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10 novembre 2011

[Abbé Jean-Michel Faure, fsspx] Sur l'infaillibilité du pape

SOURCE - Abbé Jean-Michel Faure, fsspx - courrier des lecteurs de Rivarol - 10 novembre 2011

Je viens de lire l’entrevue de RIVAROL à l’abbé Ricossa. Etant donné la situation, certains éléments sont utiles. D’autres naturellement m’obligent à un devoir de réserve. L’abbé doit, comme moi-même, sa formation à cet homme exceptionnel que fut Monseigneur Lefebvre à qui Paul VI, lors d’une entrevue, reprochait d’être considéré comme «l’Athanase du XXesiècle». L’abbé accuse Monseigneur Lefebvre d’être “anti-infaillibiliste”, ce qui prêterait peut-être à sourire.

Telles sont en effet les quatre conditions de l’infaillibilité: QUAND le Pape, Pasteur et Docteur de tous les chrétiens parle ex-cathedra -c’est-à-dire QUAND il DÉFINIT une doctrine sur la FOI et la MORALE qui DOIT être acceptée (Obligation sous peine d’anathème) par l’Eglise UNIVERSELLE (par tous les Catholiques sans exception, de tous les rites, de toutes les parties du monde) (Denzinger 3074). Dans le même texte (3070) il est précisé que l’Esprit-Saint n’a pas été promis (par le Christ) aux successeurs de Pierre pour manifester une doctrine NOUVELLE (Par rapport à la Révélation terminée à la mort du dernier des douze Apôtres et à plus forte raison si cette doctrine contredit en outre le Magistère infaillible d’avant le Concile Vatican II).

Si l’UNE des quatre conditions n’est pas engagée, même si le Pape parle en matière de Foi, il ne parle pas ex-cathedra et il n’est donc pas infaillible sur ce point et peut par conséquent manifester une doctrine nouvelle qui contredit le Magistère infaillible antérieur. Dans ce cas:
  • comme saint Pierre et saint Jean, nous devons lui répondre: «Jugez vous-même s’il est juste devant Dieu de vous obéir à vous plutôt qu’à Dieu» (qui ne se contredit pas, raison pour laquelle il ne saurait y avoir d’opposition entre ceux qui commandent en son nom et la volonté divine— par exemple le Magistère antérieur qui n’est autre que la doctrine de la Foi) (Actes IV, 29).
  • comme saint Pierre et les Apôtres: «On doit obéir à Dieu plutôt qu’ aux hommes» (Actes V, 29) (Plutôt qu’aux représentants de Dieu quand il y a opposition entre l’obéissance qui leur est normalement due et la volonté divine— par exemple la Foi).
  • comme saint Paul face à saint Pierre: «mais lorsque Pierre vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était digne de blâme. […] Pour moi, voyant qu’il ne marchait pas droit selon la vérité de l’Evangile, je dis à Pierre en présence de tous : (…) comment peux-tu forcer les Gentils à judaïser ? » (La condescendance de Pierre pour les juifs était dangereuse dans les circonstances où elle se produisait : il voulait faire circoncire tout le monde). Déjà !...
  • comme le Pape saint Léon II et le Concile III de Constantinople: «avec eux nous séparons de la sainte Eglise de Dieu et nous frappons d’anathème aussi Honorius, qui fut Pape de l’antique Rome […] qui a consenti à ce que soit maculée la règle immaculée de la tradition apostolique, que lui-même avait reçue de ses prédécesseurs. […] Et de la même manière nous anathématisons les auteurs de la nouvelle erreur, c’est-à-dire (trois évêques) et aussi Honorius qui n’a pas éclairé cette Eglise apostolique avec la doctrine de la tradition apostolique, mais qui a voulu subvertir la Foi immaculée par une trahison impie» (Denzinger 551, 552, 563).
C’est l’erreur que font la plupart aujourd’hui: «le pape ne se trompe jamais: on doit toujours lui obéir». Conséquence, deux erreurs opposées:
  • Première erreur: donc j’accepte la nouvelle messe protestante et la nouvelle religion conciliaire.
  • Deuxième erreur: donc le pape n’est pas le pape et ainsi je n’ai pas à désobéir. (Comme Gribouille…)
La vérité est que le Pape s’est parfois trompé (ou pour éviter une plus grande division) au cours de l’histoire et qu’il y a toujours eu au moins un saint pour lui résister.