10 novembre 2009

[Paix Liturgique] Communiqué de Paix liturgique concernant les propos tenus par Mgr Gueneley le 23 août 2009

SOURCE - Paix Liturgique - 10 novembre 2009

Dans notre lettre 202 du 2 novembre 2009, nous avons rapporté les propos tenus par Mgr Philippe Gueneley, évêque de Langres, le dimanche 23 août 2009, à la sortie de la messe de 10h 30 qu’il avait célébrée dans l’église paroissiale de Joinville, à l’encontre de trois de ses frères dans l’épiscopat ne partageant pas ses vues ecclésiologiques : « Monseigneur Centène, on l’a fait plier. Monseigneur Aillet, on lui donne trois ans. Après, nous verrons. Dominique Rey, son diocèse finira par couler ».

A une demande de confirmation faite auprès de l’évêché de Langres, il a été répondu par Mme Véronique Gallissot, déléguée épiscopale à l'information : « Monseigneur Gueneley, de retour de Lourdes, me charge de vous dire qu'il n'a pas tenu les propos qui lui sont attribués ».

Nos sources sont parfaitement dignes de foi : témoignages directs et réitérés de la conversation publique tenue par l’évêque à la sortie de la messe, le 23 août 2009. Les paroles prononcées par l’évêque de Langres que nous avions rapportées nous ont été à nouveau confirmées expressément. Nous admettons très volontiers que Mgr Gueneley, que l’on dit grandement fatigué et prêt à prendre sa retraite, ne se souvienne pas qu’il les a proférées, ou bien qu’il ait oublié leur contenu exact. Nous devons à la vérité de dire que ces paroles étaient même plus dures, dans la mesure où nous avons volontairement omis un qualitatif que Mgr Gueneley avait appliqué à l’un de ses trois confrères, lequel constituait une injure qui n’ajoutait rien à l’information que nous nous faisions un devoir de délivrer.

Cette information, en effet, il ne servirait à rien de la taire. Il serait même malsain de masquer ces tensions notoires entre évêques de France, manifestées de manière anecdotique mais très significative par cet épisode. Elles mettent en lumière l’un des aspects, et non le moindre, des difficultés que rencontre l’application du Motu Proprio : la disparité ecclésiologique existant au sein de l’épiscopat français. La nécessité d’une saine information nous fait donc obligation de confirmer que ces critiques ont bien été formulées par un évêque de France à l’encontre de trois autres évêques, dans les termes où nous les avons rapportées.

[summorum-pontificum.fr] Comment se déroulent les discussions à Rome

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 10 novembre 2009

Comment se déroulent les discussions à Rome

Ceux qui ont écouté lundi l’émission de Philippe Maxence, rédacteur en chef de l’Homme Nouveau, sur Radio Courtoisie, auront pu en savoir un peu plus sur l’organisation des discussions entre Rome et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.

Lors de ce que le journaliste appelle le rendez-vous du « Club des hommes en noir », les auditeurs ont pu entendre une cohorte d’abbés : l’abbé Grégoire Celier de la Fraternité Saint-Pie X, l’abbé Chanut, prêtre diocésain, délégué à l’application du motu proprio dans son diocèse, l’abbé Guillaume de Tanoüarn de l’Institut du Bon Pasteur, l’abbé Claude Barthe, vaticaniste bien connu. Seul laïc présent, sous le prétexte étonnant qu’il est habillé aussi en noir : Daniel Hamiche, qui a parlé de son côté du retour à l’Église de certains anglicans.

Dans sa présentation de la commission FSSPX, l’abbé Celier a expliqué que celle-ci pouvait dans l’avenir changer de membres, en fonction des spécialités de chacun. Il a précisé qu’une sous-commission appuyait cette première commission et que des « experts » étaient également là pour pouvoir répondre aux demandes et questions des membres intervenant à Rome. On le voit donc les choses sont prises au sérieux du côté d’Écône et l’organisation est bien prévue.

L’abbé Célier, en réponse à une auditrice, a également précisé que les échanges ne se faisaient pas en latin et que même si l’ensemble des intervenants, romains ou de la Fraternité, comprenaient le français et l’italien, les interventions bénéficiaient de traductions simultanées, certains des experts présents ne maîtrisant pas assez ces deux langues.

Deux petits amusants : l’abbé Célier a précisé que la délégation de la Fraternité Saint-Pie X était logée à la Maison Sainte-Marthe, lieu où ont résidé les cardinaux pour le conclave. Les autels de cette maison étant pris pour les messes, celles des membres de la Fraternité ont été célébrées en la Basilique Saint-Pierre. L’autre anecdote a été rapportée par l’abbé Barthe qui a expliqué que les discussions étaient filmées, certainement pour que le pape puisse les voir.

Dans le même ordre d'idées, l'abbé Barthe analyse que ces discussions concernant Vatican II montrent que celui-ci n'est plus un dogme de foi et que d'ici quelques années la fonction magistérielle pourra reprendre toute sa vigueur. De la même manière, il estime qu'un accord entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X sera trouvé.

[France Soir] Négationnisme - Mgr Williamson poursuivi en Allemagne

SOURCE - France Soir - 10 novembre 2009

L'évêque catholique intégriste Richard Williamson, à l'origine d'une intense polémique impliquant le Vatican en janvier, sera jugé en Allemagne pour négationnisme.

Mgr Williamson a en effet refusé de payer l'amende de 12.000 euros qui lui avait été infligée par le tribunal de Ratisbonne (sud) dans le cadre d'une procédure simplifiée qui aurait clos l'affaire, a indiqué un porte-parole de ce tribunal. En conséquence, cette affaire va faire l'objet d'un procès, dont la date n'a pas encore été fixée.

L'évêque, membre de la Fraternité Saint-Pie X, est poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après des propos qu'il avait tenus à Ratisbonne et qui avaient été diffusés à la télévision suédoise le 21 janvier. L'ecclésiastique conteste le chef d'inculpation retenu contre lui et sa défense veut plaider la relaxe, a précisé le porte-parole, soulignant que Mgr Williamson n'était pas tenu de se présenter personnellement à son procès, mais qu'il pourrait se faire représenter.

"Aucun juifs tués dans les chambres à gaz"

Lors de l'entretien accordé à la chaîne publique suédoise SVT, Richard Williamson avait dit croire "qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz (...) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz". Trois jours plus tard, le pape Benoît XVI avait levé l'excommunication touchant quatre évêques de la Fraternité, dont le prélat britannique, dans un geste visant à mettre fin au schisme intégriste.

L'affaire avait suscité un tollé dans le monde, et notamment en Allemagne, patrie du pape. La chancelière Angela Merkel avait fortement haussé le ton contre le Vatican, selon qui le pape ignorait tout des propos négationnistes tenus par l'évêque Williamson avant de lever ces quatre excommunications.

Williamson, 68 ans, est l'un des responsables de la Fraternité Saint-Pie X, une organisation intégriste fondée en 1970 à Ecône en Suisse et présente dans 30 pays dont la France.

9 novembre 2009

[Francis Serra - Golias] Mgr Aillet et le latin : l’évêque de Bayonne persiste et signe !

SOURCE - Francis Serra - Golias - 9 novembre 2009

Si la réunion des évêques à Lourdes a mis en lumière des figures épiscopales plus ouvertes, à l’exemple de Mgr François Kalist (Limoges) ou d’un « grand ancien », Mgr Claude Dagens, au demeurant membre de l’Académie française, il ne faut pas totalement occulter l’activisme des plus traditionalistes parmi nos pasteurs.

Au premier rang d’entre eux se range certainement l’évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet, 52 ans, originaire de la Fraternité Saint Martin, et longtemps vicaire général de Toulon. Il s’est illustré dans son zèle à défendre l’application la plus généreuse du motu proprio autorisant la célébration de l’ancienne liturgie. Avant de coiffer la mitre, il avait d’ailleurs rédigé un livre dans lequel il se félicitait du biritualisme et de l’enrichissement du retour aux anciens livres liturgiques. Récemment, Mgr Aillet a défrayé la chronique en tentant d’empêcher la tenue d’une Gay Pride à Biarritz autant qu’en fustigeant la culture de mort (évoquant en particulier l’avortement).

Juste avant de rejoindre Lourdes pour y retrouver ses pairs, Mgr Aillet signait en quelque sorte ses oeuvres en se félicitant sur son blog du retour du latin et de ce qu’on appelle - improprement en vérité - la tradition. Et redisant sa détermination à oeuvrer dans le sens restaurateur que l’on sait. Il n’aura certainement guère apprécié à Lourdes les positions de son confrère Claude Dagens...

[Mgr Rey / RCF] [audio] Mgr Rey - Retour de Lourdes

SOURCE - Mgr Rey / RCF - 9 novembre 2009

Retour de la 49ème Assemblée plénière des évêques de France qui s’est tenue à Lourdes du 3 au 8 novembre 2009. Monseigneur Rey est l’invité de l’émission de RCF Méditerranée "Autour de l’évêque"

Ecouter l'émission sur le retour de l’assemblée plénière des évêques de France   [MP3 - 13.8 Mo]

[Perepiscopus] Mgr Philippe Gueneley dément

SOURCE - Perepiscopus - 9 novembre 200

Mgr Philippe Gueneley dément. Ses propos ahurissants avaient été rapportés dans la lettre de Paix Liturgique. Selon nos informations, la Déléguée épiscopale à l'information [sic] a été chargée de dire que Mgr Gueneley n'a pas tenu les propos qui lui sont attribués. Dont acte. Mais dément-il aussi refuser la forme extraordinaire du rite romain dans son diocèse ? Car, pour le moment, il n'y a pas d'application du Motu Proprio Summorum Pontificum dans le diocèse de Langres

8 novembre 2009

[summorum-pontificum.fr] Petite question dominicale...

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 8 novembre 2009

Bien qu’il appartienne à l’équipe de Golias, dont je suis à des années lumières de partager les convictions, il faut toujours lire avec un œil attentif les chroniques romaines de Romano Libero, toujours bien informé. Les lire avec attention, c’est-à-dire en pensant qu’une partie de l’information peut être juste mais aussi que l’ensemble est une arme par destination en vue de faire avancer les pions de la cause portée par Golias.

Récemment, Romano Libero est revenu sur l’étrange erreur du Père Lombardi annonçant que les discussions entre la commission romaine et la commission FSSPX avaient adopté un rythme bi-mensuel, précisant même qu’il s’agissait d’une cadence rapide pour le Saint-Siège. Depuis le Père Lombardi a corrigé ses propos, précisant que par bi-mensuel, il fallait entendre bi-trimestriel. Romano Libero complète cette information en écrivant:

En tout cas, selon le quotidien italien La Repubblica, une “polémique“ serait survenue dès les premières discussions entre Rome et les traditionalistes. Polémique confirmée par nos informations, selon lesquelles les experts envoyés par la Fraternité Saint-Pie X auraient particulièrement relevé les “dangers“ liés à la liberté religieuse voulue par le Concile Vatican II et “l’erreur“ que représente le choix de comparer la religion catholique aux autres religions. Ce qui ne prélude pas d’un consensus facile à trouver. »

Dans ce texte, c’est évidemment la fin qui n’est plus de l’ordre de l’information mais du commentaire en vue de faire avancer la cause de Golias. Car, au fond, il n’y a rien d’étonnant à savoir que les experts de la Commission FSSPX aient soulevé les problèmes liés à la liberté religieuse, qu’ils critiquent depuis des années. Que le consensus ne soit pas facile à trouver, on s’en doute aussi.

Mais il reste possible effectivement que la « bourde » du Père Lombardi soit davantage qu’une erreur. Il est possible que la cadence prévue fut d’abord bi-mensuelle avant de devenir bi-trimestrielle, devant les difficultés rencontrées, non au plan humain, entre les hommes des deux commissions, mais au plan de l’échange doctrinal. Il est possible aussi  que le Père Lombardi sabote à sa manière ce processus de discussion. Ce ne serait pas la première fois qu’il « dérape ». Que l’on se souvienne de ses propos dans La Croix contre le cardinal Castrillon Hoyos. Étrangement, c'est une question que Golias ne se pose pas.

Il faut d'ailleurs compléter les affirmations  de Romano Liberio par ceux d’Ennemond, porte-parole quasi-officiel de la Fraternité Saint-Pie X, sur le Forum catholique. Or dans un post du 5 novembre dernier, il précisait incidemment  que les experts de deux commissions avaient pris un « amical repas » au Palais du Saint-Office ce 26 octobre 2009 à l’issue des premières discussions.

Affaire à suivre en tous les cas.

[Max Barret - Le Courrier de Tychique] Une chronique intéressante sur le site...

SOURCE - Max Barret - Le Courrier de Tychique n°308 - 8 novembre 2009

Une chronique intéressante sur le site « Tradinews » 

« Le Courrier de Tychique » – dont on souhaite tant la disparition – publie parfois des informations inconnues (ou presque) qui alimentent la réflexion de ses lecteurs. C’est le cas pour la divulgation du cursus du Cardinal Liénart (n° 307).
A ce propos j’ai reçu d’un lecteur la précision suivante : « Il n’existe aucune preuve palpable de l’appartenance à une loge du Cardinal, à notre connaissance à ce jour. Et la famille qui nous est proche n’admettrait pas un tel propos, telle que je la connais. Il s’est dit, chez le même chanoine, qu’à sa mort le visage du Cardinal était devenu « noir » ? Ce que dénient les proches présents lors de sa mort qui font quand même référence ici. » (Courriel du 27 octobre)
C’est bien volontiers que je publie cette mise au point par souci d’objectivité. Toutefois, il est évident que si certains « maçons » n’hésitent pas à révéler leur appartenance à la maçonnerie, d’autres, et ce sont généralement les plus influents se gardent bien de le faire. (cf. « L’élue du dragon » - Clotilde Bersone – Nouvelles Editions latines). Mais quoi qu’il en soit, et mon interlocuteur en a parfaitement convenu, franc-maçon ou pas, le cardinal était bien au coeur du complot et c’est évidemment ce qui est le plus riche d’enseignements !
Voici donc le texte intégral de la chronique publiée sur « Tradinews » le 31 octobre dernier :

« La semaine dernière « Le Courrier de Tychique », bulletin d'un Gaulois combattant, a apporté, peut-être, une remarquable confirmation de la position équilibrée de la Fraternité Saint-Pie X sur la validité des sacrements dans la Nouvelle Eglise. Une « source fiable » y révèle que la franc-maçonnerie, antique ennemie de l'Eglise, a pris des dispositions dans ses plans pour la Révolution Conciliaire, pour qu'elle invalidât les sacrements Catholiques, non pas en altérant leur forme sacramentelle, ce qui les aurait rendus invalides sur le champ, mais en faisant en sorte que le Ministre perdît à la longue son indispensable Intention sacramentelle.

« Cette « source fiable » est un Français qui a eu de nombreuses conversations avec un vénérable prêtre lillois, qui confessa le Cardinal Liénart sur son lit de mort. Redoutant sans doute les flammes de l'Enfer, le cardinal, à l'agonie, demanda à ce prêtre de révéler au monde ce qu'il lui confessait, le déliant ainsi du secret de la confession. Ce prêtre resta néanmoins très discret en public, mais il s'avéra plus disert en privé, notamment sur ce que le cardinal lui avait dévoilé à propos du plan en trois points de la franc-maçonnerie pour détruire l'Eglise. Que le cardinal Liénart soit entré ou non dans la maçonnerie à l'âge précoce de 17 ans, de toute façon il lui rendit un service insigne lorsqu'au deuxième jour du Concile, prenant la parole sans permission, il demanda que les documents soigneusement préparés dans les commissions préparatoires fussent tous rejetés sur le champ.

« D'après la confession du cardinal, le premier objectif de la franc-maçonnerie dans ce Concile était de rompre la Sainte Messe en altérant le rite de telle manière qu'à la longue l'intention du célébrant « de faire ce que fait l'Eglise » finirait par se perdre. Petit à petit le rite devait mener les prêtres et les fidèles à voir en la Messe plutôt un « mémorial » ou « repas sacré » qu'un sacrifice propitiatoire. Le second objectif était de rompre la Succession Apostolique par un nouveau rite de consécration épiscopale qui finirait par enlever aux évêques la validité de leur consécration. La nouvelle forme n'y serait pas invalide en soi, mais elle serait suffisamment ambiguë pour semer le doute, et surtout le nouveau rite dans son ensemble serait de nature à dissoudre à la longue l'intention sacramentelle de l'Evêque consécrateur. Aussi la Succession Apostolique se romprait-elle si doucement que personne ne s'en apercevrait. N'est-ce pas exactement ce que craignent beaucoup de catholiques croyants aujourd'hui?
« Quoi qu'il en soit du témoignage de ce vieux prêtre et du fidèle auquel il a parlé, force est de constater que les rites du « Novus Ordo » pour la Messe et pour la consécration épiscopale correspondent très précisément à ce plan maçonnique que le Cardinal Liénart dévoila à sa mort (15 février 1973). Depuis que ces nouveaux rites ont été introduits à la fin des années 1960 et au début des années 1970, beaucoup de catholiques sérieux ont incriminé leur validité. Hélas, ces rites ne sont pas invalides en soi - ce serait trop simple ! Ils sont bien pires ! Leur forme sacramentelle est suffisamment catholique pour rassurer maint célébrant sur leur validité, mais dans leur ensemble on les a rendus tellement ambigus et tellement propices à une interprétation non catholique qu'à la longue ils invalideront l'intention de tout célébrant trop « obéissant » ou qui ne prie et ne veille pas assez.

« Des rites ainsi modifiés de manière à paraître assez valides dans un premier temps pour être acceptés par le grand nombre des catholiques, mais qui sont à tel point ambigus qu'à long terme ils invalident les sacrements, constituent un piège d'une subtilité vraiment satanique ! Pour l'éviter, le catholique doit, d'une part rompre tout contact avec ces rites nouveaux, mais, d'autre part il ne doit pas laisser discréditer ses bons instincts catholiques en portant des accusations théologiques exagérées qui rompent avec la bonne doctrine catholique. C'est un équilibre pas toujours facile à garder. »

Kyrie Eleison.

Un piège vraiment satanique.

On l’aura compris : c’est une stratégie minutieusement mise au point. Elle est satanique parce qu’elle repose entièrement sur un subterfuge, non seulement empêchant d’en découvrir le but, mais requérant le concours de ceux qui devraient la combattre ! Les catholiques naïfs, désinformés et subtilement conditionnés sont ainsi enrôlés dans une lutte sans merci contre l’Eglise – qu’ils prétendent vouloir défendre – en s’opposant à ceux qui ont découvert le piège et s’y opposent véritablement ! Il n’y a bien que Satan pour promouvoir une telle machine de guerre !

Face à cet assaut, un seul mot d’ordre : l’intolérance !

Bien entendu, une telle affirmation est totalement réprouvée, aujourd’hui, par l’immense majorité des humains ! Notre siècle crie : tolérance, tolérance, tolérance !...Pourtant deux voix, que tout opposait, se sont élevées pour louer l’intolérance ! L’une est celle d’Arthur Koestler, juif ashkénaze, entré au parti communiste en 1931 (qu’il quitta en 1938) partisan de la création d’un état juif en Palestine :

« Toute philosophie politique ou religieuse, toute conception du monde qui cesse de croire qu’elle seule est infaillible, qu’elle seule détient la Vérité, et qui accepte des solutions de compromis, perd par là même sa force de rayonnement et se voue à la décadence. » (« Ecrits de Paris » – novembre 1968)
La seconde est celle du Cardinal Pie, ce héraut du Christ Roi, dans un sermon célèbre prononcé en la cathédrale de Chartres:

« Je viens vous dire sans détour qu’il n’existe qu’une seule société au monde qui possède la Vérité et que cette société doit nécessairement être intolérante ! » On remarque l’étonnante similitude qui existe entre ces deux proclamations, émanant de deux conceptions totalement opposées. Bien sûr, les bien-pensants vont s’exclamer : « Mais de tels propos ne peuvent que nous conduire à la guerre ! » C’est le cardinal Pie qui, dans ce sermon répond à cette inquiétude :

« Jésus-Christ a envoyé ses Apôtres prêcher toutes les nations, c’est-à-dire renverser toutes les religions existantes pour établir l’unique religion chrétienne par toute la terre et substituer l’unité du dogme catholique à toutes les croyances reçues chez les différents peuples. Et, prévoyant les mouvements et les divisions que cette doctrine va exciter sur la terre, Il n’est point arrêté et il déclare qu’il est venu apporter non la paix mais le glaive, allumer la guerre non seulement entre les peuples, mais dans le sein d’une même famille et séparer, quant aux convictions du moins, l’épouse croyante de l’époux incrédule, le gendre chrétien du beau-père idolâtre (…) Et bientôt, quand on s’aperçut que ce Dieu nouveau était l’irréconciliable ennemi des autres dieux ; quand on vit que les chrétiens dont on avait admis le culte ne voulaient pas admettre le culte de la nation ; en un mot quand on eut constaté l’esprit intolérant de la foi chrétienne, c’est alors que commença la persécution » (Sermon en la cathédrale de Chartres – « OEuvres sacerdotales » T.1 – pp 356-377) 

Pour joindre M. l’abbé Meramo.

En réponse à la demande de plusieurs lecteurs, voici son contact à Internet : pusillus.grex@gmail.com

7 novembre 2009

[Christian Terras - Golias] Lourdes : quand l’évêque de Langres « taille » ses confrères réacs

SOURCE - Christian Terras - Golias - 7 novembre 2009

Les plus conservateurs des évêques grinçaient les dents à l’écoute du discours très « présidentiel » d’André Vingt-Trois (voir notre article à ce sujet plus bas). Ils y devinaient manifestement une récurrence de l’esprit postconciliaire, sinon un retour partiel au ton et aux convictions des années soixante-dix ! Contre lesquels au fond ils entendent se positionner. Il faut savoir que les plus radicaux dans le conservatisme intransigeant en sortent plus réservés encore à l’endroit d’un André Vingt-Trois qu’il juge trop modéré, et surtout peu fiable.
Par ailleurs, dans le contexte d’une crise drastique des vocations, de vieillissement spectaculaire de ses troupes, l’Église catholique ne peut éluder la question de la diminution du nombre des prêtres (27 200 en 1997 et 20 277 en 2007) et la réorganisation du maillage pastoral que cela implique.
Ainsi, certains diocèses tentent effectivement de maintenir, coûte que coûte, un maillage paroissial le plus dense possible, avec une vision très cléricale du prêtre. C’est, par exemple, la ligne adoptée par le diocèse de Fréjus-Toulon dont les paroisses n’ont pas fait l’objet d’un regroupement. Mgr Dominique Rey, défenseur d’une vision tridentine du sacerdoce, et d’une Eglise très cléricale, fait appel à des prêtres étrangers et à des communautés nouvelles, plutôt que de revoir et de réformer le fonctionnement de l’Eglise diocésaine.
D’autres évêques, comme Michel Santier de Créteil estiment que l’appel aux vocations n’est qu’une partie de la réponse aux difficultés. Il faut miser aussi sur les laïcs.

La controverse de Langres

Les courants intégristes suivent donc avec une grande attention les travaux de l’Assemblée des évêques. Ils savent qu’en majorité nos évêques français, bien que devenus somme toute très conformistes, du moins en comparaison avec d’autres épiscopats comme celui d’ Allemagne , ne leur sont pas sont pas du tout acquis, c’est le moins que l’on puisse dire.
Sur l’un de leur site « La Lettre de Paix Liturgique », on peut ainsi relever le récit, ô combien significatif, des controverses entre les tradis et l’évêque de Haute-Marne, Mgr Philippe Gueneley. Mgr de Langres est l’un des rares évêques français qui résistent encore à la généralisation du Motu proprio sur la liturgie. Peu importe les détails au demeurant. Il n’en demeure pas moins que Mgr Gueneley fit preuve de peu de sympathie à l’endroit des tenants de l’ancienne liturgie. Du moins selon ces derniers. A la fin d’une cérémonie, en août dernier à Joinville, Mgr de Langres fit une déclaration dans laquelle il critiquait ouvertement l’attitude de ces fidèles traditionalistes, en définitive peu soucieux de communion. Exprimant sans doute tout fort et tout haut ce que nombre de ses pairs pensent tout bas, sans pouvoir l’exprimer. Il est vrai que, fatigué, Philippe Gueneley compte partir à la retraite - anticipée - d’ici quelques mois ou quelques semaines. Ce qui lui donne une plus grande liberté de pensée et d’action. Il n’a plus rien à perdre. Les évêques à la retraite reprennent souvent leurs couleurs. Y compris dans le sens tradi, à l’instar de Mgr Maurice Gaidon, ancien évêque de Cahor s. Cependant, l’évêque de Langres , excédé par la tournure des événements, s’engagea plus avant encore dans sa critique des traditionalistes en pointant cette fois l’attitude de certains de ses confrères évêques proches de ces milieux. Et de déclarer :« Monseigneur Centène (l’évêque de Vannes -ndlr), on l’a fait plier. Monseigneur Aillet ( l’évêque de Bayonne , - ndlr), on lui donne trois ans. Après nous verrons. Dominique Rey (l’évêque de Toulon- Fréjus , - ndlr), son diocèse finira par couler !!! ». Fermez le ban, la messe est dite !

Mgr Vingt-Trois en rajoute une couche

Cet épisode de Langres est cependant significatif de la résistance, parfois tacite, reposant sur la force d’inertie, que rencontrent les courants les plus tradis de la part d’une majorité d’évêques français. Même le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris , héritier du cardinal Lustiger, qui ne cache pas son ironie méprisante à l’égard des courants d’ouverture, n’est sans doute pas mieux disposé à l’endroit des courants les plus droitiers. Qui ne l’aiment guère d’ailleurs. On remarquera à ce sujet, lors de l’émission« Face aux chrétiens » du 5 novembre dernier (co-produite par Radio Notre Dame, RCF et La Croix), que le président des évêques de France abonde dans le sens de son collègue de Langres .
Ainsi, à la question :« On a quand même le sentiment d’une grande diversité, selon les évêques... », le cardinal- archevêque de Paris répond avec son style parfois franco de port :« je ne suis pas surpris qu’il y ait une différence d’approche, pourvu que cette différence s’appuie sur un travail. C’est à dire que ce n’est pas »au chic« . On peut avoir un évêque qui croit aux communautés nouvelles (suivez notre regard ! ndlr) : il sonne la cloche, appelle six communautés nouvelles dans son diocèse et pense que ca va marcher ! Cela va peut - être marcher tant qu’il sera là, mais après ?... »
Bref, la controverse de Langres et les paroles du patron de l’épiscopat français sont un signe de la complexité d’une situation ecclésiastique française qui s’ajoute à l’érosion de la sécularisation et du vieillissement du clergé et des fidèles.
A suivre donc.

6 novembre 2009

[Paix Liturgique] Evêques de France: leurs diocèses meurent mais le "réservoir traditionaliste n'existe pas"

SOURCE - Lettre de Paix Liturgique n°203 - 6 novembre 2009

Les évêques de France se sont réunis à Lourdes la semaine dernière sous une pression psychologique considérable. Bien que cela ne soit pas expressément inscrit à leur ordre du jour, ils ne pensent qu’à une seule chose, que tous les médias au reste leur rappellent : la vie des diocèses de France est en péril de mort, faute de prêtres. Au point que dans La Croix du 5 novembre, le Président Vingt-Trois a perdu sa légendaire maîtrise de soi en attaquant, sans le nommer mais de manière limpide, son confrère, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon : « On peut avoir un évêque qui croit aux communautés nouvelles : il sonne la cloche, appelle six communautés nouvelles dans son diocèse et pense que ça va marcher ! Cela va peut-être marcher tant qu’il sera là, mais après ? » Comme on peut le remarquer, il ne parle que d’une partie de la politique pastorale de Mgr Rey, l’accueil des communautés. Mais il passe sous silence le principal reproche qu’il fait à son confrère, à savoir son libéral accueil des prêtres célébrant selon la forme extraordinaire ou sous les deux formes, bref son application du Motu Proprio Summorum Pontificum (1). Car à la Conférence épiscopale, le sujet reste rigoureusement tabou.

Une asphyxie annoncée :

1°/ Le nombre des prêtres diocésains français en activité en France est de moins de 9.000. Pour un ensemble non négligeable de diocèses (Digne : 25 prêtres, Nevers : 38, Auch, Saint-Claude, Gap, Digne, Viviers, Verdun, Pamiers, Langres, etc.), dans 10 ans, le nombre des prêtres en exercice sera d’une dizaine au plus (dans le diocèse de Langres, de Mgr Gueneley (2), le plus sinistré des diocèses français, on a parfois déjà un seul prêtre pour 60 clochers).

2°/ Les nombre des séminaristes est passé depuis deux ans sous la barre des 750 (740 en 2008, dans ce chiffre sont inclus une bonne centaine de séminaristes de Communautés non diocésaines). Pamiers, Belfort, Agen, Perpignan, etc., n’ont pas de séminaristes.

3°/ Le nombre des ordinations va rester sous la barre des 100 (90 en 2009 – Paris, qui est un des mieux lotis, n’a eu 10 ordinations, dont 2 pour la Communauté de l’Emmanuel ; 7 sont prévues pour 2010 ; 4 pour 2011).

4°/ 120 vocations au plus se sont déclarées pour la rentrée 2009.

La conclusion est dramatique : 1/3 des diocèses français devraient logiquement disparaître par regroupements dans les 15 ans à venir.

Et cependant, la majorité des évêques, le Président Vingt-Trois le premier, n’en démordent pas : l’Église reste malgré tout visible, elle demeure contre toute apparence vivante. Le Président Vingt-Trois donnait ce merveilleux exemple de « visibilité » retrouvée sur Radio-Notre-Dame (entretien du 5 novembre) : dans une paroisse sans prêtre, des laïcs se réunissaient pour dire le chapelet dans une salle municipale ; ils ont eu alors l’idée de nettoyer l’église pour y réciter le chapelet ; ainsi, rien n’est perdu, cette église revit…

Un « réservoir » utilisable :

L’utilisation de la « réserve » traditionaliste ne règlerait certes pas le problème des diocèses français d’un coup de baguette, mais elle pourrait donner un peu d’oxygène et surtout elle changerait totalement la donne idéologique. C’est d’ailleurs pour cela qu’officiellement, à la Conférence épiscopale, le sujet reste rigoureusement tabou. Pour l’instant.

Car le monde traditionaliste (non compris les religieux) devient de plus en plus difficile à ignorer :

1°/ 3% des prêtres en activité sont traditionalistes (inconstitutionnellement traditionalistes, sans parler des prêtres diocésains qui leur sont assimilables par leur pratique liturgique) : 260 prêtres équivalents à des prêtres diocésains (FSSPX et communautés amies : 140 prêtres ; communautés Ecclesia Dei : 120 prêtres environ).

2°/ Plus de 14% des ordinations sont pour la forme extraordinaire (Paix liturgique, n. 183, 22 juin 2009) : en 2009, 15 prêtres français ont été ordonnés pour la forme extraordinaire du rite romain (dont 6 de la FSSPX).

3°/ Près de 20% des séminaristes se destinent à cette forme (ils étaient 160 pour la forme extraordinaire, dont 40 environ pour la Fraternité Saint-Pie-X, en 2008-2009) : Paix liturgique, n. 176, 5 avril 2008. Si la croissance continue comme ces dernières années, dans deux ans au plus, 1/4 des séminaristes français se destineront à la forme extraordinaire. Tout le monde sait d’ailleurs que si les prêtres traditionnels avaient l’assurance d’avoir un apostolat « normal » dans les diocèses, le nombre de ces séminaristes serait plus important encore.

4°/ Enfin, 25% des vocations se destinent à la forme extraordinaire (Paix liturgique, n. 199, 12 octobre 2009). A la rentrée de septembre 2009, il y en 41 entrées (dont 17 seulement pour la Fraternité Saint-Pie-X) en 1ère année pour une formation dans un séminaire traditionaliste.

Or, ce clergé « extraordinaire » ne dessert même pas 400 lieux de culte dominicaux en France (dont 184 desservis par la Fraternité Saint-Pie-X et ses communautés amies). On rappelle en outre, qu’en regard, la demande, selon un sondage CSA de septembre 2008, est bien plus importante : 1/3 des catholiques pratiquants assisteraient volontiers à la messe traditionnelle si elle leur était proposée dans leur paroisse. Et il n’est pas exagéré de dire qu’en ajoutant aux vocations proprement traditionalistes les vocations de sensibilité traditionnelle qui se retrouvent dans les séminaires diocésains, un 1/3 des vocations sacerdotales, si on le leur permettait, se destineraient à la forme extraordinaire ou au bi-formalisme.

1/3 des fidèles et, à terme, 1/3 des prêtres. Il serait donc raisonnable de donner officiellement à ces prêtres un véritable espace de liberté, non plus dans des ghettos mais au sein même des paroisses, pour célébrer le culte divin selon leur sensibilité (comme on parle de sens de la foi). N’est-ce pas l’esprit (et la lettre) du Motu Proprio Summorum Pontificum ? Et par le fait, ces prêtres pourraient aider à rendre de nombreux autres services sacramentels, missionnaires, catéchétiques.

Mais pour la majorité des évêques de France, ce tiers du troupeau, prêtres et fidèles – qui s’obstine à vivre, qui ne demande qu’à vivre davantage et qui est tout prêt à faire vivre – n’existe toujours pas, sauf comme une épine dans la chair. Les diocèses se meurent, l’idéologie, elle, n’est pas morte.

(1) On rappelle que le petit diocèse de Fréjus-Toulon compte environ 80 séminaristes, se destinant soit à la célébration de la forme ordinaire soit à la célébration de la forme extraordinaire, soit au bi-formalisme. Les séminaires qui viennent ensuite (Paris, Issy-les-Moulinaux pour la région parisienne) comptent à peine 50 séminaristes.

(2) Qui aurait dû être le dernier à pouvoir tenir, contre ceux de ses confrères qui cherchent à remonter la pente, ces propos scandaleux : « Monseigneur Centène, on l’a fait plier. Monseigneur Aillet, on lui donne trois ans. Après, nous verrons. Dominique Rey, son diocèse finira par couler » (Paix liturgique n° 202, 2 novembre 2009).

[Mgr Jacques Masson - Hermas] La débâche liturgique et ses accessoires (2) - La question vestimentaire

SOURCE - Mgr Jacques Masson - 6 novembre 2009

La question vestimentaire
Pourquoi cet acharnement des Évêques et des prêtres « dans le vent » contre la soutane ?
La question est importante et grave ! D’autant plus que le passage au clergyman a été de très courte durée, et, au Séminaire Saint-Sulpice notamment, quelques mois plus tard, voire quelques semaines à peine, le clergyman était remplacé tout simplement par l’habit civil, souvent fantaisiste et pas toujours de bon goût et de grande propreté. Au point que je disais d’un séminariste, issu d’un milieu très bourgeois, membre du Prado : « Il a confondu Prado et cradot ». Il voulait faire « peuple », lui qui était d’un milieu très bourgeois, « pour ne pas faire penser aux ouvriers que le prêtre leur était supérieur, qu’il était différent d’eux ! … Il fallait se mettre à leur niveau ».
Pour moi, qui suis originaire du milieu ouvrier (Papa était peintre en bâtiments aux Brasseries de Champigneulles, et tous les voisins de mon village étaient des ouvriers), cette affirmation était une insulte profonde, et exprimait une ignorance totale, et un mépris profond pour ces gens « du peuple ».
Le sens de l’honneur et de la dignité n’est pas réservé aux classes élevées de la société. Et, se présenter chez des ouvriers, qui sont habillés, en semaine, avec leurs habits de travail, en portant un beau costume, gris foncé ou noir, n’est-ce pas leur faire sentir alors « la différence » entre le prêtre et eux ? Les ouvriers, s’habillaient en ouvriers en semaine, parce qu’ils travaillaient. Mais, les jours de fête, les dimanches, ils « s’habillaient en dimanche ». Le sens de la dignité n’est pas le propre d’une certaine société, mais de tout homme, enfant de Dieu, créé à son Image et à sa Ressemblance. Des réflexions entendues chez des voisins : « Le clergyman ? c’est un habit de faignants pour des faignants (fainéants) ! ».
Toutefois, la question demeure : pourquoi ? Sous ce changement, n’y aurait-il pas une raison plus « profonde » ? Je veux dire : ce changement ne manifesterait-il pas que quelque chose avait changé dans le sens que le séminariste, le futur prêtre, donnait à son futur Sacerdoce ?
La question est loin d’être oiseuse. Le changement est très significatif. Un exemple récent : Un curé, un bon prêtre, un ami, d’une paroisse de Rome me disait tout dernièrement : « Je ne sais pas comment tu peux sortir en soutane : tu ne te sens pas gêné ? Moi, je ne serais pas à l’aise, et même j’aurais honte de sortir ainsi ! »
Je lui ai répondu : « Honte de quoi ? de montrer que je suis prêtre ? ».
Opérer un changement sur des questions secondaires est légitime. Opérer un changement radical, et le faire en l’imposant, en rejetant, en marginalisant, avec acharnement, manifeste que c’est bien un changement non de détails, mais un changement dans le fond, profond. Qui n’admet pas d’opposants, de contestation, de gens qui s’y opposent ! Ce changement devient une rupture avec ce qui existait précédemment. Et, dans le cas de l’Eglise, cela peut vouloir dire une rupture avec la Tradition bimillénaire.
Le vrai problème ne se trouverait-il pas là ? N’est-ce pas, au fond, ce qui a amené, et généralisé l’abandon de la soutane, pour « se mettre comme tout le monde », « pour être un homme comme les autres » (ce qui est l’argument massue pour justifier le port de l’habit civil « cradot » bien souvent).
N’est-ce pas le résultat, chez le prêtre, et d’abord chez le séminariste, de la perte du sens profond de ce qu’est le Sacerdoce, de ce qu’est le Prêtre ? Avec tout ce que cela comporte et entraîne dans la suite : la désobéissance vis-à-vis des Statuts Synodaux qui réglementent la vie du prêtre, et notamment la tenue vestimentaire du prêtre, qui prescrivent toujours le port de la soutane, ou du clergyman noir ou gris foncé ; le port obligatoire de la soutane pour la célébration de la Messe, pour l’administration des Sacrements, y compris du Sacrement des malades, et du Catéchisme.
La désobéissance vis-à-vis des prescriptions liturgiques, avec la « créativité » que chacun ressent le devoir d’exercer et de pratiquer, selon l’assistance, « pour faire participer l’assistance, mieux et plus ». Et, en touchant à la liturgie, et notamment au Saint Sacrifice de la Messe, la liberté toujours plus grande à son égard : dans l’emploi des vêtements liturgiques désormais dépassés ! Dans les improvisations, dans les innovations, sans s’en tenir aux rubriques désormais désuètes. Chacun devient ainsi « pape dans son église », et il devient de plus en plus difficile de trouver deux prêtres qui célèbrent le Nouvel Ordo tel qu’il est prescrit. C’est la débâcle, la débandade !
La désobéissance : passer du clergyman à l’habit civil est une désobéissance. N’était-ce pas le devoir des responsables, Professeurs des Séminaires, Evêques, de veiller à ce que les futurs prêtres sachent obéir, et ne pas mettre le pied sur la pente glissante qui ne s’arrête pas. « Non serviam » disait Lucifer, dans son refus d’obéir à Dieu ! La désobéissance est un fruit de l’orgueil, elle ne vient pas de Dieu.
Et les responsables de la formation, ceux qui ont la responsabilité, l’autorité, manquent à leur devoir s’ils la permettent. Ils DEVAIENT intervenir avec fermeté, pour remettre mes confrères séminaristes dans la voie de l’Eglise, et leur apprendre que, dans l’Eglise, il y a une autorité, non pour écraser les gens, mais pour les aider, pour leur apprendre à être des serviteurs. Ils doivent intervenir de toute urgence : pour les Responsables, être des Maîtres, c’est d’abord être des serviteurs, qui aident les jeunes à faire un discernement, des serviteurs qui peuvent parler avec autorité, car ils sont « Maître et Seigneur » comme le disait Jésus au Lavement des Pieds.
Ces séminaristes en civil, qui, désobéissaient aux règles canoniques ont été ordonnés sans problèmes. C’est ceux qui portaient la soutane, l’habit officiel du séminariste et du futur prêtre qui devenaient suspects, et que l’on menaçait de ne pas ordonner prêtres. C’est un comble ! Faiblesse de la part des Educateurs ? des Pasteurs ? Ou pensaient-ils déjà comme cela, secrètement en eux ? Je ne saurais dire. Mais ce qui est sûr, c’est qu’ils ont manqué, et qu’ils manquent toujours gravement à leur devoir, en ne faisant pas respecter l’autorité de l’Eglise.
Mais ce qui est plus grave, c’est que, sous les différentes manières personnelles de célébrer, on sent aussi et surtout, que nous nous trouvons devant un phénomène nouveau et inquiétant (même s’il date déjà d’un certain temps !) : les rites expriment alors la « foi » du prêtre, qui, malheureusement, ne correspond pas toujours à la Foi de l’Eglise, nous le verrons plus loin !
L’abandon de la soutane, le passage à l’habit civil, la créativité en liturgie, au fond, manifestent une débâcle dans la foi, que certains prêtres (beaucoup, de plus en plus ?) n’ont plus la Foi Catholique. Et certains n’hésitent pas à exprimer cette « foi nouvelle » qui est la leur, comme étant celle de l’Eglise. Un Vicaire d’une paroisse de Nancy n’hésite pas à dire : « A la Messe, il ne se passe rien : on se souvient simplement d’un événement qui a eu lieu il y a deux mille ans ». Autrement dit : l’hostie reste du pain, le vin reste du vin. Et c’est pourquoi on peut recevoir l’hostie dans la main. Et c’est pourquoi il déclare avant la Messe : « Je ne distribue que la communion dans la main ! ».
Si je disais, au début d’une Messe : « je ne distribue la communion que dans la bouche » (comme le fait à présent le Saint-Père, et à genoux – ce qui a soulevé un tollé de protestations contre « ce Pape qui fait marche arrière ! »), je ne doute pas que le Pasteur du Diocèse ne tarderait pas à me dire que je n’ai pas le droit de refuser la Communion dans la main, parce que c’est un droit des fidèles ! Je n’invente rien. J’ai, appris que, à l’occasion du mariage de ma petite-nièce, l’Evêché de Nancy avait envoyé un émissaire pour vérifier comment je célébrais la Messe… L’Evêché devrait bien plutôt envoyer des émissaires dans toutes les paroisses pour vérifier comment on célèbre la Messe, dans quelle tenue, et quelle est la teneur des « homélies ».
Il me vient à la mémoire à ce propos un fait significatif, et révélateur : A la paroisse Saint Pie X d’Essey-les-Nancy, le Curé, l’Abbé Homé, célébrait rigoureusement le Nouvel Ordo, mais avec toute la solennité que permet la liturgie de l’Eglise Latine. Cette Messe, digne, solennelle, recueillie, attirait des centaines et des centaines de fidèles, de tous les coins du Diocèse, heureux de trouver une Messe « normale », digne, et recueillie.
Le Curé, ayant pris de l’âge est parti, et a été remplacé par un autre, l’Abbé Marin. Un démolisseur : tout a été changé en quelques semaines, et les fidèles, désorientés, se sont « réfugiés » là où ils pouvaient, un certain nombre dans la chapelle de l’Abbé Mouraud, disciple de Mgr Lefebvre, qui célébrait la Messe de Saint Pie V.
Un certain nombre d’entre eux, dont mon frère Jean, se sont adressés à l’Evêque de Nancy, Mgr Jean Bernard, pour lui demander une Messe correcte, et la Messe de Saint Pie V une fois par mois. De longues discussions, des interventions à Rome, amenèrent Mgr Bernard à accorder une Messe de Saint Pie V dans la paroisse Saint-Pierre de Nancy, dont le Curé était l’Abbé Jean Tiesen, un collègue de séminaire à Nancy.
L’Abbé Tiesen m’invitait à célébrer cette Messe, lorsque j’étais en Lorraine. A l’occasion de Noël, il m’arriva l’aventure suivante : Au moment de la communion, reçue à genoux et dans la bouche par les fidèles, un homme se présente pour communier, en m’insultant : « sale intégriste ! » Et il tend les mains pour y recevoir l’Hostie ! Je ne lui aurais pas donné la communion dans la main, certes, mais, alors là, je lui ai alors refusé tout simplement la Communion, qui aurait été une Communion sacrilège !
Il s’en est plaint à l’Evêque de Nancy qui, profitant de l’occasion, car il l’avait cru, (sans prendre la précaution de me contacter pour avoir ma « version »), prit sa plus belle plume et écrivit à Rome pour porter plainte contre moi. Le Cardinal Mayer, responsable d’Ecclesia Dei à l’époque, et que je connaissais très bien, m’appelle au téléphone pour m’informer de cette plainte de Mgr Bernard, et me demande de passer à son Bureau, pour voir ensemble cette question.
Je suis resté longtemps avec le Cardinal Mayer. Il me montra la lettre de l’Evêque de Nancy, Primat de Lorraine : Mg Bernard m’accusait d’avoir refusé de donner la communion dans la main à un fidèle, qui en avait le droit, d’avoir ainsi causé un scandale en lui refusant même la Communion ; il déclarait qu’il condamnait cette attitude et que, après avoir pris conseil auprès de son clergé, il se permettait de demander la suppression de la Messe de Saint Pie V, car c’était le désir de la majorité de son clergé (sic !). Et d’ajouter, « in cauda venenum » : « N’oubliez pas que Monseigneur Masson est un prêtre extrémiste : IL A ETE DIRECTEUR A ECONE ».
Le Cardinal Mayer comprit très vite le fond du problème, et il me rassura : affaire classée. Mais, de retour chez moi, selon les conseils qui m’avaient été donnés par des amis de la Curie, j’écrivis au Cardinal Mayer pour lui donner un compte-rendu de notre conversation (« scripta manent »), et lui laisser ainsi un document qui resterait dans les archives et rétablirait la vérité, pour l’avenir !
Par souci d’honnêteté, j’envoyais copie de cette lettre à Mgr Bernard. Son Excellence Monseigneur l’Evêque de Nancy, Primat de Lorraine, me répondit : « Je n’ai jamais rien écrit à Rome contre vous ».
Je lui ai simplement répondu : « Excellence, je n’ai pas rêvé avoir été appelé au téléphone par le Cardinal Mayer. Je n’ai pas rêvé en lisant le dossier que vous avez envoyé contre moi. Evitez-moi de penser pour ne pas juger ! Mais, ou bien vous avez signé sans lire, ou bien quelqu’un a écrit à votre place et a signé à votre place… ou bien vous mentez… ». (lettres ou copies dans mes archives personnelles).
La débâcle liturgique, qui a commencé à mon avis par la perte du sens du Sacerdoce que le prêtre reçoit, et en tout premier lieu par l’abandon de la soutane qui le distinguait comme tel, est le signe d’une crise plus grave, plus cachée, plus sournoise, mais ô combien réelle : LA DEBACLE DANS LA FOI.
Je partage profondément l’opinion de mon correspondant : si quelqu’un ne croit pas entièrement en la foi de l’Eglise, pourquoi ne s’en va-t-il pas :
« Je me pose une question (m’écrivait-il): pourquoi restaient-ils? Ils auraient pu partir, devenir avocat commerçant ou instit, avoir une femme et des enfants... pourquoi restaient-ils? ».
Je ne puis m’empêcher de penser à ce que nous déclarait Dom Roy, le Père Abbé de Fontgombault, au mois d’août 1970 : « On commence par enlever la barrette, et on se retrouve marié ».
Boutade ? Certes, si l’on veut. Mais tout changement peut être signe d’un changement plus profond : il faut faire preuve de discernement, car tout changement n’est pas nécessairement bon et salutaire, et peut être signe d’un changement catégorique d’orientation.
Et l’exemple venait de plus haut, des Evêques eux-mêmes. Le Pape Jean-Paul II a confié à Mgr Jacques Martin (qui me l’a raconté personnellement) : « Les Evêques de France, ils se figurent que je ne les vois pas en civil à la télévision ? Et quand ils viennent me voir pour les visites ‘ad limina’, ils se déguisent ; mais je ne suis pas dupe ! »
Je pense à un autre exemple, toujours avec Mgr Bernard. J’allais le voir régulièrement, quand j’étais Directeur d’Ecône, pour maintenir de bons rapports avec la Hiérarchie de France. Une fois, Mgr Bernard me reçut, habillé en civil, chemise et cravate. Gêné, il me déclara : « Excusez-moi, Monsieur l’Abbé, si je suis en civil. Mais, j’ai ensuite une réunion avec mes prêtres. Et je ne veux pas y aller en clergyman : ils pourraient prendre cela comme un reproche car ils sont tous en civil. Je ne veux pas les heurter. Il faut prendre les gens comme ils sont : je dois être juif avec les juifs, et grec avec les grecs ! ».
Je répondis simplement : « Alors vous auriez dû me recevoir en soutane ! ».
A propos de la distribution de la Sainte Communion dans la main, qui a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase (je l’ai raconté dans un autre article publié sur « hermas »), et m’a fait quitter la France pour aller à Ecône, pour rester catholique, je tiens tout de même à préciser que ce n’est pas un refus « intégriste ». C’est un problème beaucoup plus profond, un problème de conscience, un problème de foi, rien de moins. Et, dans ce domaine, je sentais le devoir d’être "objecteur de conscience", et de na pas distribuer la Sainte Hostie dans la main.
Prêtre, je savais bien par expérience, que des parcelles se détachent des hosties, de la grande Hostie du prêtre, des petites Hosties distribuées aux fidèles. Ces fragments d’hostie, quelle que soit leur taille, sont-ils le Corps du Christ ? Si le Saint-Père, revêtu de son autorité, de son charisme d’infaillibilité déclarait que ces fragments ne sont pas le Corps du Christ, je n’aurais aucun scrupule. Mais cette hypothèse est impensable, et ne peut même pas être un "futurible !" Saint Thomas déclare, dans le Séquence que nous chantons à l’occasion de la Fête-Dieu :
Le sacrement enfin rompu,
Ne vacille pas, mais souviens-toi
Qu'il est sous chaque fragment
Comme sous le tout il se cache.

Nulle division n'est réelle,
Le signe seulement se fractionne,
Et par là, de ce qui est signifié
Ni l'état ni la stature n'est amoindri.
En conscience, je ne puis pas risquer qu’un fragment d’Hostie, qui est le Corps du Christ donc, tombe pas terre, et soit foulé aux pieds… C’était, c’est, ce sera toujours pour moi, un devoir de conscience de distribuer la Sainte Communion dans la bouche, comme c’est la pratique habituelle de l’Eglise.
Le Pape Benoît XVI l’a rappelé récemment, et donne lui-même l’exemple. Qui oserait Le contester et s’opposer à Lui ? Qu’il se lève et qu’il parle ! Mais qu’il n’oublie pas qu’il parle à Pierre, sur qui le Christ a bâti son Eglise ! «  Surgat et dicat, sed memor sit conditionis suae » (ancien rituel des Ordinations) [à suivre]
Mgr J. MASSON

[summorum-pontificum.fr] Commission FSSPX : l’abbé Jean-Michel Gleize

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 6 novembre 2009

Ancien chartiste (il a notamment travaillé sur l’édition critique des oeuvres de François Le Roy pour servir d'introduction à l'étude de la spiritualité fontevriste, au moment de la Réforme de l'Ordre, 1470-1530, [Jean-Michel Gleize / Ecole Nationale des Chartes],) gros travailleur et particulièrement intelligent, l’abbé Jean-Michel Gleize est professeur de théologie de l’Église à Écône. Il serait de ceux qui ont stipulé en cours que l’on peut avoir un « doute spéculatif » sur la légitimité des papes récents, mais aucune preuve n'a été apportée à cette information.
Auteur de plusieurs ouvrages, il est également le traducteur d’un livre de Thomas de Vio Cajetan sur Le Successeur de Pierre (paru aux Publications du Courrier de Rome) et de Tradition et modernité du cardinal Billot (traduction d’un texte intitulé De l’immuable tradition contre la nouvelle hérésie de l’évolutionnisme, Publications Courrier de Rome) et de La Tradition de Johannes Baptist Franzelin. Il a également présenté les textes de Mgr Marcel Lefebvre réunis sous le titre : Vatican II : l'autorité d'un concile en question (Institut Universitaire Saint-Pie X) ainsi que le livre collectif, Magistère de soufre (Iris), synthèse de quatre symposiums théologiques qui se sont déroulés à Paris de  2002 à 2005 et consacrés à Vatican II
L’abbé Gleize s’est fait une spécialité, comme le montre sa préface à Tradition et modernité, dans la critique du concept de « tradition vivante », dont Jean-Paul II s’était servi dans son motu proprio Ecclesia Dei. « La tradition moderniste, écrit-il, est une tradition vivante. Cette tradition vivante est d’ailleurs aujourd’hui le grand postulat auquel se réfère tous les défenseurs du concile Vatican II. Le seul argument invoqué par Jean-Paul II contre Mgr Lefebvre est que « la tradition est vivante ». Et aujourd’hui encore, le pape Benoît XVI fait reposer sa prédication sur ce postulat. » Plus loin, il ajoute : « Tout cela est cohérent avec l’enseignement fondateur du concile Vatican II. En effet, la constitution Dei Verbum a donné une nouvelle définition de la tradition ».
L’abbé Gleize collabore  à « Si SI No No » et au du Sel de la terre (Avrillé).

5 novembre 2009

[Una Voce] Rapport sur l'application du Motu proprio Summorum Pontificum à l'occasion du 2e anniversaire de son entrée en vigueur

SOURCE - Una Voce - 5 novembre 2009

Foederatio Internationalis Una Voce 
Rapport sur le deuxième anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum 
14 Septembre 2008 – 14 Septembre 2009

A l’attention de Sa Sainteté Benoît XVI
Très Saint Père,
En ce deuxième anniversaire de l’application du motu proprio Summorum Pontificum, les membres de la Fédération Internationale Una Voce souhaitent exprimer à nouveau à Votre Sainteté leur profonde gratitude et leurs prières ferventes pour avoir remis à l’honneur le Missel du bienheureux Pape Jean XXIII. Nous sommes éminemment reconnaissants pour la courageuse bienveillance que Votre Sainteté continue à manifester à l’égard de tous les membres de votre troupeau en général, et en particulier à ceux qui expriment leur amour et leur attachement à la liturgie traditionnelle de Notre Sainte Mère l’Église. Chaque jour nous demandons à Dieu de vous apporter réconfort et soutien de tous les fidèles, tandis que Votre Sainteté s’efforce de les guider « à temps et à contretemps » avec la sagesse de votre Magistère.
C’est avec ces mêmes sentiments filiaux de totale loyauté que nous sollicitons la possibilité de présenter ce rapport à Votre Sainteté, montrant les sentiments non seulement des catholiques laïcs, mais aussi des nombreux clercs et religieux dits traditionnels qui ont accueilli avec une grande joie le motu proprio et qui s’efforcent fidèlement de mener leurs troupeaux en suivant les conseils et l’exemple de leur Saint Père.
Prosternés aux pieds de Votre Sainteté, notre Père et Pasteur universel, nous exprimons nos plus profonds sentiments de piété filiale, de loyauté et de reconnaissance ; vous assurant de nos prières, nous demandons la bénédiction de notre vénéré Saint Père pour nous-mêmes et pour tous les membres de notre Fédération Internationale Una Voce.

Sommaire
Première partie - La tradition rétablie
Deuxième partie - Summorum Pontificum - Analyse et résumé
Troisième partie - La situation actuelle - Rapports des membres de la Fédération Internationale Una Voce
Afrique du Sud : Una Voce South Africa
Allemagne : Pro Missa Tridentina, Una Voce Germany
Angleterre et Pays de Galles : The Latin Mass Society
Australie : Una Voce Australie
Canada : Vancouver Traditional Mass Society
Chili : Magnificat Chile
Écosse : Una Voce Scotland
Espagne : Una Voce Hispania
États Unis : Una Voce America
France : Una Voce France
Inde : All India Laity Congress
Irlande : St Conleth Catholic Heritage
Italie : Una Voce Inter Multiplices Una Vox - Inter Multiplices Una Vox
Malte : Una Voce Venetia : Pro Tridentina – Malta
Nigéria : Ecclesia Dei Traditional Latin Mass Society of Nigeria
Norvège : Una Voce Norway
Nouvelle Zélande : Ecclesia Dei Society of New Zealand
Pays-Bas : Fondation Ecclesia Dei Delft
Russie : Una Voce Russie
Quatrième partie – nouvelles créations à travers le monde

Première partie - La tradition rétablie
La grande force de la foi catholique, enseignée correctement, est la capacité d’espérer et l’aptitude à tout voir en perspective et sous un angle positif. Ce n’est pas une religion de la négation. Quoi de plus positif que d’entendre la promesse de la Résurrection et de voir son accomplissement ? N’y a-t-il pas de plus grand espoir que de voir Notre Seigneur s’élever de son tombeau ? Pendant tout son ministère d’enseignement, le souci primordial de notre Sauveur fut la Rédemption et le salut des âmes, de toutes les âmes. Et, dans ce but, il laissa en héritage les épîtres, les évangiles et la maîtrise de l’enseignement à Pierre et à ses successeurs. À cet égard notre Saint Père le Pape Benoît XVI exerce son autorité d’enseignement qui lui a été transmise par Jésus-Christ en prenant soin de toutes les âmes qui lui sont confiées.
Peut-être la raison essentielle de la crise actuelle dans l’Église vient-elle de ce que trop de personnes en son sein, et particulièrement dans les niveaux élevés de la hiérarchie, n’acceptent plus l’autorité du Pape. Là où il y a contestation et où la personnalité et l’intérêt personnel prédominent, il y a déclin et tiédeur. Là où le Christ et l’obéissance ont la primauté, la tradition de l’Église a de beaux jours devant elle et la vie spirituelle de l’Église est florissante, ainsi que celle des paroisses, des vocations religieuses et la vitalité de la foi explose. Cette évidence ressort de plus en plus à mesure que passent les années. Ceux qui refusent de la reconnaître se laissent aveugler par leur logique humaine qui ne leur permet plus de reconnaître le changement indéniable qui se produit sous leurs yeux. Ils refusent à dessein de voir ce qui est en train de devenir indéniable.
Depuis la promulgation du motu proprio Summorum Pontificum les signes deviennent de plus en plus encourageants. La tradition n’est plus en train de mener une bataille perdue d’avance. Elle a été rétablie à sa juste place dans l’Église et fait maintenant des progrès tout à fait évidents. Cela n’est peut-être pas manifeste en certains endroits, mais les déclarations publiques positives et sûres concernant le missel de 1962 qui proviennent d’un nombre croissant de prélats de haut rang, ainsi qu’un retour à la célébration de la messe ad orientem, et à la réception de la sainte communion sur la langue et à genoux sont désormais plus répandues.
La tradition et la force vitale de l’Église
La main de fer du modernisme est finalement en train de se relâcher. C’est un mouvement qui n’a ni passé, ni avenir. Il fait partie du présent égoïste et égocentrique, avec une vision obtuse qui ne s’étend pas plus loin que les têtes de ses disciples. En revanche la tradition a des fondements solides, une histoire, un présent et un avenir, une continuité. Il est courant aujourd’hui de voir des gens protester pour telle ou telle raison et se donner la main pour former une chaîne humaine. Ils font cela par solidarité et pour se rapprocher les uns des autres dans une manifestation publique de force et par conviction. Nous qui aimons les traditions de l’Église sommes ainsi : nous tendons les bras, non seulement vers notre Saint Père et nos amis du Mouvement Una Voce à travers le monde, mais également vers nos prédécesseurs à travers les siècles jusqu’à la venue du Christ sur terre. Nous refusons de lâcher prise et d’abandonner la foi et les traditions si chères à nos parents et grands-parents, à nos grands saints et aux humbles pécheurs. Nous sommes catégoriques sur le fait que nous ne livrerons pas leur vie, leur foi, leur liturgie, leur détermination et leur sacrifice à l’adversité, à la mémoire déclinante de l’histoire. La tradition est une chose vivante et ne peut être mise de côté, c’est impossible. La tradition est la force vitale qui traverse les veines de l’Église et, sans l’Église elle mourra. Notre foi vit dans l’éclat de la tradition comme elle a vécu pendant deux mille ans et nous ne déshonorerons pas la mémoire et la ténacité de nos ancêtres en la rejetant à la faveur d’une création moderne expérimentale. Peu importe combien de fois on nous dira que le nouveau modèle est mieux pour nous. Nous n’abandonnerons pas notre famille qu’elle soit encore vivante ou non. C’est notre état d’esprit, notre force vive et nous ne pouvons pas et nous ne voulons pas en changer.
Direction, patience, et sagesse.
C’est une des caractéristiques du pontificat du pape Benoît XVI de diriger avec patience et sagesse, à l’exemple du Bon Pasteur, et de rassembler un troupeau dispersé et désabusé. Tous ses actes sont guidés par un seul principe: le rétablissement de la véritable liturgie catholique pour la vénération sans ambiguïté du Dieu Tout Puissant par le sacrifice de son Fils Bien Aimé sur l’autel. Car c’est le rétablissement de la vraie liturgie qui ravivera les esprits alanguis du clergé et des fidèles pour devenir un instrument de salut des âmes. Par cette action courageuse que fut la promulgation de Summorum pontificum, notre Saint Père a suscité un débat à tous les niveaux de l’Église sur ce qui avait été réellement autorisé par les Pères du Concile Vatican II. Pendant quarante ans, il était tabou de discuter d’un aspect quelconque de la réforme liturgique, comme si cela pouvait être considéré comme un signe de déloyauté à l’égard du Bienheureux Jean XXIII, puis de Paul VI, un acte de désobéissance au Concile et un désir de refouler le grand progrès qui, nous disait-on ad nauseam, a été accompli par la révision de la liturgie. Le débat a été étouffé impitoyablement et la liturgie a été dégradée tandis que « l’esprit » nébuleux de Vatican II imprégnait tous les aspects de la vie liturgique.
On peut dire, avec quelque raison, qu’un désir d’examen critique de la réforme liturgique a été mené, en grande partie, par des laïcs. D’innombrables fidèles ont donné leur opinion sur les réformes liturgiques en abandonnant la pratique religieuse. Ce fait est indéniable. D’autres, qui ont refusé d’abandonner leur foi, ont combattu sans cesse pour un rétablissement des traditions de l’Église et une application authentique des souhaits des Pères du Concile Vatican II. Depuis la fin de ce concile les vérités essentielles de la foi catholique ont été compromises par la poursuite, tête baissée, de l’oecuménisme, une quête de ceux qui désiraient l’unité à pratiquement n’importe quel prix. Ce sont ces meneurs, à la poursuite effrénée de cet objectif, qui résistent à toute forme de rétablissement de cette liturgie latine catholique clairement identifiable, ancrée dans la Messe traditionnelle. Il est tout à fait clair que le latin, par exemple, n’est pas oecuménique dans le sens actuellement accepté du mot, mais il est vraiment oecuménique et universel par le fait que :
« il ne suscite pas la jalousie. Il ne favorise aucune nation mais se présente à tous dans une égale impartialité… » (Bx Pape Jean XXIII, Veterum Sapientiae, 1962).
En promulguant le motu proprio Summorum Pontificum, le Saint Père a rendu un grand service à l’Église dans la recherche de la vérité. À cet égard la nouvelle publication, Vatican Council II : An Open Discussion, par Mgr Brunero Gherardini, est une publication qui vient au moment opportun dans le débat. Mgr Gherardini conclut son livre en demandant au Souverain Pontife :
« de clarifier chaque aspect et contenu du dernier concile. De telles omnia reparare (réparation de tout) pourraient se faire dans un grand document pontifical qui remonterait le cours de l’histoire comme un signe et un témoignage de l’exercice vigilant et responsable de son ministère en tant que Successeur de Pierre ».
Videre Petrum
Lors de récentes ordinations le pape Benoît XVI a dit à chaque candidat que :
« L’Évangile doit le pénétrer, la parole vivante de Dieu doit, si l’on peut dire, l’imprégner. La première caractéristique que le Seigneur exige du serviteur est la fidélité. Il lui est confié un bien précieux qui ne lui appartient pas. L’Église n’est pas notre Église, mais Son Église, l’Église de Dieu. Le serviteur doit rendre compte de la façon dont il a pris soin des biens qui lui ont été confiés. .. Nous savons que les choses dans la société civile, et souvent également dans l’Église, vont mal parce que ceux à qui la responsabilité a été conférée travaillent pour eux-mêmes et non pour la communauté, pour le bien commun.»
La fidélité à Notre Seigneur exige aussi la fidélité à Pierre et les choses vont mal dans l’Église parce que trop d’évêques refusent la fidélité au Vicaire du Christ sur terre et favorisent un intérêt personnel temporaire. Mais « voir Pierre » n’est pas une simple démarche touristique ou même simplement administrative. Il est bien facile d’assister à une audience papale sans être conscient des énormes grâces liées à la proximité physique du Successeur de Pierre.  C’est pourquoi l’apôtre Paul eut beaucoup de mal à écrire aux Galates pour les assurer que, après trois années de prières contemplatives en Arabie, il était allé à Jérusalem pour « voir Pierre ». Étant donné que Paul était le seul apôtre qui n’avait pas été témoin de la Résurrection et n’avait même pas rencontré Notre Seigneur, il était important pour lui de prouver qu’il n’en était pas moins un apôtre. C’est pourquoi il dut établir l’autorité morale sur laquelle sa doctrine paulinienne reposerait. Depuis cette époque, les catholiques ont toujours désiré Videre Petrum.
Cependant Paul alla voir Pierre pour une raison encore plus importante, sur laquelle la première raison repose. L’apôtre Paul souhaita s’assurer que sa doctrine était en parfait accord avec la doctrine enseignée par Pierre, Prince des Apôtres. Ceci nous fait penser à un autre facteur, connexe. Confronté aux gnostiques, saint Irénée, évêque de Lyon, fait référence à l’antiquité comme critère de base de la vérité morale et doctrinale. Ce « fondateur » du discours théologique et Père de l’Église dit aux hérétiques que l’évêque est doté de ce qu’il appelle la charisma veritatis. Ce charisme a peu, sinon rien à voir, avec l’état moral personnel d’un évêque ou la question de savoir si on l’aime, lui et ce qu’il dit. Comme tous les charismes, le charisma veritatis est une gratia gratis data, un don surnaturel donné librement par Dieu. Dans ce cas, il est donné aux évêques pour le bien de ceux placés sous leur protection. La charisma veritatis n’est pas un don d’inspiration permettant aux évêques de découvrir de nouvelles vérités, mais plutôt un guide qui leur permet de préserver la vérité originelle. Ce charisme n’est pas magique. Saint Irénée explique que sa présence chez l’évêque est due à ce que l’on appelle la continua successio Spiritus Sancti, c’est-à-dire un don spécial durable du Saint Esprit attaché à l’épiscopat et la succession apostolique (IV.26, 2). Irénée, toutefois, va encore plus loin lorsqu’il fait appel à l’argument de l’antiquité.
« Si des controverses surviennent sur des questions de foi, que l’on ait recours aux Églises les plus anciennes dans lesquelles les apôtres eux-mêmes ont alors résidé, et une réponse décisive sera alors trouvée » (Contre les hérésies iii. 4,1 et 2).
Les Églises apostoliques sont dotées d’un prestige particulier, parce que chacune d’elles est un évêché fondé par un apôtre spécifique. Toutefois, parmi les Églises apostoliques, le Siège apostolique de Rome jouit d’un plus grand prestige. Plus que toutes les autres Églises apostoliques, l’Évêché de Rome donne la plus sure garantie de la tradition véritable et non corrompue. En un mot, la foi de l’Église de Rome est la plus pure de toutes celles des Églises apostoliques parce qu’elle a toujours enseigné et transmis la foi dans une fidélité exacte et insurpassée. Car les Princes glorieux des apôtres que furent Pierre et Paul prêchèrent non seulement à Rome, mais ils couronnèrent leur ministère par le martyre, parant ainsi à jamais le siège de Rome du sceau de leur sang ce qui rend cet évêché particulièrement saint.
Saint Irénée note : « Car pour cette Église (romaine) chacun doit s’accorder en raison de  l’origine tout à fait excellente de celle-ci » (propter potiorem principalitatem). La potentior principalitas signifie son seulement l’antiquité supérieure de l’Église romaine comme la plus grande, la plus ancienne et la plus largement connue, mais aussi sa noble origine car fondée par les deux apôtres les plus glorieux qu’étaient Pierre et Paul.
Ainsi l’évêque fidèle, ou à vrai dire, tout catholique, aura toujours le même désir de videre Petrum (de voir Pierre), d’affiner sa foi et de discerner son rôle dans l’Église à la lumière de la foi. Nous ne pouvons pas « voir Pierre » sous ce qui est humain dans ses successeurs à moins de regarder, écouter et parler en esprit de foi. A un niveau encore plus concret, les évêques doivent aborder l’audience avec le Saint Père dans un esprit d’amour qui épanouira l’âme, la rendant sensible à la sagesse de ce que l’on entendra. Ceci est nécessaire avant et après l’audience afin de mieux retenir ce que l’on aura entendu. Ces nombreux évêques qui n’agissent pas en parfait accord avec Pierre devraient réfléchir sérieusement à leur rôle de chef à la suite de Pierre et à l’émotion contraire que cela provoque chez leurs prêtres et leurs fidèles. Peut-être, pour le deuxième anniversaire de Summorum Pontificum et entrant dans la troisième année à la fin de laquelle ils devront fournir « un rapport sur la façon dont ils auront mené à bien les missions reçues », c’est un instant idéal pour examiner leur fidélité à Pierre et s’assurer que leur enseignement est en parfait accord avec celui du Vicaire du Christ. C’est là que réside « la réconciliation intérieure, la paix et la sérénité » tant désirées par notre Saint Père le pape Benoît XVI dans sa lettre aux Évêques qui accompagnait son motu proprio Summorum Pontificum.
Leo Darroch

Deuxième partie
Summorum Pontificum : Deuxième année – Analyse et résumé
Introduction
Les membres de la Fédération internationale Una Voce à travers le monde ont fourni à nouveau leurs observations sur la façon dont le motu proprio Summorum Pontificum a été mis en oeuvre dans leur propre pays pendant la deuxième année suivant sa promulgation. Comme pour la première année, les renseignements ont été fournis sous les mêmes rubriques afin d’assurer un niveau d’analyse homogène. Les rapports des différents membres sont donnés dans la troisième partie de ce rapport, mais une analyse et un résumé des réponses sont présentés ci-dessous dans cette partie.
Ce qui est frappant dans ces nouveaux rapports est qu’il y a eu une réception mitigée de Summorum Pontificum, comportant un sérieux niveau de désapprobation épiscopale dans de nombreux pays. La bonne volonté montrée par beaucoup d’évêques a été contrebalancée par les tentatives continuelles et concertées de nombreux autres évêques pour contrecarrer la volonté du Saint Père. Les rapports des différents membres de la Fédération Internationale Una Voce indiquent clairement que le motu proprio, document légal émis avec toute l’autorité du Législateur suprême, le Successeur de Pierre, dans tous ses efforts pour apaiser les divisions et « parvenir à une réconciliation intérieure au sein de l’Église », est ignoré, ou pire, est désavoué publiquement à un point qui ne peut être qualifié que de scandaleux.
Le tableau général, en dépit de nombreux domaines inquiétants, révèle pourtant de nombreux aspects positifs. Il faut dire bien clairement que le malaise concernant le peu d’enthousiasme à appliquer le motu proprio Summorum Pontificum existe en tout premier lieu dans les rangs de l’épiscopat. Beaucoup d’évêques semblent redouter que leur autorité soit amoindrie et réagissent de façon excessive en exerçant un contrôle rigide et absolu. Mais cette position autoritaire, en contradiction flagrante avec le droit canon (can. 16.1), crée un ressentiment profond et latent parmi les prêtres et leurs troupeaux. Le pasteur est censé nourrir et protéger son troupeau, le soin des âmes étant de première importance, et ne pas infliger peine et souffrance de l’âme. À l’opposé de cette approche stérile et négative, nombreux sont ceux dans l’Église, clergé et laïcs, qui ont apprécié le motu proprio et travaillent énergiquement à son succès, en dépit des sanctions qui sont prises à leur égard. Particulièrement héroïques sont les prêtres qui souffrent de l’opprobre de leurs confrères à cause de leur détermination à dire la messe dans sa forme extraordinaire en obéissance au Saint Père, et dans leur quête infatigable du salut des âmes. Et ce nombre grandit car de plus en plus de monde, clergé et laïcs, découvre la beauté, la révérence et la spiritualité de la forme extraordinaire de la Sainte Messe. La célébration des Mystères Sacrés, le Sacrifice de la Croix ne devraient pas être une cause de dispute et d’amertume mais, cela est triste à dire, c’est bien l’incontournable réalité de la ligne dure adoptée par de nombreux prélats de haut rang.
En dépit de cette désapprobation fort répandue, il n’y a aucun doute qu’une prise de conscience continue à se produire parmi les laïcs et les prêtres. Le manque d’information venant des conférences épiscopales est une frustration compréhensible, mais n’a pas de véritable conséquence parce que c’est internet qui est le moyen par lequel de nombreux catholiques prennent connaissance du motu proprio. Cela devient le moyen d’information prédominant pour informer les laïcs de l’initiative de notre pape Benoît XVI pour rendre à nouveau aux prêtres et aux fidèles la messe traditionnelle. Les fidèles qui se souviennent de l’ancienne forme de la messe et les plus jeunes qui découvrent la beauté et la spiritualité de l’ancienne liturgie se rejoignent pour former des groupes et pour réclamer aux prêtres et aux évêques des messes dans la forme extraordinaire. La plupart du temps, d’une façon générale, ce sont les laïcs et les prêtres plus jeunes qui lui montrent le plus grand intérêt. D’une façon générale également c’est le clergé le plus âgé qui est le plus opposé au rétablissement de l’ancienne liturgie. La demande pour la liturgie extraordinaire est un mouvement qui va grandissant et qui ne peut être arrêté en dépit des efforts des évêques et de ce clergé dans ce but. La forme de la messe décrite par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI comme extraordinaire a une origine de plus de 1500 ans, et un imprimatur non seulement du pape actuel, mais aussi, on peut l’affirmer avec raison, de l’Esprit Saint. Avec de tels soutiens, la résistance de quelques évêques échouera inévitablement.
Ubi caritas et amor, Deus ibi est.
1. La situation s’est-elle améliorée depuis le 14 septembre 2008 ?
Alors qu’à certains endroits la situation s’est améliorée progressivement, on ne peut nier qu’en de nombreux autres il n’y pas eu de progrès et il y a même eu dégradation. Dans quelques pays, notamment en Pologne, en Afrique du Sud, et aux Etats-Unis, il y a eu une amélioration notable, avec davantage de messes célébrées en différents lieux. Ailleurs, comme au Nigéria, la situation s’est dégradée et dans la plupart des autres pays elle a relativement peu changé. Il y a de bonnes raisons de penser que nombreux sont ceux dans l’épiscopat qui ont été pris au dépourvu lors de la promulgation du motu proprio Summorum pontificum et surpris par l’intérêt pour la forme extraordinaire, en particulier celui de leurs prêtres, ainsi que par le nombre de messes célébrées. Malheureusement, cette surprise est remplacée maintenant par une volonté d’exercer un contrôle qu’il n’est pas en leur pouvoir de faire. Il n’est pas trop fort de dire que de nombreux prêtres sont l’objet de menaces par leur ordinaire et collègues prêtres pour les empêcher de célébrer la messe dans la forme extraordinaire. Là où les évêques ont accueilli avec bienveillance le motu proprio et où les deux formes coexistent, l’harmonie et la croissance prospèrent. Cela était bien la ferme intention du Saint Père, et les résultats en sont une résurgence de la foi et une régénération de la vie paroissiale.
2. Avez-vous davantage de messes - et en différents endroits ?
Aux États-Unis les messes traditionnelles sont maintenant célébrées dans 151 diocèses sur 178 et il y a eu une augmentation des lieux et du nombre des messes. En Pologne, il y a eu un nombre considérable de célébrations. En Italie, Allemagne, Autriche, Suisse, France, Angleterre et Pays de Galles, il y a eu quelque progression dans le nombre et les lieux de messe, mais cela est souvent dû à la persévérance des laïcs et au courage de certains prêtres plutôt qu’au souci pastoral des évêques.
3. Quels évêques ont répondu positivement au motu proprio du pape Benoît XVI ?
Il y a beaucoup d’évêques à travers le monde qui ont répondu positivement et sans doute trop nombreux pour les nommer. Toutefois, en Australie, NN.SS. Hart et Hickey, archevêques et Mgr Jarrett, évêque, ont adopté le motu proprio. Également au Canada NN.SS Miller, Collins et Curie, archevêques, NN.SS. Legatt et Daniels, évêques. En France, NN.SS. Rey et Centène, évêques. En Nouvelle Zélande, Mgr Jones, évêque. En Afrique du Sud, Mgr Thlagale, archevêque de Johannesbourg, a appliqué totalement le motu proprio. Aux Etats-Unis, plusieurs évêques ont montré leur soutien, le cardinal George et NN.SS. Bruskewitz et Finn, évêques, ont été les sympathisants les plus éminents.
4. Avez-vous des renseignements sur l’absence de coopération et sur les réponses négatives ?
Les membres de la FIUV ont fourni un grand nombre de renseignements factuels sur l’absence de coopération et ces renseignements seront transmis à la Commission pontificale Ecclesia Dei.
5. Pouvez-vous fournir des renseignements, positifs et négatifs, émanant d’évêques et de prêtres, sur le motu proprio Summorum Pontificum ?
Il y a beaucoup de nouvelles positives émanant du clergé qui sont rapportées plus en détail au point 10, avec des témoignages sur des cours de formation des prêtres. En Afrique du Sud l’hebdomadaire catholique national, The Weekly Southern Cross, a publié un article et un éditorial enthousiastes.
À l’inverse, on dispose maintenant de faits évidents sur des attitudes négatives et désobligeantes de nombreux évêques envers des prêtres et leurs fidèles. Beaucoup d’évêques et de prêtres écartent purement et simplement des requêtes de leurs troupeaux ou les ignorent en ne leur répondant pas. Des évêques ont retiré de leur paroisse des prêtres célébrant ou souhaitant célébrer la forme extraordinaire, mais il suffit généralement à l’évêque d’indiquer son hostilité à la messe traditionnelle pour dissuader les prêtres. On a également la preuve d’attitudes hostiles de prêtres, en particulier parmi les prêtres plus âgés, envers leurs confrères, ce qui dissuade de jeunes prêtres de célébrer ou d’apprendre à célébrer la forme extraordinaire. C’est pour cette raison que de nombreux prêtres apprennent à célébrer la messe traditionnelle en secret.
6. Pouvez-vous fournir des noms de prêtres qui ont été particulièrement coopératifs dans la célébration de la messe FE pour des membres de la FIUV et des paroissiens ?
Il y a de nombreux prêtres qui ont répondu charitablement aux demandes de laïcs ou ont profité de l’occasion fournie par le pape Benoît XVI pour célébrer la messe traditionnelle, mais nombre de ces prêtres ont demandé à ce que leur nom ne soit pas rendu public. Il est vraiment désolant que, dans l’Église catholique, un prêtre ait peur d’être identifié comme célébrant la Messe de toujours, celle qui a soutenu l’Église à travers les siècles et instruit d’innombrables saints. Cela rappelle l’époque des galères.
7. Avez-vous reçu des demandes d’information de la part de laïcs au sujet du motu proprio et de votre association ?
Le problème avec Summorum Pontificum, comme avec de nombreux documents émanant de Rome ces dernières années, est qu’il n’a pas été porté à la connaissance de la grande masse des fidèles, alors qu’il a provoqué beaucoup de débats parmi le clergé et les fervents du mouvement traditionnel. Dans de nombreux pays, il y a eu une politique délibérée de silence et d’endiguement qui a été efficace. Ce sont les sociétés sacerdotales et la Fédération Internationale Una Voce qui répondent avec obéissance aux souhaits du Saint Père. En plus de fournir une aide pastorale à ceux qui aspirent à la liturgie traditionnelle, le motu proprio fournit également les moyens de ramener les gens à la pratique religieuse dans l’Église. Dans les pays plus vastes comme les États-Unis et le Canada, l’intérêt ne cesse de croître et de nouvelles structures Una Voce locales ou régionales se forment au sein des associations nationales. En Angleterre et au Pays de Galles, The Latin Mass Society est en mesure de maintenir une présence médiatique et continue à recevoir un nombre important de demandes. Dans d’autres pays de nouvelles associations nationales voient le jour et demandent leur adhésion à la Fédération Internationale.
8. Quelles réponses ont été reçues de personnes qui ont assisté à une messe dans la forme extraordinaire ?
Jadis c’étaient les générations d’anciens qui aspiraient à la libération de la messe traditionnelle de leur enfance. Ce n’était pas de la nostalgie, c’était doctrinal et spirituel. Ceux qui se souviennent de la messe de leur enfance sont souvent émus lorsqu’ils y assistent à nouveau. Tandis que les générations âgées ressentent une paix intérieure après avoir assisté à la messe traditionnelle, la réaction des jeunes générations est tout à fait extraordinaire. Ils sont très surpris qu’une si belle liturgie ait jamais pu être remplacée et marginalisée. Ce sont les jeunes générations qui rejoignent les sociétés sacerdotales traditionnelles. Ce sont elles qui entrent dans les monastères et dans les couvents.
Cette forme de liturgie recueille également un avis favorable de la part des personnes qui ne sont pas catholiques mais qui la découvrent à l’occasion de mariages ou d’enterrements. Ils ne comprennent pas la langue ou la cérémonie, mais ils font l’expérience de quelque chose qui les émeut, quelque chose « d ‘extraordinaire ».
9. Avez-vous reçu des demandes de prêtres qui aimeraient avoir des renseignements ou de l’aide pour célébrer la forme extraordinaire de la messe ?
La plupart de nos associations membres ont reçu des demandes ; le plus grand nombre provient des États Unis, d’Angleterre et du Pays de Galles, d’Allemagne et du Canada où les prêtres ne sont pas aussi craintifs pour demander aide et formation. Ailleurs dans le monde, le tableau est plus complexe. Beaucoup de prêtres qui ont exprimé un intérêt pour la liturgie traditionnelle aux membres de la FIUV ont demandé une confidentialité absolue. La plupart sont de jeunes prêtres courageux qui craignent le châtiment de leur évêque, de leurs confrères et même de leurs paroissiens si leur intérêt pour la forme extraordinaire devenait public ; certains la célèbrent en privé avant d’être en mesure de le faire publiquement. Des vidéos/DVDs sont distribués sous le sceau de la confidentialité. D’autres prêtres s’adressent aux ordres religieux traditionnels pour obtenir aide et formation. En dépit des obstacles placés sur leur route, il est indéniable que le nombre de prêtres (et séminaristes) qui expriment un intérêt pour la liturgie traditionnelle grandit inexorablement.
10. Avez-vous organisé des cours de formation pour prêtres, servants de messe, choristes pour apprendre à connaître la forme extraordinaire de la messe ?
Des cours de formation ont été organisés à une large échelle par Una Voce America (en collaboration avec la FSSP), par The Latin Mass Society en Angleterre et par Pro Missa Tridentina en Allemagne. La Fraternité Saint-Pierre, en collaboration avec Una VoceAmerica et la fondation William C. Meier, a établi un programme de formation des prêtres en juin 2007. Depuis lors elle a fourni une formation individuelle à plus de 130 prêtres dans 72 diocèses d’Amérique du Nord. Plus de 80% des participants à ce programme célèbrent désormais la messe extraordinaire de façon régulière. En 2009, The Latin Mass Society a organisé deux importants cours de formation pour plus de 40  prêtres. Ces cours ont été dispensés au Ushaw College, séminaire du nord de l’Angleterre et au All Saints Pastoral Centre (centre pastoral de l’archidiocèse de Westminster). The Latin Mass Society finance ces cours sur ses propres fonds. Lorsque d’autres associations membres de la FIUV n’ont pas les ressources pour organiser une formation, elles transmettent les demandes à des prêtres sympathisants capables de donner l’aide recherchée.
Réponses à des demandes provenant de laïcs dans différents pays
En plus des informations fournies par les membres de la Fédération, ce rapport comporte également une documentation recueillie individuellement ou par des groupes dans différentes parties du monde. Cette documentation est incluse dans ce rapport pour donner un plus vaste tableau du désir de nombreux fidèles à travers le monde de pratiquer une liturgie plus traditionnelle, plus spirituelle et plus révérencieuse que celle actuellement célébrée dans de nombreuses églises paroissiales. Ce qui est manifeste, c’est que beaucoup de ces demandes à l’aide proviennent de personnes jeunes qui n’ont eu aucune expérience de la messe traditionnelle avant qu’elle ne fut mise de côté en 1970. Certains ont assisté à une messe dans la forme traditionnelle ou l’ont vue à la télévision ou en vidéo, et ne peuvent pas comprendre pourquoi l’Église a remplacé une si belle liturgie par un rit moderne en langue vernaculaire. Comme beaucoup de ces fidèles catholiques ne reçoivent aucun encouragement ou assistance de leurs prêtres ou de leurs évêques, ils se tournent vers la Fédération Internationale Una Voce pour les aider.

Troisième partie
La situation actuelle.
Rapports des membres de la Fédération Internationale Una Voce.
Les associations membres ont été invitées à fournir des informations sur la situation dans leur pays pour la période Septembre 2008 à Septembre 2009 (depuis la promulgation de Summorum Pontificum, le 14 Septembre 2007).
Les questions posées ont été les suivantes:
1. La situation s’est-elle améliorée depuis le 14 septembre 2008 ?
2. Avez-vous davantage de messes - et en différents endroits ?
3. Quels évêques ont répondu positivement au motu proprio du pape Benoît XVI ?
4. Avez-vous des renseignements sur l’absence de coopération et sur les réponses négatives ?
5. Pouvez-vous fournir des renseignements, positifs et négatifs, émanant d’évêques et de prêtres, sur le motu proprio Summorum Pontificum ?
6. Pouvez-vous fournir des noms de prêtres qui ont été particulièrement coopératifs dans la célébration de la messe FE pour des membres de la FIUV et des paroissiens ?
7. Avez-vous reçu des demandes d’information de la part de laïcs au sujet du motu proprio et de votre association ?
8. Quelles réponses ont été reçues de personnes qui ont assisté à une messe dans la forme extraordinaire ?
9. Avez-vous reçu des demandes de prêtres qui aimeraient avoir des renseignements ou de l’aide pour célébrer la forme extraordinaire de la messe ?
10. Avez-vous organisé des cours de formation pour prêtres, servants de messe, choristes pour apprendre à connaître la forme extraordinaire de la messe ?
LES RAPPORTS RECUS DES ASSOCIATIONS MEMBRES NE SONT PAS INCLUS DANS CETTE VERSION ABREGEE. UN RAPPORT COMPLET A ETE REMIS AU PAPE BENOIT XVI ET AUX DIFFERENTS DICASTERES DU VATICAN

Quatrième partie
Nouvelles créations à travers le monde
Développements en Europe et en Asie
Malte: Depuis le rapport de Septembre 2008 pour le premier anniversaire de Summorum Pontificum, un groupe traditionnel s'est formé à Malte et a été accueilli au sein de la Fédération Internationale Una Voce. Un rapport de cette nouvelle association a été inclus dans la partie 3.
Portugal: La situation générale est celle d’une réticence des évêques envers le motu proprio Summorum Pontificum et ceci effraie les curés et prêtres de paroisse. En conséquence, ils n'accordent pas d’autorisations. Le patriarche de Lisbonne et le Recteur du Sanctuaire de Fatima s’avèrent opposés à la célébration de la messe traditionnelle en latin. Néanmoins, malgré cette ambiance défavorable, de nouveaux groupes de fidèles apparaissent, dont l’un d’entre eux est organisé par Una Voce Portugal. Pratiquement, les seuls endroits où la messe traditionnelle en latin est célébrée sont les églises et chapelles de la FSSPX. Plusieurs sites web traditionnels existent qui prouvent l'intérêt pour la forme extraordinaire de la messe au Portugal.
Bélarus (pop. 10 millions, environ 10 à 15% de catholiques surtout dans l'ouest du pays, 4 diocèses) : Aucun changement significatif de la situation ces derniers temps. Il n'y a pas de messe traditionnelle diocésaine à Minsk (la capitale et plus grande ville), principalement parce qu'il n'y a pas de prêtre disponible, mais l'archevêque Tadeusz Kondrusiewicz indique qu’il faut au moins 30 fidèles pour la demander et que le prêtre doit avoir une qualification suffisante en latin (l'archevêque testerait lui-même ses connaissances). Les demandes émanant des fidèles ont été ignorés par l'archevêque. Néanmoins, un prêtre dans la ville de Bialynichy célèbre la messe traditionnelle occasionnellement. Des sources fiables ont indiqué que l'un des autres évêques du Bélarus a dit, dans une conversation, que la forme extraordinaire devrait trouver sa place dans l'Eglise. Minsk est aussi le lieu d'un des prieurés FSSPX les plus importants dans la région.
Dans tout le pays le nombre des prêtres qui célèbrent, ou essayent de célébrer, la forme extraordinaire se développe lentement mais sûrement. La messe traditionnelle régulière se poursuit à la cathédrale de Vitebsk. Un prêtre dans le village de Lelczyce (Archidiocèse de Pinsk) dit cette forme de messe régulièrement. Deux autres prêtres ont déclaré « en avoir le désir et vouloir essayer ».
Kazakhstan (pop. 15 millions, environ 3% de catholiques, 3 diocèses et 1 administration apostolique). L'évêque auxiliaire de Karaganda, Mgr. Athanasius Schneider, est très favorable à la forme extraordinaire et a ordonné quelques prêtres de la Fraternité Saint Pierre à Wigratzbad. Il célèbre cette forme de messe lui-même. Le diocèse de Karaganda a publié un missel latin-russe muni de l’imprimatur. Il prévoit également d'organiser des sessions de formation à la messe traditionnelle en latin pour ses prêtres! Le Kazakhstan est aussi l'un des pays où les frères et soeurs Franciscains de l'Immaculée sont présents. Il semblerait que dans l'ancienne URSS le Kazakhstan soit le pays le plus favorable aux célébrations de la Messe dans la forme extraordinaire.
Oleg-Michael Martynov - Una Voce Russie.
Développements en Amérique Centrale et Amérique du Sud
Mexique: Il existe de nombreux signes positifs au Mexique en faveur du motu proprio de la part de la hiérarchie catholique. Une messe pontificale a été célébrée dans la cathédrale métropolitaine de Mexico et quelques évêques sont même favorables à la messe traditionnelle en latin. La FSSP est active au Mexique, avec le soutien du groupe Una Voce récemment créé. Le catholicisme traditionnel au Mexique a été fortement influencé par la FSSPX et le sédévacantisme (il y a même deux évêques de la lignée Thuc) et par conséquent son attitude a reflété une opposition à Rome. A présent, des fidèles traditionnels apprécient d’avoir la possibilité de pratiquer avec les livres liturgiques traditionnels en pleine communion avec le Pape. L'Institut du Bon Pasteur espère s'établir au Mexique.
Pérou: Il existe de nombreux signes positifs en faveur de la mise en oeuvre du motu proprio. Le Cardinal Cipriani, Archevêque de Lima, est très réceptif et a affecté une église à la célébration de la forme extraordinaire par l'aumônier d'un groupe de fidèles qui souhaite devenir une association Una Voce. Il y a aussi parmi le jeune clergé de nombreux prêtres intéressés à apprendre à célébrer la liturgie ancienne. La situation s'est nettement améliorée depuis l’époque précédente où la traditionnelle messe en latin était interdite et les fidèles persécutés.
Le Pérou est, comme le Mexique, très stratégique pour le catholicisme traditionnel en raison de son leadership historique dans l'évangélisation de l'Amérique espagnole.
Colombie: La situation ici est moins favorable que celle du Pérou en raison de l'opposition, mal dissimulée, de la hiérarchie catholique et du cardinal archevêque de Bogota au motu proprio.
L'Institut du Bon Pasteur rencontre de nombreux obstacles pour développer ses activités dans la patrie du Cardinal Castrillón. Ici la question liturgique n'est pas pertinente aux yeux d’ecclésiastiques qui considèrent qu'il y a des questions plus importantes à résoudre - comme la violence. Les principaux lieux de culte où la forme extraordinaire de la messe est célébrée sont ceux de la FSSPX, présente en Colombie depuis la fin des années 1970.
Chili: En plus du groupe déjà existant dans ce pays, la Fédération internationale a été approchée par un autre groupe de la ville de Casablanca qui désire s'affilier au mouvement international.