16 février 2010

[Una Voce] Lauriers pour un film sur la vie monastique

SOURCE - Una Voce - 16 février 2010

Nous avons longuement commenté dans notre dernière revue le film "Veilleurs dans la nuit  - Une journée monastique à l'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux".

Le DVD, suite à sa programmation sur la chaîne KTO tout au long de la semaine de Noël 2009, a été retenu et primé par le jury du Club Audiovisuel de Paris qui décerne chaque année les "Lauriers de la radio et de la télévision".
Le 15 février 2010, dans les salons du Sénat à Paris, c'est le Nonce Apostolique en France, Mgr Luigi Ventura, qui a remis aux co-réalisateurs de ce film, Eddy Vicken et Yvon Bertorello, le "Laurier Première Œuvre - Prix Marcel-Jullian", en présence de Dom Louis-Marie, abbé du Barroux (France).
Ce DVD de 52 minutes, est disponible sur la boutique en ligne de notre site web . Retournez à la page d'accueil et suivez les instructions pour le commander.

Suivez ainsi la vie de prière et de travail des moines bénédictins, rythmée par les différents offices de la journée chantés en grégorien. Un cadre magnifique au cœur de la Provence, des images rares et superbes, mises en valeur par la voix intense de Michael Lonsdale.

Article extrait du n° 7033 de Présent du Mercredi 17 février 2010 :
En remettant à Yvon Bertorello et Eddy Vicken, les auteurs et réalisateurs du film sur le Barroux, Veilleurs dans la nuit (Présent des 9 et 10 juillet, du 8 août, et du 19 décembre 2009), le « Laurier de la première œuvre - Prix Marcel-Jullian », décerné par le Club audiovisuel de Paris, le nonce apostolique, Mgr Luigi Ventura, a tenu à remercier la télévision française d'être capable de diffuser - c'était la semaine de Noël sur KTO - un film dans lequel on voit la réalité d'une vie donnée à Dieu. Il a ajouté que le Nonce ne pouvait faire moins que de remettre ce prix à un documentaire qui a été vu (et apprécié) par le Pape lui-même...

Pour la circonstance, Dom Louis-Marie, le Père abbé de l'abbaye Sainte-Madeleine, avait fait le voyage de Paris. Son habit tranchait un peu dans ce milieu du gratin médiatique où, pour la remise des divers Lauriers remis ce lundi, au Sénat, par le Club audiovisuel de Paris, on croisait des lauréats aussi divers que Frédéric Taddéï, Olivier Marchal, Laura Smet, Harry Roselmack, Michel Meyer, Patrick Chêne, Michel Aumont, etc. Et des personnalités nombreuses, de Michèle Cotta à Guy Gilbert, en passant par Jean Tulard, François Lemaire (dont les éditions Téqui diffusent le DVD du film sous sa couverture NS vidéo) et les représentants multiples du CSA, du CNC, de France Télévisions...

Chaque lauréat étant présenté par une rapide bande-annonce, je laisse le lecteur imaginer combien la vie de prière des moines a pu trancher sur - entre autres... - les habituelles fictions, ou les incontournables émissions sur la Seconde Guerre mondiale ou le Mur de Berlin.

OLIVIER FIGUERAS

Version originale en français, avec sous-titrage en anglais, allemand, italien, espagnol (et français pour les malentendants).

Vente en ligne sur la boutique du site Una Voce

Artisanat Monastique de Provence
Abbaye Sainte-Madeleine
84330 LE BARROUX

téléphone : 04 90 62 56 31

http://www.barroux.org

[summorum-pontificum.fr] RIP pour un Curé mais catholique

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 16 février 2010

Autre grande figure du combat pour la messe traditionnelle, l’abbé Philippe Sulmont, ancien curé de Domqueur et des paroisses de Brucamps, Cramont, Ergnies, Gorenflos, Maison-Roland et Mesnil-Domqueur, est pieusement décédé au Brémien- Notre-Dame le 11 février, à l’âge de 88 ans. La messe de funérailles sera célébrée le vendredi 19 février 2010 en l’église de Domqueur (Somme) à 14 h 30. Homme infatigable, animateur d’une célèbre lettre, auteur de plusieurs ouvrages, l’abbé Sulmont fut de ces curés de paroisse qui restèrent attachés à la messe de leur ordination.

[catholique.over-blog.fr] M. l’Abbé Joven Soliman, un prêtre sédévacantiste aux Philippines

SOURCE - catholique.over-blog.fr - 16 février 2010

Entretien avec l’Abbé Joven Soliman - Source : sedevacante-pax.blogspot.com - (traduction par un amateur : n’hésitez pas à signaler les contresens éventuels...)

- Frère Pio : Cher M. l’Abbé Joven Soliman, que Dieu vous donne sa sainte paix !

- Abbé Soliman : Je vous remercie, mon frère. Que Dieu vous donne sa sainte paix à vous aussi !

- Frère Pio : Monsieur l’Abbé, parlez-nous de vous, s’il vous plaît. Êtes-vous né dans la religion catholique, ou êtes-vous venu à la Tradition plus tard dans votre vie ?

- Abbé Soliman : J’ai été baptisé catholique, mais j’ai grandi dans l’ignorance de la foi catholique. Je n’étais pas vraiment un pratiquant du N.O.M., ce qui, en quelque sorte, fut une bénédiction parce que, plus tard, il ne fut pas difficile pour moi de venir à la Tradition. C’est à l’âge de seize ans que j’ai pris la religion au sérieux en remarquant que certains de mes camarades de classe devenaient protestants. J’étais convaincu que la religion catholique est la seule vraie religion, mais j’ignorais comment la défendre contre leurs objections. Dès ce moment j’ai décidé d’étudier sérieusement la foi catholique, tout en n’étant pas conscient de la crise dans l’Église. Je suis ainsi venu à la Tradition progressivement jusqu’à ce que j’aie décidé, à l’âge de vingt ans, de cesser d’aller à la nouvelle messe.

- Frère Pio : Où et quand êtes-vous entré au séminaire et quel évêque vous a ordonné ?

- Abbé Soliman : Je suis entré au séminaire de la Sainte Croix à Goulburn, en Australie, en avril 1992 et j’ai passé là mes trois années de philosophie. J’ai poursuivi mes études de théologie à Ecône, en Suisse, de 1995 à 1998. Finalement, j’ai été ordonné prêtre par Son Excellence Mgr Bernard Fellay le 11 Juillet 1998, en l’église Notre-Dame des Victoires, à Quezon aux Philippines.

- Frère Pio : J’ai lu que vous étiez le premier prêtre philippin ordonné dans la FSSPX et que vous avez été prieur à Manille, est-ce exact ? Avez-vous des membres de votre famille engagés dans la vie religieuse ?

- Abbé Soliman : Oui, c’est exact, et j’ai été prieur à Manille d’octobre 2003 au 6 septembre 2008. J’ai une soeur qui est oblate de la FSSPX, et elle est assignée en Suisse.

- Frère Pio : Monsieur l’Abbé, vous avez quitté la Fraternité Saint-Pie X. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

- Abbé Soliman : J’ai quitté subitement la Fraternité Saint-Pie X le 6 septembre 2008. Je ne peux pas vous en donner le motif dans une interview parce qu’il n’est pas d’ordre public. A tort ou à raison, j'ai considéré ma décision comme un acte de protestation. Donc, vous pouvez écrire que c’est pour des raisons personnelles que je suis parti.

- Frère Pio : Monsieur l’Abbé, croyez-vous que Benoît XVI est l’actuel Souverain Pontife de la Sainte Eglise catholique romaine fondée par Jésus-Christ pour le salut de l’homme ?

- Abbé Soliman : Non, pour moi Benoît XVI est un antipape et un précurseur de l’Antéchrist. Mgr Lefebvre lui-même l’a traité d’hérétique dans l’une de ses conférences.

- Frère Pio : Qu’est-ce qui vous a amené à découvrir que le sédévacantisme est vraiment la situation à laquelle nous assistons malheureusement aujourd’hui ?

- Abbé Soliman : La levée de l’excommunication des quatre évêques de la FSSPX le 21 janvier 2009 m’a incité à étudier le sédévacantisme. Même si j’étais déjà en dehors de la FSSPX à cette époque, je n’étais pas encore officiellement expulsé. Quelques prêtres ont été expulsés de la FSSPX, en raison de leur opposition publique à cette soi-disant « levée de l’excommunication ». Constatant qu’aucun prêtre dans les Philippines ne critiquait ouvertement le décret du 21 janvier 2009 et la lettre de Benoît XVI aux évêques du 10 mars 2009, j’ai donné deux conférences critiquant ces deux documents à certains fidèles qui avaient gardé des contacts avec moi.

- Frère Pio : Avez-vous toujours été favorable à la position sédévacantiste, ou lui étiez-vous opposé au premier abord ?

- Abbé Soliman : Ayant reçu ma formation de la FSSPX, il est naturel que j’aie été opposé à la position sédévacantiste. Je pensais que la position de la FSSPX était celle de la prudence entre le sédévacantisme et le modernisme, mais je sympathisais avec ceux qui défendaient la position sédévacantiste parce que je savais que c’étaient des catholiques qui luttaient contre les erreurs de la religion du novus ordo.
Entre la parution du décret le 21 janvier et le 25 Juillet 2009, j’ai eu tout le temps d’étudier sérieusement la position sédévacantiste et, une fois arrivé à la conclusion inévitable que Ratzinger ne peut pas être un pape légitime mais un antipape, j’ai commencé à omettre le nom de Benoît XVI au canon de la messe à partir du 25 juillet 2009, et j’ai arrêté de dire la messe selon les rubriques de Jean XXIII pour adopter les rubriques de saint Pie X.

- Frère Pio : Quelle a été votre expérience depuis votre départ de la Fraternité, y a-t-il aux Philippines une compréhension de la crise incroyable à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui, ou la Tradition y est-elle associée à la seule FSSPX ?

- Abbé Soliman : Les quatre premiers mois qui ont suivi mon départ du prieuré de Manille en septembre 2008, je les ai passés à célébrer la messe en privé sans faire d’apostolat, songeant même à demander au Supérieur Général de m’accorder un congé sabbatique prolongé à Albano en Italie, parce que je connaissais quelques prêtres là-bas. C'est la “levée de l’excommunication” qui m’a fait décider à ne plus retourner dans la FSSPX. Il aurait été malhonnête de demander ma réadmission juste pour être en désaccord avec leur orientation actuelle et être expulsé pour cette raison.
Après le 21 Janvier 2009, j’ai commencé à donner des conférences à certains fidèles, et le 27 septembre de l’année dernière, j’ai commencé à dire la messe en public à une poignée de fidèles, en spécifiant que la Sainte Messe est offerte non una cum Benedicto. Ma situation est assez difficile puisque je n’ai ni église ni chapelle pour dire la messe, seulement la maison de l’un des fidèles. C’est comme si on revenait aux catacombes. J’ai entendu dire que mes anciens confrères mettaient en garde les fidèles contre moi en prétendant que je suis dangereux, tout en disant de bonnes choses à propos de Ratzinger qui est le véritable ennemi. Aux Philippines, seul un petit nombre comprend la crise que nous traversons aujourd’hui.
Il est triste que beaucoup de fidèles réduisent la crise à une question de messe en latin. Pour eux, ils sont satisfaits avec le missel de 1962 de Jean XXIII, et tiennent pour acquise la foi catholique intégrale. La majorité des traditionalistes sont liés à la Fraternité Saint Pie X, mais il y a aussi quelques-uns des groupes motu proprio qui en sortent.

- Frère Pio : Quelle est la principale difficulté avec la position de la Fraternité, est-ce une question de doctrine ?

- Abbé Soliman : C’est bien entendu une question de doctrine. Je n’ai pas besoin de répéter encore ce que d’autres prêtres sédévacantistes ont déjà dit, mais un point que nous devons souligner dans la position de la FSSPX est son erreur concernant le Magistère ordinaire universel.
En vertu de leur position conciliant résistance au pape et reconnaissance du pape, ils croient pouvoir désobéir sur la nouvelle messe, le nouveau catéchisme, le nouveau code de droit canonique, rejeter les canonisations novus ordo, mépriser des encycliques, etc. Ils ne parviennent pas à réaliser que liturgie, catéchisme, droit canon, canonisations sont également couvertes par l’infaillibilité de l’Église, le Magistère ordinaire universel. Si nous acceptions la position de la FSSPX, alors on pourrait conclure qu’après Vatican II, le Magistère ordinaire universel de l’Eglise est désormais faillible.

- Frère Pio : Y a-t-il dans la FSSPX des prêtres que vous connaissez qui sont sédévacantistes ?

- Abbé Soliman : Je n’en connais aucun, mais il y en a un qui suit les rubriques de saint Pie X pour la messe.

- Frère Pio : Êtes-vous donc le seul prêtre sédévacantiste aux Philippines jusqu’à présent ?

- Abbé Soliman : Oui, et je serais heureux qu’il y en ait un autre.

- Frère Pio : Combien de personnes vous ont suivi et sont d’accord avec votre position aujourd’hui ?

- Abbé Soliman : Plus ou moins trente fidèles.

- Frère Pio : C’est un grand plaisir d’être entré en contact avec un de vos paroissiens aux Philippines qui est entré récemment au noviciat du Tiers-Ordre de la Pénitence de saint François. J’ai été particulièrement impressionné par ses connaissances concernant la crise dans l’Église et sa familiarité avec la doctrine catholique. Passez-vous du temps à éduquer votre petit troupeau là-bas ? Est-ce une partie de votre apostolat, maintenant ?

- Abbé Soliman : Oui, je suis occupé à les instruire, et j’espère que petit à petit leur connaissance de la doctrine catholique se développera.

- Frère Pio :: Quelle est votre situation aujourd’hui, Monsieur l’Abbé, avec un si petit troupeau, est-il difficile de continuer l’apostolat ? Comment les âmes peuvent vous aider financièrement si elles le souhaitent ?

- Abbé Soliman : Oui, c’est difficile mais j’ai confiance dans la Divine Providence. A ceux qui sont disposés à m’aider, vous pouvez donner mon adresse e-mail pour qu’ils me contactent (1).

- Frère Pio : À votre avis, où allons-nous maintenant  Je veux dire, que va-t-il se passer à Rome ? Bien sûr, le Bon Dieu interviendra face à la situation de vacance du siège de Pierre, mais à votre avis, comment cela se produira-t-il ?

- Abbé Soliman : Nous sommes à présent plongés dans la grande apostasie prédite dans l’Ecriture Sainte. On est aveugle si on prétend que nous ne sommes pas encore dans la grande apostasie. La destruction de la foi parmi les nations et les individus après le concile Vatican II est suffisante pour montrer que la grande apostasie est en cours, et que les antipapes postconciliaires sont ceux qui enseignent et mettent en œuvre la doctrine de l’Antéchrist.
Il est triste que les catholiques traditionnels attachés à l’église conciliaire soient muets au sujet de Ratzinger qui promeut le nouvel ordre mondial. C’est en raison de la vacance du siège de Pierre qui est à présent usurpé par un antipape qui prépare la venue de l’Antéchrist. Dieu sait comment la question de la vacance sera résolue. Que ce soit par une intervention miraculeuse, un conclave ou un concile œcuménique, Dieu le sait. N’oublions pas que saint Pierre le premier pape n’a pas été élu par un conclave. Il a été directement nommé par Notre Seigneur Jésus-Christ. Donc, Dieu sait comment elle sera résolue, et quand. Ce que notre sens catholique nous indique en ce moment est que le siège de Pierre est occupé par un antipape, et qu’il doit être combattu et dénoncé par tous les catholiques attachés à la foi.

- Frère Pio : Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez dire pour encourager les personnes dans l’Église qui partagent votre position sur la crise ? S’il y a des prêtres de la FSSPX qui lisent cet entretien, que voudriez-vous leur communiquer, que leur diriez-vous au sujet du sédévacantisme et de la crise dans l’Église ?

- Abbé Soliman : En ces temps difficiles, il est de notre devoir de garder la foi catholique tout entière. Gardons devant les yeux la constance et la persévérance de nos ancêtres dans la foi qui ont refusé tout compromis avec les hérésies, et même versé leur sang pour défendre la foi. Recevez les sacrements de prêtres sans compromis avec l’église de contrefaçon de Vatican II, si vous avez accès à eux... Priez le Rosaire tous les jours. S’il y a des prêtres de la FSSPX qui lisent cet entretien, j’espère qu’ils trouveront le temps d’étudier la question du sédévacantisme. Ils ne doivent pas seulement lire les écrits opposés au sédévacantisme, mais aussi ceux des sédévacantistes. Ils ne doivent pas oublier que Mgr Lefebvre lui-même a dit dans une de ses conférences en 1986, en parlant de Jean-Paul II, qu’« il est possible que nous soyons dans l'obligation de croire que ce pape n'est pas pape » et cela s’applique désormais à Benoît XVI. Ils ne doivent pas faire confiance à Benoît XVI. Il est le véritable ennemi, et non les sédévacantistes.

- Frère Pio : Monsieur l’Abbé Soliman, je vous remercie beaucoup pour le temps que vous avez consacré à répondre à ces questions. Que le Bon Dieu vous bénisse et que Marie vous garde en ces temps difficiles ! Voulez-vous avoir la gentillesse d’accorder votre bénédiction sacerdotale à l’enquêteur et à tous ceux qui liront ceci ? Pax et Bonum !

- Abbé Soliman : Merci beaucoup à vous aussi, Frère Pio. Benedictio Dei Omnipotentis, Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, descendat super vos et maneat semper. Amen.

(1) Pour soutenir l’apostolat de M. l’Abbé Joven Soliman, on peut écrire à : frapiofrancis@gmail.com.

[summorum-pontificum.fr] L'intervention du DALE en vidéo

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 16 février 2010

Le samedi 13 février dernier, le DALE est intervenu en la paroisse Saint-Pierre de Montrouge dans le XIVeme arrondissement de Paris. Une intervention ponctuée de prières, pour demander l'application réelle du Motu Proprio (et non un dimanche sur trois…) mais qui a suscité la colère du curé et l'intervention de la Police. 

[Yves Daoudal] L’application du motu proprio

SOURCE - Yves Daoudal - 16 février 2010

Des Polonais ont posé plusieurs questions à la Commission Ecclesia Dei concernant l'application du motu proprio. Ils ont reçu une prompte réponse.

On s'intéressera surtout aux questions 2 et 3, et à la réponse apportée conjointement à ces deux questions.

2.Est-il possible de substituer une messe selon la forme extraordinaire à une messe selon la forme ordinaire ? [Dans le cas des paroisses de ces fidèles, comme dans beaucoup de paroisses polonaises, le seul horaire libre étant entre 13 et 15 heures...]

3. Est-ce qu'un curé ou un chapelain peut célébrer selon la forme extraordinaire en l'absence d'un groupe stable s'il veut faire connaître cette forme à ses fidèles ?

Réponse aux questions 2 et 3 : La question relève du jugement prudentiel du curé, étant sauf le fait que le groupe stable de fidèles a le droit d'assister à la messe selon la forme extraordinaire.

Autrement dit, ce qui prime, c'est le droit (le droit juridique) du groupe stable d'avoir la messe selon la forme extraordinaire. Cela peut donc impliquer qu'une messe selon la forme ordinaire devienne une messe selon la forme extraordinaire. Et le curé peut aussi instituer une messe selon la forme extraordinaire en l'absence d'un groupe stable.

C'est la première fois que cela est dit ainsi. Mais c'est dans la logique du motu proprio qui stipule que tout prêtre a le droit de célébrer selon la forme extraordinaire, et dans la logique selon laquelle pour avoir un groupe stable il faut que les fidèles connaissent la forme extraordinaire.

15 février 2010

[Mgr Jean-Michel di Falco Leandri - Diocèse de Gap] Le courage de la lâcheté : « la lettre anonyme » !

SOURCE - Mgr Jean-Michel di Falco Leandri - Diocèse de Gap - 15 février 2010

Lorsque j’ouvre une enveloppe qui m’est personnellement adressée, je regarde la signature au bas de la lettre. Si elle est anonyme, je la mets directement au panier. A quoi bon accorder de l’attention à de lâches rédacteurs ? Ils prétendent souvent s’exprimer au nom de Jésus-Christ et pour l’unité de l’Eglise en pratiquant l’insulte ou la menace et en distillant la haine.

Fait rarissime, j’ai lu jusqu’au bout la lettre anonyme dont vous pouvez prendre connaissance ci-dessous. J’ai voulu cette fois-ci répondre même si je doute que cela serve à quelque chose : il n’y a pas de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre ! Ne pouvant m’adresser directement aux auteurs qui profitent du mardi gras et de la période du carnaval pour se parer de masques, je ne puis faire qu’une réponse publique.

Que me reproche t-on ? Je cite les termes de la lettre. «  La prise en charge par le diocèse d’un intégriste a surpris et mécontenté beaucoup de monde. » De qui s’agit-il en fait ? D’un prêtre qui célèbre la messe pour la communauté Saint Pie V. Celui-ci travaille aux archives diocésaines à mi-temps. Il participe aux réunions du Conseil presbytéral, du doyenné de Gap, il est toujours présent aux rassemblements diocésains. Il concélèbre chaque fois que l’occasion se présente. Je lui ai confié la charge de la communauté Saint Pie V dans le cadre de l’application du « Motu Proprio » tel que le Pape l’a demandé. Depuis, cette communauté qui vivait en marge du diocèse, participe à la vie pastorale sans se sentir ni rejetée, ni jugée, ni injustement traitée « d’intégriste ». Les responsables ont accepté que la communauté Saint Pie V, sans être paroisse,  ait le même statut que les paroisses du diocèse sur le plan financier. Elle participe ainsi, de fait, financièrement à la vie du diocèse. J’ajoute que ce prêtre et les responsables de la communauté Saint Pie V entretiennent des relations loyales avec l’évêque,  le vicaire général et les prêtres du doyenné de Gap. Qui y a-t-il d’anormal à prendre en charge ce prêtre au même titre que les autres prêtres du diocèse ? Anormal, serait-ce la réponse que des baptisés aurait à donner à la dernière prière du Christ : « Père, qu’ils soient un comme toi et moi, nous sommes un » !   Cette prière du Christ est la prière de tout évêque.  C’est une prière audacieuse et risquée.  Elle engage une charge  de tous les jours.  De quel droit, mettrions-nous hors de la communion, des baptisés qui, certes avec une sensibilité liturgique propre, sont en pleine communion avec l’Eglise ?

Je cite encore : « Dans le débat des critiques ont été formulées contre vous. (Le contraire m’aurait étonné. J’ai dans ce domaine une grande expérience !) Les plus jeunes les ont résumées comme ceci : c’est par ambition qu’il fayote avec Benoit XVI ! Ce qui a entrainé que lui-même soit fortement mis en cause, ce qui n’avait pas encore été fait entre nous. » Si mettre en application ce qu’a demandé Benoit XVI dans le « Motu Proprio » c’est « fayoter », alors nous sommes plus d’une centaine d’évêques en France à  « fayoter ». Quand tout le monde fayote il y a peu de chance de tirer bénéfice de son fayotage ! Quelle naïveté, quelle méconnaissance de l’Eglise révèlent de tels propos. Croient-ils sérieusement que Benoit XVI est informé de ce qui se passe dans notre petit diocèse de montagne ?

Si les rédacteurs de cette lettre anonyme se donnent la peine de lire mes déclarations suite aux évènements qui ont marqué la vie de l’Eglise l’année dernière (voir le blog du diocèse), ils constateront que mon ambition, si ambition il y avait, est plutôt compromise. L’ambition bâillonne la liberté et je tiens à la mienne. Qu’ils aillent voir sur Internet comment j’ai été traité. Je ne parlerai pas de la distribution dans le diocèse de tracts injurieux et calomnieux me concernant. Cela pour avoir dit, lors d’une interview à la radio, pendant le voyage du Pape à Lourdes, que les évêques feraient ce qu’ils jugeraient nécessaire pour l’application du « Motu Proprio » dans leur diocèse mais qu’ils refusaient l’instrumentalisation de la messe en latin comme étendard emblématique d’une idéologie dans laquelle un chrétien ne peut se retrouver.

Ce qui me rassure c’est que je suis un sinistre intégriste pour les uns et un dangereux progressiste pour d’autres.

Je cite encore : « Il nous a paru loyal (loyal en étant anonymes ? Où est la loyauté quand elle renonce au courage ?) de vous avertir car cela bouillonne à plusieurs endroits dans le diocèse. » Si cela bouillonne dans le diocèse, ma porte est grande ouverte pour une rencontre. Mais j’aimerais que cela bouillonne pour d’autres choses que des mesquineries signes d’une attristante étroitesse d’esprit.  Que ça bouillonne donc pour la mise en œuvre des orientations synodales, pour les vocations, pour la catéchèse, pour l’animation pastorale des petites communautés les plus isolées, pour accompagner les prêtres dans un ministère chaque jour plus difficile ! Que ça bouillonne pour se montrer accueillant et attentif pour celles et ceux que la vie malmène, celles et ceux qui ont trop souvent le sentiment que l’Eglise les rejette et les condamne, ceux qui sont blessés dans leur corps et dans leur cœur. Sans juger, en aimant tout simplement.

Lorsque les rédacteurs de la lettre écrivent : « A plusieurs nous nous sommes concertés. Si pourvu qu’ils fassent amende honorable, nous souhaitons tous que les séparatistes rejoignent notre église… » Mais pour qui se prennent-ils ? Qu’ils rendent vivantes et accueillantes les communautés auxquelles ils appartiennent pour donner envie de les rejoindre. A lire cette lettre, qui pourrait être celle d’une secte, j’avoue que si je n’étais pas évêque, avec le devoir d’être accueillant pour tous, je n’aurais aucune désir de les rejoindre.

Enfin, quant au prêtre dont les propos sont cités, je ne retiendrai que la dernière phrase : « Heureusement qu’il y a Jésus-Christ ! » Oui, heureusement il y a Jésus-Christ. Après avoir réduit en « cendres » nos mesquineries, puissions-nous nous inspirer toujours davantage de son exemple. Voilà une bonne résolution pour l’entrée en Carême, non ?

Gap, le 15 février 2010

+ Jean-Michel di FALCO LEANDRI
Evêque de Gap et d'Embrun

[Jean Mercier - La Vie] Hans Küng: "Le pape va contre Vatican II"

SOURCE - Jean Mercier - La Vie - 15 février 2010

Le théologien suisse, opposant bien connu de la Curie romaine en général et de Benoît XVI en particulier, estime que le pape est infidèle au Concile Vatican II.

Il a une opinion tranchée sur tout. Sur les papes Benoît XVI, Jean Paul II, Pie XII. Mais aussi sur la liturgie, le célibat des prêtres, les scandales sexuels dans l'Eglise. Le théologien Hans Küng, né en 1928 et célèbre opposant à Jean Paul II et au cardinal Joseph Ratzinger devenu Benoît XVI, vient de faire paraître le deuxième tome de ses mémoires aux éditions du Cerf (1968-1980, Une vérité contestée). Nous l'avons rencontré à cette occasion et récolté quelques phrases choc.

Déçu par Benoît XVI
"J'ai espéré que Ratzinger se montre différent comme pape de ce qu'il fut comme patron de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Mais cela n'a pas été ainsi. Ses nominations à la Curie sont terribles. Comme son secrétaire d'Etat, il a pris un homme, Tarcisio Bertone, qui n'était pas du tout préparé à cette tâche.

Comme pape, il a raté tous les tournants.  Il n'a pas répondu aux attentes des orthodoxes, en leur proposant, dans le cadre du dialogue, de ne pas avoir à accepter les Conciles auxquels ils n'ont pas participé depuis le XIe siècle. Il s'est limité avec eux à des embrassades, à des solennités. Avec les musulmans, on sait ce que cela a donné avec la Déclaration de Ratisbonne. En ce qui concerne les Juifs, il y a eu l'affaire de la prière du vendredi saint, et le scandale Williamson. Quant aux Eglises protestantes, elles n'ont pas digéré qu'on leur dise qu'elles ne sont pas des Eglises.

Le pape dit que les autres religions sont déficientes, et que l'Eglise catholique est parfaite, mais quand on voit les scandales qui y éclatent ! En Allemagne, on est désormais gêné qu'il soit allemand.
Plus fondamentalement, Ratzinger et moi sommes différents dans notre approche de Jésus. Moi, je suis attaché au Jésus de l'Histoire. Son Jésus à lui est dogmatique, comme il a été défini lors du Concile de Nicée en 325."

Le pape va contre Vatican II
"Pour le théologien jésuite Francisco Suares (1548-1617), il y a deux possibilités d'être schismatique. Soit on se sépare du pape. Soit le pape se sépare de l'Eglise.
Benoît XVI devrait être très prudent dans sa vision des choses, car il va contre le Concile. C'est un choc pour beaucoup de gens. Il a restauré la messe médiévale tridentine. Il a repris les ornements de Léon X (1513-1522), le pape qui avait raté l'occasion de sauver les choses avec Martin Luther. Il a nommé l'an passé un nouveau patron pour la Congrégation du Culte Divin, Antonio Cañizares, qui se promène avec la « cappa magna », c'est-à-dire une traîne. On se croirait au sacre de Napoléon. Même la reine d'Angleterre ne ferait plus une chose pareille. Le pape se rend complice d'une corruption du sacré, sous la forme d'une aristocratie cléricale qui cache ses agissements sous les ornements baroques.

Au sujet du Concile, Benoît XVI défend son herméneutique de la continuité contre une herméneutique de la rupture. Mais c'est un mensonge de dire que nous avons considéré Vatican II comme une rupture. C'était un tournant, une réforme. Cette « herméneutique de la continuité » est la seule chose que le pape a trouvé pour interpréter le Concile selon sa vision d'un retour au passé. Mais on ne l'acceptera pas ! On ne peut pas aller contre le Concile."

Le célibat sacerdotal
"La loi du célibat obligatoire est explicitement une contre-affirmation de ce que dit le Nouveau Testament sur la liberté. Et donc, elle ne peut être considérée comme catholique. C'est le produit d'un « monasticisme » médiéval – à ne pas confondre avec le vrai monachisme.
Cette loi médiévale non seulement s'oppose à l'Evangile mais aussi aux droits de l'homme. Elle s'enracine dans le paganisme. Elle reste un énorme problème en Amérique Latine et en Afrique où le célibat est observé de manière … disons 'élégante' ".

Au sujet des prêtres pédophiles
"Il y a aujourd'hui ce scandale des prêtres pédophiles chez les jésuites en Allemagne. Ce n'est qu'un nouvel épisode d'une crise du catholicisme occidental qui a un problème avec la sexualité. J'ai parlé récemment avec un ambassadeur d'Irlande qui m'a dit que l'autorité de l'Eglise s'est totalement écroulée là-bas à cause de ces scandales. Mais je n'ai jamais voulu croire que c'était seulement une affaire irlandaise ou américaine.

Le problème est universel. Il est lié au célibat obligatoire. Je sais que le célibat n'implique pas nécessairement qu'il y ait des abus sexuels, mais ce n'est pas un hasard s'il y a eu des scandales en nombre extraordinaire dans l'Eglise catholique en particulier. Il ne suffit pas de condamner ces prêtres car ils sont victimes d'un système. La Curie romaine a aidé à ce que les choses aillent dans un sens funeste. Toutes les affaires ont été centralisées par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, sous le sceau du secret absolu. Tout est arrivé sur la table du cardinal Ratzinger. Il a tout vu, il a eu connaissance de tous les dossiers."

Deux poids, deux mesures
"Avec l'affaire Williamson, je veux bien croire que le pape ne savait pas qu'il était négationniste, mais il savait nécessairement que tous ces gens-là étaient antisémites et tous opposés à Vatican II. Comment peut-on accepter dans l'Eglise ces évêques schismatiques et avoir été aussi dur avec des théologiens de la libération qui n'étaient même pas marxistes ? On a été sans pitié avec eux. Alors qu'on accepte des gens qui nient le Concile !"

Pie XII n'est pas un saint
"Quand j'étais au Collège Germanique à Rome, pendant mes études, le Père Leibe, le secrétaire privé de Pie XII, était venu nous voir. Il nous avait raconté la journée-type du pape. On lui avait ensuite demandé : est-ce que le Saint Père est un saint ? Et il avait répondu : « Non, ce n'est pas un saint, c'est un grand homme de l'Eglise ». Pour Pie XII, l'institution était plus importante que tous les Juifs du monde entier. Pour lui la menace communiste pesait plus lourd que la menace nazie.

Et puis il a condamné les prêtres ouvriers. Je me souviens de ce que m'a confié le cardinal Gerlier à ce sujet. Avec d'autres cardinaux, il était allé à Rome pour le convaincre de ne pas faire de condamnation. Gerlier m'a raconté que Pie XII leur avait dit : « Ma conscience de pape m'oblige à agir dans ce sens ». Gerlier n'avait pas su quoi répondre. A mon avis, il aurait dû lui rétorquer que sa conscience d'évêque l'obligeait, lui, à protester contre la décision du pape. Mais les évêques français se sont écrasés.

Pour autant, il ne faut pas diaboliser Pie XII. Il a connu un choc lorsque les commandos rouges ont mis à sac la nonciature de Berlin en 1918. Un peu comme Ratzinger fut traumatisé par les étudiants révoltés de Tübingen en 1968. Sa peur du communisme était devenue existentielle. On peut le comprendre mais on ne peut pas en faire un saint."

Sur Jean Paul II
"Wojtyla n'était pas un saint car il n'a jamais voulu parler avec des gens qui pensaient différemment de lui. Il a beaucoup parlé « sur » le dialogue mais ne l'a pas pratiqué. Son moralisme sexuel n'a servi à rien et la jeune génération s'en moque totalement."

L'avenir de l'Eglise catholique
"La situation actuelle me conforte malheureusement dans ma vision critique. Je suis un catholique loyal, je suis dans l'opposition à ce présent système. D'ailleurs, comme moi, beaucoup de saints n'ont pas aimé la Curie.
Je ne suis pas un moderniste, je critique tout comme Benoît XVI une forme de scientisme qui critique la transcendance.
Mais si, comme Benoît XVI, on se situe dans l'extrême, celui d'un rigorisme moral médiéval, alors on perd toute crédibilité.

Etre catholique, ce n'est pas lié au paradigme de l'absolutisme romain. On peut être catholique selon le modèle de la Réforme. Je suis catholique selon le paradigme oecuménique et évangélique. Car l'idéal est d'être catholique avec l'esprit évangélique et non romain. Car, pour définir ce qui est catholique, le critère est la conformité à l'Evangile.

L'Eglise peut survivre car elle n'est pas une idéologie comme le Communisme. La substance restera, pas la hiérarchie. Il reste heureusement des communautés qui fonctionnent bien, où le curé est bon. L'identification au catholicisme ne se fera plus avec le pape mais avec le curé local".

[Contre-Réforme Catholique] Décès de l’abbé Georges de Nantes

SOURCE - Frère Bruno de Jésus - Contre-Réforme Catholique - 15 février 2010

Jésus ! Marie ! Joseph !

Bien chers amis,

Il a plu à notre très chéri Père Céleste de rappeler à lui notre bien-aimé Père de la terre, frère Georges de Jésus-Marie, ce matin à 6 h 25, muni des sacrements de l’Église. Il était entré en agonie hier, dimanche matin. La communauté l’avait entouré pour les prières de la recommandation de l’âme et, cette nuit, pour accompagner son dernier soupir. Il s’est éteint bien paisiblement, dans un dernier mouvement de menton vers la statue de Notre-Dame de Fatima qui a accompagné tout son chemin de croix.

Il n’avait pas écrit en vain :

« Je la verrai enfin, ma Mère très aimée, la Reine des saints et des anges, j’aurai un chemin ouvert parmi sa noble cour. Je jouirai de ses douces caresses et de ses embrassements comme si j’étais son unique enfant ! Je lèverai les yeux et je contemplerai la beauté de ce visage virginal, pour lequel j’ai perdu tous mes biens. » (Page mystique n° 50, p. 16, novembre 1971)

Il ne nous oubliera pas pour autant, nous ses “ chéris ”. J’entends encore son frère, Bruno de Nantes, me dire : « Ce n’est qu’au Ciel que l’on peut quelque chose pour ses enfants. » Le Ciel l’avait pris au mot. Et maintenant Georges et Bruno sont réunis pour s’occuper de nous... et de toute l’Église, en grande pitié. Que leur intercession réponde à notre prière pour le repos de leurs âmes. À bientôt des nouvelles de l’organisation des obsèques.

Votre ami et frère Bruno de Jésus

La messe des funérailles sera célébrée jeudi, 18 février, dans la chapelle de la maison Saint-Joseph à 14 heures 30, et l’inhumation aura lieu au cimetière de Saint-Parres-lès-Vaudes où repose déjà notre mère Marie-Noël de la Croix.

14 février 2010

[summorum-pontificum.fr] Dans le monde

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 14 février 2010

X.A., le maître de bord du Forum catholique, propose sur son blog personnel une étude « sur le nombre précis de messes traditionnelles célébrées dans le monde, par pays ». Une étude réalisée par un lecteur et qui mérite d'être prise en compte.

De son côté, l'abbé Guillaume de Tanoüarn [Note de TradiNews: en réalité, il s'agit de son webmestre] a commenté cette étude sur son Metablog:
« J’ai retenu les pays comptant chaque dimanche plus de 20 messes, pour que les pourcentages aient un sens. Sur la première marche du podium (Campos oblige), les évêques brésiliens autorisent 87,5% des messes dites chaque dimanche (42 sur 48). A côté, les évêques italiens: 84,9% d’autorisation (73 sur 86). Presque aussitôt, les Etats-Unis, très généreux: 80,5% d’autorisation (289 sur 359). Sur la seconde marche du podium, le Royaume-Uni: 69,8% d’autorisation (37 sur 53). Tout de suite après, les chiffres descendent.

Australie: 60,7% (17 messes autorisées sur 28), Canada presque pareil (23 sur 39), et Pologne: 57,7% (15 sur 26). L’Allemagne n’est qu’à 55,7% (49 sur 88), et la France est dans le bas du classement de la générosité épiscopale, avec 50% seulement d’autorisation. Seule la Suisse fait pire : 21 messes autorisées sur 45. Autrement dit, aux États-Unis, pour une messe « FSSPX », on compte quatre fois plus de messes autorisées. Si les évêques français se montraient aussi généreux, ils autoriseraient 644 messes. Ils n’en autorisent que… 156. »
Cette analyse a donné lieu un échange très intéressant avec des lecteurs du blog. En voici un extrait. Il faut lire le reste sur le Metablog :
« Un lecteur du MetaBlog me demande: "Dois-je comprendre que des prêtres avec un 'celebret' d'un évêque diocésain, d'une congrégation religieuse en communion avec Rome ou une communauté ED, célèbrent des messes dans la forme extraordinaire du rit romain sans la permission de l'évêque? Ou dois-je comprendre que les messes célébrées par la FSSPX sont considérées comme non-autorisées?"

Elles ne sont effectivement pas autorisées par les évêques, mais surtout, ce qui n'est pas autorisé, c'est les messes que diraient un certain nombre de prêtres diocésains s'ils les disaient, mais qu'ils ne disent pas parce que leur évêque freine des quatre fers contre l'application du Motu Proprio.

Prenez la carte des implantations de la Fraternité Saint Pie X - c'est en quelque sorte le noyau dur. Autour du noyau, les évêques américains autorisent un volume quatre fois plus important de messes en union avec eux-mêmes. Le mix français est plus corsé: un volume de messes "Ecclesia Dei" seulement, pour un volume de messes "FSSPX". Autrement dit, pour chaque messe "FSSPX" il y a en France une seule et unique messe "Ecclesia Dei" alors qu'il y en aurait quatre si on utilisait la recette américaine. Autrement dit encore: avec la recette française (un pour un) on a 2 messes, avec la recette américaine (quatre pour un) on aurait 5 messes. Il manque donc plus de la moitié des messes que l'on pourrait avoir, et je dis...

... je dis que si on ne les a pas, c'est parce qu'elles ne sont pas autorisées. J'ai des témoignages assez directs (non liés au Bon Pasteur, ni liés à ce blog) de personnes qui veulent assister à cette messe, mais aussi de prêtres qui souhaitent la dire mais qui n'iront pas contre la volonté manifeste de leur évêque.

... je dis que les ressources (humaines, financières) de la FSSPX sont limitées. Elle assure (avec quelques communautés alliées) 156 messes, parce qu'elle ne peut pas faire plus. Les diocèses, eux, disposent de milliers de lieux de cultes, et (je le répète) de prêtres intéressés par cette messe traditionnelle. En matière de messe tridentine, leur offre n'est limitée que parce qu'ils souhaitent qu'elle le soit.

... je dis que si on passait de "deux" à "cinq", il y aurait plus de lieux de messes, monsieur de La Palisse n'en eut pas dit moins. On verrait à ces messes non pas seulement des tradis pur-jus, mais des catholiques venus tout simplement, en voisins. Il est peut-être là le problème: assisteraient à cette messe des gens... lambda, et on ne pourrait plus se boucher le nez en criant qu'il s'agit d'un petit groupe de nostalgiques aigris.»

[Paix Liturgique] Une livraison exceptionnelle de Paix Liturgique : le droit des fidèles laïcs à la messe traditionnelle : revenir posément aux fondamentaux

SOURCE - Lettre 217 de Paix Liturgique - 14 février 2010

Nous vous livrons cette semaine un numéro tout à fait exceptionnel de notre lettre de "Paix liturgique" en pensant que le dossier ardu que nous vous présentons aujourd'hui répondra aux attentes des centaines de groupes de demandeurs d'application des bienfaits du motu proprio "Summorum Pontificum" qui ont bien souvent l'impression d'être ignorés par des pasteurs qui ne les comprennent pas ou pire qui ne les aiment pas, en leur rappelant le Droit et la pratique spirituelle de notre Sainte Mère l'Église : voici le document.

Nous avons souvent insisté, et il nous semble utile de le faire à nouveau : le Motu Proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 a établi un ensemble de règles pour l’exercice d’un droit, qualifiable de droit spirituel de nature cultuelle des fidèles laïcs comme on le verra plus loin, droit dont la Lettre apostolique constate l’existence. Ces règles, tous les intervenants, ministres du culte et fidèles laïcs, doivent les respecter avec soin pour bien adhérer à l’esprit du législateur, en l’espèce du Législateur Suprême, le Souverain Pontife. Il y va du sensus Ecclesiae, du sens de l’Église.

Un droit des fidèles laïcs d’une particulière importance

Il faut rappeler que le Droit de l’Église a des particularités notables qui tiennent à la nature divino-humaine de l’unique Épouse du Christ :

1/ Ce Droit de l’Église attache une particulière importance à tout ce qui touche à la distribution des sacrements, et donc à la manière dont ils sont célébrés. Du rituel sacramentel, qui est de fait le lien principal, mystique et institutionnel à la fois, d’un fidèle du Christ avec l’Église, émanent les droits et devoirs les plus sacrés.

2/ Ce Droit de l’Église, comme devrait l’être tout système législatif, mais a fortiori parce qu’il émane de la Mère la plus maternelle, vise le bien de tous avec une spéciale sollicitude. Ainsi, Summorum Pontificum expose ses motifs : « De nombreux fidèles se sont attachés et continuent à être attachés avec un tel amour et une telle passion aux formes liturgiques précédentes, qui avaient profondément imprégné leur culture et leur esprit » qu’ont été édictées les dispositions de 1984, puis de 1988, et « les prières instantes de ces fidèles ayant été déjà longuement pesées », c’est ce nouveau texte qui est publié.

3/ Ce Droit de l’Église, bien plus encore que tous les corpus législatifs soucieux de justice et d’équité, écarte avec le plus grand soin l’arbitraire : les voies de recours contre des décisions – ou des absences de décisions – qui pourraient causer un tort injuste aux personnes et aux communautés sont dans l’Église nombreuses et très faciles à mettre en œuvre. Le Code de Droit canonique promulgué en 1983 a d’ailleurs encore renforcé ce souci traditionnel de préserver au maximum le droit des personnes dans l’Église.

4/ Ce Droit de l’Église, comme la sainte liturgie, mais d’une autre manière, a un rapport avec la doctrine qu’elle est chargée d’enseigner. Tout dans l’Église est mission. Tout est évangélisation. Lors donc que la Lettre apostolique en forme de Motu Proprio déclare, après 40 ans de quasi abrogation pratique et idéologique, que le missel traditionnel « jamais abrogé » doit être « honoré en raison de son usage vénérable et antique », tout le monde comprend que les règles posées pour traduire cette affirmation entendent se rattacher à la tradition vivante de l’Église, celle qui au long des siècles explicite avec le magistère vivant le contenu du Dépôt de la foi.

Il faut d’ailleurs remarquer que le deuxième Motu Proprio concernant la forme extraordinaire du rite romain, à savoir le Motu proprio Ecclesiae unitatem, du 2 juillet 2009, réaménageant le rôle de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, qui a été suivi de la nomination d’un nouveau Secrétaire, Mgr Guido Pozzo, renforce de fait ces particularités « catholiques et romaines » du droit à la célébration de la messe et des sacrements en cette forme ancienne. En effet, Ecclesiae unitatem a eu pour but de rattacher directement la Commission Ecclesia Dei à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dont le Préfet est devenu le Président. Cela, était-il expliqué par le Pape lui-même, permettait plus aisément d’ouvrir des discussions doctrinales avec la Fraternité Saint-Pie X .

Mais en outre, cela rattachait l’ensemble des instituts érigés pour former et regrouper des prêtres voués à la forme extraordinaire du rite romain à un organisme particulièrement proche du Pape, la Congrégation pour la Doctrine de la foi, à laquelle on donne couramment son nom ancien de Saint-Office. Et surtout, toutes les questions soulevées par la mise en œuvre dans les paroisses du droit des fidèles à la célébration de la liturgie sous sa forme ancienne relevaient de la sorte de la plus éminente des Congrégations, celle que l’on nommait jadis la Suprema, institutionnellement chargée d’aider le Pape à exprimer la foi de Pierre.

Quant à la nature du droit dont il est question dans Summorum Pontificum, elle se rattache au canon 214 du Code de Droit canonique, concernant le droit de rendre un culte à Dieu selon son rite liturgique : « Les fidèles ont le droit de rendre le culte à Dieu selon les dispositions de leur rite propre approuvé par les Pasteurs légitimes de l’Église, et de suivre leur forme propre de vie spirituelle qui soit toutefois conforme à la doctrine de l’Église ». Summorum Pontificum peut être considéré comme une précision et une interprétation de ce droit cultuel fondamental dans l’Église. Le Motu Proprio de 2007 traite en effet de deux « formes » à l’intérieur du rite romain : au maximum, on pourrait dire que la forme extraordinaire du rite romain jouit, par analogie, des mêmes droits qu’un autre rite latin (le rite mozarabe, par exemple), dont les fidèles ne relèvent pas d’une juridiction particulière, comme les fidèles des rites orientaux, mais sont soumis aux Ordinaires de rite romain ; au minimum, elle doit être considérée comme une « forme propre de vie spirituelle ». La véritable qualification est vraisemblablement une innovation juridique, qui s’inscrit à titre de précision entre les deux, à savoir entre rite liturgique et forme de vie spirituelle : la forme extraordinaire du rite romain serait alors une forme spirituelle de nature rituelle. Mais même en s’en tenant à l’hypothèse minimale, la forme extraordinaire du rite romain bénéficie du droit à une « forme spirituelle propre » – en l’espèce de nature cultuelle – que le Code de Droit canonique, dans le canon 214, assimile à un droit à un « rite liturgique » propre. On est donc, au minimum, en présence d’un droit spirituel de nature cultuelle devant être respecté à l’égal d’un rite liturgique propre.

Parce qu’il est de nature cultuelle, ce droit confirmé et d’une certaine manière relevé par les dernières dispositions du Souverain Pontife, touche à l’expression de la foi des fidèles du Christ, clercs et laïcs. D’autant que ce droit est universel : tout prêtre régulier ou séculier latin peut célébrer la messe selon le missel antique (art. 2) ; toute communauté ou institut religieux peut en bénéficier (art. 3) ; tout fidèle laïc individuellement (art. 4) ou en groupe (art. 5) peut en jouir. Et enfin parce ce que ce droit est un droit « de la vie », il destiné à s’appliquer dans le cadre de l’existence religieuse normale de tout fidèle laïc, la paroisse (art. 5).

Le processus de mise en œuvre de ce droit dans le cadre paroissial

De manière très sensible, le style de la Commission a changé depuis juillet 2009, se calquant sur les usages, la prudence, la rigueur administrative curiale, mais aussi la fermeté de ce « ministère » du Pape qu’est la « Suprême » Congrégation. Plus que jamais, il faut donc que tous s’attachent à respecter méticuleusement le processus soigneusement édicté par Summorum Pontificum. Nous avons déjà recommandé, et nous le faisons ici à nouveau, de réitérer ce processus s’il a été engagé sans succès avant juillet 2009 ou s’il s’est perdu dans les sables.

Nous rappelons que le processus pour obtenir que le droit à la célébration selon la forme extraordinaire comporte normalement un seul acte (1°/ la « demande » au curé ), mais qu’il peut comprendre deux étapes (2°/ la « demande » au curé et l’« information » à l’évêque, lorsque la « demande » n’a pas abouti), ou bien encore qu’il peut se dérouler en trois stades (3°/ la « demande » au curé, l’« information » à l’évêque et l’acte consistant à « en référer » à la Commission Ecclesia Dei, lorsque la « demande » et l’« information » ont été vaines) :

1°/ La « demande » faite au curé :

En premier lieu, il convient donc que le « groupe stable de fidèles » attachés à la liturgie antérieure fasse au curé de la paroisse (et non à l’évêque) une demande de célébration de messe selon la forme extraordinaire que le curé « accueillera volontiers » (art. 5 § 1). En soi le curé ne peut refuser l’application de ce droit spirituel de nature cultuelle des fidèles laïcs. Il peut seulement faire valoir des difficultés pratiques, généralement provisoires, que l’évêque aura soin de l’aider à résoudre (cf. 2°).

Aucun mode n’est prévu, aucun n’est interdit, pour que le groupe se reconnaisse comme tel et prenne la décision commune de faire une demande au curé du lieu. L’importance du groupe n’est aucunement spécifiée. En fait, le texte suppose la constitution, de n’importe quelle manière, sous quelque initiative que l’on voudra, d’une association de fait (1) – mais rien n’interdit la constitution canonique d’une « association de fidèles » –, dont l’ensemble des membres ou certains d’entre eux vont faire une demande courtoise à leur pasteur. Rien n’empêche au reste – l’esprit du texte le suppose même – que, dans le meilleur des cas, le curé organise lui-même la demande en interrogeant ses paroissiens, ou en suscitant la création d’un groupe de demandeurs, ou mieux encore en reconnaissant l’existence potentielle de ces demandeurs. Encore une fois, il s’agit uniquement pour le curé de la mise en œuvre en fonction de son inventio – de la mise au jour – par la demande des fidèles laïcs d’un droit spirituel de nature cultuelle préexistant. Les sondages réalisés sur ce thème, avant même la parution du Motu Proprio (sondage commandé par Le Pèlerin en décembre 2006) et a fortiori les sondages réalisés après le 7 juillet 2007 (sondage CSA de septembre 2008, confirmé par des sondages diocèse par diocèse), montrent qu’un tiers des fidèles assisteraient volontiers à cette forme de célébration si elle était normalement proposée dans le cadre des messes paroissiales.

La manière de la demande – comme il est largement d’usage dans le droit de l’Église – n’a pas à revêtir des formes particulières pour être licite et encore moins valide : la demande peut être faite par une lettre, ou oralement. Dans les cas les plus difficiles – mais généralement la prudence et les bons usages le déconseilleront –, on pourrait imaginer la requête par le moyen d’une lettre recommandée avec accusé de réception, ou d’un avocat ecclésiastique ou encore d’un officier ministériel civil. Inversement, dans les cas les plus aisés, le curé lui-même se contentera d’une demande implicite qu’il croira déceler chez certains de ses paroissiens.

Un refus pur et simple de la part du curé, notamment pour des raisons « idéologiques » (par exemple, un prétendu trouble de la « communion » des paroissiens, alors que le Motu Proprio vise au contraire à favoriser la communion dans la diversité au sein de toute l’Église et donc au sein de toutes les paroisses) serait un déni de justice indiscutable.

2°/ L’« information » transmise à l’évêque du refus du curé :

Si le groupe de fidèles n’obtient pas du curé la satisfaction de sa demande, il doit en informer l’évêque diocésain. Celui-ci « est instamment prié d’exaucer ce désir » (art. 7).

Ici encore, le refus du curé n’a pas à être constaté selon des formes particulières : il peut résulter d’une lettre, d’un refus oral, de l’écoulement d’un laps de temps sans réception d’une réponse.

De même, l’information peut être transmise à l’évêque par lettre, ou oralement. On pourrait aussi dans les cas les plus difficiles penser à des requêtes plus formelles. Mais inversement, il serait normal que l’évêque s’inquiète de lui-même du désir des fidèles de son diocèse avant même que lui soit parvenue une quelconque « information » (éventuellement, il pourrait aider ce désir à s’exprimer) et qu’il invite instamment ses curés à considérer favorablement cette aspiration, même implicite, en les encourageant à proposer d’eux-mêmes la célébration de la messe en forme extraordinaire dans leurs paroisses.

3°/ L’acte consistant à « en référer » à la Commission Ecclesia Dei lorsque l’évêque n’a pu pourvoir à la demande non remplie par le curé :

Si l’évêque ne pourvoit pas à cette forme de célébration, il faut « en référer » à la Commission Ecclesia Dei. Cet acte est posé soit par le groupe demandeur (art. 7), mais il peut aussi être le fait de l’évêque lui-même (art. 8).

Il importe de noter que le Motu Proprio – peut-être pour ménager les susceptibilités épiscopales, mais aussi par sens ecclésial – suppose qu’il n’y a pas a priori de mauvaise volonté chez l’évêque concernant un droit spirituel de nature cultuelle des fidèles laïcs. Si l’évêque ne pourvoit pas, c’est qu’« il ne peut pas » le faire (art. 7) et que « pour différentes raisons, [il] en est empêché » (art. 8). En réalité, un refus « idéologique » par l’évêque de célébrations paroissiales (par exemple au prétexte que la « communion » serait troublée, ou que les prêtres du diocèse manifesteraient de l’hostilité) serait un déni de justice beaucoup plus grave encore que celui du curé de paroisse, et le texte n’ose pas l’envisager expressément.

Cette impossibilité pratique (ou idéologique) que manifeste l’évêque de pouvoir à l’exercice du droit n’a pas non plus à être constatée selon des formes particulières : elle peut être signifiée par une lettre de l’évêque au curé qui la transmettra aux fidèles, ou par une lettre directement adressée par l’évêque ou l’un de ses collaborateurs aux fidèles, ou bien encore oralement, à moins que ce ne soit par une absence de réponse durant un certain temps.

S’agissant pour des fidèles laïcs d’« en référer » à la Commission Pontificale compétente, aucun formalisme n’est non plus requis. Cependant, pour des raisons de commodité et de facilité d’étude du dossier, c’est une lettre qu’il convient d’envoyer au Secrétaire de la Commission Pontificale (2). Il est recommandé qu’elle soit brève, respectueuse à l’endroit du curé et de l’évêque même si les laïcs ont constaté un déni de justice caractérisé. Elle a uniquement pour but de décrire sobrement et factuellement les deux étapes précédentes et leur inaboutissement.

Supposant la bonne volonté de l’évêque, le Motu Proprio prévoit alors que la Commission « lui fournira conseil et aide ». Concrètement, on voit mal quels moyens pratiques de mise en œuvre auxquels ni le curé ni l’évêque n’ont pensés, la Commission va pouvoir alors imaginer dans ses bureaux romains. Essentiellement, si la difficulté avancée pour ne pas pourvoir au droit des fidèles est l’incompétence du curé ou sa surcharge, elle peut conseiller d’user des services de tel prêtre idoine (art. 5 § 4), prêtre du diocèse, prêtre d’un autre diocèse ou prêtre d’un institut relevant de la Commission Pontificale Ecclesia Dei ou d’un autre institut. En réalité, on comprend que la Commission usera surtout de son poids moral pour inviter fortement à l’évêque à pourvoir à la demande du droit des fidèles laïcs que le curé aurait dû « accueillir volontiers » et qu’il était, lui l’évêque, « instamment prié d’exaucer ».

Les recours contentieux éventuellement envisageables

On reste, jusque-là (2°/ et 3°/), dans le domaine qu’en droit pénal ou administratif laïc, on qualifierait de recours « gracieux ». Mais si, après avoir suivi ce processus en trois étapes, il advenait que des demandes de groupes de fidèles ne soient toujours pas remplies, que conviendrait-il de faire, cette fois du point de vue contentieux ? Car un droit des fidèles d’un registre tellement élevé, aussi clairement et aussi solennellement affirmé par un document pontifical, ne saurait être méprisé.

Il est vrai cependant que l’on se trouve dans un domaine très sensible, qui pour l’heure change beaucoup d’habitudes et heurte bien des mentalités abusivement installées, et qui par ailleurs n’est pas encore pleinement « rodé ». C’est donc pour ordre que nous évoquons ici en quelques mots les moyens contentieux qui existent, et qui plus qu’en tout autre domaine, il sera naturel d’exercer dans le futur. Mais nous invitons pour l’instant à la patience avant que soient clairement dégagés par les canonistes les moyens de faire exercer ce droit contre des dénis de justice, et avant de s’engager dans cette voie contentieuse. Ces moyens pourront être de deux sortes :

1. L’usage par la Commission Pontificale d’un pouvoir d’obliger : il est probable que des textes ou instructions à venir préciseront le droit de coaction que la Commission Pontificale Ecclesia Dei, qui fait désormais partie de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et qui participe de son pouvoir juridictionnel, pourra exercer sur un évêque ou/et sur un curé coupable de déni de justice : cette Commission, dit l’art. 12, « exercera l’autorité du Saint-Siège en veillant à l’observance et à l’application de ces dispositions ».

2. D’autres recours pourront ensuite ou conjointement être mis en œuvre :

a) Devant le Conseil Pontifical des Textes Législatifs.

b) Concernant le refus du curé, devant l’officialité diocésaine, avec appel possible devant l’officialité d’appel, et enfin recours éventuel devant un Tribunal romain.

Le curé de paroisse, garant-né de l’application de ce droit sacramentel des fidèles laïcs

Canoniquement, tout le dispositif du Motu Proprio Summorum Pontificum repose donc sur le curé de paroisse, dont le devoir de pasteur, correspondant au droit spirituel de nature cultuelle des fidèles dont il s’agit, consiste à « accueillir volontiers leur demande ».

On pourrait croire que le Motu Proprio, tenant compte de la mauvaise volonté d’un certain nombre d’évêque à appliquer les textes de 1984 et de 1988 (Quattuor abhinc annos. Ecclesia Dei adflicta) passe par-dessus la tête de ces évêques pour que le Pape ait désormais un peu plus de chance d’être obéi. C’est bien possible, mais on peut dire aussi que s’agissant d’un droit liturgique reconnu à tous les fidèles latins et non d’un privilège, il relève directement de la vie paroissiale normale, et donc de l’administration propre du curé. Le culte étant essentiellement pour les fidèles laïcs le culte dominical, la mise en œuvre de ce droit spirituel de nature cultuelle concerne la messe dominicale de la paroisse (art. 5 § 2). Le curé n’a pas plus à demander de permission particulière dans ce cas à l’administration diocésaine que pour organiser son calendrier cultuel hebdomadaire : de même qu’il décide que c’est la messe de telle heure qui sera une messe chantée, et celle de telle autre heure qui sera une messe lue, il peut régler que la messe dominicale de telle heure sera célébrée en forme extraordinaire.

Il est certes normal que pour l’ensemble de cette organisation (la célébration des messes du samedi soir ; la célébration en forme extraordinaire ; la célébration « tournante » dans les diverses églises dont il a la charge ; etc.), il tienne informé ses supérieurs hiérarchiques. Le Motu Proprio rappelle donc, comme il le ferait à propos de tout autre domaine relevant de cette organisation que l’exercice de « la sollicitude pastorale de la paroisse » est placé « sous le gouvernement de l’Évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l’unité de toute l’Église » (art. 5 § 1) (3). Mais il est incontestable que la responsabilité d’« accueillir volontiers » la requête de mise en œuvre du droit des fidèles revient au curé et qu’il ne saurait s’en décharger sur personne d’autre.

Au curé, ou à celui qui en tient lieu. Car c’est un problème qui préoccupe vivement les canonistes romains et que des affaires contentieuses futures concernant des dénis de justice à propos de l’exercice de ce droit spirituel de nature cultuelle des fidèles laïcs pourraient mettre en lumière : les droits du curé ont été amenuisés par les évêques depuis le Concile. Le principe demeure certes celui de la traditionnelle inamovibilité du curé (que l’adage populaire traduisait : « Le curé est pape dans sa paroisse »). Mais les Conférences des évêques de chaque pays ont reçu la faculté d’y déroger. C’est le cas en France : les curés sont désormais nommés ad tempus, ce qui déséquilibre notablement la structure de la vie diocésaine traditionnelle : l’évêque postconciliaire français a de fait beaucoup plus de pouvoir sur ses curés par le jeu des nominations que n’avait l’évêque traditionnel. Par ailleurs, il arrive fréquemment que les évêques ne nomment plus de curés, mais seulement des administrateurs paroissiaux, ce qui rend ces prêtres plus dépendants encore de l’administration diocésaine. Enfin, quid des « regroupements paroissiaux », dont il n’est pas toujours très clair qu’ils constituent des paroisses juridiquement parlant ?

Nous ne saurions trop insister à nouveau en conclusion : nous invitons les fidèles laïcs qui ont déjà fait des demandes engagées avant juillet 2009 qui n'ont pas abouti à reprendre à frais nouveaux, posément, le processus de requête de messe en forme extraordinaire.

En définitive, tous doivent avoir bien présent à l’esprit que c’est le curé de paroisse ou celui qui en tient lieu qui est la clé du dispositif législatif organisé par le Motu Proprio Summorum Pontificum pour mettre en œuvre le droit spirituel de nature cultuelle des fidèles laïcs à la célébration de la messe en sa forme traditionnelle. Ce qui est normal, puisque par définition c’est lui qui a la cure des âmes qui lui sont confiées et qu’il en répondra au tribunal de Dieu.

(1) Can. 215 – Les fidèles ont la liberté de fonder et de diriger librement des associations ayant pour but la charité ou la piété, ou encore destinées à promouvoir la vocation chrétienne dans le monde, ainsi que de se réunir afin de poursuivre ensemble ces mêmes fins.

(2) Par la poste : Rev Mons Pozzo, Secrétaire de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, SCV 00120 Città del Vaticano – ou par fax : 00 39/6 698 8 34 12.

(3) On notera d’ailleurs que la référence au canon 392 urge gravement le devoir de l’évêque de pourvoir à la demande de mise en œuvre du droit que le curé n’aurait pas rempli : «Can. 392 – § 1. Parce qu’il doit défendre l’unité de l’Église tout entière, l’Évêque est tenu de promouvoir la discipline commune à toute l’Église et en conséquence il est tenu d’urger l’observation de toutes les lois ecclésiastiques. § 2. Il veillera à ce que des abus ne se glissent pas dans la discipline ecclésiastique, surtout en ce qui concerne le ministère de la parole, la célébration des sacrements et des sacramentaux, le culte de Dieu et des saints, ainsi que l’administration des biens»

13 février 2010

[Michel Janva - Le Salon Beige] FSSPX : des rabbins soutiennent Benoît XVI

SOURCE - Michel Janva - Le Salon Beige - 13 février 2009

Le rabbin Yehuda Levin, qui dirige l’association Jews for Morality et représente plus de 1000 rabbins en Amérique du Nord connus pour des positions clairement pro-vie et pro-famille, a jugé adéquate la réaction du Vatican dans l’affaire Williamson. Il salue le retour de la Fraternité Saint Pie X, et dit comprendre l’importance de ramener des traditionalistes dans le giron de l’Eglise, malgré le fait que l’un d’entre eux soit un «fou négationniste». Leur retour au bercail serait bienvenu afin de contrer les «gauchistes qui font un tort immense à la foi

"A mon sens, il est très important de remplir les bancs de l’église catholique non avec des 'catholiques culturels' et des gauchistes qui aident à détruire l’Eglise catholique et à en corrompre les valeurs [...] cette corruption a un effet de contamination sur chaque communauté religieuse du monde entier. [...] Que fait le Pape? Tenter de ramener les traditionalistes parce qu’ils ont des choses très importantes à apporter, pour le plus grand bien du catholicisme."

De même, la semaine dernière, le Rabbin Irwin Kula [photo] a, dans le Washington Post, jugé tout à fait exagérée la réaction de la communauté juive aux propos de Mgr Williamson «un vieil homme obscur, acariâtre et dénué de toute pertinence».

Benoît XVI pourrait aller en Israël du 8 au 15 mai, un voyage qui commencerait par Amman en Jordanie pour se poursuivre à Jérusalem, Nazareth et Bethléem.

[Journal du “Mesnil-Marie”] 196. “Nul n’est de trop dans l’Eglise”!

SOURCE - Le journal du “Mesnil-Marie” - 13 février 2010

Chers Amis du “Refuge Notre-Dame de Compassion“,

Nous arrivons au dimanche de la Quinquagésime, le troisième du cycle de la préparation lointaine aux fêtes pascales : dans l'Evangile de ce dimanche, nous entendons Notre-Seigneur Jésus-Christ annoncer solennellement sa Passion « Voici que nous montons à Jérusalem où se réalisera tout ce que les prophètes ont annoncé au sujet du Fils de l'homme… » (Luc XVIII, 31). Dans trois jours nous allons entrer solennellement en Carême, recevoir les cendres et commencer le grand jeûne préparatoire à la solennité de Pâques.

Ne l'oubliez pas, Chlôris et moi-même sommes des chats monastiques : avec l'aide de Frère Maximilien-Marie, nous méditons sur les Saintes Ecritures et sur les écrits des Pères de l'Eglise, nous lisons la vie et les écrits des Saints et nous étudions les magnifiques enseignements doctrinaux et spirituels dispensés par notre Saint-Père le Pape Benoît XVI.

Il y a trois dimanches, l'entrée dans le temps de la Septuagésime nous a permis d'entendre à nouveau la proclamation de la parabole des ouvriers de la onzième heure (Matth. XX 1-16) : en la relisant cette année, j'ai été plus particulièrement touché par cette miséricorde du « Maître de la vigne » qui veut partager largement ses richesses de grâces et le trésor de son Coeur : pour cela  Il ne veut laisser aucun ouvrier sans emploi, aucune compétence ou bonne volonté hors de sa vigne.

La vigne est le symbole de l'Eglise ; aussi cette parabole – au vu des circonstances actuelles – m'a rappelé un passage du discours que le Souverain Pontife a prononcé à Lourdes le 14 septembre 2008 devant l'ensemble des évêques de France :

« Le culte liturgique est l'expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale, comme aussi de l'enseignement catéchétique. Votre charge de sanctification du peuple des fidèles, chers Frères, est indispensable à la croissance de l'Église. J'ai été amené à préciser, dans le motu proprio Summorum Pontificum, les conditions d'exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d'utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du Pape Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l'indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n'est de trop dans l'Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de Pasteurs, en faisant de nous les Bergers de ses brebis. Nous ne pouvons que Lui rendre grâce de l'honneur et de la confiance qu'Il nous fait. Efforçons-nous donc toujours d'être des serviteurs de l'unité! »

“Nul n'est de trop dans l'Eglise” : cette toute petite phrase est lourde de sens ; elle montre à l'évidence (car ce n'est évidemment pas par hasard que le Pape l'a placée dans cette partie de son discours) que le Saint-Père est au fait des difficultés rencontrées par les fidèles catholiques qui demandent l'application du motu proprio « Summorum Pontificum cura ».

Benoît XVI sait que des tracasseries sans nombre sont très souvent opposées par les autorités diocésaines aux catholiques qui sont simplement désireux de bénéficier en France, en toute sérénité, de la pleine et simple application des directives du Chef de l'Eglise Catholique. Benoît XVI sait bien que ce qu'il a généreusement et largement accordé à tous les fidèles et à tous les prêtres se trouve trop souvent empêché par ceux qui n'ont normalement pas le pouvoir de restreindre les dispositions qu'il a lui-même établies, et qui – de ce fait – sont coupables d'abus de pouvoir.

Malgré les paroles qui leur ont été adressées de manière très claire par notre Saint-Père le Pape à Lourdes, nous ne pouvons que constater – ce sont des faits bruts, sans commentaires : ils parlent d'eux-mêmes – qu'une majorité de prêtres et d'évêques, au lieu de se comporter en « serviteurs de l'unité », s'enferre dans une attitude d'exclusion et de rejet d'une partie des fidèles, auxquels les qualificatifs les plus péjoratifs sont attribués. Ils sont maintenus dans des conditions de parias et des traitements parfois fort discourtois, voire rudes leur sont réservés… On a bien vu récemment comment le Cardinal Archevêque de Paris a fait envoyer trois cars de CRS afin d'expulser d'une église parisienne une vingtaine de fidèles venus rencontrer leur curé pour lui demander la célébration d'une Sainte Messe tridentine dans la paroisse, et qui attendaient l'entretien promis par le curé en récitant leur chapelet!…

Ces prêtres et évêques qui sont souvent irrités qu'on leur donne leurs titres normaux de « Monsieur l'Abbé », de « Monsieur le Curé » et de « Monseigneur » et qui voudraient qu'on les appelle « Père », manifestent tout autre chose que de la sollicitude paternelle : ils se comportent en vérité comme des garde-chiourmes bornés et sans coeur, au service d'une idéologie mortifère qui n'a rien à voir avec l'Evangile ni avec un authentique souci du bien des âmes!

La réalité qui est en effet encore malheureusement au coeur d'un grand nombre d'ecclésiastiques français, est une espèce de néo-gallicanisme moderniste. Loin de travailler à cette « indispensable pacification des esprits » que le Souverain Pontife désirait voir s'établir partout, les apparatchiks diocésains, malgré leurs paroles lénifiantes et leurs slogans ronflants contre l'exclusion et l'accueil de ceux qui sont différents, sont coutumiers de la discrimination et du rejet de tout ce qui n'entre pas dans les cadres d'une prétendue pastorale qui refuse de se remettre en question. Et pourtant : « Nul n'est de trop dans l'Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de Pasteurs, en faisant de nous les Bergers de ses brebis. »

Après avoir trahi et détourné le second concile du Vatican, après avoir semé le doute sur les vérités révélées, « ils » ont - conséquence rigoureusement logique - détruit l'enseignement religieux, ruiné la liturgie, vidé les sacrements de leur finalité, fait fuir les paroissiens, désertifié leurs églises, fermé les séminaires et les couvents… etc. Ils règnent sur un champ de ruines et ils ont cependant l'air très content d'eux puisqu'ils claironnent (est-ce un aveuglement volontaire ou de la pure bêtise?) - devant des assemblées clairsemées dans lesquelles dominent largement les cheveux blancs – que leur « église n'a jamais été aussi belle et dynamique »!!! Mais en réalité « leur église » n'est plus l'Eglise Catholique Romaine : s'ils occupent de fait les postes qui sont normalement ceux du clergé catholique, leurs coeurs et leurs intelligences sont en situation d'opposition et de schisme avec le Siège Apostolique du successeur de Saint Pierre ; ils ont réussi à détourner de la véritable Foi catholique les quelques braves personnes qui restent encore dans leurs paroisses et qui, sans qu'elles en aient vraiment conscience, n'ont plus qu'une adhésion vague et floue aux dogmes les plus fondamentaux tels que la Sainte Trinité, la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'inspiration des Saintes Ecritures, la Rédemption, la Transubstantiation et la Présence réelle du Christ dans l'Eucharistie… etc.

L'épître de ce dimanche de la Quinquagésime reprend les 13 premiers versets du chapitre XIII de la première épître aux Corinthiens, que l'on appelle souvent « hymne à la charité ». Il ne peut pas y avoir de charité sans vérité, tout comme il n'y a pas de vérité sans charité. Si, en lisant ce que j'écris, il peut vous sembler que mes griffes de petit félin sont un peu trop acérées, vous vous méprenez profondément : comprenez bien qu'il n'y a dans mon coeur ni amertume ni aucune forme de méchanceté mais seulement un zèle nourri pour cette Eglise Catholique que j'aime et dans laquelle je voudrais qu'en vérité et en actes – plus qu'en beaux discours et en faux-semblants – soient effectives les paroles de l'Apôtre des Nations : « La charité est patiente, elle est bénigne, la charité n'est point envieuse, elle ne commet point d'indélicatesse, elle ne s'enfle pas, elle n'est pas ambitieuse, elle ne recherche pas son propre intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne pense pas le mal, elle ne met pas sa joie dans l'iniquité mais elle se réjouit dans la vérité : elle souffre tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout ».

Aussi ne puis-je que conclure ces lignes par cette courte prière qui résume toutes mes aspirations et mes espérances : “Mon Dieu, faites l'unité des esprits dans la Vérité et l'union des coeurs dans la Charité!”

Lully.

12 février 2010

[Jean Madiran - Présent] Maurras, Maurras, Maurras et toujours Maurras

SOURCE - Jean Madiran - Présent - 12 février 2010
Cet article de Frédéric Mounier qui nous a déjà fort instruits (Présent du 5 et du 6 février) nous apprend encore autre chose.

Dès le 20 janvier, à propos de la réception par le Pape de trois prélats français, l’article en question nous avait avertis : ces trois-là se sont efforcés de faire valoir à Rome que, « selon les évêques », les groupes de fidèles qui réclament la messe traditionnelle « s’enracinent dans un terreau idéologique et politique proche du maurrassisme » ; mais les trois Français ont dû constater que « Maurras est peu connu au Vatican ».

Traduction : ils ont parlé de la nuisance maurrassienne contre laquelle, selon eux, il faut élever une condamnation solennelle ; mais on leur a répondu qu’on voyait mal en quoi une telle condamnation pourrait paraître urgente.

L’hostilité du noyau dirigeant de l’épiscopat français à l’égard du « courant maurrassien » est allée jusqu’à l’exacerbation manifestée par le cardinal Lustiger et ses vociférations contre « le néo-paganisme anti-chrétien de l’Action française ». L’abbé Vingt-Trois, on le sait, fut le disciple du cardinal Lustiger et il est l’hériter de son extrémisme, qui a prolongé les incroyables calomnies lancées contre Maurras, en 1926, par le cardinal Andrieu et approuvées par Pie XI. L’un et l’autre avaient silencieusement abandonné ces outrances dès 1927, ils ne les avaient cependant pas rétractées ni réparées, comme si leurs hautes fonctions surnaturelles les dispensaient des obligations les plus certaines de la loi naturelle. Bien que Pie XII ait entièrement levé en 1939 l’injuste condamnation de l’Action française, le parti démocrate-chrétien n’a jamais cessé de rabâcher contre la pensée de Charles Maurras les mêmes diffamations.

Le climat intellectuel du journal La Croix est de redouter en permanence la pensée contre-révolutionnaire de Maurras et de la soupçonner un peu partout. Par exemple à propos du rapprochement entre le Saint-Siège et l’Eglise orthodoxe de Moscou : Isabelle de Gaulmyn explique que le rapprochement n’est guère « théologique », mais qu’il est « en train de se jouer autour de l’éthique et de la conception du monde » (ce qui est exact, mais qui s’appelle un rapprochement sur la loi naturelle, selon l’orientation stricte donnée par Benoît XVI à l’œcuménisme). Bon, mais là-dessus Isabelle de Gaulmyn se met à « trouver dommage » qu’un tel rapprochement « se réduise à une nouvelle sainte-alliance contre la modernité ». Elle écrit « sainte-alliance » entre guillemets dans le texte et sans guillemets dans le titre. Une nouvelle sainte-alliance ! L’expression est inadéquate en ce que la Sainte-Alliance du XIXe siècle fut entre des pouvoirs temporels chrétiens et non pas entre des confessions religieuses. Mais il est bien vrai qu’aujourd’hui comme hier et comme demain, l’affrontement réel a été, est et sera entre la modernité et la loi naturelle.

Quoi qu’il en soit de la vitalité et de l’influence du « courant maurrassien », variables selon les saisons, la connivence intellectuelle entre saint Pie X et Maurras est évidente, bien qu’ils ne se soient jamais rencontrés, elle fut un cas particulier de l’homogénéité mentale entre le thomisme et le maurrassisme, entre la philosophie contre-révolutionnaire et la loi naturelle. Le clergé qui veut condamner Maurras est celui qui réhabilita Luther et qui accompagne Marx. Mais l’Eglise est naturellement et surnaturellement contre-révolutionnaire. Quand son clergé l’oublie, il perd une conscience claire de son identité.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 7030 de Présent du Vendredi 12 février 2010

[Radio Cristiandad] Lettre ouverte à Son Excellence Mgr Bernard Fellay, supérieur de la FSSPX

SOURCE - Radio Cristiandad - 12 février 2010

Quelques fidèles d’un modeste Centre de Messe du Mexique ont envoyé le 15 décembre 2009 une lettre au Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, Mgr Bernard Fellay, pour lui exposer quelques questions sur des sujets qui provoquent doutes et inquiétudes parmi les fidèles traditionalistes de diverses localités.

N’ayant obtenu à ce jour ni réponse ni accusé de réception, ils ont décidé de publier cette missive en forme de Lettre Ouverte, afin d’être assurés qu’elle atteigne bien son destinataire et puisse servir d’écho à tous les fidèles que la situation actuelle rend perplexes.

Ces fidèles espèrent que Mgr Fellay, en tant que Supérieur Général de la congrégation religieuse à laquelle ils doivent tant, daignera leur prodiguer ses conseils éclairés en un moment où ils se trouvent dans l’obscurité la plus complète.

Que personne ne voie dans cette lettre une volonté d’offenser les supérieurs de la Fraternité Saint Pie X ou à la Fraternité elle-même. Nous souhaitons être guidés par le même esprit qui a guidé Monseigneur Marcel Lefebvre et Monseigneur de Castro Mayer et beaucoup de prêtres et de fidèles lorsque, brebis désemparées, ils se sont adressés aux autorités comme à leur berger.

Monseigneur Bernard Fellay
Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X

Excellence Révérendissime

Devant la confusion provoquée par la grande diversité d’avis, actes et déclarations des autorités de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X au sujet des relations avec le Vatican, beaucoup de fidèles ont décidé de ne pas se laisser dominer par l’inquiétude et ont réaffirmé leur confiance en la congrégation fondée par Mgr Marcel Lefebvre en allant confier aux prêtres leurs doutes.

Malheureusement, beaucoup de ces prêtres n’étant pas en mesure de répondre, leurs avis ont manqué de conviction et bien souvent ils se sont contentés de conseiller la confiance envers les autorités de la Fraternité.

C’est la raison pour laquelle nous vous adressons fort respectueusement les questions suivantes

Excellence, nous devons faire confiance, mais à quelle autorité?

A celle qui, en 2003, rejetait un accord ponctuel avec Rome à cause de son esprit syncrétiste et qui écrivait que «C’est avec horreur et dégoût que nous nous distançons d’une telle façon de voir l’église et de vivre la “communion”. Comment peut-on prétendre que la “Rome” moderniste aurait changé, qu’elle deviendrait favorable à la Tradition? Quelles illusions !» [1],

ou dans l’autorité qui, en 2009, annonce avec grande joie que les conditions sont réunies pour que commencent les entretiens entre le Vatican et la Fraternité San Píe X, entretiens qui, de fait, sont déjà commencés?

Il n’y aurait aucune raison de formuler cette question si cette Rome moderniste avait changé en s’éloignant de cette «façon de vivre la communion» syncrétiste qui causait encore tant de répulsion dans un proche passé [2]. Bien au contraire, les autorités vaticanes, et le Pape lui-même, continuent à prendre part à des pratiques «oecuméniques» et en acceptant ces mêmes pratiques dans divers diocèses. Mgr de Galarreta l’exprime bien clairement : Benoît XVI «lui-même se sent entièrement et théologiquement attaché au concile Vatican II. Son enseignement et son gouvernement de l’Église s’inscrivent directement dans l’esprit du Concile. La preuve est qu’il veut nous incorporer dans l’Église officielle, selon une conception oecuménique. Il pratique un oecuménisme à notre égard.»  [3]

Excellence, nous insistons respectueusement: on nous demande de faire confiance, mais en quelle autorité devons-nous nous confier?

En celle qui, autrefois, faisait siens les mots du Bref Examen Critique des Cardinaux Ottaviani et Bacci qui affirme que la messe de Paul VI, le Novus Ordo Missae, «s’éloigne de manière impressionnante, tant dans l’ensemble que dans le détail, de la théologie catholique» [4]?

ou dans l’autorité qui se réjouit du Motu proprio Summorun pontificum, dans lequel on affirme expressément que «Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même «Lex orandi» de l’Église»; et aussi que «Ces deux expressions de la «Lex orandi» de l’Église n’induisent aucune division de la «lex credendi» de l’Église»?

Comment comprendre que la Fraternité San Píe X fête un Motu proprio qui affirme que la messe bâtarde de Paul VI (ainsi qu’elle a été appelée par Monseigneur Lefebvre) et la Sainte Messe correspondent à la même lex credendi? À quel moment la messe de Paul VI a-t-elle cessé de s’éloigner de la théologie catholique? De grâce, veuillez nous l’expliquer.

Excellence, avec le même respect, nous demandons à nouveau: en quelle autorité devons- nous faire confiance?

En celle qui, en 2006, a dit ne pas pouvoir demander la levée d’excommunications inexistantes?

ou en celle qui, en 2009, a reconnu avoir sollicité une telle levée et l’a fêtée en faisant chanter le Magnificat dans toutes les chapelles et en remerciant publiquement et formellement Benoît XVI?

Excellence, de grâce veuillez répondre à ces questions afin que nous, qui avons voulu et continuons à vouloir être fidèles à la véritable Eglise, nous ne nous sentions pas abandonnés par ceux à qui nous devons tant.

En 1988 il y avait satisfaction et joie dans la Fraternité d’être déclarée excommuniée par «ce système qui se qualifie  lui-même d’Eglise conciliaire» au point que des prêtres et même des séminaristes sollicitaient que l’excommunication soit rendue étendue à eux. Comment comprendre, à présent, que l’on ait demandé avec insistance la levée de cette excommunication?

Excellence, en quelles autorités devons-nous nous confier?

En celles qui affirment ne pas reconnaître la validité de l’excommunication? [5]

ou en celles qui, publiquement, ont remercié pour l’absolution de cette excommunication au même temps qu’elles l’acceptaient comme opérante? [6]

Nous supplions humblement et respectueusement votre réponse à cette question, puisqu’à diverses reprises les autorités de la Fraternité, s’adressant aux fidèles, ont déclaré qu’elles rejetaient la validité de cette excommunication; tandis que dans la lettre de remerciement à Benoît XVI, signée par les quatre évêques, elles ont reconnu que l’excommunication a été opérante depuis les consécrations épiscopales de 1988 jusqu’au 21 janvier 2009.

A la vue de toutes ces contradictions, qui pourrait nous reprocher notre méfiance?

Excellence, permettez-nous encore une question: qu’est devenu le respect dû à la Très Sainte Vierge Marie que la Fraternité a toujours professé?

Nous le demandons parce qu’on lui attribue maintenant la publication par Benoît XVI du motu proprio Summorum pontificum, par lequel il a humilié la Sainte Messe de toujours. On a attribué également à la Mère Dieu et Notre Dame la levée par Rome d’excommunications inexistantes par un décret qualifié de «très déplorable» par le Père Bouchacourt;  décret dont Mgr de Galarreta a dit qu’«il ne répond pas à la vérité ni à la justice». [7]

Comment comprendre qu’on puisse dire que ces documents sont des grâces accordés par Marie toujours Vierge? Comment expliquer qu’une telle affirmation, considérée par beaucoup comme blasphématoire vienne de ceux qui dirigent la Fraternité Saint Pie X?

Excellence, vous nous avez mis en garde sur ce qui s’est passé à Campos, plus d’une année après leur ralliement: «Ainsi, petit à petit, le combat s’estompe et on finit par s’accommoder de la situation. À Campos même, tout ce qui est positivement traditionnel est conservé, certes, donc les fidèles ne voient pas de changement, sauf les plus sagaces, qui remarquent la tendance à parler davantage et respectueusement des déclarations et événements romains actuels en omettant les mises en garde d’autrefois et les déviations d’aujourd’hui ; le grand péril est alors de finir par s’accommoder
de la situation et de ne plus essayer d’y remédier..» [8]

Que devons-nous penser maintenant que l’on peut observer le même processus à la Fraternité de Saint Pie X?

A présent on parle plus fréquemment et respectueusement de Rome. Il suffit de lire les lettres de remerciement pleines de respect et d’éloges pour Benoît XVI; ou remarquer comment vous-même, Excellence, avez parlé de lui comme «une personne intègre qui a une grande préoccupation pour l’Église».

Maintenant la Fraternité omet les avertissements qui, dans le passé, dénonçaient les erreurs de l’église moderniste. Où est le communiqué officiel de la FSSPX à propos de la dernière encyclique de Benoît XVI?

Depuis plus d’une année, la Fraternité a pratiquement cessé de dénoncer les déviations de l’église postconciliaire, allant même jusqu’à sanctionner les prêtres et les fidèles qui l’ont fait.

Qu’a-t-il été dit à propos de tous les actes «interreligieux» (apostasies manifestes) auxquels a pris part Benoît XVI au cours de l’année 2009?

Serait-ce que la Fraternité essaye de s’accommoder de cette situation? Serait- ce qu’elle ne veut plus y mettre remède?

Ainsi donc, ces paroles que vous écriviez, Excellence, en 2003 à propos de Campos, paraissent aujourd’hui pouvoir être appliquées à la Fraternité sans grande difficulté.

Excellence, on nous demande de remettre notre confiance entre les mains des autorités de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, mais comment pourrions-nous le faire quand nous apprenons que l’un de vos prêtres, l’abbé Grégoire Celier, a été autorisé à publier dans un «agenda moderniste» dédié à Benoît XVI, un commentaire par lequel il appelle de ses voeux un rite pleinement satisfaisant, fruit du mélange des liturgies moderniste et traditionaliste? [9] Comment le faire après avoir appris que ce même prêtre a déjà proposé ce mélange par lequel la liturgie traditionnelle serait contaminée par le modernisme et que ce prêtre, après trois années, n’a pas présenté de rétractation à ce sujet et n’a pas été sanctionné? [10]

Depuis quand la Fraternité de Saint Pie X a-t-elle cessé de considérer comme pleinement satisfaisante la Sainte Messe de toujours? Depuis quand considère-t-elle que, le mélange de la liturgie traditionnelle et la liturgie moderniste puisse devenir un rite pleinement satisfaisant?

Excellence, les fidèles qui ont essayé d’élever la voix pour avertir du danger provenant des erreurs précédemment indiquées, sont l’objet d’attaques de la part de certains prêtres, qui leur reprochent de juger les autorités et les en punissent.

À tout ceci nous répondons en faisant nôtre les mots avec lesquels Votre Excellence a répondu à des accusations semblables: «La simple exposition de faits», par exemple toutes les contradictions précédemment indiquées, les offenses à la Très Sainte Vierge Marie, le double discours employé quand on s’adresse aux fidèles et quand on fait des déclarations aux medias ou au Vatican, etc., «ne veut pas dire que nous nous érigions en juge» des autorités de la Fraternité. «Ou bien alors, il faut renoncer tout simplement à penser.» [11]

Ainsi donc, avec un respect profond, nous terminons cette lettre en nous demandant avec consternation: Où se dirige Monseigneur Fellay? Où conduit-il les prêtres, frères et séminaristes que Dieu lui a confiés? Où conduit-il les fidèles qui le suivent avec confiance? Que répondra-t-il quand Dieu lui demandera compte de toutes ces âmes?

Bien à vous

Jaime Adolfo Flores Guerrero – Marco Antonio Flores Guerrero

[1] Cfr. Lettre aux Amis et Bienfaiteurs No 65, le 8 décembre 2003.
[2] Son Excellence écrivait en juillet 2003 (Lettre aux Amis et Bienfaiteurs No 64): « En clair, nous croirons que Rome fait vraiment un geste envers la Tradition si et lorsque celui-ci, d’une manière ou d’une autre, infléchira et corrigera la ligne générale anti-traditionnelle qui continue à empester l’Eglise. ».
[3] Cfr. Iesus Christus No 121, 2009.
[4] Cfr. Lettre aux Amis et Bienfaiteurs No 62, 2002.
[5] Cfr. Sermon de Mgr Fellay de du 2 février 2006 ; Iesus Christus No 121, 2009 ; Communiqué du Supérieur de la Fraternité Saint Pie X, 24 janvier 2009.
[6] Cfr. Lettre de remerciement des quatre évêques à Benoît XVI.
[7] Cfr. Iesus Christus No 121, 2009.
[8] Cfr. Lettre aux Amis et Bienfaiteurs No 63, 2003.
[9] Cfr. Benoît XVI et les traditionalistes. Livre écrit par l’abbé Grégoire Celier avec le journaliste Olivier Pichon et qui est paru en février 2007.
[10] Cfr. Agenda Benoît XVI 2010. Editions Terra Mare, France.
[11] Cfr. Lettre aux Amis et Bienfaiteurs No. 62, 2002.

11 février 2010

[Abbé Aulagnier - Nouvelles de Chrétienté] Les discusions entre Rome et la FSSPX au 2 fevrier 2010

SOURCE - Abbé Aulagnier - Nouvelles de Chrétienté - 11 février 2010

Le 2 février, lors de la vêture de soutane de treize séminaristes, au séminaire de Flavigny, le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a commenté les pourparlers avec Rome… »humainement on ne voit pas arriver cet accord ».

Mgr Bernard Fellay était grave et les phrases ont été lentement prononcées, chaque fois les mots ont été « pesés », répétés et conditionnées par une tonalité mesurée.

Après avoir signifier le sens ecclésial de la soutane dans le monde pour témoigner de la fidélité de l’Église à la volonté de Dieu, il a situé cette fidélité comme unique chemin de la grâce divine, dans le monde d’aujourd’hui.

 » Quand on regarde les tendances et les pensées qui circulent aujourd’hui dans l’Église, on se demande parfois quels sont les points communs, tellement c’est différent. On se demande aussi tourmente comment est-ce possible que tout ait tant changé.

 » Des fois on entend aujourd’hui depuis Rome même, que rien n’a changé, que c’est toujours la même chose, on reste un peu pantois.

 » Dire qu’il n’y a aucune différence entre les deux messes, je regrette, mais il n’y a qu’à ouvrir les yeux, c’est pas difficile … où est passé cet esprit, l’esprit chrétien, l’Esprit de Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Est-ce qu’on le reconnaît encore comme Fils de Dieu ou pas ?…. vraiment

 » C’est impressionnant de voir comment cette tourmente a secoué l’ Église jusque dans ses fondements.

 » Bien sûr l’on se pose cette question : qu’est-ce qu’on fait avec Rome ? Qu’est-ce que c’est que ces discussions avec Rome ? où allons-nous aboutir ? Est-ce qu’il y aura bientôt un accord ? Franchement, humainement parlant, on ne voit pas arriver cet accord. Qu’est-ce que cela veut dire : accord ? sur quoi somme-nous d’accord ?

 » Il n’y a qu’un seule Église, l’Église fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ en dehors de laquelle personne ne peut être sauvé. Cette grâce qu’on ne peut pas trouver dans n’importe quelle religion.

 » Si nous discutons, et non pas négocions, mais nous discutons. C’est dans l’espoir que ces paroles et ces vérités que nous faisons résonner au plus haut dans l’Église, touchent les coeurs. Et cela ce n’est pas nous, c’est Dieu qui peut le faire. Mais puisque nous pouvons, nous, ouvrir la bouche à ce niveau-là, nous avons le devoir de l’ouvrir.

 » Cela ne veut pas dire que nous allons chercher à couper les vérités en deux, pour essayer de trouver un chemin moyen. Absolument pas, pas du tout.

 » Alors, humainement on n’arrivera jamais à un accord. Comme on voit les choses aujourd’hui, humainement, cela ne sert à rien.

 » Quand on parle de l’Église, on ne parle pas de « humainement », on parle d’une réalité surnaturelle… Parler, discuter, cela ne suffit pas. C’est nécessaire, mais cela ne suffit pas. (source : DICI)