11 janvier 2011

[Abbé Ph. Laguérie, ibp] Ressusciter l’Angélus : une urgence

SOURCE - Abbé Ph. Laguérie, ibp - 11 janvier 2011

Ce post de mon blog pourra paraître obsolète et poussiéreux aux esprits superficiels et rationalistes. Tant pis pour eux s’ils ne comprennent qu’il est malheureusement d’une brulante actualité. « Que celui qui a des oreilles pour entendre… ». Et s’ils savaient comme je m’en moque !

On sait les merveilles de grâces obtenues par la récitation du chapelet et l’insistance renouvelée des apparitions mariales comme des Pontifes Romains pour que les fidèles s’en acquittent pieusement.

Pourtant, à bien regarder l’histoire et les documents officiels, l’insistance qu’ont mis les papes, au cours de longs siècles, à promouvoir la récitation, par tous les chrétiens, de cette minuscule prière de l’Angélus est sans proportion et proprement impressionnante. Le décalage apparent entre le côté rudimentaire, j’allais dire dérisoire, de cette prière et les effets qu’on en attend est simplement spectaculaire. La raison en est simple : l’Angélus est la prière de tous les chrétiens contre les dangers, les périls même, qui menacent l’Eglise, les chrétiens, la chrétienté…Mais d’abord un peu d’histoire.

La récitation de la première partie du « Je vous salue Marie » est attestée en Occident dès saint Grégoire le grand (594-610) et le pape la recommande en certaines occasions, pendant l’Avent, avant et après l’office divin, à l’offertoire de la messe. Notre « Je vous salue Marie » en sa forme actuelle (Avec sa seconde partie qui n’est pas dans l’Ecriture) nous vient d’Orient et se trouve attestée dès le 7ème siècle. On la trouve intégrale dans le « Traité des rites du baptême » de Sévère, Patriarche d’Alexandrie (647). Elle remonterait, selon la tradition, au Concile d’Ephèse lui-même (437). Cette formule complète ne parvient en Occident qu’au 10èm siècle (Tolède). Ce sont les fils de Saint-François qui rajoutent le « Maintenant et à l’heure de notre mort » au 12ème siècle. Saint-Bonaventure, et son ordre, sera le principal propagandiste de ces « trois Ave au son de la cloche » du matin et du soir.

L’Angélus, proprement dit, nait au 11ème siècle. Le pape Urbain II en 1090, lorsqu’il met en marche la première croisade, ordonne que toute la chrétienté, au triple son de la cloche, matin et soir, récite trois fois la salutation angélique. Il s’agit de soutenir la marche des croisés… Ce pieux pape était justement persuadé que si l’ensemble des chrétiens priaient sur la même intention, ils seraient nécessairement exaucés. Les évêques répercutent dans toute la chrétienté, par des ordonnances et même des conciles locaux ces volontés du pape. L’engouement des fidèles est partout unanime. L’Angélus est né, bien avant le chapelet donc et dans un but précis…

Au 13ème siècle le pape Grégoire IX relance l’Angélus contre les atteintes à l’Autorité de l’Eglise incarnées par l’empereur Frédéric II. Comme la ville de Saintes (17, eh oui) se distinguait par son zèle à la récitation de l’Angélus, le pape Jean XXII l’en félicita par un Bref, peu de temps avant de produire le document capital sur le sujet. Sa bulle, datée du 13 octobre 1318 universalise la récitation et l’assortit d’indulgences. Il avait été très frappé, tout juste avant, par un miracle spectaculaire dû à l’Angélus survenu à Avignon. Je laisse la parole à Mgr Gaume. « La justice de cette ville (Pas l’Eglise !) venait de condamner deux criminels à être brûlés vifs. L’exécution avait lieu la veille de l’Annonciation de la BVM. Le bûcher était allumé. Comme il en approchait, un des coupables ne cessait d’implorer la Sainte Vierge, lui rappelant les hommages qu’il lui avait rendus (Ces fameux trois Ave). Cependant les bourreaux le jettent dans le feu. Mais, ô miracle ! Il en sort comme les hébreux de la fournaise de Babylone : sain et sauf et ses habits intacts. Quant à son compagnon, il fut en un instant dévoré par les flammes. Saisi de nouveau, celui qui avait échappé à la mort est rejeté dans le bûcher. Il en ressort sans brûlure et plein de vie, comme la première fois. Sa grâce lui est accordée et on le conduit en triomphe à l’église de la Sainte Vierge, pour rendre grâce à sa libératrice ». La ville d’Avignon dressa un procès verbal authentique de l’événement. Force de l’Angélus !

Et l’Angélus de midi ? De pieux auteurs, tous un peu gallicans, en attribuent la paternité au roi Louis XI qui ordonne, en 1472, « afin d’obtenir la paix publique », d’adjoindre la sonnerie de midi aux deux précédentes. Soit. Cependant c’est en 1455 que le pape Calixte III avait déjà prescrit la sonnerie de midi et l’on va comprendre pourquoi. Il semble que Louis XI n’ait fait qu’appliquer à la France, et en édulcorant leurs visées, les sages décisions du pape, sensiblement plus précises. Le terrible Mahomet II venait de prendre Constantinople (1453) et avait juré, en faisant manger de l’avoine à son cheval sur le maître-autel de Sainte Sophie, qu’il en ferait rapidement de même sur l’autel majeur de Saint-Pierre ! Sa formidable armée de 300 000 hommes, ses canons de 12 mètres et sa cruauté légendaire faisait de ses propos plus qu’une vantardise de vainqueur grisé. D’autant qu’il commençait de s’installer tranquillement, sans coup férir, sur les comptoirs de l’Italie et que les princes chrétiens, impuissants et complices, lui ouvraient leurs portes et lui graissaient la patte. Eternel recommencement de l’histoire… C’est bien contre ce fléau, qui aurait dû anéantir la chrétienté d’Occident comme il avait vaincu celle d’Orient que Calixte III eut l’inspiration de créer le troisième Angélus. Malgré les vociférations du pape, qui ne se contentait pas de faire prier mais hurlait vers les princes chrétiens, personne ne bougea. Pas même la France de Louis XI (1461-1483) qui possédait la seule armée capable (Et encore) de s’opposer. Les pieuses dispositions de ce grand roi sont bien tardives et…seulement pieuses. Brusquement, en 1481, Mahomet II s’effondre, frappé d’un mal inconnu, à l’âge de 49 ans. Ouf ! C’est bien Calixte III et son Angélus de midi qui l’ont stoppé.

Alexandre VI relance l’Angélus aux mêmes intentions que Calixte III. Léon X le réactive, surtout celui de midi et en Allemagne, contre la déchirure luthérienne de la chrétienté : il avait connu une telle efficacité. Pendant les guerres de religion, ce sont les Chartreux qui imposent à toutes leurs maisons sa récitation, contre les exactions huguenotes. C’est le pape Saint-Pie V (toujours lui) qui publie l’Angélus complet, tel qu’il se récite depuis, dans édition officielle du petit office de la Sainte Vierge. Par la suite nombreux sont les papes qui relanceront la récitation de l’Angélus et l’assortiront d’indulgences nouvelles : Benoît XIII en 1724, Léon XII qui accorde l’indulgence plénière à la récitation continue pendant un mois. Les papes, jusqu’aux plus récents conservent l’habitude de leurs devanciers de le réciter place Saint-Pierre avec les nombreux fidèles chaque fois présents.

Et nous autres ? On se souvient que le succès de l’Angélus, d’après le pape Urbain II son instigateur tient aussi à la masse de ceux qui le récitent ? C’est l’Evangile à l’état pur : « là où deux ou trois se rassemblent en mon nom… ». Que dire d’une masse de chrétiens qui se remettraient à réciter quotidiennement cette merveilleuse et courte prière trois fois le jour ? Les motifs en sont, hélas, toujours les mêmes et plus impérieux que jamais. Voyons cela.

Les vrais historiens m’ont appris que l’histoire se réalise toujours, à moyens et longs termes, sur la seule question de la démographie. Jean de Viguerie, Jean Dumont, Michel de Jaeghère et tous les autres démontrent que les péripéties des politiques, bons ou mauvais, ne gèrent que le court terme. L’empire romain s’est écroulé de sa démographie insuffisante et du recours nécessaire aux barbares, jusque dans son armée quasi invaincue depuis cinq siècles. Quand lesdits barbares s’aperçurent qu’ils commandaient aussi bien que les généraux romains des troupes qu’ils composaient pour moitié, ils se mirent à leur compte. Le génie militaire de Bonaparte est incontestable ; mais eût-il tenu tête quinze ans à l’Europe sans cette France de 26 millions d’habitants quand l’Angleterre n’en comptait que 4,5 ? Et l’Allemagne prussienne de Bismarck nous le fit bien savoir quand, forte de ses 80 millions de ressortissants, elle entreprit une France qui avait à peine dépassé les 30. La boucherie de 1914 en est une parce que les deux pays étaient à peu près égaux en matériel humain et alignaient l’un et l’autre environ 105 divisions…Les plus grands civilisateurs de tous les temps, comme Alexandre le Grand ou Charlemagne, sans préjudice de leur singulier génie personnel, ne le purent que grâce à un capital humain aussi exceptionnel.

L’affreuse médiocrité des politiques d’aujourd’hui ne fait que renforcer cette constatation. Ils ne sont même plus efficaces sur le court terme. Il n’y a plus d’enjeux, de victoires ou de défaites, de trouvailles ou de sanctions. On en prend d’autres, on recommence et c’est chaque fois la même chose. Plus de roi ni de reine, plus de fou ni de cavalier, que des pions interchangeables ! C’est dire l’extraordinaire importance, seule déterminante, que revêt le facteur humain, démographique.

Humainement parlant, c’est-à-dire que, sans une intervention divine spéciale, la cause de la religion de J.C. est politiquement dépassée parce que démographiquement perdue. Les masses islamiques qui s’installent (presque) pacifiquement en tous les pays de l’Europe, tiennent déjà le moyen et l’extrême orient et font basculer l’Afrique, l’emporteront à terme sur toutes autres considérations. Que ça nous plaise ou non, c’est le Colonel Kadhafi qui a raison. Il n’y a pas de miracle politique et je n’attends nullement de la récitation de l’Angélus, que je propose massivement, un tel événement. Sainte Jeanne d’Arc elle-même fut le déclencheur miraculeux d’une rénovation politique et religieuse, mais n’a point accompli de miracles : parce que Dieu n’en fait point de cette sorte. Jamais Dieu ne fait l’économie des causes secondes dont la principale est l’homme. Autant prier pour que les 80 millions de turcs se réveillent demain matin catholiques et baptisés ou que tous les dirigeants des Etats occidentaux ouvrent les yeux en cette même nuit (ce qui me parait plus improbable encore) ! J’attends de la reprise massive de l’Angélus que Dieu relève des causes secondes moribondes, change le cours d’une histoire irréversiblement néfaste, léthale pour le nom chrétien. Si humainement les jeux sont faits, reste le recours surnaturel à Dieu, ne serait-ce que pour garder la Foi, que vos enfants soient baptisés, fiers vos jeunes-gens et vos jeunes-filles libres d’épouser qui elles veulent à visage découvert. Sinon, dans 25 ans, on vous les lapidera.

Je n’ai rien contre articles, pétitions, lettres, plaintes, procès et manifestations en ce sens, mais je n’y crois plus guère. L’aveuglement de nos intellectuels, la démission de nos politiques et, osons-le, la pusillanimité des clercs qui se contentent d’invoquer contre l’islamisation la réciprocité que supposerait une liberté religieuse proprement hégélienne (Quelle blague !) sont tels que rien n’y fera plus. Revenons aux méthodes des papes ou résignons nous à une future dhimmitude, déjà bien instaurée à l’est. Il ne faudra pas gémir dans quelques années.

L’islam propose 5 points. Je ne vous en propose que trois ! La récitation de l’Angélus, tous les jours, trois fois, le matin, le midi et le soir, au son de la cloche si vous en avez une sous la main. Seul, en famille, en voiture ou à pieds qu’importe, mais toujours dans l’intention des papes. Il se trouve que beaucoup de nos clochers, sur demande des riverains, qui pourtant ne savent même plus pourquoi, sonnent encore l’Angélus. C’est tout de même la meilleure manière de le réciter, avec l’Eglise, dans l’Eglise, pour l’Eglise. Et je vous dis que Dieu fera le reste, par la Vierge Marie, comme d’habitude.

Allez : on prend cette résolution aujourd’hui même, sans faute ; c’est parti !

[Francis Serra - Golias] Quand le Tradiland cherche à s'isnstaller: L'abbé Laguérie (Institut du Bon Pasteur) à la manoeuvre avec Mgr Turini (Cahors) pour acheter un domaine du diocèse du Lot ?

SOURCE - Francis Serra - Golias - 11 janvier 2011

D’après nos informations, l’Abbé Philippe Laguérie, membre « dissident » de la Fraternité lefebvriste Saint Pie X et actuel responsable de l’Institut du Bon Pasteur suite à son"ralliement" à la « Rome conciliaire et libérale », a rencontré récemment l’évêque de Cahors(Lot), Mgr Norbert Turini.

En effet,l’Abbé Laguérie qui cherche à développer son Institut du Bon Pasteur dans l’Hexagone (mais à l’international aussi) serait acheteur (ou plus exactement des mécènes pour lui) de l’un des deux importants biens immobiliers actuellement mis en vente par Mgr Turini, à savoir : le centre des Cordeliers à Gourdon et le centre de la Visitation à Saint Céré.

Ces deux emplacements sont des "lieux « historiques » du diocèse, que ce soit au niveau des pèlerinages, des retraites spirituelles, des rencontres des mouvements chrétiens et de la formation des séminaristes qui se déroulaient dans l’un ou l’autre de ces murs.

Ces deux lieux ont été mis en vente suite à un « audit » demandé par Mgr Turini dés son arrivée dans le diocèse de Cahors. Lequel « audit » fit apparaître des erreurs de gestion liées aux activités comptables d’un ancien économe diocésain.

Fermeture des lieux et licenciements à la clé s’en suivirent !

Décisions dont nombre de prêtres et de laïcs engagés dans la vie du diocèse ne se sont toujours pas remis au regard notamment de la « brutalité » avec laquelle les décisions furent prises par Mgr Turini.

Le bien immobilier qui intéresserait l’Abbé Laguérie est le centre de la Visitation à Saint Céré. Il s’agit d’un vaste domaine avec habitations qui servait jusqu’à sa fermeture de « centre de vacances pour les jeunes de 4 à 17 ans ». Un centre de loisirs qui avait pignon sur rue et qui drainait nombre d’écoles et d’organisations de jeunesse y trouvant, entre autres, un point d’ancrage pour des « classes vertes ».

Une bonne affaire financière en perspective pour Mgr Turini qui désespérait de vendre jusqu’à aujourd’hui. Elle lui permettrait, si l’affaire se concrétisait, de régler une partie (seulement) des lourds problèmes financiers qu’il rencontre actuellement.

Heureuse Providence donc ce rendez-vous épiscopal obtenu par l’Abbé Laguérie qui a été éconduit, ces derniers mois et à plusieurs reprises, par certains collègues évêques de Mgr Turini.

Avec l’acquisition du centre de la Visitation de Saint Céré, l’Abbé Laguérie viserait à installer son nouveau séminaire pour la formation des futurs prêtres de son Institut du Bon Pasteur.

En effet, l’Abbé Laguérie souhaiterait transférer le séminaire actuel de l’Institut basé à Courtalain dans le diocèse de Chartes (dont l’évêque est Mgr Pansard) dans cette région du Sud Ouest qui, à la faveur des grâces et surtout des besoins financiers de l’évêque de Cahors, pourrait lui ouvrir des portes jusque là fermées.

La raison de ce déplacement d’infrastructures est liée au fait que l’Abbé Laguérie est en mal d’implantation personnelle dans la région parisienne. En effet, après avoir décidé de quitter Bordeaux et la paroisse Saint Eloi pour mieux « gouverner » l’Institut du Bon Pasteur depuis Paris ,l’échec de son installation au Centre Saint Paul de l’Abbé de Tanouärn avec lequel il est désormais en froid le fait résider depuis quelques mois dans le diocèse de Versailles où il se trouverait très à l’étroit pour « commander » l’Institut du Bon Pasteur. (http://blog.institutdubonpasteur.or...) L’Abbé Laguérie souhaite donc faire du lieu actuel abritant le séminaire de l’Institut du Bon Pasteur à Courtalain (Eure-et-Loire) sa Maison Générale. En somme , son quartier général à partir duquel il rayonnerait plus facilement à travers la France, l’Europe et autres continents à « évangéliser ». Courtalain est proche de Paris et offre la plateforme nécessaire pour la « petite entreprise » de l’Abbé Laguérie.

Tel est aujourd’hui l’enjeu du rendez-vous récent de l’Abbé Laguérie avec l’évêque de Cahors, Mgr Norbert Turini. Le centre de la Visitation de Saint Céré deviendrait alors, si l’affaire se concluait, le haut lieu de la formation des petits soldats de "La Milice du Christ" conduite par le très entreprenant responsable de l’Institut du Bon Pasteur. Ils sont actuellement une trentaine de séminaristes en cours de formation renforcés qu’ils viennent de l’être par le « transfert » de la filiale romaine de l’Institut du Bon Pasteur que l’Abbé Laguérie a décidé de fermer car le supérieur de ce séminaire était jugé par lui trop "libéral" !!! Ce prêtre vient d’ailleurs de quitter l’Institut du Bon Pasteur. (http://www.institutdubonpasteur.org...).

Avec l’Abbé Laguérie, force est de constater qu’on ne badine jamais avec l’intégrisme doctrinal dont il ne sait jamais départi malgré la gestion tactique de son ralliement à Rome en 2006.

A signaler qu’au Vatican, personne n’est dupe-enfin !-et que l’Abbé Laguérie s’est retourné de Rome fort marri après le dernier consistoire d’Octobre dernier où il s’était carrément invité et fait présenter « les Princes de l’Église » ; lesquels, d’après nos informations, ne lui auraient guère laisser entrevoir de possibilités quant au développement de son Institut du Bon Pasteur.

De là à se rabattre sur notre cher Hexagone pour mieux repartir au combat de la « Reconquista » par la suite, il n’y a qu’un pas que l’Abbé Laguérie semble en train de franchir avec un évêque en mal de finances.

Et qu’il serait susceptible de « tenir » au delà même des divergences de fond (et de forme aussi)qui séparent les deux hommes.

L’occasion faisant le larron, a-t-on coutume de dire !

Mais au fait , d’où l’Abbé Laguérie tient cet argent pour acquérir un tel bien immobilier (le centre de la Visitation de Saint Céré) qui se monterait à un chiffre suivi de six zéros ?

Il est vrai que l’Abbé Laguérie n’ait pas à son coup d’essai si l’on en juge l’inauguration récente d’une nouvelle fondation de l’Institut du Bon Pasteur, "L’Angélus", dans le Cher, à Presly exactement (dans le diocèse de Bourges dont l’évêque est Mgr Maillard). Une nouvelle implantation qui abrite la (future) deuxième branche de l’Institut du Bon Pasteur ,celle des « Frères » enseignants, éducateurs et catéchistes avec, attenant un petit ensemble scolaire « Saint Louis de Gonzague », « institution d’enseignement pour le primaire et le secondaire catholique ». L’Abbé responsable de cette nouvelle « oeuvre » de l’Institut du Bon Pasteur ne serait pas maladroit, lui non plus, dans la recherche de mécènes et bailleurs de fond.

Mgr Turini, l’évêque de Cahors, peut désormais commencer à envisager de dormir un peu plus tranquillement : ses soucis financiers seraient susceptibles en effet de trouver une solution (partielle) avec la transaction que pourrait lui proposer l’Abbé Laguérie.

Et qu’importe après tout l’histoire d’un lieu auquel reste très attachés nombre de prêtres et de fidèles du diocèse de Cahors.

Qu’importe aussi d’où vient l’argent .< Qu’importe enfin que ce diocèse de tradition conciliaire et d’ouverture se prépare à abriter un lieu de formation d’où sortiront de futurs « saints prêtres » pour servir et s’enrôler à leur tour dans « la Milice du Christ ». Et cela sous les auspices d’ adjudants - chef ecclésiastiques d’une autre époque,qui plus est, forts d’une idéologie nauséeuse sous couvert de « défense de la Tradition »

Mgr Turini a-t-il bien réfléchi ?

[summorum-pontificum.fr] Bientôt un nouveau séminaire pour l’Institut du Bon-Pasteur ?

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 11 janvier 2011

Après Limoge qui avait d’abord été visé, l’abbé Laguérie, supérieur général de l’Institut du Bon-Pasteur (IBP), envisage d’installer le séminaire de l’IBP à Saint-Céré dans le diocèse de Cahors, dans les bâtiments de la Visitation mis en vente après un audit. Il s’agit d’un vaste domaine qui a servi de centre de vacances pour jeunes. La nouvelle a été révélée par Golias qui a eu vent, par une indiscrétion, de la rencontre entre l’évêque de Cahors Mgr Norbert Turini et le supérieur de l’IBP, dans le but archi-évident de faire échouer la transaction en pesant de tout son poids médiatique sur l’évêque et son entourage. L’article en question se termine d’ailleurs par une question en forme de menace : « Mgr Turini a-t-il bien réfléchi ? »

Golias, en tous les cas, n’a pas manqué de réflexion qui sait très bien où il veut en venir. Si l’article ne cache pas les difficultés rencontrées par l’abbé Laguérie pour installer la maison généralice à Paris et explique son choix de Courtalain pour ce faire ainsi que le déménagement du séminaire vers un autre diocèse, il omet de préciser que tout n’est pas stratégique dans ce choix. Courtalain est aussi devenu trop petit pour les séminaristes présents. Contrairement aussi à ce que laisse entendre Golias, Rome ne se désintéresse pas de l’Institut du Bon-Pasteur, même si les choses avancent à un pas de (sénateur) romain. On reste très attentif à Rome aux décisions des évêques français.

10 janvier 2011

[summorum-pontificum.fr] Mgr Fellay conclut le congrès du Courrier de Rome tout en nuances

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 10 janvier 2011

Hier soir, dimanche 9 janvier, à la Maison de la Chimie, rue Saint-Dominique, Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX), a fait, selon l’usage, l’intervention finale du colloque organisé par l’abbé du Chalard (Courrier de Rome) et l’Institut Saint-Pie X. Pour bien comprendre la spécificité de l’exercice, il faut avoir à l’esprit que Mgr Fellay s’exprime publiquement, sachant que ses propos seront rapportés et commentés ad extra, mais il le fait paradoxalement en parlant à usage interne, avec un langage interne très connoté, en direction de ses prêtres.

Il répondait aux questions successives de l’abbé Lorans, par des exposés successifs, certes très « Fraternitécentristes », mais dont la tonalité peut se résumer ainsi, si on retient les points qui ont paru les plus saillants aux auditeurs, parfois assez surpris :

- Sur la fondation de la Fraternité sacerdotale par Mgr Lefebvre, Mgr Fellay a insisté sur la volonté première du fondateur de « faire des prêtres », avant même de répondre de manière militante à la crise de l’Église.

- Quant à cette crise et à ses développements présents, Mgr Fellay a très violemment critiqué Assise III, comme il l’avait fait le matin dans son sermon à St-Nicolas du Chardonnet. Mais remarquant cependant qu’Assise II avait été moins pire qu’Assise I, il a émis une hypothèse idéale pour Assise III, à laquelle il ne croyait pas (le pape pourrait appeler ses invités à se convertir), et il n’a tiré aucune conséquence (« nous verrons ce que cela donnera dans les discussions »).

- À propos de ces discussions doctrinales qui se tiennent à Rome, il a lourdement insisté sur le progrès « inouï » qu’elles représentaient en elles-mêmes. Jamais Rome ne discute de son magistère. C’est une chose impossible. Or, Rome accepte de discuter du Concile, parce qu’il n’est pas infaillible. C’est d’ailleurs pourquoi la FSSPX « tient le contrat » : un tel événement nécessite la paix et la sérénité. La FSSPX se dispense donc « tactiquement » d’attaquer comme elle le faisait par le passé. Mais la guerre contre le modernisme continue et il ne faut surtout pas croire que « tout est arrivé ».

- Sur ce que la FSSPX peut apporter à l’Église : Mgr Fellay, évoquant une retraite qu’il a prêchée à Albano pour 30 prêtres diocésains italiens, a souligné indirectement l’aspect positif du Motu Proprio (en demandant qu’on ne le critique pas) : les prêtres qui reviennent à la liturgie traditionnelle reviennent aussi à la doctrine traditionnelle, mais ils reviennent de loin. Et d’enfoncer le clou : il y a, notamment à Rome, des gens très bien, des prêtres, des prélats et même des cardinaux.

Le point d’orgue de ce discours « d’ouverture » a été la citation d’une conversation que Mgr Ranjith, aujourd’hui cardinal, avait eue avec lui. Mgr Ranjith lui disait qu’il faudrait sans doute 20 ans pour la réforme liturgique cède la place à la messe traditionnelle. Mgr Fellay commente : il y aura des étapes intermédiaires, « graduelles », où tout ne sera pas bon, c’est vrai, mais tout non plus ne sera pas mauvais.

9 janvier 2011

[Mgr Fellay, fsspx] Assise 2011 - Le langage clair et net d'un évêque catholique - Sermon de Mgr Fellay à Saint-Nicolas-du-Chardonnet

SOURCE - Mgr Fellay, fsspx - 9 janvier 2011

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Mes bien chers fidèles,

S'il est une fête qui doit réjouir nos cœurs, c'est bien la Fête de l'Épiphanie. Une fête qui compte parmi les plus anciennes de toute la liturgie, une fête qui jusqu'à Jean XXIII comptait parmi les plus grandes de toute l'année liturgique et qui, depuis, a été abaissée, dégradée, même dans beaucoup de pays déplacée au dimanche. Il faut nous demander pourquoi d'un côté cette joie – qu'est-ce qu'on célèbre aujourd'hui, qu'est-ce que l'Église veut fêter ? – et aussi pourquoi cette dégradation ? L'Épiphanie, l'Épiphanie du Seigneur veut dire manifestation. Cette Fête, on la trouve dans les liturgies grecques, elle est plus ancienne que Noël et y sont regroupées les principales manifestations de la divinité du Verbe incarné.

Ces manifestations sont de l'ordre de trois. Cette Fête de l'Épiphanie, on l'appelle d'une manière commune la Fête des Rois, la Fête des Rois mages, car effectivement – et c'est l'Évangile d'aujourd'hui – on y voit ces rois, ces rois venus de l'étranger, pas seulement de l'étranger au point de vue territorial, local, mais venus des nations païennes. L'Église veut y voir la reconnaissance par tout ce monde qui, jusque là, n'avait pas eu accès à l'Ancien Testament qui était réservé, qui était resserré dans le peuple élu ; eh bien aujourd'hui ce sont toutes ces nations qui arrivent au nom de ces trois rois, qui arrivent à Notre-Seigneur Jésus-Christ et qui viennent L'adorer.

La deuxième manifestation, c'est celle que l'on trouve au Baptême de Notre-Seigneur, où la Voix du Père se fait entendre, où l'on voit Dieu le Saint-Esprit aussi d'une manière visible sous cette forme de colombe qui repose sur Notre-Seigneur, manifestation encore une fois de la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Et la troisième c'est le premier miracle de Notre-Seigneur. Encore une fois la preuve cette fois-ci, c'est Notre-Seigneur Lui-même qui va donner la preuve qu'Il est Dieu, vraiment Dieu. En faisant quelque chose qui est au-dessus de toutes les forces, de toutes les capacités des créatures, en ce premier miracle où Il transforme de l'eau en vin, le miracle de Cana.

Ce sont ces trois événements qui sont célébrés dans la fête de l'Epiphanie. On ne les trouve pas tellement dans l'évocation de la Sainte Messe, mais déjà dans le bréviaire, dans les antiennes, sont manifestés ces trois éléments. Et puisque ça fait un peu beaucoup, l'Eglise va les reprendre : le Baptême de Notre-Seigneur, on va le célébrer d'une manière indépendante à l'Octave de l'Epiphanie et puis, le Premier dimanche qui suivra l'Epiphanie, ce sera le miracle de Cana.

Mais toutes ces fêtes, toutes ces fêtes sont rassemblées aujourd'hui ; et même dans la liturgie latine, cette fête est plus ancienne que Noël. Où est l'importance de cette Fête ?

Eh bien, mes bien chers Frères, dans cette reconnaissance, dans cette affirmation de la réalité de la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ce petit enfant nouveau-né dont nous venons de célébrer la naissance, Il est vraiment homme, Il est vraiment Dieu. Étant Dieu, devenu homme, Il n'a rien perdu de Sa divinité et des attributs de la divinité. Le fait qu'Il soit homme, le fait qu'Il soit visible auprès de nous, le fait qu'Il soit tout petit enfant dans toutes les faiblesses d'un nouveau-né, dans toutes ses impuissances, n'enlève absolument rien à Sa majesté infinie, à Sa Toute-Puissance, et ainsi Il a droit, de la part de toutes les créatures, à l'adoration qui est due au seul vrai Dieu.

Et c'est ce que nous célébrons, en voyant ces rois mages, des rois, des personnages importants, des représentants disons de tous ces peuples païens et qui viennent après avoir aperçu cette étoile dans le firmament, cette nouvelle étoile, ce signe très clair annoncé dans une prophétie de l'Ancien Testament, prophétie de Balaam. Ils viennent. Il faut admirer ! Il faut admirer cette démarche ! Se mouvoir parce qu'une étoile apparaît au ciel, faire des milliers de kilomètres – et à l'époque, ce n'était pas aussi facile qu'aujourd'hui ! – et se laisser guider par cette étoile qui effectivement se fait leur guide, qui va les conduire pendant tout ce trajet jusqu'à Jérusalem et ensuite jusqu'à Bethléem, où à ce moment-là Notre-Seigneur n'est plus dans la crèche, Il est dans une maison et c'est ce que nous dit l'Eglise : les rois mages trouvent l'Enfant avec Sa Mère dans leur maison, dans une maison ; c'est tout-à-fait compréhensible que Notre-Seigneur, que saint Joseph, la Sainte Vierge ne L'aient pas laissé trop longtemps dans cette habitation plus que précaire qu'était cette étable et qu'ils ont trouvé quelque chose de plus honorable, de plus normal les premières années jusqu'à cet événement qui va suivre immédiatement cette visite des rois mages. Eh bien, la Sainte Famille vit, vit à Bethléem. Et voilà, vit à Bethléem dans une indifférence on peut dire totale de la part du peuple juif. C'est le Sauveur, c'est le Messie, Il est complètement ignoré, dans un silence impressionnant. Voilà que ces rois mages qui arrivent vont donner de l'émoi. Tout Jérusalem sera en émoi. Lorsque Hérode va demander aux spécialistes, aux experts de l'époque, aux scribes : « Qu'est-ce qui se passe ? Où doit naître ce Messie ? » il n'y a absolument aucune hésitation, remarquez-le bien. Ces scribes connaissent, connaissent très bien l'Écriture et lorsqu'on leur demande « Où va-t-Il naître cet Enfant ? », sans aucune hésitation, c'est à Bethléem. Ce sera la réponse que donnera Hérode aux rois mages.

Ils savent, ils savent et ils ne savent pas. En théorie, ils savent tout. Dans la pratique ils ignorent superbement la réalité.

On a envie de faire des parallèles. Quand on entend cette histoire d'Assise, on a vraiment envie de faire des parallèles.

En théorie, ils savent, en théorie, ils croient, mais dans la réalité, est-ce qu'ils y croient ? Est-ce qu'ils croient vraiment que Notre-Seigneur est Dieu ?Est-ce qu'ils croient vraiment que de Sa main dépend la paix, des hommes, des nations ? Est-ce qu'ils croient vraiment à toutes ces conséquences immédiates, directes, de Sa divinité ? Ce n'est pas pour faire un pique-nique qu'ils vont à Assise ! Est-ce qu'ils vont, tout comme les rois mages, adorer le vrai Dieu, et attendre de Lui, demander de Lui cette paix ? Est-ce qu'ils vont au Roi de la Paix, rex pacificus ?

Oh comme l'Histoire se répète, hélas ! Oui, nous sommes profondément indignés. Nous protestons avec véhémence contre cette répétition de ces journées d'Assise. Tout ce que nous avons dit, tout ce que déjà Mgr Lefebvre avait dit à l'époque, nous le faisons nôtre. Il est évident, mes bien chers frères, qu'une telle chose exige réparation.

Quel mystère ! Oui, adorer, qu'est-ce que cela veut dire ? Adorer, cela veut tout d'abord dire reconnaître, reconnaître la divinité ; l'adoration, on ne la donne qu'à Dieu. Et reconnaître cette divinité implique immédiatement la soumission, une déclaration de soumission à la souveraineté de Dieu, c'est reconnaître que Dieu a tous les droits sur nous, que nous sommes réellement en toute dépendance, en dépendance absolue de Dieu pour être, pour vivre, pour agir, pour penser, pour désirer, pour vouloir ; tout bien, tout bien qui nous arrive vient de la bonté de Dieu et cela est vrai pas seulement pour les croyants, pas seulement pour les chrétiens, cela est vrai pour toute créature, absolument toute créature. Dieu, Créateur de toutes choses visibles et invisibles, est aussi Celui qui gouverne ce monde, Celui qui tient toute chose par la puissance de Son Verbe ? Celui en qui toute chose a sa consistance. Maître de la vie et de la mort, des individus et des nations, Dieu Tout-Puissant éternel à qui est dû tout honneur et toute gloire.

Oui, adorer, c'est se mettre dans cette position d'humilité qui reconnaît les droits de Dieu. Allons, allons à Notre-Seigneur même s'Il cache Sa divinité. Même s'Il est tout petit dans les bras de Sa Mère, Il est vraiment Dieu ; C'est le vrai Dieu envoyé par la miséricorde du Bon Dieu pour nous sauver car s'Il s'est fait homme – et en devenant homme Il est devenu Sauveur – et Son Nom imposé par Dieu même, c'est Jésus le Sauveur, seul Nom qui a été donné sous le ciel par Lequel on puisse être sauvé, le seul Sauveur, le seul Saint, « Tu solus sanctus », qui vient nous apporter une chose inouïe, cette invitation à l'éternité du bonheur de Dieu. Comment espérer pouvoir recevoir Ses bontés quand on L'insulte, quand on L'ignore, quand on Le rabaisse ? C'est insensé ! Comment espérer la paix entre les hommes quand on se moque de Dieu et voilà que la pensée moderne fait des espèces de projections vraiment bizarres ; elle va prétendre que toutes les religions, finalement, adorent le même et seul vrai Dieu, ce qui est parfaitement faux. C'est même dans la Révélation, ça se trouve déjà dans les Psaumes, le Psaume 95 : tous les dieux des païens, ce sont des démons, ce sont des démons, et Assise, ce sera plein de démons. C'est la Révélation, c'est la Foi de l'Église, c'est l'Enseignement de l'Église. Elle est où, la continuité ? Elle est où, la rupture ? Quel mystère !

Oui, mes bien chers Frères, si nous voulons être sauvés, il n'y a qu'un chemin, c'est bien le chemin de Notre-Seigneur Jésus-Christ et ces mages apportent trois, trois présents et l'Église, depuis les temps les plus anciens reconnaît dans ces trois présents, trois actes, trois reconnaissances de Notre-Seigneur et en même temps, trois dons de la part des créatures : l'or, l'encens, la myrrhe. L'encens, on le donne à Dieu, l'or qui est une expression de puissance, eh bien, on le donne aux rois et la myrrhe, par son amertume, exprime déjà ce qui va arriver à Notre-Seigneur fait homme, incarné, elle salue déjà Son Sacrifice et Sa Passion, elle salue Son Sacerdoce, Notre-Seigneur, Dieu, Roi, Prêtre. Il y a tant de trésors dans cette Fête, c'est inépuisable. Il faudrait s'étendre sur chacun, mais le temps nous est trop court, sur chacun de ces éléments.

Demandons au Bon Dieu, demandons à l'Église, toutes ces grâces qui sont enfermées dans cette Fête. Que nous puissions bénéficier de toutes ces grâces, que nous puissions être renforcés dans notre foi dans la divinité de Notre-Seigneur, que nous soyons capables de reconnaître dans les faits Sa royauté, que nous reconnaissions vraiment Sa Souveraineté, et que nous adhérions pleinement à Son Sacrifice, Sacrifice auquel Il nous invite.

C'est vrai, Il est mort, Il est mort tout seul pour tous. C'est vrai, mais le Salut – c'est saint Augustin qui le dit – il ne le fera pas sans toi. Celui qui t'a racheté sans toi, ne te sauvera pas sans toi. Il faut, c'est Dieu Lui-même qui demande cette union, cette association à Son Sacrifice en réparation des péchés. Et vous savez, mes bien chers Frères, vous connaissez ce qui s'est passé si peu de temps après cette fête. C'est la nuit suivante... Comme les choses... Quel mystère que cette vie de Notre-Seigneur, et là aussi pleine d'enseignement pour nous ! Voilà que les nations viennent saluer le Roi des rois. Quelle fête extraordinaire ! Mais dans la nuit, un ange apparaît à saint Joseph et lui dit : « Prends la Femme et l'Enfant, Hérode vient pour Le tuer. » Et ce sera le massacre des Innocents. C'est là tout un mystère, mystère de souffrances qui est lié à Notre-Seigneur et à la reconnaissance de ce qu'Il est. Mystère qui est lié à cette grande chose terrible qu'est le péché. Prétendre, prétendre vouloir faire la paix sur la terre en oubliant ces mystères, c'est se lancer dans de folles illusions, dans des utopies. Ce n'est jamais ce que l'Église a enseigné. C'est vrai, nous saluons Notre-Seigneur comme Roi de la Paix. Mais c'est vrai aussi que jusqu'à la fin des temps, l'Église aura à souffrir et il y aura des persécutions contre l'Église. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle militante. Et les disciples de Notre-Seigneur suivront Notre-Seigneur dans la persécution.

Vivons dans notre religion et pas dans les illusions, mes bien chers Frères.

Vraiment, demandons à la Très Sainte Vierge Marie – il y a là de grands mystères ! – pourquoi, pourquoi Dieu a-t-Il permis cette persécution de l'Enfant-Jésus, ces martyrs, ces innocents qui n'avaient rien fait de mal ? On pourrait dire que c'est presque à leur insu qu'ils deviennent martyrs, c'est à cause de cette haine contre Notre-Seigneur Jésus-Christ qu'ils sont devenus martyrs, ces saints Innocents, et les chrétiens d'aujourd'hui voudraient avoir autre chose de la part du monde ? Nul ici ne peut être au-dessus du Maître, « Si le monde M'a haï, il vous haïra aussi », adit Notre-Seigneur. C'est ainsi, il ne sert à rien de vouloir plaire au monde, c'est une erreur, c'est faux, ça conduit à une fausse religion.

Il y en a des trésors dans cette Fête, pour aujourd'hui. Encore une fois, allons à Notre-Dame, demandons-Lui – Elle qui conservait toutes ces choses dans son cœur – demandons-Lui de  comprendre un petit mieux, d'y adhérer de tout notre cœur, à ces mystères qui sont difficiles.

C'est difficile d'admettre et d'accepter tout cela. On aime bien la paix. Oh oui, on n'aime pas être bousculé. On n'aime pas la persécution. Et qui pourra jamais l'aimer ? Mais voilà, le mystère de la Rédemption passe par la croix, passe par la souffrance. Et Dieu invite ceux qui L'aiment à Le suivre. « Si quelqu'un M'aime, qu'il se renonce, qu'il prenne la croix tous les jours, sa croix tous les jours, et qu'il Me suive ». Le Seigneur ne promet pas une paix sur la terre, Lui qui est le Roi de la Paix et qu'on a salué « Paix aux hommes de bonne volonté ». Il faut le maintenir tout cela. Il faut essayer de faire régner cette paix de Notre-Seigneur, qui est d'abord la paix des âmes avant d'être la paix des armes.

Associons-nous aux rois mages. Demandons-leur ces lumières, cette prudence pour arriver jusqu'à Notre-Seigneur et pour ne pas Le trahir. Ils repartent par un autre chemin. Ils ne dénonceront pas Notre-Seigneur à Hérode qui Lui veut du mal. Demandons, demandons en ces temps difficiles, cette lumière pour être guidé, pour faire juste. Jusqu'ici, on voit bien que le Bon Dieu a béni ce chemin que nous suivons, chemin de fidélité à la Tradition de l'Église catholique. C'est tellement clair qu'il n'y a pas d'autre chemin. Nous n'en prendrons pas d'autre. Avec la Grâce de Dieu et avec Son Secours,.

Oui, demandons cette Foi, mes bien chers Frères, cette Foi qui a fait que les rois mages se sont mis en route, ne sont pas restés dans l'indifférence, dans la routine de tous les jours. Ils se sont laissés toucher par ce signe que le Bon Dieu avait mis dans le ciel. Eh bien, que nous dans notre vie nous nous laissions toucher par ces petits signes que le Bon Dieu, tous les jours nous donnent, tous ces petits signes par lesquels Il nous rappelle qu'Il est vraiment notre Dieu et qu'Il veut être notre Père et qu'Il nous aime, et qu'Il attend de nous que nous Le reconnaissions comme Tel.

Ne perdons pas, mes bien chers Frères, cette joie, la joie d'être avec Dieu, qu'elle domine ces douleurs, ces peines, cette colère ; qu'elle reste au-dessus de tout cela ; qu'elle nous aide à rester indéfectiblement unis par la grâce et dans la grâce et la Foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ et en son unique Église, l'Église Catholique, Romaine, Une, Sainte Catholique et Apostolique. Les temps sont difficiles, c'est notre épreuve, mais la grâce du Bon Dieu est là aussi. Que le silence, la discrétion de cette Fête est pleine] de contrastes ; c'est comme Noël, d'un côté on voit cette caravane des rois qui arrive, d'un autre côté on voit ce silence. Il n'y a personne d'autres que ces rois mages qui arrivent à cette maison, c'est surprenant ! L'Évangile ne nous dit pas plus que cela. Eh bien, il y a quelque chose de cela dans la foi, il y a une discrétion. Le Bon Dieu n'a pas voulu imposer. Il pourrait multiplier les miracles, toutes ces manifestations qui imposent, à tous les hommes, comme ce sera à la fin du monde lorsque Notre-Seigneur apparaîtra sur les nuées, alors à ce moment-là, oui, il n'y aura plus de place pour l'objection. Tout le monde sera à plat ventre, prostré devant cette manifestation indiscutable de la divinité, mais pendant ce temps de la Foi, Dieu nous demande cet effort, cet effort de la Foi.

Mais demandons cette grâce, de ne pas passer dans cette indifférence du monde, dans ce mystère de Notre-Seigneur qui vient jusqu'à nous et qui nous demande d'aller à Lui.

Offrons-Lui vraiment ces trois trésors où l'Église voit la Foi, l'Espérance et la Charité. Qu'ainsi, chaque jour, nous aimions davantage le Bon Dieu et que nous obtenions pour les âmes qui sont autour de nous et pour nous-même, la grâce tous les jours, lla fidélité et cette paix tant désirée.

Ainsi soit-il.

Au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit

+ Bernard Fellay

8 janvier 2011

[Jean-Yves Gabbud - lenouvelliste.ch] Poker menteur à Ecône

SOURCE - Jean-Yves Gabbud - lenouvelliste.ch - 8 janvier 2011

Une convention aurait été signée hier entre Christian Constantin et la Fraternité Saint-Pie X. Le projet de grand stade serait enterré, mais la zone commerciale acceptée. L'avocat d'Ecône confirme et le président de club dément.

«Aujourd'hui, M. l'abbé de Jorna est satisfait. Il a obtenu gain de cause: un accord a été signé ce jour (ndlr. soit vendredi) avec Christian Constantin, président du FC Sion. A Riddes, il n'y aura pas de stade!», nous a déclaré hier l'avocat d'Ecône, Me Yannis Sakkas, lorsque nous l'avons interrogé sur les informations circulant dans le canton à ce propos.

Cette convention contiendrait deux aspects: le renoncement à la construction du stade prévu pour le FC Sion d'un côté et l'acceptation par le séminaire du développement d'une zone commerciale de l'autre.

Constantin dément

Interrogé sur ce dossier, Christian Constantin nous a formellement nié la signature d'un tel accord. «Nous sommes toujours à la recherche d'une solution, mais nous n'avons pas signé d'accord, même si je le voudrais bien.»

Ecône accepte les commerces

Me Yannis Sakkas rappelle le point de vue de la Fraternité Saint-Pie X dans ce dossier: «Il ne faisait aucun doute que les matchs auraient généré une affluence considérable de véhicules et d'importants problèmes de sécurité qui auraient nui au calme et à la sérénité du site. Le directeur du séminaire, M. l'abbé de Jorna ne pouvait décemment accepter un tel projet.» Par contre, l'arrivée de commerces à proximité du séminaire ne semble pas poser de problèmes insurmontables à la Fraternité. «L'abbé de Jorna ne s'est jamais opposé au développement économique de la commune de Riddes et a toujours fait savoir que si le projet de stade était abandonné, il laisserait très volontiers les commerces s'installer.» Selon son avocat, l'abbé Benoît de Jorna est donc pleinement satisfait par l'accord qui aurait été signé et ceci d'autant plus que le document contiendrait des restrictions au niveau du bruit et de la circulation.

L'avis de la commune

De son côté, le président de la commune de Riddes, Jean-Michel Gaillard nous a confirmé la signature d'un accord portant sur des détails, notamment sur l'installation de capteurs pour vérifier le niveau sonore de la future zone commerciale. Par contre, Jean-Michel Gaillard n'était pas en mesure de confirmer ou d'infirmer la signature d'une convention globale entre Ecône et Christian Constantin, puisqu'il n'a pas assisté à la rencontre entre ces deux parties. Rencontre qui a bel et bien eu lieu hier.

Si la signature d'une convention se confirmait, Jean-Michel Gaillard en serait satisfait. «Pour nous, c'est l'objectif que nous avions depuis le départ», déclare Jean-Michel Gaillard. «Si le retrait du recours d'Ecône au Tribunal fédéral se confirme, la zone commerciale pourrait être homologuée.»

Les faits

Ecône s'est opposé au projet de grand stade en 2007 déjà. Depuis, l'affaire s'est enlisée devant la justice. Dans le dernier épisode de ce feuilleton, le Tribunal cantonal a donné tort au séminaire.

Il ne lui a pas reconnu le droit d'agir dans ce dossier, parce que trop éloigné des nuisances provoquées par un futur stade.

Ecône a recouru contre cette décision au Tribunal fédéral.

Si l'on en croit l'avocat d'Ecône, cette procédure serait donc en passe d'être abandonnée.

[IBP] Communiqué officiel: Sortie canonique de Monsioeur l'abbé René-Sébastien Fournié

SOURCE - Abbé Leszek Kròlikowski - IBP - 8 janvier 2011

Par échange de courriers, entre Son Exc. Mgr Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron et M. l'abbé Philippe Laguérie, Modérateur général de l'Institut du Bon-Pasteur, en dates respectivement du 9 décembre 2010 et du 8 janvier 2011, ayant obtenu l'accord de l'intéressé:

 M. l' abbé René-Sébastien Fournié, prêtre de l'Institut du Bon Pasteur, est dorénavant, conformément au canon 693, en sortie canonique au profit du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron, pour une durée de trois ans. Son ordinaire devient donc Son Exc. Mgr Marc Aillet.

 La maison romaine de l'Institut du Bon-Pasteur, dorénavant sous la responsabilité directe du Modérateur général, est devenue une maison de formation sacerdotale par décision de la circulaire du 6 juillet 2010, faisant suite au conseil général du 29 juin 2010. En accord avec Son Em. Le Cardinal Vallini, Vicaire du diocèse de Rome, voici sa nouvelle adresse : Via dei Monti di Creta, 49. 00167 ROMA.

M. l'abbé Leszek Kròlikowski +
Secrétaire général.

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Assisi-isme - No!

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 8 janvier 2010

Quelques personnes craignent toujours que la Fraternité St Pie X de Mgr Lefebvre ne cherche à faire un mauvais accord avec la Rome de Benoît XVI, mais de par son Assisi-isme entre autres choses on peut dire que le Pape lui-même fait tout dans son pouvoir pour empêcher un tel accord.

Il y a six jours il a étalé  l'argument théorique comme quoi les « grandes religions » du monde constituent « un facteur important de la paix et de l'unité du genre humain ». Il y a cinq jours il a annoncé la mise en pratique de cette théorie : en octobre de cette année il se rendra « comme pèlerin » à Assise pour y commémorer le 25me anniversaire de la « Réunion de Prière des Religions Mondiales » qu'y a tenue Jean-Paul II en 1986. Mais cette théorie qui maintiendrait que les « grandes religions mondiales » contribuent à la paix du monde a été absolument rejetée par Mgr Lefebvre, et il a condamné sa mise en pratique à la Réunion de Prière organisée à Assise en 1986 comme étant une violation flagrante du Premier Commandement, et comme un scandale sans précédent dans toute l'histoire de l'Eglise, vu qu'elle venait du Vicaire du Christ lui-même. Peut-être seule la crainte qu'un excès de répétitions ne finisse par avoir l'effet contraire l'aurait retenu de fustiger à son tour cette dernière folie de l'Assisi-isme.

N'empêche, Mgr Lefebvre reconnaissait en ce temps-là que trop peu de catholiques se rendaient compte de l'énormité du scandale. La raison en est que le monde moderne tout entier marginalise Dieu, met entre parenthèses la divinité  de Notre Seigneur Jésus Christ, fait de la religion matière de notre choix libre et réduit à une pure question de sensibilité  et de sentiments la Tradition catholique. Cette façon de voir les choses infecte même les Papes, et est devenue si normale partout qu'elle nous menace tous. Rappelons quelques vérités élémentaires :--

Tout être requiert une Cause Première. Cette Cause, pour être la Première, doit être l'Etre Même, lequel doit à son tour être l'Etre absolument Parfait, car tout deuxième dieu, pour se différencier du Premier, devrait posséder une perfection qui manquerait au Premier. Donc le vrai Dieu ne peut être qu'un. Cet unique vrai Dieu a pris chair, la nature humaine, une fois et une fois seulement, dans la Personne divine de Notre Seigneur Jésus Christ, qui a prouvé qu'il était Dieu par une quantité  et qualité de miracles jamais vus chez aucun autre homme, mais qui ont accompagné depuis son Eglise : l'Eglise Romaine catholique. Pour lui appartenir il faut la foi, dont tous les hommes sont capables. Accepter cette foi, c'est le début indispensable du salut éternel. La refuser, c'est se mettre sur le chemin de la damnation éternelle (Mc. XVI, 16).

Donc si de par leurs événements d'Assise passés et futurs, les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont encouragé les âmes à penser que le catholicisme n'est pas le seul et unique chemin d'une éternité bienheureuse, mais rien de plus qu'un promoteur entre tant d'autres (même s'il est le meilleur) de la « paix et unité » des hommes ici-bas, il s'ensuit que chacun aura facilité la damnation horrible d'âmes sans nombre dans la vie à venir. Plutôt que de participer à une trahison semblable (au moins objective), Mgr Lefebvre a préféré être méprisé, rejeté, honni, marginalisé, réduit au silence, « excommunié », n'importe quoi.

Il y a un prix à payer pour tenir à la Vérité. Combien de Catholiques sont prêts à  le payer ?

Kyrie eleison.

[summorum-pontificum.fr] Le cardinal Burke revient à Saint-Louis (Missouri)

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 8 janvier 2011

Aujourd’hui son Excellence le cardinal Raymond Leo Burke a rendu visite à l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre et plus exactement à l’Oratoire Saint-François de Sales à Saint-Louis (Missouri). Il a été accueilli par Mgr Schmitz, vicaire général de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre et provincial de cet institut pour less Etats-Unis. C’est en 2005 que celui qui était alors Mgr Burke, archevêque de Saint-Louis, avait invité Mgr Gilles Wach, prieur général de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, a érigé cet oratoire.

Le cardinal Burke se rend fréquement au séminaire Saint-Philippe-Neri à Gricigliano dont il est devenu un ami proche. Les récentes attaques qui l’ont visé ces derniers temps, notamment en France, s’expliquent en partie de ce fait et par l’importance qu’il prend de plus en plus au sein de la curie. En juillet dernier, il a procédé aux ordinations sacerdotales de deux américains, les chanoines Aaron Huberfeld et Michael Stein et d’un français, le chanoine Antoine Boucheron qui dessert notamment le récent apostolat à Saint-Brieuc.

On trouvera sur le site YouTube la « chaîne de l’ICRSP » et plusieurs vidéos en ligne sur cet Institut. En attendant votre éventuelle visite sur cette « chaîne » voici la video des ordinations de l’an dernier par Mgr Rino Fisichella :

7 janvier 2011

[Paix Liturgique] 2011, année de la paix?

SOURCE - Paix Liturgique, lettre 264 - 7 janvier 2011

En ce début d’année, nous adressons à tous nos lecteurs nos meilleurs vœux et en particulier celui d’une paix retrouvée entre tous les catholiques au sein des paroisses, des diocèses, comme cela était le cas dans toute l’Église universelle avant l’exclusion des paroisses des fidèles attachés à la forme extraordinaire initiée il y a une quarantaine d’années.

Il y a quelques semaines, nous écoutions avec joie les propos de l'un de nos évêques français qui assurait que les querelles devaient cesser… Bonnes paroles, excellentes paroles… Cela va dans le bon sens et nous nous réjouissons vivement de ce nouveau discours qui commence à se faire jour ici et là. Toutefois, dans le même temps, ces paroles si belles soient-elles, sont dans la pratique bien souvent totalement oubliées.

C’est là le paradoxe actuel : ici de belles paroles ou de belles initiatives en faveur de la paix liturgique ; là des condamnations, des menaces ou des monitum nous rappelant les heures les plus sombres de notre histoire.

Dans cette quête de la paix liturgique, chacun, évêque, prêtre ou simple fidèle, doit prendre sa part de responsabilité.

De notre côté, c’est remplis de l’invitation du Concile à être des femmes et des hommes "debout "que nous continuerons loyalement à jouer un rôle de témoins et de veilleurs en rendant publique la réalité des situations que nous rencontrons. Avaler des couleuvres et se taire face à l’injustice n’a jamais fait avancer les choses. Quoi que fassent les ennemis de la paix, il ne leur sera pas possible demain de dire « nous ignorions tout de cette exclusion, cela ne doit pas recommencer ».

En 2011, nous continuerons donc à adresser notre lettre électronique (publiée aujourd'hui en 6 langues et bientôt en suédois) à plus de 750.000 destinataires à travers le monde entier.

Nous poursuivrons aussi nos enquêtes de terrain sur les cinq continents pour montrer à tous les hommes de bonne volonté combien s'amplifient les mises en pratique des mesures bienveillantes désirées par Benoît XVI dans son Motu Proprio.

Enfin et puisque tous nos précédents sondages réalisés par des organismes professionnels ont démontré – dans le temps et dans l’espace - qu'en moyenne, un tiers des catholiques pratiquants désiraient vivre leur foi catholique au rythme de la liturgie traditionnelle dans leurs propres paroisses et non plus seulement dans des ghettos, nous poursuivrons nos enquêtes en 2011 en commanditant trois nouveaux sondages internationaux :

- Cet hiver, un sondage auprès des catholiques d'Espagne ;
- Au printemps, un sondage auprès des catholiques de Suisse ;
- A l'automne, un sondage auprès des catholiques de Ceylan, en lien avec un entretien exclusif avec le cardinal Ranjith.

Si nous trouvons suffisamment de contributeurs, peut-être lancerons-nous également à l'été deux autres sondages, cette fois-ci auprès des catholiques du Bénélux et d'Argentine.

Ainsi, nous souhaitons mesurer à quel point le désir d'assister à des célébrations « extraordinaires » n'est pas « exclusivement français » comme aiment à le faire croire les ennemis de la paix qui souhaitent limiter la portée du texte de Benoît XVI à une poignée de catholiques pour l’essentiel français.

D'autre part, sous la pression de nombreux catholiques "demandeurs" français des diocèses de Quimper, Perpignan,Vannes, Évry, Nanterre, Lyon, Valence, Angoulême, Reims, Lille, Arras, Nice etc., nous avons décidé de suspendre nos enquêtes en France jusqu'à la venue de nos évêques français en visite ad limina à Rome au printemps... Mais si la charité ne l'emportait pas, nos nombreux donateurs nous aideraient à reprendre et à amplifer nos enquêtes auprès des catholiques français pour montrer dans quelle situation d'exclusion ils se trouvent encore aujourd'hui.... Cependant, prions pour que le bon sens et le sens de l'Église prévalent !

Nous profitons également de ces vœux pour adresser nos remerciements à tous ceux qui se joignent chaque jour plus nombreux à l'immense chaine d'amitié et de solidarité qui se tisse autour de notre œuvre, à nos amis et bienfaiteurs sans qui nous ne pourrions poursuivre et amplifier notre rayonnement, à tous ceux - laïcs, prêtres, religieux et religieuses qui par leurs prières à nos intentions attirent sur notre action un flot de grâces et forment un surnaturel paratonnerre contre les tempêtes qui pourraient nous menacer.

Que l'année 2011 apporte à l'Église et à ses enfants la Paix Liturgique !

[summorum-pontificum.fr] La Lettre à nos frères prêtres et le Concile

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 7 janvier 2011

Le dernier numéro de la Lettre à nos frères prêtres, lettre trimestrielle de liaison de la Fraternité Saint-Pie X avec le clergé de France, est particulièrement intéressant. Il évoque le concile Vatican II et, surtout, ébauche une première synthèse de la position de cette fraternité au regard du Concile. Cette synthèse s’insère directement dans le cadre des rencontres régulières entre des experts de la Congrégation pour la doctrine de la foi et des représentants de la Fraternité Saint-Pie X. Dans son introduction, l’abbé Régis de Cacqueray écrit que
Parler de Vatican II avec délicatesse et nuance, mais aussi avec franchise et vérité, est aujourd’hui extrêmement difficile. Laisser entendre que tel texte du Concile, en tel points, et pour telles raisons théologiques, pourrait éventuellement ne pas être entièrement étranger à la crise actuelle, paraît totalement impensable et inaccepté.
De ce fait, aux prêtres diocésains qui sont les destinataires de cette Lettre, le supérieur du District de France de la Fraternité Saint-Pie X propose les premiers éléments d’une synthèse sur le sujet.

Il ne s’agit pas ici de donner un résumé de cette synthèse. On peut la demander à LNFP, 11, rue Cluseret 92280 Suresnes Cedex ou par courriel auprès de scspx@aliceadsl.fr (et consulter les anciens numéros sur la Porte Latine). En revanche, la méthode d’exposition me semble intéressante et permet de clarifier les choses afin d’avoir une base réelle de réflexions et de discussions. C’est pourquoi, je me propose d’en reproduire les titres et les intertitres. Cette lettre est en effet organisée sous deux appels de chapitre qui sont « Ce que nous ne disons pas sur Vatican II » et « Ce que nous disons sur Vatican II ». À partir de là, le rédacteur de cette synthèse détaille plusieurs thèmes :

Ce que nous ne disons pas sur Vatican II :

Que la Crise actuelle proviendrait uniquement du Concile.

Vient ensuite un développement de ce thème dont les intertitres sont : Malaise dans la chrétienté ; Les Trente Glorieuses ; Crise de la conscience européenne (et mondiale) ; Crise conciliaire et postconciliaire ; Mais peut-on faire comme si le Concile n’avait pas eu lieu ?

Autre thème abordé :

Ce que nous ne disons pas sur Vatican II :

Que le Concile était illégitime dès le départ et vicié en tout
, avec pour intertitres :

Le coup de force du 13 octobre 1962 ; L’influence des groupes de pression ; Une critique sur la base de textes précis.

Au regard, la Lettre propose donc sous la rubrique « Ce que nous disons sur Vatican II » :

Un Concile simplement pastoral ; mais largement majoré…
avec comme intertitres :

Un Concile simplement pastoral ; Un Concile qui évite de se placer sur le terrain dogmatique ; Et pourtant, un Concile très largement majoré depuis sa clôture ; Une place véritablement disproportionnée.

Autre thème abordé, toujours sous la même rubrique « Ce que nous disons sur Vatican II » :

Il reste malgré tous les efforts un noyau de textes litigieux. Les intertitres sont :

L’Église traverse aujourd’hui une crise très grave ; Cette crise provient-elle, au moins en partie, de Vatican II ?; Certes, nous ne prétendons pas être infaillibles dans nos critiques ; Mais il reste, malgré les efforts d’interprétation, des textes litigieux ; Or, ces textes litigieux touchent directement à la foi.

5 janvier 2011

[summorum-pontificum.fr] Dans La Nef, Mgr Gherardini fait toujours débat

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 5 janvier 2011

Dans son courrier des lecteurs de son numéro de janvier, La Nef publie un échange très éclairant sur l’incompréhension qui existe dans le débat Mgr Gherardini/Père Valuet. Dans son courrier, l’abbé Claude Prieur dit le malaise qu’il a ressenti à la lecture de l’analyse de l’article du Père Basile sur le livre de Mgr Gherardini :
Est-ce débattre que de conclure à partir de tant de contre-vérités assénées comme des évidences, qui plus est s’adressant à ce prélat nourri de science et d’expérience comme on le ferait du maître à l’élève ?
La question est posée par l’abbé Prieur. Plus que le fond, il évoque ici la forme, notamment, je suppose, celle de la version longue, qui ne fut pas publiée dans La Nef mais sur le site de la revue.

Il aborde aussi le fond, à savoir le magistère, et c’est me semble-t-il, la vraie question. Que dit l’abbé Prieur dans l’extrait publié par La Nef (qui indique par des crochets que la lettre n’est pas publiée dans son intégralité) :
Le P. Basile, par ailleurs et si l’on va au fond des choses, inverse les fruits du magistère. Erreur introuvable chez Mgr Gherardini pour qui le magistère reste un instrument au service d’une fin : le service de la vérité – qui est le Christ – et ce qui s’y rapporte, tout entière contenue dans la Révélation, la Tradition et leur permanente actualité.
Plus loin, l’abbé Prieur ajoute :
Si on relit attentivement le P. Basile pour dégager sa propre clé de lecture, à travers un fatras d’affirmations péremptoires, le Magistère trouve sa fin en lui-même comme fonction. Il suffira alors d’en être convaincu pour aligner sa foi et sa conduite sur ce baromètre toujours intangible sous peine d’être voué à la disqualification éternelle.
Cela dit, l’abbé Prieur termine par cette conclusion :
La question est de savoir si la magistère dans sa fonction, ses multiples degrés et points d’application, peut ou non manquer à sa mission, y déroger d’une quelconque façon, faire preuve d’un abus d’autorité.
Dans ce débat, qui aurait mérité autre chose que le cadre du courrier des lecteurs, La Nef répond assez brusquement. Pour être plus clair, le cœur de sa réponse – qui rappelle qu’il revient au seul magistère de donner « l’interprétation de la Vérité léguée par le Christ » – est encadré par deux passages qui montrent la difficulté d’entamer un débat. Dans la conclusion de sa réponse, La Nef assimile l’abbé Prieur aux réflexes protestants :
Votre position se rapproche de celle des protestants qui s’estiment interprètes de la Parole de Dieu.
On ne voit pas tellement en quoi l’abbé Prieur se ferait plus l’interprète du magistère que le Père Basile. L’un et l’autre s’en font les commentateurs et l’on peut évidemment penser que l’un interprète à raison quand l’autre se trompe.

Mais le premier élément de la réponse est très révélatrice de la pensée en action ici. La Nef écrit, en effet, ceci :
Vous reprochez au P. Basile de suivre le magistère.
L’abbé Prieur, du moins dans les extraits publiés, ne reproche pas au P. Basile de suivre le magistère. Il lui reproche de  transformer le magistère en une sorte d’organe suspendu, déconnecté de toute finalité, une sorte « d’en soi ». Le Père Basile s’appuie sur son interprétation du magistère pour juger du livre de Mgr Gherardini, mais il s’agit de sa propre interprétation. Elle est peut-être meilleure que celle de l’abbé Prieur ou de Mgr Gherardini mais critiquer le Père Basile n’est pas assimilable à l’idée qu’on lui reprocherait de suivre le magistère. « Les simples théologiens » comme l’écrit La Nef « peuvent seulement aider à clarifier et à discerner ce qui, dans un document donné, relève du Magistère direct ».

En parlant de simples théologiens La Nef pense ici certainement au Père Basile. Quand au fond de la question, vraiment difficile pour un cœur catholique, La Nef n’y répond pas vraiment : le magistère, ou plus exactement ceux qui en ont la charge, « peut-il ou non manquer à sa mission, y déroger d’une quelconque façon, faire preuve d’un abus d’autorité » ou se contredire ? En termes plus grossiers, y a-t-il eu ces dernières décennies une crise doctrinale et liturgique dans l’Église ? Celle-ci est-elle terminée ?

4 janvier 2011

[summorum-pontificum.fr] Sandro Magister et le cardinal Biffi revisitent l’histoire du Concile…

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 4 janvier 2011

Dans un récent article publié sur son site, Sandro Magister revient sur le livre de Roberto de Mattei consacré au Concile. Il note notamment :
Si l’on s’en tient à la reconstitution historique réalisée par de Mattei, on est frappé du poids énorme de certains individus et groupes dans la détermination du déroulement du concile et de la genèse des documents conciliaires.
Pour sa part, il s’attarde à une figure italienne, Giuseppe Dossetti qui fut expert au Concile du Cardinal Lercaro, archevêque de Bologne. À son sujet, Sandro Magister écrit ceci :
En tant qu’expert conciliaire, Dossetti mit ces talents à profit. Le 10 novembre 1962, un autre expert célèbre, le théologien dominicain Marie-Dominique Chenu, notait dans son journal cette phrase de Dossetti : « La bataille efficace se joue sur la procédure. C’est toujours par cette voie que j’ai gagné ».

Dossetti atteignit son apogée en 1963, lors de la seconde session du concile : pendant quelques mois il exerça de fait les fonctions de secrétaire des quatre cardinaux « modérateurs », parmi lesquels figurait Lercaro, et devint ainsi le pivot de l’assemblée tout entière.

C’est lui qui rédigeait les questions sur lesquelles les pères conciliaires devaient se prononcer. Le 16 octobre 1963, quatre de ces questions – portant sur le problème de la collégialité épiscopale – furent publiées, avant même d’être remises aux pères, dans le journal « L’Avvenire d’Italia » de Bologne, qui était dirigé par Raniero La Valle, un ami très proche de Dossetti et Lercaro. Irrité, Paul VI ordonna le retrait des 3 000 exemplaires de ce journal qui, comme chaque matin, allaient être distribués gratuitement aux pères.

Même après le concile, Dossetti a continué à exercer une influence profonde sur la culture catholique, et pas uniquement en Italie.

C’est lui qui a donné naissance – avec quelques historiens qui partageaient ses vues et dont le premier fut Giuseppe Alberigo – à l’interprétation de Vatican II qui a eu le plus grand succès dans le monde entier jusqu’à aujourd’hui, condensée dans cinq volumes de « Storia » [Histoire] qui ont été traduits en plusieurs langues.

Ce n’est pas tout. Dossetti a également été pour beaucoup de gens un grand inspirateur en termes de pensée à la fois théologique et politique. Il a exercé un fort ascendant sur le clergé, les évêques et les catholiques politiquement actifs à gauche.
Toujours selon Sandro Magister, cet homme n’avait été dénoncé jusqu’ici par personne, malgré (ou à cause de…) du poids idéologique qu’il représente. Un homme vient, cependant, de rompre le mur du silence : le cardinal Giacomo Biffi, qui fut de 1984 à 2003, archevêque de Bologne, le diocèse de Dossetti.

Dans ses Mémoires, révèle Sandro Magister, le cardinal Biffi loue la piété de Dossetti, mais il s’interroge aussi de ses qualités de théologien. Extraits (on ira lire la suite sur la version française du site de Sandro Magister) :
À la fin du mois d’octobre 1991, Dossetti m’a courtoisement donné à lire le discours que je lui avais commandé pour le centenaire de la naissance de Lercaro. « Examinez-le, modifiez-le, ajoutez, retranchez en toute liberté », m’a-t-il dit. Et il était certainement sincère : à ce moment-là, c’est l’homme de Dieu et le prêtre fidèle qui parlait.

Malheureusement, j’ai bien trouvé quelque chose qui n’allait pas. C’était l’idée, présentée de manière favorable par Dossetti, que, de même que Jésus est le Sauveur des chrétiens, de même la Torah, la loi mosaïque, est encore aujourd’hui la voie du salut pour les juifs. Cette affirmation était empruntée à un auteur allemand contemporain et elle était chère à Dossetti, probablement parce qu’il en entrevoyait l’utilité pour le dialogue judéo-chrétien.

Mais, en tant que premier responsable de l’orthodoxie dans mon Église, je n’aurais jamais pu accepter que soit mise en doute cette vérité révélée : Jésus-Christ est l’unique Sauveur de tous. [...]

« Père Giuseppe, – lui ai-je dit – est-ce que vous n’avez jamais lu les pages de saint Paul et le récit des Actes des Apôtres ? Est-ce que vous ne pensez pas que, dans la première communauté chrétienne, c’est le problème inverse qui se posait ? À cette époque-là, le fait que Jésus soit le Rédempteur des juifs ne suscitait ni doute ni controverse ; si l’on discutait de quelque chose, c’était de savoir si les gentils pouvaient, eux aussi, être pleinement touchés par son action salvatrice ».

Il suffirait d’ailleurs – me disais-je – de ne pas oublier une petite phrase de l’épître aux Romains, là où il est dit que l’Évangile du Christ “est une force de Dieu pour le salut de tout croyant, du juif  d’abord, puis du grec” (cf. Rm 1, 16).

Dossetti n’était pas habitué à renoncer à une seule de ses convictions. Dans ce cas-là, il finit par céder quand je l’avertis que, sur ce point, je l’interromprais et je le contredirais publiquement ; et il consentit à prononcer cette unique phrase : « Il ne paraît pas conforme à la pensée de saint Paul de dire que, pour les chrétiens, la voie du salut c’est le Christ et, pour les juifs, c’est la Loi mosaïque ». Il n’y avait plus rien d’erroné dans cette phrase et je n’ai pas fait d’objections, bien que j’eusse préféré qu’il ne soit même pas fait allusion à une opinion si aberrante du point de vue théologique.

Cet “incident” m’a fait beaucoup réfléchir et je l’ai tout de suite jugé d’une extrême gravité, même si, à ce moment-là, je n’en ai parlé à personne. Toute altération de la christologie compromet fatalement toute la perspective de la “sacra doctrina”. Dans le cas d’un homme de foi et de vie religieuse sincère comme le père Dossetti, il est vraisemblable que l’erreur ait été la conséquence d’une organisation méthodologique générale ambiguë et inexacte.

3 janvier 2011

[Abbé Louis Baudon de Mony, fssp - La Nef] Un apostolat éducatif: La Fraternité Saint-Pierre en Colombie

SOURCE - Abbé Louis Baudon de Mony - La Nef - Christophe Geffroy - janvier 2011
L’abbé Baudon de Mony est un jeune prêtre de la Fraternité Saint-Pierre en apostolat en Colombie. Il évoque ici son expérience et la situation religieuse de ce pays resté catholique.

La Nef – Comment vous êtes-vous implantés en Colombie, quel ministère avez-vous, qui touchez-vous ?

Abbé Louis Baudon de Mony – La Fraternité Saint-Pierre vient de fêter son cinquième anniversaire de présence en Colombie. Il s’agit de sa première implantation en Amérique latine. Ce continent immense est un terrain vierge et riche à exploiter. L’Église y est très présente et joue un rôle très important. Les vocations y sont nombreuses et la Fraternité Saint-Pierre ne pouvait pas ne pas s’y implanter d’autant que depuis toujours des candidats au séminaire frappent à la porte de Wigratzbad. C’est d’ailleurs ainsi que les premiers contacts avec des paroisses à Bogota ont été pris dès l’année 2001. L’abbé Angel Alfaro envoyé par l’abbé Devillers, à l’époque Supérieur général, a donc commencé son apostolat dans le village rural d’Anolaima, situé à 70 km de Bogota, accueilli par l’évêque de Girardot, Mgr Hector Julio Lopez Hurtado.
Notre apostolat s’adresse à une population rurale de petits agriculteurs de montagne et de petits commerçants dans un village qui souffre d’une crise sociale importante (exode rural, problème éducatif, influence grandissante des moyens de communication). Nous possédons une ferme-école à vocation pédagogique et touristique sur laquelle, outre les cultures et l’élevage, nous avons commencé une école primaire avec 25 enfants. Nous en aurons 50 l’année prochaine. Nous avons un programme d’échange de jeunes : nous avons déjà reçu plus de 10 jeunes européens (France, Allemagne, Angleterre) et envoyé 2 jeunes colombiens. Nous avons aussi créé une école d’arts avec l’organisation d’un spectacle mensuel. Vous voyez que notre apostolat est avant tout éducatif et en vue du développement intégral des enfants et des jeunes. Bien sûr, la dimension liturgique propre à la Fraternité Saint-Pierre n’est pas oubliée et elle va se développer plus avant puisque notre chapelle est pratiquement terminée.

Y a-t-il en Colombie une demande pour la forme extraordinaire du rite romain ?

Oui elle existe, mais on peut surtout dire qu’elle reste à créer puisque la messe traditionnelle est pratiquement absente du continent (la présence de la Fraternité Saint-Pie X, bien que de longue date, est relativement faible). On peut être sûr que si l’offre existait la demande serait là. Précisons : la demande existe dans les grandes villes (Bogota, Medelin, Cali) et dans celles des pays tels que le Chili et l’Argentine pour ne parler que des pays hispanophones. Dans les campagnes, ce qui est notre cas, la demande n’existe pas en tant que tel mais l’accueil est plus que favorable.

Quelles sont les caractéristiques de l’Église en Colombie ? La société y est-elle encore profondément chrétienne ?

Comme je vous le disais, l’Église a, pourrait-on dire, pignon sur rue ! Elle a fondé les collèges, les hôpitaux, les centres de soin, les universités : les Colombiens ne l’ont pas oublié. Ils n’oublient pas non plus les voyages de Paul VI et de Jean Paul II. Ils savent aussi que l’Église est l’unique organisation officiellement chargée par le gouvernement de négocier avec les FARC et autres groupes armés (guérillas et paramilitaires).
C’est une Église jeune : la moyenne d’âge du clergé doit être d’une cinquantaine d’années. Le nombre de prêtres augmente. Les ordres religieux sont vivants, en particulier les ordres apostoliques avec des congrégations très particulières comme, par exemple, une communauté de sœurs dédiées à la formation et à l’évangélisation des tribus indigènes dans la jungle. Vous devriez voir ces femmes exceptionnelles ! Oui, la société est encore profondément chrétienne mais les nuages ne manquent pas, cela mériterait une autre interview !

Quel bilan faites-vous de cette expérience en tant que prêtre européen ?

J’ai été envoyé comme diacre puis comme prêtre en Colombie. C’est donc ma première expérience. On fait ses armes dans un contexte facile dans le sens où, non seulement le prêtre est reconnu pour ce qu’il est, mais encore l’attente de la population est grande. Surtout, il faut dire que nous touchons tout le monde sans distinction. Je garde un souvenir très précis d’un jour où j’étais le matin à Bogota dans les quartiers huppés et l’après midi dans une maison immensément pauvre située à 2 heures de marche du village en pleine montagne ! C’est ça qui est beau dans le ministère sacerdotal dans un pays encore très catholique !
Permettez-moi de terminer en vous demandant vos prières pour l’abbé Alfaro et pour moi-même !

Propos recueillis par Christophe Geffroy

Site : www.fssp.org

1 janvier 2011

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Penser l'impensable

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 1er janvier 2010

Le monde gît dans une telle obscurité de l'esprit, dans une telle corruption de la volonté, qu'il est difficile de ne pas s'imaginer que 2011 va être une année capitale. Cette Eglise qui devrait être « la lumière du monde » pour éclairer l'esprit et « le sel de la terre » pour empêcher la corruption de la volonté, se trouve en état d'éclipse. Elle est toujours là, mais sa lumière et sa chaleur, par la faute des hommes, n'arrivent guère plus jusqu'à eux.

Cela étant, les troubles dont le monde est en même temps victime et cause doivent s'abattre sur nous. Il va y avoir, ou en cette année qui vient ou bientôt après, un bouleversement inimaginable dans les affaires des hommes. Les lois inexorables de la réalité sont sur le point de renverser l'économie mondiale, alors que les « économistes », princes de petites nuées, continuent en grande majorité de colporter leur monde de rêves. Pour aider les pères de famille en particulier à penser l'impensable, voici des conseils de quelqu'un qui traite des affaires pratiques et qui n'a pas perdu tout contact avec la réalité : Gerald Celente, de New York (trendsresearch.com) :--

« On nous demande régulièrement de fournir des orientations spécifiques en rapport avec les tendances actuelles et qui permettront de surmonter les tempêtes financières... Il faut dire qu'il n'y a pas de solutions simples qui aillent à tout le monde. Toute situation particulière est différente. Chômer à la  campagne présente des possibilités et des problèmes différents du chômage en ville ou en banlieue. L'essentiel, c'est de se rendre compte que cette crise sera de longue durée. Nous nous trouvons en période de contraction, et l'heure est à la conservation et à la préservation. En gros, on disposera de moins d'argent à dépenser sur les choses non essentielles. Ce qui nous semblait « essentiel » quand l'argent coulait à flots, devient une « frivolité » lorsqu'il se tarit.

« En cherchant du travail, si vous voyez qu'en termes réels l'emploi qui était le vôtre n'est plus viable, par exemple agent immobilier, courtier en prêts hypothécaires, éditeur, entrepreneur en bâtiment, détaillant, employé d'usine de voitures, etc., le moment peut être venu, si c'est du tout pratique, de réaliser votre rêve. Qu'avez-vous toujours voulu faire ?  Avez-vous découvert des capacités, des talents particuliers que n'ont pas les autres ?  Comme point de départ, observez avec soin ce qu'il vous plairait le plus de faire, et quelle possibilité vous auriez d'en vivre. Et si vous ne pouvez trouver que du travail subalterne, faites-le en maître avec créativité et sans ressentiment, et des possibilités de plus haut niveau s'ouvriront à vous. Si votre travail coïncide avec ce que vous aimez faire, il perdra tout caractère de besogne. On pourrait même définir le bonheur ainsi : c'est quand on se lève le matin et que le travail de la journée est ce qu'on choisirait de faire.

« Prenez la mesure de votre situation personnelle. Cherchez d'autres hommes qui pensent comme vous
, ayant en des situations semblables à la vôtre des capacités qui complèteraient les vôtres. La multitude fait la force. Tout groupe visant un but à atteindre peut lancer un programme d'action qui serait impensable et impossible pour un homme seul. »

C'est moi qui ai souligné ci-dessus. Je serai enchanté s'il s'avère que j'ai tort, mais d'ici là je pense que c'est bientôt la survie qui va s'imposer comme le tout premier but à poursuivre.  Gerald Celente nous offre ici matière à réfléchir. Prions, bien sûr, c'est indispensable, mais aussi, comme le dit le vieux proverbe, continuons à ramer vers le rivage.

A tous les lecteurs j'envoie ma bénédiction pour la Nouvelle Année.

Kyrie eleison.

[Abbé Philippe Laguérie - IBP] Mes voeux pour 2011

SOURCE - Abbé Philippe Laguérie - IBP - 1er janvier 2011

Au nom de notre Institut du Bon-Pasteur, de ses prêtres, de ses séminaristes, je vous présente mes vœux les plus chaleureux pour cette année nouvelle, que Dieu fasse prospère, sereine et dynamique pour chacun de vous, dans la seule construction qui résiste au temps, celle du corps du Christ.

Il y aurait largement de quoi montrer moins d’optimisme dans une conjoncture aussi douteusement encourageante que certainement préoccupante. Le matérialisme général, la démission intellectuelle des Autorités, l’avancée inexorable de l’Islam et bien d’autres signes qui sonnent, dans l’indifférence quasi générale, les dernières années de notre liberté.

Mais le chrétien sait que sa liberté se joue des contraintes, fondée qu’elle est sur la Voie, la Vérité, la Vie qu’est le Christ-Jésus Lui-même. Si Dieu est avec nous, clame Saint-Paul, qui sera contre nous ? Si Dieu sauve ses élus, qui les condamnera ? Qui nous séparera jamais de l’amour du Christ ?

Tout nous est-il contraire ? Qu’à cela ne tienne : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » car « Je puis tout en Celui qui me fortifie ».

L’heure des héros, sans doute des martyrs, s’approche ? Tant mieux ! Chacun devra vérifier son propre ouvrage, cesser les querelles stupides, fonder sur la Foi et s’enraciner dans la Charité.

Alors « Ne craignez pas, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume ». Dans toute persécution sont deux réflexes possibles : la composition avec l’ennemi ou l’abandon à la Providence. Et si je vous souhaite résolument d’obtenir le second, ce n’est pas seulement pour sa moralité mais aussi parce qu’il paye davantage ! « Si le Seigneur ne bâtit Lui-même la maison, c’est en vain que travaillent les bâtisseurs ». Ne pas confondre patience et démission : je n’aurai jamais l’âme d’un vaincu.

Après un démarrage fulgurant l’Institut du Bon-Pasteur marque le pas ? Tant mieux pour lui, c’est la marque des œuvres de Dieu que de payer leur succès et ce lui sera sans aucun doute son second souffle. Je prends donc hardiment ce rendez-vous avec la nouvelle année.
Que le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ vous bénisse dans l’Esprit-Saint et que la Vierge Immaculée vous protège.

31 décembre 2010

[Abbé Aulagnier - ITEM] "Ami ... sois plus modeste, tu en seras plus crédible"

SOURCE - Abbé Aulagnier - Item - 31 décembre 2010

Monsieur l’abbé de Cacqueray vient d’adresser à ses fidèles, le 29 décembre 2010, ses vœux de nouvel an. Il les encourage joliment à assister quotidiennement à la Sainte Messe parce qu’elle est le renouvellement non sanglant du sacrifice sanglant de NSJC, le plus beau des trésors de l’Eglise. C’est une très bonne chose. Son exposé se veut « vibrant ».On ne peut que l’en féliciter. Mais en même temps, il se permet d’en remontrer aux prêtres « Ecclesia Dei » et de leur faire la leçon tombant même dans un « paternalisme » de mauvais goût. C’est fort désagréable.

Voici ses deux phrases « pénibles »: « Pour être complet sur ce sujet, il nous faut encore citer ces autres messes de saint Pie V célébrées à la faveur des indults successifs, puis finalement du motu proprio. Il est vrai que nous vous en déconseillons la fréquentation. Placés sous la dépendance et sous la surveillance des évêques, les prêtres qui la disent, en supposant même qu’ils aient conscience de la gravité des erreurs propagées dans l’Eglise depuis quarante ans, ne se hasardent pas à s’y opposer fermement. Ils expriment le plus souvent leur choix de célébrer la messe de saint Pie V au motif décevant qu’elle s’accorde mieux à leur sensibilité ou à celle de plusieurs de leurs fidèles.
Certes, nous voulons encourager ces prêtres dans leur itinéraire. Mais, même pour les y aider, nous ne voulons pas que vous vous placiez dans des circonstances dangereuses où, allant assister à ces messes, vous risqueriez, vous-mêmes ou vos enfants, cette corrosion parfois insidieuse qui provient des imprécisions dans l’expression de la Foi, des libertés persistantes que l’on s’autorise dans la liturgie et surtout de silences et de complicités en présence des racines du mal qui existe à l’intérieur de l’Eglise. Nous savons avec quelle facilité s’opèrent les glissements doctrinaux et comment s’introduisent insensiblement les doutes et les remises en cause ».

Ce n’est pas très habile.

Il semble nous reprocher de célébrer ces messes « à la faveur des indults successifs, puis finalement du motu proprio » Summorum Pontificum.
Mais à quel titre lui-même célèbre-t-il la messe tridentine sinon dans le cadre d’un « indult », celui prévu par la Bulle « Quo Primumù Tempore » ? N’est-ce pas le même indult qu’invoquent les prêtres « ecclesia Dei » ? Car les indults successifs de 1984, 1988, 2007, l’Eglise les a donnés, au milieu de la crise de l’Eglise, qu’eu égard au caractère immémorial de la messe tridentine. C’est l’argument de la Bulle « Quoi Primum Tempore ». C’est, également la pensée de Benoît XVI dans son Motu Proprio « Summorum Ponticum ». Et l’on peut démontrer très facilement que Jean-Paul II en était déjà convaincu en 1986. Les ennemis de l’Eglise auraient, peut-être, bien voulu ne plus entendre parler de cette messe…Mais cela n’a pu se faire. « Ils voulaient la supprimer…Ils ne le purent » disait Jean Madiran. L’Esprit Saint protège toujours son Eglise. Alors pourquoi nos messes seraient-elles moins recommandables, au titre du motu proprio de Benoït XVI, que la sienne et celles de ses confrères dans la FSSPX ?

Serait-ce parce que ces prêtres « ecclesia Dei » y sont attachés plus par « sentiments » que par conviction doctrinale et que toutes les dérives sont dès lors possibles ? Il le laisse entendre. C’est très désagréable. Mais qu’était-il encore, lui, quand nos anciens luttaient pour la conservation de cette messe tridentine, quand ils argumentaient doctrinalement adressant le « Bref examen critique » du Novus Ordo Missae à Paul VI par les mains du cardinal Ottaviani ? Qu’est-il encore quand nous étudions tout cela pour nous forger des convictions solides, à toutes épreuves ? Qu’étaient quand les laïcs s’organisaient pour sauver cette messe de la ruine ne refusant pas de faire kilomètres sur kilomètres pour aller chercher les vieux prêtres qui acceptaient, à la barbe de leurs évêques et dans l’opposition à leurs amis « recyclés », d’une manière héroïque, la célébration de cette messe? Il était dans ses langes et faisait encore « pipi au lit ». Et aujourd’hui, fort de quelques années supplémentaires, il se permet de faire la leçon à ceux qui lui ont passé tout de même « le flambeau ». Mgr Lefebvre ne fut pas le seul dans ce merveilleux travail de fidélité. Certes, il était pour nous une vraie « sentinelle »…Mais il ne fut pas seul à « veiller ». Il ne faut pas qu’il oublie lui aussi qu’il est un « héritier » et qu’il veuille bien avoir l’humilité que cette situation inspire à toute âme bien née.

Il voudrait bien « encourager, dit-il, ces prêtres, nous, dans leur itinéraire ». C’est très « paternaliste » et à ce titre difficilement supportable par les plus anciens. Et puis qui est-il pour le vouloir ? Qui est-il pour le prétendre ? Qui est-il pour seulement le penser ? Croit-il que sa seule appartenance à la FSSPX lui en donne l’obligation et lui donne une force invulnérable ? Croit-il que la FSSPX est plus forte que tous les autres « instituts » et qu’elle peut, à ce titre, en remontrer à tous ? Qu’il demande donc à Mgr Tissier de Mallerais s’il était si fort que cela en cette matière alors qu’il était directeur du séminaire d’Ecône subissant les influences qui auraient été fatales d’un abbé Cantoni… Mais Cantoni! Il ne le connait pas. Il devait être encore trop petit… Heureusement Mgr Lefebvre veillait…

Ami, prends garde toi aussi de tomber ! Et sois plus modeste, tu en seras plus crédible.

30 décembre 2010

[Nicolas Senèze - La Croix] Réponse

SOURCE - Nicolas Senèze - La Croix - 30 décembre 2010

Je m'interdis d'habitude d'intervenir sur le Forum (merci à XA pour m'avoir remémoré les codes...), mais face l'ignominie du procédé employé, trop c'est trop.

Voici donc la copie de la mise au point publiée sur mon réseau social :

Il est un sport répandu dans les milieux traditionalistes : prendre une photo sur un site diocésain ou paroissial et la commenter à l’envi pour montrer toute l’horreur de la réforme liturgique et de l’Église conciliaire.

Et de souligner ces « aubes-burkas » qui rendent les prêtres difformes (alors qu’ils existent de si belles aubes-violons pour corseter les prêtres), de s’indigner que, dans une célébrations d’enfants, garçons (et filles, ô horreur !) se retrouvent autour de l’autel en se tenant la main, ou encore de souligner que tel prêtre ne met pas le petit doigt là où il faut, signe évident de son manque de foi en la Présence Réelle…

Au fil de ces sites, photo commentée après photo commentée, se distille ainsi une haine tranquille de l’Eglise où les sarcasmes le disputent aux rires moqueurs contre tout ce qui n’est pas « Tradition ». Voire carrément des accusations d’« hérésie » atteignant jusqu’à nos évêques et certains cardinaux…

Mais quand l’exercice se retourne contre eux, plus de rire chez les tradis : l’Eglise est en danger !

Voilà donc une photo du cardinal Raymond L. Burke, préfet du Tribunal Suprême de la Signature apostolique : celui-ci était dimanche 26 novembre en l’église romaine Sainte-Marie-de-Nazareth.

Pour cette messe, Son Éminence avait revêtu la cappa magna, une longue cape de 6 mètres de soie. Sur sa page personnelle de Face book, un journaliste de La Croix sourit de cet accoutrement qui tient plus du ridicule que de la dignité que l’on est en droit d’attendre d’un cardinal en 2010.

Bien au-delà du cas d’espèce du cardinal Burke, qui n’est plus alors évoqué dans la discussion, il s’ensuit alors un débat sur le retour en force de ces attributs liturgiques dans certains milieux de l’Eglise, ces dernières années. Car, tout de même, il y a là un mouvement de fond, qui va bien au-delà du seul attachement, somme toute légitime, à des formes anciennes et respectables de la liturgie.

Les ressorts d’une telle attitude sont multiples. Mais, à la suite d’Anne Soupa (que je ne suis pas toujours dans sa critique de l’Eglise que je trouve trop systématique et revendicative) on peut quand même se demander si ce retour aux « dentelles et froufrous » n’est pas, chez certains prêtres, l’expression d’une homosexualité refoulée. Comment ne pas s’étonner, d’ailleurs, que ce soit justement ceux-là qui, mettant abominablement en rapport homosexualité et pédophilie, déclenchent de véritables « chasses aux homos » dans les séminaires ?

Ces mêmes sites Internet cités précédemment ont aussi l’habitude de prendre ici un bout d’une phrase et là le bout d’un autre pour faire dire à quelqu’un ce qu’il n’a pas dit.

Les commentaires Face book tiennent plus de la conversation de sacristie que de l’étude théologique : grâce à un rapide copier-coller, il était donc facile de tenter un rapprochement ignoble entre le début et la fin de la conversation pour insinuer que c’est au cardinal Burke que j’attribuais le qualificatif d’« homosexualité refoulée »…

Ce n'est certainement dans les discussions du FC qu'on parviendrait à extraire l'une ou l'autre phrase permettant d'insinuer que l'un ou l'autre liseur insulte le pape ou les évêques, voire mette en doute leur orthodoxie !