suite de réformes qui font qu’elle est fort éloignée de la liturgie romaine des premiers siècles. C’est ainsi que le savant père Vladimir Guéttée, ancien prêtre catholique converti à l’Orthodoxie au XIXe siècle, qui a longtemps étudié et pratiqué cette messe, disait d’elle que, «modifiée, taillée, remaniée de mille manière depuis mille ans, elle n’exprime plus l’idée fondamentale de la vraie liturgie catholique» et concluait que l’ «on ne peut plus considérer comme licites les nombreux changements que l’Église romaine a faits aux rites de la liturgie». Le même constatait encore : «pour la liturgie, l’Église romaine n’a été fidèle que dans la conservation de la langue latine, or en cela elle s’est encore éloigné de l’esprit de l’Église primitive», l’esprit de la Pentecôte exigeant en effet que l’Église s’adresse aux fidèles dans leur propre langue.
 
Dom Oury montre ensuite que la messe dite «de Paul VI», instaurée par le 2e concile de Vatican II, ne constitue pas une rupture avec la messe antérieure. L’auteur réfute à cet égard méthodiquement toutes les accusations dont elle a été l’objet et souligne qu’elle ne doit pas être jugée, comme on le fait trop souvent, en fonction des divers abus auxquels sa mise en pratique a donné lieu.
 
L’auteur montre même que, à certains égard, la messe «de Paul VI» est plus traditionnelle que la messe «de saint Pie V» et franchit un pas œcuménique important en direction de l’Église orthodoxe en réintroduisant, notamment au niveau de la 4e prière eucharistique, des éléments empruntés à la liturgie antiochienne et à l’anaphore de saint Basile dans sa recension alexandrine. Elle réintroduit surtout l’épiclèse, qui est absente de la messe «de saint Pie V» ce qui, d’un point de vue orthodoxe, rend celle-ci invalide avant toute autre considération.
 
On peut en conclure que ce qui passe pour traditionnel ne l’est pas vraiment et que ce qui passe pour moderne ne l’est pas autant qu’on pourrait le penser. Et l’on peut ici se rappeler la remarque du P. Georges Florovsky : il faut se garder de confondre ancienneté et tradition.
 
Notons en passant que la coexistence actuelle de deux messes au sein de l’Église latine, l’une avec épiclèse et l’une sans épiclèse, ou bien témoigne d’une incohérence dans la théologie catholique actuelle de la consécration, ou bien indique que l’épiclèse n’a aux yeux de l’Église catholique qu’une valeur secondaire (puisqu’elle est facultative), et que donc prévaut toujours pour celle-ci la doctrine tardive (non acceptée par l’Église orthodoxe) selon laquelle la consécration est opérée par le ministère du prêtre lorsqu’il prononce les paroles : «...ceci est mon corps....ceci est mon sang...». Un problème de plus qui devra être examiné par le dialogue œcuménique lorsque celui-ci redeviendra sérieux en prenant en compte l’ensemble des questions qui continuent à séparer l’Église catholique de l’Église orthodoxe.
 
Jean-Claude Larchet

15 décembre 2007

[ceremoniaire.net] Un événement liturgique - ou le sens d’un Motu proprio

SOURCE - recension du livre de Marc Aillet sur ceremoniaire.net - Décembre 2007

Un événement liturgique ou le sens d’un Motu proprio - Marc Aillet
Éditions Tempora, novembre 2007
ISBN 9-782916-053202 - 137 pages - 13,90 €

Le père Marc Aillet, membre de la Communauté Saint-Martin, est vicaire général de Mgr Dominique Rey au diocèse de Fréjus-Toulon. Le filial attachement de ce diocèse et de son évêque à la personne du Vicaire du Christ étant connu de tous, on ne s’étonne pas que le vicaire général nous gratifie d’une analyse des raisons du Motu proprio Summorum Pontificum, dans un petit livre dont le but est de mettre en lumière la continuité dans laquelle s’inscrit ce document pontifical. Dans la préface qu’il accorde à cet ouvrage, Mgr Rey explique que le Motu proprio ne se réduit pas à une pure séduction vis-à-vis de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, mais s’inscrit au contraire dans une volonté, affichée depuis toujours par Joseph Ratzinger, de promouvoir la croissance organique de l’enseignement et de la liturgie de l’Église, avec pour horizon le projet de réforme de la réforme, c’est-à-dire la redécouverte de l’esprit de la liturgie et la progressive resacralisation du culte, en particulier du rite ordinaire.
 
L’ouvrage se divise en trois chapitres, suivis d’une brève conclusion, de la traduction française du Motu proprio et de la lettre de présentation du document aux évêques, ainsi que d’une petite bibliographie pour se faire une idée juste de la liturgie romaine. On ne peut pas nier la qualité et l’à-propos de la bibliothèque recommandée par le père Aillet, mais nous trouvons surprenant que le plus ancien texte sur la liturgie romaine dont il conseille la lecture date du 4 décembre 1963. Cela dit, l’intitulé de ce sous-titre de la bibliographie laisse percevoir le but subsidiaire du livre entier, tant il est manifeste que des catholiques, qui n’avaient pas une idée juste de la liturgie romaine, pourraient éprouver quelque difficulté à recevoir sereinement les affirmations et prescriptions de Summorum Pontificum.
 
Le vicaire général commence par présenter brièvement les dispositions du Motu proprio, ainsi que les recours dont disposent les fidèles qui n’obtiendraient pas du curé ce qu’ils demandent légitimement, tout en rassurant le lecteur qu’il ne s’agit pas de revenir en arrière et ainsi d’amenuiser l’autorité du Concile Vatican II, en particulier de mettre en doute la réforme liturgique qui y a été décidée (p. 23). En effet, le Saint-Père est convaincu que dans les pays comme la France, où le « mouvement liturgique avait donné à de nombreuses personnes une remarquable formation liturgique », l’attachement au Missel antérieur était fondé et éclairé (p. 27). Dans son troisième chapitre, sur la participation à la liturgie, l’auteur cite la préface donnée par cardinal Ratzinger en 2003 au livre du père Uwe Michaël Lang : « Pour ceux qui fréquentent habituellement l’Église, les deux effets les plus évidents de la réforme liturgique du Concile Vatican II semblent être la disparition du latin et l’autel orienté vers le peuple. Qui a lu les textes, poursuit le futur Benoît XVI, se rendra compte toutefois avec stupeur qu’en réalité les décrets du Concile ne prévoient rien de tout cela » (p. 91).
 
La juste idée de la liturgie romaine semblerait donc impliquer une désastreuse mise en application de la réforme voulue par le récent Concile, dont l’authentique application nécessiterait un nouveau mouvement liturgique, qui fait le sujet du deuxième chapitre. On ne s’étonnera pas des réactions inquiètes de tel ou tel prêtre ou animateur laïc de liturgie à la publication du Moto proprio : ces commentaires trahissent un manque de formation liturgique et sens théologique, qu’on ne saurait d’ailleurs pas toujours leur imputer (p. 35). Au cours de ce long chapitre, qui occupe presque la moitié du livre, en commençant par ce constat que l’inculture liturgique a envahi le sanctuaire (ou le podium), l’auteur passe en revue d’autres exigences énumérées par Sacrosanctum Concilium, ainsi que les échecs par lesquels elles se sont soldées. Là où les gestes, en nous venant du fond des âges, en particulier de l’âge d’or de la liturgie romaine, avaient l’art de nous immerger d’un coup dans le Mystère en nous faisant sortir du monde profane qui tend toujours à nous détourner de Dieu, on a mis en lieu et place, le plus souvent faute de formation, des gestes fabriqués, stéréotypés, empruntés à la vie ordinaire et incapables d’ouvrir à la transcendance du Mystère célébré (p. 62). La musique sacrée a subi les effets d’une mécompréhension de la participation active demandée par le Concile (p. 64). En parlant du lien voulu entre Bible et liturgie (p. 67), l’auteur oublie certes de mentionner que le renouveau tant acclamé du lectionnaire a écarté de la proclamation publique – pour prendre un cas flagrant – des paroles trop dures de l’Apôtre à l’intention de ceux qui s’approcheraient de la sainte table sans discernement. Mais il souligne que la répétition des textes du dimanche pendant la semaine permettait peut-être une meilleure assimilation de la parole par les fidèles et surtout, les chants de la Messe – introït, graduel, alleluia ou trait, chant d’offertoire, chant de communion – tirés toujours de l’Écriture, principalement de l’Ancien Testament et particulièrement des psaumes, constituaient un commentaire de l’Écriture par l’Écriture (p. 68). Il enchaîne des observations sur les banales et impossibles « traductions » officielles, les prescriptions qui n’en sont pas, surtout concernant l’usage du latin et l’orientation de la messe face à Dieu (p. 74), et ainsi de suite.
 
En un mot, on devine que le vicaire général est loin d’être persuadé que tout se passe pour le mieux dans la forme la plus ordinaire de la liturgie. Il groupe ses observations sous les titres : une plus grande fidélité aux normes liturgiques (p. 58) et un plus grand soin apporté à la formation liturgique (p. 75). L’auteur ne va pas jusqu’à suggérer qu’un nouveau mouvement liturgique – la thèse globale du deuxième chapitre – ne saurait s’édifier sur les livres de Paul VI, et ce n’est très probablement pas sa pensée ; il se contente de parler, comme Benoît XVI, d’un enrichissement mutuel des deux Missels (p. 54).
 
Le présent livre ne concerne donc pas les Grecs, les Russes, les Anglais et autres brebis perdues, à qui le Souverain Pontife a peut-être tout autant pensé en rédigeant le Motu proprio, et il ne s’adresse pas directement aux clercs et aux églises qui jouissent déjà, plus ou moins tranquillement, de la liturgie classique – bien que les questions traitées ne soient pas sans intérêt pour eux. Il s’adresse surtout à des catholiques élevés dans une liturgie déformée, à la limite du supportable, qui ont cru de bonne foi suivre la volonté de leur sainte Mère l’Église en continuant de faire ainsi. Que cet ouvrage contribue à leur ouvrir l’intelligence et le cœur !
PF.

[Le Courrier Picard] Hors l’Église, point de salut

SOURCE - Le Courrier Picard - 15 décembre 2007

Hors l’Église, point de salut AMIENS - Dans une déclaration au Courrier, Mgr Jean-Luc Bouilleret répond clairement mais fermement à la demande des catholiques traditionalistes : ils n’auront pas d’église du diocèse.

Depuis le 5 novembre, les catholiques traditionalistes d'Amiens de la Fraternité Saint Pie X (partisans de Mgr Lefebvre) n'ont plus d'église, le conseil général de la Somme l'ayant vendue au conseil régional.

Des rencontres ont eu lieu depuis le mois de juillet entre les prêtres de la Fraternité et les autorités du diocèse d'Amiens. Les catholiques traditionalistes qui se retrouvent d'une certaine façon « SDF » célèbrent actuellement leur messe tridentine dans la rue face à l'église Saint-Germain et à la cathédrale d'Amiens (encore ce dimanche à 10 heures). Et ils annoncent leur intention de célébrer une messe de minuit, avec une crèche vivante le soir de Noël, devant la cathédrale. Nombreuses sont les réactions de catholiques (des deux camps) qui demandent l'octroi d'une des églises désaffectées dans la Somme.
Contacts avec le Vatican
Mais « il y a un schisme de cette Fraternité Saint-Pie X à l'égard de l’Eglise catholique romaine. Nous sommes en communion totale avec le pape », rappelle Mgr Jean-Luc Bouilleret, évêque d'Amiens. « Il est exact qu'il y a des contacts entre Mgr Fellay, un des évêques de cette Fraternité, et le pape. Mais il n'y a pas d'accord à ce jour. Il n'y a toujours pas de levée d'excommunication et des sanctions à l'égard de ces évêques et de leurs prêtres. Ils ne veulent toujours pas reconnaître Vatican Il, l'oecuménisme et les libertés religieuses. »

Autre fait rappelé par l'évêque : « Il n'y a pas d'églises désaffectées dans le diocèse d'Amiens, placées sous ma responsabilité. Mais il y en a qui dépendent des collectivités territoriales, comme Saint-Germain qui appartient à la ville dAmiens. C'est au maire de prendre ses responsabilités. »

Quant à la question spécifique de la messe en latin, le Motu Proprio, Mgr Bouilleret souligne que « si un groupe stable constitué de nos fidèles veut la messe en latin dans la forme extraordinaire, il n'y aura aucun problème. Je n'ai pas de demande à ce jour »

Pour le reste, l'évêque d'Amiens est très clair : pas question de faire jouer la « charité chrétienne » envers les traditionalistes : « Il n’y a pas de charité authentique sans vérité. Pour une vraie communion, il faut être en charité avec la vérité. »

Et si une commune propose l'un de ses lieux de culte ? «Je consulterai mon conseil épiscopal avant de me prononcer », rétorque l'évêque qui précise encore que si les chrétiens orthodoxes peuvent bénéficier de la mise à disposition de la cathédrale, c'est qu'« eux ne sont pas excommuniés. Cela s'est d'ailleurs déroulé en présence du nonce apostolique ».

JACQUES GOFFINON

[Christophe Geffroy - La Nef] « Dépasser les tensions et les incompréhensions » - Jean-Pierre Cattenoz

SOURCE - Christophe Geffroy - La Nef n°188 - Décembre 2007

Si certains évêques renâclent face au Motu proprio Summorum Pontificum au point que Rome devrait prochainement publier une « explication » de ce texte, Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon, érige dans son diocèse l’association sacerdotale Totus tuus destinée aux prêtres diocésains qui célèbrent selon la forme extraordinaire du rite romain. Entretien avec le modérateur, notre collaborateur l’abbé Christian Gouyaud, curé de la paroisse personnelle de la Croix glorieuse à Strasbourg, et avec le secrétaire, l’abbé Tancrède Leroux, recteur de l’église Saint-Georges à Lyon. Mais avant, le message de Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d'Avignon.
L’association Totus tuus
Depuis plusieurs années, j’étais en contact avec des prêtres venant régulièrement dans mon diocèse pour célébrer la messe dans la forme tridentine. L’an dernier, nous étions tous dans l’attente d’un « Motu proprio » annoncé. Je me demandais comment nous pourrions répondre au désir du Saint-Père à travers ce Motu proprio. Je portais tout cela dans ma prière, demandant à l’Esprit Saint de m’éclairer. Puis, à la demande de plusieurs de ces prêtres, j’ai accepté de passer une journée avec eux. Ensemble nous nous sommes retrempés dans les premiers chapitres des Actes des Apôtres et dans la naissance de la première communauté au souffle de l’Esprit. Je leur ai proposé alors de rédiger une charte à la lumière des quatre piliers de la vie de la première communauté chrétienne : « Ils étaient fidèles à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières ».
 
Dans la confiance nous nous sommes revus de nouveau une journée au début de l’été. En fin d’été, nous avons passé ensemble quelques jours dans les Alpes pour finaliser la charte. Tout était prêt pour se lancer dans cette aventure dans la lumière du Motu proprio qui venait de sortir. Après avoir présenté mon projet à plusieurs évêques français et au cardinal Castrillon Hoyos, le 16 octobre dernier, date anniversaire de l’élection de Jean-Paul II, j’érigeais officiellement l’Association « Totus tuus ».
 
Le but de cette Association est d’apporter aux prêtres qui en feront partie un soutien spirituel et fraternel, mais aussi de leur permettre de s’intégrer de nouveau et pleinement dans la vie du presbyterium de nos diocèses. Attachés, sans exclusive, à la forme extraordinaire de la liturgie de l’Église, ils veulent vivre pleinement dans la lumière du Motu proprio selon lequel : « les deux expressions de la lex orandi de l’Église n’induisent aucune division de la lex credendi de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvres de l’unique rite romain ». Ils veulent vivre pleinement leur sacerdoce au cœur de nos diocèses sous la conduite de leurs évêques.
 
L’Association devrait à terme permettre de dépasser les tensions et les incompréhensions au cœur même de l’Église entre des gens qui tous se savent membres de l’unique Corps du Christ. Les prêtres membres de l’Association veulent vraiment être dans la charité des artisans de paix et d’unité au cœur de l’Église. À la lumière de la lettre de Jean-Paul II à l’aube du troisième millénaire, ils veulent que nos communautés chrétiennes deviennent d’authentiques écoles de la communion dans la charité.
 
Le Motu Proprio ne dessaisit aucunement les évêques de leur triple charge d’enseigner, de sanctifier et de conduire le Peuple de Dieu, il les invite au contraire à œuvrer pour que nous retrouvions par-delà deux expressions, l’une extraordinaire et l’autre ordinaire de la lex orandi de l’Église une unité toujours plus profonde et plus vraie au cœur de l’Église pour un meilleur service missionnaire au cœur de notre monde d’aujourd’hui.
 
Lors de notre Assemblée plénière des Évêques de France à Lourdes, nous avons partagé sur la mise en œuvre du Motu proprio dans nos diocèses. Il se met en place progressivement et paisiblement. Il faudra encore du temps pour que nous apprenions tous, de part et d’autre, à vivre dans la confiance réciproque et nous avons tous à nous convertir pour nous laisser toujours davantage conduire par l’Esprit Saint.

Mgr Jean-Pierre Cattenoz 
archevêque d’Avignon

La Nef – Pourquoi avoir créé l’association de prêtres Totus tuus ?
Abbé Christian Gouyaud – Encouragées par l’Église, les associations sacerdotales « proposent une règle de vie adaptée et dûment approuvée, et un soutien fraternel qui aident les prêtres à se sanctifier dans l’exercice du ministère ». L’association Totus tuus offre cette règle et ce soutien aux prêtres diocésains « attachés à la “forme extraordinaire de l’unique rite romain” » et engagés dans l’application du Motu proprio Summorum pontificum. Cependant, la Charte de l’Association dépasse ce cadre liturgique. Comme l’a souligné Mgr Cattenoz, l’option d’une forme liturgique ne suffit pas à fonder une spiritualité sacerdotale. Nous sommes plusieurs à en avoir fait l’expérience.
Abbé Tancrède Leroux – Les prêtres à l’origine de l’association appartiennent à la « génération Jean-Paul II ». De là sa devise épiscopale – Totus tuus – comme nom de l’association et surtout sa piété mariale comme l’un des fondements de notre spiritualité.
Pourriez-vous nous expliquer quel sera le cheminement pour un jeune garçon ayant une vocation et qui serait intéressé de rejoindre l’association ?
T.L. – L’association n’incardine pas de prêtres. Se former en vue du sacerdoce et rejoindre l’association sont donc deux questions différentes. Cependant nous portons le souci des vocations et des candidats au sacerdoce sont en lien avec l’association. Est-il vraiment utile de multiplier les séminaires ? Pourvu que la formation prenne en compte le critère indispensable d’une « herméneutique de la réforme dans la continuité de l’unique sujet-Eglise », concernant l’enseignement depuis Vatican II, des séminaristes peuvent être intégrés dans un séminaire diocésain où l’expression liturgique traditionnelle serait prise en compte et respectée. Aujourd’hui de telles possibilités existent et se mettent en place pour les jeunes attachés à cette liturgie.
Cette association est-elle un fruit du Motu proprio ?
C.G. – Cette association était déjà en chantier avant la promulgation du Motu proprio. Erigée après la publication de ce texte, elle constitue, de la part de Mgr Cattenoz, une réponse positive et originale à ce que souhaite Benoît XVI. Contrairement à ce qui a pu être parfois dit, les évêques n’ont pas perdu la main dans ce dossier : la solution apparente d’un diocèse personnel ou d’une administration apostolique a été écartée, pour ne pas soustraire ce type de ministère à leur juridiction. Il est donc particulièrement heureux que des évêques prennent des initiatives dans ce sens. Deux écueils doivent être évités : l’opposition d’une fin de non-recevoir à une telle demande des fidèles ; l’octroi d’un statut « à part » qui marginalise ce type de célébration. Comme je l’ai déjà écrit dans La Nef, en s’adressant principalement aux curés qui accueillent le tout-venant sans sectorisation a priori de leur sollicitude pastorale, Benoît XVI normalise cette forme liturgique par sa dévolution au niveau le plus élémentaire qu’est la paroisse.
Ne craignez-vous pas de faire concurrence aux instituts Ecclesia Dei ?
T.L. – Le premier impact du Motu proprio devrait être de désenclaver la forme liturgique traditionnelle. À partir de là, il y aura du travail pour tous ceux qui veulent exercer un ministère pastoral en vertu d’une mission reçue par l’évêque du lieu. Nous souhaitons surtout mettre l’accent sur cette cohérence demandée par le pape de ne pas exclure en pratique de célébrer aussi selon la forme ordinaire dès lors qu’on lui reconnaît d’être valide et sanctifiante, notamment par la concélébration qui est un signe de l’unité du presbyterium autour de l’évêque. L’association sacerdotale, de droit diocésain, n’est pas un institut de droit pontifical. En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas du tout dans une logique d’exemption.
Comment voyez-vous l’avenir liturgique depuis la publication du Motu proprio ?
C.G. – Benoît XVI entend « parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Église ». Les deux formes rituelles peuvent s’enrichir et, à terme, l’avenir est dans la fameuse « réforme de la réforme » qui réunirait les aspects positifs de l’une et de l’autre. Les principes essentiels de la Constitution conciliaire sur la liturgie doivent d’ailleurs guider la célébration selon l’ancien missel, comme le recommandait le cardinal Ratzinger lors des 10 ans du Motu proprio Ecclesia Dei. Si, dans la situation présente, il faut mettre un terme aux abus liturgiques, il convient aussi d’éviter « les exagérations [qui] ne manquent pas, ni parfois des aspects sociaux indûment liés à l’attitude de certains fidèles attachés à l’ancienne tradition liturgique latine ». Heureusement, bien des fidèles souhaitent répondre au vœu d’unité ecclésiale et de pacification liturgique du Saint-Père.
Sauf quelques exceptions, les évêques français ne semblent pour le moment pas vouloir profiter du Motu proprio pour établir une véritable paix liturgique et faciliter les souhaits des fidèles attachés aux anciennes formes liturgiques : comment analysez-vous cela ?
T.L. – Des initiatives sont prises ici ou là. Mais, après seulement trois mois, un bilan n’est-il pas prématuré ? Certains comportements revendicatifs ne sont peut-être pas les plus à même d’accréditer des demandes d’application du Motu proprio. De part et d’autre, comme le souligne Benoît XVI dans sa lettre, c’est surtout l’ouverture de cœur qui permettra d’avancer. Collaborateurs de l’évêque et pleinement attachés à la forme extraordinaire du rite romain, les prêtres de l’association Totus tuus souhaitent contribuer à dégager cette forme liturgique de certaines problématiques qui, à juste titre, inquiètent les pasteurs. Ils sont reconnaissants aux évêques qui, parfois depuis plusieurs années, à la suite de Jean-Paul II puis de Benoît XVI, ont eu une attitude vraiment paternelle pour les fidèles attachés à la forme extraordinaire.

propos recueillis par Christophe Geffroy
Pour tout renseignement :
saintarbogast@wanadoo.fr
paroissetraditionnelle.croixglorieuse@orange.fr
eglisesaintgeorges.over-blog.org
 

[Lettre à Nos Frères Prêtres] Quand La Croix désinforme allègrement... Éditorial - par l'abbé Régis de Cacqueray

SOURCE - Lettre à nos frères prêtres n°36 - Lettre trimestrielle de liaison de la Fraternité Saint-Pie X avec le clergé de France - Décembre 2007

Le vendredi 14 septembre, premier jour (théorique) de l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum, le quotidien La Croix sonne la charge. Il s’agit de montrer, démontrer et marteler que ce Motu Proprio est un non-événement, qu’il n’intéresse personne. Les titres sont sans équivoque : « L’ancienne messe ne fait pas recette » ; « Le Motu Proprio ne provoque pas de raz de marée » ; « Au Vatican, une entrée en vigueur dans la plus grande discrétion ». L’éditorialiste du quotidien, l’inénarrable père Michel Kubler, ne mâche pas ses mots : « Dans la pratique, rien ne semble devoir changer » ; « Les traditionalistes n’ont pas vu de renforts venir étoffer leurs rangs » ; « A peine une poignée de "messes en latin" ont été autorisées à ce jour » ; « Beaucoup de bruit pour rien », etc.
 
Nous sommes là en pleine farce. Pour rester dans un registre grave et pondéré, disons sobrement que le « quotidien catholique » désinforme allégrement ses lecteurs (ce n’est pas la première fois).
 
Le Motu Proprio est, en effet, paru le 7 juillet, au moment où les gens partaient en vacances. Le 14 septembre est à peu près le moment où, les mêmes gens étant revenus de vacances, les activités ordinaires reprennent. C’est comme si on entendait juger de l’activité ordinaire d’une paroisse sur ce qui s’y passe le 31 juillet. On est hors de l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire.
 
C’est en réalité maintenant que, à travers la France, les personnes commencent à se contacter, les groupes à se constituer, les demandes à arriver au courrier des curés. Le Motu Proprio va ainsi con-naître une montée progressive en puissance : aujourd’hui, plus d’une centaine de demandes ont déjà été faites, et d’ici à quelques mois elles ne tarderont pas à dépasser le millier. Mais l’on peut parier que La Croix se gardera alors d’y consacrer un dossier, voire simplement un article.

Ce n’est pas non plus dans La Croix que les catholiques pourront connaître les précisions fondamentales qui ont été apportées par le cardinal Castrillon Hoyos, Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, et par Mgr Ranjith, Secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin. Pour La Croix, tout ce qui n’entre pas dans ses catégories préconçues est un « non-événement ». Vous trouverez donc ici quelques extraits de ces entretiens dont le « quotidien catholique » s’est bien gardé de parler.
 
Cette publication nécessaire nous empêche de com-menter l’encyclique du Pape. Nous y reviendrons. En attendant, je vous souhaite une bonne année, n’oubliant pas que nous sommes « sauvés dans l’espérance ».

Abbé Régis de CACQUERAY

14 décembre 2007

[Paix Liturgique] Appel très urgent aux amis de la Paix liturgique

SOURCE - La Lettre de Paix Liturgique n°76 - 14 décembre 2007

Chers Amis,
 
Dans les prochaines semaines, au début de l’année 2008, commencera la grande campagne de Paix Liturgique vers la France et tout l’univers francophone visant à faire la promotion des demandes d’application du Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI aux cœurs des paroisses.
 
Pour assurez le succès de cette campagne et sa bonne diffusion nous avons besoin de vous !
 
Si chacun d’entre vous nous transmettait au moins une nouvelle adresse électronique d’ami ou de parent, cela contribuerait à augmenter considérablement le rayonnement de l’information que nous diffusons. Par ce moyen facile et gratuit vous pouvez nous permette de donner une ampleur inégalée à nos campagnes en faveur de la Paix liturgique.
 
En nous transmettant des adresses pensez à vos proches mais pensez aussi à vos relations qui vivent dans les secteurs les plus reculés, là ou l’isolement est tel que bien souvent l’on ne voit pas, à vue humaine de solutions… Et pourtant nous savons que partout, dans chaque diocèse, dans chaque doyenné, dans chaque paroisse, il y a des fidèles qui attendent que nous les aidions à oser se lancer dans la grande aventure de la Paix liturgique.
 
A l’approche de Noël, donnez-vous le temps de consacrer quelques secondes pour répondre à notre demande et faire ainsi que Jésus, adoré dans la forme extraordinaire du rite latin, se retrouve demain accueilli dans un nombre toujours plus grand d’églises, de cathédrales et de chapelles.
 
Par avance nous vous remercions et vous souhaitons un bon et saint Noël !
 
Sylvie Mimpontel
 
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Eglise.

Val-de-Grâce : l’impardonnable gaffe d’un vicaire général de Paris
► Mgr Michel Aupetit, ancien curé de Notre-Dame de l’Arche d’Alliance, vicaire général du diocèse de Paris, a présidé le dimanche 2 décembre, à 11h, une concélébration dans l’église du Val-de-Grâce. Il s’agissait de la traditionnelle messe de fin d''année à la mémoire des membres de l''Association et des agents de la Régie Autonome des Transports Parisiens tombés au Champ d''Honneur lors des différents conflits, en présence, comme on dit, des représentants des plus hautes Autorités civiles et militaires.
Il faut savoir que l’église du Val-de-Grâce, dépendant du diocèse aux Armées et desservie par le P. Guy Vandevelde, aumônier du H.I.A. Val-de-Grâce, est l’église de Paris la plus classique en matière de célébration de la liturgie de Paul VI, modèle de la fameuse « bonne interprétation » de la réforme liturgique, dont tant de bonnes âmes pensent qu’elle devrait vider les assemblées Saint-Pie-V si, « conformément à la volonté du Concile », elle s’imposait enfin dans les paroisses. Au Val-de-Grâce, l’interprétation traditionnelle de la réforme est telle que la messe de Paul VI est célébrée face au Seigneur, ce qui est de fait peu courant, mais tout à fait régulier.
La liturgie de la parole de la messe du 2 décembre se déroula donc normalement, selon le rite de Paul VI en français, très correct. Après le sermon et le Credo, le vicaire général s’apprêtait à se rendre à l’autel, mais il manifesta son inquiétude : où donc était la table eucharistique ? Le cérémoniaire lui indiqua le splendide autel majeur, surmonté du monumental et aérien baldaquin de marbre blanc qui flotte pour ainsi dire sous la lumineuse coupole peinte par Mignard. Refus scandalisé de l’ancien curé de l’église Notre-Dame de l’Arche Alliance, si moderne qu’elle en est comique (81 rue d''Alleray, 75015 Paris). S’ensuivit une discussion tendue à voix basse. On finit par trouver une table, qu’on poussa dans le chœur et qu’on recouvrit à la hâte d’une nappe, afin que l’eucharistie pût continuer. Clair abus d’autorité, puisque l’église du Val-de-Grâce dépend de l’Ordinariat militaire, et que le vicaire général s’y trouvait célébrer en invité. Et, sans même parler du ridicule, quelle colossale gaffe : refuser, en 2007, sous Benoît XVI, au Val-de-Grâce, en plein déploiement du Motu proprio, de célébrer face au Seigneur ! Idéologie, quand tu nous tiens…

Des fidèles de Brignoles ou Cotignac (Var) recherchent à se regrouper
► Pas facile de constituer ou de rejoindre un groupe lorsque l’on est isolé… Aussi des fidèles du centre du Var vous interrogent pour savoir si des groupes sont actuellement en cours de constitution dans cette région ?
Pour les renseigner ou les rejoindre :

Un groupe de fidèles à Carpentras
► Se souvenant de la magnifique expérience liturgique qui avait duré près d’une année dans la chapelle de l’ancien hôpital de Carpentras, des fidèles s’interrogent sur la possibilité de constituer un groupe stable pour bénéficier d’une célébration dominicale dans la forme extraordinaire du rite latin dans une église de la capitale du Comtat Venaissin.
Pour en savoir plus :

Jubilé de Notre-Dame de Chrétienté : Grand''Messe pontificale célébrée par son Excellence le Cardinal Dario Castrillon Hoyos
► Samedi 8 décembre à 9h30, fête de l''Immaculée Conception de Marie, la foule des grands jours des amis du pèlerinage de Chrétienté se presse à l''église Sainte-Jeanne d''Arc à Versailles. Le Cardinal Hoyos, président de la Commission Ecclesia Dei et proche collaborateur du Pape, a accepté l''invitation de l''Association Notre-Dame de Chrétienté de venir célébrer la Grand''Messe pontificale d''action de grâce pour les 25 pèlerinages (1983-2007) et présider ensuite la journée d''amitié française et chrétienne au Domaine de Grand''Maisons à Villepreux. Nombreux instituts, fraternités et monastères amis sont représentés : Fraternité Saint Pierre, Institut du Christ Roi, Institut du Bon Pasteur, Fraternité Saint Vincent Ferrier, Sainte Croix de Riaumont, Bénédictins du Barroux, Dominicaines de Pontcallec. Accueilli par monseigneur Mgr Aumônier évêque de Versailles entouré de plusieurs de ses prêtres. Les fidèles – plus de 2000 – se pressent nombreux dans la nef et la crypte. L''extraordinaire liturgie, pour ne pas dire la liturgie extraordinaire, se déroule pour rendre à Dieu le culte qui lui est dû.
L''après-midi, les intervenants de l''Association et les Anciens remercient de très nombreuses fois le Cardinal et à travers lui le Pape Benoît XVI. Le cardinal manifeste toute sa joie d''être présent et parle beaucoup de l''extraordinaire Motu proprio. Celui-ci ne doit pas être considéré comme une petite chose, dira-t-il, c''est la "victoire de l''Eglise". Par cet acte, le Saint-Père Benoît XVI a décidé de rendre à toute l''Eglise un trésor immense de la Tradition. Ces trésors ne doivent pas rester dans les musées mais doivent être rendus à l''ensemble du peuple chrétien. Il insiste sur le fait que le Motu proprio a été voulu par le Pape lui-même pour toute l''Eglise. Il félicite aussi chaleureusement les organisateurs et pèlerins du pèlerinage "de Chrétienté" : il revient sur cette caractéristique fondamentale du pèlerinage, son "identité". "Votre pèlerinage n''est pas n''importe quel pèlerinage, c''est un pèlerinage de Chrétienté". (...) "Ce que vous faites est plus important que ce que vous pouvez imaginer". En partant, le cardinal recevra une véritable ovation et dira adieu pendant que de toutes les poitrines sort le chant de plusieurs "Je Vous salue Marie".
Merci Eminence pour vos prières, votre action, votre présence, vos encouragements ! Nous voilà pleins de zèle pour les 25 ans qui viennent !
Sursum corda et Deo gratias !
Vous pouvez voir les photos de la journée, acheter le Livre d''Or des 25 ans et le DVD du dernier pèlerinage : http://www.nd-chretiente.com

Courrier des Lecteurs
► Courrier reçu :
Bien que je comprenne et soutienne vos demandes, je tiens à apporter une petite précision quant à la messe célébrée selon le rite extraordinaire, ou missel du bienheureux Jean XXIII, en l''église Saint-Germain l''Auxerrois.
Réjouissons-nous que le Cardinal André Vingt-trois, Archevêque de Paris, ait pris la décision de rassembler les fidèles à la messe tridentine en cette église historique. Il faut savoir apprécier un beau cadeau et arrêter de couper les cheveux en quatre. Je connais personnellement l''abbé Dominic Schubert pour vous garantir que, pour des raisons qui lui sont propres, justifiées et fondées, ne dira jamais (bien qu''il ne faille pas employer jamais !) le canon à voix basse. Sa façon de célébrer est digne, il a été formé à bonne école et reste un prêtre de référence. Rappelons qu''il a fait ses premières années de séminaires à Seitskofen (où l''on forme une partie des prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X), qu''il a fait partie des dix fondateurs de la Fraternité Saint-Pierre et que depuis plus de quinze ans il a oeuvré avec l''abbé Albert Jacquemin auprès du Cardinal Jean-Marie Lustiger dans la lignée de ce qui allait devenir plus tard le Motu Proprio Summorum Pontificum. Rendons grâce à Dieu et arrêtons donc de faire les difficiles pour ne pas dire les enfants gâtés.
Paris
Réponse de Paix Liturgique
Merci pour votre message.
Nous nous réjouissons bien sûr ce la célébration de la messe traditionnelle à Saint-Germain l''Auxerrois et nous savons gré de cette bonne nouvelle à Monsieur le Cardinal Vingt-Trois.
Il n''est pas question de parler des qualités ou défauts de l''abbé Schubert ici ou de le juger, la personne du célébrant étant sans aucune importance comparé au Mystère que nous vivons lors de chaque messe.
Toutefois, la liturgie est le Trésor de l''Eglise et il n''appartient pas au prêtre de faire les adaptations qu''il souhaite, fussent-elles "propres", "justifiées" et "fondées".
Le Missel auquel Benoît XVI a redonné droit de cité le 7 juillet dernier indique expressément que le canon doit être dit "secrètement". Le débat semble donc limité sur la possibilité ou non de dire le canon à voix haute et qui plus est... au micro.
Si un célébrant s''estime au-dessus des lois, libre à lui alors de faire les adaptations qu''il souhaite pour lui et son confort personnel. Mais de grâce, dans ce cas, qu''on permette alors également aux fidèles d''avoir des raisons "propres", "justifiées" et "fondées" de ne pas apprécier cette manière de célébrer, de souhaiter qu''il en soit autrement et de le manifester.
Cordialement,
Paix Liturgique

Qui sommes-nous ?
► Ce que nous sommes
- Des catholiques romains attachés à leur Eglise.
- Des fidèles attachés au Saint-Père.
- Des diocésains qui respectent leurs évêques et qui attendent beaucoup d''eux comme des enfants de leur père.
- Des croyants soucieux de respecter l’enseignement de l’Eglise conformément aux définitions qui ont été renouvelées par le Catéchisme de l’Eglise catholique publié par Jean Paul II en 1992.
- Des chrétiens très nombreux qui désirent vivre leur foi catholique dans leur paroisse au rythme de la forme extraordinaire du rit latin de l''Eglise comme le pape Benoit XVI le propose dans son motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.
► Ce que nous désirons
- Une application « large et généreuse » des possibilités accordées par l''Eglise en faveur des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle.
- Il est nécessaire que ces lieux soient des églises où sera célébrée chaque dimanche et fête la liturgie traditionnelle selon le missel de 1962.
- L’enseignement de la foi catholique selon les schémas définis par le catéchisme de l’Eglise catholique publié par le Vatican en 1992.
- L’accès effectif pour tous aux sacrements de la Sainte Eglise selon le missel de 1962.
- La possibilité de développer dans la paix toutes les oeuvres chrétiennes nécessaires aux besoins des fidèles (scoutisme, patronage, chorale, Conférences Saint Vincent de Paul, Domus Christiani, récollections, pèlerinage...)
- Ces communautés en communion avec l’évêque doivent être dirigées par des prêtres bienveillants, soucieux de paix et de réconciliation.
► Pourquoi nous le désirons
- Les querelles dans l’Eglise doivent cesser.
- C’est notre sensibilité et le pape a demandé que cette sensibilité soit accueillie et respectée.
- Au moment où l’Eglise traverse en France une crise grave, il est urgent de mettre en oeuvre une réconciliation entre tous les fidèles.
- C’est par ce moyen et lui seul que se renoueront des liens de dialogue, de charité fraternelle et de respect et que cesseront les invectives.
- C’est surtout répondre au précepte évangélique d’agir en tout pour l’unité des catholiques malgré leurs différences et leurs diversités.
C’est ainsi que l’on pourra véritablement prétendre favoriser l’oecuménisme et entreprendre tous ensemble la nouvelle évangélisation réclamée par l''Eglise. 

13 décembre 2007

[Abbé Basilio Méramo - La Voix dans le Désert] Sous apparence de bien, le démon tente, tel qu’un ange de lumière

SOURCE - Abbé Basilio Méramo - La Voix dans le Désert - 13 décembre 2007

Sous apparence de bien, le démon tente, tel qu'un ange de lumière 
Les Saintes Ecritures nous avertissent que bien souvent Satan, sous l’aspect d’un Ange de lumière (Ange du Bien en apparence), séduit les fidèles en recherchant, tel un lion rugissant autour de nous et en observant qui il peut dévorer, d’où les exhortations de Saint Pierre à une vigilance continuelle. Or, un grand nombre (peut-être bien la grande majorité) des défenseurs de la Tradition et de la Sainte messe de toujours, ont  vu, dans le Motu Proprio de Benoit XVI un bien en affirmant (en reconnaissant) que la Messe Tridentine ou dite de St Pie V n’a jamais été abrogée, et que cela ouvre un horizon de perspectives, de grands espoirs qui débouchent sur un optimisme flatteur, comparable à la rosée tombant sur un terrain âpre et friand, au sein d’un reverdissement esperé. Mais si nous nous plaçons sans passion et avec attention au point de vue de la Foi, nous nous apercevons du mirage que nous offre une réalité volatile qui se dissipe et disparait devant nos yeux. Rien de mieux, ni de plus perspicace, ne pouvait avoir lieu que de proposer (mettre en avant) une reconnaissance louable conforme à la vérité que les traditionalistes et Monseigneur Lefebvre ont toujours affirmée : Que la Messe traditionnelle n’a jamais été abolie, en droit,  bien que supprimée dans les faits d’une manière abusivement autoritaire. La reconnaissance subtile et intelligente de Benoit XVI du fait que la Messe ancienne n’a jamais été abolie revêt des airs de triomphe à première vue, mais c’est en réalité le moyen le plus effronté et le plus efficace de satisfaire son désir le plus profond et le plus cher de se mettre en harmonie avec ses optiques modernistes les plus viscérales, tel un ange de lumière sous apparence de bien, que même pas  bon nombre de progressistes n’ont su mesurer et apprécier dans leurs gesticulations fanatiques.  La vérité est que si Benoit XVI (d’une intelligence affinée et perspicace) prétend légitimer la Nouvelle Messe en la faisant passer comme une expresión, digne de foi, du rite romain de l’Eglise, on ne peut pas continuer, d’une manière absurde, à affirmer que la Messe Tridentine a été abrogée, laquelle, en vertu du simple fait historique et dogmatique, a été par excellence l’expression du rite romain (promulguée à perpétuité);  d’un point de vue historique on ne peut admettre l’existence, comme lui-même l’affirme dans sa propre autobiographie, d’une  rupture schismatique comme celle-ci en train de s’établir jusqu’à maintenant ;  il convient donc  que les torts soient redressés. Telles sont ses propres paroles: “Le second grand évènement au début de mes années à Ratisbonne a été la publication du missel de Paul VI, avec l’interdiction quasi complète du missel précédent… J’étais cependant perplexe vis-à-vis de l’interdiction du missel ancien, car une chose semblable ne s’était jamais produite auparavant dans l’histoire de la liturgie… Il n’est pas possible par conséquent, de parler de fait d’une interdiction des missels anterieurs et jusqu’alors légitimement valides. A présent, au contraire, la promulgation de l’interdiction du Missel qui s’était célébré tout au long des siècles depuis l’époque des sacramentaux de l’Eglise antique, a constitué une rupture dans l’histoire de la liturgie dont les conséquences ne pouvaient être que tragiques.” (Joseph Ratzinger, Mi Vida, ed. Encuentro, Madrid 205 p.148-149). Tout ceci montre clairement que pour le Cardinal Ratzinger, tout ceci relevait depuis lors d’une rupture qu’il n’était historiquement plus possible de soutenir sérieusement.  Il convenait donc de résoudre le problème, d’autant plus que si,  avec une sibylline astuce et sagacité,  son objectif était de montrer que la Nouvelle Messe est la continuation et l’expression légitime du rite romain de l’Eglise. Il ne pouvait pas se permettre le luxe stupide d’une rupture tragique, même ne serait-ce qu’en apparence. Son oeuménisme dialectique très ingénieux ne le lui permettait pas,  d’où le fait que s’il prétend faire passer la Nouvelle Messe comme légitimement romaine, comme étant son expression légitime, telle la face d’une même pièce, il lui était - et il lui est -impossible de continuer à affirmer que l’autre face de la même pièce, bien que n’étant pas la face principale (la Messe Tridentine),  ne l’est pas. Si les deux messes sont l’expression d’un même rite romain, il est évident que l’on ne peut pas continuer à faire valoir l’argument sot et stupide qui consiste à dire que la Messe ancienne était interdite ou abolie, à plus forte raison si l’on veut faire passer la Nouvelle Messe (batârde et protestantisée selon les qualificatifs de Mgr Lefebvre) comme expression légitime du rite romain, comme le fut historiquement (et même dogmatiquement) l’Ancienne Messe. De plus, il n’est pas possible de tolérer, dans ses visées d’amalgame (coagula) dialectique oecuménique, de laisser transparaitre la moindre once de rupture (ou de schisme liturgique historique) susceptible d’empêcher sa synthèse dialectique. C’est pourquoi le Cardinal Ratzinger se permet d’affirmer en conformité avec ses désirs les plus profonds : “Pour la vie de l’Eglise, sont d’une urgence dramatique, un renouveau de la conscience liturgique, une réconciliation liturgique qui reconnaisse à nouveau l’unité de l’histoire de la liturgie et qui comprenne le Concile Vatican II, non comme rupture sinon comme une phase évolutive”. (Ibid.p. 150).        Dès lors, apparait de toute évidence ce qui constitue le véritable motif de la reconnaissance de la non-abrogation de la Messe Tridentine,  :  c’est le fameux  un pas en arrière, deux pas - plus grands et plus profonds - en avant.   Il serait ridicule de penser que, selon les mots même du Cardinal Ratzinger, son apparent changement de position est dû à un rapprochement vers la Messe Tridentine, vers la Tradition.  Non, bien au contraire. Il s’agit de consolider et de légitimer la Nouvelle Messe et le Concile Vatican II, dépourvus de ruptures tragiques ou dramatiques mais conçus en revanche comme une suave et douce évolution, et de faire en sorte qu’ils soient par tous, reconnus, admis et acceptés d’une manière pacifique. Ce que l’on prétend faire c’est montrer avec douceur et fermeté que ni la Nouvelle Messe, ni le Concile Vatican II ne constituent un schisme ou une rupture liturgique d’aucune sorte (ni doctrinale) mais sont le fruit d’une évolution vitale qu’il convient d’assumer et d’accepter en tant qu’expression légitme de l’Eglise. Ainsi la  Messe Tridentine devient l’expression antique et extraordinaire d’un passé légendaire, et la Nouvelle Messe, l’expression ordinaire d’un présent reluisant  et d’un avenir vital. L’on ne peut pas être à la fois plus subtil, sagace et intelligent pour parvenir à annuler sans drame ni douleur, la légitime resistance du glorieux combat pour la défense de la Messe de toujours et de l’infaillible Tradition de l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine que le modernisme, par le biais d’un embrassement oecuménique, veut faire disparaitre sans traces de cadavres mal odorants et honteux. La démocratie ne l’admet pas, ni ne l’endure ni ne le tolère, car uniquement l’on detruit ce que  dalectiquement et diaboliquement  l’on remplace.

Basilio Méramo Pbro. 13 Décembre 2007

11 décembre 2007

[Laurent Dandrieu - Valeurs Actuelles] Catholicisme romain

SOURCE - Laurent Dandrieu - Valeurs Actuelles - 11 décembre 2007

Dimanche 9 décembre. Bien à l’abri de la pluie diluvienne qui s’abat sur la capitale italienne, j’assiste à la première messe solennelle célébrée à Rome par le jeune abbé René-Sébastien Fournier, de l’Institut du bon-Pasteur. Le cadre, prestigieux, est celui de la Trinité-des-Monts, encore magnifié par deux chorales, grégorienne et polyphonique, qui font résonner entre ces murs couverts de fresques baroques la splendeur de cette antique liturgie. Pour cette première célébration en cette église de la forme extraordinaire du rite depuis sa réhabilitation par Benoît XVI, le secrétaire général de l’Etat du Vatican, Mgr Renato Boccardo, avait tenu à prononcer lui-même l’homélie, dans un français impeccable. Venant d’un prélat peu suspect de traditionalisme, ce geste est un pas important dans la "réacclimatation" de ce rite longtemps tenu en suspicion. La veille, pour fêter le 25e anniversaire du pèlerinage traditionnel de Chartres, le cardinal Castrillon Hoyos le célébrait également, à Versailles, en présence de plus de 2000 fidèles. Le président de la commission vaticane Ecclesia Dei n’a pas eu les honneurs de la cathédrale, mais a dit la messe traditionnelle en présence de Mgr Aumonier, évêque du lieu. Pourtant, des quatre coins de la France remonte l’écho de l’accueil le plus souvent glacial opposé par la hiérarchie catholique aux fidèles demandant à bénéficier de ce rite comme le pape les y invite. A tel point que le secrétaire de la congrégation pour le Culte divin, Mgr Ranjith, s’est senti obligé de rappeler à deux reprises aux évêques que l’obéissance au pape n’est pas facultative. Souvent idéologique, comme le rappelait Mgr Ranjith, cette résistance d’arrière-garde ne prive pas seulement les fidèles d’un trésor liturgique, mais aussi l’Eglise tout entière d’un précieux instrument d’évangélisation, comme elle laisse de côté de nombreux prêtres qui ne demandent qu’à apporter leur pierre à l’édifice commun. Dans la crise que traverse le catholicisme européen, combien de temps encore l’Eglise de France va-t-elle ainsi se payer le luxe de diviser ses forces au lieu de les unir ? 

10 décembre 2007

[AFP] Première messe tridentine en latin dans une église française de Rome

AFP - 10 décembre 2007

ROME, 10 déc 2007 (AFP) - La messe tridentine en latin a été célébrée dimanche soir dans l'une des églises françaises de Rome, la Trinité des Monts, pour la première fois depuis la promulgation du décret du pape réhabilitant cette "forme extraordinaire du rite romain", selon l'agence I.Media.
 
La messe a été célébrée par un jeune prêtre de l'institut du Bon Pasteur, créé tout spécialement à Bordeaux (sud de la France) en 2006 pour accueillir les prêtres intégristes souhaitant réintégrer le clergé fidèle au pape.
 
Un représentant du Vatican, Mgr Renato Boccardo, secrétaire général du Gouvernorat de l'Etat de la Cité du Vatican, a prononcé l'homélie en français.
 
La célébration de la messe en latin selon le missel ancien dit "tridentin" a été libéralisée le 12 septembre par un décret du pape. Cependant les prêtres sont peu nombreux à vouloir la célébrer.
 
Benoît XVI célèbre lui-même souvent des messes en latin au Vatican, mais selon le rite moderne institué après le concile Vatican II. Il n'a pas encore eu recours publiquement à la liturgie tridentine.
 
L'église de la Trinité des Monts est une des cinq églises possédées par la France à Rome.
 
nou/fmi/mc

9 décembre 2007

[Ennemond - Le Forum Catholique] Le Christ parlant à l'évêque d'Amiens

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 9 décembre 2007

Dans sa fameuse série des don Camillo mettant en scène Fernandel et Gino Servi, Julien Duvivier a fait parler le Christ avec ce modeste mais si énergique curé de la campagne padane. De la même manière, nous avons essayé d'imaginer un dialogue entre Notre Seigneur et l'évêque d'Amiens.

L'évêque marche dans sa cathédrale. Il contourne le chœur et arrive devant la chapelle de Notre-Dame d'Amiens. Au moment où il passe devant l'ange pleureur, il est interpellé.

Notre Seigneur : Où vas-tu ainsi ?
L'évêque d'Amiens : Mais… Qui m'a parlé ?
NS : C'est moi, Jésus… Jésus que tu persécutes.
EA : Comment, moi, Seigneur, te persécuter ? Que dis-tu ? Je te persécuterais ?
NS : Oui, mon Fils, chaque dimanche depuis un mois, tu me persécutes.
EA : Voyons, Seigneur, n'es-tu pas sûr de te tromper ? Regarde tout le travail que j'accomplis pour toi ! J'ai donné ma vie pour te suivre, pour annoncer ta parole. Dans mon diocèse, je mets tout en œuvre pour que les hommes se respectent, que chacun puisse trouver sa place, que les Chrétiens vivent en Eglise. J'ai revu l'organisation des paroisses. J'ai renouvelé la pastorale de la catéchèse, et toi, tu me dis que je te persécute ?
NS : Oui, mon fils, chaque dimanche, depuis un mois, je viens vers toi ; chaque dimanche je frappe à ta porte et tu me laisse à la rue. J'étais nu et tu ne m'as pas habillé. J'avais soif et tu ne m'as pas donné à boire. Par un froid glacial, je suis descendu sur mon autel, en pleine rue, par temps pluvieux ou venteux. Mon corps s'est incarné pour les humbles et les petits mais tu leur a refusé d'ouvrir la porte de ma maison. Les températures glaciales ayant transi de froid mes prêtres, mon corps, échappant de leurs mains gelées, est tombé plusieurs fois sur le pavé d'Amiens, comme jadis je tombais sur le chemin qui me menait au Golgotha en rémission des péchés des hommes. Mon précieux sang manqua de geler dans le calice car tu n'as pas daigné ouvrir les portes de ton cœur.
EA : Mais, Seigneur, c'était pour mieux te servir. Tu étais le prisonnier des intégristes, ceux qui ont refusé l'autorité du pape en 1988, tous ces gens agités proches de l'extrême droite. Je n'allais tout de même pas permettre qu'ils viennent briser l'unité diocésaine !
NS : Mais, ces Chrétiens que tu décris ainsi, n'ont-ils pas une âme ?
(Silence)
NS : Je t'ai donné tout pouvoir sur ce diocèse. Sans moi tu ne serais rien. Je t'ai confié la charge de tous mes fils catholiques, quels qu'ils soient. Tu dois les protéger et les accueillir. Car tel est ton rôle de chef. Tel est l'objectif que je t'ai fixé. Pour chacun d'entre eux, pour chaque âme que je t'ai confiée, tu devras me rendre les comptes de ta gestion comme ces régisseurs dont j'ai parlé en parabole.
EA : Mais, Seigneur, sont-ils finalement vraiment catholiques ? Car, ils veulent la division, ils refusent mon autorité. Ils refusent l'autorité du pape. Ils refusent le Concile !
NS : Non, n'ai pas peur, apprends à les connaître. Ces fils bien aimés défendent toutes les vérités que je leur ai enseignées. Ils mettent en pratique tous mes enseignements. Et ils reconnaissent mon vicaire qui est à Rome. En revanche, que de fois, mon cœur souffre à la vue de mes vérités qui sont partout malmenées par le relativisme et la confusion, parce que, dans mes sanctuaires, même dans ton diocèse, on laisse libre cours à l'imagination des hommes par des cérémonies qui outragent mon cœur, parce qu'on fait place à ceux qui refusent mon Église, et à ceux qui n'amassent pas avec Moi et, par conséquent, qui dissipent.
EA : Que dois-je donc faire ?
NS : Tu dois aller sur les places de ta ville et de ton diocèse. Tu dois aller au-devant des hommes et constater qu'ils portent la robe nuptiale. Tu les reconnaîtras ainsi. Ils prient Dieu chaque jour, s'unissent à mon sacrifice et respectent mes commandements. Si tu doutes, tu n'auras qu'à les interroger : S'ils reconnaissent croire en « un Seul Seigneur, très Saint, un Seul Très Haut, Jésus Christ », en une seule Église, celle que j'ai instituée en la pérennisant à Rome, alors tu devras leur ouvrir les portes car ils sont mes fils, en qui j'ai mis toute ma confiance.

8 décembre 2007

[L'Homme Nouveau] "Nous n'envisageons donc pas de former nos séminaristes à célébrer selon la forme extraordinaire..." - diocèse de Fréjus-Toulon

SOURCE - L'Homme Nouveau, n°1410 - rubrique "courrier des lecteurs" - 8 décembre 2007

Cher Monsieur, Votre lettre du 26 juillet me demande si nous envisageons désormais, dans le cadre de la formation à la liturgie de nos séminaristes, qu'y soit inclus un apprentissage à la forme extraordinaire du rite romain?
 
Tout d'abord, sachez que depuis deux ans, il y a régulièrement, une fois par mois, une messe célébrée en latin dans la forme ordinaire du rite romain pour correspondre à la pensée de notre pape souhaitant "que les futurs prêtres, dès le temps du séminaire, soient préparés à comprendre et à célébrer la messe en latin" selon Sacramentum Caritatis en son numéro 62.
 
Il s'agit pour nous d'épouser la pensée exprimée du pape et non d'imaginer ce qu'il désire. Or, aucune indication n'a été donnée pour former les séminaristes à célébrer la forme extraordinaire du rite romain.
La pensée du pape exprimée dans son Motu proprio et sa lettre aux évêques est une volonté de réconciliation non de développement de l'influence de l'ordo de 1962.
 
Ainsi, puisque la forme extraordinaire de la célébration du rite n'a pas vocation à devenir une alternative habituelle, il s'agit de savoir les besoins réels de notre diocèse, pour que la communion soit assurée. Or, une société de prêtres qui a déjà reçu un début de reconnaissance par notre évêque, assurera ce service.
Nous n'envisageons donc pas de former nos séminaristes à célébrer selon la forme extraordinaire du rite romain.
 
Je vous assure de ma prière.
Père Adrien,
supérieur du séminaire de la Crau dans le diocèse de Fréjus-Toulon. 

1 décembre 2007

[DICI] France : La messe traditionnelle sur le pavé d’Amiens

SOURCE - DICI - 1er décembre 2007

La chapelle du Bon Pasteur, dans la rue Daire à Amiens, était la propriété du Conseil régional, qui a décidé d’en changer l’affectation pour pouvoir la transformer en crèche. La communauté catholique traditionnelle qui assistait là, depuis 23 ans, à la messe tridentine fut obligée de s’en aller....

La chapelle du Bon Pasteur, dans la rue Daire à Amiens, était la propriété du Conseil régional, qui a décidé d’en changer l’affectation pour pouvoir la transformer en crèche. La communauté catholique traditionnelle qui assistait là, depuis 23 ans, à la messe tridentine fut obligée de s’en aller. Après une année de démarches vaines auprès des autorités locales (Municipalité d’Amiens, Conseils régional et général), après l’élaboration d’un projet avorté de rachat d’une chapelle privée, les fidèles s’adressent à l’évêque d’Amiens, Mgr Jean-Luc Bouilleret, pour solliciter de sa bienveillance la mise à disposition d’un édifice, à Amiens ou dans sa proche banlieue.
 
 Mais, le 16 septembre, une lettre de l’évêque leur oppose une fin de non-recevoir : « J’ai le regret de vous informer que nous ne pouvons mettre à votre disposition même temporaire une église affectée sous ma responsabilité ». Et malgré tous les contacts, malgré toutes les suppliques, sans même avoir accordé à la communauté la faveur d’une rencontre personnelle, Mgr Bouilleret a maintenu depuis ce jour sa décision : pas d’accueil, pas de mise à disposition, pas d’ouverture. Il faut que les fidèles d’Amiens assistent à la messe traditionnelle dans la rue.
 
Le 14 novembre, un communiqué de Mgr Bouilleret justifie son refus : « Le Motu Proprio Summorum Pontificum est destiné aux fidèles catholiques en communion avec le Saint Siège. (...)  Je tiens à poser une distinction entre traditionalistes et intégristes. (...) En suivant Mgr Lefebvre, les membres de la Fraternité Saint-Pie X se sont séparés de l’Eglise en 1988 à la suite d’un acte de désobéissance de ce prélat. Ils sont ainsi devenus intégristes ». - Le mot qui n’est pas prononcé est celui de « schismatique », parce que de fait l’évêque d’Amiens a autorisé une messe orthodoxe le 25 juin 2006 dans le choeur de sa cathédrale, de même qu’il a accueilli des musulmans sur le parvis de la même cathédrale pour divers événements.
 
 Le 25 novembre, nouveau communiqué : « Pour répondre à la demande du Pape Benoît XVI dans le Motu Proprio Summorum Pontificum (art. 5 § 1) une messe dominicale en latin selon l’Ordo Missae de 1962, missel de Jean XXIII, sera célébrée par un prêtre du diocèse d’Amiens. Pour l’année 2007, elle aura lieu le 1er et 3ème dimanche de l’Avent, les 2 et 16 décembre 2007, en l’église Saint Roch d’Amiens à 9 h. »  - Autrement dit : la Tradition en pointillé, une semaine sur deux, les dimanches impairs.
 
 Mgr Bouilleret semble ignorer l’esprit du Motu Proprio tel que le pape a pris la peine de l’exposer aux évêques dans sa lettre d’accompagnement : « (...) la raison positive qui est le motif qui me fait actualiser par ce Motu Proprio celui de 1988 : il s’agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Eglise. En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Eglise n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité ; on a l’impression que les omissions dans l’Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider ». Et Benoît XVI de citer saint Paul : « Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens ; notre cœur s’est grand ouvert. Vous n’êtes pas à l’étroit chez nous ; c’est dans vos cœurs que vous êtes à l’étroit. Payez-nous donc de retour ; … ouvrez tout grand votre cœur, vous aussi !  (2Co 6,11-13). Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place ». Le Souverain Pontife invite les évêques à ouvrir leur cœur, et les traditionalistes voient les portes de toutes les églises d’Amiens fermées. Leur incompréhension est d’autant plus grande qu’il y a 350 églises non utilisées de façon régulière dans le diocèse.

Extraits de la presse locale

Le Courrier picard, 12 novembre - L’histoire du manteau de saint Martin ou comment offrir un église

L’abbé Jean-Luc Radier, numéro trois du district de la Fraternité Saint-Pie X, qui officiait ce dimanche, a pris la parole devant 700 fidèles pour rappeler le plus justement les faits. : « (...) Aujourd’hui, n’oublions pas qu’en ce dimanche 11 novembre, nous fêtons la Saint-Martin : ce militaire qui donna la moitié de son manteau à un pauvre. Nous sommes ce pauvre, et nous nous adressons au diocèse d’Amiens qui compte de nombreuses églises fermées, faute de prêtres.

Il faut savoir partager ; il faut aussi savoir donner, surtout lorsqu’on appartient à la même famille et que nous partageons les mêmes valeurs, celles de la religion catholique romaine.

J’ai, je l’avoue, du mal à comprendre que certains diocèses prêtent ou donnent leurs églises à d’autres religions chrétiennes, comme les coptes, les orthodoxes et les protestants, et que nous les traditionalistes, nous soyons exclus de ce partage...
 
Cela prouve que, malgré les directives de Rome, du pape, il existe encore dans l’Eglise de France des forces d’opposition à la tradition catholique. C’est un comble ! »
 
(Jacques Goffinon)

L’Union - l’Ardennais, 19 novembre 2007
 Après la pluie, le froid. Le climat amiennois n’est pas des plus tendres avec les catholiques traditionalistes qui se cherchent toujours une chapelle d’accueil, après avoir dû quitter leur lieu de culte du Bon Pasteur, rue Daire. Après avoir assuré leur messe dimanche dernier sur le parvis de l’église Saint-Germain, c’est cette fois sur le parvis de la cathédrale, hier à 10 heures, que près de 500 fidèles se sont retrouvés sous un froid de canard, le mercure pointant allègrement sous 0, pour l’office célébré par l’abbé Régis de Cacqueray, supérieur pour la France du district de la Fraternité Saint-Pie X.
Repli vers l’église Saint-Rémi ?
 « C’est une situation à laquelle on ne s’attendait pas, regrette l’abbé Régis de Cacqueray. Quand nous avons appris que le Conseil général nous demandait de quitter la chapelle dans laquelle nous étions depuis 23 ans, j’avais prévenu l’évêché pour que nous trouvions une solution. Quand nous avons appris en octobre que rien n’était prévu, nous nous sommes trouvés acculés, avec des messes à célébrer dans la rue. »
 
 Si le supérieur du district fait contre mauvaise fortune bon coeur, comme tous ses fidèles, il espère bien que la situation ne perdurera pas. « Nous avons approché les autorités politiques, mais c’est l’évêché qui est propriétaire des églises. Nous sommes des gens normaux, pas des excités, et beaucoup de personnes ne comprennent pas l’attitude de l’évêque. Mais je sais que des hautes autorités de l’Eglise ont ou vont se rapprocher de lui pour trouver une solution. » En effet, l’incompréhension enfle dans la ville, où les catholiques, moins nombreux à l’intérieur de la cathédrale que les traditionalistes dehors, ont fait savoir leur mécontentement, voire leur indignation.
 
Une solution devrait donc aboutir, et l’église Saint-Rémi, rue des Cordeliers, pourrait leur être attribuée.
 
Sans cela, ils célébreront une nouvelle fois la messe dehors, dimanche (25 novembre) à 10 heures, de nouveau devant l’église Saint Germain. (Jean-Marc Cavé)

Le Courrier picard, 19 novembre 2007 - Du chahut dans la cathédrale 

Pendant que les 500 catholiques traditionalistes assistaient à leur messe en latin sur le parvis de la cathédrale, plus de 120 fidèles de la paroisse du centre ville d’Amiens étaient présents à la grand’messe de 10 heures dans la cathédrale, ou plus précisément dans la chapelle d’hiver bien chauffée.

Au cours de son sermon, le prêtre qui avait expliqué ce qui se passait sur le parvis, a abordé le thème de l’œcuménisme et de la tolérance envers les autres religions. C’est à ce moment que plusieurs fidèles ont chahuté le prêtre pour lui demander pourquoi il parlait des autres religions et que le diocèse ne faisait rien pour « leurs frères qui partagent la même foi catholique ».
 
Le débat s’est continué hors de la cathédrale, et plusieurs personnes ont rejoint la messe tridentine.
 
Deux prêtres du diocèse d’Amiens nous ont fait savoir qu’ils ne partageaient pas la même position que leur évêque et qu’ils souhaitaient « qu’une église soit confiée au plus tôt aux catholiques fidèles à la tradition ».

 (Jacques Goffinon)

[Mgr Fellay, fsspx - Olivier Figueras - Présent] Entretien de Mgr Bernard Fellay à "Présent"

SOURCE - Mgr Fellay, fsspx - Olivier Figueras - Présent - 1er décembre 2007

Où en est le Motu proprio depuis le 14 septembre ?
- Les échos que j’en ai pour l’instant sont plutôt négatifs, certains évêques cherchant manifestement à en limiter l’application. Il y a là une certaine ironie, dans la mesure où ils agissent un peu comme si le Motu proprio créait un désordre parce qu’il n’y a plus désormais besoin de leur demander la permission de célébrer les sacrements selon le rite traditionnel. Il y a là une opposition objective avec la magnanimité dont le Pape a voulu faire preuve.
– Ce Motu proprio n’en demeure pas moins, selon vous, positif ?
- Effectivement, la cause de notre joie réside dans l’affirmation selon laquelle la messe de saint Pie V n’a jamais été abrogée. Ce qui comporte une foule d’implications. A commencer par le fait que, puisqu’elle a continué d’exister, elle a toujours été la loi universelle de l’Eglise. La réforme conciliaire n’a donc pas été capable de remplacer l’ancienne messe, même si, d’une certaine façon, elle a été mise au ban.
– Cela signifie-t-il donc que la crise est terminée ?
- Pas du tout ! Nous avons désormais la mission d’aider à réintroduire ce rite. Nombre de prêtres nous demandent de leur apprendre à la célébrer. Et leurs témoignages peuvent se résumer par ce propos d’un prélat romain : « Le prêtre ne peut pas trouver son identité dans la nouvelle messe. » Il y faudra, bien sûr, beaucoup de temps.
– N’y a-t-il pas un paradoxe d’affirmer, avec le ton d’une connivence affectueuse pour le Pape, que ce Motu proprio constitue un indéniable pas en avant, et que vous attendez beaucoup dans la suite, et de dire, dans le même temps, que cela sera long – sans doute sur plusieurs générations ?
- Non ! parce que, dans toute médaille, il y a deux faces. D’une part, la possibilité de remèdes pratiques immédiats ; de l’autre, la paix de l’Eglise par la résolution de la crise à sa racine qui est doctrinale. La situation présente est très contrastée. Pour que ce soit complet, il faut envisager les deux faces.
– Mais, selon l’interlocuteur, vous semblez présenter plutôt un aspect ou un autre…
- Il s’agit de voir où se trouve l’interlocuteur, de l’atteindre là où il est. Vis-à-vis de nos fidèles, j’essaye de donner la ligne juste, de corriger les erreurs. Mon souci, est de leur donner, et de leur faire garder, l’esprit catholique. C’est-à-dire un attachement sans faille à la foi, et, à un autre niveau, l’attachement à l’Eglise.
Mais vous avez affirmé, devant certains journalistes, attendre « beaucoup plus » du mouvement donné par le Pape depuis le Motu proprio.
– Lorsque je dis cela, j’envisage la possibilité, relativement prochaine, de trouver des remèdes pratiques. Mais, quand je dis aux fidèles qu’il y faudra sans doute plusieurs générations, je veux parler de la paix retrouvée dans l’Eglise par la solution de la crise doctrinale. Si on veut combiner les deux points, les deux faces de la médaille, cela signifie que les remèdes pratiques arriveront bien avant la fin de la crise.
 
Mais, même pour ce premier point, il faudra que les conditions nécessaires soient réunies. Il y a, bien sûr, la messe, telle que nous venons de la retrouver dans le Motu proprio. Le retrait du décret d’excommunication, qui ne semble guère poser de problème. Mais, tout d’abord, que l’on arrête de nous faire avaler du poison, en ce qui concerne la foi, le dogme. C’est toujours la première, la principale condition.

Propos recueillis par Olivier Figueras
Présent 5, rue d’Amboise 75002 Paris
date : 1/12/2007

[Aletheia n°116] Une encyclique dur l'Espérance - par Yves Chiron

Aletheia n°116 - 30 novembre 2007
UNE ENCYCLIQUE SUR L’ESPERANCE - par Yves Chiron 

Ce 30 novembre paraît la deuxième encyclique de Benoît XVI, Spe Salvi (« Sauvés dans l’espérance »). Après la Charité (Deus Caritas, 2006), c’est la seconde vertu théologale, l’Espérance, qui fait l’objet d’une encyclique. Viendra, plus tard, une troisième encyclique, consacrée à la Foi. Mais, déjà, dans cette encyclique sur l’Espérance, la Foi est centrale.
Le Souverain Pontife se souvient qu’il a été professeur et ce sont de denses « réflexions » (§ 30) qu’il livre aux chrétiens, plutôt qu’une simple méditation spirituelle. Il cite souvent l’Ecriture et, longuement, à plusieurs reprises, saint Augustin. Son encyclique est aussi une encyclique de combat contre le nominalisme de Luther, le subjectivisme de Kant, le matérialisme de Marx et la « dialectique négative » de l’Ecole de Francfort (Horkheimer et Adorno). Ernst Bloch et son « principe espérance » ne sont pas cités, mais, en creux, il est visé lui aussi par la réfutation menée par le pape.
La démonstration de Benoît XVI prend, dans sa première partie, le chemin d’une histoire intellectuelle, mais elle est vivifiée par la nouveauté de l’Evangile, qui n’est pas « uniquement une communication d’éléments que l’on peut connaître, mais une communication qui produit des faits et qui change la vie. »
Dans l’Antiquité, écrit le Pape, les dieux des païens « s’étaient révélés discutables et, de leurs mythes contradictoires, n’émanait aucune espérance » (§ 2). L’Evangile, par la Parole de Dieu et la vie du Christ, vient apporter l’Espérance radicale que la « vie ne finit pas dans le néant ».
L’Espérance chrétienne n’est pas « un message social révolutionnaire » (§ 4), elle est en liens étroits avec la Foi. Dans une page très forte, le Pape réaffirme le sens objectif de la foi. S’arrêtant sur la définition donnée dans la Lettre aux Hébreux (11,1) – « La foi est la substance [hypostasis en grec] des réalités à espérer ; la preuve [elenchos en grec] des réalités qu’on ne voit pas » – , et se référant à saint Thomas d’Aquin, Benoît XVI montre comment Luther est à l’origine d’une déviance essentielle dans la conception de ce qu’est la foi. Elle n’a plus un « sens objectif » (une « réalité présente en nous ») mais un « sens subjectif » (« une disposition du sujet »).
Au passage, le Pape épingle, poliment, la traduction œcuménique du Nouveau Testament en allemand qui traduit ainsi le passage en question de la Lettre aux Hébreux : « la foi consiste à être ferme en ce que l’on espère, à être convaincu de ce que l’on ne voit pas ». « En soi, cela n’est pas faux, écrit le pape, mais ce n’est pas cependant le sens du texte, parce que le terme grec utilisé (elenchos) n’a pas la valeur subjective de ”conviction”, mais la valeur objective de ”preuve”. »
Ce n’est pas une querelle sémantique mais un point nodal : « la foi est la substance de l’espérance » réaffirme le Pape (§ 10). Si elle ne s’appuie pas sur la foi, l’espérance prend des formes nouvelles, qui s’éloignent toujours plus du sens chrétien et qui, aussi, éloignent du mystère chrétien.
Avec Francis Bacon, à l’aube de l’époque moderne, la science devient porteuse de toutes les potentialités : « grâce à la synergie des sciences et des pratiques, s’ensuivront des découvertes totalement nouvelles et émergera un monde totalement nouveau, le règne de l’homme. ». Avec les Lumières, « raison et liberté semblent garantir par elles-mêmes, en vertu de leur unité intrinsèque, une nouvelle communauté humaine parfaite. » Au XIXe siècle, la foi dans le progrès devient la forme commune de l’espérance humaine, y compris dans ses aspects les plus naïfs.
De façon plus théorique, Karl Marx prétendra apporter « une politique pensée scientifiquement, qui sait reconnaître la structure de l’histoire et de la société » et promet une sorte de messianisme sécularisé. Benoît XVI montre l’ « erreur » la plus profonde  de Marx : « Il a oublié que l’homme demeure toujours homme. Il a oublié l’homme et il a oublié sa liberté. Il a oublié que la liberté demeure toujours liberté, même pour le mal. Il croyait que, une fois mis en place l’économie, tout aurait été mis en place. Sa véritable erreur est le matérialisme : en effet, l’homme n’est pas seulement le produit de conditions économiques, et il n’est pas possible de le guérir uniquement de l’extérieur, créant des conditions économiques favorables. »

Pour « une autocritique du christianisme moderne »

Benoît XVI n’est pas un subjectiviste kantien – comme l’en accuse une communication de colloque que, par charité et par respect, nous ne nommerons pas – , il n’est pas non plus « progressiste ». Pour lui, le progrès n’existe pas dans le domaine moral : « dans la connaissance croissante des structures de la matière et en relation avec les inventions toujours plus avancées, on note clairement une continuité du progrès vers une maîtrise toujours plus grande de la nature. À l’inverse, dans le domaine de la conscience éthique et de la décision morale, il n’y a pas de possibilité équivalente d’additionner, pour la simple raison que la liberté de l’homme est toujours nouvelle et qu’elle doit toujours prendre à nouveau ses décisions. »
Le Pape n’exempt pas le christianisme moderne d’errements au sujet de l’espérance. Les chrétiens, dit-il, « doivent apprendre de manière renouvelée en quoi consiste véritablement leur espérance, ce qu’ils ont à offrir au monde et ce que, à l’inverse, ils ne peuvent pas offrir. Il convient que, à l’autocritique de l’ère moderne, soit associée aussi une autocritique du christianisme moderne, qui doit toujours de nouveau apprendre à se comprendre lui-même à partir de ses propres racines. »
Ni la science, ni la raison, ni le progrès n’apportent de réponse satisfaisante à l’interrogation et à l’attente des hommes. Dire que le christianisme, seul, apporte des réponses satisfaisantes ne suffit pas. Benoît XVI rappelle que la foi n’est pas seulement une connaissance du salut mais « produit des faits et « change la vie ».
La deuxième partie de l’encyclique montre donc quels sont, aujourd’hui, les « lieux d’apprentissage et d’exercice de l’espérance ». Le premier est la prière. Benoît XVI évoque longuement le témoignage du cardinal Nguyên Van Thuan, qui a passé treize ans dans les prisons communistes vietnamiennes,  et qui a trouvé dans la prière la force d’espérer. Non pas seulement d’attendre sa libération, mais de se mettre à « l’écoute de Dieu ».
L’autre « lieu d’apprentissage et d’exercice de l’espérance » est l’acceptation de la souffrance. « Comme l’agir, la souffrance fait aussi partie de l’existence humaine. » Parce que, dit le Pape, dans une considération très traditionnelle qui risque de passer inaperçue : « Elle découle, d’une part, de notre finitude et, de l’autre, de la somme de fautes qui, au cours de l’histoire, s’est accumulée et qui encore aujourd’hui grandit sans cesse. »
Face à sa propre souffrance, le chrétien doit entrer dans une démarche d’acceptation et, face à la souffrance des autres, entrer dans une démarche de consolation, au sens étymologique latin (con-solatio) : « un être-avec dans la solitude, qui alors n’est plus solitude » dit bellement le pape (§ 38).
Le témoignage des martyrs est une autre forme d’espérance chrétienne : le don de soi-même est justifié par la « promesse » qui dépasse l’horizon terrestre. À l’exemple de Dieu, Vérité et amour, qui « a voulu souffrir pour nous et avec nous », le croyant peut être amené à placer « la vérité avant le bien-être, la carrière, la possession ».
Dans une dernière partie, Benoît XVI traite des fins dernières (le Christ comme Juge, le Purgatoire, l’Enfer), qui ont tant disparu de la prédication catholique. Je ne prétendrai pas résumer ici l’enseignement du Pape sur le sujet. Je citerai simplement ce fort passage : « Justice et grâce doivent toutes les deux être vues dans leur juste relation intérieure. La grâce n’exclut pas la justice. Elle ne change pas le tort en droit. […] À la fin, au banquet éternel, les méchants ne siégeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s’était passé. »

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Notes de lecture - par Yves Chiron
Max Barret, Mgr Lefebvre tout simplement…, La Taillanderie (384 rue des Frères-Lumière, 01400 Châtillon-sur-Chalaronne), 144 pages, 10 euros.
Le chauffeur de Jacques Chirac, Jean-Claude Laumond, a publié ses souvenirs sous le titre Vingt-cinq ans avec Lui (Ramsay, 2001). Après un quart de siècle au service du futur Président de la République, il avait été remercié de son poste en 1997 et il réglait ses comptes dans un livre où alternaient « petite et grande histoire, galipette et galéjades, vie privée et vie publique ».
Max Barret a été, sur une durée à peu près équivalente, avec d’autres, le chauffeur de Mgr Lefebvre. Il publie, lui aussi, les souvenirs, intimes, qu’il garde du fondateur d’Ecône. Loin du règlement de comptes, son livre relève plutôt de l’hagiographie, ou plutôt de ces fioretti qui, mis bout à bout, ne font pas un portrait mais qui ajoutent des touches d’humanité aux livres historiques déjà existants.
De nombreuses photographies et la reproduction de lettres manuscrites de Mgr Lefebvre viennent marquer du signe de l’authenticité ces souvenirs sans prétention et déférents.
L’évocation du P. Eugène de Villeurbanne, le courageux fondateur des « Capucins de tradition », ajoute à l’intérêt du livre.
 

Joachim Bouflet, Ces dix jours qui ont fait Medj’, Editions CLD (31 rue Mirabeau, 37000 Tours), 347 pages, 21 euros.
Joachim Bouflet, qui est un bon spécialiste des phénomènes extraordinaires de la vie mystique, consacre aux origines de Medjugorje un livre pointilleux et ravageur. Il établit, d’après des sources diverses, ce qui s’est vraiment passé à Medjugorje entre le mercredi 24 juin 1981, jour de la première manifestation supposée surnaturelle, et le vendredi 3 juillet 1981, jour annoncé, à l’époque, comme étant celui de la dernière apparition.
Pourquoi les supposées apparitions ont-elle duré ensuite, et jusqu’à aujourd’hui ? Pourquoi aussi, des six voyants du 1er jour, deux n’ont plus « vu » ensuite, tandis que deux autres n’ont « vu » qu’à partir du 2e jour ?
On sera d’accord avec le jugement final de l’auteur :
…les adolescents et l’enfant ont-ils vraiment vu quelque chose ? Et, dans l’affirmative, qu’ont-ils vu ? Etait-ce réellement la Vierge Marie ? Au terme d’enquêtes rigoureuses, les évêques successifs de Mostar ont exclu cette éventualité. Il est vrai qu’ils ont eu à se prononcer sur un ensemble qui dépasse largement ces dix jours puisque, contre toute vraisemblance, la Vierge Marie aurait continué d’apparaître après avoir annoncé la fin des apparitions pour le 3 juillet et, qu’à partir de cette date, les événements ont basculé dans un registre visionnaire fort suspect auquel tous les voyants ont adhéré ; ces apparitions après les apparitions orchestrées par les Franciscains de Medjugorje, sont émaillées d’invraisemblances et de mensonges qui rendent difficilement crédible l’hypothèse d’une authentique mariophanie dans les dix premiers jours, encore qu’il puisse s’agir de réelles apparitions mariales parasitées dès le début par un (une, des) faux voyants et totalement déviés par la suite. Peut-être sommes-nous là en présence d’un véritable gâchis imputable surtout à des intérêts personnels très terre à terre…