30 novembre 2018

[Lettre à Nos Frères Prêtres - FSSPX] Il n'y a de salut en aucun autre que Lui

SOURCE - Lettre à Nos Frères Prêtres - FSSPX - septembre 2018

Notre Seigneur Jésus-Christ avait clairement désigné à ses Apôtres un triple champ d’apostolat : «Vous serez mes témoins à Jérusalem, et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Les Apôtres ont donc commencé leur apostolat par la terre d’Israël.
Le premier apostolat en direction des enfants d’Israël
Dans un premier temps, la prédication des Apôtres s’adresse à Israël. Saint Pierre demeure dans la capitale de la Judée, auprès des fils de la Promesse, et cherche à les convaincre de la nouvelle Révélation et du salut. La tâche était ardue, car beaucoup de Juifs attendaient un Messie glorieux, tandis que Jésus avait terminé son existence crucifié entre deux brigands. Ils l’espéraient victorieux de l’envahisseur, tandis que lui avait exhorté le peuple à rendre à César ce qui était à César. 
   
Il s’agissait donc pour les Apôtres de démontrer aux Juifs « que leurs conceptions messianiques étaient fausses et non conformes aux Écritures, et que ce Jésus de Nazareth qu’ils avaient fait mourir était bien le Christ, comme il en avait revendiqué le titre, et que les temps messianiques étaient révolus » (Boulenger, Histoire générale de l’Église, I, p. 95).
Saint Pierre parle aux Juifs de son temps
L’apologétique doit naturellement, pour réussir, s’adapter au milieu auquel elle s’adresse. Saint Pierre trouve les arguments topiques pour ces hommes qui ont connu Jésus vivant parmi eux et qui se veulent attentifs aux saintes Écritures. Il leur rappelle non seulement les nombreux miracles dont ils ont été les témoins, mais surtout sa Résurrection, signe indubitable de la mission divine de Jésus et de l’Église qu’il a fondée. Par ailleurs, il ne se prive pas de leur montrer en détail que tous les événements de la vie de Notre-Seigneur avaient été prophétisés dans les Livres saints. C’est ainsi qu’après avoir guéri le boiteux de la Belle Porte, saint Pierre prend la parole et dit à la foule qui s’est amassée devant lui : « Dieu, qui avait prédit par la bouche de tous les prophètes que son Christ devait souffrir, l’a ainsi accompli » (Ac 3, 18). 
Il n’y a pas d’autre Nom sous le ciel pour être sauvé
Cette démonstration, par les miracles et les prophéties, amenait les hommes au cœur droit à la conclusion que Jésus était bien le Messie annoncé par les prophètes : et les conversions ne manquèrent pas. Les Apôtres n’hésitèrent pas à affirmer que la foi dans le Christ est le moyen unique et nécessaire de salut. « Il n’y a de salut en aucun autre que lui, car aucun autre Nom sous le ciel n’a été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés », proclame saint Pierre (Ac 4, 12) dès sa première comparution devant le Sanhédrin, dont les membres sont pourtant encore ceux qui ont condamné Notre-Seigneur.
     
La charité de l’Église prolonge celle des Apôtres, et tente d’apporter à tous ceux qui sont égarés hors de la voie du salut les vérités dont elle est dépositaire. C’est avec une attention aimante qu’elle prie (avec une spéciale solennité, notamment, le Vendredi saint) pour la conversion des Juifs et pour vaincre leur obstination, car elle sait les biens immenses qu’elle en doit tirer : « Si la chute des Juifs, en procurant la conversion des Gentils, a été la force de l’Église et la richesse du monde, combien leur résurrection enrichira-t-elle davantage le monde ; et si leur perte est devenue le salut des hommes, que sera leur retour sinon une résurrection pour le monde de la mort à la vie ? » (Rm 11, 12).
    
L’on ne peut donc que déplorer la déclaration Nostra ætate du concile Vatican II, et l’actuel dialogue judéo-chrétien qui en est la malheureuse conséquence. La véritable union des peuples n’en est pas restaurée pour autant, puisqu’elle n’est possible que dans la reconnaissance de NotreSeigneur, Roi souverain des hommes et des sociétés.