22 novembre 2011

[Maximilien Bernard] Solution pour l’abbé Michel de Thiberville

SOURCE - Maximilien Bernard - 22 novembre 2011

Grâce au médiateur désigné par la Congrégation pour le Clergé, Mgr Boulanger, évêque de Bayeux-Lisieux, la situation de l’abbé Francis Michel, vidé de la paroisse de Thiberville par Mgr Nourrichard, évêque d’Evreux, devrait se normaliser.

Mgr Christian Nourrichard, a rendu public un accord passé avec l’abbé Francis Michel, qui devient recteur de l’église du Planquay, située à quelques kilomètres de son ancienne paroisse. Dans cette église, il sera libre de célébrer la messe, quelle qu’en soit la forme. En revanche, comme il n’est plus curé, il devra demander l’autorisation du curé du groupement paroissial local avant de célébrer un baptême ou un enterrement. S’il n’aura pas le droit de prendre en charge la catéchèse, il sera libre de diriger d’autres activités pastorales, « comme animer une journée de récollection »,  explique Mgr Nourrichard.

L’abbé Michel devrait célébrer sa première messe au Planquay le 27 novembre, c’est-à-dire le premier dimanche de l’Avent. Il disposera d’un nouveau presbytère, mis à sa disposition par le maire de ce village de 140 habitants, qui n’est autre que l’épouse du maire de Thiberville. Néanmoins, l’abbé Michel reste prudent:
Je déménagerai quand mon presbytère sera prêt, et quand l’église, la plus petite et la plus humide de la région, sera chauffée. Ce qui n’est pas le cas. Mais j’ai dit oui à cette solution, donc je partirai. En ce qui concerne les états d’âme, c’est une autre affaire…

[Christophe Saint-Placide] Célébration du rite du Carmel au Brésil

SOURCE - Christophe Saint-Placide -Si on évoque quelques fois la messe traditionnelle selon le rite dominicain, on parle peu de celle qui est célébrée selon le rite du Carmel. Il faut dire que ce rite est peu célébré et, à notre connaissance, ne l’est pas du tout en France. Pourtant, le motu proprio Summorum Pontificum du Pape Benoît XVI a également libéré les différents rites antiques dont celui du Carmel. À l’occasion de la deuxième rencontre Summorum Pontificum qui s’est tenu récemment à Rio de Janeiro, le Père Tiago de São José, supérieur des Ermites de la B. Vierge du Mont-Carmel, a célébré, le 17 novembre dernir, la sainte messe dans cette forme antique. Malheureusement les photographies de cette rencontre que nous avons trouvées ne sont pas très bonnes. C’est pourquoi nous publions une autre photographie d’une messe célébrée dans ce rite.
 
Quelles sont les particularités de ce rite ? Un entretien avec le Père Tiago de São José, publié en 2010 sur le Forum catholique, permet de s’en faire une idée. En voici un extrait pour mémoire :
- Quelles sont les particularités de ce rite ?
« Par exemple, l’introït est est récité par le prêtre, en silence – les premières paroles sont Confitemini Domino quoniam bonus, quoniam in sæculum misericordia ejus. Cette phrase nous introduit dans la liturgie de la résurrection , parce que ce rite est né au Saint-Sépulcre. Ce rite est aussi enrichi de plus de 50 signes de croix réalisés en formes différentes, et marque la force du Calvaire ».
- Les livres des rubriques et manuels ont-ils été conservés ?
« Nous avons conservé les anciens livres et nous nous sommes aidés d’une vidéo tournée en 1960, pour les aspects liés à la liturgie solennelle ».

[Christian Cariat - Paris-Normandie] Thiberville : un accord entre l'abbé Michel et l'évêque d'Evreux

SOURCE - Christian Cariat - Paris-Normandie - 22 novembre 2011

Francis Michel, ancien curé de Thiberville avait fait parler de lui en janvier 2011. Soutenu par de nombreux fidèles, il avait refusé de quitter sa paroisse, s'opposant à l'évêque Mgr Nourrichard qui souhaitait son transfert.

Selon La Croix, le Père Michel et Mgr Nourrichard ont conclu un accord rendu public par l'évêque d'Evreux ce jour. Francis Michel a été nommé recteur de l'église du Planquay à quelques kilomètres de Thiberville.

Si Mgr Nourrichard a déclaré à La Croix qu'il s'agissait d'une "fin heureuse", le Père Michel de son côté est plus réservé quant à cet accord. Selon lui, l'église du Planquay, "la plus petite et la plus humide de la région", n'est pas encore chauffée et il déménagera quand son presbytère sera prêt. L'abbé Michel a cependant confirmé qu'il acceptait la solution proposée par l'évêque. Il devrait célébrer sa première messe au Planquay ce dimanche 27 novembre.

Retrouvez tous les articles sur l'affaire de Thiberville en cliquant ici.

[Romano Libero - Golias] 98% de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X rejetterait tout accord avec Rome

SOURCE - Romano Libero - Golias - 22 novembre 2011

A Rome, l’annonce a véritablement fait l’annonce d’une douche froide. C’est une nouvelle qui s’étale sur tous les sites intégristes. 98% de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X rejetterait tout accord avec Rome. Mgr Bernard Fellay, le Supérieur Général de la Fraternité, mis en minorité, se trouve donc dans une position bien fâcheuse et il risque même de devoir abandonner sa charge (tout en restant « évêque »).

Il s’agit en tout cas d’un échec sur toute la ligne pour Benoît XVI et Mgr Guido Pozzo, le secrétaire de la commission « Ecclesia Dei ». Non seulement, l’âpreté de la position des intégristes ne s’en est pas trouvée diminuée, au contraire, mais accentuée. Comme si beaucoup de lefebvristes estimaient avoir échappé de peu à un péril mortel, celui d’une récupération par Rome. Par ailleurs,trois des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre seraient non seulement opposés mais vivement hostiles à ce projet.

Le refus massif des intégristes tient en fait au sentiment que sur le fond Rome n’était en réalité disposé à faire aucune concession. Il s’agirait donc, de leur point de vue, d’un pur et simple marché de dupes. L’une des hypothèses qui circulent actuellement est celle d’un « schisme dans le schisme » mais pas dans le sens redouté au départ d’une rupture venant des plus durs. Au contraire, c’est la poignée qui souhaitait vivement la réconciliation avec Rome qui ferait le choix de se réconcilier et pourrait même être érigée en petite société de vie apostolique avec Mgr Fellay à sa tête. Parmi les prêtres susceptibles de la rejoindre on parle, entre autres, des abbés Grégoire Célier et Alain Lorans, de l’allemand Franz Schmidberger, considérés comme...libéraux par le reste de la Fraternité. En tout et pour tout, une dizaine de personnes. Il est certain que la commémoration de la rencontre est certainement pour beaucoup dans la décision de nombreux traditionalistes moins extrémistes jusqu’alors de ne pas répondre positivement à Rome. Mais il y certainement aussi une raison moins avouable à ce durcissement. Celle d’une évidente perte d’autonomie et de pouvoirs des chefs intégristes jusqu’à présent petits tyrans ne devant rendre des comptes à personne. L’abbé Beauvais, « curé » auto-proclamé de Saint Nicolas du Chardonnet dénonce de la part de Rome « un processus de tromperie ».

21 novembre 2011

[Ch. Saint-Placide] Un jésuite favorable à la messe en forme extraordinaire…

SOURCE - Christophe Saint-Placide - 21 novembre 2011

Le blog Accion liturgica vient de publier un très intéressant article consacré à l’archevêque d’Ottawa (Canada). Mgr Terrence Prendergast est archevêque d’Ottawa depuis le 14 mai 2007, après avoir été archevêque d’Hallifax (Canada) de 1998 jusqu’à cette date. Il était auparavant évêque de Slebte et auxiliaire de l’évêque de Toronto (depuis 1995).

Particularité de Mgr Prendergast ? Il est membre de la Compagnie de Jésus, au sein de laquelle il est entré en 1961 et où il a assuré des charges importantes d’enseignement. Par les temps qui courent, les Jésuites ne se montrent guère favorables à la célébration de la messe traditionnelle. Il existe certes des fils de saint Ignace qui célèbrent la messe en forme traditionnelle mais ils sont généralement exclus de la « pastorale » de la Compagnie.

Or, ce n’est visiblement pas le cas de l’actuel archevêque d’Ottawa puisqu’il s’est rendu le 14 novembre dernier au séminaire de la Fraternité Saint-Pierre aux États-Unis pour conférer les ordres mineurs et qu’il a accordé également une église de son archiodiocèse à la même Fraternité pour que la messe en forme extraordinaire y soit exclusivement célébrée. Il a également présidé divers actes liturgiques dans la forme traditionnelle depuis la publication du motu proprio Summorum Pontificum qu’il a accueilli avec joie.

Sur son blog (où l’archevêque prend soin d’expliquer les changements dans la nouvelle traduction du missel de la forme ordinaire), il consacre un article à sa venue au séminaire de la Fraternité Saint-Pierre et il publie de très nombreuses photographies à ce sujet.

Un bon exemple pour le cardinal Vingt-Trois, par exemple...

[Maximilien Bernard] Civitas, l’aiguillon qui pousse l’archevêque de Paris à réagir

SOURCE - Maximilien Bernard - 21 novembre 2011

Les multiples manifestations organisées par Civitas n’auront pas été inutiles. Et ce n’est pas terminé, du 8 au 17 décembre, pas une représentation de Golgota Picnic à Paris ne se fera sans une mobilisation des chrétiens devant les portes du Théâtre du Rond Point. Civitas a déclaré à la Préfecture une manifestation chaque soir de représentation, manifestation qui se tiendra avenue Franklin Roosevelt, face au théâtre. Le dimanche 11 décembre sera l’occasion d’une nouvelle grande manifestation contre la christianophobie. Elle partira à 14 h de la place de l’Alma pour se diriger vers l’avenue Franklin Roosevelt.

Dépassé, l’archevêché de Paris a donc réagi. Après avoir tenté de semer la division en utilisant l’abbé Pierre-Hervé Grosjean (qui fait étrangement penser à ce jésuite colombien, le père Carlos Novoa, qui, il y a quelques années, lorsque la chanteuse Madonna avait effectué sa tournée intitulée « Crucifixion », mêlant des scènes de nu avec des images de la Passion, avait proposé d’utiliser le DVD comme « modèle d’évangélisation« ), le cardinal tente de récupérer le mouvement de contestation :
Alors que le spectacle Gólgota Picnic, programmé à Paris à partir du 8 décembre prochain, insulte la personne du Christ en croix, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, invite jeudi 8 décembre à 20h ceux qui le veulent à une veillée de prière à Notre-Dame de Paris au cours de laquelle seront proposées une méditation de la Passion du Christ et la vénération de la sainte couronne d’épines.
Mais comme le risque est grand qu’il y ait une scission entre les catholiques qui prient dans la cathédrale et les catholiques qui prient dans la rue devant le théâtre, l’abbé Pierre-Hervé Grosjean propose en plus de venir déposer dans la journée et jusqu’à 19h, en silence,  une fleur blanche devant le Théâtre du Rond Point. Le Metablog analyse :
Pour marquer leur réprobation de Golgota Picnic, les Padres proposent en plus de «déposer en silence une fleur blanche devant le Théâtre du Rond Point», ils estiment que «ce geste … ne peut pas être caricaturé.» Penser cela, c’est sous-estimer gravement la créativité de notre époque, qui a su rendre des mots tels que pureté ou vertu ridicules, voir odieux. J’aime les Padres pour leur candeur, je les envie de ne pas comprendre qu’un siècle qui sait se foutre du rosaire, saurait aussi bien se moquer de leur rose.
Si Civitas n’avait pas réagi, ces initiatives auraient-elles vu le jour ? Non, fort probablement. A ce titre, il est légitime de reconnaître dans ces actes les fruits de l’action de Civitas.

20 novembre 2011

[Ch. de St Placide] Trois évêques assistent à la célébration de la messe traditionnelle…

SOURCE - Christophe de Saint Placide - 20 novembre 2011

Mais c’est au Brésil où Mgr Fernando Arêas Rifan, supérieur de l’Administration apostolique Saint-Jean-Marie Vianney de Campos, a célébré le 17 novembre dernier la messe en forme extraordinaire pour la clôture de la deuxième rencontre Summorum Pontificum. La célébration s’est déroulée dans l’ancienne cathédrale « Nuestra Señora del Carmen » à Rio de Janeiro, au Brésil.

Dans le chœur, trois évêques ont assisté à cette célébration : Mgr Orani João Tempesta, archevêque de Rio de Janeiro, Mgr Karl Josef Romer, évêque auxiliaire émérite de cet archidiocèse et Mgr Fernando Guimarães, évêque de Garanhuns et membre du Tribunal Suprême de la Signature apostolique.

Grâce au motu proprio Summorum Pontificum, la messe traditionnelle n’est plus seulement réservée aux membres de l’administration apostolique Saint-Jean-Marie Vianney, mais s’étend petit à petit dans le reste de ce vaste pays.

18 novembre 2011

[Matthieu Mégevand - Le Monde] Frédéric Lenoir : "Il n'y a pas plus de 'christianophobie' aujourd'hui qu'il y en avait il y a 20 ans"

SOURCE - Matthieu Mégevand - Le Monde - 18 novembre 2011

Plus une semaine sans qu’ils ne fassent l’actualité. Manifestations, violences, intimidations, les catholiques intégristes qui protestent contre plusieurs pièces de théâtres et dénoncent la "christianophobie" forment un groupe marginal qui parait de plus en plus actif et présent sur la scène médiatique. Les analyses de Frédéric Lenoir, directeur de la rédaction du Monde des Religions.

Les catholiques intégristes dénoncent une "christianophobie" de plus en plus forte aujourd’hui en France

Je ne suis pas du tout d’accord avec leur analyse, et je pense qu’il n’y a pas plus de "christianophobie" aujourd’hui qu’il y en avait il y a 20 ans. Les attaques contre le christianisme étaient infiniment plus virulentes au début du XXe siècle, lors de la grande crise entre l’Eglise et l’Etat, où l’on était face à des caricatures d’une violence incroyable, par exemple contre le clergé. Aujourd’hui cela s’est beaucoup apaisé, et ce qui fait réagir ces catholiques intégristes, notamment la pièce de Romeo Castellucci ou le Piss Christ d’Andres Serrano, sont des œuvres artistiques qui de mon point de vue ne sont pas du tout christianophobes. Simplement, elles utilisent des symboles sacrés, notamment la figure du Christ, de manière libre dans un contexte artistique. C’est ce que ne supportent pas les intégristes, qui exigent que la figure de Jésus soit réservée aux églises et ne soit jamais désacralisée. Or, le propre de l’art c’est justement de réinterpréter librement les symboles sacrés, et c’est ce que ne supportent pas les intégristes de toutes les religions. Je pense donc que les catholiques en question font un mauvais diagnostic, et sur la prétendue christianophobie ambiante dans nos sociétés, et sur les œuvres contre lesquelles ils manifestent. 

Ces intégristes sont-ils représentatifs d’une certaine sensibilité au sein du monde catholique français ou sont-ils un groupe ultra-minoritaire ?

C’est un courant très marginal, qui représente en France quelques dizaines de milliers de personnes. L’explication sociologique de cet intégrisme se trouve non pas dans le fait que la France soit christianophobe, mais plutôt de plus en plus indifférente aux religions. Il y a trente ans, 70% des Français se déclaraient catholiques. Aujourd’hui, ils sont 42%. Cela signifie que de plus en plus de gens se désintéressent simplement de la religion. C’est ce que ne supportent pas les intégristes, qui ont l’impression qu’il y a un effondrement de la France chrétienne, de la France de Clovis, de Louis XIII qui consacrait la France à la Vierge Marie, et vivent dans la nostalgie de cette France "éternellement catholique". Devant cette majorité de Français qui désormais n’est plus catholique et encore moins pratiquante, les intégristes ont un espèce de sursaut assez violent et assez désespéré. 

Les intégristes catholiques français sont-ils donc, à terme, voués à disparaître ?

La France a été l’une des terres où l’implantation du christianisme en général, du catholicisme en particulier, a été la plus forte, pendant près de quinze siècles. Cela laisse donc des traces profondes, et il existera toujours des nostalgiques de cette longue période où le pouvoir religieux et le pouvoir politique étaient étroitement liés et où la culture de tout un peuple était chrétienne. Il subsiste  encore aujourd’hui quelques dizaine de milliers de familles chrétiennes qui sont très attachées à cette histoire, au passé "glorieux" de la France chrétienne, et qui ne parviennent pas à faire leur deuil de ce passé. Le fait est que nous sommes aujourd’hui dans une société qui devient majoritairement agnostique ou athée, avec un pluralisme religieux dans lequel le christianisme devient une religion comme les autres, avec en parallèle une progression de l’islam, et tout ça est insupportable aux yeux des intégristes catholiques.

[Natalia Trouiller - La Vie] FSSPX: un compte-rendu de la rencontre d'Albano publié sur internet

SOURCE  - Natalia Trouiller - La Vie - 18 novembre 2011

Le site lefebvriste Radio Cristianidad a publié une lettre de l'abbé Bouchacourt, supérieur du district d'Amérique du Sud, qui relate la réunion du 8 octobre à Albano où les supérieurs de la Fraternité Saint-Pie-X ont pris connaissance du contenu du Préambule doctrinal proposé par Rome. Et qui confirme l'hostilité profonde de bien des lefebvristes au retour dans le giron romain.

PREAMBULE DOCTRINAL: LES TRADIS NE SIGNERONT PAS

Dans un premier temps, cette lettre a été publiée sur le site tradi espagnol Radio Cristianidad avant d'être enlevée précipitamment: elle est disponible en version cache sur les moteurs de recherche, comme ici. L'abbé Bouchacourt y relate les circonstances de la réunion d'Albano. Et confirme dans un premier temps nos informations sur Mgr Williamson (voir matinale chrétienne du 19 octobre): "Monseigneur Williamson ne s'est pas rendu à Albano. Il y avait été convoqué, lui aussi, mais Mgr Fellay avait assorti cette convocation de deux conditions: que l'intéressé ferme son blog et maintienne le secret sur le contenu du préambule remis par Rome à la FSSPX. Or, Mgr Williamson n'a pas satisfait à au moins une de ces deux conditions, et c'est pourquoi il a renoncé à participer à la réunion". Puis vient la description du fameux préambule doctrinal: "Le préambule s'appuie sur le protocole d'accord qui avait été proposé naguère à Monseigneur Lefebvre, mais sous une forme plus restrictive. On nous demande de reconnaître à la lumière de la Tradition catholique le concile Vatican II et les enseignements postérieurs des papes jusqu'aujourd'hui. En outre, nous devrions accepter, d'une part le Catéchisme de l'Église catholique, qui représente un résumé de la doctrine conciliaire, d'autre part le Code de droit canonique publié en 1983, avec une application adaptée à la discipline particulière octroyée à la FSSPX. De même, il nous faudrait reconnaître la légitimité du Novus Ordo. (…) Il est clair qu'étant donné son contenu, ce préambule ne peut être signé, même si on lui apporte des modifications. La situation de l'Église conciliaire, les déclarations du Pape en Allemagne, la prochaine rencontre d'Assise sont là pour montrer que les circonstances ne se prêtent pas à la signature de semblable document. Nous serions écrasés par le système, comme l'ont été les congrégations "motu proprio". Et d'encourager les lefebvristes à poursuivre le combat, en dessinant la stratégie future: "Rome a besoin de nous, elle a besoin que nous nous réunissions avec elle pour démontrer que le concile Vatican II n'est pas en rupture avec la Tradition et pour neutraliser son aile progressiste, qui aspire à une rupture manifeste avec la Tradition. Il va de soi que nous ne pouvons emprunter cette voie. Il nous faut demeurer fermes et attendre de Rome qu'elle accomplisse de nouveaux pas. Rome recule de plus en plus, mais encore insuffisamment. Mgr Fellay enverra sa réponse d'ici quelques semaines, et il publiera peut-être une déclaration doctrinale qui n'aura rien à voir avec ce qu'on nous a présenté et que Rome n'acceptera pas".
Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, a donné à la Fraternité Saint-Pie-X l'autorisation officielle de célébrer la messe tridentine dans les sanctuaires et basiliques de la Terre Sainte à conditions que ces messes soient pour les pèlerins et non publiques. Cette concession ne permet pas aux paroisses locales du Patriarcat latin de célébrer l'ancienne messe. On peut voir le décret du Patriarche ici.

[...]

[Ennemond - Fecit] Au théâtre ou devant le tabernacle, où faut-il aller ?

SOURCE - Ennemond - Fecit - 18 novembre 2011

Des groupes de fidèles ont beaucoup hésité et hésitent encore. Où faut-il aller le 8 décembre ? A la cathédrale Notre-Dame pour prier à la requête du cardinal archevêque de Paris et faire "unité", ou bien comme les soirs des autres représentations, faut-il s'agenouiller dans le caniveau, devant les théâtres, au risque - aux dires de certains - d'exercer une certaine provocation ?

Hier soir, sur Radio Courtoisie, l'abbé Guillaume de Tanoüarn a, me semble-t-il, excellemment bien réagi à la question. Il a affirmé que notre devoir était d'être sur la voie publique car l'Eglise ne délivre pas son message uniquement à ses petits pratiquants parisiens (qui représentent tout au plus 5% de la population de la capitale). Elle doit l'exprimer aux yeux de tous, de tous les catholiques de conviction ou de tradition, blessés dans leur foi, même s'ils ne pratiquent pas. Extraordinaire apostolat que celui-là, qui fera retrouver à un grand nombre le chemin d'une Eglise fière de son divin fondateur ! Or, ce message, ce réveil des âmes catholiques n'aurait jamais existé si l'Institut Civitas n'avait pas, dès le premier jour, organisé une réaction démonstrative.

Que des chrétiens prient devant le tabernacle, nous ne pouvons que nous en féliciter. Les actions sont complémentaires. Ils prient devant l'autel tandis que nous prions en réparation devant les théâtres. C'est un fait. Mais, en conscience, nous pensons que notre devoir est le même que celui des saintes femmes. Même si certains, terrorisés, se croient obligés de s'enfermer dans le Cénacle, craintifs de la vindicte de l'opinion publique, nous pensons quant à nous, que notre rôle est d'être présent, comme la Vierge Marie et saint Jean, au pied de la Croix. Nous ne jugeons pas les autres. Nous tâchons de faire ce que Dieu veut que nous fassions. A scandale public, il faut une réparation publique. Sainte Véronique a bien bousculé les CRS de l'époque pour apaiser la Divine Face. Eh bien, sans aucune violence, dans la ferveur et la sérénité, nous serons à genoux pour témoigner de la foi, désireux d'être des "signes de contradiction", semblables à ce Christ qui enseignait bon gré mal gré dans le Temple, au risque de provoquer, au risque qu'on lui jette des pierres pour le lapider.

17 novembre 2011

[Celine Hoyeau - Loup Besmond de Senneville - La Croix] Les lefebvristes autorisés à célébrer la messe dans les sanctuaires de Terre Sainte

SOURCE - Celine Hoyeau - Loup Besmond de Senneville - La Croix - 17 novembre 2011

Le Patriarcat latin de Jérusalem a publié mardi 15 novembre sur son site Internet un décret sur la liturgie selon la forme extraordinaire du rite romain, daté du 23 septembre dernier dans lequel il autorise « les prêtres de la Fraternité-Saint-Pie-X (connus comme lefebvristes) (à) célébrer dans les basiliques ou sanctuaires en forme privée et sans faire de publicité à leurs initiatives. »

« Juridiquement, la Fraternité-Saint-Pie-X vivait sous le régime juridique du décret d’interdiction promulgué en 1988 par Mgr Michel Sabbah », alors patriarche latin de Jérusalem, explique le P. Claude Boivin, premier assistant du District de France de la FSPX.

Dans les faits, les prêtres lefebvristes étaient « tributaires du bon vouloir du clergé des lieux saints », précise-t-il à la Croix. « Sauf dans certains lieux, les choses se passaient assez bien. J’ai moi-même célébré en Terre sainte dans près de trente églises, notamment au Saint-Sépulcre en 2011 ».

Une autorisation spéciale, à Rome, pour le pèlerinage jubilaire

« Nos messes de groupe ont toujours été célébrées ‘sans faire de publicité’», ajoute-t-il.

En France, les prêtres de la FSPX ont été autorisés par le passé à célébrer la messe – discrètement – dans les sanctuaires de Lourdes et de Lisieux.

Du reste, lors du pèlerinage de la Fraternité à Rome pour le Jubilé de l’an 2000, les 5 000 pèlerins conduits par Mgr Bernard Fellay, supérieur de la FSPX, les trois autres évêques et les prêtres, avaient obtenu une autorisation spéciale du Saint-Siège leur permettant de célébrer une messe chantée selon le rite extraordinaire du rite romain à Sainte-Marie-Majeure.

La Fraternité-Saint-Pie-X n’ayant pas réintégré l’Église catholique, elle n’est généralement pas autorisée à célébrer dans les églises des diocèses, mais cette situation reste assez floue sur un plan strictement juridique.

16 novembre 2011

[Paix Liturgique] Exclusif : les résultats du sondage auprès des fidèles du diocèse de Lyon

SOURCE - Paix Liturgique n°309 - 16 novembre 2011

- Poursuivant notre série de sondages dans les diocèses français, nous avons demandé à l’institut JLM Études de mener une étude dans l’un des plus importants d’entre eux, par son histoire comme par son rayonnement : l’archevêché de Lyon, dont le titulaire porte le titre de “Primat des Gaules”. Mesurer l’attrait de la forme extraordinaire du rite romain à Lyon, c’est mesurer le poids des silencieux de l’Église dans un diocèse traversé depuis longtemps par un fort courant progressiste militant…

I – LES RÉSULTATS DU SONDAGE

L’étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 856 personnes représentatives de la population de 18 ans et plus du département du Rhône (diocèse de Lyon sauf partie roannaise). La passation des enquêtes a été effectuée par téléphone du lundi 11 avril au mercredi 20 avril 2011. Sur les 856 personnes interrogées, 405 se sont déclarées catholiques, 389 non catholiques et 63 ont refusé de répondre. Les résultats qui suivent portent sur les 405 se déclarant catholiques, soit 47,3 % de l’échantillon total. Il est donc à noter qu’à Lyon, comme en Seine-Saint-Denis, les personnes se déclarant catholiques représentent moins de la moitié de la population, même si elles témoignent d'une pratique religieuse supérieure à la moyenne.

a) Assistance à la messe
18,6 % des sondés déclarent assister à la messe chaque semaine ;
8,8 % une à deux fois par mois ;
18,8 % pour les grandes fêtes ;
32,5 % occasionnellement ;
19,4 % jamais ;
1,9 % ne répondent pas.
Dans les réponses suivantes, nous considérerons les 27,4 % de catholiques lyonnais assistant à la messe au moins une fois par mois et que nous appellerons, comme le veulent les catégories sociologiques, les “pratiquants”.

b) Connaissance du Motu Proprio
55,8 % des catholiques pratiquants du diocèse disent connaître le Motu Proprio Summorum Pontificum contre 43,3 % qui n’en ont jamais entendu parler. C’est un taux particulièrement bas en comparaison, par exemple, des 76,5 % mesurés dans le diocèse de La Rochelle - Saintes.

c) Perception du Motu Proprio
63,8 % des catholiques pratiquants trouvent normale la coexistence des deux formes du rite romain au sein de leur paroisse ; 4,2 % n’ont pas d’avis ; et 32,1 % (1 fidèle sur 3) la trouvent anormale, ce qui est un taux de résistance plus élevé que dans les diocèses précédemment sondés (18,9 % à Rennes, par exemple). La spécificité progressiste lyonnaise y est sans doute pour beaucoup.

d) Participation à la forme extraordinaire
À la question « Si la messe était célébrée en latin et grégorien sous sa forme extraordinaire dans votre paroisse, sans se substituer à celle dite “ordinaire” en français, y assisteriez-vous ? »
Chez les pratiquants, 35,2 % déclarent vouloir assister à la liturgie extraordinaire chaque semaine et 27,4 % à un rythme mensuel. Soit 62,6 % des pratiquants actuels du diocèse de Lyon (plus de 6 catholiques pratiquant sur 10… comme dans le diocèse de Rennes) qui iraient au moins une fois par mois participer à une messe en latin et en grégorien selon le missel de 1962… si le texte du Pape était appliqué dans leur propre paroisse.

II - QUELQUES RÉFLEXIONS AU SUJET DE CES RÉSULTATS

1 - L'importance des silencieux dans le diocèse

Tout d’abord ce sondage devrait "interpeller", comme on dit aujourd’hui, tout honnête chrétien… 35,2 % des pratiquants du diocèse déclarent vouloir assister à la liturgie extraordinaire chaque semaine, plus du tiers, et 27,4 % à un rythme mensuel. Soit 62,6 % des pratiquants actuels du diocèse de Lyon qui iraient au moins une fois par mois participer à une messe en latin et en grégorien selon le missel de 1962. N’est-ce pas tout simplement "EXTRAORDINAIRE"?


2 - Le témoignage de l’Histoire

Cette affirmation d’un grand nombre de "silencieux" à Lyon n’a rien d’extraordinaire. En effet, même si le diocèse a la réputation d’être assez "moderne" – réputation qu’il faut préciser car, en fait, Lyon est un diocèse aux sensibilités bien plus diversifiées que Paris, par exemple –, il est aussi celui où, dès la fin des années 60, on a pu constater de forts signes de l’existence de nombreux silencieux : les plus anciens se souviennent du Père Delarue et surtout de l’Abbé Largier qui, au pire moment des « années de plomb », parvint à faire que sa paroisse de La Trinité reste une paroisse classique « dans l’obéissance », mais où le traditionalisme était présent, y compris chez ses vicaires.
Rien d’étonnant donc qu’aujourd’hui l’on constate que 62.6 % des pratiquants lyonnais continuent contre vents et marées à vouloir vivre leur foi catholique au rythme de la forme extraordinaire du rite romain

III - LA SITUATION DE LA FORME EXTRAORDINAIRE DANS LE DIOCÈSE

Reste à nous interroger sur les réponses que le diocèse de Lyon a pu donner aux demandes des silencieux…

De fait, jusqu’au Motu Proprio de Benoît XVI, l’église Saint-Georges, située à 200 mètres de la cathédrale Saint-Jean, a constitué l’un des lieux de mise en œuvre, par des prêtres appartenant alors à la Fraternité Saint-Pierre, du Motu Proprio Ecclesia Dei voulu par Jean-Paul II en 1988. Dans ce document, le pape demandait aux évêques de favoriser “l’application large et généreuse” de l’indult de 1984 autorisant la célébration de la messe selon le missel traditionnel pour les groupes de fidèles y étant attachés. Et c’est ce qui se produisit à Saint-Georges où se développa, sans en avoir toutefois les attributs canoniques, une vraie vie de paroisse : sacrements, chorale, catéchisme, scoutisme, pèlerinages, etc.

En 2006, à la demande des prêtres desservant l’église, le cardinal Barbarin les incardina dans le diocèse, retirant de facto la charge de la communauté à la Fraternité Saint-Pierre qui s’installa alors à Francheville où naîtra la maison Padre Pio puis l’école sainte Jeanne d’Arc. En 2007, les prêtres de Saint-Georges ont fondé avec quelques autres l’association Totus Tuus (érigée tout d’abord dans le diocèse d’Avignon) qui est aussi présente dans le diocèse à travers la Maison Sainte-Blandine que nous avons présentée dans notre lettre n°276.

Avec la parution du Motu Proprio de Benoît XVI en 2007, la liturgie traditionnelle, devenue “forme extraordinaire du rite romain” et offerte à tous les fidèles en faisant la demande au niveau paroissial, et non plus diocésain, a gagné la banlieue et même la campagne lyonnaise.

Aujourd’hui, la célébration de la forme extraordinaire est proposée chaque dimanche :
- à l’église paroissiale de Thizy en alternance avec celle de Saint-Jean-La-Bussière, le célébrant étant le nouveau curé de la paroisse Saint-Michel en Rhône et Loire, l’abbé Leroux, ancien prêtre de Saint-Georges (célébration qui fait suite à la messe d’Amplepluis),
- à Villeurbanne, en l’église du Cœur Immaculé de Marie, que dessert la FSSP,
- à Francheville (où les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre célèbrent deux messes)
- à Saint-Georges où sont célébrées trois messes par des prêtres du diocèse et de Totus Tuus.

Notons toutefois que la célébration qui avait été accordé à Tarare dans un cadre paroissial n'a pas été poursuivi au motif qu'elle intéressait pas assez de fidèles…! Il est vrai que ceux-ci, lassés par une messes célébrée irrégulièrement approximativement tous les deux mois ont préféré se tourner vers la FSSPX qui paraissait se montrer plus charitable envers eux !


IV - CES RÉPONSES RÉPONDENT-ELLES À LA DEMANDE ?


Un indice fort nous permet de suite de répondre par la négative.

En effet, le bilan international du Motu Proprio que nous avons réalisé au 14 septembre 2010 (voir notre lettre n°269) faisait apparaître un taux moyen de 2,09 messes Summorum Pontificum par messe FSSPX pour un ensemble de 30 pays (dont la France). Or, à Lyon, le rapport est à peine de parité puisqu’on ne compte que sept messes dominicales Summorum Pontificum contre huit messes dominicales offertes par la Fraternité saint Pie X et les Capucins de Morgon qui lui sont liés (lieux de culte à Lyon, Anse, Villié-Morgon et Montrottier).

Cette seule information indique bien que la réponse diocésaine avec un ratio particulièrement bas, inférieur à 1/1, est largement en dessous des aspirations des fidèles.

V - QUID DES DEMANDES DE CÉLÉBRATION DANS LE DIOCÈSE ?

Une première remarque à exprimer est celle de la presque totale absence de célébrations extraordinaires dans le cadre paroissial ou par des prêtres diocésains "ordinaires". Cette seule observation nous indique bien que le diocèse de Lyon est un diocèse où les autorités diocésaines considèrent la diffusion possible de la forme extraordinaire avec encore beaucoup de timidité et où certains membres du clergé manifestent parfois une opposition sans charité. Le curé de Saint Cyr au Mont d’Or, interrogé par nos soins, a ainsi refusé de nous dire "au revoir" à l'issue de la conversation – une première dans le cadre de nos enquêtes –, estimant qu’il n’avait en aucune manière l’intention de nous revoir… Est-ce là une illustration du dialogue dans la charité que prônait le pape Paul VI dans son souci de faire avancer la Paix et l’Unité dans l'Église ?

On comprend que dans un tel contexte les demandes formulées à Roanne, ou dans les paroisses de Lyon : Saint Irénée, Saint Louis, Sainte Trinité etc… soient bien difficiles à mettre en œuvre et que les fidèles préfèrent se taire et n’aient d’autre choix que celui de se réfugier dans de plus tranquilles et non moins dynamiques ghettos.

L’exemple des fidèles d’Amplepuis-Thizy qui, avec l'appui de l'évêque, ont fini par obtenir la messe tous les dimanches dans le cadre paroissial, montre que pour obtenir ce résultat – rien de plus que la simple application du Motu Proprio ! –, il faut faire preuve d'une telle détermination et d'un tel courage que bien peu décident de s’y mettre. Ils ont dû en effet affronter une enquête pointilleuse justifiée par la nécessité de « mesurer l’honnêteté de la demande » afin de déterminer si les demandeurs n'étaient pas en fait des agitateurs parachutés depuis Lyon ou téléguidés par la FSSPX. De quoi refroidir les ardeurs des nombreux silencieux qui à Roanne ou à Villefranche-sur-Saône, attendent toujours l’accueil large et généreux de la forme extraordinaire voulue par Benoit XVI.

Si le cardinal-archevêque de Lyon est enclin à une grande ouverture avec les prêtres « classiques » de son diocèse, prêtres traditionnels y compris et même, et c’est à souligner, avec les pères Capucins de Morgon, son exemple n'est pas encore parvenu à l'échelon paroissial. De fait, les fidèles de base n’ont souvent que le droit de se taire devant leur curé… ou d’aller voir ailleurs, en dehors de leur paroisse propre. À Lyon, il semble bien que ce soit au niveau paroissial, alors que de très nombreuses familles y ont fait savoir souvent avec délicatesse leur désir de pouvoir vivre, dans ces mêmes paroisses, leur foi catholique au rythme de la forme extraordinaire, que le silence se fait sur la réforme de la réforme voulue par Benoît XVI. Il n'y a qu'à songer au fort désagréable accueil reçu dans plusieurs paroisses par des fidèles désireux de goûter aux fruits du Motu Proprio, de façon régulière ou ponctuelle, à l'occasion de demandes de mariages, de baptêmes ou d'enterrements.

Bien souvent, et c'est un phénomène rare en France, ces curés hostiles s'appuient sur des laïcs tout aussi remontés contre la liturgie traditionnelle. Il est singulier que Lyon abrite tant de ces catholiques intolérants qui refusent l'idée même de la célébration de la forme extraordinaire dans leur paroisse, alors que celle-ci ne les priverait nullement de la liturgie ordinaire, et invitent plus ou moins poliment les demandeurs éventuels à aller voir ailleurs… En dépit des efforts de pacification liturgique entrepris depuis Mgr Decourtray et continués par Mgr Barbarin, il subsiste dans le diocèse de Lyon une forte résistance idéologique à l’orthodoxie catholique. Les 32,1 % de pratiquants trouvant “anormale” la coexistence des deux formes du rite romain dans leur paroisse le confirment. Ce taux de refus de l’enrichissement mutuel des deux formes du rite romain, contraire à la volonté pontificale, est le plus important mesuré jusqu’ici dans nos sondages diocésains. Le fait que, plus de quatre ans après l’entrée en vigueur du Motu Proprio, il demeure 43,3 % des catholiques pratiquants du diocèse à n’en avoir jamais entendu parler n’est sans doute pas étranger à ce haut niveau d'intolérance. Mais l'explication principale est à rechercher du côté des forts noyaux progressistes militants encore actifs parmi les prêtres et les fidèles.

Reste que le nombre étonnant de "silencieux" que révèle ce sondage réalisé en 2011, fait croire qu’irréversiblement les autorités diocésaines devront passer un jour prochain, à une application paroissiale, et non plus simplement "ghettoïste", des bienfaits du motu proprio : ce souhait, tous les lyonnais que nous avons rencontré nous l'on exprimé ! Prions donc qu'en ce temps de Paix le cardinal Barbarin, pasteur de tous ses fidèles, sache les entendre et répondre en père à leurs demandes.

ENFIN...

Ce sondage a coûté la somme de 4 500 € TTC. Si vous souhaitez participer à son financement et nous permettre de continuer notre travail d’information, vous pouvez adresser votre don à Paix liturgique, 1 allée du Bois Gougenot, 78290 CROISSY-SUR-SEINE en libellant votre chèque à l’ordre de Paix liturgique ou par virement :
IBAN : FR76 3000 3021 9700 0500 0158 593 - BIC : SOGEFRPP.

15 novembre 2011

[Abbé de Cacqueray, fsspx - Fideliter] À l'image de l'adoption divine

SOURCE - Abbé de Cacqueray, fsspx - Fideliter - novembre 2011

Par la démarche d'adoption, des époux décident d'accueillir en leur foyer un enfant qui n'est pas de leur propre sang et, de surcroît, un enfant blessé par la vie. Il s'agit d'une démarche « lourde », comme on dit en ces matières, à toutes les étapes du processus.

D'abord, l'adoption est souvent la suite d'une souffrance intime du foyer, celle de n'avoir pu concevoir un enfant, malgré sa fidélité aux lois de la vie et du mariage chrétien. Ensuite, les démarches d'adoption elles-mêmes sont longues, complexes, éprouvantes, parfois même humiliantes voire désespérantes. Enfin, il est toujours à craindre que la bouture ne prenne pas, que le courant ne passe pas, que la vie familiale ne s'enclenche pas vraiment.

Élever des enfants nés de son propre sang dans une bonne atmosphère n'est déjà pas toujours facile, en raison des circonstances, de la liberté, du poids du péché originel. Que dire lorsque s'ajoutent à ces aléas la différence génétique entre les parents et l'enfant, ainsi que la blessure affective qui a frappé ce dernier, même s'il l'ignore provisoirement, du fait de la mort de ses parents ou de leur abandon ! L'adoption est donc souvent le fruit d'une grande générosité qui, ne s'arrêtant ni aux obstacles, ni aux déceptions, veut donner de l'amour et un vrai foyer à un enfant déshérité par le sort.

Or c'est précisément ce qui nous arrive, mais à un degré infiniment supérieur, lors de l'adoption divine dont nous sommes gratifiés en Jésus- Christ. Ce dossier sur l'adoption est donc l'occasion de nous émerveiller de nouveau devant cette charité divine à notre égard, qui dépasse infiniment tout ce que les parents adoptifs humains, même les plus généreux, ont jamais pu accomplir en faveur de l'enfant qu'ils accueillent à leur foyer. Car Dieu n'avait nullement besoin de nous pour être pleinement fécond et infiniment heureux.

Nous ne lui apportons rien : c'est uniquement pour déverser gratuitement sur nous la surabondance de sa bonté que le Père a voulu nous appeler à partager son bonheur par la filiation divine.

Ensuite, le prix qu'a payé Dieu pour réaliser ce plan d'amour dépasse infiniment les difficultés que peuvent rencontrer des parents humains dans une adoption. Le Seigneur, pourtant gravement offensé par le péché, a en effet choisi d'en payer lui-même le prix. Et c'est pour nous mériter l'adoption divine que le Fils unique s'est fait chair, qu'il a habité parmi nous et qu'il a voulu subir une Passion ignominieuse, versant pour notre salut jusqu'à la dernière goutte de son sang.

Enfin, si les parents qui adoptent donnent à l'enfant qu'ils accueillent leur nom, leur amour, leur héritage, leur maison, leur parenté, ils ne peuvent changer sa nature : cet enfant n'est pas né d'eux, il n'a pas les mêmes gènes, la même physionomie. Au contraire, Dieu est si bon et si puissant que, par l'adoption qu'il nous confère en Jésus-Christ, il transforme par sa grâce notre être même, nous divinisant, nous rendant semblables à lui.

Jamais, de notre propre chef, nous n'aurions osé imaginer ou revendiquer ce qu'affirme nettement la Parole de Dieu sous la plume du Prince des Apôtres : « Dieu vous a donné les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine. » (2 P 1, 4)

Soyons donc toujours dans l'action de grâce, nous souvenant (Tt 3, 4-7, épître de la deuxième messe de Noël) que « la bonté et l'amour de notre sauveur Dieu se sont manifestés, (...) non à cause de nos bonnes oeuvres mais par sa miséricorde, (...) afin que nous devenions héritiers en Jésus-Christ Notre-Seigneur ».
Abbé Régis de Cacqueray +, Supérieur du District de France

[Fideliter] Entretien avec Mère Marie-Emmanuel - Un cloître dominicain scandale de l'inutilité ?

SOURCE - Mère Marie-Emmanuel - Fideliter n° 204 - novembre 2011

Elles sont discrètes et c'est par vocation. Lentement mais sûrement leur communauté grandit, dans le cadre paisible d'un monastère d'une beauté simple et étonnante. Les dominicaines contemplatives d'Avrillé, près d'Angers, viennent de fêter le vingtcinquième anniversaire de leur fondation. Nous avons interrogé leur supérieure à cette occasion.
Mgr Bernard Tissier de Mallerais, aux journées de la Tradition en automne dernier, a prêché en faveur des vocations contemplatives féminines. Comment percevez-vous cette intervention épiscopale ?
Répondons par une autre interrogation : Que vont devenir les fruits et les feuilles d'un arbre dont la sève vient à disparaître ? Monseigneur a raison de s'alarmer. Si la note de sainteté de l'Église spécialement représentée par la vocation des contemplatives vient à disparaître… Il faut démythifier nos vies monastiques : nos cloîtres ne sont pas des lieux où l'on ne mange pas, où l'on ne dort pas et où l'on meurt de froid après s'être tué au travail ! Nos vies sont au contraire accessibles, simples, ruisselantes de joie surnaturelle et profondément équilibrées. Cet équilibre fait aujourd'hui souvent défaut dans le mode de vie des jeunes filles qui pensent se réaliser par une vie d'autonomie et d'indépendance, et les voilà cruellement aliénées. Pour des jeunes qui veulent donner un sens à leur vie, qui doivent réussir l'aventure de l'éternité, la vie contemplative est certainement l'une des plus belles où peut s'engager une âme avec pleine assurance. Car avec Dieu, peuton jamais être déçu ?
Vous parlez d'une formidable aventure, comment se conjugue-t-elle avec la régularité de votre vie : lever et coucher à la même heure et tous les jours, etc. ?
Face à Dieu, rien n'est monotone. Nos vies ne sont pas de ce monde, elles s'avancent vers le Ciel, c'est une ascension continuelle. Et comme en montagne, au désert ou aux glaces polaires, s'arrêter serait mourir.
Votre vocation contemplative vous amène à ne jamais pouvoir sortir de la clôture. Quel est le sens de cette restriction qui ne doit pas être facile aux jeunes personnes ?
Nous sommes en réalité comme prisonnières de l'Amour et pourtant infiniment libres.
Est-ce vous qui prenez la redoutable décision de juger d'une vocation ?
Les choses ne sont pas si simples et heureusement ! Nous exerçons un premier discernement. Mais comme la vocation est une proposition de Jésus à telle âme – « Si tu veux » –, l'âme seule peut ou non donner son consentement, un consentement d'amour.
Ensuite, la communauté qui reçoit a grâce, au nom de l'Église, pour authentifier cette vocation dans la vie quotidienne et l'épreuve du temps. Sainte Thérèse d'Avila disait qu'il lui fallait dix ans pour se prononcer sur une vocation contemplative : cela correspond pour nous au délai laissé avant de prononcer les voeux définitifs. L'Église, en mère prudente et sage, sauvegarde ainsi à la fois la liberté de l'âme et celle de la communauté.
Qu'est-ce qui frappe en premier une postulante qui franchit la clôture ?
Invariablement le silence, la simplicité et plus que tout la charité fraternelle.
Ce silence n'est-il pas pénible pour celle qui vient du monde et du bruit ?
Non pas, car c'est un silence plein de Dieu, plein de sa présence, tellement bienfaisant pour l'âme ainsi libérée de l'événementiel pour se consacrer à l'essentiel.
Et puis nous avons une récréation par jour où s'expriment la joie d'être ensemble, le bonheur du soutien mutuel dans une vie commune. Nos récréations sont un jaillissement de gaieté. Nous y échangeons les anecdotes du jour ou du passé, nos lectures, les derniers ouvrages offerts qui ouvrent tel pan de l'histoire de l'Église et de nos pays… Chaque nationalité apporte alors son témoignage.
Ces échanges fraternels, au même titre que la prière, le travail et l'étude sont un moyen pour favoriser notre vie d'union à Dieu.
Avez-vous un conseil pour une jeune fille en âge de se poser la question de la vocation ?
Notre-Seigneur lui répond dans l'Évangile : « Venez et vous verrez.»
Chaque âme a son histoire, chaque âme a ses grâces et ses blessures, chaque âme est un monde. La vocation n'est pas du commerce en gros. C'est âme par âme qu'il faut considérer la question.
Il est des jeunes filles qui viennent à nous désireuses ou persuadées d'être appelées, mais nous ne discernons pas cet appel ou bien les aptitudes font défaut. Nous les encourageons alors à se tourner vers d'autres communautés ou à fonder un foyer si telle est la divine volonté. Les âmes sont à Dieu. Toutes partent vraiment apaisées car elles voient bien que nous cherchons la seule volonté de Dieu avec elles et sur elles.
Quand Dieu appelle, il donne tout ce qu'il faut pour le suivre. L'appel peut être très discret, au fond de l'âme. C'est alors qu'il faut prier. Et une fidélité aux premières avances de Dieu obtient tôt ou tard la lumière.
Pour notre vie cloîtrée, il faut une certaine soif de Dieu, un besoin de silence et de prière, et la grâce de comprendre que derrière une apparente inactivité se cache, dans la foi pure, une richesse de vie inépuisable. Dans une vie plus active, cette âme s'étiolerait, dépérirait, elle ne donnerait pas tout ce qu'elle peut donner. Il lui semblerait voler Dieu.
Si Dieu est Dieu, il est de la plus haute convenance qu'il prédestine quelquesunes de ses créatures à ne s'occuper que de lui au nom de tous les hommes, tout comme dans les hiérarchies angéliques certaines ne sont tournées que vers le Dieu trois fois saint.
Les jeunes filles savent, en entrant dans le cloître, qu'elles doivent sacrifier leur désir naturel d'être mère...
Qui est plus mère que la vierge consacrée ? En s'unissant à Dieu, elle lui enfante des âmes pour l'éternité.
Qu'est-ce qui va déterminer une jeune fille à devenir moniale dominicaine plutôt que carmélite, clarisse ou bénédictine ?
Certaines découvrent notre vie par le jeu de la Providence, et c'est alors la révélation de l'appel profond qui sourdait au fond de leur être. La jeune fille se sent bien. Elle est en paix : là est le lieu de son repos.
Plusieurs sont attirées par notre vie de contemplation étayée par l'étude et l'amour de la vérité. Tout y respire la lumière, la simplicité, la joie et une certaine gravité dans la sobriété des observances.
D'autres, parce que notre Ordre est éminemment marial. Notre-Seigneur a dit à saint Dominique : « J'ai confié ton Ordre à ma Mère. » Et ne nous donna-telle pas son rosaire ?
Il y a aussi le saint sacrement, les âmes du purgatoire, la Passion, toutes dévotions chères à l'âme dominicaine. Enfin, ce charme personnel de saint Dominique, homme de Dieu si profondément contemplatif, pur, joyeux, compatissant et d'une bonté inépuisable, « accueillant tous les hommes dans le vaste sein de sa charité » (bienheureux Jourdain de Saxe).
Que répondez-vous aux mauvaises langues qui prétendent que la vie religieuse, lorsqu'elle dure de nombreuses années, s'avère ennuyeuse ?
Lorsqu'on approche de la Source désirée toute sa vie, la soif s'intensifie, le coeur devient insatiable. N'oublions pas que l'on a accepté de tout perdre en route pour s'alléger et atteindre plus sûrement le Visage caché tant désiré, seul désiré. C'est ainsi que la vie intérieure se simplifie. Dans son jeu divin, l'Époux dépouille l'âme de tout l'inutile et dans sa vie extérieure et dans sa vie intérieure. C'est la suprême pauvreté.
Vous êtes soeurs prêcheresses. Comment expliquer que vous ne prêchiez pas ?
Dans un ordre voué à la prédication du Verbe, à la prédication de la Vérité, alors que le prêcheur porte aux âmes sa contemplation, la moniale prêcheresse porte les âmes dans sa contemplation.
Les dominicaines cloîtrées prêchent par le silence de leur vie cachée. Fondées avant leurs frères comme partie essentielle et constituante de l'Ordre, elles sont par vocation insérées dans l'incessante quête de Dieu et des âmes à sauver.
Précisez-nous un peu la spiritualité de votre saint fondateur.
Il a légué à ses enfants sa soif, sa nostalgie inextinguible de Dieu et du salut des âmes. La moniale dominicaine, quant à elle, ne quitte pas l'état contemplatif, mais sa vie d'oraison recèle une note apostolique. Elle est tout occupée de l'intimité de Dieu, mais jamais sans penser à obtenir le salut et le soulagement de ceux qui souffrent et luttent… C'est en priant, en s'immolant que s'exerce sa charité fraternelle, charité universelle et efficace, qui féconde l'apostolat des prêtres et des missionnaires dans le monde entier.
Il est bien connu que l'étude a plus de place dans votre vie que dans les autres ordres.
Certes, mais pas en ce sens que nous sommes des intellectuelles qui étudient pour étudier. Nous étudions pour aimer. Notre étude soutient et nourrit notre vie de foi, lui donne ses fondements et prépare la contemplation. C'est une étude objective qui s'appuie sur le dogme et l'enseignement inépuisable de saint Thomas d'Aquin.
Veritas, la devise de notre Ordre, c'est le primat donné à l'intelligence pour sortir de soi à la recherche de Dieu ou à la recherche des âmes. D'où cet équilibre et cette harmonie entre le coeur et la pensée, cette liberté d'âme, cette pureté et cet amour de la vérité alliés à la force que l'on retrouve jusque dans la pénitence, empreinte de discrétion.
La vie d'un monastère s'apparente certainement à celle d'une ruche. Parlez-nous un peu de vos activités.
Nos occupations sont bien variées en effet mais unifiées quant à leur fin : quoi que nous fassions, nous tâchons que ce soit en esprit d'oraison, le regard posé sur Dieu, pour son amour et sa joie, sa gloire la plus pure. C'est aussi pour soutenir des prêtres, telle famille, une conversion, des détresses…


Dans la communauté, il y a celles qui chantent et celles qui brodent. Celles qui font des semis et celles qui nous nourrissent. Celle qui reçoit les dons et celle qui paye les factures. Celles qui remercient et celle qui mendie. Celles qui manient la truelle, la scie ou la perceuse et celles qui enluminent. Les bibliothécaires et leurs complices de la reliure. Les lingères et les anges du ménage. Les sacristines et celles qui manient la pioche. Celles qui ont charge de la vie profonde des soeurs et celles qui dirigent les travaux. Celles qui décapent et celles qui peignent. Celles qui cousent et celles qui trouent. L'infirmière et ses tisanes, les polyglottes et leurs élèves, sans oublier les indispensables traductrices et correctrices ou celles qui confectionnent des chapelets. Et celle qui écrit des pièces de théâtre.
Parmi les contemplatives de la Tradition, vous êtes, semble-t-il, les seules à avoir des moniales converses ?
Oui, nos moniales converses sont un héritage de famille que nous gardons chèrement et que la Providence nous a permis de reprendre. Leur présence assure à notre vie en communauté sa parfaite unité.
Elles réalisent leur vocation d'union à Notre-Seigneur davantage par les travaux manuels, avec en plus la douce charge de recevoir les hôtes. Elles prient ensemble le rosaire qui leur tient lieu d'office et aiment aussi étudier.
À l'image de la sainte famille, leur vocation est un appel de grâce à une vie plus humble.
Avez-vous des liens avec les autres communautés contemplatives ?
Nos liens sont aussi profonds que fraternels car, dans le silence de nos vies, nous avons tout sacrifié en commun pour l'unique amour de Jésus.
Voyez, avec nos soeurs clarisses, le simple échange épistolaire annuel quasi sacré de la Sainte Claire et de la Saint Dominique exprime entre nous le tout de cette charité.
Ou nos soeurs carmélites qui ont accueilli la châsse de sainte Thérèse de Lisieux, et nous voilà comblées des vestiges de sa visite.
Les filles de saint Benoît, à leur tour, nous montrent le premier dégrossi des plans de leur monastère pour nous demander conseil, et en prime nous leur glissons nos propres erreurs de chantier. La diversité des ordres et des spiritualités est une des pures merveilles de la sainte Église. Les âmes doivent être là où Dieu les veut, et c'est ainsi que nous nous réjouissons quand une jeune fille passée chez nous entre finalement au Carmel. Ou que nos soeurs bénédictines nous envoient une vocation. De même, lorsque nous recevons des retraitantes attirées par notre spiritualité, nous les orientons vers nos soeurs enseignantes si nous ne discernons pas chez elles l'appel à une vie contemplative.
Dans un jardin aussi fécond que celui de la sainte Église, chaque fleur est heureuse là où Dieu l'a mise et se réjouit de la beauté de toutes les autres fleurs. La rivalité n'existe pas dans le monde des saints. La vie monastique n'est-elle pas une anticipation de la vie du Ciel où nous nous réjouirons infiniment du bonheur de tous et de chacun en Dieu, pour Dieu ?
Votre monastère fête cette année son « jubilé d'argent ». Qu'est-ce que cela évoque pour vous ?
Dieu et sa providence de toute bonté ! L'essentiel dans un jubilé, c'est Dieu. Nous, nous n'avons rien fait, et même moins que rien. Si seulement nous n'avons pas été un obstacle à la grâce.
Après Dieu, la Vierge Marie et saint Joseph, ce sont les prêtres avec nos amis et bienfaiteurs qui ont une place privilégiée dans ces 25 ans. Convaincus du primat de la vie contemplative, c'est par amour de l'Église qu'ils nous ont assistées pas à pas au spirituel comme au temporel. Qu'aurions-nous fait sans eux ?
Au fil du temps, y a-t-il des joies plus saillantes ?
S'il faut choisir parmi les grâces, nommons celle d'offrir solennellement sept fois le jour l'office divin, prière ininterrompue des psaumes que le Christ chante pour son Église et l'Église pour son Christ. Également d'avoir pu reprendre pour l'Office et la messe chantés chaque jour les mélodies propres de la liturgie dominicaine, abandonnées depuis le Concile.
Joie profonde aussi des professions perpétuelles qui scellent à jamais le choix de Dieu sur chacune de nos soeurs.
Joie si pure lorsque deux soeurs qui se sont fait de la peine s'en demandent pardon du fond du coeur. Nous avons pour ce faire une belle observance : la soeur qui regrette baise les pieds de l'offensée et celle-ci fait de même en retour, en signe d'un pardon entièrement accordé. L'ordre sacré de la charité est rétabli.
Votre fondation n'a pas encore offert sa gerbe pour le Ciel comme d'autres communautés. Nonobstant vous avez quand même dû rencontrer des épreuves ?
Une fondation, à l'heure même où les fondements de la foi sont ébranlés dans l'Église, ne serait pas de Dieu si elle n'était sous la croix. La rédemption s'est faite par le sacrifice suprême de Notre- Seigneur s'offrant à son Père, sacrifice renouvelé chaque jour à la messe, centre de nos vies. Et près de cette croix, iuxta, était la Vierge Mère, la Contemplative par excellence. L'amour crucifié ne peut que nous être intimement présent.
Les mauvaises langues (encore elles) prétendent qu'être vouées à la transcendance de Dieu et l'adorer au nom de tous, c'est beau, mais que cela trahit un défaut de sens pratique chez la contemplative, une fuite du réel. Que leur répondez-vous ?
On n'entre pas dans cette vie parce qu'on est dépourvu de talents humains. L'expérience jette un lourd démenti sur de tels préjugés. Être contemplatif, c'est au contraire mettre les choses à leur vraie place : le spirituel à la sienne – la plus importante, celle qui domine tout – et les affaires temporelles qui lui sont subordonnées, à la leur. Dans le monde, il y a plus que jamais un complet renversement des valeurs.
Les plus grands contemplatifs se sont révélés être aussi les plus probants dans l'action. Voyez la beauté et la multiplicité des monastères dans les âges chrétiens, la pérennité de leurs oeuvres…
Question peut-être indiscrète, ma Mère : envisagez-vous d'essaimer ?
Oui, si Dieu le veut. Mais où et quand il décidera. Une parole pour terminer ? Écoutez le testament de notre Père saint Dominique : « Ayez la charité, gardez l'humilité, « possédez la pauvreté volontaire. » Priez, s'il vous plaît, pour que nous y soyons fidèles.

[Natalia Trouiller - La Vie] Philippines: l'évêque de Davao hausse le ton face aux lefebvristes

SOURCE - Natalia Trouiller - La Vie - 15 novembre 2011

[...]

Mgr Fernando Capalla a publié hier une lettre ouverte au supérieur local de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X, dans laquelle il dit ceci: "Vous ne pouvez exercer légitimement votre sacerdoce sur le territoire de notre diocèse. Et la raison, que peut-être vous avez omis d'expliquer à notre peuple, est la grave erreur de votre Fraternité contre l'autorité du Pape et Vatican II, une infraction grave et un crime contre l'unité de l'Eglise, un malheureux schisme. Aucun raisonnement comme 'l'état de nécessité', le 'salut des âmes', l'appel au peuple ou la parabole du bon Samaritain ne peut vous conférer une quelconque juridiction ordinaire; seul l'évêque local le peut. En tant que berger officiel du troupeau local, je ne puis m'empêcher de vous dire que vous violez notre domaine privé, vous faufilant dans notre étable et arrachant comme des loups déguisés en brebis nos moutons innocents (Mt 7,15)". Cette réaction fait suite à une lettre, publiée dans un journal local par la FSSPX, accusant le prélat d'empêcher les prêtres lefebvristes d'exercer leur "ministère légitime".

[Laurent Grzybowski - La Vie] Des intégristes catholiques perturbent une célébration interreligieuse

SOURCE - Laurent Grzybowski - La Vie - 15 novembre 2011

Une vingtaine de jeunes intégristes catholiques, chapelet au poing, ont fait irruption dimanche dans l'église Saint Denys de la Chapelle, à Paris (XVIIIe), lors d'une célébration interreligieuse organisée par la Famille franciscaine à l'occasion des 25 ans de la rencontre d'Assise.

Les perturbations dues à quelques intégristes catholiques, récitant leur chapelet à Saint Denys de la Chapelle, à la fin de la grande marche interreligieuse qui venait de traverser Paris, des Halles juqu’à Barbès, n'ont pas entamé la ferveur des quelque 500 pélerins issus de toutes les religions qui participaient ce dimanche 13 novembre à une célébration commune dans cette église du nord de Paris.

Assis aux premiers rangs, quelque vingt membres du Mouvement de la jeunesse catholique de France, proche de la Fraternité Saint Pie X et de Civitas (le mouvement d'extrême-droite qui s'oppose à la représentation de la pièce de Castelucci), ont commencé, dès le début de la rencontre, à hurler des slogans hostiles avant d'entonner une série de "Je vous salue Marie". Un tract résumait ainsi leur hostilité au dialogue interreligieux : "Assise, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois...". Ou encore : "Pie XI condamne les rencontres interreligieuses car les tenants de cette opinion repoussent du même coup la religion vraie et versent peu à peu dans le naturalisme et l'athéisme." Après quelques minutes d'hésitation, l'assemblée est venue les entourer, reprenant à tue-tête le chant spécialement écrit pour l'événement : "La force de l'esprit nous a poussés à la rencontre / Nous voilà réunis, témoins du feu au cœur du monde...".

Noyés sous le nombre, et surpris par la détermination des fidèles, les jeunes intégristes (des hommes et des femmes de 20 à 30 ans) ont d'abord accepté de se rendre au fond de l'église, continuant leur prière, sous le regard bienveillant d'un prêtre franciscain et d'un moine bouddhiste. Après moultes négociations, ils ont quitté les lieux une heure plus tard, sans heurts ni violences. "Cela ne pouvait pas se passer autrement", explique calmement Pascal Aude, un frère capucin, qui a passé beaucoup de temps à discuter avec les uns et les autres. "En tant qu'artisans du dialogue, il fallait que nous prenions le temps de leur parler et de les écouter. Nous ne les avons certainement pas convaincus, eux non plus d'ailleurs, mais une rencontre a tout de même pu avoir lieu. Et cela leur a permis de partir la tête haute."

Organisée par le Comité interreligieux de la famille franciscaine, avec le soutien de nombreux partenaires, cette célébration cloturait trois jours de réflexion commune, rassemblant des musulmans, des juifs, des bouddhistes, des hindouistes, des sikhs et des chrétiens. Tous attachés à la figure de Saint François d’Assise qui, pour Josette Gazzaniga, la cheville ouvrière de cette rencontre, "demeure un inspirateur en prise avec les enjeux de notre temps". Vendredi 11 novembre, près de 400 personnes ont ainsi participé à un colloque sur le thème "L’esprit d’Assise aujourd’hui : expériences, difficultés et perspectives", présidé par Mgr Michel Santier, évêque de Créteil qui fut, plusieurs années durant, président du Conseil pour les relations interreligieuses de la Conférence des évêques de France.

Autour de personnalités de premier plan, comme l'ancien secrétaire général de la Conférence mondiale des religions pour la paix, John Taylor, ou le frère franciscain Gwénolé Jeusset, présents à Assise en 1986, les participants ont revécu l’intensité de cette rencontre prophétique initiée par le pape Jean-Paul II. Avec le rabbin Philippe Haddad et l'intellectuel musulman Ghaleb Bencheikh, président de Religions pour la paix - France, ils ont dressé un bilan des 25 dernières années avant d'évoquer, avec de nombreux autres intervenants, l'importance de l'éducation à la paix et de la transmission. "Les artisans du dialogue interreligieux restent encore trop minoritaires", regrette Josette Gazzaniga. "Souvent considérés comme des naïfs, ils sont menacés par les intégristes de tous bords et par ceux qui pensent détenir la vérité. Mais heureusement, chacun des intervenants, qu’ils soient sikh, soufi, bouddhiste ou monothéiste, a pu citer des exemples d’entente et de tolérance qui sont autant de signes tangibles d’espérance."

Lors d'une rencontre organisée samedi 12 novembre au Forum 104, dans le 6e arrondissement de Paris, avec le soutien de l'association Coexister, une cinquantaine de jeunes ont pu exprimer leurs craintes et leurs espoirs quant au dialogue des cultures et des religions. Certains d'entre eux ont d'ailleurs participé le lendemain à la marche interreligieuse du Forum des Halles à l'église Saint Denys de la Chapelle, où chaque halte, devant un lieu de culte différent, a eu une portée éminament symbolique. Déclarations, chants et amitié ont accompagné durant près de trois heures ce cortège de "croyants pour la paix", haut en couleurs dans les rues de la capitale. Une première dans Paris ! "Pour construire la paix, nous a expliqué un moine bouddhiste, il n'est pas nécessaire de faire des choses grandes et belles. Il faut faire les choses avec grandeur et beauté". C’est ce qu'ont essayé de vivre les participants, notamment au cours de la flamboyante célébration finale. Dans une allégresse fervente, pendant près de deux heures, les textes et les chants de fraternité se sont succédés, faisant ainsi oublier le cri dissonant des intégristes.

Partenaires de ces trois jours : Religions for Peace-France, Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne(GAIC), Mouvement International de Réconciliation, Service National pour les Relations avec le Judaïsme, Service national pour les Relations avec l’Islam, Communauté de la Mission de France, La Fontaine aux religions,Ecole Soufie Internationale, Collectif Interreligieux Multilatéral pour la Paix, Réseau Chrétiens de la Méditerranée, Communauté Sikhe de France, ISTR (Théologicum-ICP), Fondacio, Coexister, Pax-Christi, Focolari, Les Baha’is de France, Coordination interreligieuse Paris IdF (CINPA), OecuMenic, Groupe de réflexion et de connaissance de l’Océan indien.

[Abbé Philippe Laguérie, ibp] Décès de Mgr Maurice Gaidon

SOURCE - Abbé Philippe Laguérie, ibp - 15 novembre 2011

Mgr Maurice Gaidon s’est éteint le lundi 14 novembre à Dijon. Le Bon-Pasteur doit beaucoup à ce valeureux évêque. Pour son courage dans la crise de l’Eglise qu’il a vécue comme un véritable calvaire (Retracé dans son admirable livre : "Un évêque français entre crise et renouveau de l’Eglise" 2007). Mais aussi parce qu’il a imposé les mains, avec sa piété hors du commun, à quatre de nos prêtres ; les abbés Carusi, Baumann, Sniadoch et Berche. C’était le 11 octobre 2008 en l’église saint Eloi. Nous l’entourons de notre prière et de notre profonde gratitude. En hommage de sa vaillance et pour vous montrer qui il était, j’extrais de son livre ces fortes paroles. Defunctus adhuc loquitur.
"Je pense que notre langage manque de vigueur et que le souffle prophétique est trop absent de nos textes savamment mesurés et dignes des résolutions votées en fin de “meeting radical-socialiste” ! (…) Un texte se dilue quand il est revu et corrigé dans une assemblée d’une centaine de membres dont certains ne parlent jamais alors que d’autres prennent la parole sans complexes. Dans une assemblée en partie noyautée par de “grosses mitres” qui préparent soigneusement certaines élections et se partagent les “postes clés” de l‘épiscopat (…). Nous n’aimons pas sortir d’un ton conciliant et recherchons avant tout le réconfort d’un consensus mou dans les domaines les plus sensibles comme le sont les problèmes de morale conjugale et les questions de bioéthique. J’avais déjà repéré ces hésitations au moment de la loi sur l’avortement et constaté que nous n‘étions pas prêts à croiser le fer avec les politiques. Je ressens la même impression alors que le gouvernement s’apprête à ouvrir les débats sur les contrats d’union entre deux personnes du même sexe. D’où vient cette crainte alors que nous n’hésitons pas à faire entendre notre voix en d’autres problèmes de société ? "

« Et certains d’entre nous n’en finissent pas de tresser des couronnes à ce régime digne d‘éloges… ce qui est un comble. Nous n’avons pas à nous louer d’un régime qui traite l’Eglise avec tant de désinvolture et ne perd pas une occasion de dresser des obstacles à la diffusion du message chrétien. Nous n’avons pas à encenser un pouvoir politique dont le libéralisme moral a contribué à dégrader le climat de notre société (…). Nous ne devons pas trop vite passer l‘éponge sur les choix législatifs qui ont entraîné la banalisation de l’avortement (…). Nous paierons cher et longtemps ces décisions auxquelles nous avons opposé une bien médiocre résistance et un discours sans arêtes vives et accents vigoureux… »

" J’ai l’impression d’avoir vécu ces années comme une lente dérive, au gré des modes et des langages convenus dans notre univers clérical et de me retrouver, à l’heure de mon ultime étape, dans un douloureux désarroi, envahi par le sentiment d’avoir subi passivement les prises de position et les décisions de mes frères en épiscopat et suivi avec eux la pente des compromis plutôt que d’user du langage rugueux et prophétique des témoins et annonciateurs d’une Parole qui est “un glaive"

[cath.ch] Accord Vatican - Lefebvristes, un compte rendu confidentiel se retrouve sur la toile

SOURCE - cath.ch - 15 novembre 2011

Sur le site Gloria TV, se trouve le texte d’une lettre de l’abbé Bouchacourt, FSSPX, adressées aux prêtres du district d’Amérique du Sud. Ecrite le 12 octobre, nous y trouvons  le compte rendu de la réunion d’Albano. Son contenu confirme les rumeurs déjà répandues: l’absence de Mgr Williason à la rencontre d’Albano et ses difficultés avec Mgr Fellay, ainsi que le refus de signer le protocole d’accord, tel que présenté par le Vatican. Malgré l’appel à la confidentialité, le texte se retrouve aujourd’hui sur le net. Je vous donne ci-dessous quelques extraits significatifs. Le document complet sur le site gloria.tv.

Dom Romain
« … Monseigneur Williamson ne s'est pas rendu à Albano. Il y avait été convoqué, lui aussi, mais Mgr Fellay avait assorti cette convocation de deux conditions: que l'intéressé ferme son blog et maintienne le secret sur le contenu du préambule remis par Rome à la FSSPX. Or, Mgr Williamson n'a pas satisfait à au moins une de ces deux conditions, et c'est pourquoi il a renoncé à participer à la réunion. (…) Quant aux discussions doctrinales, elles ont donné lieu à l'étude de quatre thèmes capitaux: le Novus Ordo Missae, la liberté religieuse, l'ecclésiologie ¬ Lumen Gentium, le «subsistit in» et la collégialité ¬, ainsi que le Magistère et la Tradition. (…) Le préambule s'appuie sur le protocole d'accord qui avait été proposé naguère à Monseigneur Lefebvre, mais sous une forme plus restrictive. On nous demande de reconnaître à la lumière de la Tradition catholique le concile Vatican II et les enseignements postérieurs des papes jusqu'aujourd'hui. En outre, nous devrions accepter, d'une part le Catéchisme de l'Église catholique, qui représente un résumé de la doctrine conciliaire, d'autre part le Code de droit canonique publié en 1983, avec une application adaptée à la discipline particulière octroyée à la FSSPX. De même, il nous faudrait reconnaître la légitimité du Novus Ordo. (…) Il est clair qu'étant donné son contenu, ce préambule ne peut être signé, même si on lui apporte des modifications. La situation de l'Église conciliaire, les déclarations du Pape en Allemagne, la prochaine rencontre d'Assise sont là pour montrer que les circonstances ne se prêtent pas à la signature de semblable document. Nous serions écrasés par le système, comme l'ont été les congrégations «motu proprio». (…) Rome a besoin de nous, elle a besoin que nous nous réunissions avec elle pour démontrer que le concile Vatican II n'est pas en rupture avec la Tradition et pour neutraliser son aile progressiste, qui aspire à une rupture manifeste avec la Tradition. Il va de soi que nous ne pouvons emprunter cette voie. Il nous faut demeurer fermes et attendre de Rome qu'elle accomplisse de nouveaux pas. Rome recule de plus en plus, mais encore insuffisamment. Mgr Fellay enverra sa réponse d'ici quelques semaines, et il publiera peut-être une déclaration doctrinale qui n'aura rien à voir avec ce qu'on nous a présenté et que Rome n'acceptera pas»

12 novembre 2011

[Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison] Tuteurs de tomates II

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 12 novembre 2011

Quand le Commentaire Eleison a cité (10 Sept. 2011) le proverbe Russe qui compare la femme et l'homme à un plant de tomates et au tuteur autour duquel ce plant s'appuie pour grimper et porter ses fruits, il a profité de la comparaison pour exposer la nature et le rôle de la femme. Une lectrice a demandé alors comment cela s'applique aux hommes.  Hélas! -- notre époque folle s'acharne à effacer tous ces traits fondamentaux de la nature humaine.

Au sujet du dessein de Dieu sur l'homme et la femme, profondément différents mais merveilleusement complémentaires, il y a bien sûr beaucoup plus à dire que ce que peut exprimer une simple comparaison tirée du potager. Dans toute Messe catholique de mariage, l'Epître compare les relations entre époux et épouse à celles du Christ et de l'Eglise. Remarquons dans ce passage (Ephésiens V, 22-23) la façon dont Saint Paul expose longuement les devoirs qui s'ensuivent pour l'époux, et brièvement ceux de l'épouse. On peut dores et déjà se douter que les hommes d'aujourdhui sont en grande partie responsables des relations faussées entre l'homme et la femme contemporains. Mais laissons le mystère surnaturel pour une autre occasion, et revenons au potager, car ce sont avant tout ces fondements naturels qui sont attaqués aujourd'hui par les ennemis de Dieu et de l'homme.

Pour qu'un tuteur serve au plant de tomates deux choses sont nécessaires: il doit se maintenir droit et il doit se maintenir ferme. Sil ne se maintient droit le plant ne peut grimper, et sil ne se maintient ferme, le plant ne peut tourner autour du tuteur pour grimper. La fermeté, peut-on dire, dépend de ce que l'homme tourne autour de son travail, tandis que sa droiture dépend de ce qu'il s'élève vers Dieu, rien de moins.

Quant à la fermeté, tant que la nature humaine n'a pas été tordue au point de n'être plus reconnaissable, partout et toujours la vie de l'homme tourne autour de son travail tandis que la vie de la femme tourne autour de sa famille, en commençant par son mari. Si l'homme fait de la femme le centre de sa vie, c'est comme si deux plants de tomates s’appuyaient l'un sur l'autre – les deux finiraient dans la boue, à moins que la femme ne prenne sur elle le rôle de l'homme, chose pour laquelle elle ne fut point faite et quelle doit s'évertuer à ne pas avoir à faire. Une femme sage choisit précisément un homme qui a déjà trouvé son travail et l'aime, de sorte quelle puisse se centrer sur lui comme lui s'est centré sur son travail.

Quant à la droiture, de même que le tuteur doit monter droit, de même un homme doit être dirigé vers le Ciel. Les chefs doivent avoir une vision qui leur permette d'inspirer et de diriger. Mgr. Lefebvre avait une vision de la restauration de la véritable Eglise. De même lorsque le Cardinal Pie (1815-1880) observa tout autour de lui un manque d'hommes au XIXème siècle, sa foi l'attribua au manque de foi. Où il n'y a pas de foi, dit-il, il n'y a pas de convictions. Sans convictions il n'y a pas de fermeté de caractère. Sans fermeté de caractère il n'y a pas d'hommes. La pensée de Saint Paul est semblable lorsqu'il dit: La tête de tout homme est le Christ, et la tête de la femme est l'homme, et la tête du Christ est Dieu (I Cor. XI,3). Par conséquent pour retrouver son caractère de chef, que l'homme se tourne vers Dieu et se subordonne à lui, et il sera d'autant plus facile pour une épouse de se subordonner à son mari, et pour les enfants de se subordonner aux deux.

Mais cette subordination ne doit pas s'entendre comme permettant une sorte de tyrannie, soit de l'époux sur l'épouse, soit des parents sur les enfants. Le tuteur est là pour le plant de tomates. Ce fut un sage Jésuite qui dit que le mieux qu'un homme puisse faire pour ses enfants c'est d'aimer leur mère. Ne dépendant pas de l'amour pour fonctionner comme en dépendent les femmes, les hommes peuvent facilement ne pas comprendre le besoin qu'elles ont d'aimer et d'être aimées. De fait, une petite cuillerée d'affection, et elle est bonne pour cent kilomètres encore!  Le Saint Esprit le dit dune façon plus élégante: Maris, aimez vos épouses, et ne soyez pas amers envers elles (Col.III,19).

Kyrie Eleison.

[Christophe Saint-Placide] Retour sur l’assemblée générale d’Una Voce

SOURCE - Christophe Saint-Placide - 12 novembre 2011

J’ai déjà évoqué la messe célébrée par le cardinal Castrillon Hoyos pour la 20e assemblée générale de la Fédération internationale d’Una Voce (FIUV) qui s’est tenue à Rome le samedi 5 et dimanche 6 novembre. Si cette célébration a constitué le point d’orgue de cette rencontre, celle-ci ne s’y est évidemment pas limitée. Il faudrait encore parler du déjeuner qui a réuni les participants autours du cardinal Burke qui avait tenu notamment à avoir à sa table deux membres fondateurs de la Fédération, le français Jacques Dhaussy et l’allemand Helmut Rückriegel.

Mais plus important encore pour l’avenir de la FIUV fut le renouvellement du bureau. Alors que le bruit courait que le président en titre, Leo Darroch, souhaitait être déchargé de ce poste, il a été réélu à l’unanimité comme président de la Fédération. Son travail a été particulièrement salué par les participants qui ont noté que depuis 2007, année de son arrivée à la présidence,  sept nouveaux groupes Una Voce sont nés dans le monde : aux Philippines, au Japon, au Portugal, au Brésil, à Cuba, en Biélorussie et en Ukraine.

Pour seconder le président, plusieurs vice-président ont été élus : Jack Oostveen (Hollande), Jason King (États-Unis) et Patrick Banken (France). L’Irlandais Thomas Murphy a été élu secrétaire. Pour raison de santé, Rodolfo Vargas Rubio (Espagne) a présenté sa démission tout en restant membre du Conseil général pour assurer les relations avec les pays de langue hispanique.

Le lendemain, dimanche 6 novembre, après la messe en la paroisse de la Trinité des Pèlerins, dessevie par la Fraternité Saint-Pierre, s’est déroulée la session publique de l’assemblée qui a constitué en plusieurs interventions publiques de Don Giuseppe Valluari, de l’abbé Stefano Carusi de l’Institut du Bon Pasteur, de Helmut Rückriegel, fondateur de la FIUV, de Mgr Valentín Miserachs Grau, président de l’Institut pontifical de Musique sacrée, de l’abbé Joseph Kramer de la Fraternité Saint-Pierre, de Don José-Apeles Santolaria de Puey y Cruells et du chanoine Joseph Luzuy de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre.

11 novembre 2011

[Père Chrissement, fsspx - La Foi de toujours] Qu’appelle-t-on «communautés Ecclesia Dei»?

SOURCE - Père Chrissement, fsspx - La Foi de toujours - Novembre 2011

Après les sacres de 4 évêques effectués par Mgr Lefebvre à Ecône le 30 juin 1988, les autorités du Vatican ont accordé la célébration de l’ancienne liturgie à quelques communautés. Ce sont, en particulier, la Fraternité Saint Pierre (fondée par d’anciens prêtres de la Fraternité Saint Pie X en 1988), l’Institut du Christ-Roi (fondé par l’abbé Wach à Griciliano, près de Florence, en Italie), l’abbaye bénédictine du Barroux (dirigée par Dom Gérard), la Fraternité Saint Vincent Ferrier à Chéméré en France (brusquement passée du sédévacantisme au ralliement conciliaire au moment où Mgr Lefebvre menait les tractations avec Rome en 1987), l’institut de l’Opus Mariae (Père Wladimir), les dominicaines enseignantes de Pontcallec (fondée par l’abbé Berto) ; plus récemment, la Fraternité Saint Jean-Marie Vianney de Campos au Brésil (dirigée par Mgr Rifan) et l’Institut du Bon Pasteur, fondé en 2006 par d’anciens prêtres de la Fraternité Saint Pie X.
D’où vient ce nom ?
Ces communautés portent le nom générique de « communautés Ecclesia Dei », car la plupart d’entre elles dépendent de la commission (petit groupe d’évêques et de prêtres désignés par le pape pour s’occuper d’une affaire) du même nom, fondée à Rome après les sacres épiscopaux de 1988 pour récupérer les prêtres et séminaristes qui quittaient la Fraternité Saint Pie X.
Les mots « Ecclesia Dei » constituent le titre du document de Jean-Paul II qui excommunia Mgr Lefebvre le 2 juillet 1988 : on peut donc dire que toutes ces communautés sont établies sur cette excommunication et profitent ainsi de l’acte héroïque posé par Mgr Lefebvre le 30 juin 1988. Si le fondateur d’Ecône n’avait pas d’abord annoncé (le 29 mai 1987) puis effectué (le 30 juin 1988) ces sacres des évêques, les autorités de Rome n’auraient jamais accordé la liturgie traditionnelle à toutes ces communautés.
Le Vatican demande-t-il des garanties à ces communautés pour leur accorder le droit de célébrer l’ancienne liturgie ?
En effet, elles doivent reconnaître la nouvelle messe comme un rite pleinement légitime ; car la liturgie dite traditionnelle n’est considérée par les autorités romaines que comme un « rite extraordinaire » de la messe, par rapport à la nouvelle messe qui constitue le « rite ordinaire », c’est-à-dire la manière habituelle de célébrer la messe. D’ailleurs, en 2000, le cardinal Castrillon Hoyos l’a bien rappelé aux supérieurs de la Fraternité Saint Pierre face à un groupe de leurs prêtres qui souhaitaient aussi célébrer la nouvelle messe.
Les membres de ces communautés doivent aussi s’abstenir de toute critique à l’égard du concile Vatican II ; il leur faut en particulier accepter – ou du moins, ne pas critiquer – la liberté religieuse et l’oecuménisme. Voilà pourquoi ils sont très gênés par ces cérémonies interreligieuses comme elles se pratiquent à Assise : cela les désole sans doute, mais ils ne peuvent pas protester publiquement.
Pourquoi la Fraternité Saint Pie X ne fait-elle pas partie de ces communautés ?
Les sacres de 1988 ont contribué à sauver la Tradition catholique non seulement en assurant la transmission du sacrement de l’ordre – et donc de la messe et des sacrements traditionnels – mais aussi en protégeant des erreurs du concile Vatican II une petite partie du troupeau de l’Eglise. Or ces erreurs conciliaires continuent de ravager l’Eglise, et elles règnent à Rome même. Pour continuer à s’en protéger efficacement, il est donc nécessaire de garder ses distances avec les autorités romaines.
Pouvez-vous donner une comparaison ?
En temps d’épidémie, la plus élémentaire prudence exige de séparer les malades des bien portants. Une certaine communication demeure indispensable pour soigner ces malades, mais elle est limitée le plus possible et entourée de grandes précautions. Il en va de même dans la situation actuelle : on ne peut fréquenter de façon habituelle les autorités conciliaires sans s’exposer à contracter leurs erreurs. L’exemple des communautés Ecclesia Dei en est la preuve manifeste.
Les membres des communautés Ecclesia Dei ont-ils vraiment admis les erreurs conciliaires, ou se contentent-ils de se taire à leur égard ?
Sans prétendre juger du for interne ni des exceptions possibles, il semble que la plupart de ces membres aient fini, hélas, par adhérer aux erreurs conciliaires. Ils ont commencé par un silence qu’ils jugeaient prudent. Ils ont dû, de plus en plus, donner des signes de bonne volonté vis-à-vis des autorités romaines. Ils ont été soumis sans même s’en rendre compte à la pression du libéralisme – d’autant plus efficace qu’elle semble moins contraignante. Ils ont fini par s’interdire à euxmêmes de penser autrement qu’ils disaient et agissaient. Bref, ils sont passés tout entier dans l’engrenage dans lequel ils avaient imprudemment placé le doigt.
Cette acceptation des erreurs conciliaires est-elle commune à toutes les communautés Ecclesia Dei ?
Il y a sans doute des nuances, mais, de façon générale, toutes ces communautés adhèrent aujourd’hui aux erreurs conciliaires. Lors de son ralliement de juillet 1988, le Barroux avait publiquement posé comme condition : « Que nulle contrepartie doctrinale ou liturgique ne soit exigée de nous, et que nul silence ne soit imposé à notre prédication antimoderniste ». Or dès le mois d’octobre suivant, un moine constatait « une certaine relativisation de la critique de la liberté religieuse et de la réunion d’Assise » à l’intérieur de l’abbaye. De fait, le Barroux en viendra même à essayer de justifier publiquement les erreurs de Vatican II. La Fraternité
Saint Pierre qui prétendait, au début, continuer exactement à l’intérieur de l’Eglise ce que faisait la Fraternité Saint Pie X, a subi le même glissement.
Ces communautés ne restent-elles pas fermes, au moins, sur la liturgie ?
Loin de résister fermement, elles ont toutes plus ou moins accepté la nouvelle liturgie, qu’elles évitent en tout cas d’attaquer franchement : Dom Gérard, l’ancien abbé du Barroux, a dû concélébrer la nouvelle messe avec le pape le 27 avril 1995. L’abbé Wach, le supérieur de l’institut du Christ-Roi, avait déjà fait de même le 21 décembre 1991. Mgr Rifan a aussi concélébré la nouvelle messe le 8 septembre 2004. La Fraternité Saint Pierre a dû accepter le principe de la concélébration de la messe chrismale du Jeudi Saint avec l’évêque diocésain.
En contrepartie de ces compromissions, ces communautés obtiennent-elles au moins de vastes possibilités d’apostolat ?
La situation est assez diverse selon les pays et les diocèses, mais la plupart des évêques restent très restrictifs vis-à-vis de ces communautés. Même ceux qui ne leur sont pas hostiles hésitent à les accueillir, tant ils craignent les réactions de leur clergé ou des laïcs engagés. Rome craint de son côté les réactions des évêques. La situation de ces communautés serait d’une extrême fragilité sans le contrepoids de la Fraternité Saint Pie X.