18 janvier 2011

[paris-normandie.fr] Le curé de Thiberville prié par l'évêque de faire ses valises

SOURCE - paris-normandie.fr - 18 janvier 2011

Religion. Le Vatican vient de trancher. En confirmant les décrets de l'évêque d'Evreux, le Saint-Siège condamne le curé de Thiberville à quitter sa paroisse.
Ce mardi après-midi, Mgr Christian Nourrichard, évêque d'Evreux (à gauche), a sommé à nouveau l'abbé Francis Michel, curé de Thiberville, de quitter son ministère
C'est sans doute la fin d'une longue histoire, celle de l'abbé Francis Michel, curé de Thiberville dans l'Eure depuis 1986, que l'évêque d'Evreux, Mgr Christian Nourrichard, avait prié de partir à la suite de l'intégration de sa paroisse dans une communauté plus large. Des années de conflit et de résistance ont abouti, l'été dernier, à une dernière sommation de l'évêque, sous peine de suspension, puis à des recours engagés par le prêtre auprès du Vatican.
Le tribunal suprême de la signature apostolique vient de rendre son jugement. Le Saint-Siège confirme les décrets pris par l'évêque d'Evreux concernant le statut de l'ancien groupement inter-paroissial de Thiberville dont l'abbé Francis Michel était le curé ", a annoncé ce mardi après-midi Mgr Christian Nourrichard. " Je lui réitère mon invitation à quitter Thiberville pour l'exercice de son ministère ", ajoute-t-il.
Une messe de 10 minutes
Mais avant d'en arriver à cette confirmation du Vatican, il faut remonter à la veille de Noël 2009 pour retrouver le décret concernant le « départ » du curé. L'évêque d'Evreux fait alors part officiellement de la révocation, pour le 3 janvier 2010, du curé du Groupement interparoissial de Thiberville. Et ce n'est d'ailleurs pas vraiment une surprise pour l'intéressé qui a déjà opposé plusieurs refus à l'évêché.
Ce même 3 janvier à Thiberville, un dimanche, des banderoles accueillent Mgr Nourrichard qui vient présider la messe à l'occasion du « départ » de l'abbé Michel. Une "mutation" qui déplaît fortement aux paroissiens, et plus généralement aux habitants et élus du canton, qui le font savoir en se rendant nombreux à cette messe qui ne dure du coup qu'une dizaine de minutes. Des pétitions de la part de paroissiens circulent même pour réclamer son maintien.
L'évêché décide de dissoudre ce groupement interparoissial auquel se substitue l'une des communautés de la paroisse Notre-Dame de la Charentonne de Bernay, dont le curé n'est autre que l'abbé Jean Vivien, qui gère, outre celle de Thiberville, celles de Bernay, Courbépine, Plasnes, Saint-Aubin-le-Vertueux.
"Attitude partisane"
Quelques mois plus tard, fin juillet 2010, l'abbé Michel monte au créneau, par un beau dimanche alors que l'église est pleine à craquer. « Vous avez sans doute lu ou entendu à propos de notre situation que Rome avait parlé, que l'affaire était réglée et que je devais quitter les lieux lundi, explique le prêtre. Mais le temps passe et il y a du nouveau. Il n'est pas tout à fait exact de dire que Rome a parlé. Rome n'a pas fini de parler et va se pencher sur ma demande d'appel, non pas comme jusqu'à présent sur la forme mais sur le fond c'est-à-dire sur la foi, la liturgie et sur vous mes frères ».
Mais Thiberville se coupe en deux. Les membres de la Libre pensée montent à leur tour au créneau. Ce collectif de défenseurs des principes de la laïcité juge inappropriée la position de certains élus du canton dans cette affaire, dont ils dénoncent « l'attitude partisane ». L'association met en cause les élus « qui ne sont pas dans leur rôle en faisant des déclarations solennelles pour défendre la présence de l'abbé Michel »
Aujourd'hui, semble-t-il, la messe est dite.

[Massimo Introvigne - cesnur.org] Fraternité Saint Pie X et Saint-Siège. Un livre attaque le pape

SOURCE - Massimo Introvigne - cesnur.org - traduction par benoit-et-moi.fr - 18 janvier 2011  

Comme on le sait, des pourparlers sont en cours depuis des mois entre le Saint-Siège et la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X fondée par Mgr Marcel Lefebvre, afin d'explorer les conditions théologiques et canoniques d'une réconciliation, après la levée par Benoît XVI de l'excommunication des quatre évêques consacrés sans l'approbation de Rome en 1988, un geste - comme le Pape l'a expliqué à plusieurs reprises - qui initie - et non pas conclut - le dialogue, dès l'instant que les questions doctrinales demeurent non résolues.

On dit souvent que le succès de ces conversations est également affectée par les actions perturbatrices de catholiques qui, pour diverses raisons, ne voient pas avec faveur le retour de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X en pleine communion avec Rome. Il se peut que dans ces soupçons, il y ait aussi une part de vérité.

Nous devons cependant nous demander si ce n'est pas la Fraternité Saint Pie X elle-même qui met en péril le succès du dialogue.
Ces dernières semaines, de ce bord, sont en effet parvenues de très virulentes critiques contre Benoît XVI et sa proposition de lire le Concile Vatican II selon une "herméneutique de la réforme dans la continuité" par rapport au précédent Magistère de l'Église.

Je ne parle pas tant des réactions à l'annonce d'une nouvelle rencontre inter-religieuse à Assise, des réactions à bien des égards prévisibles, même si l'image évoquée dans l'homélie de Mgr Bernard Fellay, le supérieur de la Fraternité, le 9 Janvier 2011 à Paris, de "démons sur Assise", suivie de la question rhétorique "Est-ce cela la continuité?" n'est pas vraiment un exemple de langage modéré. (ndt: "tous les dieux des païens, ce sont des démons, ce sont des démons, et Assise, ce sera plein de démons. C'est la Révélation, c'est la Foi de l'Église, c'est l'Enseignement de l'Église. Elle est où, la continuité ? Elle est où, la rupture ?" ici).

Plus grave semble la publication fin 2010 d'un livre d'un autre des évêques à qui l'excommunication a été levée, Mgr Bernard Tissier de Mallerais, intitulé "L'étrange Théologie de Benoît XVI. Herméneutique de continuité ou rupture?" , une œuvre qui se présente comme une critique complète du Magistère du Pape, et en particulier de son herméneutique de Vatican II.

Une note de la rédaction (p. 7) donne déjà le ton de l'ouvrage: "La théologie de Benoît XVI s'éloigne de manière impressionnante de la théologie catholique, elle est la principale cause de la crise actuelle dans l'Église.."

Le livre cherche à reconstruire la pensée du théologien Joseph Ratzinger et de Benoît XVI - entre les deux, insiste l'auteur, il y a vraiment continuité, et non pas rupture - comme fondée sur une philosophie personnaliste et sur la prétention d'importer dans la théologie la philosophie moderne, en particulier celle de langue allemande, du kantisme à la notion Heideggerienne de l'être, si différente de la classique... Ce faisant, selon Mgr Tissier de Mallerais, Ratzinger / Benoît XVI s'illusionne de christianiser la philosophie moderne comme le Moyen Age avait christianisé la pensée grecque. Mais, contrairement à cette dernière, la philosophie moderne est fondamentalement anti-chrétienne, selon l'auteur, et il ne peut en sortir rien de bon.

Si on emprunte cette voie, insiste le livre, on ne propose pas une version chrétienne de la philosophie moderne, mais on réduit les bases de la foi chrétienne à une version diluée et affaiblie sur la base de cette philosophie. Le résultat final a peu à voir avec la foi chrétienne authentique, et parvient à rien moins qu'"un refus pire que celui de [Martin] Luther"(p. 73) de la doctrine catholique. En effet, une confrontation entre Ratzinger XVI / Benoît et Luther pose la question: «Lequel des deux est chrétien" (P. 75), et la réponse suggérée est que le père du protestantisme sauve au moins une notion de la rédemption chrétienne, tandis que le pape actuel, dans une interprétation réductrice de la rédemption, sur la base de subjectivisme et du personnalisme de la philosophie moderne, risque de glisser hors du christianisme.

Problème après problème, les jugements sont tout aussi radicaux. Même quand dans les textes du Pape, le langage chrétien est conservé, le sens serait toujours faussé par le personnalisme et le subjectivisme, lesquels conduisent à une humanitarisme dont l'auteur dénonce les similitudes et les dérives maçonniques. Nous lisons ainsi: "Le droit conciliaire à la liberté religieuse est un manque de foi. En soutenant ce droit, Benoît XVI manque de foi» (p. 96). Voici [...] un pape qui se désintéresse de la réalité de l'Incarnation, qui pratique l''epochè' sur la matérialité de la Rédemption, et qui nie la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ" (p. 97). "Benoît XVI, dans son encyclique [...] Spe Salvi ne comprend plus la belle définition que saint Paul donne la foi" (pp. 100-101).
Les modernistes, déjà, se sont servis de la philosophie moderne. Mais, puisque celle-ci, depuis l'époque de la crise moderniste a continué sa course, devenant de plus en plus radicalement éloignée de la chrétienté, l'attitude du Pape serait "un sceptisme ultra-moderniste. Pour conclure, je dirais que nous sommes confrontés aujourd'hui à un modernisme renouvelé, perfectionné".(p. 103).

L'herméneutique de la réforme dans la continuité de Benoît XVI pour Vatican II, se ramène, selon l'auteur, à une tentative pour déguiser la dépendance des textes fondamentaux du Concile - sur certains desquels, du reste de le théologien Ratzinger a eu une influence directe - de la philosophie moderne. En tant que telle, l'herméneutique proposée par Benoît XVI n'est pas un programme mais un "anti-programme», qui nie toute la tradition catholique. Et "les avocats de cet anti-programme désincarné, décrucifient et découronnent Jésus-Christ avec plus de brio que Kant et Loisy "(p. 104). En somme, "le manque de foi dont souffre Benoît XVI [...] s'explique par son herméneutique" (p. 106).

Ce qui fait les frais de ce procesus, selon Mgr Tissier de Mallerais, c'est surtout la notion de rédemption, qu'une théologie inféodée à la philosophie moderne, avec son optimisme personnaliste, n'est plus en mesure de concevoir dans sa référence constitutive aux exigences de la justice divine causée par le péché de l'homme, mais ne peut que réduire à une manifestation de la miséricorde, où le Christ vient plutôt confirmer et célébrer une grandeur et une dignité de la personne humaine fondée sur des prémisses philosophiques modernes entièrement étrangères au christianisme (!!!).

Par rapport au théologien Ratzinger, Benoît XVI ne marque aucun repentir, persiste à ne pas accepter le mystère de la Rédemption" (p. 110). Le Catéchisme de l'Église catholique de 1992 , ne saurait lui non plus être un point de rencontre, au contraire la théologie du cardinal Ratzinger s'y exprime, au point que "la justice divine et ses exigences sont tuées par le «Catéchisme»" ( p. 167).

Le texte, un authentique "tour de force" (en français dans le texte), revendique dès le départ sa nature de "pamphlet" (p. 11) et l'appartenance au genre "polémique" (ibid.). Comme tous les "pamphlets", il est construit selon la méthode des citations sélectives. Celles-ci montrent bien que l'enseignement catholique récent, depuis le Concile jusqu'à Benoît XVI, a voulu prendre en considération les questions et les exigences posées par la culture moderne et la philosophie. Mais il ne s'ensuit absolument pas que le Magistère ait emprunté les réponse à des philosophies contemporaines aux antipodes du christianisme , ni que le texte convainque, au-delà de la vigueur polémique.

En fin de compte, le livre n'est pas tant intéressant par ce qu'il affirme sur Benoît XVI , que par ce qu'il révèle de la mentalité de ceux qui l'ont écrit et de ceux qui le diffusent. En fait, en ce qui concerne la question des relations entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège, le livre permet peut-être de comprendre que le problème n'est pas seulement la liturgie, ou seulement une poignée d'extrémistes présents dans la fraternité. Ses représentants de tout premier ordre proclament, par écrit, un rejet total de Benoît XVI et de son enseignement.

Le chemin du dialogue, qui se poursuit malgré tout, semble semé d'embûches.

[Abbé Aulagnier, ibp - Regards sur le Monde] Pourquoi, le 27 octobre 2011, on ne doit pas «faire mémoire de ce geste historique» d’Assise 1986

SOURCE - Abbé Aulagnier, ibp - Regards sur le Monde - 18 janvier 2011

Le 1er janvier 2011, à l’occasion de la prière de l’Angelus, le pape Benoît XVI a annoncé son intention de renouveler la cérémonie interreligieuse d’Assise du 27 octobre 1986 :
« En octobre prochain, je me rendrai en pèlerinage dans la ville de saint François, en invitant à s’unir à ce chemin les frères chrétiens des différentes confessions, les représentants des traditions religieuses du monde et, idéalement, tous les hommes de bonne volonté, pour faire mémoire de ce geste historique voulu par mon Prédécesseur et renouveler solennellement l’engagement des croyants de chaque religion à vivre sa propre foi religieuse comme un service pour la cause de la paix. »
Il l’avait déjà annoncée dans son message pour la Paix pour l’année 2011 intitulé : « La liberté religieuse, chemin vers la Paix ». Il écrivait : « En 2011 sera fêté le 25e anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix, convoquée en 1986 à Assise par le vénérable Jean-Paul II. A cette occasion, les responsables des grandes religions du monde ont manifesté combien la religion est un facteur d’union et de paix et non de division et de conflits. Le souvenir de cette expérience est un motif d’espérance en un avenir où tous les croyants se sentent et deviennent effectivement artisans de justice et de paix ».
On sait pourtant que le Pape Benoît XVI, alors encore cardinal, n’avait pas voulu assister à cette « journée de prières interreligieuses pour la paix » en raison du risque de syncrétisme en une telle journée. Aussi a-t-il, depuis qu’il est sur le siège de Pierre, voulu, à deux reprises, donner des précisions sur cette journée, peut-être dans cette perspective d’anniversaire.
Dans un message adressé à l’évêque d’Assise le 2 septembre 2006, il écrivait ceci : « Pour ne pas se méprendre sur le sens de ce que Jean-Paul II a voulu réaliser en 1986 et que l’on appelle habituellement, en reprenant l’une de ses expressions, ‘l’esprit d’Assise’, il est important de ne pas oublier combien on a alors été attentif à ce que la rencontre interreligieuse de prière ne se prête à aucune interprétation syncrétiste, fondée sur une conception relativiste. [...] C’est pourquoi, même lorsque l’on se réunit afin de prier pour la paix, il faut que la prière se déroule selon les chemins distincts propres aux diverses religions. Tel fut le choix de 1986 et ce choix ne peut manquer d’être valable aujourd’hui encore. La convergence des différences ne doit pas donner l’impression que l’on cède au relativisme qui nie le sens même de la vérité et la possibilité d’y puiser ».
Mais, simple remarque, n’a-t-il pas prié avec les juifs et rabbins de la synagogue de Rome lors de sa dernière visite ? Autres les mots. Autres les actes.
Et, en visite à Assise le 17 juin 2007, le pape a déclaré, de nouveau, dans son homélie : « Le choix d’organiser cette rencontre à Assise a été dicté précisément par le témoignage de François comme homme de paix, lui que beaucoup de gens regardent avec sympathie même si leurs positions culturelles et religieuses sont différentes. En même temps, la lumière jetée par le ‘Poverello’ sur cette initiative était une garantie d’authenticité chrétienne, parce que sa vie et son message reposent si visiblement sur le choix du Christ qu’ils repoussent a priori toute tentation d’indifférentisme religieux, qui n’aurait rien à voir avec l’authentique dialogue interreligieux. [...] Il ne serait ni évangélique ni franciscain de ne pas réussir à associer l’accueil, le dialogue et le respect de tous avec la certitude de la foi que tout chrétien, comme le saint d’Assise, est tenu de pratiquer, en annonçant le Christ comme le chemin, la vérité et la vie de l’homme et comme l’unique sauveur du monde ».
 Les intentions de Benoît XVI sont certainement claires et honnêtes…mais elles ne peuvent empêcher, de jure, le risque de syncrétisme, de relativisme et d’indifférentisme. Comme le dit très bien Romano Amério, dans son livre « Stat veritas », « Ce ne sont que des mots…on ne peut pas promouvoir le syncrétisme et ensuite avertir qu’il( faut) faire attention à éviter le syncrétisme » (p 139).
Ce n’est pas, non plus, parce que cette réunion se déroule à Assise où le Poverello a imprimé sa marque de son don au Christ que cette réunion, est de soi, assurée d’une juste orthodoxie. On peut y être infidèle.
De plus, le 27 octobre 1986, avec Jean-Paul II, on a, peut-être, voulu être « attentif à ce que la rencontre interreligieuse de prières ne se prête à aucune interprétation syncrétiste » en cherchant à ce que « la prière se déroule selon les chemins distincts propres aux diverses religions ». Ce fut peut-être un désir loyal. Ce désir ne fut et ne put être réalisé de sorte que l’on peut parler, à juste titre, de la journée panchrétienne d’Assise ou de : « l’illusion panchrétienne d’Assise ».
En effet, à Assise, le 27 octobre 1986, les catholiques n’ont pas prié, comme « les représentants des autres religions », de leur côté, comme le laisse entendre Benoît XVI, selon leurs propres rites et dans la pleine « expression de leur propre foi », mais ils se sont réunis en « prière oecuménique » aux « représentants des confessions et des communautés chrétiennes » dans la cathédrale Saint Rufin. C’était clairement affirmé par l’Osservatore Romano du 27/28 octobre 1986. Là, le pape, dépouillé de tout insigne de sa primauté, a mis en branle, toujours en sa qualité d’hôte invitant – ce que sera Benoît XVI , le 27 octobre prochain – une célébration typiquement protestante avec lecture de passages de la Bible, entremêlée de chants et se terminant par la « prière universelle », celle « de toute Eglise ». Vous trouvez ce témoignage dans l’Osservatore Romano cité à la page 3.
La salutation adressée à l’assemblée, lue par « l’hôte invitant », Jean-Paul II, a parlé, sans doute, « des graves questions qui nous séparent encore ». Mais il a dit aussi que « le degré actuel de notre unité dans le Christ n’en est pas moins un signe pour le monde que Jésus-Christ est vraiment le Prince de la Paix ». Mieux encore, il a conclu que la prière pour la paix « doit faire grandir en nous le respect des uns pour les autres comme êtres humains, comme Eglises et communautés ecclésiales » (Ibid, et DC.n° 1929 du 7 décembre 1986)
Nulle autre distinction, qui ne fût justifiée par son rôle de « l’hôte qui invite » n’a été reconnue au Pape par le cérémonial œcuménique. Ce qui scandalisa tellement Mgr Lefebvre qui voyait là une injure au Vicaire de Christ. Et même, la prière finale des « panchrétiens » sur la place de la basilique inférieure de Saint François a été commencée par une femme « pasteur », tandis que le Pape n’était que quatrième « parmi tant de sages ».
Mal à propos, au lendemain de la « rencontre d’Assise », le cardinal Etchegaray déclarait : « Pour moi, la prière de l’Eglise chrétienne dans la cathédrale Saint Rufin a été le moment, le temps fort, de toute la journée…La qualité et l’intensité de cette prière était celle que tous semblaient épanouis comme par une nouvelle effusion commune du Saint Esprit ». Il s’exprimait ainsi « ridiculement, sentimentalement » dans le journal l’ Avvenire du 2 novembre 1986. On se souvient qu’il fut le grand organisateur de la journée d’Assise.
Force est d’avouer que, dans la Babel d’Assise, les cardinaux et le pape lui-même ont de fait représenté non l’Eglise catholique mais l’ « Eglise chrétienne » en y englobant les non catholiques. Et quels étaient ceux qui composaient cette « Eglise chrétienne », qui aurait eu sa Pentecôte, à Assise au dire du cardinal Etchégaray ? Des « diverses Eglises et confessions qui ont le Christ pour fondement », nous apprenait l’Osservatore Romano du 27/28octovre 1986. En pratique : de l’Eglise orthodoxe, des « Eglises » réformées et de l’Eglise catholique. Evidemment, cette « Eglise chrétienne » n’était pas l’Eglise catholique, mais une super–église qui dépasse et inclut l’Eglise catholique elle-même, à l’égale des autres soi-disant « Eglises ». Quelle ecclésiologie !
En effet, la prière de l’ « Eglise chrétienne » à Assise n’a pas été celle de l’Eglise catholique dont la foi s’exprime pleinement dans la sainte Messe, « sacrifice véritable et authentique » comme l’enseigne le saint Concile de Trente à l’encontre des auteurs de ces « confessions et communautés chrétiennes » assemblées avec les catholiques à Saint Rufin. Le rite de la Nouvelle Messe a été célébrée le 27 octobre de bon matin, par le pape, Jean-Paul II, à Pérouse avant de se transporter à Assise dont le cérémonial l’a œcuméniquement mêlé à ses « frères séparés » – et cela Benoît XVI malgré son intention ne pourra pas physiquement l’éviter – pour prier « oecuméniquement » avec eux et « sans triomphalisme », dépouillé de la dignité du Vicaire du Christ, oubliant que l’Eglise catholique ne fait qu’un avec le Christ qui doit régner éternellement sur toutes choses, tous biens et tous êtres. Cela lui revient de droit divin. Mais cela ne pourra pas être confessé par le Pape. C’est pourtant sa fonction !
Mais plus encore, à Assise, l’Eglise catholique a été mise non au niveau des fausses religions, qu’elles se disent chrétiennes ou non, mais au dessous d’elles . On a rappelé au cardinal Etchégaray qu’il a été permis à tous de « s’exprimer dans la plénitude de leur propre foi » (DC du 7/21 septembre 1986), mais cela n’a pas été permis aux catholiques ; « que la prière de chacun a été respectée », mais celle des catholiques ne l’a pas été. Et lorsque, mettant en branle le carrousel final sur la place au bas de saint François, il a triomphalement déclaré : « Nous nous sommes réunis en pleine fidélité à nos traditions religieuses, profondément conscients de l’identité de chacun de nos engagements de foi » (l’OR cité p. 4). C’était vrai pour tous sauf pour les catholiques ni dans leur prière ni dans leur Pontife, Lui, pourtant Vicaire du Christ…
Enfin, alors qu’on avait pourvu avec grand soin à ce que les représentants des fausses religions se tinssent, selon leur désir, « ensemble pour prier, mais sans prier ensemble » (Radio Vatican), les représentants officiels de l’unique vraie religion ont prié en s’unissant aux représentants des fausses religions soi-disant chrétiennes. La pratique pan chrétienne d’Assise suffit à démontrer, entre autres choses, que vingt ans de faux œcuménisme ont suffi pour que prît pied parmi les catholiques, à commencer par leur hiérarchie, l’indifférentisme pan chrétien. Tout paraît aujourd’hui légitime.
Pour toutes ces raisons, la « journée d’Assise » ne peut ni être renouvelée ni être commémorée ; elle n’est pas « commémorable » ; elle n’est pas digne de l’Eglise catholique, elle est « misérable ».

[summorum-pontificum.fr] Une nouvelle messe selon l’usus antiquior à… Rome

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 18 janvier 2011

Non, ce n’est pas encore celle que célèbre le Pape – ce qui serait d’ailleurs le meilleur moyen de montrer dans quel sens il faut appliquer le motu proprio Summorum Pontificum (plutôt que dans un décret d’application qui tarde à voir le jour).

Mais, selon le blog Messainlatino, à défaut de messe papale, un groupe stable qui s’est placé sous le patronage de « San Luigi Orione » (un prêtre italien particulièrement célèbre dans son pays) – bénéficie désormais en la basilique San Nicolas in carcere (Via del Teatro Marcello) d’une messe tous les samedis à 18h00, célébrée par don Giuseppe Vallauri.

Rappelons que la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre dessert à Rome une paroisse personnelle, SS. Trinità dei Pellegrini et que l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre dessert l’église Gesù e Maria al Corso et célèbre une messe chaque premier samedi du mois à la basilique Sainte-Marie-Majeure.

17 janvier 2011

[summorum-pontificum.fr] La saison des ordinations reprend

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 17 janvier 2011

Le 30 janvier prochain, en effet, le cardinal Raymond Leo Burke conférera l’ordination diaconale aux abbés Matthieu Thermed, Brieuc de La Brosse et Jorge Arrassate, actuellement en formation au séminaire Saint-Philippe Néri, à Gricigliano (Italie). La cérémonie se déroulera dans la petite chapelle du séminaire de  Gricigliano, près de Florence (Italie).

La veille, le cardinal Burke aura présidé le pèlerinage de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (ICRSP) au monastère de la Visitation de Trévise pour vénérer la relique du cœur de saint François de Sales conservé en ces lieux. Ce monastère de la Visitation est l’héritier d’un monastère français qui ferma ses portes à cause de la Révolution française et finit par s’exiler en Italie.

Tous les ans, l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre se rend sur ce lieu de pèlerinage pour honorer saint François de Sales l’un des patrons de cette congrégation qui entend s’inspirer de sa spiritualité. Quelques jours auparavant, à Port-Marly, aura lieu la récollection nationale de la Société du Sacré-Cœur, branche laïc de cet institut, en présence de Mgr Gilles Wach, supérieur général de l’ICRSP.

16 janvier 2011

[Abbé Pierre Champroux, fsspx] L’œcuménisme - Assise III – La critique du Pape

[Abbé Pierre Champroux, fsspx] L’œcuménisme - Assise III – La critique du Pape
SOURCE - Abbé Pierre Champroux, fsspx - laportelatine.org - 16 janvier 2011

Sermon au prieuré du Christ-Roi de Bruxelle (Belgique)

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Mes biens chers frères,

La Collecte de ce jour nous dit::
Dieu tout-puissant et éternel, qui gouvernez les choses du ciel et de la terre, exaucez, dans votre clémence, les supplications de votre peuple, et accordez votre paix aux temps que nous vivons. Par Jésus-Christ notre Seigneur.
- La paix est donnée au monde par Notre Seigneur Jésus-Christ;
- Qu’est-ce que la paix ? : la tranquillité de l’ordre (saint Augustin)
Discours du Saint-Père le 1er Janvier 2011 lors de l’angélus :
« En octobre prochain, je me rendrai en pèlerinage dans la ville de saint François, en invitant à s'unir à ce chemin les frères chrétiens des différentes confessions, les représentants des traditions religieuses du monde et, idéalement, tous les hommes de bonne volonté, pour faire mémoire de ce geste historique voulu par mon Prédécesseur et renouveler solennellement l'engagement des croyants de chaque religion à vivre sa propre foi religieuse comme un service pour la cause de la paix. »
Le Pape relie ce discours à son message pour la journée mondiale de la paix, du 8 décembre 2010. Le thème de ce message était Liberté religieuse, chemin vers la paix. Le Pape veut obtenir la liberté religieuse pour tous les hommes, car la religion rapproche de Dieu :
« Le monde a besoin de Dieu. Il a besoin de valeurs éthiques et spirituelles, universelles et partagées, et la religion peut offrir une contribution précieuse dans leur recherche, pour la construction d'un ordre social juste et pacifique au niveau national et international. La paix est un don de Dieu et en même temps un projet à mettre en œuvre, jamais complètement achevé. Une société réconciliée avec Dieu est plus proche de la paix .
Ce qui est stupéfiant dans ces propos du Pape, c’est que jamais il ne fait de distinctions entre les religions, toutes sont des chemins vers Dieu et donc vers la paix. Il parle semble-t-il aussi bien du Catholicisme, que de l’Islam ou du judaïsme.
Pour le Pape, la liberté de se tourner vers Dieu, la liberté religieuse est le fondement le plus profond de la Paix :
« Quand la liberté religieuse est reconnue, la dignité de la personne humaine est respectée à sa racine même, et l'ethos et les institutions des peuples se consolident ».
Le Pape dit clairement que cette liberté fondamentale de se tourner vers Dieu est le fondement de toute vie morale. Mais JAMAIS il ne dit qu’il FAUT se tourner vers le VRAI Dieu ! Il semble à le lire que toute religion pratiquée librement a le même effet !

- Comment une fausse religion, qui est objectivement le plus grand désordre qui puisse exister, puisqu’elle rend à un autre que Dieu l’adoration, pourrait-elle conduire à la paix ? Objectivement il n’y a pas de péché plus grave que celui commis directement contre l’honneur dû à Dieu ! Voici pourquoi en 1986, lors de l’annonce de la 1ère réunion d’Assise Mgr Lefebvre écrivait ces mots qui sortaient d’un cœur profondément blessé dans son amour pour Dieu :
« C'est le premier article du Credo et le premier commandement du Décalogue qui sont bafoués publiquement par celui qui est assis sur le Siège de Pierre. Le scandale est incalculable dans les âmes des catholiques. L'Eglise en est ébranlée dans ses fondements. "
- Certes le pape dit ceci, dans son message du 8 décembre :
« Le chemin ainsi indiqué n'est pas celui du relativisme ou du syncrétisme religieux. L'Église en effet « annonce, et elle est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14,6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s'est réconcilié toutes choses ». C’est tout de même un peu faible comme mise au point !
- Mais voici comme commentaire indirect ce qu’en dit Mgr Fellay dans son sermon de dimanche dernier, 9 janvier, à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, après avoir expliqué que les Rois-Mages ont trouvé toutes les informations qu’ils souhaitaient sur le Messie auprès du roi Hérode, des grands prêtres et des scribes. Ils savaient bien que le Messie allait naître, mais il ne s’agissait que d’une connaissance toute théorique :
« Ils savent, ils savent et ils ne savent pas. En théorie, ils savent tout. Dans la pratique ils ignorent superbement la réalité. On a envie de faire des parallèles. Quand on entend cette histoire d'Assise, on a vraiment envie de faire des parallèles. :
« En théorie, ils savent, en théorie, ils croient, mais dans la réalité, est-ce qu'ils y croient ? Est-ce qu'ils croient vraiment que Notre-Seigneur est Dieu ? Est-ce qu'ils croient vraiment que de Sa main dépend la paix des hommes et des nations ? Est-ce qu'ils croient vraiment à toutes ces conséquences immédiates, directes, de Sa divinité ?  Est-ce qu'ils vont, tout comme les rois mages, adorer le vrai Dieu, et attendre de Lui, demander de Lui cette paix ? Est-ce qu'ils vont au Roi de la Paix, rex pacificus ?
- On dit qu’en 2002, lorsque se déroula la deuxième réunion œcuménique d’Assise, et qu’on accueillit les délégations des autres religions dans des salles du couvent des franciscains, on enleva, par courtoisie, pour ne pas déranger, on enleva donc les crucifix. Pour réunir les hommes dans la paix, on enlève le Christ ! On enlève le Crucifix ! Mais à qui veut-on plaire ? A Dieu ou aux hommes ?
- Voici ce que disait Pie XI en 1928 dans son encylique Mortalium Animos au sujet des rassemblements inter-religieux auxquels il interdisait fermement aux catholiques de participer 
« De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu'elles s'appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s'égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l'athéisme. La conclusion est claire: se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c'est s'éloigner complètement de la religion divinement révélée. »
Nous sommes forcés, mes bien chers frères de constater une rupture dans l’enseignement et dans l’agir des papes. Nous sommes face à un dilemme, une contradiction !

Mes biens chers frères, on nous dit qu’il ne faut pas juger ou critiquer le Pape. Il ne s’agit pas de juger ou de critiquer, il s’agit de garder la Foi ! Le Pape a, j’en suis certain, les meilleures intentions du monde, il croit certainement faire au mieux pour l’Église, c’est tout à fait possible. Mais il faut voir la réalité en face !

Pie XI nous dit que si on « se solidarise avec les partisans de ces doctrines on s’éloigne complètement de la religion divinement révélée ».

Alors nous ne pouvons pas nous taire, nous ne serons pas des chiens muets, des pasteurs qui laissent leur fidèles perdre la foi sans rien dire, nous devons répéter ces paroles du Pape Pie XI, conformes à vingt siècles de pratique de l’Église, vingt siècles de mission, vingt siècles et 20 millions de martyrs qui ont versés leur sang pour avoir refusé ces fausses religions et avoir essayé de toute leur force de convertir les âmes au Christ !

Le problème n’est pas la mort des chrétiens martyrs de l’Islam, leur mort est une victoire ! Le problème est que le monde chrétien a perdu sa foi concrète, qu’il ne croit plus en la vérité de sa religion. A l’Islam nous n’avons plus d’autres religion à opposer que celle de la liberté religieuse, de la tolérance universelle et du laisser faire général. Ce n’est pas Assise III, IV ou V qui empêchera les musulmans de nous imposer la charia, mais c’est à cause de ce manque de vérité, de principe et de conviction que nous en sommes là à présent.

Alors prions le Saint Nom de Marie, Notre Dame du Rosaire et de Lépante, quelle nous rende notre Foi, veille sur notre église et sur notre Père à tous, notre Souverain Pontife Benoît XVI pour qui nous avons tant d’affection et que nous voulons entourer de nos prières afin qu’il professe plus clairement la Foi de l’Église !

Abbé Pierre Champroux, dimanche 16 janvier 2011

[summorum-pontificum.fr] Encore un évêque… américain qui célèbre dans l’usus antiquior

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 16 janvier 2011

Si à chaque fois qu’un évêque américain célèbre la messe dans sa forme traditionnelle, je devais le signaler sur ce blog, je n’en finirais pas. Il n’y a pas un mois sans qu’un tel événement ne se produise. Nous en discutions récemment avec Daniel Hamiche notre spécialiste français sur le catholicisme aux Etats-Unis et le maître d’œuvre d’un remarquable blog à lire sur le sujet. À côté, la France, qui compte certes moins d’évêques, fait petite figure. Pourtant, pour être honnête, il faudrait signaler les célébrations de nos évêques lors des confirmations par exemple ou des ordinations dans des abbayes (par exemple).

Pour l’heure, je voudrais signaler la messe célébrée par Monseigneur John Glenn Provost, évêque de Lake Charles, en Louisianne, le dimanche 26 décembre dernier. Je sais : c’était l’année dernière ! Mais c’était aussi le mois dernier… Outre l’évêque se trouvait une partie notable du clergé diocésain ainsi que des séminaristes. Ce dernier point est certainement le plus important puisqu’ils représentent l’avenir de l’Église et qu’ils auront goûté pendant leurs années de formation aux richesses spirituelles de l’usus antiquior et seront capables ainsi de le célébrer demain dans leurs paroisses. On souhaite évidemment la même expérience à nos séminaristes français.

En attendant, on trouvera plusieurs photos de l’événement sur le site du New Movement liturgical.

15 janvier 2011

[FSSPX Allemagne] Communiqué du District d’Allemagne sur la béatification de Jean-Paul II

SOURCE - District d’Allemagne de la Fraternité Saint-Pie X, via DICI - 15 janvier 2011

C’est maintenant officiel : le pape Benoît XVI a signé le décret de béatification de Jean-Paul II. Son prédécesseur sera élevé à la gloire des autels le 1er mai 2011, à Rome.
Que faut-il penser de cette béatification rapide ? Des phrases telles que « Il fut un grand dévot envers la Très Sainte Vierge Marie » ou bien « Il fut très clair sur les questions de la protection de la vie » sont-elles suffisantes pour poser en exemple l’ensemble de son œuvre dans l’Eglise aujourd’hui?
Son pontificat fut terni par un fort œcuménisme. Jean-Paul II va ainsi entrer dans l’histoire comme le pape de l’humanisme et de la fraternité entre les religions.
Il prêcha un chemin de salut particulier pour le peuple de l’Ancien Testament, baisa publiquement le coran, et prononça des phrases qui ont scandalisé au plus profond d’eux-mêmes des catholiques convaincus, comme ce souhait : « Que saint Jean-Baptiste daigne protéger l’Islam« .
Sa réunion d’Assise est devenue le symbole de la réunion de toutes les religions et a fortement installé et enraciné dans l’esprit des chrétiens les « valeurs » des libres penseurs. On pourrait appeler cela « l’hérésie par l’image ». Toutes les religions mènent à Dieu. Ce qui contredit diamétralement les paroles de l’Ecriture Sainte : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné ».
Il ne faut pas oublier les concélébrations gigantesques ; il ne faut pas nier non plus les abus liturgiques à l’occasion de ces messes pontificales qui, dans une certaine mesure, ont provoqué un effondrement liturgique jamais connu jusqu’alors, et qui ont propagé dans toutes les Eglises locales des abus qui crient vers le Ciel !
Est-ce là un pontificat qui mérite une béatification ?
Défendre la Foi en toutes circonstances contre l’erreur et par là unifier le troupeau du Christ et le guider, tel est le commandement du Seigneur à saint Pierre, toujours valable aujourd’hui.
D’autres figures mériteraient d’être élevées à la gloire des autels, comme le pape Pie XII.
Stuttgart, le 15 janvier 2011

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Nuées dangereuses

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 15 janvier 2011

On m'a envoyé récemment quelques phrases écrites par le R.P. Denis Fahey (1883-1954), qui prouvent que pas tous les catholiques n'étaient endormis avant le Concile. Est-ce dire que beaucoup de catholiques l'étaient ?  Sans aucun doute. Qui plus est, beaucoup le sont encore, y compris bon nombre de catholiques soi-disant de la Tradition, parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets, et que ces causes qui ont produit l'aveuglement des catholiques en plein 20me siècle sont à l'œuvre au 21me siècle plus fortement que jamais.

Voici le bref extrait du livre du Père Fahey, « La Royauté du Christ et le Naturalisme Organisé » (1943). Trois phrases y sont numérotées pour faciliter le commentaire qui les suit : 1/ « Les catholiques succombent aux machinations des ennemis de Notre Seigneur parce qu'on ne les forme pas pour le combat réel de ce monde.  2/ Les jeunes sortent de l'école sans connaissances suffisantes de l'opposition organisée qu'ils sont sûrs de rencontrer sur leur chemin, et munis de notions par trop vagues des points particuliers de l'ordre social qu'ils auront à défendre... 3/ et les catholiques qui se battent pour de vrai pour un vrai ordre chrétien sont toujours sûrs de trouver des catholiques dans le camp opposé. »

1/  Puisque la masse des gens dans le monde d'aujourd'hui ne croient plus que la vie vraiment bonne est à mener au ciel avec Dieu, grâce au salut par la foi en Notre Seigneur Jésus Christ et  son Eglise, ils mettent alors leur confiance dans les hommes pour s'assurer la bonne vie ici-bas sur terre, ce qui fait que la politique humaine devient leur religion effective et leurs gouvernements prennent la place de la Providence de Dieu. Dès lors il devient de plus en plus difficile pour les gens de croire que leurs gouvernements et leur vie quotidienne sont virtuellement dominés par les ennemis très réels de Notre Seigneur - par exemple, comment nos gouvernements pourraient-ils nous mentir sur le 11 septembre ?  N'empêche, qui met une telle confiance dans les gouvernements modernes fait état d'un irréalisme lamentable, dans lequel, pour répandu qu'il soit, si les catholiques se laissent glisser (sans qu'ils doivent basculer dans la révolution au sens opposé), ils seront fatalement démunis « pour le combat réel de ce monde ». De plus, se perdant dans une nuée de rêves irréels ici-bas, ils auront des difficultés sérieuses pour atteindre le ciel réel du Dieu réel ci-après.

2/  D'accord, il est difficile de faire comprendre aux jeunes, écoliers ou séminaristes, que Notre Seigneur a des ennemis acharnés, parce que leur inimitié  est habilement masquée. Mais les jeunes sont « sûrs de rencontrer sur leur chemin » cette opposition, et donc si son masque n'est pas arraché par les enseignants qui doivent préparer ces jeunes catholiques pour la vie ou le sacerdoce, ceux-ci partiront au combat à moitié aveuglés par des œillères ou avec une main liée derrière le dos. Et puisque le libéralisme individualiste est poussé partout par les ennemis du Christ pour dissoudre ce qui reste encore de l'ordre chrétien, les jeunes auront besoin de bien connaître en particulier ce qu'enseigne notre Mère l'Eglise sur « les points particuliers de l'ordre social qu'ils auront à défendre », et sur la nature sociale de l'homme.

3/  Hélas, comme disait Pie IX, grand Pape du 19me siècle, même les ennemis acharnés de Notre Seigneur à l'extérieur de l'Eglise sont moins à craindre que les catholiques libéraux à l'intérieur. Ceux-ci tourneront en ridicule l'idée qu'il puisse y avoir des gens qui « trament des complots » contre Notre Seigneur. « Quand même », soupirent-ils, tout sucre, tout miel, « ne savons-nous pas que tout le monde est gentil ? »  La réponse doit être lancée tout feu, tout flammes : «  Non, tout le monde n'est pas gentil ! »

Père Fahey, priez pour nous !

Kyrie eleison.

14 janvier 2011

[Paix Liturgique] De nouveaux exemples de la richesse diocésaine toulonnaise


SOURCE - Paix Liturgique, lettre 265 - 14 janvier 2011

Dans notre lettre n°261, nous avons mis en évidence des “Missionnaires très Summorum Pontificum” en présentant la communauté conduite par l'abbé Fabrice Loiseau à Toulon. Cette lettre nous a valu de nombreux encouragements et quelques suggestions, comme celle de considérer qu'il existe dans le diocèse de Toulon d'autres communautés dynamiques dont certaines, à l'image des Chanoines de Kenty dont nous avons récemment parlé (voir lettre de Paix Liturgique n°260), sont ouvertes à la célébration des deux formes du rite romain.

a) Les Servi Jesu et Mariae

La première des communautés qui nous a été signalée est celle des Servi Jesu et Mariae (http://www.sjm-congregation.org) (Serviteurs de Jésus et Marie à ne pas confondre avec les très sympathiques frères d'Ourscamp). D'origine germanique – née en Allemagne, la communauté est désormais résidente en Autriche –, les SJM comptent une trentaine de prêtres et une dizaine de séminaristes. En 2008, Mgr Schneider (Voir lettre de Paix Liturgique n° 249, 250 et 251) a ordonné trois de ses prêtres selon la forme ordinaire célébrée ad orientem et en latin, témoignant ainsi de “l'amour pour la liturgie romaine dans sa forme ordinaire comme dans sa forme extraordinaire” manifesté par cet institut.

À Toulon, où ils desservent la paroisse Saint Pie X, située aux abords du centre historique, les Servi Jesu et Mariae n'ont cependant pas encore franchi le cap du “biformalisme” de fait, même s’ils y sont tout à fait favorables dans le principe. En effet, s'ils sont appréciés pour célébrer dignement la forme ordinaire, usant exclusivement du canon romain, les deux prêtres présents dans la paroisse n'y proposent cependant pas encore la liturgie traditionnelle à leurs fidèles.

Gageons cependant que dans un diocèse aussi ouvert que celui de Toulon, ils devraient à moyen terme offrir les deux formes de l'unique rite romain, comme c'est en principe la norme au sein de leur communauté. D'autant plus que, selon un des témoignages qui nous est parvenu, ils en usent volontiers pour la célébration de leurs messes privées...

 b) Les Frères et Sœurs de la Mission

S'inscrivant encore plus ouvertement dans la vague du Motu Proprio, les Frères et Sœurs de la Mission des pères Blin et Horovitz, ont eux aussi trouvé leur place dans le diocèse de Fréjus-Toulon.

C'est en juillet 2008 que Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a accueilli les Frères et Sœurs de la Mission, en la personne des pères Hubert Blin et Olivier Horovitz. Tous deux originaires du diocèse de Paris, les pères Blin et Horovitz désiraient alors développer un institut composé de prêtres et de frères menant une vraie vie religieuse inspirée de la règle des religieux de saint Vincent de Paul. Se voyant confier par Mgr Rey les paroisses de Carqueiranne et du Pradet, communes voisines du littoral varois, avoisinant chacune les dix mille habitants, les pères Blin et Horovitz, bien que naturellement très pris par leur charge paroissiale, se sont rapidement appliqués à mettre en pratique leur projet.

« L'engagement pris envers Mgr Rey, explique le père Blin, était de faire de nos paroisses des foyers ardents de vie chrétienne, en y observant les deux formes du rite romain et en y favorisant les dévotions populaires. » Dans cet esprit d'enrichissement mutuel des deux formes du rite, la liturgie traditionnelle est célébrée en semaine à Carqueiranne tandis qu'au Pradet, comme nous l'avons souligné dans notre lettre n°252, elle a trouvé sa place sans difficulté le dimanche à 11h30.

L'autre caractéristique majeure des Frères et Sœurs de la Mission, c'est leur souci de l'évangélisation de la jeunesse. « Dès notre arrivée, raconte en effet le père Blin, nous annoncions la fondation d’œuvres de jeunesse, et très spécialement de patronages non mixtes, sur le modèle des patronages des Religieux de Saint-Vincent de Paul. » De fait, le 2 septembre 2009, le patronage Saint-Joseph ouvrait ses portes aux garçons des deux paroisses. Installé dans la salle paroissiale du Pradet, il accueille chaque mercredi une trentaine de garçons âgés de 6 à 17 ans pour environ quatre-vingts inscrits.

En mai 2010, c'est un patronage pour jeunes filles qui a vu le jour à Carqueiranne, placé sous la protection de la sainte Vierge. Il a lieu le samedi et rencontre lui aussi un vif succès. Les activités des patronages alternent prière, « causeries » des prêtres, sport et jeux d'adresse ou de société, activités manuelles et sorties culturelles, les enfants disposant d'un temps en fin d'après-midi pour se confesser ou rencontrer individuellement un des prêtres.

Voici comment le père Blin justifie la création de ces patronages : « Aujourd’hui plus que jamais, le patronage est une œuvre de miséricorde, tant l’enfance et la jeunesse ont besoin d’éducation humaine et d’instruction religieuse. À l’heure où la fréquentation du catéchisme ne cesse de décroître, au point de disparaître dans de nombreuses paroisses, alors qu'il est une institution de chrétienté, le patronage est l’une des rares réponses missionnaires pour joindre les enfants et les familles, notamment de milieux populaires. Si l’Église n’occupe pas ni n’évangélise les loisirs, le sport et certaines disciplines artistiques comme la musique, si, en outre, elle n’offre pas, dans une même structure d’accueil catholique, le service du soutien scolaire, voire de l’orthophonie, elle perdra le monde des enfants et des jeunes. Pour cela le patronage, animé par des religieux totalement donnés et assistés de laïcs militants, ouvert tous les jours, est sans doute la seule réponse à cet immense défi contemporain. Cette œuvre missionnaire doit viser l’autonomie en moyens pédagogiques et matériels, être en phase avec la législation et offrir le maximum de compétences et de diplômes chez ses animateurs. »

Pour le père Blin, « le patronage doit chercher à devenir pour les enfants, dans le cadre paroissial et si possible en liaison avec un lieu d'enseignement catholique, un lieu de vie, comme une seconde famille ».

Ce souci de la jeunesse chez les Frères et Sœurs de la Mission leur vient de leur saint patron, le bienheureux Antoine Chevrier (1826-1879), prêtre lyonnais, fondateur de l’Institut du Prado et entièrement dévoué au catéchisme des enfants. « Parmi toutes les facettes de la personnalité du bienheureux Antoine Chevrier, certaines sont particulièrement d’actualité, justifie le père Blin. Il y a d’abord la simplicité de vie, et cela dans l’imitation la plus concrète de Jésus et de son Évangile. Il y a aussi, à l’intérieur du ministère sacerdotal, le plus grand soin apporté au catéchisme des enfants et aux œuvres de jeunesse. »

De la même façon que le père Chevrier avait quitté la cité ouvrière de l'Enfant Jésus au motif que les œuvres sociales y prenaient le pas sur le soin de l'âme des enfants, les pères Blin et Horovitz n'ont pas souhaité rejoindre une communauté existante s'inspirant de l'exemple du père Chevrier car ils n'y retrouvaient ni la primauté du catéchisme pour enfants ni celle de la vie religieuse. « Nous avons en effet la conviction, poursuit le père Blin, que seule la vie religieuse, celle des trois vœux de pauvreté, d’obéissance et de chasteté, dans la vie communautaire et toutes les traditions éprouvées, seule la vie religieuse est à la hauteur de cette tâche. »

L’amour de Jésus et de l'Évangile, la simplicité de vie, le catéchisme et le patronage, les dévotions populaires, le tout réalisé en communauté et en paroisse, voilà en résumé les objectifs spirituels et missionnaires que les Frères et Sœurs de la Mission poursuivent. Pour cela, comme pour tout le reste, ils ne cherchent aucune originalité, ni en théologie, ni en spiritualité, ni en vie religieuse, ni en apostolat. Ils ne veulent, insiste le père Blin, « que recevoir, reprendre, poursuivre, dans l’obéissance au Pape et à notre évêque, les accents théologiques et spirituels, les méthodes, les coutumes, les intuitions et les dévotions du père Chevrier ».

Actuellement, les Frères et Sœurs de la Mission comptent deux prêtres, un « regardant » et une douzaine de laïcs réunis dans un tiers-ordre, la Confrérie du Cœur Immaculé de Marie. Pris par la vie de paroisse et le lancement des patronages, les pères Blin et Horovitz ont eu jusqu'ici peu de temps pour se consacrer au développement de leur institut, en assurer la promotion et attirer à eux des vocations. L'année à venir devrait leur permettre de le faire, maintenant que la phase d'acclimatation à leurs nouvelles paroisses est derrière eux.

Laissons toutefois le dernier mot sur cette communauté naissante au bienheureux Antoine Chevrier, cité par le père Blin : « Connaître Jésus-Christ, aimer Jésus-Christ, imiter Jésus-Christ, suivre Jésus-Christ, voilà tout notre désir, voilà toute notre vie ! »

LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) Chaque semaine, nous recevons des dizaines de commentaires et réflexions de lecteurs que nous utilisons à vrai dire fort peu, tout simplement faute de temps. Toutefois, vos informations, critiques ou suggestions finissent toujours par trouver un écho dans l'une ou l'autre de nos lettres, en nous incitant à creuser ici plutôt que là ou à mettre l'accent sur tel sujet plutôt que sur tel autre. C'est en particulier le cas cette semaine car, si nous connaissions le projet des pères Blin et Horovitz notamment parce que ces deux prêtres ont eu à subir les courroux diocésains à Paris pour avoir osé répondre favorablement au motu proprio Summorum Pontificum, nous n'avions encore jamais eu l'idée de le présenter dans le détail. Quant aux Servi Jesu et Mariae, nous avions entendu parler d'eux mais sans savoir qu'ils étaient présents à Toulon. Merci donc à vous, lecteurs, pour la lecture attentive que vous faites de nos lettres.
2) L'esprit de « mission » au service de la « nouvelle évangélisation » voulue par le Saint Père : au-delà des Frères et Sœurs de la « Mission » et des « Missionnaires » de la Miséricorde divine (MMD) de l'abbé Loiseau, c'est tout le diocèse de Fréjus-Toulon qui est marqué par cette exigence. L'appartenance de Mgr Rey à la Communauté de l'Emmanuel est sans doute pour beaucoup dans cette orientation forte du diocèse. Cependant, il est notable que les communautés Summorum Pontificum du diocèse portent elles aussi de manière ostensible cette vocation missionnaire. La liturgie traditionnelle non seulement n'est donc en rien un obstacle à la nouvelle évangélisation mais, les fruits le prouvent, elle a la capacité d’en devenir le fer de lance, que ce soit en direction des musulmans (MMD) ou des enfants (pères Blin et Horovitz). Cela ne nous surprend pas et répond parfaitement aux espérances de Benoît XVI. C'est même un fait incontestable qui mérite d'être martelé pour ceux qui pensent encore que « messe en latin » = « retour en arrière ». Bien au contraire, la liturgie traditionnelle, dans le cadre nouveau créé par le motu proprio, est un élément de dynamisme paroissial et même, comme c'est le cas à Toulon, diocésain.

[Tugdual Denis - francesoir.fr] Politique - Ces "cathos" qui n’aiment pas Marine Le Pen

SOURCE - Tugdual Denis - francesoir.fr - 14 janvier 2011
Longtemps très influents à l’extrême droite, les adeptes de la messe en latin se disent « désabusés » devant ce qui se passe au FN. Surtout si, en plus, c’est la fille du fondateur qui doit lui succéder.

Dimanche 9 janvier, 13 heures. Après deux heures d’une longue messe en latin, les paroissiens de l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile (Paris, IXe) se retrouvent comme chaque dimanche, la messe terminée, sur le parvis. Ils aiment ce rendez-vous dominical. Ce sont des catholiques traditionalistes, très à droite, minoritaires au sein de l’Eglise, très organisés dans leur communauté. Alors, sur cette petite place, à deux pas des Folies-Bergères, comme d’habitude, des petits groupes se forment. On échange des cigarettes et des nouvelles. On discute. Tous – ou presque – se connaissent : ils se côtoient dans le cadre du scoutisme, des conférences sur la bioéthique organisées par la paroisse. Parfois aussi lors de manifestations politiques.

Sur les 220 personnes présentes à cette messe, « au moins 60 » appartiennent à la « droite dure », confie un familier des lieux, qui veille au choix des mots : « droite dure » plutôt qu’extrême droite. Au début un peu méfiants, ces fidèles acceptent assez vite de parler du Front national, à l’approche du Congrès qui marquera la fin de la très longue carrière politique de Jean-Marie Le Pen. Un leader auquel, ils l’admettent, ils ont « cru », qu’ils ont longtemps soutenu mais qui, selon eux, a… « mal fini ».

« Nous sommes les éternels cocus »

Aujourd’hui, il est vrai, le FN ne semble plus être « la » réponse politique qu’ils espéraient, et qu’ils attendent. Le vote interne visant à départager Bruno Gollnisch de Marine Le Pen pour la présidence du parti ? Cela ne les intéresse pas vraiment, disent-ils. « Avant, on avait l’impression que le FN était un parti de propositions, pouvant séduire une certaine élite », avance cet étudiant au cou protégé par un foulard de soie et qui se dit « encarté à l’UMP ». Il s’explique : « C’est devenu un parti populiste, à la recherche du vote ouvrier. » « Il y a chez nous comme un dégoût de la politique renchérit, à quelques pas de là, un père de famille très désabusé. Nous sommes les éternels cocus : même au Front national, on n’entend plus beaucoup parler de la famille, du travail dominical ou de la défense de la vie (comprendre : de la lutte contre l’avortement). En 2012, moi qui ai toujours voté Le Pen, il est probable que, cette fois, je ne voterai pas… »

Bruno Gollnisch apparaît comme le candidat le plus proche des « valeurs » chères à ces catholiques-là. « Bruno est pratiquant, et a un frère prêtre », aime d’ailleurs à rappeler Jean-Marie Le Pen. Et « Bruno », comme l’appellent ses amis, reste, lui, très ferme sur la question de l’avortement. L’autre jeudi, à Nanterre, lors des vœux du FN, il confiait, pas mécontent de se démarquer de sa rivale, sa volonté de « changer cette loi pour une autre législation ». De fait, Marine Le Pen privilégie, elle, le principe d’un « accompagnement » des femmes. Pour le reste, elle fait remarquer que « beaucoup de catholiques ne demandent pas l’abrogation de la loi Veil ».

Pourtant, chez les « tradis » – selon l’expression qu’ils revendiquent – il s’agit là d’un point capital. Michel Janva, administrateur d’un blog très connu de ce milieu-là (le Salon beige, 15.000 visiteurs quotidiens revendiqués), assure que Benoît XVI a fixé « trois points non négociables » : le respect de la vie, la défense de la famille, la liberté scolaire (défense de l’école privée). « Le premier point, dit-il, a soulevé beaucoup de débat sur notre site. Marine Le Pen a, sur ce sujet, des déclarations ambiguës. On sent qu’en tant que femme médiatique, elle ne veut pas trop insister sur un thème qu’elle juge peu porteur. » De fait, Bernard Anthony, longtemps chef de file de la branche « catho tradi » du FN (avant de quitter le mouvement), ne cache pas sa préférence : Gollnisch, d’abord.

« Elle est deux fois divorcée »

Vite, on passe, chez certains, de la « théorie » aux attaques en piqué contre la vie privée : « Marine Le Pen a divorcé deux fois. L’affect joue toujours », insiste Janva, l’air de rien. Une frange du FN continue d’ailleurs à la prendre à partie en brocardant « la night-clubbeuse ». N’a-telle pas, à sa façon, une image de femme libérée, loin des canons en vigueur chez les afficionados de la messe à l’ancienne ? Elle-même se dit « très déçue » par les commentaires de ces traditionalistes, estimant leurs procès d’intention « idiots, absurdes et blessants ». Et de rappeler que ses trois enfants ont été baptisés à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, place forte intégriste du Ve arrondissement de Paris.

Il reste que ces catholiques-là n’intéressent plus vraiment le FN, en tout cas beaucoup moins qu’autrefois. A France-Soir, Marine Le Pen soutient : « Je ne fixe pas mon projet politique en fonction de telle ou telle demande religieuse. » En coulisses, son équipe sort la calculette : « Notre électorat, à 95 %, n’est ni bourgeois ni catholique. Les catholiques conservateurs représentent le passé et s’opposent à notre stratégie de modernisation. On ne rappellera jamais des gens comme Bernard Anthony. Ils nous sont nuisibles », lâche un conseiller de la fille de Jean-Marie Le Pen.

Marine Le Pen, pendant ce temps, se tait. Elle qui a baigné toute sa vie dans un catholicisme vague, presque du terroir, qu’elle a hérité de son père : « Mon mari ne prie pas le soir en se couchant, confie Jany Le Pen, l’épouse (protestante) du fondateur du FN. De même qu’il a le respect du paysan, il a le respect du curé : la population regroupée autour de son église, dans un village, c’est apaisant… »

[laportelatine.org] Don Massimo Sbicego: pourquoi je rejoins la FSSPX

SOURCE - laportelatine.org - Janvier 2011
Dans les trois lettres reproduites ci-dessous, Don Massimo Sbicego, 38 ans, curé d'une paroisse du diocèse de Vincenza (Italie) explique les raisons qui l'ont "obligé" à rejoindre la FSSPX
Lettre à ses anciens paroissiens du 11 janvier 2011

Bien chers Fidèles,

Il me semble opportun, après quelques jours, de sortir de la réserve qui a caractérisé mon départ : sachez avant tout que cela m’a fait de la peine à moi aussi de ne pas vous avoir salué en personne pour vous témoigner l’estime que j’ai pour vous.

Ma décision d’entrer dans la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, et les motivations qui l’ont déterminée ne datent pas d’hier : déjà il y a deux ans j’en avais parlé avec Monseigneur Nosiglia, qui était alors l’archevêque de Vicenza (Vicence) pour lui demander de m’accorder une année “sabbatique” pour me rendre dans l’une des maisons de la Fraternité.

À la mi-décembre j’ai parlé de nouveau et en toute franchise de ma décision avec Monseigneur Furian; l’administrateur diocésain m’a reçu et écouté avec une extrême bienveillance, en me manifestant son désir que je laisse l’autorité diocésaine se charger elle-même de la tâche de donner des explications. Cette intention m’a également été manifestée par le Vicaire du lieu. Cette demande m’est parue raisonnable et j’ai trouvé que l’accepter était de ma part un signe de bonne volonté envers mes supérieurs que je voulais laisser libres de gérer au mieux la situation qui se présentait : je m’en suis donc allé sans bruit afin, entre autre, d’éviter de vous impliquer directement dans cette délicate question de conscience. C’est tout.

Vous trouverez ci-joint la même lettre et le même petit mot d’accompagnement que j’ai envoyés à Monseigneur Furian, après notre entretien personnel de la mi-décembre ; ce sont des textes qui expriment non seulement la conscience d’une situation ecclésiale, mais aussi ce que je pense au fond de moi.

Je remercie tous ceux qui au cours des derniers jours m’ont exprimé qu’ils m’étaient proches. Je vous salue affectueusement et je demande au Seigneur de vous bénir.

Don Massimo

Lettre à Don Ludovico du 21 décembre 2010

Très cher don Ludovico,

Je te remercie de tout cœur pour l’entretien paternel du 14 décembre et pour la lettre que tu m’as envoyée par la suite ; j’ai ressenti dans cette lettre l’estime, la compréhension et l’humanité qui du reste est réciproque.

Le choix de la Fraternité Saint Pie X, à part être un choix de conscience, se base sur de profondes convictions doctrinales, sur une recherche de Vérité, qui est Notre Seigneur, qui m’ont interrogé, et parfois inquiété, pendant des années jusqu’à remettre en discussion le ministère que j’ai reçu. Dans la Fraternité j’ai trouvé le sens profond du Prêtre Catholique, à tel point que je pourrais oser dire : “ La plupart penseront que je quitte le Diocèse; en réalité, en tant que Catholique, je suis en train de revenir à la maison".

Don Massimo
Lettre du 14 décembre 2010 à Mgr  Ludovico Furian, Administrateur diocésain

Je m’apprête à écrire ces quelques lignes pour rendre raison d’un choix qui est un choix de conscience, de Foi, et surtout de cohérence avec l’appel de Notre Seigneur au Sacerdoce et avec l’idéal sacerdotal.

Souvent on nous demande à nous prêtres si nous avons rencontré Jésus ; aujourd’hui je peux dire : “Oui! Je L’ai rencontré”. Je l’ai rencontré aux pieds d’une croix qui surplombait un vieil autel, pendant que j’offrais la Victime Sainte et Immaculée, pour mes péchés, pour ceux qui assistaient à la Sainte Messe, pour tous les fidèles chrétiens vivants et défunts. Je l’ai rencontré à travers un rite liturgique, celui de toujours, celui que le Saint Père veut revaloriser malgré des milliers d’obstacles, qui signifie bien plus qu’une cérémonie extérieure : ce rite rend réellement présent le Calvaire et le Sacrifice de la Croix entre mes mains, d’une manière mystérieuse mais claire, il me fait être et sentir uni au Christ, surtout à travers le désir de L’imiter comme prêtre, pasteur et d’une certaine manière comme victime, en offrant mes croix quotidiennes en union avec Lui.

Pendant que je célébrais le Saint Sacrifice le Seigneur lui-même a réveillé en moi une graine assoupie, presque suffoquée par des pastorales qui ne mènent à rien et par des “virages anthropologiques” poétiques, la graine de Son appel au Sacerdoce : “Je te veux pour Moi, pour le Salut des âmes » : voilà l’idée qui jaillit du Saint Sacrifice de la Messe, l’unique, la Sainte Messe de toujours. Pour moi aujourd’hui, il est incroyable et insupportable que la Sainte Messe, le cœur vivant et battant de la Grâce dans l’Église, soit soumise au  crible de ceux qui la trouvent “ennuyeuse”, qu’il y ait besoin de “réfléchir sur comment valoriser les signes” de manière créative, avec des personne qui, de la vie et du Sacrifice de Notre Seigneur ont compris peu de choses, voire rien. Par ailleurs, je me rends compte que ce problème est lié à la nature conviviale du Novus Ordo : le repas s’il n’est pas séduisant, vivant, émotionnant est une invitation  importune ; je pense que le risque concret est de construire une célébration et une Église adolescentes, qui cherchent à « séduire » plus qu’à « sanctifier ».

Une voix influente a parlé d’ “apostasie silencieuse” : la même que celle que j’ai par expérience vu se répandre chez nos enfants et nos jeunes en enseignant dans les collèges et les lycées, en les rencontrant à la paroisse plutôt que dans la rue ; je pense que cela dérive d’avoir endossé inconsciemment la mentalité du monde contemporain avec son égoïsme, l’absence d’esprit de sacrifice, de la mortification, la négation ou l’ignorance du surnaturel, le relativisme religieux et éthique, etc. Pourtant, le point dolens est que nos parcours de catéchisme, les groupes, l’IRC (NDLR : Enseignement de la Religion Catholique.), favorisent tout cela, pendant que la doctrine catholique est oubliée, non enseignée, parfois même ridiculisée en faveur de “dimensions humaines” qui n’en viennent jamais au fait : mûrir un choix conscient et inconditionnel de Foi et de vie Catholique.

Face à cela, la Sainte Messe Tridentine impose, avec la force de la Grâce et de la Tradition, une mise en discussion de notre tiédeur, une réforme personnelle de vie, en même temps qu’une ecclésiologie sensée dans laquelle les fidèles continuent leur combat dans le monde, au travail, en famille, dans le sport, en découvrant que le monde ne les aime pas parce qu’ils sont du Christ et de l’Église Catholique ; les Prêtres se consacrent à Dieu, dans l’oraison et dans l’apostolat, pour soutenir, exhorter, faire mûrir, donner la Grâce sacramentelle qui est le Christ lui-même.

Un combat pacifique, et non pas irénique, et certainement pas avec un “profil bas” ; je sens qu’on ne peut proroger une Église qui ait le courage de la Vérité, le courage de la redire aujourd’hui, parce que la Doctrine n’est pas sa propriété mais représente le Bon Dépôt que le Christ Lui a donné : l’Unicité du Salut de Notre Seigneur ; le sens de la vie orientée vers les quatre fins de l’Homme ; le sens du Sacrifice du Christ dont chacun peut recevoir la Grâce qui sauve ; le sens d’un engagement sérieux, fait d’ascèse et de caritas, que le Seigneur récompensera au moment opportun ; le sens de la Présence Vraie, Réelle, du Christ dans l’Hostie ; le sens de l’Espérance pour tous les crucifiés de l’histoire, parce que le Christ a été le premier d’entre eux et qu’Il continue à l’être quotidiennement  sur l’Autel ; le sens d’une Église capable encore d’enseigner aux jeunes à se mettre à genoux pour réciter le Saint Rosaire ; le sens d’une Parole au service du Saint Sacrifice ; une Parole illuminée par la Tradition constante plutôt qu’abandonnée à des interprétations hors du temps, éphémères, au « magistère » subjectif de la ménagère lambda, plutôt que de l’improbable exégète de service, en opposition avec le Magistère de l’Église.

Combien ce passage de Saint Paul me fait réfléchir, qui dit : « En effet, un jour viendra où l’on ne supportera plus la saine doctrine, mais, pour le plaisir d’entendre quelque chose, les hommes s’entoureront de maîtres selon leurs propres désirs, refusant d’écouter la vérité pour se tourner vers les fables”…. Et que de confusion j’entends, que de banalités, que de sottises, que de « théologies” à la page* (*NDLR : en français dans l’original italien).

Aujourd’hui je suis prêt pour choisir Notre Seigneur, plus peut-être que lorsque j’ai été ordonné, il y a dix ans, parce que je vois l’histoire qu’Il a écrite avec moi ; tout en étant triste pour tant de confrères qui, même récemment, ont abandonné le ministère, avec un peu de nostalgie pour le Diocèse que je continue d’aimer et auquel je reste profondément lié, aujourd’hui je choisis de continuer ma vie de consécration là où Il est présent avec Vérité, Foi, Doctrine, Espérance, pour un avenir de reconstruction de l’Église : je choisis la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X.

Je demande humblement à un homme simple, au sourire sincère, à un Évêque à la stature énorme, Monseigneur Bernard Fellay, de m’accueillir dans le combat contre l’autodémolition de l’Église, afin que le Christ ressuscite dans les cœurs et dans les sociétés.

Par la présente je donne donc ma démission en tant que prêtre de l’Unité pastorale Alta Valdastico à partir de midi du 30 décembre, en priant pour Vous, Monseigneur Vicaire, en vous demandant de pourvoir au soin pastoral de ces paroissiens que j’aime.

Tant que je suis resté, je Vous ai donné mon cœur et je me suis efforcé de transmettre un peu de la Foi Catholique. Cependant, sans la Sainte Messe de toujours, la Messe Tridentine, le ciel reste fermé et la dérive est inévitable. (M. Devies, "La riforma liturgica anglicana").

Convaincu du respect réciproque pour ce choix de conscience si longuement préparé et de la prière réciproque qui nous unit à l’Unique Église Catholique, je supplie le Seigneur afin que : "Corpus Domini nostri Iesu Christi custodiat animam nostram in vitam æternam".

Don Massimo

Traduction par La Porte Latine

[abbé de Cacqueray, fsspx - Fideliter] La curie au service du pape

SOURCE - abbé de Cacqueray, fsspx - Fideliter n° 199 - janvier-février 2011

Le pape Jean XXIII, interrogé un jour pour savoir combien de personnes travaillaient à la curie, répondit (rapporte la rumeur) : « Oh ! à peu près la moitié

Cette classique plaisanterie romaine est un assez bon résumé des critiques qui, tout au long des siècles, furent élevées contre « l’incurie romaine. » On a beaucoup brocardé sa lenteur, son inefficacité, sa lourdeur, sa vénalité, son étroitesse d’esprit, son esprit de cour, ses passe-droits, etc.

Ces critiques ne sont pas toutes infondées. Institution humaine, la curie a inévitablement des défauts. Majoritairement peuplée d’Italiens, elle reflète les traits de ce peuple, donc éventuellement les moins bons. De plus, au cours du temps et de l’histoire, elle a forcément connu des hauts et des bas, des heures de gloire et des moments de décadence. Cependant, ces critiques ne sont pas toutes pertinentes, car elles tendent à oublier le statut même et le but de la curie.

Sa lenteur proverbiale, par exemple, n’est pas due exclusivement, ni même premièrement, au farniente italien : il s’agit d’une véritable stratégie diplomatique, parfaitement voulue et pensée. « Roma aeterna », affirme le dicton, Rome a l’éternité pour elle et elle sait que le temps travaille déjà pour elle.

Par ailleurs, et plus fondamentalement, la critique de la curie prend essentiellement sa source, non dans ses démérites réels ou supposés, mais bien dans son statut propre : être le principal instrument de la papauté. C’est bien le « gouvernement des prêtres », le sacerdoce, le siège apostolique, l’Église, qui sont attaqués, de façon plus ou moins hypocrite, par la plupart des critiques. Ce n’est donc pas l’inefficacité de ce bras armé du pape, c’est au contraire son efficacité pour la diffusion du règne de Dieu qui est le plus ordinairement visé par ces reproches.

En vérité la curie, sans doute humaine et trop humaine, et bien qu’il existe en son sein des moutons noirs, repose sur un véritable dévouement, une dévotion même, à l’égard du souverain pontife. Que l’on songe qu’elle réussit à régir aujourd’hui une Église de plus d’un milliard de baptisés avec moins de 3 000 fonctionnaires mal payés, quand la seule ville de Paris en mobilise plus de 45 000 pour un peu plus de deux millions d’habitants.

Cependant, comme la curie n’est jamais que l’émanation du successeur de Pierre, s’applique à elle le principe : « Tant vaut le pape, tant vaut la curie ». En tenant compte, évidemment, des résistances dues aux clans et aux intérêts, c’est le souverain pontife qui donne l’impulsion à la curie, nomme ses responsables et forme son esprit. On ne peut, évidemment, comparer la curie d’un saint Grégoire le Grand, d’un saint Grégoire VII ou d’un saint Pie X avec celle d’un Jean XI au X° siècle ou d’un Alexandre VI Borgia au XVI°.

Dans la crise actuelle, la curie est donc forcément à l’image des papes qui se succèdent, eux-mêmes imprégnés plus ou moins de l’esprit de Vatican II. Chaque fois que la curie, à la suite du pape, agit dans le droit fil de la Tradition, elle peut bien faire, les circonstances étant seules responsables d’un éventuel échec. Chaque fois qu’elle agit en vertu de faux principes, il est certain qu’elle fait mal, nonobstant toute bonne volonté.

C’est seulement par l’élimination des erreurs dont nous mourons aujourd’hui que pourra un jour advenir, et le plus tôt possible, la pleine restauration de la curie, comme de l’Église elle-même.

Abbé Régis de Cacqueray +, Supérieur du District de France

[summorum-pontificum.fr] On nous remet le couvert sur les tradis nuisibles au Front national

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 14 janvier 2011

Cela ne devrait pas avoir beaucoup de rapport avec l’application du motu proprio Summorum Pontificum. Mais la presse en a décidé autrement. Dans un article disponible sur le site de France Soir, on s’attarde sur ces « “cathos” qui n’aiment pas Marine Le Pen ». Le journaliste qui a commis ce papier les a trouvés à la sortie de la messe de l’église Sainte-Eugène-Sainte-Cécile. Il y a peu, ici ou à Saint-Nicolas du Chardonnet, ils auraient été accusés d’être favorables au Front national. Aujourd’hui, c’est le contraire.
Comme Marine Le Pen ne fait pas de la famille, du travail dominical ou de la défense de la vie les priorités de son programme (toujours selon notre journaliste), ces catholiques sont perçus comme en opposition avec sa ligne politique. De toute façon, ces « catholiques-là » (sic) sont perdus aux yeux du journaliste : « Après deux heures d’une longue messe en latin, les paroissiens de l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile (Paris, IXe) se retrouvent comme chaque dimanche, la messe terminée, sur le parvis. Ils aiment ce rendez-vous dominical. Ce sont des catholiques traditionalistes, très à droite, minoritaires au sein de l’Eglise, très organisés dans leur communauté. »
En plus, ils lisent le Salon beige et il semble à lire l’article que c’est Michel Janva qui a inventé l’histoire des points négociables en en attribuant la parternité à Benoît XVI : « Michel Janva, administrateur d’un blog très connu de ce milieu-là (le Salon beige, 15.000 visiteurs quotidiens revendiqués), assure que Benoît XVI a fixé « trois points non négociables » : le respect de la vie, la défense de la famille, la liberté scolaire (défense de l’école privée). » De toute façon, à en croire le journaliste, cet électorat n’intéresse pas le FN parce que l’attachement au catholicisme est considéré comme bourgeois et conservateur. Il dresse d’ailleurs le portrait d’un paroissien de Saint-Eugène qui confirme une telle vision : « Avant, on avait l’impression que le FN était un parti de propositions, pouvant séduire une certaine élite », avance cet étudiant au cou protégé par un foulard de soie et qui se dit « encarté à l’UMP ». Il s’explique : « C’est devenu un parti populiste, à la recherche du vote ouvrier. »
Bardé de certitudes acquises à la lecture de Pif Gadget et du Journal de Mickey, le journaliste de France Soir a trouvé des « méchants » encore plus « méchants » que les « méchants » : les catholiques favorables à la forme extraordinaire. Il les a conviés dans un débat politique qui ne les regarde pas spécialement, sauf pour ceux qui sont membres du Front national. La dialectique est savoureuse d’ailleurs. Si ces catholiques sont membres du Front national, ils sont considérés comme les « durs » du parti. S’ils n’en sont pas membres, c’est qu’ils sont encore « plus durs » ou alors tellement bourgeois qu’ils méprisent le peuple. De toute façon, ils ont tort.
Que ces catholiques essayent de vivre de leur foi le mieux possible ; qu’ils tirent les conséquences pratiques de leur appartenance à l’Église ; qu’ils entendent suivre le magistère et qu’ils veulent se nourrir de la richesse de l’antique messe latine, autant d’aspects qui visiblement n’ont pas traversé l’esprit du journaliste de France Soir. Dans une querelle politique, il a invité la question liturgique qui n’a rien avoir avec le problème. Il a juste sécularisé une question religieuse. Ce n’est pas grave, on a l’habitude.

[summorum-pontificum.fr] On nous remet le couvert sur les tradis nuisibles au Front national

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 14 janvier 2011

Cela ne devrait pas avoir beaucoup de rapport avec l’application du motu proprio Summorum Pontificum. Mais la presse en a décidé autrement. Dans un article disponible sur le site de France Soir, on s’attarde sur ces « “cathos” qui n’aiment pas Marine Le Pen ». Le journaliste qui a commis ce papier les a trouvés à la sortie de la messe de l’église Sainte-Eugène-Sainte-Cécile. Il y a peu, ici ou à Saint-Nicolas du Chardonnet, ils auraient été accusés d’être favorables au Front national. Aujourd’hui, c’est le contraire.

Comme Marine Le Pen ne fait pas de la famille, du travail dominical ou de la défense de la vie les priorités de son programme (toujours selon notre journaliste), ces catholiques sont perçus comme en opposition avec sa ligne politique. De toute façon, ces « catholiques-là » (sic) sont perdus aux yeux du journaliste : « Après deux heures d’une longue messe en latin, les paroissiens de l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile (Paris, IXe) se retrouvent comme chaque dimanche, la messe terminée, sur le parvis. Ils aiment ce rendez-vous dominical. Ce sont des catholiques traditionalistes, très à droite, minoritaires au sein de l’Eglise, très organisés dans leur communauté. »

En plus, ils lisent le Salon beige et il semble à lire l’article que c’est Michel Janva qui a inventé l’histoire des points négociables en en attribuant la parternité à Benoît XVI : « Michel Janva, administrateur d’un blog très connu de ce milieu-là (le Salon beige, 15.000 visiteurs quotidiens revendiqués), assure que Benoît XVI a fixé « trois points non négociables » : le respect de la vie, la défense de la famille, la liberté scolaire (défense de l’école privée). » De toute façon, à en croire le journaliste, cet électorat n’intéresse pas le FN parce que l’attachement au catholicisme est considéré comme bourgeois et conservateur. Il dresse d’ailleurs le portrait d’un paroissien de Saint-Eugène qui confirme une telle vision : « Avant, on avait l’impression que le FN était un parti de propositions, pouvant séduire une certaine élite », avance cet étudiant au cou protégé par un foulard de soie et qui se dit « encarté à l’UMP ». Il s’explique : « C’est devenu un parti populiste, à la recherche du vote ouvrier. »

Bardé de certitudes acquises à la lecture de Pif Gadget et du Journal de Mickey, le journaliste de France Soir a trouvé des « méchants » encore plus « méchants » que les « méchants » : les catholiques favorables à la forme extraordinaire. Il les a conviés dans un débat politique qui ne les regarde pas spécialement, sauf pour ceux qui sont membres du Front national. La dialectique est savoureuse d’ailleurs. Si ces catholiques sont membres du Front national, ils sont considérés comme les « durs » du parti. S’ils n’en sont pas membres, c’est qu’ils sont encore « plus durs » ou alors tellement bourgeois qu’ils méprisent le peuple. De toute façon, ils ont tort.

Que ces catholiques essayent de vivre de leur foi le mieux possible ; qu’ils tirent les conséquences pratiques de leur appartenance à l’Église ; qu’ils entendent suivre le magistère et qu’ils veulent se nourrir de la richesse de l’antique messe latine, autant d’aspects qui visiblement n’ont pas traversé l’esprit du journaliste de France Soir. Dans une querelle politique, il a invité la question liturgique qui n’a rien avoir avec le problème. Il a juste sécularisé une question religieuse. Ce n’est pas grave, on a l’habitude.

13 janvier 2011

[Nancy Beaulieu - La Voix de l'Est] Les Saint-Pie X en feront un lieu de culte

SOURCE - Nancy Beaulieu - La Voix de l'Est (Canada) - 13 janvier 2011

(Saint-Césaire) L'ancien couvent de Saint-Césaire deviendra un lieu de culte pour des membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), une société conservatrice basée en Suisse qui a pour but la formation de prêtres. Une dizaine de religieux y vivront leur retraite et des messes en latin seront célébrées dans la chapelle de l'édifice de 150 ans, qui sera entièrement rénové.

Anciennement propriété de la CoopAQ, l'édifice, qui devrait dorénavant s'appeler le Centre Saint-Joseph, a été acheté 385 000$ par les Résidences du Précieux Sang, un centre d'hébergement pour personnes âgées de Lévis et son directeur général, Jérôme Poulin, qui seraient liés à la FSSPX.

M. Poulin n'a pas donné suite à nos demandes d'entrevues au cours des derniers jours. Il n'a pas non plus été possible de parler à un représentant de la FSSPX, hier.

Présente dans une soixantaine de pays, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X compte six séminaires internationaux établis sur quatre continents. Elle se consacre à diverses oeuvres, dont les aumôneries, les maisons de retraite spirituelle, les écoles primaires et secondaires, l'enseignement supérieur, les résidences pour personnes âgées, les dispensaires et missions, ainsi que les oeuvres de charité.

[DICI - Abbé Yannick Escher] La crise de l’Eglise vue par un prêtre suisse

SOURCE - dici.org - 13 janvier 2011

L’abbé Yannick Escher, prêtre suisse, a découvert la Tradition par la Fraternité Saint-Pie X. Il dresse un constat alarmant de la situation du clergé après le Concile Vatican II.
 

[summorum-pontificum.fr] Tu es Petrus continue le débat sur le livre de Mgr Gherardini

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 13 janvier 2011

Le dernier numéro de Tu es Petrus, revue des amis de la Fraternité Saint-Pierre en Fance, vient de sortir. Sobrement, la Une titre sur le calendrier liturgique que publie la revue chaque année à cette époque. On y trouve, en effet, outre le calendrier liturgique pour 2011, la liste complète des lieux de culte des messes célébrées dans le cadre de l’application du motu proprio Summorum Pontificum.

Mais l’intérêt de ce numéro ne se limite pas là. La revue consacre, en effet, deux articles au livre de Mgr Gherardini Le Concile Œcuménique Vatican II : un débat à ouvrir. Le premier article est signé du Frère Polycarpe-Marie du Sacré-Cœur, dont on aimerait savoir d’où il vient. Le second est celui d’un laïc, Arnaud de Lassus, de l’Action familiale et scolaire, qui opère ainsi un retour dans les milieux Ecclesia Dei.

L’article du Frère Polycapre-Marie se veut très équilibré, évitant les jugements à l’emporte-pièce, essayant d’entrer dans le dessein de l’auteur, distribuant les bons et les mauvais points sur l’ouvrage lui-même. En conclusion, il s’accorde avec l’auteur de l’ouvrage pour ce qui concerne la nécessité d’un débat « théologique » (et non pas médiatique) sur le Concile Vatican II et plus, encore, sur la nécessité par la Magistère de clarifier plusieurs points de Vatican II, en opérant une œuvre magistérielle. Il se démarque de l’auteur quant à la méthode.

C’est ici qu’il faut faire entrer une remarque qui ne vise pas seulement l’article du Frère Polycarpe-Marie, mais plus globalement, le climat intellectuel dans lequel se trouve enfermé le catholicisme français. Quand l’auteur de l’article écrit qu’il apparaît fallacieux de résumer le livre de Mgr Gherardini en disant : « Même à Rome, on commence à discuter de la catholicité du concile Vatican II », il y a comme un fossé avec la réalité. En effet, nombre de cardinaux de curie, de théologiens et de prélats en poste à Rome, s’interrogent réellement sur cet aspect.

Ce phénomène n’est pas très ancien, mais il prend de l’ampleur. Il naît de trois faits successifs : le discours à la curie de 2005 sur l’herméneutique ; le motu proprio de 2007 et, les discussions doctrinales avec la Fraternité Saint-Pie X. Celles-ci ont, en effet, fait sauté un verrou intellectuel. Car si en France, on les perçoit dans les limites d’un accord avec la Fraternité Saint-Pie X, à Rome, elles ont été perçues comme le fait évident que le Vatican accepte pour la première fois de discuter officiellement son « Magistère », c’est-à-dire du Concile. Le climat intellectuel et moral a changé, ce que les traditionalistes français, dans leur réflexe ultramontain, seront les derniers à percevoir.

À commencer par le Pape lui-même, qui ne se voit pas en fabricant d’infaillibilité en permanence, plus personne n’est ultramontain à Rome. On peut donc discuter de ces sujets sans créer le scandale comme le montre aussi le récent colloque sur Vatican II organisé par les Franciscains de l’Immaculée. L’une des plus fortes interventions pour réduire la portée des textes conciliaires fut celle d’un membre de la curie, qui plus est de la Secrétairerie d’État.

Débattre de la catholicité de Vatican II, de la portée de ses documents, de la nécessité d’une intervention du magistère sont ressentis comme une nécessité à Rome. Pas par tous, bien évidemment. Pas dans le cadre d’un débat médiatique, non plus. Mais le fait est accepté. Et quand le Frère Polycarpe-Marie reproche à Mgr Gherardini de ne pas prendre en compte le fait que les traditionalistes ont ouvert ce débat depuis 40 ans, il a raison et il a tort. Il a raison car la question de Vatican II est posée par ces milieux depuis le début de leur contestation. Mais il a tort, parce que ce n’est pas le propos de Mgr Gherardini. Celui-ci n’a pas cherché à convaincre ceux qui étaient convaincus de la nécessité d’en discuter, il a cherché à convaincre les autres. C’est un livre ad extra. Le malheur est qu’en France il n’est discuté qu’à l’intérieur de la sphère traditionaliste. Pour le reste, un mur de Berlin idéologique existe encore.

12 janvier 2011

[summorum-pontificum.fr] L’abbé Fournié rejoint le diocèse de Bayonne

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 12 janvier 2011

Mon excellent confrère Perepiscopus – vous savez celui qui dit tout ce qui se passe chez les évêques de France – annonce que l’abbé Sébastien Fournié de l’Institut du Bon-Pasteur vient de rejoindre le diocèse de Bayonne de Mgr Aillet.

Ancien supérieur du convict romain de l’IBP, fermé cet été par le supérieur général de cet institut, l’abbé Philippe Laguérie, l’abbé René-Sébastien Fournié cherchait depuis lors à quitter l’IBP pour intégrer un diocèse. Une première approche avait été faite auprès du cardinal Barbarin, via Mgr Batut, chargé pour le diocèse de Lyon de la messe traditionnelle et de ceux qui entendent la célébrer. Finalement, cela n’avait pu se faire. L’idée, semble-t-il, avait été aussi de reproduire le concept du convict romain (que Mgr Pozzo aurait aimé sauver). Cette idée continue-t-elle dans le diocèse de Bayonne, nettement plus excentré que Lyon et nettement moins universitaire ? Impossible de répondre à cette question.

On évitera aussi de conclure que l’abbé de Tanoüarn, dont l’abbé Fournié est en quelque sorte le poulain, et pour lequel il avait pris parti dans l’affaire de Rome, comme il a naguère pris parti pour l’abbé Laguérie lors de ses difficultés avec la Fraternité Saint-Pie X, rejoindra à son tour le diocèse de Bayonne.

Sorte d’électron libre de la tradition, le directeur du Centre Saint-Paul a besoin de l’air parisien pour respirer et donc pour vivre. Hors de ce bocal, on l’imagine mal survivre longtemps. A sa manière, et sans pousser trop loin la ressemblance (au physique et au mental, ils n’ont en effet rien de commun), l’abbé de Tanoüarn est une sorte d’abbé Mugnier du XXIe siècle.

Ajout du 15 janvier :

1.Une source proche des protagonistes de cette affaire me signale que Mgr Jean-Pierre Batut, évêque auxiliaire de Lyon, n’a été mêlé ni de près ni de loin au contact de l’abbé René-Sébastien Fournié avec le cardinal Barbarin, contrairement à ce qu’une autre source proche des protagonistes avait affirmé. Dont acte…

2. Un lecteur me signale, par ailleurs, qu’il n’a pas apprécié la finale de mon post sur la « comparaison » entre l’abbé de Tanoüarn et l’abbé Mugnier. Je croyais avoir pris mes précautions dans sa rédaction, mais il faut décidément croire qu’on est souvent lu de travers, voire en filigrane. Pour avoir écrit que pas plus au « physique » qu’au « mental » les deux abbés ne se ressemblaient, on en infère donc que j’estimerais qu’au « moral » ils sont identiques. Évidemment, non ! Ce qui les identifie, l’un et l’autre, c’est leur passion littéraire et leur talent à l’exprimer. Et surtout, leur présence à Paris. C’était tout. Et rien d’autre.