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21 mars 2009

[Le Nouvelliste] La mise au point de l’évêque de Sion sur ses relations avec Ecône

SOURCE - Le Nouvelliste - 21 mars 2009

Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion et Mgr Joseph Roduit, Abbé de Saint-Maurice, ont fait une mise au point commune au sujet de la Fraternité Saint-Pie X (Ecône). Ils l’ont adressée, dans sa version française, “à tous les prêtres, diacres et agents pastoraux laïcs de la partie francophone du diocèse de Sion et du territoire abbatial de St-Maurice”. La voici in extenso:
“Chers Confrères, chers collaborateurs et collaboratrices en pastorale,

La levée de l’excommunication des évêques de la fraternité S. Pie X a eu un grand retentissement médiatique particulièrement en raison des déclarations inadmissibles de Mgr Williamson. Dans les divers communiqués parus dans la presse ou diffusés sur les ondes, il y a eu beaucoup de confusions et de fausses interprétations. Je tiens donc à vous donner quelques renseignements importants et surtout, à vous préciser les conséquences de la levée de l’excommunication. Par décret du 21 janvier 2009, le Préfet de la Congrégation pour les évêques, Giovanni Baptista Cardinal Re, en vertu des pouvoirs que lui a conférés le Saint Père, a levé l’excommunication des quatre évêques de la fraternité sacerdotale S. Pie X (cf. texte du décret en annexe). Le Saint Père a consenti à cette démarche, espérant que ce premier pas sera suivi très rapidement d’une réconciliation totale et que l’Eglise retrouve ainsi son unité. Le Saint Père a déjà fait d’autres pas dans la même direction par sa rencontre personnelle avec Mgr Bernard Fellay et la promulgation du Motu proprio « Summorum Pontificum ». La levée des sanctions liées à l’excommunication est un autre signe du Pape en direction de la Fraternité. Personnellement, je salue ces démarches du Saint Père en vue de rétablir la réconciliation et l’unité à l’intérieur de l’Eglise. Cependant, se pose la question des conditions fixées pour la levée de l’excommunication. Nous n’avons pas connaissance de tout le contenu de la lettre adressée par Mgr Bernard Fellay le 15 décembre 2008 au président de la Commission « Ecclesia Dei ». Il ne ressort pas des passages connus que les quatre évêques aient donné des signes de regrets et de repentance. (Or un tel signe est nécessaire selon l’enseignement de l’Eglise pour la remise d’une peine.) Le Pape a malgré tout donné satisfaction aux exigences que la Fraternité sacerdotale avait posées comme condition préalable à une reprise des discussions : réhabilitation de « l’ancien Rite » et levée de l’excommunication (excommunication dont ils ont d’ailleurs toujours contesté la validité). Pour nous, se pose la question des suites immédiates à donner à ce décret dans nos rapports avec les membres de la Fraternité d’Écône. Voici quelques remarques préliminaires à ce sujet. Premièrement, il faut retenir que la levée de l’excommunication, selon les paroles du Pape et de ses collaborateurs, est le début d’un chemin qui doit conduire à la réconciliation et à la complète unité. Tout dépend maintenant de la réponse de la Fraternité à la proposition du Pape. Une déclaration d’intention comme celle du 15 décembre 2008 (selon le contenu rendu public) ne suffira certainement pas. Elle doit, de la part de la Fraternité, être suivie de démarches concrètes dans le sens de l’acceptation de tous les enseignements du Concile et de la nouvelle liturgie. Deuxièmement, il faut garder à l’esprit que l’irrégularité des ordinations d’Écône (et donc de la « suspensio a divinis » des diacres et prêtres ordonnés – depuis les premières ordinations de 1976) reste en vigueur jusqu’à ce que le statut canonique de la Fraternité ait été fixé et qu’une entente ait été trouvée sur les questions litigieuses. Les évêques et les prêtres de la Fraternité ainsi que les adeptes de la fraternité d’Écône ne peuvent dès lors, maintenant comme auparavant, ni conférer ni recevoir licitement les sacrements. Cela signifie concrètement que nos églises et chapelles restent interdites aux prêtres et aux fidèles d’Écône et que les prêtres d’Écône ne peuvent recevoir la délégation pour la célébration d’un mariage. Toutes les autres interdictions prévues par l’Église à l’égard de la Fraternité Saint-Pie X restent en vigueur. En résumé, nous pouvons dire que rien n’a changé dans les relations avec les membres de la Fraternité sacerdotale. Cela ne doit cependant pas nous empêcher de prier pour sa réconciliation prochaine et entière avec l’Église ainsi que pour l’unité de l’Eglise. Avec mes vœux les meilleurs et mes salutations cordiales.”
Et cet extrait d’un texte sur le même sujet paru dans Le Nouvelliste d’aujourd’hui.

Nous avons demandé à Mgr Brunner ce qu’il voulait dire en écrivant «nos églises et chapelles restent interdites aux prêtres et aux fidèles d’Écône». Il nous a répondu:«Un évêque ou un prêtre de la Fraternité S. Pie X ne peut pas, quel que soit le lieu, exercer son ministère sacerdotal et tout particulièrement célébrer les sacrements d’une manière licite. Il ne peut donc bien évidemment pas non plus célébrer licitement dans les églises et chapelles du diocèse. La raison en est la suivante: malgré la levée de l’excommunication des quatre évêques, les évêques et prêtres de la Fraternité restent « suspensi a divinis», c’est-à-dire suspendus.» Et l’évêque de Sion ajoute: «Les fidèles n’ont pas le droit de participer aux célébrations des sacrements conférés par les évêques et les prêtres de la Fraternité S. Pie X (et cela indépendamment du lieu de la célébration) parce qu’ils n’ont pas le droit de participer à une célébration illicite. La participation à leurs célébrations est objectivement illicite parce qu’elles ne sont pas faites en communion totale avec l’Eglise et qu’elles sont sources de grave scandale et de division de la communauté ecclésiale.»

Et en sens inverse pour ce qui est de la participation éventuelle de traditionalistes valaisans aux offices célébrés par les prêtres «officiels» du diocèse dans nos églises paroissiales? Mgr Brunner nous a répondu: «Tous les fidèles unis à l’Eglise catholique peuvent participer aux célébrations dans nos églises à la condition d’accepter la totalité de la doctrine de l’Eglise et d’accepter comme valide la forme ordinaire de la célébration de la messe (et des autres sacrements). La forme ordinaire est, comme vous le savez, la forme introduite par le Pape Paul VI.»