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11 février 2017

[Ennemond - Le Forum Catholique] La régularisation de la FSSPX n’est pas un contrat entre un patron et un employé

SOURCE - Le Forum Catholique - 11 février 2017

Affirmer que l’acceptation de la régularisation d’une œuvre catholique par Rome reviendrait à « signer un contrat avec une entreprise en dépôt de bilan » est une vision purement politique voire naturaliste. Non, le lien qui nous unit au Siège apostolique ne relève pas simplement des relations séparant l’employé de son employeur. C’est une perte progressive du sens de l’Église que d’affirmer cela. Mgr Williamson va encore plus loin dans son dernier commentaire. Il compare le lien qui unit une œuvre catholique (en l’occurrence la FSSPX) au Saint-Siège à un flirt, entre une jeune fille étourdie, qui se laisserait guider par ses sens, et un coureur de jupons, marqué par « la perversité » et ayant « déjà ruiné et déshonoré de multiples vierges ». Il faut croire que les misères du pape rendent fous et, qu’au scandale, d’autres croient devoir répondre par le scandale. C’est à se demander si Martin Luther a été si loin dans sa lamentable déconsidération de la papauté. Il est dangereux de ne pas faire la distinction entre la fonction papale qui est d’essence divine et les personnes qui la revêtent et qui sont bien imparfaites. Grand est le risque de jeter le bébé avec l’eau du bain et de se réveiller demain dans une aventure autocéphale. Ce serait si simple si le pape n’était que le patron d’une PME ou le chef d’un parti politique auquel on ferait un accord selon les opportunités du moment. Mais on peut difficilement mettre à la poubelle les promesses faites par le Christ au premier apôtre et à ses successeurs. Une chose est de refuser des exigences inacceptables (célébration de rites réformés, allégeance à l’ambiguïté), autre chose est de refuser volontairement de bénéficier de la régularité canonique.
     
« Signer avec le [pape] actuel » serait « un manque de bon sens », à vous lire. On imagine que vous auriez aussi considéré que Mgr Lefebvre manquait cruellement de bon sens en envisageant de signer et même en consentant à la régularisation le temps d’une journée, avec Jean-Paul II. Pourquoi donc aurait-il hésité, ne serait-ce qu'un moment, si le bon sens conduisait à s'éloigner des papes ? C’est que l’archevêque, en catholique, percevait bien que, derrière l’homme qui provoquait le scandale en priant avec des imams et des chefs sioux, qui multipliait les repentances et s’adonnait à des liturgies scandaleuses, ne se trouvait pas le patron d’une multinationale, mais le détenteur des promesses faites par Notre Seigneur à saint Pierre, le disciple qui a pourtant renié. On peut penser que la primauté de Pierre et que le pouvoir des clefs ne pèsent rien et qu’il n’y a plus d’Église à Rome, mais dans ce cas, se revendiquer de Mgr Lefebvre sera difficile. Ce dernier, dans le sermon des sacres, parlait de « Notre Saint-Père le pape » tout en soulignant les dérives évidentes du pontife. À moins de s’être subrepticement réveillé sédévacantiste, pourquoi ferions différemment que le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X qui a su user de distinction entre les dérives des papes contemporains depuis un demi-siècle et les promesses de garantie transmises par Dieu ?