21 décembre 2009

[Abbé Bouchacourt, fsspx] Lettre aux Amis et Bienfaiteurs d'Amérique du Sud

SOURCE - Abbé Bouchacourt - FSSPX - Echos de Patagonie n° 6 - Décembre 2009

Il est grand temps de vous donner des nouvelles de notre district d'Amérique du Sud que vous aidez avec tant de fidélité depuis de nombreuses années.

Le grand évènement de cette année écoulée est l'arrivée dans notre mission, en République Dominicaine, des Soeurs de la Fraternité Saint-Pie X. Il fallait voir l'accueil merveilleux que les fidèles et les prêtres ont réservé à nos religieuses. Depuis leur arrivée en juin dernier, l'apostolat de la mission connaît un développement magnifique qui sans aucun doute attirera les bénédictions divines sur tous et de nombreuses vocations.

L'école de la Mission rencontre un succès sans cesse croissant. Aujourd'hui, 180 élèves y reçoivent une éducation et un enseignement catholiques qui font référence dans toute la République Dominicaine. Nous devons penser dès à présent à l'ouverture d'un secondaire pour les garçons en vue de la prochaine rentrée en septembre 2010. Il nous faudra construire… Mais nous n'avons pas un peso dans notre besace… Comment trouver 60 000 dollars ?… Saint Joseph et les Ames du Purgatoire sauront bien nous aider !

Au Brésil, Monsieur l'abbé Daniel Maret, prêtre suisse valaisan, vient de prendre vaillamment la charge de notre prieuré de Sao Paulo. En février prochain, si Dieu le veut, la construction du nouveau prieuré et de son église sera achevée. Là aussi, l'apostolat de la Fraternité connaît un véritable « boum » ! Il est extraordinaire de voir arriver chaque semaine de nouveaux fidèles d'une piété exemplaire, désireux de connaître la Tradition et parfois terriblement meurtris par la révolution conciliaire, cause de tant de ravages dans ce pays. Les sectes se répandent partout, comme un cancer. Dans le diocèse de Campos, ce sont plus de 300 fidèles, déçus par Mgr Rifán et sa communauté, qui nous ont offert une église et deux chapelles, avec un presbytère et une maison de retraite ! Rien que cela… Tout est prêt pour recevoir trois prêtres. Mais le manque de vocations nous empêche pour l'instant de nous établir de manière stable dans la région. Ces derniers mois, les moines du monastère bénédictin de Santa Cruz et nos prêtres de Sao Paulo s'y rendent deux dimanches par mois. Leur séjour dure 4 jours. Ils en reviennent épuisés mais heureux d'avoir pu exercer leur apostolat avec tant de fruits.

En Argentine, notre école del Niño Jesus de La Reja a été approuvée définitivement par l'état. Elle jouit désormais du statut d'école rurale privée. Il n'y a pas d'autre cas dans tout le pays ! C'est un véritable petit miracle de l'Enfant Jésus de Prague dont Lui seul a le secret ! A la rentrée prochaine ce seront 115 enfants qui en franchiront les portes. Le déficit de cette oeuvre reste abyssal et grève lourdement le budget du district, malgré l'aide généreuse de la Maison Généralice qui nous évite de couler financièrement. Notre école Saint Dominique Savio à Mendoza, dirigée par Monsieur l'abbé Bon, prêtre français, et ouverte il y a deux ans, connaît aussi un beau succès puisque, en mars prochain, 150 enfants y seront admis. Cependant, malgré les demandes insistantes des parents, nous hésitons encore à ouvrir le secondaire, en raison des charges financières qui en découleront. En effet, notre petite école secondaire Padre Pio d'Alta Gracia n'a, malheureusement, pas résisté à l'étranglement financier qui l'accable et à la faiblesse de son recrutement. Elle devra fermer ses portes définitivement à la fin décembre 2009. Dieu laboure le district aussi avec les croix! Autre bonne nouvelle pour l'Argentine : la Maison Généralice vient de donner son feu vert pour commencer la construction du nouveau prieuré de Salta, ville située au Nord du pays. Le prieuré actuel n'a en effet pas l'eau potable et l'exiguïté des lieux empêche d'y affecter le troisième prêtre tant attendu. Le premier coup de pioche devrait être donné en mars prochain. Le chantier devrait durer un an et demi. L'année 2010 verra peut-être le début de la construction d'une maison de retraites spirituelles tant désirée depuis plusieurs années. Le chantier est prévu dans la région de Córdoba sur le terrain de huit hectares qui entoure le prieuré du lieu.

Au Chili, à Santiago, les autorisations pour la construction de notre prieuré et de notre église n'en finissent pas de nous parvenir. Vous n'imaginez pas les tracasseries administratives que nous rencontrons. Nous espérons que le chantier pourra démarrer en mars prochain, avec plus d'un an et demi de retard… Pour l'instant, c'est une tente qui fait office de chapelle pour accueillir les 250 fidèles, chaque dimanche!

Grâce à Dieu, trois nouveaux prêtres vont entrer dans le district lors des prochaines ordinations sacerdotales, conférées en décembre prochain. Notre petite armée de prêtres va ainsi atteindre le nombre de 38, mais c'est encore bien peu au regard des appels à l'aide que nous recevons de toutes parts. Avant d'ouvrir de nouvelles maisons, il faut consolider celles qui existent déjà en mettant dans chacune un troisième prêtre là où il fait encore défaut. Seuls les prieurés de Santa Maria au Brésil et de Salta en Argentine n'auront pas encore cette chance en 2010.

Comme vous pouvez le constater, chers amis, Dieu bénit notre apostolat et vous pouvez vous rendre compte combien votre aide nous est précieuse. Cependant, les soucis ne manquent pas non plus. Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point la décadence spirituelle et morale frappe notre continent. Les assauts pour légaliser l'avortement et le mariage homosexuel redoublent comme jamais. Petit à petit, ces monstruosités sont imposées comme en Europe. Certes, avec un courage certain, les épiscopats locaux tentent de réagir mais les principes invoqués pour mettre en échec ces projets sont trop humains et s'avèrent bien inefficaces. Les droits de Dieu, la Royauté du Christ sur la société sont passés sous silence. Les principes de Vatican II, qui minent l'Eglise de l'intérieur, rendent le combat inopérant et les évêques aphones. Il faut que l'esprit de sacrifice retrouve sa place. Seule la messe traditionnelle peut aider prêtres et fidèles à ce retour. Il est désolant de constater que ces mêmes évêques font tout ce qu'ils peuvent, à de rares exceptions près, pour empêcher une telle restauration. Face à ce déferlement infernal et à ces carences graves des autorités ecclésiastiques, la FSSPX s'efforce de servir l'Eglise et de sauver la Tradition catholique. Il est consolant en effet de voir de nombreux jeunes prêtres, ces derniers mois, s'approcher de la FSSPX pour apprendre à célébrer la messe traditionnelle et connaître notre combat. Par endroit, comme au Brésil, on retrouve l'enthousiasme et le zèle qui animaient les fidèles de France et de Suisse dans les années 70!

Soyez bien persuadés, chers amis et bienfaiteurs de Suisse, de Belgique, de France et de Navarre, que vos prières, vos sacrifices et votre générosité nous sont des aides précieuses, un encouragement et une consolation immense dans cette entreprise de restauration qui dépasse totalement nos forces. Cependant, je vous l'assure, nous sommes convaincus de la victoire. Quand arrivera-telle ? Peu importe ! Nous faisons ce que nous pouvons avec les armes merveilleusement efficaces que nous offre la Tradition catholique et qui ont fait la Chrétienté d'hier. Le développement de nos écoles catholiques, qui rassemblent plus de 550 enfants dans le district, les vocations qui déjà s'y épanouissent, la messe traditionnelle, fer de lance de l'apostolat, l'administration des sacrements, l'enseignement de la doctrine catholique éternelle, le chapelet et l'esprit de sacrifice qui attire la miséricorde de Dieu sur nos oeuvres, sont les moyens efficaces que la sainte Eglise nous offre et que notre vénéré Fondateur, Mgr Lefebvre, a sauvés. C'est seulement ainsi que nous pourrons regagner le terrain perdu après plus de 40 ans de débâcle conciliaire.

Chers amis et bienfaiteurs, je vous supplie de continuer à nous aider de vos prières et de votre générosité. Vous pouvez parrainer nos petits élèves, soutenir nos oeuvres comme vous le pourrez. Que Dieu récompense votre charité. Que la bonne Vierge Marie, Notre Dame de Guadalupe, Reine des Amériques vous garde tous. Avec l'assurance de nos prières reconnaissantes dans les Coeurs de Jesus et Marie.

Padre Christian Bouchacourt, Supérieur de District d'Amérique du Sud

[Perepiscopus] Mgr Wintzer assiste à la messe selon le missel de 1962

SOURCE - Perepiscopus - 21 décembre 2009

Mgr Pascal Wintzer, évêque auxiliaire de Poitiers, a l'air mieux disposé que l'évêque en charge du diocèse, Mgr Rouet. En effet, hier, dimanche, Mgr Wintzer a assisté à la messe, célébrée selon la forme extraordinaire du rite romain à Châtellereault. Soulignons que cette messe n'a été accordée que mensuellement aux fidèles de Châtellerault, dans l'église d'Antoigné, depuis le mois de septembre. Cette messe est célébrée par monsieur l'abbé Charrier, prêtre diocésain.  Une autre messe, hebdomadaire celle-là (les fidèles devant être considérés comme plus pratiquants que leur homologues de Châtellereault...) existe aussi à Poitiers.

L'homélie prononcée par Mgr Wintzer a réjoui les fidèles puisqu'il a insisté sur la première place qui doit être réservée au Bon Dieu, puis il a abordé la protection de la vie humaine, de la conception de l'embryon à la mort naturelle.

En tant qu'évêque auxiliaire, il n'est pas dit que Mgr Wintzer succède automatiquement à Mgr Rouet, proche de la retraite. La succession automatique se fait avec l'évêque coadjuteur, ce que n'est pas Mgr Wintzer, originaire de Rouen et nommé auxiliaire en avril 2007 par Benoît XVI. Mgr Wintzer a eu 50 ans vendredi 18 décembre.

20 décembre 2009

[Abbé de Tanoüarn, ibp] Question Fatale...

SOURCE - Abbé de Tanoüarn, ibp - 20 décembre 2009

Existe-t-il une spécificité de l’IBP ? La question nous est souvent posée. Par de simples laïcs ou par des ecclésiastiques éminents. Qu’est-ce qui fait la singularité de l’Institut de Bon Pasteur dans l’Eglise, parmi toutes les Sociétés de Vie Apostoliques qu’elle compte en son sein ? Quel est notre charisme propre ? Notre caractère?

Il faut chercher ce caractère propre dans les circonstances de la fondation que reflète notre décret d’érection, dans la volonté des fondateurs, telle qu’elle apparaît au fil des statuts et, ce que nous ferons ici et maintenant, dans le patronage sous lequel nous nous sommes mis : celui du Bon Pasteur qui connaît ses brebis et les appelle chacune par leur nom.

Il faudra prendre garde cependant à ne pas réduire l’esprit du Bon Pasteur à une spiritualité sacerdotale à l’usage du clergé. Alors que nos soeurs, sous la houlette de M. l’abbé Forestier, entament leur deuxième année de formation, alors que les frères du Bon Pasteur viennent de naître dans le diocèse de Bourges sous la férule de l’abbé Spinoza, il apparaît que l’esprit du Bon Pasteur ne saurait être une simple spiritualité sacerdotale.

On ne peut pas, pour autant, d’un autre côté, ignorer la dimension sacerdotale du patronage sous lequel nous nous sommes placés avec enthousiasme, celui du Bon Pasteur.

Comment concilier ces deux dernières remarques ? Peut-être faut-il, avec Cajétan, distinguer soigneusement l’office du prêtre (qui ne concerne que le clergé) et ce qu’il appelle la vertu sacerdotale. Cette vertu, note le Docteur thomiste, doit être cultivée par tous, prêtres et fidèles. C’est ainsi qu’il explique ce verset de l’Apocalypse : « Dieu a fait de nous un Royaume et des prêtres » (Apocalypse 1, 9). En esprit, en tant que chrétiens, membres du Christ, nous sommes tous prêtres…Nous devons cultiver la vertu sacerdotale, éminemment présente déjà dans le coeur de la Vierge Marie, qui n’est pas prêtre (au sens de l’officium), mais qui est reine des prêtres et plus prêtre que n’importe qui (au sens de la vertu sacerdotale).

Qu’est-ce donc que la vertu sacerdotale ? Où nous mène-t-elle ? – A l’offrande. La vertu sacerdotale est la vertu de l’offrande. Chacun d’entre nous, si nous ne voulons pas arriver les mains vides devant notre Juge, nous sommes responsables de notre propre sacrifice spirituel. C’est cette responsabilité personnelle qui constitue cette société si particulière qu’est l’Eglise du Christ. Dans l’Eglise du Christ, il n’y a que des volontaires, des personnes qui, imprégnées de la vertu sacerdotale, se sentent responsables de ce qu’elles offrent.

Nous vivons dans une spiritualité laïque des droits de l’homme, où chacun est un petit dieu. Au rebours de cet esprit qui constitue la « modernité » spirituelle, nous souhaitons mettre de manière systématique l’offre avant la demande et l’offrande avant la revendication. Telle est la vertu sacerdotale à laquelle nous nous référons. Elle convient aussi bien à des prêtres, à des religieuses, à des frères qu’à des fidèles. Je montrerai une autre fois comment elle se décline de manière merveilleusement analogique, selon chaque état de vie ou chaque circonstance, en produisant ces vertus positives que nos statuts soulignent : l’optimisme, l’esprit d’entreprise, la joie et la confiance.

Disons simplement que cette vertu d’offrande doit aussi être prise en compte dans l’organisation présente de la paix de l’Eglise. Il ne s’agit pas seulement pour l’Eglise de répondre à des demandes de fidèles ici ou là, mais de créer une offre spirituelle de qualité, qui seule conjurera efficacement le fantôme de la désertification et la tentation de l’autodestruction de l’Eglise. Appuyés sur la Tradition, nous sommes convaincus que cette offre s’exprime pleinement dans la liturgie bimillénaire de l’Eglise latine, parce que c’est par excellence la liturgie de l’offre, la liturgie de l’offrande, la liturgie du sacrifice, comme acte spirituel sans cesse renouvelé, dans le seul sacrifice complet, dans le sacrifice qui complète tous nos sacrifices, celui qu’expose merveilleusement le Bon Pasteur lui-même, au chapitre 10 de l’Evangile de saint Jean : « Ma vie, personne ne la prend mais c’est moi qui la donne ».

Abbé Guillaume de Tanoüarn +

[Abbé Christophe Héry, ibp] Le charisme propre de l’IBP dans le droit de l’Eglise

SOURCE - abbé Christophe Héry - 20 décembre 2009

On parle couramment de «charisme» d’une communauté, mais le terme «caractère propre», appliqué à toute oeuvre apostolique (telle l’IBP), est le terme juridique officiel du Code de Droit canonique. Il apparaît par exemple au canon 394, qui traite du gouvernement des évêques:
«L’Évêque favorisera les diverses formes d’apostolat dans son diocèse, et veillera […] à ce que toutes les oeuvres d’apostolat soient coordonnées sous sa direction, en respectant le caractère propre (servata propria indole) de chacune d’elle». [Canon 394 §1, DC 1983, éd. Centurion-cerf-Tardy, p. 71]
Les commentaires juridiques de ce canon parlent aussi «d’identité propre» des communautés ou des sociétés apostoliques. Le droit le mieux établi oblige donc explicitement les ordinaires à ne pas nier ni mépriser cette identité ou caractère propre à chaque oeuvre, société de vie, ou confrérie apostolique, mais au contraire à le respecter, tout en favorisant, dans l’harmonie, la diversité des charismes.

Or, parmi les communautés nouvelles, la Commission Ecclesia Dei regroupe celles dont le charisme principal est d’avoir opté, parfois contre vents et marées, pour la liturgie traditionnelle ou «forme extraordinaire» du rite romain. Comme le déclarait à la paroisse Saint-Eloi de Bordeaux le cardinal Hoyos en septembre 2007, elles sont «spécialisées» pour la vie liturgique selon les livres de 1962, au service des fidèles et au sein des diocèses. Ce choix liturgique détermine donc leur identité, commune à ces communautés, chacune d’elle se distinguant par ailleurs.

Quant à l’Institut du Bon Pasteur, sa spécificité pastorale est connue, marquée dans ses textes fondateurs : l’usage de la forme traditionnelle du rite romain, dite «extraordinaire», et la découverte de la beauté de ce patrimoine liturgique proposée au service des paroisses, sans aucun mélange des deux formes. De plus, cet usage, qui constitue un droit, est précisé pour l’Institut et pour chacun de ses membres comme celui de célébrer exclusivement cette liturgie «comme un rite propre», selon les termes du décret d’érection signé par le Saint Siège. Ce droit propre serait-il réservé à l’usage interne, dans les maisons de l’IBP, ou bien est-il étendu en tout lieu (chapelle, paroisse…) où ces prêtres sont appelés pour une mission pastorale ? La question mérite d’être soutenue.

En effet, dans un contexte ecclésial marqué par de vives blessures, l’interprétation du caractère propre de l’IBP soulève parfois des difficultés. Paradoxalement, il arrive que soit opposée à notre spécificité statutaire une lecture défavorable du nouveau droit établi le 7 juillet 2007 par le Motu proprio Summorum Pontificorum de Benoît XVI. Ce texte de loi, promulgué en faveur de la liturgie traditionnelle, ne saurait pourtant être invoqué comme s’il minimisait ou restreignait le droit statutaire de l’IBP.

Car le Motu proprio de 2007, d’abord abroge le précédent de 1988, et par ailleurs ne contredit en rien le droit général de l’Église (par ex. le canon 394, toujours en vigueur !). Il confirme et garantit notre caractère et notre droit propre : célébrer uniquement selon l’ordo de 1962, en tout lieu, comme nous l’allons montrer sur l’heure, en réponse à deux questions récurrentes.

Le Motu Proprio du 7 juillet 2007 confirme le droit propre de l’IBP

Pour commencer, l’égalité de droit positif des formes liturgiques (ordinaire et extraordinaire), posée par le Motu Proprio de Benoît XVI, est-elle compatible avec les statuts de l’IBP, puisque ses statuts, selon certaines insinuations, oseraient «interdire» à ses membres la célébration selon la forme ordinaire ? Tout d’abord, nulle part dans les statuts ne figure le moindre soupçon sur l’égalité de droit positif des deux formes du rite, ni sur la licéité de la liturgie de Paul VI, pas plus que sur sa validité, toutes choses bien reconnues par l’IBP.

Mais surtout, où trouve-t-on dans le Motu proprio de 2007 qu’il soit question d’obliger aucun prêtre à célébrer, même ponctuellement, selon l’ordo de Paul VI ? C’est justement l’inverse qui est posé : ce document législatif a levé l’obligation générale qui pesait depuis 1969/70 (sauf dérogation restreinte, à partir de 1984), de célébrer exclusivement selon la forme ordinaire du rite. Il fait droit à tout prêtre de préférer et choisir en conscience la célébration du missel de 1962 sans être contraint, en fonction des diverses situations. C’est le principe général du droit promulgué par ce texte.

Il faut donc répondre que chacun des membres de l’IBP a embrassé les statuts et le caractère propre de l’IBP, approuvés par le saint Siège, par un choix libre et personnel de la forme extraordinaire du rite dont le Motu proprio reconnaît le plein droit. Ce caractère propre n’est pas un «interdit», mais une garantie que ce droit posé par le Saint Siège puisse être protégé et respecté par tous, dans un cadre prévu et codifié par le droit général de l’Église (DC canons 394 §1, 576- 578, 587, 598, 680, 776) !

Le droit de choisir en pratique la seule forme liturgique traditionnelle

Une seconde mise en cause de notre identité propre, pourtant légitimée par le Saint Siège, circule également : qui célèbre en pratique seulement la messe traditionnelle serait suspect d’exclure «par principe» l’ordo de Paul VI. Selon la lettre aux évêques accompagnant le texte de loi de Benoît XVI du 07/07/07, il est vrai, nul ne peut «par principe» exclure la forme ordinaire de la messe ; c’est-à-dire contester par exemple sa licéité, voire sa validité sacramentelle ou encore sa sainteté objective dans l’Eucharistie consacrée. Mais peut-on alléguer à l’encontre du caractère propre de l’IBP cette lettre, abusivement transformée en «loi des suspects» ?

D’une part, l’IBP n’a jamais mis en cause ces points de principe énumérés ci-dessus, et d’autre part cette allégation est en soi non pertinente. En effet, ce terme, employé par Benoît XVI en commentaire (et non dans le texte du Motu Proprio, qui seul d’ailleurs a force de loi), ne se réfère pas à la pratique, même exclusive de l’une ou l’autre forme, mais précisément à l’exclusion totale, c’est-à-dire de «principe». Dans la pratique en revanche, le Motu proprio lui-même établit un plein droit, quant au choix, exclusif ou non, de la forme liturgique.

Comme le soulignait Jean Madiran (Présent,14/07/2007), rien n’indique, dans les normes obligatoires de ce texte de loi, un lien juridique entre le fait de célébrer exclusivement la messe traditionnelle, qu’il n’interdit nulle part, et le soupçon de refuser «par principe» l’ordo de Paul VI, comme on a vu précédemment ! D’ailleurs, ceux qui commettent cet argument inamical à l’encontre l’IBP ne prennent pas garde qu’il est retournable : à ne jamais célébrer en pratique la forme liturgique traditionnelle de 1962, s’exposerait-on au soupçon de refus de sa licéité, de sa valeur et de sa sainteté qui lui sont désormais pleinement reconnues par Benoît XVI?... Cela n’aurait pas de sens. Quant à l’idée de réformer la forme ordinaire des rites, en vertu d’une amélioration d’ordre pastoral et théologique, serait-elle soupçonnable d’une volonté prochaine d’«exclusion totale» et «par principe» du nouveau rite?...

Reste le domaine pratique. Il peut être régi par la demande des fidèles (Sum. Pont. A5), mais cette condition suffisante pour leur faire droit n’est pas posée par la loi comme absolument nécessaire! De plus un curé n’est pas empêché par le Motu Proprio de proposer la forme extraordinaire à ses ouailles, par exemple à titre de découverte, dans le respect de l’égalité des formes liturgiques et de l’harmonie pastorale – même sans qu’un «groupe stable» nombreux s’organise spontanément pour en faire la demande. Nul besoin d’être diplômé d’HEC pour savoir que c’est souvent l’offre qui crée la demande !

Quoiqu’il en soit, la paix et l’harmonie ne peuvent fleurir que dans un respect mutuel et sincère, non seulement des sensibilités mais aussi du droit liturgiques. Si donc un ordinaire souhaite faire appel à un prêtre de l’IBP pour un apostolat paroissial, il est instamment invité à le missionner dans l’idée de «favoriser les diverses formes d’apostolat», tout «en respectant [notre] caractère propre», comme l’indique le droit général au canon 394 §1 précédemment cité.

Abbé Christophe Héry +

19 décembre 2009

[Paix Liturgique] Pour Paix Liturgique, un objectif urgent d'unité et de réconciliation

SOURCE  - Lettre 209 de Paix Liturgique - 19 décembre 2009

« Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible: c'est la priorité suprême et fondamentale de l'Église et du successeur de Pierre aujourd'hui. D'où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à cœur l'unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition interne, met en doute la crédibilité de ce qu'ils disent de Dieu. C'est pourquoi l'effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens - Par l'œcuménisme - est inclus dans la priorité suprême…( ) Si donc l'engagement ardu pour la foi, pour l'Espérance, et pour l'amour dans le monde constitue en ce moment (et, dans les formes diverses, toujours) la vrai priorité pour l'Église, alors les réconciliations petites et grandes en font aussi partie »
Benoît XVI
Benoît XVI a souhaité faire de l’unité dans l'Église catholique une priorité de son Pontificat.

En France, si l’opposition épiscopale à cette dynamique d’unité est bien réelle, il n’en demeure pas moins que la situation évolue et qu’il devient chaque jour un plus clair que l'Église de France, s'adaptant avec intelligence à la réalité du monde, va devoir faire sienne les intuitions de Benoît XVI et bâtir l’unité dans la pluralité.

Nous avons demandé à Christian Marquant, coordinateur du Mouvement pour la Paix Liturgique de nous faire part de ses réflexions.

Comment percevez-vous la situation actuelle ?

La situation est inespérée : pour la première fois depuis les bouleversements imposés brutalement au nom de « l’esprit du concile », il semble possible de se réconcilier au-delà des préférences liturgiques des uns et des autres.
Le Pape a levé les derniers obstacles - réels ou supposés - à la construction de l’unité entre les catholiques fidèles au Saint Père.
L’unité est donc de la responsabilité personnelle de chaque baptisé.
Les évêques et les prêtres portent chacun cette responsabilité en tant que Pasteurs.
Les fidèles – dont le Concile Vatican II rappelle leurs responsabilités dans l’Eglise – sont également concernés au premier chef par cette édification de l’unité.
Pour chaque d’entre nous, il s’agit finalement de se demander si nous voulons vraiment être fidèles aux engagement de notre foi en Jésus-Christ.

Concrètement qu'attendez-vous de nos Pasteurs ?

Honnêteté et réalisme !
L’idéologie est encore bien vivante dans une bonne partie de l’épiscopat français.
On continue globalement à y aborder la question de l’unité et celle de l’attachement des fidèles à la forme extraordinaire du rite romain avec aveuglement et langue de bois.
Il est plus que temps que nos évêques prennent conscience que de très nombreux fidèles souhaitent vivre leur foi catholique au rythme de la forme extraordinaire du rite romain.
Aussi difficile et crucifiante puisse être cette prise de conscience pour certains d’entre eux, ce préalable est indispensable.
Pour grand nombre d’évêques, « il n'y a pas de problème liturgique en France », « il n’y a pas de demande d’application du Motu Proprio », « la liturgie traditionnelle n’intéresse qu'un tout petit nombre de fidèles » ou bien encore « le Motu Proprio sert seulement à régler le problème avec les lefebvristes »…
Cette vision des choses est au mieux inexacte.
Les observations honnêtes de la réalité, le dialogue sur le terrain, les sondages d’opinion le démontrent depuis 40 ans : si un tout petit nombre de fidèles a fait entendre sa voix au cours des années de plomb contre les abus et les pseudo-interdictions de la messe traditionnelle, l'immense majorité de ceux qui pensaient comme eux, ont agit en Silencieux de l'Eglise et se sont tu. Ils ont continué à fréquenter leurs paroisses territoriales malgré leurs préférences fondamentales en matière catéchétique et liturgique. Cela, nous l’avons vérifié à chaque opération de sensibilisation dans les paroisses en parlant directement avec les fidèles et non avec ceux qui parlent en leur nom…
Avec la publication du Catéchisme de l'Eglise Catholique, la question du catéchisme a été presque totalement réglée, la question liturgique aurait du l'être avec la publication le 7 juillet 2007 du Motu Proprio Summorum Pontificum. Malheureusement, tel n’est pas encore le cas. Certes, tous les évêques ne s’opposent pas au Motu Proprio, loin de là, mais les plus favorables ont tendance à renforcer l’application du Motu Proprio de 1988 (concession de quelques lieux où est célébrée la messe traditionnelle) plutôt que d’appliquer purement et simplement le Motu Proprio de 2007 (célébration de l’une et l’autre forme du rite dans les paroisses, spécialement dans les grandes paroisses de ville).

Pensez-vous que la responsabilité de nos évêques soit engagée ?

La responsabilité de la plupart de nos évêques et d'une grande partie de leur clergé dans le drame que nous vivons est totale.
Dans une société hiérarchique comme est l’Eglise, les torts ne sont pas partageables de manière strictement identique.
Les détenteurs de l'autorité – c'est-à-dire ceux qui pourraient prendre des mesures concrètes pour arrêter l’apartheid liturgique et bâtir l’unité - doivent assumer la responsabilité de leurs prérogatives.
L'histoire qui les jugera sera probablement très sévère pour ces pasteurs. Le jour de leur mise en cause, il sera particulièrement difficile de leur trouver des circonstances atténuantes et de justifier leur manque d’amour, leur terrifiante lâcheté et plus encore, leurs compromissions et leur duplicité.
Il est probable qu’un jour leurs successeurs prononcent un discours de repentance un peu comme celui-ci… « devant l'ampleur du drame et le caractère inouï de l’apartheid liturgique qui fut le modèle pastoral de nos prédécesseurs, trop de pasteurs de l'Église ont, par leur silence, par leurs paroles et par leurs actes, offensé l'Église elle-même et sa mission. Aujourd'hui, nous confessons que ce comportement fut une faute. Nous confessons cette faute. Nous implorons le pardon de Dieu et lui demandons d'entendre cette parole de repentance ».

Quelles seraient les mesures à prendre pour instaurer une vraie paix ?

C’est très simple, il suffit de se mettre à l’école des Papes, de Jean Paul II qui nous montrait la voie hier et de Benoît XVI qui reprend courageusement aujourd’hui le flambeau. Il faut arrêter de vouloir avoir raison « contre le Pape » [Paul VI…].
Comme il faut bien commencer, un premier pas pourrait être de respecter les fidèles qui jusqu'à aujourd'hui sont méprisés, exclus, honnis et marqués du sceau de l'infamie car ils restent attachés à la Foi et à la pratique traditionnelles. Tant que ces fidèles seront pour les évêques, des « fidèles différents », des « chrétiens de seconde catégorie » ou tout simplement « un problème », l’édification de l’unité sera une fumeuse déclaration d’intention pleine d’hypocrisie.
Une mesure très simple et immédiatement envisageable serait de faire en sorte que les célébrations de la forme extraordinaire du rite romain déjà instaurées, deviennent respectueuses de la demande réelle des fidèles. Qu’est-ce à dire ? Il s’agirait tout simplement que ces célébrations aient lieu tous les dimanches et fêtes et non de manière irrégulière et à des horaires familiaux.
Ensuite, il faudrait que nos pasteurs - évêques et curés - répondent au moins loyalement aux demandes qui leur sont adressées, sans démoraliser les demandeurs ou tout faire pour ne pas accéder à leur demandes…
Enfin, il faudrait que nos curés anticipent les demandes « implicites » qu'ils savent exister dans leurs paroisses même si ces demandes de célébrations extraordinaires ne se sont pas formalisées publiquement.

Qu'appelez-vous « demandes implicites » ?

C’est la demande qui bien que non matérialisée par une lettre ou issue d’un groupe non structuré n’en est pas moins réelle.
La demande implicite est celle que nous entendons à chaque fois que nous allons dans les paroisses et discutons avec les fidèles.
Paix liturgique a fait réaliser depuis 2002, quatre sondages scientifiques réalisés par des instituts reconnus, professionnels et indépendants (2001 SOFRES, 2006 CSA, 2008 CSA, 2009 Versailles) qui fournissent à tous les hommes de bonne volonté, et même aux journalistes que cela intéresserait, des informations concordantes lourdes de conséquences : Au moins un quart des catholiques français préféreraient vivre leur foi au rythme de la forme liturgique que l'on appelle aujourd'hui « forme extraordinaire » et une moyenne de 66 % sont tout à fait d'accord pour que leur paroisse propose un bi-formalisme liturgique aux fidèles. 34 % des catholiques pratiquants – un tiers – assisteraient volontiers à la messe sous la forme extraordinaire si elle était célébrée dans leurs paroisses.
Ne chipotons pas sur les chiffres qui d'ailleurs n'ont jamais été contestés. Peut-être ici ou là, les fidèles sont-ils encore plus nombreux ou bien ne représentent que 20 % de l'ensemble au lieu de 34 % (sondage national CSA ou sondage dans le diocèse de Versailles)... mais convenons que dans tous les cas de figure, contrairement aux affirmations assénées par les ennemis de la paix, les fidèles qui désirent que soit célébrée la messe traditionnelle dans leurs propres paroisses sont très nombreux.

Donc les demandes formalisées ne donnent pas un état exact du souhait des fidèles ?

Effectivement, les demandes exprimées formellement ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
Les sondages successifs indiquent clairement que dans tous les diocèses, dans toutes les paroisses, que des demandes formelles soient exprimées ou non, de nombreux fidèles silencieux, parfois muets, souvent menacés, quelquefois même atteints du syndrome de Stockholm, désirent vivre leur foi catholique au rythme de la forme extraordinaire du rite romain. Il me semble qu’au vu de ces chiffres, corroborés par les proportions entre séminaristes pour la forme ordinaire et séminaristes pour la forme extraordinaire, tout évêque conscient de ses devoirs de pasteur devrait, de lui-même, instaurer, pour donner l’exemple, une messe dominicale de forme extraordinaire dans sa cathédrale : un tiers de ses diocésains le désirent !

La demande de célébration de la messe dans la forme extraordinaire dans les paroisses ne va-t-elle pas contre le développement et l’utilité même des Communautés « Ecclesia Dei » ?

Pas du tout.
Il faut être réaliste et conscient qu'il faudra beaucoup de temps pour parvenir à la réconciliation dans toutes les paroisses. Il existe par exemple encore en 2009 13 départements français où la forme extraordinaire du rite romain n'est pas célébrée et 16 départements où la forme extraordinaire du rite romain n'est pas célébrée chaque dimanche.

Par ailleurs l’effondrement du nombre de prêtres diocésains en fonction - même si une part importante de ceux-ci célébrera probablement demain la forme extraordinaire - fera que de plus en plus d'évêques n’auront d’autre choix que de s'adresser à des communautés « Ecclesia Dei » pour assurer dans leurs diocèses, ou sein des paroisses, des missions qu'ils n'ont plus les moyens humains d'assumer (présences sacerdotales, écoles, aumôneries scoutes….), cela se fait déjà heureusement dans plusieurs diocèses français.

Enfin il faut prendre en compte les charismes particuliers et la spiritualité propre de ces communautés « Ecclesia Dei ».
Ces communautés gardent un rôle de première importance dans la construction de l’unité. Elles ont un rôle de référence. Les communautés « Ecclesia Dei » nous tirent vers le haut et jouent un rôle d’aiguillon dans la mise en œuvre du Motu Proprio Summorum Pontificum en assurant par exemple l’intégralité des offices - même lourds ou compliqués comme ceux des grandes fêtes ou de la semaine sainte – en assurant la formation des séminaristes ou la formation continue du clergé à qui elle apprend à célébrer la forme extraordinaire, en formant des laïcs « spécialisés » (chorale, service de l'autel…).
Finalement, les communautés « Ecclesia Dei » ne font pas autre chose que de jouer à leur place et avec leur charisme propre, le rôle que d'autres ont depuis des siècles dans d'autres domaines ou avec d'autres charismes joué dans l'Église : les Bénédictins pour la contemplation, les dominicains pour la prédication ou l’étude, les franciscains pour l'action missionnaire ou tant d'autres spécialisés dans l'éducation ou les œuvres de retraites…

Donc les Communautés « Ecclesia Dei » ont un avenir ?

La paroisse est la structure traditionnelle de l'Église. L’avenir de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain est nécessairement paroissial. C’est le meilleur moyen d’ailleurs pour que ce trésor liturgique ne soit pas celui d’une minorité parquée dans des réserves indiennes mais soit redonné à toute l'Église universelle. C’est également le sens du Motu Proprio me semble-t-il.
Pour autant, ce sens de l’histoire ne va pas contre le développement des Communautés « Ecclesia Dei ».
La structure paroissiale n’a jamais empêché le développement des multiples maisons et congrégations religieuses qui avec leurs spécificités propres ont toujours concouru à la mission de l'Église. L’unité n’est pas l’uniformité.
Au cours des prochaines décennies, tout l'enjeu va être de refermer les plaies et d'apprendre à travailler ensemble dans le cadre de l'institution ecclésiale et hiérarchique de l'Église locale.
Que dans cette perspective chacun ait ses préférences est parfaitement légitime.
Tout cela doit se faire avec réalisme et charité, dans la confiance retrouvée et la vraie paix. Voilà ce à quoi nous aspirons. Voilà ce que nous supplions nos évêques de faire.

[Mgr Brunero Gherardini - DICI] Exclusif : Extraits du Concile Œcuménique Vatican II, un débat à ouvrir par Mgr Brunero Gherardini

SOURCE - Mgr Brunero Gherardini - DICI - 19 décembre 2009

DICI présente à ses lecteurs en avant-première de larges extraits du livre de Mgr Brunero Gherardini dont la traduction française paraîtra ce mois-ci sous le titre Le Concile Œcuménique Vatican II : un débat à ouvrir. L’ouvrage, paru en Italie avant l’été, en est à sa 3e édition.Ce titre est à l’origine du thème du IXe Congrès théologique de la revue Le Courrier de Rome qui se tiendra les 8, 9 et 10 janvier 2010 au Palais de la Mutualité : 24 rue Saint-Victor 75005 Paris – Voir le programme détaillé des trois jours dans DICI n°205 du 14/11/09. Secrétariat du congrès : 15 rue Pierre Corneille – 78000 Versailles – tél : 01 39 51 08 73 – Courriel : courrierderome@wanadoo.fr – Entrée : 25 € trois jours, 20 € deux jours, 10 € un jour. Etudiants : 8 € pour les trois jours. Brunero Gherardini, Le Concile Œcuménique Vatican II : un débat à ouvrir. Casa Mariana Editrice, 15 €. L’ouvrage sera en vente à Paris, lors du Congrès du Courrier de Rome ; on pourra se le procurer par la suite auprès de la revue : B.P. 10156 – 78001 – Versailles cedex – télécopie : 01 49 62 85 91 ; courriel : courrierderome@wanadoo.fr

Mgr Gherardini ne se situe pas dans le mouvement de défense de la Tradition lancé par Mgr Lefebvre, et il n’hésite pas dans cet ouvrage à prendre certaines distances – sur le fond  et sur la forme – avec les travaux des différents congrès théologiques du Courrier de Rome. C’est donc en toute indépendance qu’il livre son analyse du Concile Vatican II.

Sur la notion de « Tradition vivante »
Extraits du chapitre V « La Tradition dans le Concile Vatican II »

Pour éclaircir ce point, le théologien disposait jusqu’à Vatican II d’une élaboration assez précise du concept de Tradition et en tirait un argument pour mesurer de façon appropriée son jugement.

J’ai déjà fait allusion à cette élaboration dans la première partie du présent chapitre, en considérant la Tradition sous divers points de vue, la qualifiant, en fonction de chacun, d’apostolique, divino-apostolique, humano-apostolique, humano-ecclésiastique, inhésive, déclarative, constitutive.

Or Vatican II, qui fait une exception pour la Tradition apostolique, mais sans jamais la présenter dans le sens désormais considéré comme « traditionnel » de cette qualification, ignore systématiquement toutes les autres. On trouve en revanche chez lui une qualification différente, dont je parlerai plus loin, et qui est la Tradition vivante.

Vivante, néanmoins, ne remplace ni toute autre qualification, ni non plus l’ensemble de ces qualifications. Tout au plus elle s’ajoute à elles, les prenant ou non en considération.

Nous nous trouvons donc face à une manière de s’exprimer qui, en voulant simplifier le message, finit par le compliquer en raison de son langage trop générique, son emploi amphibologique, son manque de spécificité. Et je ne parle pas du fait que vivante pourrait ouvrir les portes à toutes sortes d’innovations qu’on ferait naître et germer de la vieille plante.

(…)

Une dernière observation sur la Tradition, nommée vivante, de l’Église. C’est une expression apparemment irréprochable, mais en réalité ambiguë. Elle est irréprochable, parce que l’Église est une réalité vivante et la Tradition est sa vie même. Elle est ambiguë, parce qu’elle se prête à introduire dans l’Église toute nouveauté, même la plus contre-indiquée, comme expression de sa vie.

Dei Verbum parle d’Évangile vivant, de Magistère vivant et de Tradition vivante. Déjà ce large éventail ne plaide pas pour l’univocité du concept.

Au numéro 7, par exemple, elle affirme que « pour que l’Evangile fût gardé à jamais intact et vivant [l’italique est de moi] dans l’Église, les Apôtres ont laissé comme successeurs les évêques ».

Au numéro 8, on lit que « l’Esprit-Saint, par qui la voix vivante [l’italique est de moi] de l’Évangile retentit dans l’Église et par l’Église dans le monde, introduit les croyants dans tout ce qui est vérité ».

On trouve ensuite au numéro 10 cette déclaration : « La charge d’interpréter authentiquement la parole de Dieu écrite ou transmise a été confiée au seul Magistère vivant [l’italique est de moi] de l’Église ».

Peu après, au numéro 12, on recommande comme un devoir de « ne pas donner une moindre attention au contenu et à l’unité de l’Écriture tout entière », « compte tenu de la Tradition vivante [l’italique est de moi] de l’Église tout entière ».

De l’ensemble de ces déclarations, on perçoit confusément une certaine analogie dans l’emploi de l’adjectif « vivant », mais certainement pas sa vraie signification ni le pourquoi de son emploi.

Ce qui garantit la vitalité de l’Évangile – on le sait bien – c’est l’Évangile : en lui retentit la Parole du Dieu vivant, qui est la Personne même de Dieu qui parle, et donc l’expression de sa vie même. Qu’il y ait aussi un Magistère vivant est une donnée de notre foi, dans le sens où tout titulaire de ce Magistère continue, grâce à la succession apostolique, la transmission ininterrompue de l’enseignement du Christ et de ses Apôtres.

En fait, la succession étend au temps de l’Église l’enseignement du Christ et des Apôtres en en faisant un élément vivant et vital de l’existence même de l’Église. En revanche, le concept de « Tradition vivante » est plus nébuleux.

Le texte conciliaire n’oblige pas à s’en tenir seulement à elle, mais aussi à l’analogie de la foi, c’est-à-dire au lien qui relie ensemble, dans une interdépendance réciproque, chacune des vérités révélées et en fait une unité inséparable.

Le but de la double obligation tend à dépasser les limites de la parole écrite, cette parole provenant de la Parole vivante qui constitue le début de la Tradition ecclésiastique.

Mais pourquoi vivante ? Le Concile ne le dit pas, ou du moins pas avec la clarté requise. Probablement à cause de l’unité, du moins substantielle (et donc la continuité), entre le premier stade de la Tradition, qui est apostolique, et les stades suivants, depuis celui qui est immédiatement post-apostolique jusqu’aux autres, qui concernent les grands moments historiques de l’Église, et finalement jusqu’au stade présent.

C’est probablement ce qu’il veut dire ; mais le silence sur cette continuité entraîne aussi et malheureusement l’absence de toute certitude sur ce point. « Vivante » pourrait certainement indiquer un lien entre les différents stades, en éviter les ruptures plus ou moins graves et assurer ainsi la continuité vive et vitale de la Tradition. Mais le texte reste muet sur ce sujet. Il se contente d’affirmer que la Tradition est vivante.

Or il ne suffit pas de la déclarer vivante pour qu’elle le soit réellement. La communication vitale entre ses différentes phases ne doit pas être seulement proclamée, elle doit d’abord et surtout être démontrée, et de façon telle que cette démonstration coïncide avec la continuité au moins substantielle de son contenu avec ceux des phases précédentes.

La Tradition est vivante non pas quand elle s’insère dans quelque nouveauté, mais quand on en découvre ou qu’on en déduit quelque aspect nouveau qui, auparavant, avait échappé à l’attention, ou quand quelque nouvelle compréhension de son contenu originel enrichit le présent de la vie ecclésiale.

Vie qui ne procède pas par secousses ou par bonds déconnectés les uns des autres, mais sur l’axe du « quod semper, quod ubique, quod ab omnibus creditum est », que Vatican I, à la suite de Trente, exprimait en se référant au sens « quem tenuit ac tenet sancta Mater Ecclesia » (DS 1507 et 3007).

Le « toujours », le « partout », le « par tous » concerne non pas l’identité des paroles et donc de l’assertion dans son ensemble, mais bien le sens que l’Église, au moyen de son Magistère solennel et ordinaire, a toujours tenu et tient encore maintenant dans ses assertions théologiques et dogmatiques.

Le principe de la « Tradition vivante » n’a pas été l’objet de discussions. Pourtant, il est susceptible d’ouvrir la voie à un gauchissement du dépôt sacré des vérités contenues dans la Tradition.

Dans une ambiance comme celle qui régnait pendant et après Vatican II, quand seul ce qui était nouveau apparaissait comme vrai, et quand ce nouveau se présentait sous les traits de la culture immanentiste et fondamentalement athée de notre temps, la doctrine de toujours ne constituait plus qu’un vaste cimetière.

La Tradition est restée mortellement blessée et elle agonise aujourd’hui (à moins qu’elle ne soit déjà morte) à la suite de positions radicalement inconciliables avec son passé. Il ne suffit donc pas de la définir comme vivante, si elle n’a plus rien de vivant.

La réalité (et c’est grave) est qu’on parle de Tradition vivante pour avaliser toute innovation présentée comme le développement naturel de vérités officiellement transmises et reçues, même dans le cas où l’innovation n’a rien en commun avec ces vérités et qu’elle est bien autre chose qu’un germe nouveau du vieux tronc.

En vérité, la Tradition est vivante seulement dans la mesure où elle est et continue d’être la même Tradition apostolique qui se repropose inaltérée dans et par la Tradition ecclésiastique.

L’une a en soi une signification plutôt passive : elle est ce qui est transmis, égal à lui-même, y compris dans sa transmission, parce que c’est le dépôt qui doit être gardé inaltéré.

L’autre, au contraire, manifeste une signification plus active, comme l’organe officiel qui pourvoit à la transmission fidèle du dépôt, et trouve dans cette finalité qui est sienne la justification de l’adjectif « vivant ».

Donc une donnée qui n’aurait pas ses racines dans le contenu transmis ne serait pas une donnée de la Tradition vivante, même dans le cas, en soi et pour soi absurde, où elle serait officiellement proposée.

Un exemple éclatant : la théologie transcendantale de Rahner ne pourra jamais être déclarée élément de la Tradition vivante, car elle en est en réalité la tombe.

Quelque chose dans le Concile, beaucoup de choses dans le post-concile ont concouru à creuser cette tombe.

La légitimité de l’adjectif « vivant » en rapport avec le progrès de connaissance qu’on peut avoir de la Tradition, comme nous l’avons déjà mentionné, ne peut se discuter. Elle concerne alors le domaine du « progrès dogmatique ».

C’est en fait le devoir du Magistère ecclésiastique non seulement de reproposer la Tradition apostolique, mais aussi de l’étudier à fond, de l’analyser, de l’expliciter.

Le caractère vivant de la Tradition se manifeste alors, non pas dans le fait d’en mesurer le contenu apostolique par rapport au niveau et au contenu de la culture de telle ou telle époque de l’histoire, mais dans le fait d’en amorcer le passage de l’implicite à l’explicite.

En tout cas, l’appel actuel à la Tradition vivante se résume en un véritable péril pour la foi de chaque chrétien et de la communauté chrétienne tout entière.

Les changements déjà mentionnés, et ceux qui seront étudiés un peu plus loin, le démontrent amplement.

Sur la liberté religieuse

Extrait du chapitre VII « Le grand problème de la liberté religieuse »

Est-il alors possible d’inscrire Dignitatis Humanæ dans l’herméneutique de continuité ? Si l’on se contente de la déclamation abstraite, certes ; sur le plan de la pertinence historique, je ne vois pas comment.

Et la raison en est une lapalissade : la liberté du Décret Dignitatis Humanæ, qui ne concerne pas un aspect de la personne humaine, mais son essence même et, avec elle, toute son activité individuelle et publique, car libre de tout conditionnement politique et religieux, a bien peu en commun, par exemple, avec Mirari vos de Grégoire XVI, Quanta cura et le Syllabus joint en annexe du bienheureux Pie IX, Immortale Dei de Léon XIII (surtout ce qui touche aux rapports entre autorité civile et gouvernement de l’Église ), Pascendi dominici gregis de saint Pie X et le décret Lamentabili du Saint-Office, qui l’a de peu précédée, ni avec Humani generis de Pie XII.

En fait, ce n’est pas une question de langage différent ; la diversité est substantielle, et donc irréductible. Les contenus respectifs sont différents.

Ceux du précédent Magistère ne trouvent ni continuité ni développement dans celui de Dignitatis Humanæ.

Deux Magistères, alors ?

La question ne devrait même pas être posée, parce que le Magistère ecclésiastique est, de par sa nature, un et indivisible : c’est celui créé par Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nombreux sont ceux qui, en en réaffirmant l’unité et l’indivisibilité, ne distinguent pas du tout, vu le climat du temps présent, le danger du dédoublage. L’idée que le Magistère applique aujourd’hui un principe différemment, voire à l’opposé d’hier, en hommage aux circonstances actuelles changées, ne les effraie pas.

Je pourrais aussi me déclarer d’accord, pourvu que la condition indérogeable et indiscutable du « eodem sensu, eademque sententia » soit toujours sauve.

Malheureusement, l’évidence du fait que chacun semble suivre son propre chemin ferait bien penser à un Magistère dédoublé.

Sur l’œcuménisme

Extrait du chapitre VIII « Œcuménisme ou syncrétisme »

Oui vraiment, encore une fois, quel est le protestantisme d’Unitatis Redintegratio ?

Abandonné à cette incertitude, le post-concile n’a ménagé à personne son attention, accueillant l’inclination de tous pour le monde, comme s’il s’agissait d’un « principe et fondement » (cf. Exercices spirituels de saint Ignace) d’un nouveau type, prenant en charge ses joies et ses espérances, ainsi que ses contradictions, et oubliant la mise en garde de l’Apôtre : « Si je plaisais encore au monde, je ne serais pas serviteur du Christ » (Ga. 1, 10).

On a étalé les résultats obtenus suite à cet acquiescement au monde qui, s’il n’est pas nécessairement une trahison du Christ, est en fin de compte toujours une rupture de la vénérable Tradition. De ces ruptures, on a empli les volumes de l’Enchiridion œcumenicum, sans se préoccuper du scandale, ou du moins de la stupeur, que ces faits ont suscité chez tout catholique sérieux.

Un seul exemple, et « ab uno disce omnes » (Virgile, Énéide, II, 65) : le consensus stupéfiant sur la doctrine luthérienne de la « justification » (laquelle, pour celui qui a un minimum d’information, concerne la doctrine du péché originel, ses effets dévastateurs sur la nature humaine, sa rémission par la grâce seule, indépendamment de tout apport de la liberté, son application purement extérieure par les mérites du Christ qui couvriraient le péché, avec pour conséquence que le justifié reste en même temps sanctifié et pécheur, « simul iustus et peccator »).

J’ai rappelé plus haut que Luther précisément (en 1537) aurait été disposé à tout type de concession à l’égard du « papisme » ; mais une seule chose ne pouvait être remise en question : la doctrine de la justification par la foi seule.

Il aura fallu cinq siècles, mais il a été contenté : celui qui lui a donné raison, qui donc a porté dans l’antichambre de la foi sa doctrine, c’est finalement le post-concile.

Une supplique au pape Benoît XVI

Extrait

Il y a déjà longtemps que l’idée (que j’ose à présent soumettre à Votre Sainteté) m’était venue d’une mise au point grandiose, et si possible définitive, sur le dernier concile, concernant chacun de ses aspects et de ses contenus.

Il paraît, en effet, logique, et il me semble impératif, que chacun de ces aspects et contenus soit étudié en soi et dans le contexte de tous les autres, en observant attentivement toutes les sources, et sous l’angle spécifique de la continuité avec le Magistère ecclésiastique précédent, qu’il soit solennel ou ordinaire. A partir d’un travail scientifique et critique aussi ample et irréprochable que possible, en lien avec le Magistère traditionnel de l’Église, il sera ensuite possible d’en tirer matière pour une évaluation sûre et objective de Vatican II.

Ceci permettra de répondre aux questions suivantes (parmi de nombreuses autres) :

• Quelle est la vraie nature de Vatican II ?

• Quel est le rapport entre son caractère pastoral (dont il faudra préciser avec autorité la notion) et son éventuel caractère dogmatique ? Le pastoral est-il conciliable avec le dogmatique ? Le suppose-t-il ? Le contredit-il ? L’ignore-t-il ?

• Est-il vraiment possible de définir le concile Vatican II comme « dogmatique » ? Et donc de se référer à lui comme dogmatique ? De fonder sur lui de nouvelles assertions théologiques ? En quel sens ? Dans quelles limites ?

• Vatican II est-il un « événement » dans le sens des professeurs de Bologne (*), c’est-à-dire qui coupe les liens avec le passé et instaure une ère nouvelle sous tous les aspects ? Ou bien tout le passé revit-il en lui « eodem sensu eademque sententia » ?

(*) Les historiens progressistes du concile Vatican II regroupés autour du Professeur Giuseppe Alberigo (NDLR)

Mgr Brunero Gherardini, prêtre du diocèse de Prato (Italie), est au service du Saint-Siège depuis 1965, notamment comme professeur d’ecclésiologie et d’œcuménisme à l’Université pontificale du Latran jusqu’en 1995. Il est l’auteur d’une centaine d’ouvrages et de plusieurs centaines d’articles de revue, sur trois cercles de recherche concentriques : la Réforme du XVIe siècle, l’ecclésiologie, la mariologie. Mgr Gherardini est actuellement chanoine de l’Archi-basilique Vaticane et directeur de la revue internationale de théologie « Divinitas ».

(DICI n°207 – 19/12/09 – Source : Casa Mariana Editrice)

[summorum-pontificum.fr] Encore l'IBP…

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 19 décembre 2009

Décidément, l’Institut du Bon Pasteur à Rome sait faire parler de lui. Après le lancement d’un site Internet renouvelé, après avoir reçu maintes personnalités, la maison romaine de ce jeune institut ne cesse de démontrer par les nouvelles qu’elle diffuse l’intérêt de cette présence romaine.

On le sait, les séminaristes du premier cycle reçoivent leur formation en France, au séminaire de Courtalain et ceux du second cycle à Rome même, se partageant entre les cours dans les Universités pontificales (3 heures/jour) et ceux qui sont propres à l’Institut (3 heures/jour).

Ceux qui se rendent souvent à Rome, ou qui y habitent, savent combien Rome, même aujourd’hui en temps de crise et même si les loups évoqués par le Saint-Père sont toujours bien présents, conserve un parfum particulier. C’est un beau pari qu’a fait l’IBP de former ses futurs prêtres dans la Ville éternelle et on se demande vraiment pourquoi cette ouverture n’est pas mieux saluée par les épiscopes français. À moins… À moins que le fameux complexe anti-romain, naguère dénoncé par le cardinal de Lubac, imprègne encore les mentalités françaises.

Toujours est-il que l’IBP-Roma, profitant de sa situation au cœur de la catholicité, reçoit la visite de personnalités. L’une des dernières d’entre elles est Mgr Jacques Masson dont j’ai déjà parlé ici. Mgr Masson fut le premier directeur du séminaire d’Ecône, avant qu’il ne se sépare de Mgr Lefebvre et tente de fonder à Rome ce que l’IBP réussit aujourd’hui. Il n’avait pas laissé que de bons souvenirs parmi ceux qui restèrent ou qui restent encore fidèles à Mgr Lefebvre. Toujours est-il que des obstacles ont été franchis puisque Mgr Masson n’hésite pas aujourd’hui à visiter l’IBP et qu’il n’hésite pas non plus à déclarer que « Monseigneur sait maintenant du haut du Ciel, combien j’ai continué à l’aider par la suite ». Une petite déclaration qui montre combien les choses évoluent comme le montrent aussi les souvenirs (voir ICI) de Mgr Masson.

Le 14 décembre dernier, celui-ci rendait donc visite pour la deuxième fois à l’IBP pour parler des prophètes annonçant la naissance et la divinité du Christ. Visiblement, le programme prévoit qu’il reviendra.

PS : à ceux qui trouveraient que je parle décidément beaucoup de l’IBP ces derniers temps, je leur dirai d’abord qu’ils ont raison. Et qu’ensuite il s’agit là du résultat d’un effort de communication de la part de l’IBP. Je suis disposé à parler des différents séminaires et communautés traditionnels aussi souvent, à condition d’être informé. Comme ce modeste blog commence à faire parler de lui, tout le monde y trouverait peut-être son compte.

18 décembre 2009

[Résistance Catholique] La FSSPX apporte son concours à un agenda conciliaire qui exalte le chef de la Rome moderniste

SOURCE - Résistance Catholique - 18 décembre 2009

Récemment, vient d’être publié aux éditions TerraMare un Agenda 2010 Benoît XVI préfacé par le « cardinal » Castrillon Hoyos : http://www.editions-terramare.com/

Présenté sous forme d’un recueil de textes (un par semaine) rédigés par 52 thuriféraires français du chef de l’église Conciliaire, cet agenda se veut un hommage à Benoît XVI.

C’est ainsi qu’aux côtés de plusieurs « évêques » ou « prêtres » conciliaires, de figures du Renouveau charismatique tel que le « Père » Daniel Ange, de membres de l’Opus dei ou de groupes Ecclesia Dei, la FSSPX s’est associée à cette initiative en autorisant le sulfureux abbé Celier, membre du G.R.E.C., à écrire son petit mot sur cet agenda… très œcuménique !

Voici des extraits de la présentation dithyrambique que fait l’éditeur de Benoît XVI pour promouvoir son agenda :
« Benoît XVI, depuis son élection, a relevé le défi de succéder à l’inoubliable Jean-Paul II, d’occuper une place essentielle, d’ouvrir une voie personnelle, bref de s’identifier comme un nouvel acteur de la reconquête spirituelle face à l’omnipotence du matérialisme contemporain. Qu’on le veuille ou non, dans notre monde en grande mutation, Benoît XVI occupe fermement et résolument la place qui doit être la sienne, à la pointe de la défense et de la promotion des indispensables valeurs humaines.
Nous avons voulu lui consacrer le premier agenda TerraMare. Et nous remercions les cinquante-trois personnalités exceptionnellement réunies pour l’occasion, et qui nous ont apporté leur magnifique témoignage ».
Après une préface du « cardinal » Castrillon Hoyos, suivent huit pages de biographie très partisanes et élogieuses de Joseph Ratzinger.

Nous pouvons notamment y lire ces quelques énormités :
« De 1962 à 1965, il contribue de façon remarquable au Concile Vatican II en tant qu’expert ».
« En 1972, avec Hans Urs von Balthazar, Henri de Lubac et d’autres grands théologiens, il lance la revue théologique ‘communio ».
Voilà ce que cautionnent donc désormais Mgr Fellay et l’abbé de Cacqueray !

L’éditeur poursuit :
« Vous découvrirez dans cet agenda sans précédent, à la suite de Son Eminence le cardinal Castrillon Hoyos, cinquante-deux personnalités catholiques, témoins privilégiés de l’unité de l’Église, qui vous proposent des méditations ou des réflexions… »
Chaque semaine comporte ainsi un texte à la gloire de l’antichrist Benoît XVI dont voici quelques auteurs emblématiques dont le très subversif abbé Celier, couvert par Mgr Fellay et l’abbé de Cacqueray, qui côtoie plusieurs « évêques » modernistes, le fondateur du groupe charismatique Jeunesse et Lumière, l’abbé Philippe Laguérie de l’Institut du Bon Pasteur, un moine du Barroux ou encore le Supérieur de la Fraternité Saint Pierre !

Et on voudrait nous faire croire que la FSSPX n’a pas encore rallié l’église Conciliaire !
In Christo Rege
Résistance catholique

[summorum-pontificum.fr] Le cardinal Bertone à KTO

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 18 décembre 2009
L’agence Zenit a consacré mardi dernier une de ses dépêches à l’entretien accordé  par le cardinal Bertone à la chaîne catholique française, KTO, à l'occasion du dixième anniversaire de celle-ci.

Selon Zenit, « Interviewé par Philippine de Saint-Pierre, directrice des programmes de la chaîne, le ‘numéro deux' du Saint-Siège a évoqué la question de la levée des excommunications et du désir de l'Eglise de renouer avec les fidèles ayant suivi Mgr Lefebvre. » Le cardinal Bertone a notamment souligné que « Benoît XVI “est très précisément au courant des problèmes liés à la scission des fidèles qui suivaient Mgr Lefebvre”. “Il faut se souvenir qu'en 1988, c'est lui qui conduisait les relations et le dialogue avec Mgr Lefebvre et son équipe, à la demande de Jean-Paul II”, a rappelé le cardinal Bertone. “Il a vu les causes de cette scission et la nécessité de reconstruire l'unité à l'intérieur de l'Eglise catholique”. » D’où la levée des excommunications frappant les évêques de la Fraternité Saint-Pie X. Reconstruire l’unité de l’Église, dont il est le garant, est « une préoccupation essentielle pour le pape ».

Un autre aspect important a également été avancé par le cardinal Bertone : « l'autre raison de son action est cette non discontinuité, cette non rupture avec la tradition ». Il a ainsi souligné que « La tradition fait partie de l'Eglise, c'est un patrimoine que nous avons besoin de connaître et de valoriser et non pas de mettre de côté ou de laisser dans les bibliothèques ». C’est pourquoi « il a voulu la valoriser de cette façon, en y mettant des conditions bien précises, qui ne sont pas toujours observées ».

Pas toujours observées, mais par qui ?

Zenit ne nous le dit pas. Or, comment ne pas penser aux évêques français qui en sont, dans leur grande majorité, encore aux directives du motu proprio de 1988, sans s’apercevoir que celui de 2007 laisse aux curés le choix de célébrer la messe selon les livres liturgiques de 1962.

Parmi ces évêques français, le premier d’entre eux, le cardinal de Paris et président de la Conférence épiscopale des évêques de France, en reste, pour sa part, aux décisions du cardinal Lustiger. Le nombre de messes qui sont célébrées selon le rite de saint Pie V depuis le motu proprio de 2007 n’est certainement pas à la hauteur d’une ville comme Paris.

17 décembre 2009

[summorum-pontificum.fr] Nouvelles messes en France

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 17 décembre 2009

L'association AMDG nous informe de nouveaux lieux de messe ou de changement de lieux ou d'horaire, pour la forme extraordinaire :
Diocèse de Bayeux et Lisieux (14)
Depuis début novembre, la Messe de Saint Pie V est célébrée un dimanche par mois à Falaise en l'église Saint-Gervais. La prochaine messe sera célébrée le 25 décembre à 11h.
Diocèse de Bourges (18)
L'Institut du Bon Pasteur a ouvert un noviciat de frères qui aura la charge d'une école à la prochaine rentrée scolaire. La messe est donc célébrée à la chapelle de l'Angelus à Presly le dimanche à 10h00 et en semaine à 18h30.
Diocèse d'Ajaccio (2A)
A Ajaccio, une messe est désormais célébrée un dimanche par mois à 11h à l'église Saint-Erasme.
Diocèse de Besançon (25)
A Besançon, la messe assurée par la Fraternité Saint-Pierre est désormais célébrée à 9h30 à l'église de la Madeleine (en remplacement de la messe célébrée à la Chapelle des Frères des Écoles Chrétiennes, les horaires et lieu pour la semaine restent inchangés).
Diocèse de Grenoble (38)
Une messe est désormais célébrée à Vienne en l'église Notre-Dame de l'Isle chaque 2è, 3è et 4è dimanche du mois à 18h.
Diocèse de Bayonne (64)
A Lons (3 km au nord-ouest de Pau), Mgr Aillet a nommé un prêtre de la Fraternité Saint-Pierre pour célébrer une messe chaque dimanche et fêtes à 11h en l'église Saint-Julien.
La messe célébrée une fois par mois à Biarritz est transférée à Bayonne par décision de Mgr Aillet. Elle sera célébrée chaque dimanche et fêtes à 11h à la chapelle des Capucins par un prêtre de la Fraternité Saint-Thomas-Beckett.
Diocèse de Strasbourg (67-68)
La messe célébrée à Colmar est transférée à l'église Saint-Laurent de Wintzenheim (3 km à l'ouest de Colmar) chaque dimanche et fêtes à 11h, en raison de travaux.
Diocèse d’Autun (71)
Une messe est désormais célébrée un dimanche par mois à 8h30 à l'église paroissiale de Ligny en Brionnais (entre Charolles et Roanne).
Diocèse de Montauban (82)
A Coutures, une messe est célébrée chaque 1er dimanche du mois à 10h30 à l'église paroissiale (35 km au sud de Montauban).

[Basile de Koch - Valeurs Actuelles] Le “péril tradi”

SOURCE - Basile de Koch - Valeurs Actuelles - 17 décembre 2009

Heureusement que les enfants étaient couchés ! Vendredi dernier sur Canal Plus, à 23 heures, documentaire catastrophe : Catholiques, le retour des ultras.

D’ordinaire, je ne suis guère client de ce genre de films d’horreur, le Retour de la momie et autres panouilles. Mais là, il s’agissait de ma religion, quand même ; alors j’ai regardé. Eh bien, c’est pas joli joli, l’Église catholique racontée par Canal Plus ! (Il faudrait tenter un jour l’exercice inverse…)

L’entame est originale comme un édito de Libé : on parle toujours des intégristes musulmans mais y en a aussi chez les cathos pur porc, savez-vous? D’ailleurs, eux aussi ils commettent des attentats terroristes. Même que le dernier en date remonte à 1988 : des fumigènes lors d’une projection de la Dernière Tentation du Chris t! Les Twin Towers peuvent toujours s’aligner…

On reconnaît ces intégristes-là à certains détails qui ne trompent pas: « Situés à l’extrême droite, ils sont nostalgiques des croisades et de la messe en latin… » Et pourquoi pas de l’Inquisition et du poisson le vendredi?

À l’appui de sa thèse, l’auteur a filmé un documentaire accablant: la dernière ordination de prêtres par la Fraternité Saint-Pie-X. L’événement fut, semble-t-il, l’occasion d’une fête champêtre qui lui a glacé le sang. Déjà, entre bigoteries et cochonnailles, il y avait un stand librairie où ses enquêteurs ont déniché, figurez-vous, un livre de Maurras ! Belle prise, non? Moi, j’en trouve à la Fnac…

Et puis la voix off se fait plus grave : « Voici le moment de l’ordination finale (sic), et les séminaristes s’allongent sur le sol face contre terre»… Comme dans toutes les ordinations sacerdotales, dira-t-on; mais, apparemment, c’est la première à laquelle assiste Canal Plus.

À travers les tradis, c’est évidemment le pape qui est ici la cible. Images sollicitées et commentaire surjoué n’ont d’autre but que de resservir les restes de ce bon vieil anticatholicisme primaire, sur son lit d’inculture et de mauvaise foi.

L’inévitable Caroline Fourest vient de bonne grâce confirmer la thèse du doc : depuis Jean-Paul II, et encore plus Benoît XVI, « les intégristes sont devenus le bras armé du Vatican ». Armé contre quoi? Eh bien, « contre d’autres tendances de l’Église plus ouvertes, plus modernes », bla-bla…

Entre Écône et Rome, unis dans ce combat rétrograde, il ne reste qu’«un dernier problème »: « le dialogue avec les autres confessions ». Mais pas pour longtemps! Tandis que la Voix pose solennellement cette ultime question, l’image finale y répond: voyez seulement cette lourde porte de fer du Vatican refermée de l’intérieur par un garde suisse, en plus! Avec la réputation que les Suisses se sont faite récemment…

[Renaud de Cazenove - IBP Roma] Le premier Recteur d’Ecône à l’IBP-Roma

SOURCE - Renaud de Cazenove - IBP Roma - 14 décembre 2009

Monseigneur Jacques Masson nous a rejoint une seconde fois ce soir. Sa conférence, passionnante, nous replonge dans les prophètes annonçant la naissance et la divinité du Christ. Un feu d’artifice de connaissances et d’intuitions illuminant l’harmonie – saisissante – entre Ancien et Nouveau Testament.

Monseigneur Masson, après ses études à Saint-Sulpice, avait rejoint Mgr Lefebvre dès la fondation de la Fraternité Saint Pie X, pour devenir le premier Recteur d’Ecône.  Quelques années après, en 1973, il quittait la FSSPX au risque de passer pour un libéral. « Mais, dit-il, Monseigneur sait maintenant du haut du Ciel, combien j’ai continué à l’aider par la suite ».

Se rendant à Rome, il tente de fonder un convict traditionnel pour accueillir les séminaristes de sensibilité « traditionnelle ». La frêle embarcation connut des péripéties incroyables, ballotée entre la bonne volonté d’autorités accueillantes et les coups bas d’éminences grises…ou rouges, et non des moindres : les « loups » dont parlera plus tard Benoît XVI… Le fardeau fut trop lourd pour un seul homme et finalement toutes ces vocations furent contraintes à la diaspora. Depuis lors, pendant plus de 30 ans, Mgr Masson se mit au service de la Propagande de la Foi (Agence Fides). C’est là, à Rome, qu’il continua à défendre Mgr Lefebvre auprès des autorités.

Passionné d’exégèse, il commence déjà à nous partager ses découvertes. Prochains thèmes pour 2010 : Les deux premiers chapitres de la Genèse, la généalogie du Christ, etc. Encore critiqué du fait de son « péché originel » lefebvriste, il garde le moral d’acier des soldats de Dieu et nous confie sa joie de retrouver de jeunes mousquetaires mettant l’insolence au service de l’Eglise.

Quelle chance de retrouver un témoin, un héraut et un acteur de ces années héroïques !

16 décembre 2009

[summorum-pontificum.fr] La Fraternité Saint-Pierre acquiert une église à Québec

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 16 décembre 2009

Selon une information parue sur le Forum catholique, la Fraternité Saint-Pierre est devenue propriétaire le 10 décembre dernier de l’église Saint-Zéphirin de Stadacona à Québec.

Achetée au prix symbolique d’un dollar canadien, cette  église sera destinée exclusivement  à la célébration de la forme extraordinaire. À partir du 1er janvier, l'abbé Loddé, en deviendra le premier recteur avec toutes les prérogatives d'un curé.

La Fraternité Saint-Pierre desservait précédemment  l’église Saint-François-d'Assise qu’elle partageait avec le clergé diocésain. Malgré l’achat à de bonnes conditions financières, la Fraternité Saint-Pierre devra faire face à de sérieuses réparations, notamment de la toiture et ne pourra entreprendre des travaux de modification sans l'autorisation de l'évêché qui demeure propriétaire de l’Église et peut donc en reprendre possession ultérieurement si les engagements ne sont pas respectés.

Cette information n’est, à l’heure où j’écris, pas confirmée sur le site de la Fraternité Saint-Pierre à Québec (ICI) ni sur le site général de la Fraternité Saint-Pierre ().

Membre de la Fraternité Saint-Pierre, l’abbé Guillaume Loddé est né en 1975 à Orléans dans une famille catholique.  Son père, très attaché au rituel latin, a longtemps fréquenté la Fraternité Saint-Pie-X.  Le futur abbé fit ses études dans sa ville natale jusqu’à l’âge de 19 ans avant d’entrer au séminaire de la Fraternité Saint-Pie X, à Flavigny, près de Dijon. En septembre 1994 il préféra entrer au séminaire de Wigratzbad en Allemagne, administré par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre.  Sa formation en philosophie et théologie, d’une durée de sept ans, fut interrompue par une année de service militaire. Il a été ordonné prêtre le 15 juin 2002 par le cardinal Castrillon Hoyos. D’abord vicaire durant une année à Montmirail (Sarthe), l’abbé Loddé a ensuite travaillé quatre ans à Sées en Normandie (2003-2007) comme aumônier à l’école La Croix-des-vents.  Après avoir passé trois mois à Niafles, dans le diocèse de Laval, il est arrivé à Québec en septembre 2007 comme chapelain à l’Église Saint-François d’Assise de Limoilou, où la messe selon le rite roman traditionnel est célébrée tous les jours.

15 décembre 2009

[Kenneth Baker - Daniel Hamiche] Effondrement du latin : le constat lucide et le vœu du directeur de Homiletic & Pastoral Review

SOURCE - Kenneth Baker / Daniel Hamiche - 15 décembre 2009

Attention ! Texte très important. Le P. Kenneth Baker, S.J., est le directeur depuis avril 1971 de Homiletic & Pastoral Review (ici), le plus ancien et le plus influent périodique mensuel – il fut créé en 1900 – destiné au clergé américain, et qui bénéficie de collaborations prestigieuses. La dernière livraison de l’année, décembre 2009, contient un article du professeur Mark J. Clark, « Faire revenir le latin » que le père jésuite Baker a trouvé suffisamment important pour en faire une ample et roborative présentation, et en faire “l’appel” de la couverture de ce numéro. C’est son texte dont vous allez pouvoir lire ci-dessous la traduction que je viens d’achever. Vous devriez le lire “crayon en main” : pas de gras, rien que du muscle ! Et plein de petits détails “qui font sens” (comme disent les cuistres modernistes) et qui devraient vous réjouir… Enjoy !

« Il est indubitable que nous avons constaté un déclin extrême de la connaissance du latin dans l’Église catholique depuis Vatican II. Il n’est sans doute pas venu à l’esprit de la plupart des évêques présents au Concile que leur approbation de l’utilisation du vernaculaire dans la liturgie de l’Église aboutirait à la quasi disparition du latin chez les évêques comme chez les prêtres.

Voici quelques exemples de ce que je veux dire. La plupart des prêtres désormais ordonnés ne connaissent pas assez de latin pour célébrer la Messe selon la forme extraordinaire. La plupart des évêques désignés pour se rendre aux synodes à Rome sont incapables de comprendre le latin quand il est utilisé. Ils ne savent pas davantage le lire ou le parler. J’ai été personnellement le témoin de cela depuis trente-cinq ans. Et cela se passe dans une Église dont la
langue officielle est le latin ! De très importants documents du Vatican, qui pendant plus de 1 500 ans étaient écrits en latin, le sont désormais en langues vernaculaires puis ensuite traduits en latin. Un bon exemple de cela est celui du Catéchisme de l’Église catholique qui a d’abord été rédigé en français puis ultérieurement traduit en latin.

L’indifférence au latin dans les séminaires a commencé vers 1960. Le pape Jean XXIII tenta d’arrêter le déclin du latin en promulguant sa constitution apostolique
Veterum Sapientia en 1962. Mais les évêques comme les supérieurs religieux n’appliquèrent pas le souhait du Pontife et n’y obligèrent pas, si bien qu’elle resta lettre morte [1]. Je me souviens avoir demandé à un séminariste jésuite au début des années 1970, s’il connaissait le latin. Il me répondit : “Non, et on n’en a plus besoin ? Tout ce qu’il nous faut savoir est disponible en traductions anglaises”.

Je voudrais attirer votre attention sur un article de cette livraison : “Faire revenir le latin” du professeur Mark Clark qui enseigne le latin au Christendom College à Front Royal, Viriginie. Le professeur Clark souligne que près de deux mille ans d’histoire, de théologie et de culture catholiques sont en langue latine. Ceux qui ne connaissent pas la latin n’ont accès à ce trésor qu’en traductions vernaculaires, mais aucune traduction ne peut donner totalement les nuances et le sens de ce qu’on trouve dans les originaux. Dès lors, quand évêques et prêtres ignorent le latin ils sont privés à l’accès direct aux sources de la culture catholique. C’est une catastrophe de première grandeur et il faut absolument faire quelque chose. On m’a dit qu’il n’y a avait plus que cinq ou six spécialistes du latin à Rome même qui soient capables de traduire en latin des documents comme le Catéchisme
[voir ici].

Les Pères de Vatican II ont pensé que le latin continuerait à être la langue commune des prêtres dans le monde entier. Dans leur toute première constitution sur la liturgie, ils déclarèrent : “L'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins.” (n. 36, § 1). Mais, ce faisant, ils ne comprirent pas qu’ils allaient approuver l’usage du vernaculaire qui “peut être souvent très utile pour le peuple”
[id. § 2]. C’était là une de ces “bombe à retardement” dissimulées dans les documents de Vatican II que la plupart des évêques qui les avaient votées n’avaient pas vues.

Est-il trop tard pour que le latin redevienne une langue vivante parmi les clercs et les universitaires laïcs catholiques ? Le professeur Clark voit des signes certains d’un retour possible du latin. L’un d’entre eux est sans conteste la popularité sans cesse grandissante de la Messe traditionnelle latine et le fait qu’elle soit de plus en plus acceptée dans tout le pays. Le fait que le pape Benoît XVI ait promulgué en 2007 le
motu proprio Summorum Pontificum, constitue un autre signe. Beaucoup de jeunes prêtres sont en train d’apprendre le latin afin de pouvoir célébrer la Messe selon la forme extraordinaire qu’on trouve dans le Missel romain de 1962. À la basilique Saint-Pierre on constate actuellement un renouveau du chant grégorien.

Ce serait un signal fort pour le retour du latin si le pape ordonnait à tous les séminaristes se formant au sacerdoce catholique de devoir apprendre à célébrer la Messe en latin. Il y a une rumeur selon laquelle la chose serait étudiée à Rome. Cela voudrait dire que tous les séminaires devraient de nouveau enseigner le latin et exiger qu’on sache au moins le lire pour être autorisé à être ordonné. Quand j’ai fait mon apprentissage de jésuite dans les années 1950, des cours étaient donnés en latin, nos manuels étaient en latin et l’examen oral de fin d’année était conduit en latin. Lors de notre ordination, nous pouvions lire, écrire et parler en latin.

Le latin est un facteur d’unité pour tous les catholiques romains. J’espère et je prie pour que le Saint Esprit inspire notre pape et nos évêques afin qu’il fasse revenir le latin comme signe de l’unicité de l’Église. »


1. Je souligne, au passage, que beaucoup de successeurs des apôtres se moquent comme d’une guigne des constitutions apostoliques des papes… À plus forte raison des motu proprio… Suivez mon regard (en tous cas en France).

[Zenit] Lefebvristes : le pape a souhaité reconstruire l’unité

SOURCE - Zenit - 15 décembre 2009

Lefebvristes : le pape a souhaité reconstruire l’unité
Entretien accordé par le cardinal Bertone à la chaîne française KTO

ROME, Mardi 15 Décembre 2009 (ZENIT.org) - La volonté de Benoît XVI de renouer des liens avec les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle a été motivée par « la nécessité de reconstruire l'unité à l'intérieur de l'Eglise catholique » et de valoriser une « non rupture avec la tradition ».

C'est ce qu'a affirmé le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat, dans un entretien exclusif accordé le 14 décembre à la chaîne de télévision française KTO à l'occasion de son dixième anniversaire.

Interviewé par Philippine de Saint-Pierre, directrice des programmes de la chaîne, le ‘numéro deux' du Saint-Siège a évoqué la question de la levée des excommunications et du désir de l'Eglise de renouer avec les fidèles ayant suivi Mgr Lefebvre.

Benoît XVI « est très précisément au courant des problèmes liés à la scission des fidèles qui suivaient Mgr Lefebvre ». « Il faut se souvenir qu'en 1988, c'est lui qui conduisait les relations et le dialogue avec Mgr Lefebvre et son équipe, à la demande de Jean-Paul II », a rappelé le cardinal Bertone. « Il a vu les causes de cette scission et la nécessité de reconstruire l'unité à l'intérieur de l'Eglise catholique ».

« Comme il l'a très bien dit dans sa lettre écrite au début de cette année, au mois de janvier », le pape « est conduit par la préoccupation de l'unité du premier cercle à l'intérieur de l'Eglise ». « Et cela doit être une préoccupation essentielle pour le pape, qui est le ministre et le garant de la communion dans l'Eglise ».

Enfin, « l'autre raison de son action est cette non discontinuité, cette non rupture avec la tradition », a ajouté le cardinal Bertone. « La tradition fait partie de l'Eglise, c'est un patrimoine que nous avons besoin de connaître et de valoriser et non pas de mettre de côté ou de laisser dans les bibliothèques ». « Donc, il a voulu la valoriser de cette façon, en y mettant des conditions bien précises, qui ne sont pas toujours observées »

Dans cet entretien télévisé, le premier collaborateur du pape a aussi évoqué les autres dossiers importants du pontificat de Benoît XVI : « le dialogue œcuménique, en particulier avec le monde orthodoxe, où le pape est une personnalité très estimée comme grand théologien » ; « le dialogue avec le judaïsme » et « les relations avec l'Islam ». « Voilà quelques-uns des dossiers importants sur lesquels il a mis l'accent, sur lesquels il a donné des directions précises ».

Marine Soreau

[Jean-François Foncin - France Catholique] "Rome et les lefebvristes", lecture critique

SOURCE - Jean-François Foncin - France Catholique - 15 décembre 2009

"Rome et les lefebvristes", lecture critique par le Pr. Jean-François Foncin, Directeur d’Études honoraire à l’École Pratique des Hautes Études

J’ai acheté le petit (mais dense) livre de Gérard Leclerc « Rome et les lefebvristes » et l’ai lu avec d’autant plus d’intérêt que mon âge fait que j’ai pu suivre « l’affaire » depuis bien avant le Concile Vatican II.

Merci donc tout d’abord à l’auteur d’avoir recherché dès le pontificat de Pie XI les racines de l’affaire, et en particulier dans l’influence du Cardinal Billot et du Père Le Floch sur le séminariste et l’étudiant de l’époque. Je crois cependant que l’auteur interprète mal la condamnation de l’Action Française (AF), événement capital dans l’histoire de l’Église au moins en France, et ses suites en ce qui concerne plus particulièrement le Cardinal Billot et le Père Le Floch.

La condamnation de l’AF et plus particulièrement de Charles Maurras n’a pas été une condamnation doctrinale, ce qu’elle ne pouvait être vis à vis d’un homme qui se disait incroyant, mais une prise de position politique comme l’avait été le Ralliement. Elle a reposé sur trois éléments, dont deux concernaient essentiellement Aristide Briand, dont Maurras (avec Jacques Bainville et Léon Daudet) était l’adversaire jugé le plus dangereux.

Le premier était la liquidation des conséquences juridiques matérielles de la loi de Séparation, votée en 1905 alors que Briand était Président du Conseil. Briand était l’homme fort (avec l’anticlérical forcené Herriot, loin alors de sa mort muni des Sacrements de l’Église) et fréquent ministre des Affaires Étrangères du Cartel à partir de 1924. La question a été réglée par un échange de lettres diplomatiques (le degré inférieur des conventions internationales) : la République abandonnait les associations cultuelles paroissiales, transférait leurs fonctions aux associations diocésaines, et acceptait de transformer celles-ci de façon apparemment mineure, mais qui donnait à l’évêque une autorité discrétionnaire sur ces associations et par conséquent sur les finances et les biens de l’Église dans l’étendue du diocèse, autorité dont les évêques n’avaient jamais joui au cours de l’histoire de l’Église en France. [1] Cet « arrangement », de valeur juridique incertaine (un échange de lettres diplomatiques modifiant une loi !), mais confirmé par un usage constant, règle encore le fonctionnement matériel de l’Église en France hors des départements concordataires. Je ne sais pas s’il existe une trace de négociations concernant l’AF dans ce cadre, mais il y avait certainement matière à un quid pro quo.

Le second, dans lequel Briand joue un rôle en qualité de ministre des Affaires Étrangères, est celui des relations franco-allemandes. On sait que l’AF, et particulièrement Jacques Bainville, après avoir critiqué le traité de Versailles (« trop dur pour ce qu’il a de doux ») [2], pensait que, le mal étant fait par le traité, le moindre mal était de poursuivre rigoureusement son exécution pour éviter que l’Allemagne ne devienne assez forte pour prendre sa revanche, ce qui bien sûr arrivera en 1940, quinze ans après Locarno. Le Vatican était opposé à une telle politique pour de multiples raisons. Fondamentales d’abord, à la suite du souci légitime de Benoît XV de maintenir une neutralité entre les belligérants. Des raisons de personne ensuite : Eugenio Pacelli fut nommé nonce à Munich en 1917, seul nonce pour tout le Reich, puis nonce à Berlin, poste créé pour lui en 1920. Déjà influent dans la diplomatie vaticane, dès avant sa nomination comme nonce, en tant que secrétaire aux affaires ecclésiastiques extraordinaires, son influence ne fait que croître, et culminera par sa nomination comme Secrétaire d’État en 1929. Tout naturellement, il s’implique dans le catholicisme allemand, ce qui prend une tournure plus politique quand aux socialistes succède le Zentrum comme première force au Reichstag. Ce parti, parti catholique dont la première vocation avait été de s’opposer - victorieusement - au Kulturkampf de Bismarck, était devenu, du fait de la chute des dynasties allemandes, un parti démocrate chrétien. D’où deux éléments nouveaux en faveur de la condamnation de l’AF dans la politique étrangère du Vatican : le retour en grâce des démocrates chrétiens et l’appui à la politique étrangère allemande, celle de Stresemann qui était aussi celle de Briand [3] Ironie de l’histoire, l’homme du Zentrum chargé de la politique étrangère était von Papen, co-signataire avec Pacelli du Concordat avec la Prusse puis en 1933 avec le Reich ; la dictature nationale-socialiste sera rendue possible du fait de l’abandon de Brünnig, chancelier issu du Zentrum, par une fraction de son parti à la suite de von Papen. [4] Pacelli comprendra la leçon : c’est lui qui rédigera « Mit brennender Sorge » pour Pie XI, et lui aussi, peu après son élection sous le nom de Pie XII, qui en 1939 lèvera la condamnation de l’Action Française.

Le troisième élément, moins lié à la politique quotidienne, et très important au moins aux yeux de certains évêques français, était celui de l’Action Catholique. Dans la ligne de « Quas primas » (1925) et de sa condamnation du laïcisme [5], il fallait diriger l’action des catholiques dans le siècle vers des mouvements et des organisations proprement catholiques, c’est à dire ayant mission d’Église : l’Action Catholique [6] Il fallait donc rendre impossible la concurrence de mouvements laïques dans lesquels les catholiques s’engageaient en grand nombre, et en premier lieu de l’Action Française, dont le nom à lui seul marquait cette concurrence. Tout naturellement, l’accusation majeure fut que l’AF manipulait des catholiques, y compris des clercs, et tentait de les utiliser à ses fins propres, ce qui n’était peut-être pas entièrement faux.

Quelle relation, dans ces conditions, entre la condamnation de l’Action Française et la chute du cardinal Billot et du Père Le Floch ? Certainement pas une raison doctrinale. Comme le rappelle Gérard Leclerc, la position philosophique du cardinal Billot était, au travers du thomisme, un aristotélisme pur et dur, à l’exact opposé de celle, en fait politique et littéraire plus que philosophique, de Maurras, qui invoquait le curieux mélange de Hegel et Auguste Comte tenant lieu de philosophie à Taine [7], ainsi que l’art d’écrire du « divin Platon » : en fait ce que le cardinal Billot, tenant la plume pour Pie X [8], avait condamné au début de Pascendi sous le nom d’agnosticisme, pour conclure "non hic philosophandi sed rectius delirandi finis". Encore moins une position théologique de Maurras, incroyant avoué. Et je ne crois pas que les problèmes de l’Action Catholique en France aient pu motiver le cardinal Billot, romain de longue date.

Je pense que la rupture entre le cardinal Billot et Pie XI a eu principalement des causes politiques, comme la condamnation de l’Action Française elle-même. Louis Billot était né en 1846 à Sierck (il y a aujourd’hui sa rue), alors et maintenant dans le département de la Moselle mais entre 1871 et 1919 annexé et partie du Reichsland Elsass-Lothringen. Je connais bien ce « pays », la Lorraine germanophone, dont mon père était originaire. De tous les « pays » annexés, c’était celui qui, à la fois était le plus unanimement catholique et (ce n’était pas un hasard : le Kulturkampf) le plus « résistant » à la Prusse conquérante. Louis Billot, ordonné prêtre en 1869, était d’une famille « optante » qui, refusant la Prusse et le Reich, abandonnera tout pour rester française. De voir le Vatican favoriser une politique qui menait, l’événement l’a prouvé, à une nouvelle annexion pire, quoique heureusement plus brève, que la précédente, était pour lui insupportable. Je pense que c’est une colère dont la sainteté reste à apprécier qui lui a fait, en trois minutes et sans discussion [9] déposer sur le bureau de Pie XI les insignes du cardinalat. De même, c’est l’insistance répétée de Francisque Gay, rénovateur de la Démocratie Chrétienne en France en tant que force politique, qui amènera l’éloignement du P. Le Floch, spiritain, dont l’influence sur Marcel Lefebvre fut déterminante.

Je ne sais pas ce qui fait que Gérard Leclerc (4ème de couverture, mais celle-ci a-t-elle été rédigée par l’auteur ? car le corps du livre est plus subtil) qualifie de « décadent » le thomisme de « Mgr » Billot. Je ne suis pas qualifié pour en juger au point de vue théologique, mais au point de vue philosophique mes réflexions sur l’épistémologie de la recherche en génétique humaine [10] me conduisent à un réalisme entièrement opposé au nominalisme dont est issu l’agnosticisme condamné par Pascendi. La science expérimentale, loin du Claude Bernard du baccalauréat, repose sur le théorème de Bayes, dit de la « probabilité des causes », et ne peut se passer de l’évaluation d’une probabilité a priori, condamnée comme métaphysique par le positivisme comtien : il y a bien une vérité (adaequatio rei et intellectus, ce qui suppose une res) relativement à chaque proposition, même si souvent nous n’en connaissons (et pouvons calculer) qu’une probabilité plus ou moins voisine de 1. Il y a peu de dimanches nous avons entendu que la vérité existe, et que le Christ lui rend témoignage (est-ce par hasard que « quid est veritas ? », la réponse de l’agnostique qui enverra Jésus à la mort, a été omise dans ce qui fut lu dans ma paroisse ?). Comme on comprend le cri de Mgr Lefebvre « parce que l’Église du Christ est la Vérité », cité p.45. Qu’on mette en face le fameux (la fameuse Locuste) « substitit in », ce chef-d’œuvre d’ambiguïté dont se félicitait publiquement le théologien conciliaire qui l’avait trouvé pour éviter « est ».

Nous en sommes revenus au Concile Vatican II et à son acceptation posée comme condition nécessaire à la réintégration des “lefebvristes” dans la pleine communion de l’Église. Après qu’un premier pas ait été franchi par la levée des excommunications, le suivant serait la levée de la suspense a divinis frappant les quatre évêques (quel est le statut à ce point de vue des prêtres qu’ils ont ordonnés, et avant eux Mgr Lefebvre quand il était suspens, je l’ignore). C’est un problème canonique dont un des éléments capitaux est le statut de Vatican II dans le Magistère. Vatican I, concile dogmatique, a promulgué nombre de canons terminés par « anathema sit » ; par exemple, quiconque nierait que le Pontife Romain a un pouvoir de juridiction ordinaire et immédiat aussi bien sur toutes et chacune des églises que sur tous et chacun des pasteurs et des fidèles ne pourrait être en communion avec l’Église. Vatican II est de nature différente. Convoqué par Jean XXIII pour adapter la pastorale de l’Église aux temps présents [11], il n’avait pas pouvoir pour définir des dogmes, et de fait n’en a pas explicitement défini – anathema sit est absent de ses canons. Ce qui, dans les textes de Vatican II, touche au dogme relève du Magistère ordinaire et, comme l’a indiqué le pape régnant Benoît XVI, doit être interprété en fonction des autres manifestations de ce Magistère : nous ne sommes pas loin des “opinions probables” dans cette nouvelle casuistique. Il est par exemple instructif de comparer certains textes de Vatican II avec la Constitution Auctorem fidei [12], de statut comparable. Ce que l’on peut exiger des parties en présence, et particulièrement des lefebvristes, comme ce fut le cas au XVIIe siècle pour les thomistes et les molinistes disputant de la grâce, est de s’abstenir d’accuser d’hérésie ses adversaires. Cela me paraît la condition nécessaire et suffisante, au point où nous en sommes, pour une réintégration des lefebvristes, dont l’Église a bien besoin, comme de tous ses fils.

Notes
[1] Combien ils sont jaloux de cette récente autorité est montré par leur comportement, dont j’ai l’expérience personnelle, vis à vis des associations de 1901 propriétaires de biens immobiliers utilisés selon les vœux des fondateurs et donateurs pour des œuvres déterminées.

[2] Les Conséquences politiques de la Paix (1920), ce livre prophétique.

[3] Il serait à peine hors sujet de rappeler l’intervention du Vatican en 1924, par l’intermédiaire du nonce Maglione, pour que en Alsace l’Abbé Wetterlé et ses amis, “catholiques et français toujours”, soient remplacés aux élections générales par des candidats autonomistes sous l’égide des Abbés Haegy et Fasshauer ; “Agnès”, la concubine de ce dernier, servait de relais pour la transmission des subventions en provenance du Zentrum.

[4] En Alsace l’évolution sera parallèle et l’autonomisme glissera du cléricalisme au national–socialisme (Karl Roos)

[5] Le passage correspondant de l’encyclique a, remarquablement, disparu du Denziger entre la 17ème édition (1927) et la 36ème (1976)

[6] Jusqu’à ce que deux évêques chantent l’Internationale à un congrès de la JOC … En sens contraire, l’action “levain dans la pâte” se manifesta par le rôle de la JAC dans une tentative d’application de la doctrine sociale de l’Église par la refondation du syndicalisme agricole et l’action de ce dernier pour la législation agricole de l’immédiat après-guerre.

[7] Cf. de cet auteur les deux derniers chapitres de Les philosophes classiques du dix-neuvième siècle en France

[8] Cf. Denziger – Schönmetzer, 1976, p. 675

[9] Source : Wickipedia,

[10] FONCIN J.-F. : Réflexions à partir de l’importance de la notion de cause dans la classification des « maladies ». In : Peut-on classer le vivant ? Linné et la systématique aujourd’hui D. Prat, A. Raynal-Roques, A. Roguenant (Édit.), pp.99-105, Éditions Belin, Paris, 2008.

[11] Savoir si la déroute pastorale (en particulier la disparition des pasteurs sur le terrain) que l’on observe, du moins en Europe occidentale et au Québec, aurait été pire si le Concile Vatican II n’avait pas eu lieu (p.53) est du domaine des hypothèses difficiles à démontrer.

[12] De Pie VI, 1794. Ce texte vise des erreurs du synode interdiocésain de Pistoia (1786), inspirées en particulier par le josephisme, que le pape n’avait pas pu condamner publiquement avant que, paradoxalement, la Révolution française ne le libère de la tutelle du Saint Empire. Ces faits expliquent à la fois la lenteur de Pie VI à condamner la Constitution Civile du Clergé, directement inspirée par les idées du synode de Pistoia, et son ambivalence vis à vis de Bonaparte.