11 décembre 2006

Mgr Fellay : « sûr du happy end mais Dieu seul sait quand »
11 décembre 2006 - nice-matin.com
Depuis douze ans supérieur général de la Fraternité saint-Pie X, l'Institut traditionaliste fondé par Monseigneur Lefebvre en 1970 (et en rupture avec Rome depuis 1988), Monseigneur Bernard Fellay s'exprime rarement dans les médias. - Nice-Matin : Cette division entre les catholiques n’est-elle pas une injure à l’amour du Christ ?
- Mgr Fellay : C’est vrai, l’amour est le signe authentique de l’Eglise. Mais Saint Paul dit aussi : «Opportet heraeses esse» : il y aura toujours des divisions et des oppositions. L’Eglise a pour but de sauver les âmes, pour cela elle doit les tirer d’une situation de conflit contre Dieu liée au péché originel.
- Les églises et les presbytères se vident. Pas les vôtres. La messe à l’ancienne vous paraît être le remède à la crise de l’Eglise et de la société ? Même pour ceux qui désertent les paroisses et ne connaissent pas le latin ?
- Ce n’est pas une question de langue à comprendre ou pas. L’important, c’est le rite sacré qui met l’homme devant Dieu. Autrefois, tout le monde ne comprenait pas le latin, et pourtant tout le monde venait à la messe. Aujourd’hui, les gens veulent comprendre, et c’est normal. Mais c’est le rite qu’ils doivent comprendre, qu’il faut leur expliquer. Pour les rapports avec Dieu, il faut une langue sacrée. Les juifs aussi ont gardé leur langue sacrée, l’hébreu. En langue courante (ou «vernaculaire» : NDLR pour nous, le français), le sens du sacré se perd.
- Communautés nouvelles et charismatiques font aussi le plein... sans renier le concile !
- Sur le fond (la foi, les commandements, la morale...), l’Eglise ne change pas . Dieu ne change pas, le cœur de l’homme non plus. La Tradition, c’est cet ensemble d’éléments qui traversent les temps et l’espace, et que l’Eglise a toujours tenus. Lors de l’audience du 29 août 2005, le Saint-Père a redit que «l’interprétation du concile ne peut se faire qu’à la lumière de la Tradition». Les charismatiques essaient de répondre à ce qui passe. C’est plus spectaculaire. L’homme en a besoin aussi. Mais on reste dans ce qui ne dure pas.
- Le pape dit que le concile doit être lu à la lumière de la Tradition. Votre fondateur, Mgr Lefebvre, le disait aussi. Pourquoi l’un des évêques de votre Fraternité, Mgr Tissier, affirme-t-il que c’est impossible ?
- Il n'y a pas contradiction. Cette expression «à la lumière de la tradition», bien que nécessaire en soi pour comprendre le concile, s'est avérée insuffisante. Elle est trop ambigüe, nous ne voulons plus l’utiliser. Certains textes du concile sont irréconciliables avec la Tradition. Nous demandons à en discuter depuis l’an 2000.
- Qu’est-ce que vous jugez «irréconciliable» ?
- Trois points : le principe de l’œcuménisme, la liberté religieuse, et la collégialité.
- Le principe de l’œcuménisme ?
- A force d’avoir une vision tellement positive des autres religions, on ne dit plus qu’elles n’ont pas les moyens de sauver. Rome a toujours dit : «Hors de l’Eglise, point de salut». En dehors de cela, seuls les individus de bonne foi qui ne connaissent pas l’Eglise, s’il suivent leur conscience, peuvent être sauvés.
- La liberté religieuse ?
- C’est une notion très ambiguë. Bien sûr qu’on n’a pas le droit d’obliger quelqu’un à adhérer à la religion. Ce que nous contestons, c’est l’attribution à la nature humaine d’un droit qui n’existe pas. L’homme a le devoir de chercher la vérité, mais il n’a pas un droit de se tromper. Quand on dit que l’Etat doit donner les mêmes droits à toute religion, nous ne sommes pas d’accord : l’Etat, créature de Dieu, irait alors contre Dieu.
- Ce que vous dites des autres religions s'applique aussi au judaïsme ?
- Certes, le christianisme a ses racines dans le judaïsme. Mais les juifs n’ont pas cru au Christ. Le train leur a été annoncé, ils l’ont raté. Sans le Christ, ils ont perdu la clé d’interprétation de la Révélation.
- La collégialité ?
- L’Eglise n’a qu’une tête : le pape, vicaire du Christ. C’est dans l’Evangile : le Seigneur a dit à l’apôtre Pierre «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise». Les évêques, successeurs des autres apôtres, ont une responsabilité de droit divin sur leur diocèse, mais limitée à ce diocèse. La collégialité donne trop de pouvoir aux évêques et rend l’Eglise très difficile à gouverner. Sur ce sujet, Lumen Gentium est tellement ambigü que le pape Paul VI a dû l’expliquer par une note préliminaire ! Laquelle reste à appliquer.
- Pour Vatican II, que demandez-vous ? Un nouveau concile ?
- Non, c’est une question de prudence, et de crédibilité. L’Eglise ne peut se contredire. Mais il y a trop de non-dit, trop d’ambiguïtés. On atttend du concile qu’il soit clair. Il faudrait que le Saint-Père puisse reprendre petit à petit tous ces termes de manière compréhensible.
- Jean Paul II et Benoît XVI n’ont-ils pas commencé à le faire ?
- Le discours de Benoît XVI en décembre 2005 est intéressant. Mais il n’est pas suffisant, surtout sur la liberté religieuse. Le pape veut éviter une tyrannie de l’Etat sur l’Eglise, ce qui est légitime, mais selon des principes modernes, alors que ce que l’Eglise disait autrefois était suffisant.
- Qu’est-ce qui concourt au rapprochement ?
- Benoît XVI veut visiblement réformer la liturgie, qui en a grand besoin. Il veut rappeler l’idée de sacrifice, ce qui remet l’homme à sa place devant Dieu. Le pape a une exigence d’intégrité, de rigueur et de discipline pour les hommes et les institutions religieuses. Pour ceux qui ont prononcé des vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, le renoncement doit par exemple être plus marqué qu’aujourd’hui.
- Le texte de la dernière assemblée plénière des évêques de France sur les traditionnalistes paraît encourageant ?
- Il est difficile à interpréter. La Tradition vivante, qu’est ce que ça veut dire ? C’est un terme fourre-tout. Même chose pour le «geste d’assentiment sans équivoque aux enseignements du Magistère authentique de l’Eglise» Les évêques de France disent «souhaiter poursuivre l’accueil des fidèles des fidèles du Christ attachés aux formes liturgiques antérieures au concile ?» Les directives existantes de Rome ne sont pas appliquées. Ceux qui veulent célébrer l’ancienne messe ou y assister, sont persécutés. Pour protéger ces fidèles, Rome en est venu à envisager d’établir une administration apostolique (une sorte de diocèse personnel).
- Que demandez-vous ?
- Pour ce qui est du principe : que l’ancienne messe soit réellement permise. Pour l’application pratique : que tout le monde soit de bonne volonté. Que l’on ne voie pas a priori l’arrivée de l’ancien rite comme un problème.
- On dit que vous êtes sur le point de demander par écrit la levée de l’excommunication contre la Fraternité Saint-Pie-X ?
- C’est inexact. Depuis l’an 2000, nous l’avons déjà demandé plusieurs fois, y compris par écrit. Le cardinal Castrillon, chargé du dossier, a reconnu publiquement que nous n’étions pas schismatiques.
- Depuis votre audience avec Benoît XVI le 29 août 2005, que s’est-il passé ?
 - Au printemps, les termes d'un accord ont été discutés à plusieurs reprises par les cardinaux et les responsables de la curie. La Fraternité n’est pas retournée à Rome de manière officielle, mais les contacts se poursuivent, nous échangeons des courriers.
- A quand un accord avec Rome ?
- C'est impossible à dire. On nous avait assuré que le texte "libéralisant" la messe tridentine serait publié en octobre 2005. Ce n'est pas encore fait. Le pape veut aller vite. Nous lui disons : doucement. C'est une bombe atomique, à ne pas faire exploser ! Avant l'atterrissage, nous nous efforçons de préparer la piste. Nous avons proposé une feuille de route. On ne pose pas de conditions à Rome, mais il faut regagner la confiance brisée.
La "libéralisation" de la messe et la levée de l'excommunication constitueraient un signe qui ouvrirait une phase de discussion doctrinale. Des efforts de Rome pour sortir l'Eglise de sa situation de paralysie actuelle seraient aussi un signe.
Je suis certains du "happy end". Mais quand ? Nous prions. Pour nous, l'Eglise est surnaturelle. L'essentiel est de l'ordre de la grâce.
Accepter le concile
(Interview de Monseigneur Henri Freidier, vicaire épiscopal auprès de Mgr Louis Sankalé, évêque du diocèse de Nice) - 11 décembre 2006 - nice-matin.com
– Nice-Matin : Ces divisions entre catholiques ne sont-elles pas une terrible faute contre l'Amour demandé par le Christ, une déchirure à faire cesser au plus vite ?
 - Oui, mais l'amour est exigence dans la mesure où il implique la vérité. Même au temps des apôtres, il y eu des tensions et des divergences. Seule la communion dans la même foi peut permettre la vérité d'une "communion au même calice" comme disent nos frères chrétiens d'Orient.
– Le dialogue en cours avec les traditionnalistes semble faire grincer des dents en France. Qu’est-ce que l’Eglise attend des lefebvristes ?
– Les évêques de France l’ont dit lors de leur dernière assemblée plénière en novembre. En communion avec le pape, avec lequel «ils reconnaissent les richesses de l’enseignement du concile de Vatican II, fruit de la tradition vivante de l’Eglise», ils ont déclaré «désirer poursuivre l’accueil des fidèles attachés aux formes liturgiques antérieures au concile et partager le désir de réconciliation de ceux qui se sont séparés de la communioin écclésiale après le concile». Mais ils «attendent d’eux un geste d’assentiment sans équivoque au Magistère authentique de l’Eglise». L’Eglise attend qu’ils reconnaissent son magistère : l’autorité que lui a conféré le Seigneur lorsque, réunis autour du pape, les évêques prennent un certain nombre de décisions, lorsque l’Eglise se prononce dans un concile oecuménique (1) comme Vatican II.
– Et la messe en latin ?
– Ne confondons pas. Il m’arrive, comme à d’autres prêtres, de célébrer en latin, sans que ce soit la messe tridentine. Oui, il y a des traditionnalistes dans le diocèse comme ailleurs, mais ils ne sont pas nombreux. Par exemple à Nice, aux Pénitents rouges, le père Merly, de l'Institut du Christ-Roi, célèbre la messe de Saint-Pie V, mais il le fait en communion avec l’Eglise, en application de l’indult accordé par Rome. Ces questions de liturgie, ne sont pas secondaires, mais elles restent secondes. En bons Français que nous sommes, on oublie que l’Eglise ne se réduit pas à la France. Elle admet d’autres rites : maronite, jacobite, etc. Mais ce n’est pas non plus le Mac Do, où chacun peut choisir frites ou cheese burger comme bon lui semble . La liturgie n’est pas de l’ordre du libre choix des personnes, elle est l’expression de la foi de l’Eglise.
– Le noeud du problème, c’est donc Vatican II. Mgr Lefebvre et le cardinal Ratzinger (devenu depuis Benoît XVI) semblaient pourtant d’accord pour «lire le concile à la lumière de la Tradition» ?
 – Oui, mais encore faut-il s’entendre sur la Tradition. Ce n’est pas quelque chose qui s’arrête. A quelle tradition fait-on référence? Celle du IVe siècle ? Celle du Concile de Trente au XVIe siècle ? L’Eglise a toujours évolué. Nous ne sommes plus à l’époque du pape Innocent III, ni de saint Pie X. Je n’ai jamais eu le numéro de téléphone du Père éternel : la religion passe toujours par des hommes. C’est à l’homme en situation que l’Evangile s’adresse, l’homme «chimiquement pur» n’existe pas, il est toujours inséré dans une époque. Le message chrétien reste identique dans son fondement, mais son expression évolue en fonction des sensibilités de chaque époque.
1– œcuménique au sens où il a rassemblé des évêques du monde entier, et pas seulement parce que des membres d'autres religions y ont été invités.
Rome et les « intégristes » : une difficile réconciliation
11 décembre 2006 - Laurent Quilici - nice-matin.com
La messe en latin est-elle de retour ? Les « intégristes » vont-ils... réintégrer l’Eglise ? Après le ralliement de l’abbé Laguérie et de plusieurs autres piliers du lefebvrisme le 8 septembre dernier (1), Rome et la Fraternité saint-Pie X seraient à deux doigts de démarches décisives. Va-t-on revenir à la messe en latin ? Non. Il ne s’agit pas de remettre en cause la liturgie actuelle (messe et sacrements) en français. Et l’on pourra continuer à l’accompagner de chants en latin, et même, quand on le souhaite, à dire tout l’office en latin.
Décision peut-être proche sur l’« ancienne messe »
En revanche, Rome serait sur le point de faciliter la célébration de l’« ancienne messe », qui, elle, ne se dit qu’en latin. Il n’y aurait alors plus besoin d’autorisation préalable de l’Eglise. Il n’y a guère là de quoi bouleverser les Français, même pas les deux tiers d’entre eux qui se disent catholiques, ni même les 5 % de ces derniers qui vont à la messe tous les dimanches (2). Il n’est pas sûr que la messe à l’ancienne et le latin fidélisent les foules, même si les traditionnalistes en sont convaincus. En revanche, l’ancienne messe est le premier cheval de bataille des disciples de Mgr Lefebvre depuis près de 40 ans qu’ils font quasiment Eglise à part. Et derrière, se profile le rapprochement entre les lefebvristes et Rome. Voilà déjà un quart de siècle que Mgr Ratzinger (devenu Benoît XVI) tente de panser la plaie béante ouverte par ce glaive qui transperce le cœur de l’Eglise : le schisme de 1988 (3). Mgr Fellay, successeur actuel de Mgr Lefebvre à la tête de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, a rencontré le 29 août 2005 Benoît XVI, qui venait d’être élu pape. Les cardinaux et les responsables de la Curie auraient ensuite discuté à plusieurs reprises d’un accord. Sans succès.
Simple cheval de bataille ou cheval de Troie ?
De part et d’autres, très nombreux sont ceux qui souhaitent que l’Eglise retrouve son unité. Mais les lefebvristes ne veulent pas y "perdre leur âme". Et dans l’Eglise "officielle", certains s’interrogent. « L’ancienne messe est-elle un simple cheval de bataille ou un cheval de Troie, qui cacherait d’autres choses ? » se demande un prêtre. Et d’abord une remise en question du concile de Vatican II. De son vivant, Mgr Lefebvre assurait : « Je ne suis pas contre le concile, mais il y a des choses que je n’accepte pas ». Il accusait Vatican II d’avoir mis sur le même plan le christianisme et les autres religions, et le pape et les autres évêques; mais aussi d’avoir écarté la religion de la vie publique, et finalement de « déifier l’homme » (comme la Révolution française, source de nombreux maux à ses yeux). Il ajoutait cependant : « Si l’on voit le concile à la lumière de la tradition, cela ne me dérange en rien ». Une formule apparemment acceptée par Benoît XVI, et par Mgr Fellay... qui dit pourtant ne pas pouvoir encore la signer dans le contexte actuel.
Laurent QUILICI
1 – Avec les abbés Aulagnier et de Tanoüarn, au sein d’un « Institut du Bon Pasteur ». L’abbé Laguérie était resté 14 ans dans l’église parisienne de Saint-Nicolas du Chardonnet occupée depuis 1977 par des lefebvristes. 2 – Enquête IFOP-La Croix d’août. 3 – Schisme que récusent les lefebvristes.

Repères
De 1962 à 1965, le concile de Vatican II a rassemblé tous les évêques du monde autour des papes Jean XXIII, puis Paul VI et amorcé de profonds changements.
1969-1970 : dans la foulée du concile, le rituel de la messe est réformé pour le rendre plus accessible aux fidèles (autel face à l’assemblée, liturgie en langue du pays, participation accrue des fidèles...)
1970 : opposé au concile, Mgr Lefebvre, ancien archevêque de Dakar, fonde La Fraternité sacerdotale St-Pie X, qui ouvre le séminaire d’Ecône, en Suisse. Ses prêtres restent en soutane et continuent à célébrer la messe d’avant-Vatican II (dos aux fidèles, en latin et selon le rite remontant à Saint-Pie-V). 1976 : premières sanctions de Rome contre la Fraternité.
1988 : Mgr Lefebvre sacre quatre évêques sans autorisation pontificale. Pour Rome, c'est alors le schisme et l'excommunication. D’autres traditionalistes, eux aussi attachés à l’ancien rite de la messe, n’ont pas suivi Mgr Lefebvre et sont restés au sein de l’Eglise, (Fraternité Saint-Pierre, l’Institut du Christ-Roi, ou celui du Bon Pasteur...)

Le décret du pape facilitant l'ancienne messe serait sur le point d'être publié
La publication du décret du pape visant à faciliter la célébration de la messe selon le rite d'avant le concile Vatican II, réclamée par les catholiques traditionnalistes, est « proche », selon le cardinal Jorge Arturo Medina Estévez. Le cardinal chilien a participé mardi à la réunion au Vatican de la commission « Ecclesia Dei » en charge du dossier. « Nous avons débattu ensemble pendant près de quatre heures et effectué quelques corrections » au projet de décret, a-t-il déclaré sans préciser sur quoi portaient les modifications. Egalement membre d'Ecclesia Dei, le cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, s'est refusé pour sa part à toute déclaration, invoquant le « secret pontifical ». Le cardinal Ricard avait indiqué en novembre que les différends avec les adeptes de l'évêque intégriste Marcel Lefebvre ne sont pas seulement liturgiques mais aussi « théologiques - autour de la liberté religieuse, de l'oecuménisme, du dialogue inter-religieux - et politiques ».
Le grand œuvre de Benoît XVI - par Yves Chiron
11 décembre 2006 - Aletheia n°102 - www.aletheia.free.fr
Cette année 2006 qui s’achève aura été riche en actes magistériels de notre pape Benoît XVI (sa première encyclique), en nominations à des postes-clefs, en décisions personnelles (la création de l’Institut du Bon Pasteur), sans oublier la première condamnation du pontificat (l’interdiction d’enseigner au théologien allemand Hasenhüttl, théoricien et praticien de la communion interconfessionnelle). On tiendra pour essentielle sa volonté de continuer ou de renouer des dialogues avec les lointains ou les plus proches (l’Islam, l’orthodoxie, la Fraternité Saint-Pie X, sans oublier, plus discret, mais très riche de promesses, le dialogue avec certains secteurs de l’anglicanisme).

Le motu proprio sur la liturgie traditionnelle, annoncé depuis plus d’un an, retardé à plusieurs reprises, sera, si l’on en croit certaines sources romaines, plus surprenant qu’on ne s’y attend et ne concernera pas que la liturgie traditionnelle.

Il ne faut pas considérer Benoît XVI comme un « pape traditionaliste » – comme on l’a dit bien légèrement – ni même comme un pape qui placerait la question « traditionaliste » au premier rang de ses préoccupations.

Il a une vision historique du présent de l’Eglise – son état de crise, dans un monde dominé par le relativisme – et une vision historique de ce que pourrait être son avenir, c’est-à-dire une vision qui n’est pas binaire et qui ne compte pas sur des retournements brutaux. Le grand œuvre que Benoît XVI a engagé va dans deux directions essentielles : l’unité de l’Eglise et la prière de l’Eglise.

Son souci de l’unité de l’Eglise, face au monde relativiste et aux forces centrifuges, passe par un dialogue prioritaire avec les Orthodoxes. Les problèmes franco-français pourraient faire oublier que, pour le Pape, la réconciliation avec l’Orient orthodoxe est un engagement déterminé. La rencontre récente avec le Patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier, n’est que la première étape d’un chemin qui vise au « rétablissement de la pleine communion entre catholiques et orthodoxes ». En 2007, la Commission mixte du dialogue catholique-orthodoxe reprendra ses travaux après six ans d’interruption. La reprise des travaux aura lieu en Italie, à Ravenne. Bartholomée Ier et Benoît XVI pourraient se rencontrer à nouveau à cette occasion et décider de co-présider la Commission.

Le deuxième grand chantier ouvert par le Pape – rendre à la prière de l’Eglise une place centrale et son caractère sacré – prend la voie d’une réforme liturgique continuée. Mais Benoît XVI ne rétablira jamais la liturgie traditionnelle dans sa primauté et son exclusivité. Il l’a explicitement dit lui-même en plusieurs endroits (et j’ai essayé de l’expliquer ici à plusieurs reprises), Benoît XVI veut « réformer la réforme » liturgique engagée après Vatican II et, à long terme, il espère, il aspire à une fusion entre le rite traditionnel et le Novus Ordo Missæ rectifié et réformé ; une fusion par principe d’intégration.

Il l’a écrit, en 2003, au Professeur Barth : « …il faut avancer pas à pas, chaque nouvelle précipitation ne produira pas de bons résultats. Mais je crois que, dans l’avenir, l’Eglise romaine devra avoir à nouveau un seul rite ; l’existence de deux rites est dans la pratique difficilement ”gérable” pour les évêques et pour les prêtres. Le rite romain de l’avenir devrait être un seul rite, célébré en latin ou en langue populaire, mais entièrement fondé dans la tradition du rite ancien ; il pourrait intégrer quelques nouveaux éléments, qui ont fait leurs preuves, comme de nouvelles Fêtes, quelques nouvelles Préfaces dans la messe, un Lectionnaire élargi – un plus grand choix qu’avant, mais pas trop –, une Oratio fidelium, c’est-à-dire une litanie de prières d’intercession après l’Oremus de l’Offertoire, où il avait jadis sa place. [1]»

Que cette ambition – qu’il sait irréalisable dans l’immédiat – passe par la restauration de la liturgie traditionnelle dans son droit de cité dans l’Eglise, n’empêche pas qu’elle contredit les rêves de restauration intégrale et unique des uns et le mélange d’anarchie et de fixisme des autres.

Cette ambition d’une réforme restauratrice en deux temps rencontre des résistances. Certaines oppositions épiscopales françaises ne doivent pas être sous-estimées (elles ont été provisoirement efficaces cet automne). Il en est d’autres qui sont autant, sinon plus, redoutables encore : aux Etats-Unis (refus d’appliquer les instructions reçues de Rome et dérives théologiques différentes des dérives françaises), et aussi en Afrique noire et en Asie (où, là, ce sont les pratiques liées à l’inculturation de la liturgie qui font des ravages).
[1] Traduction intégrale de la lettre in Aletheia n° 89, le19 février 2006.

[Nice Matin] Abbé Guillaume de Tanoüarn : "J'ai rejoint Rome à cause de Benoît XVI"

SOURCE - Nice Matin - 11 décembre 2006

Prêtre ordonné au séminaire traditionaliste d'Ecône, l'abbé Guillaume de Tanoüarn a quitté la Fraternité Saint-Pie-X de Mgr Lefebvre en mars 2005. Avec l'abbé Laguerie, autre "figure" lefebvriste (il est resté 14 ans à Saint-Nicolas du Chardonnet, l'église occupée depuis 1977 par les "intégristes" à Paris) en rupture avec la Fraternité, et l'abbé Aulagnier, lui aussi ancien pilier du lefebvrisme, il a rejoint l'Eglise le 8 septembre dernier au sein du Bon Pasteur, un Institut religieux tout récent et autorisé à célébrer l'ancienne messe selon le rite de Saint-Pie V.

- Pourquoi avoir rejoint l'Eglise ?
- Nous avons la chance d'avoir un nouveau pape théologien. On ne peut pas refuser la main qu'il tend aux traditionnalistes, d'autant qu'il a entamé un travail de fond déjà amorcé par Jean Paul II, qui avait commencé un recentrage liturgique avec son instruction "Redemptionis Sacramentum, sur certaines choses à observer et à éviter concernant l'eucharistie" et avec l'encyclique "Ecclesia de eucharistia, sur les rapports de l'eucharistie avec l'Eglise". La "détabouisation" du concile commence enfin.
- Vous vous dites toujours traditionaliste. Le traditionalisme, "combien de divisions" ?
- On compte en France environ 200 000 personnes attachées à la messe de Saint-Pie-V. Mais cela représente un enjeu symbolique beaucoup plus important. Sinon, Coluche n'en aurait sans doute pas fait un sketch, ni Brassens une chanson.
- Qu'est-ce que la Tradition ?
- C'est la transmission du message évangélique formulé dans les dogmes et les rites (liturgie). Les traditionnalistes demandent un accès libre aux formes de la Tradition. Le paradoxe du rite nouveau, c'est qu'on y comprend tout et qu'on n'y comprend rien : on le célèbre en français, mais son sens est mal manifesté, notamment le caractère sacrificiel de la messe. C'est l'auberge espagnole : on y trouve ce qu'on y apporte. La force du rite ancien, c'est qu'il est explicite théologiquement en lui-même. Et qu'il contient en lui-même une sacralité qui n'a pas à être provoquée par le célébrant. Le rite rénové est valide, mais pas très adéquat. Il faudrait libéraliser le rite traditionnel. Cela permettrait de "retrouver le mode d'emploi" de la messe.
- La messe de Saint-Pie V est-elle le vrai cheval de bataille des traditionnalistes, ou un cheval de Troie contre le concile ?
- Que les évêques de France nous expliquent ce qu'est Vatican II. Qu'on arrête de se contenter d'invocations et qu'on aborde le contenu du concile. C'est le sens du n° 7 de notre revue "Objections".
- Pensez-vous comme l'évêque lefebvriste Mgr Tissier que l'on ne peut pas lire Vatican II à la lumière de la Tradition ?
- Il a dérapé.
- Mais vous-même, pensez-vous toujours, comme vous l'avez écrit dans "Vatican II et l'Evangile", que le concile, c'est "Ebola" ? Que c'est un "espace où sont concentrées toutes les erreurs théologiques caractéristiques de notyre temps ? Faites-vous toujours "profession d'être anticonciliaire "? Pensez-vous toujours que la "Révolution conciliaire est un véritable demi-tour de l'Eglise, une inversion de son message" ?
- Aujourd'hui, je dirais les choses autrement. Vatican II a osé poser les questions qu'il fallait poser en tant que catholique face à la modernité : liberté religieuse, oecuménisme, question juive... Vatican II ouvre des pistes à explorer, parfois à déminer. Il y a un travail théologique à accomplir, mais le travail théologique du XXIe siècle n'est pas celui du XXe siècle. Dans ses voeux à la Curie le 22 décembre 2005, Benoit XVI écarte l'"herméneutique de la discontinuité et de la rupture", "qui a souvent pu compter sur la sympathie d’une partie de la théologie moderne et qui risque de finir par une rupture entre Église préconciliaire et Église post-conciliaire". Il considère qu'il n'y a pas encore eu d'intérprétation authentique du concile. Il prône une "herméneutique de la réforme", "du renouveau dans la continuité de l'Église, laquelle grandit dans le temps et se développe, tout en restant toujours la même : le Peuple de Dieu en marche". L'Eglise a la chance d'avoir un pape théologien . Il a déjà réévalué des formules dans Dominus Jesus. Par exemple : l'Eglise de Dieu = l'Eglise catholique.
- On dit que Rome est sur le point de faciliter la messe de Saint-Pie-V ? Les lefebvristes vont-ils bientôt réintégrer l'Eglise ?
- Je ne suis pas sûr qu'ils soient pressés de le faire. La réintégration de la Fraternité Saint-Pie-X est difficile : c'est une grosse structure. En revanche, les évêques ont tout à gagner dans la libéralisation de la messe tridentine : ils n'auront plus la "concurrence" des congrégations. A Lourdes, les évêques de France ont donné un blanc-seing à Mgr Ricard pour régler le problème des traditionnalites. C'est comme s'ils lui avaient dit : "Jean-Pierre, vas-y !". Cela va dans le sens d'une vraie paix de l'Eglise, même si la coordination avec Rome n'est pas parfaite. Aujourd'hui, on assiste à une levée des tabous. Enfin, on peut se parler. Finalement, est-on si éloignés les une des autres ? A la table ronde que nous avons organisé en novembre dernier à la Mutualité, l'abbé Laguérie a pu dialoguer avec l'hebdomadaire La Vie. Chose impensable il n'y a pas si longtemps. Les oppositions sont liées à beaucoup d'ignorances réciproques. Une ignorance du rite traditionnel notamment.

[Aletheia n°102] Le grand œuvre de Benoît XVI

Yves Chiron - Aletheia n°102 - 11 décembre 2006
Le grand œuvre de Benoît XVI - par Yves Chiron
Cette année 2006 qui s’achève aura été riche en actes magistériels de notre pape Benoît XVI (sa première encyclique), en nominations à des postes-clefs, en décisions personnelles (la création de l’Institut du Bon Pasteur), sans oublier la première condamnation du pontificat (l’interdiction d’enseigner au théologien allemand Hasenhüttl, théoricien et praticien de la communion interconfessionnelle). On tiendra pour essentielle sa volonté de continuer ou de renouer des dialogues avec les lointains ou les plus proches (l’Islam, l’orthodoxie, la Fraternité Saint-Pie X, sans oublier, plus discret, mais très riche de promesses, le dialogue avec certains secteurs de l’anglicanisme).
Le motu proprio sur la liturgie traditionnelle, annoncé depuis plus d’un an, retardé à plusieurs reprises, sera, si l’on en croit certaines sources romaines, plus surprenant qu’on ne s’y attend et ne concernera pas que la liturgie traditionnelle.
Il ne faut pas considérer Benoît XVI comme un « pape traditionaliste » – comme on l’a dit bien légèrement – ni même comme un pape qui placerait la question « traditionaliste » au premier rang de ses préoccupations.
Il a une vision historique du présent de l’Eglise – son état de crise, dans un monde dominé par le relativisme – et une vision historique de ce que pourrait être son avenir, c’est-à-dire une vision qui n’est pas binaire et qui ne compte pas sur des retournements brutaux. Le grand œuvre que Benoît XVI a engagé va dans deux directions essentielles : l’unité de l’Eglise et la prière de l’Eglise.
Son souci de l’unité de l’Eglise, face au monde relativiste et aux forces centrifuges, passe par un dialogue prioritaire avec les Orthodoxes. Les problèmes franco-français pourraient faire oublier que, pour le Pape, la réconciliation avec l’Orient orthodoxe est un engagement déterminé. La rencontre récente avec le Patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier, n’est que la première étape d’un chemin qui vise au « rétablissement de la pleine communion entre catholiques et orthodoxes ». En 2007, la Commission mixte du dialogue catholique-orthodoxe reprendra ses travaux après six ans d’interruption. La reprise des travaux aura lieu en Italie, à Ravenne. Bartholomée Ier et Benoît XVI pourraient se rencontrer à nouveau à cette occasion et décider de co-présider la Commission.
Le deuxième grand chantier ouvert par le Pape – rendre à la prière de l’Eglise une place centrale et son caractère sacré – prend la voie d’une réforme liturgique continuée. Mais Benoît XVI ne rétablira jamais la liturgie traditionnelle dans sa primauté et son exclusivité. Il l’a explicitement dit lui-même en plusieurs endroits (et j’ai essayé de l’expliquer ici à plusieurs reprises), Benoît XVI veut « réformer la réforme » liturgique engagée après Vatican II et, à long terme, il espère, il aspire à une fusion entre le rite traditionnel et le Novus Ordo Missæ rectifié et réformé ; une fusion par principe d’intégration.
Il l’a écrit, en 2003, au Professeur Barth : « …il faut avancer pas à pas, chaque nouvelle précipitation ne produira pas de bons résultats. Mais je crois que, dans l’avenir, l’Eglise romaine devra avoir à nouveau un seul rite ; l’existence de deux rites est dans la pratique difficilement ”gérable” pour les évêques et pour les prêtres. Le rite romain de l’avenir devrait être un seul rite, célébré en latin ou en langue populaire, mais entièrement fondé dans la tradition du rite ancien ; il pourrait intégrer quelques nouveaux éléments, qui ont fait leurs preuves, comme de nouvelles Fêtes, quelques nouvelles Préfaces dans la messe, un Lectionnaire élargi – un plus grand choix qu’avant, mais pas trop –, une Oratio fidelium, c’est-à-dire une litanie de prières d’intercession après l’Oremus de l’Offertoire, où il avait jadis sa place. [1]»
Que cette ambition – qu’il sait irréalisable dans l’immédiat – passe par la restauration de la liturgie traditionnelle dans son droit de cité dans l’Eglise, n’empêche pas qu’elle contredit les rêves de restauration intégrale et unique des uns et le mélange d’anarchie et de fixisme des autres.
Cette ambition d’une réforme restauratrice en deux temps rencontre des résistances. Certaines oppositions épiscopales françaises ne doivent pas être sous-estimées (elles ont été provisoirement efficaces cet automne). Il en est d’autres qui sont autant, sinon plus, redoutables encore : aux Etats-Unis (refus d’appliquer les instructions reçues de Rome et dérives théologiques différentes des dérives françaises), et aussi en Afrique noire et en Asie (où, là, ce sont les pratiques liées à l’inculturation de la liturgie qui font des ravages).

Abonnement 2007
En 2007, Aletheia poursuivra son œuvre, modeste et libre, d’information, d’analyse et de commentaire.
Avec ce n° 102, Aletheia termine sa VIIe année d’existence. Le contrat passé avec les lecteurs – 15 numéros par an – a été rempli, et même un peu au-delà puisque cette année dix-sept numéros auront été envoyés.
Le nombre des lecteurs d’Aletheia a plus que doublé en 2006. Rappelons qu’il y a trois moyens de lire Aletheia : en se rendant sur le site www.aletheia.free.fr ; en souscrivant un abonnement électronique gratuit ; ou en souscrivant un abonnement papier payant.
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NOTE
[1] Traduction intégrale de la lettre in Aletheia n° 89, le19 février 2006.

10 décembre 2006




Question aux évêques
10 décembre 2006 - ProLiturgia
Le Président de l'Association PRO LITURGIA a envoyé à plusieurs évêques de France le courrier suivant:
"Monseigneur,
J'ai l'honneur m'adresser à vous en espérant que vous saurez et voudrez bien répondre à une question que je me pose depuis plusieurs années.
(...) comment expliquer - ou comprendre - que des évêques, pour x raisons sur lesquelles je n'ai pas à me prononcer, acceptent de célébrer ou de faire célébrer dignement, solennellement, fidèlement, respectueusement la messe dite "de S. Pie V", mais s'avèrent réticents dès qu'il s'agit de célébrer ou de faire célébrer en paroisses la liturgie actuelle (dite "de Paul VI") avec la même dignité, la même solennité, la même fidélité, le même respect, le même sens du sacré? Autrement dit, comment expliquer qu'il est aujourd'hui plus facile de trouver une messe célébrée intégralement comme le demande l'ancien missel, qu'une messe célébrée intégralement comme le demande le missel romain actuel?
Et comment justifier alors que les fidèles qui souhaiteraient parfois participer à une messe en latin et grégorien selon l'Ordo missae actuel, soient systématiquement renvoyés à des messes "tridentines" célébrées par des prêtres attachés à des communautés plus ou moins marginalisées?
Voilà les questions que je me pose depuis que j'étudie le "fait liturgique", et auxquelles personne, jusqu'ici, n'a pu ou n'a voulu répondre.
En vous remerciant pour l'éclairage que vous voudrez bien me donner et en vous souhaitant une sainte préparation aux fêtes de Noël, je vous prie d'agréer, Monseigneur, l'expression de mes sentiments respectueux."
Obtiendra-t-on des réponses?

7 décembre 2006

[AFP] Un DVD lefebvriste pour apprendre aux prêtres à dire la messe en latin

AFP - 7 décembre 2006

PARIS, 7 déc 2006 (AFP) - Un DVD lefebvriste pour apprendre aux prêtres à dire la messe en latin
  
Les responsables en France de la Fraternité Saint Pie X, organisation catholique intégriste fondée par Mgr Marcel Lefebvre, ont présenté jeudi à la presse un DVD destiné aux prêtres qui souhaitent apprendre à célébrer la messe en latin traditionnelle de Saint Pie V.
 
Ce DVD, intitulé "Célébrer la messe de toujours", est tiré à 3.000 exemplaires, alors qu'un projet de décret papal est à l'étude pour libéraliser la messe traditionnelle.
 
Il "répond à une vraie demande d'une minorité significative du clergé", a expliqué le supérieur du district de France de l'organisation, l'abbé Régis de Cacqueray.
 
Edité en huit langues dont le français, l'anglais, l'espagnol ou le polonais, il vise à apporter aux prêtres diocésains qui le souhaitent des explications pour découvrir et célébrer le rite tridentin de la messe. Il pourra être commandé sur internet ou par courrier.
 
La Fraternité Saint-Pie X diffuse depuis six mois en Allemagne un film similaire, demandé selon elle par plus d'un millier de prêtres et séminaristes diocésains. Un DVD semblable a été édité aux Etats-Unis.
 
Par ailleurs, l'abbé de Cacqueray a évoqué "un véritable tsunami de prières" réclamant la libéralisation de la messe de Saint Pie V, indiquant que le pape Benoît XVI allait se voir présenter dans les prochains jours "un bouquet spirituel" représentant les 2,5 millions de chapelets récités depuis juillet à cette fin, davantage que le million escompté.
 
En France, l'organisation déclare avoir 141 prêtres et 60 séminaristes, 36 frères, 80 soeurs et 20 oblates, ainsi que 35 prieurés et 170 centres de messe desservis chaque dimanche.
Un Dvd pour apprendre à célébrer la messe
7 décembre 2006 - Abbé Patrick de La Rocque - laportelatine.org
Dans le cadre d'une éventuelle libéralisation de la messe traditionnelle par Benoît XVI et pour répondre à la demande de nombreux prêtres diocésains, la Lettre à nos Frères Prêtres vient de réaliser un film destiné à permettre aux prêtres l'apprentissage de la messe traditionnelle écrit en huit langues :
français, anglais, allemand, espagnol, italien portugais, polonais et néerlandais (abn).
Il a été présenté ce matin à la presse avec le concours d'un clip vidéo lisible sur La Porte Latine en bas débit ou en ADSL.
De par son objet l'acquisition de ce Dvd est strictement réservé aux prêtres et aux séminaristes. Cependant la Lettre à nos Frères Prêtres envisage déjà la réalisation d'un deuxième film destiné à tous dont le but serait l'explication des rites de la messe.
Ce nouveau projet ne pourra voir le jour que dans la mesure où nous aurons assaini la situation financière délicate dans laquelle nous sommes actuellement.
Les dons sont à effectuer à l'ordre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X avec la mention "Pour le film". Ils sont à faire parvenir au :
Prieuré Saint-Dominique
2245, avenue des Platanes
31380 GRAGNAGUE
(Possibilité de reçu fiscal sur demande)
Par votre générosité, vous permettrez la diffusion du film auprès de nombreux prêtres, vous nous permettrez d'aller toujours plus avant dans nos projets.
Soyez-en vivement remerciés.
Abbé Patrick de La Rocque+

6 décembre 2006

"Lettre au président de l'AVANDA" -
6 décembre 2006 - "Prof" - leforumcatholique.org
Je vous communique le mail que j'ai envoyé au président de l'AVANDA:


Monsieur,

Je vous écris, comme convenu lors de notre conversation téléphonique, pour vous détailler les raisons de mes inquiétudes relatives à la liturgie célébrée à Notre-Dame des Armées.

Depuis quelques temps déjà des aménagements personnels sont introduits dans la liturgie par les célébrants qui desservent la chapelle.Cependant la liturgie est la prière publique et officielle de l'Eglise: c'est à elle que le Christ en a confié la célébration,c'est à elle qu'il revient d'en déterminer les préscriptions.L'Eglise, divinement assistée, assure ainsi l'orthodoxie et l'unité de son culte.C'est pourquoi le prêtre à l'autel ne s'appartient pas: il agit au nom de l'Eglise dont il célèbre le culte.Aussi ne doit-il pas soumettre les prescriptions du missel à son appréciation personnelle, ni la liturgie à son arbitraire.En célébrant le rite de la Messe "à la carte", les prêtres de NDA s'érigent en mesure de la liturgie qu'ils célèbrent, brisent l'unité du culte que garantissaient les rubriques et brisent ainsi l'unité de la communauté qui leur est confiée...

La liturgie est évidemment vivante;elle n'est néanmoins pas la propriété des prètres qui la célèbrent: c'est à l'Eglise qu'il appartient d' en sanctionner le développement, développement dont elle est la gardienne.A cet effet l'Eglise peut sans doute confier à une communauté la célébration d'une liturgie à laquelle elle aura apporté des modifications, comme c'est le cas dans un processus de croissance, dans la perspective de la faire adopter plus tard, lorsque ces modifications se seront avérées correspondre aux besoins de la liturgie et relever d'un développement sain et légitime, par l'Eglise universelle.C'est sans doute le cas dans certaines abbayes ecclesia dei: ces cas relèvent évidemment de l'exception.Par ailleurs,pour certaines occasions exceptionnelles, la liturgie peut prévoir certains aménagements opportuns qui ne touchent pas cependant à la substance du rite: ainsi dans le cas de la FSSP existe-t-il un directoire liturgique qui permet entre autres exemples des traductions vernaculaires d'oraisons liturgiques dans le cadre de rassemblement particuliers tels les messe de scouts.En dehors de ces cas exceptionnels prévus par la liturgie, la Messe doit être célébrée en paroisse selon les prescriptions du missel.

La liturgie confiée aux communautés Ecclesia Dei est la liturgie romaine en vigueur en 1962.La réforme du code des rubriques de 1965 ,quant à elle, est caduque.Néanmoins, les prêtres de NDA introduisent de leur propre chef, petit à petit et insensiblement, des aménagements personnels et arbitraires dans le culte divin, s'éloignant du missel de 1962 qu'ils ont pourtant la mission -confiée par l'Eglise- de célébrer pour la communauté de fidèles dont ils ont la charge pastorale.

Voici les modifications introduites dans le rite de la Messe depuis quelques temps:
-le doublage disparaît petit à petit: à la Messe chantée le gloria et le Credo ne sont plus doublés.A certaines occasions plus importantes le graduel et l'alleluia ne sont pas doublés non plus: messe de confirmation,messe avec les franciscains du Bronx (dans ce dernier cas l'intoit aussi n'a pas été lu par le célébrant; quant à l'alleluia et le graduel qui n'ont été ni doublé ni chantés,ils ont tout simplement été supprimés de la liturgie).
-à la messe solennelle (diacre et sous-diacre) le chant solennel de l'épitre et de l'évangile sont constamment omis: épitre et évangile sont directement traduits face au peuple (depuis l'abbé le Pivain).
-messe de confirmation, messe avec les franciscains du Bronx et occasions : pater chanté avec le peuple (usage oriental mais pas romain).
-messe avec jeunes,avec scouts ou avec le Bronx: tout le propre en français (y compris souvent la doxologie) et la sécrète à voix haute.
-dernier évangile omis à l'occasion (messe de confirmation,prêtre de passage qui lui préfère l'angélus)
-messe en semaine par un prêtre en particulier: secrete et per ipsum à voix haute,dernier évangile à voix basse.
-quelques messes du dimanche soir: gloria entonné au siège et non doublé.
Je n'évoque pas l'introduction des chants charismatiques pendant les messes et les adorations car nous sortirions alors du domaine proprement liturgique.

Cette liste n'est sans doute pas exhaustive mais elle traduit très concrètement la volonté des prêtres de NDA de soumettre la liturgie à leur caprice au mépris de son unité. Cette volonté d'introduire ainsi des aménagements non prévus par la liturgie a été exprimée dans leur recours de 1999 et ils ne l'ont jamais cachée par ailleurs.

Certains penseront peut-être que l'Eglise pinaille à vouloir imposer autant d' exigences, en matière liturgique, qui paraissent laisser si peu de place à la créativité du prêtre: sans doute la créativité n'est-elle pas une catégorie de la liturgie.Celle-ci est essentiellement cultuelle et donc théocentrique.Nous dénonçons précisément dans le nouveau rite le primat accordé à la pastorale sur le culte, générant une créativité débordante qui n'a pas sa place dans la liturgie et qui dispose par ailleurs aux abus liturgiques que nous vérifions trop souvent dans les paroisses.Il peut paraître paradoxal de vouloir introduire dans l'ancien rite l'arbitraire que l'on dénonce par ailleurs dans le nouveau.La liturgie ne peut pas être soumise à l'appréciation de chacun: elle n'est pas une dévotion privée mais la prière publique de l'Eglise.Le concile de Trente voulait restaurer l'unité liturgique: alors que depuis la réforme post-conciliaire nous mettons en avant l'unité du missel de saint Pie V contre le multiritualisme engendré par le nouveau missel,voilà que certains prêtres introduisent désormais l'arbitraire dans l'ancien rite et achèvent d'en briser l'unité.Pour rester dans le diocèse, comparez donc la liturgie célébrée à Port Marly avec celle qui est célébrée à Saint Germain du Chesnay: d'ou vient cette si grande différence?Simplement de ce que les prêtres de Saint Germain ne respecte pas le missel qu'ils ont la mission de célébrer.

Certes, les modifications apportées à la liturgie par les prêtres de NDA ne sont pas substantielles et n'altèrent pas la Foi de l'Eglise si profondément manifestée dans ce rite vénérable que nous chérissons.Néanmoins ces prêtres ont accepté le principe selon lequel la célébration du culte divin peut être soumise à l'arbitraire du célébrant: ou s'arrêteront-ils?Au Chesnay, la liturgie navigue entre 1962 et 1965.A NDA les aménagements introduits dans le culte vont dans ce sens.Il s'agit évidemment d'un nivellement,jamais d'un enrichissement de la liturgie.Mais le prêtre ne garantit pas lui-même l'orthodoxie des rites qu'il invente: tant que les modifications qu'il décide sont empruntées à des liturgies promulguée par l'Eglise,nous sommes au moins assurés qu'elles ne ruine pas les fondements de la Foi.Car il est par ailleurs évident qu'un rite promulgué par l'Eglise ne peut pas être intrinsèquement mauvais: la liturgie n'est certes pas l'objet propre du magistère et de son infaillibilité, néanmoins, à cause des liens étroits qu'elle entretient avec les vérités de la Foi qu' elle reflète, elle est assurée par l'assistance divine dont jouit l'Eglise de ne pas errer dans la doctrine qu'elle exprime.L' infaillibilité s'étend en effet au dépôt de la Révélation mais encore à tout ce qui est nécessaire à son maintien.Pour autant nous dénonçons depuis la promulgation du nouveau rite une expression diminuée du dogme catholique,un rite nouveau dont l'expression liturgique est moins adéquate au mystère qu'il réalise.Aussi le désir d'introduire dans l'ancien rite des modifications qui le rapprocherait d'un rite dont on dénonce par ailleurs les insuffisances doctrinales ne semble pas très opportun.De toute façon ces modifications ne peuvent pas être introduites arbitrairement par un prêtre dont le seul souci est de satisfaire un caprice personnel.

Mais les prêtres de NDA, non contents de modifier la liturgie de 1962 au gré de leur caprice,
suppriment à l'occasion les offices traditionnels au profit des offices célébrés dans le nouveau rite à la cathédrale: ce fut le cas cette année pour les vêpres de la saint Louis au prétexte qu'elles étaient chantées en grégorien.Comme pour le cas de la concélébration, il semble que notre unité catholique soit conditionnée par notre célébration ou notre assistance au nouveaux rites.Mais l'unité catholique, c'est celle de la Foi, des sacrements et du gouvernement.Quant aux différents rites, ils sont diverses expressions d'un même mystère qu'ils réalisent et manifestent.Il est donc possible de rester catholique, dans la communion romaine, sans jamais célébrer ou assister au rite romain (c'est le cas chez les orientaux), ou au rite romain réformé (pourvu que le rite célébré soit reconnu par l'Eglise et célébré sous la juridiction de l'ordinaire).Aucun rite n'épuise l'insondable mystère eucharistique...Pourquoi alors vouloir à tout prix célébrer un rite nouveau dont on proclame les limites quand on peut célébrer uni au pape un rite vénérable,façonné par les âges,témoin de la Foi de nos pères,expression privilégiée de la tradition catholique, qui signifie avec la clarté que lui confère sa maturité les réalités sacrées qu'il rend présent à l'autel.Héritiers de ce trésor liturgique que nous recevons de la Tradition de l'Eglise,nous voulons le transmettre,enrichi et mûri peut-être,aux générations qui nous succèderont.Car la liturgie ne se fabrique pas; elle se façonne et se transmet, méprisant l'arbitraire de ceux qui voudraient se l'approprier: l' Eglise en est la gardienne vigilante et le prêtre en est l'humble ministre.

Ce que nous désirons, fidèles de NDA, c'est bénéficier sereinement, sous la juridiction de notre évèque, de cette liturgie multiséculaire qui entraine et dispose si bien les âmes à vivre du mystère eucharistique qu'elle réalise à l'autel.Nous voulons bénéficier sans entrave de cette liturgie qui n'appartient pas aux prêtres qui la célèbrent, sans que celle-ci soit soumise à leurs émotions du moment, et sans le chantage affectif qui consiste à nous faire croire que notre communion à l'Eglise ne saurait souffrir d'un attachement exclusif à la liturgie romaine unifiée par saint Pie V, quand cette forme est pourtant l'expression la plus traditionnelle et la plus orthodoxe du Sacrifice de la Messe et qu'elle appartient au trésor de l'Eglise.Les derniers événements nourrissent de véritables inquiétudes chez les fidèles attachés à NDA et à sa vocation dans l'Eglise.L'éviction probable de l'AVANDA, locataire et garante de l'usage exclusif du missel de 1962 dans la chapelle, finira assurément de semer le trouble chez ces fidèles qui refusent les nouvelles orientations des prêtres desservants, exprimée dans leur recours de 1999,qui commencent à être mises en place ainsi qu'il a été exposé dans cette lettre.

Je vous assure de mon soutien et de mes ferventes prières pour que Notre-Dame des Armée puisse continuer à assurer sa mission spécifique dans le diocèse, sous l'autorité de notre évèque, sans être inquiétée. [...]
La paix liturgique est possible: l'exemple de Namur
6 décembre 2006 - paixliturgiquereims.org
C'est avec émotion que nous avons reçu un message du Père Jean-Marie Huet, official de Namur (Belgique). Il nous parle en effet de la réalité de la paix liturgique, telle qu'elle existe vraiment dans le diocèse de Namur. Ce témoignage, emprunt de charité, prend davantage de poids quand on sait que le Père HUET est attaché au rite dit de Paul VI. Il prône l'harmonie et la paix. Nous vous proposons donc ce message que nous publions, bien entendu, avec l'accord de son auteur (les passages en gras ont été soulignés par nous):
Bonjour !
Je voudrais vous partager une expérience de célébration de la messe de St Pie V, donc en latin, qui se passe de façon harmonieuse et paisible, en Belgique : diocèse de Namur (dont l'évêque est Mgr Léonard).
Depuis quelques années, nous avons accueilli la Fraternité St-Pierre dans le diocèse de Namur. Pour donner à cette Fraternité un statut canonique et un lieu d'insertion, nous avons érigé une chapellenie canonique. Les confrères de la Fraternité St-Pierre célèbrent la messe du vendredi au dimanche dans une chapelle située sur les hauteurs de la citadelle de Namur (un oeuvre de Vauban !). J'ai proposé de les accueillir pour une messe en latin, précédée d'une demi-heure d'adoration, du lundi au jeudi à 12h00, dans la cathédrale dont je suis archiprêtre. Tout se passe sans problème, avec une dizaine de personnes chaque jour pour l'office de midi à la cathédrale. Je n'ai reçu aucune réaction négative et personne n'a le sentiment d'une "division" de la communauté chrétienne. Bien au contraire, chacun doit pouvoir prier Dieu et intercéder pour le monde selon le rite qui lui convient. Je ne suis pas un traditionaliste. J'avais 15 ans en 1965. Comme tous les fidèles (auxquels on n'a pas demandé leur avis !), après avoir servi la messe de St Pie V depuis mon enfance, j'ai accepté la réforme liturgique. Je suis heureux comme prêtre célébrant la messe en français face au peuple. Mais je comprends parfaitement que des chrétiens désirent prier et célébrer selon l'ancien rite (qui fut tout de même en vigueur dans l'Église romaine pendant des siècles). Et puis ce rite, mon saint patron (St Jean-Marie Vianney) l'a célébré durant toute sa vie de prêtre, et avec quelle efficacité pastorale !
Quand je célèbre la messe à Ars, devant sa châsse, je suis heureux de le rejoindre aussi intimement dans l'eucharistie.
Puisse la paix liturgique s'installer durablement partout : nous avons des combats plus urgents à mener dans le domaine de l'évangélisation et de la libération du monde.
Père Jean-Marie Huet, official de Namur
Merci Mon Père, pour ce témoignage si rempli de charité!

5 décembre 2006

[Abbé Ch. Héry - Le Mascaret] La Tradition, « différence structurante de la vie ecclésiale » ?

SOURCE - Abbé Ch. Héry - Le Mascaret - Novembre/décembre 2006

La multitude rassemblée par l’Institut du Bon Pasteur à la Mutualité, ce 20 novembre, autour de la Tradition catholique, notre bien commun, a manifesté l’enthousiasme et l’espérance que suscite l’actualité de l’Église. Quel chemin parcouru depuis ce jour où notre petite barque a été mise à flot, le 8 septembre dernier !… Un chemin qui n'a pas été facile, sous les projecteurs des médias et dans la ligne de mire de ceux qui focalisent sur une église bordelaise et sur une poignée de prêtres une émotion qui secoue, paraît-il, tous les catholiques français !
 
Ceux-ci pourtant, lorsqu’on les interroge, manifestent non point leur crainte ni leur émotion, mais leur désir que soit rendue libre la Messe traditionnelle. Ainsi, l’appel à voter du Figaro, le 10 novembre 2006, révèle que 73% des catholiques français souhaitent cette liberté. Ce chiffre écrasant confirme le sondage réalisé par CSA le 8 novembre, et publié par l’association Paix liturgique : sur un échantillon de 1007 sondés, 66% des catholiques se disent favorables à la libéralisation de la Messe traditionnelle. La discordance entre ce souhait massif des fidèles et certaines déclarations épiscopales est évidente.

Heureusement, le sens de Église et le souci de la communion, exprimés après moult débats par l’épiscopat réuni en assemblée à Lourdes, au début de novembre, contribuent à ouvrir une voie pour l’avenir, en union avec notre Pape Benoît XVI et sous la houlette du cardinal Jean-Pierre Ricard.
 
À cette assemblée de Lourdes 2006, les évêques français se sont préoccupés des « différences structurantes de la vie sociale. » Parler le langage de ceux dont on cherche à être compris requiert un léger effort. Il est permis, dans ce but, de soulever cette question : n’est-ce pas la Tradition qui devrait représenter désormais, sous l’impulsion du pape et de nos évêques, non plus une simple « différence », mais une richesse intrinsèque et « structurante de la vie ecclésiale » ?
La demande des évêques à lourdes
À Lourdes et par diverses déclarations, des évêques ont réclamé de l’Institut du Bon Pasteur des « signes de communion », voire « des gestes d’assentiment sans équivoque au concile Vatican II » (Message de l’Assemblée au Cal Ricard, 9.11.2006). D’aucuns nous ont presque attribué la promulgation à venir du Motu Proprio du Saint Père libéralisant la Messe grégorienne – comme si nous en étions les instigateurs, voire les auteurs ! Comme quoi, on ne prête qu’aux riches !…

Pour répondre succinctement à ces demandes de nos évêques, trois points paraissent fondamentaux.
 
1) Le signe certain de notre communion.
Notre décret d'érection par le Saint Siège, du 8 sept. 2006, fête de la Nativité de la Vierge, est l'expression certaine de notre communion avec l’Église romaine et avec toutes les Églises en communion avec elles. Pourquoi refuser ou occulter ce « signe » ? On ne peut se dire en communion avec le Saint Père et douter de notre communion avec l’Église catholique, puisqu’il l’a lui-même reconnue.

Sur quoi la communion ecclésiale repose-t-elle ? Certes, on ne peut la confondre avec le règne autoritaire de l’arbitraire ou de l’idéologie, fût-elle conciliaire. Le cardinal Ricard, à Lourdes, invite tous les évêques à quitter ces « lectures idéologiques » qui se recommandent du dernier Concile et prétendent en distiller « l’esprit ». La communion catholique repose sur un triple lien : 1- la Tradition doctrinale et objective des vérités de la foi ; 2- la Tradition des rites reçue des Apôtres ; 3- la succession apostolique du Siège de Pierre. Restant sauf ce triple lien, la communion implique un espace d’échange, de dialogue et de libre débat, sans invective ni esprit de système, sur ce qui n’entre pas dans la foi définie par les papes ou les conciles œcuméniques, ou reçue de la Tradition. Obéissance pour ce qui oblige la foi, prudence dans la recherche, et liberté pour débattre du reste. Cette liberté rendue par Benoît XVI à l’intelligence catholique et à l’expérience de la Tradition ne doit pas faire peur. Venant d’en-haut, c’est un signe de santé et d’oxygénation pour tout le Corps de l’Église.
 
2) Que signifie pour les évêques français « l’assentiment au concile Vatican II » ?
Cette expression a-t-elle été clairement définie par eux ? Le charisme de la communion ecclésiale dans l'Esprit Saint nous invite à peser les paroles conclusives du discours du cardinal Ricard, le 4 novembre à Lourdes, à propos du concile oecuménique Vatican II : « Je crois qu'il ne faut pas être habité aujourd'hui par la crainte et la peur. Là aussi, vivons la confiance. Pourquoi les événements récents [fondation de l’IBP] ne seraient-il pas l'occasion, pour nous en France, de faire une relecture paisible de notre réception du Concile, d'en relire les grands textes fondateurs, d'en saisir à nouveau frais les grandes intuitions et d'en repérer les points qui méritent encore d'être pris en compte ? Ce n'est pas à une lecture idéologique de Vatican II que nous sommes appelés mais bien à une relecture spirituelle, dans l'action de grâce de ce que le Seigneur nous a donné de vivre et dans une disponibilité renouvelée pour la mission. »

Pesons le poids des mots, à défaut du choc des photos : « repérer les points qui méritent encore d’être pris en compte » dans le Concile. Chacun voit, selon les mots du cardinal Ricard, qu’il reste à effectuer une sorte tri, pour ne garder que « les points qui méritent encore d’être pris en compte ». Rien n’est dit des critères ni de l’éclairage sous lequel devra s’effectuer ce tri, ni des point qu’il faudrait garder ou mettre de côté. Mais le Président des évêques constate la nécessité d’un travail de repérage : n’est-ce pas celui qui prépare « l’interprétation authentique » voulue par Benoît XVI et auquel, à notre modeste place, nous sommes engagés à coopérer ?

La réception du Concile, quant à elle, depuis quarante ans, ne fut pas satisfaisante puisqu’il faut procéder désormais, selon ce discours du 4 novembre, à la « relecture paisible », non pas du texte qui ne revêt plus ici tant d’importance, mais de la « réception » qu’on en a fait. Le cardinal Ricard a répondu d’avance aux évêques qui nous demandent un « geste d’assentiment sans équivoque » : Vatican II ne peut plus être considéré aujourd’hui comme objet d’un « assentiment » tel qu’il obligerait la foi des fidèles, mais de simple « réception », à savoir de tri, de débat respectueux des personnes, et d’interprétation.

La réception, selon Jean-Yves Lacoste (Dictionnaire critique de théologie, PUF, 2002), est un « processus » qui prend du temps. Le chantier ne fait que commencer : « le Concile Vatican II est encore à recevoir », ajoute notre archevêque en conclusion de l’Assemblée, reprenant une idée constante du cardinal Ratzinger depuis 1985. Cette difficulté de « réception » qui dure depuis quarante ans, dans la majeure partie de l’Église, renvoie évidemment au problème de la transmission de la Tradition.

En résumé : acte du Magistère authentique produit par l’autorité compétente, le concile œcuménique Vatican II ne peut cependant requérir, sur les points de nouveauté qu’il explore, l’assentiment de la foi des fidèles : il se refuse à exiger cet assentiment, se gardant de donner aucune définition infaillible (voir ci-dessous). Si donc le concile doit faire l’objet d’une réception – et non d’un assentiment de foi – et si de fait il n’a pas été reçu unanimement, c’est qu’il soulève tant de question nouvelles et ouvre tant de voies de recherches non abouties, qu’il n’a pu répondre en tout de façon claire et satisfaisante au regard de la Tradition. Autant dire que la question de la valeur magistérielle du Concile est aujourd’hui résolue et dépassée par celle de la réception, du tri ou de l’interprétation.
 
3) Un tournant de l’histoire
a donc marqué cette assemblée de Lourdes 2006, houleuse sans aucun doute et lieu de controverses non résolues, mais qui s’est achevée par une motion de confiance des évêques au Cardinal Ricard votée par une majorité absolue : « l’Assemblée exprime sa fraternelle confiance au président de la Conférence, le Cardinal JP Ricard. Elle redit au Saint-Siège la volonté des évêques de France d’œuvrer pour la réconciliation dans la vérité et la charité. »

Le 8 septembre, semble-t-il, les esprits n’étaient pas prêts à la « réconciliation » – réconciliation qui est un « fruit de l’Esprit » (cardinal Ricard, discours du 9 nov. 2006). Mais nos évêques se sont engagés devant leur Président à rattraper le temps perdu. De notre côté, nous aspirions à une bonne réconciliation, de toutes nos fibres et depuis des années et nous sommes tout à la joie de cet événement.

Or désormais, par cette confiance des évêques de France, le cardinal archevêque de Bordeaux avec qui nous œuvrons en concertation, est en mesure d’ouvrir une voie d’avenir, un chemin historique selon les désirs du Pape, non seulement pour l’Institut du Bon pasteur, mais en vue de préparer demain le plein accueil du rite romain traditionnel, et celui des prêtres et des fidèles qui ont défendu ce rite depuis quarante ans contre vents et marées. La richesse de ce rite, patrimoine sacramentel de l’Église et source de Salut pour l’humanité, pourrait alors de nouveau vivre et rayonner.
La liberté pour la Messe : vers une liturgie à la carte ?
Cependant, le cardinal s’inquiète dans son discours de clôture que cette liberté rendue à la Tradition devienne une affaire de « sensibilité » qui multiplierait les différences et favoriserait une liturgie « à la carte ».

Nous voudrions le rassurer. La multiplicité des célébrations post-conciliaires a certes créé des différences déstructurantes pour l’Église et pour les fidèles – le cardinal Ratzinger parlait de « désintégration » liturgique. Ces célébrations souvent si particularistes, sans forme fixe, imprévisibles et parfois inadmissibles, ne sont pas le fait des « traditionalistes ». Ceux-ci sont attachés à la Messe grégorienne, certes pour sa beauté sacrale, pour son gage d’unité de langue et de rite, pour son rayonnement spirituel, mais aussi pour des raisons motivées en doctrine. Le colloque universitaire du 2 décembre 2006, organisé à Paris par l’Institut du Bon Pasteur, atteste que la liturgie n’est pas pour nous une question de sensibilité, mais de sciences historiques, de théologie et surtout de fidélité. Benoît XVI, dans son catéchisme abrégé, rappelle en effet que la garantie de l’unité liturgique dans la pluralité, « c’est la fidélité à la tradition apostolique » (n° 1209).

Les discours de Lourdes seront-ils suivis d’effets ? En attendant ce Motu proprio qui bousculera sans doute quelques acquis en restituant une liberté injustement perdue, nous prions avec confiance. Dans la pratique, grâce au concours du Cardinal Ricard, pour la première fois en France sera bientôt érigée à Bordeaux une paroisse personnelle de rite propre, confiée à un Institut de Droit pontifical : par la grâce de Saint-Eloi, ce qui n’était encore hier qu’une intention de prière deviendra sous peu une réalité vivante et j’ose dire historique, pour la paix de l’Église Une, catholique et apostolique.

Abbé Christophe Héry

L'assentiment au concile, d'après le droit canonique

Un concile œcuménique peut requérir l’assentiment de foi, mais sous des conditions précises : il faut que soit déclarée l’obligation pour toute l’Église et pour tous les temps d’adhérer aux définitions du concile. Ce que Vatican II s’est expressément gardé de faire. Il échappe au domaine d’infaillibilité définitivement défini par le concile précédent, Vatican I, et rappelé nettement par le Code de 1983 :
Canon 749 § 2 a : Le Collège des Évêques jouit lui aussi de l’infaillibilité dans le Magistère lorsque les Évêques assemblés en concile œcuménique exercent le Magistère comme docteurs et juges de la foi et des mœurs, et déclarent pour l’Église toute entière qu’il faut tenir de manière définitive une doctrine qui concerne la foi ou les mœurs.
S’agissant de l’interprétation d’un concile, on doit de plus observer la règle stricte qui délimite le champ d’application de l’infaillibilité :
Canon 749 § 3 : Aucune doctrine n’est considérée comme infailliblement définie que si cela est manifestement établi.
On assiste depuis 40 ans, sur ce point de l’interprétation du Concile, à une extension illégitime du domaine d’infaillibilité de l’Église. Le cardinal RATZINGER, dans une conférence au Chili donnée au lendemain des sacres, le 13 juillet 1988, concédait à Mgr LEFEBVRE ce fait :
« On a l’impression que, depuis Vatican II, tout a changé et que tout ce qui a précédé n’a plus de valeur ou, dans le meilleurs des cas, n’a de valeur qu’à la lumière du Concile […] La vérité est que le Concile lui-même n’a défini aucun dogme et a tenu à se situer à un niveau plus modeste, simplement comme un concile pastoral.»
Vatican II ne peut donc exiger globalement l’assentiment de la foi des fidèles.

4 décembre 2006

[Aletheia n°101] L’Eglise catholique et le Téléthon

Yves Chiron - Aletheia n°101 - 4 décembre 2006

L’Eglise catholique et le Téléthon

Comme chaque année, pour la 20e fois, l’AFM (Association française contre la myopathie) organise les 8 et 9 décembre prochains un Téléthon, grande manifestation de charity business à l’américaine où la télévision va relayer d’innombrables initiatives locales pour récolter de l’argent en faveur des enfants myopathes et de la recherche sur la myopathie.

L’Eglise s’est souvent associée, dans le passé et aujourd’hui encore, à ces manifestations, prêtant des églises pour des concerts, des locaux paroissiaux pour d’autres initiatives, incitant ses fidèles à faire un don au Téléthon ou à devenir bénévoles d’un jour pour cette « grande cause ».

Cette année pourtant, plusieurs évêques ont exprimé leurs inquiétudes ou leur désaccord avec certaines méthodes et certaines finalités de la recherche médicale menée avec l’argent du Téléthon. Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris, a dit que les « catholiques ne pouvaient pas donner un chèque en blanc » au Téléthon.

En 2004, la Cour des Comptes avait publié un rapport qui épinglait les frais de fonctionnement trop élevés de l’AFM. Mais au-delà des questions financières, ce sont des objections morales et doctrinales qui doivent être faites. C’est la question de l’embryon qui est au cœur de la controverse actuelle et aussi la question de la place de l’Eglise dans la Cité.

Je reproduis ici quatre documents qui, chacun à leur manière, éclairent la question.

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Une interview du cardinal Barbarin

Le samedi 2 décembre, le cardinal Barbarin était interrogé, en direct, sur Europe 1 sur le récent voyage de Benoît XVI en Turquie puis sur les objections de l’Eglise au Téléthon. Après avoir rappelé que l’origine du Téléthon a été la mobilisation des familles d’enfants myopathes, et tout en faisant l’éloge des élans de générosité et de solidarité qui se manifeste en ces journées de collecte financière, l’archevêque de Lyon a dénoncé les dérives de certaines recherches financées par l’argent du Téléthon.

Il a aussi fortement réaffirmé le droit pour l’Eglise de faire entendre sa voix. Le président du Comité National d’Ethique, Didier Sicard, avait affirmé la veille : « Elle [l’Eglise] a pleinement le droit, tout à fait respectable, de considérer l’embryon humain comme sacré. Mais elle n’a pas le droit d’en faire une manifestation publique. » (Le Monde, 1er décembre 2006).

Je reproduis ici, sans retouches, les propos tenus l’archevêque de Lyon à ce sujet :

La recherche sur les embryons… Arrêtez ces choses-là. Ce n’est pas parce qu’elles sont légales qu’elles sont bonnes. « On a la loi pour nous » dit-on. Nous, on dit : « Non ». Les catholiques disent cela depuis toujours. Ce n’est pas parce que c’est légal que c’est moral. Pour nous, l’embryon humain n’est pas une chose. Un embryon, on ne peut pas le produire, on ne peut pas le détruire, on ne peut pas l’utiliser, on ne peut pas le trier. Non, non et non. Même si la loi le permet, il faut arrêter de faire çà. Il y a beaucoup de donateurs qui le pensent. Cela met beaucoup de donateurs dans une situation intérieure difficile.

Je dis très haut et très fort que je veux soutenir les familles. À l’origine du Téléthon, il y a quand même les familles qui se sont mobilisées contre ce qu’il ne faut pas considérer comme une fatalité. Ils veulent que leurs enfants vivent. Nous, on veut les soigner, les guérir. Se battre pour le soin et se battre pour la guérison, ce n’est pas tout à fait pareil que se mettre à trier les embryons, à les utiliser et à les détruire comme si c’étaient des choses.

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Un communiqué du Dr Jean-Pierre Dickès, président de l'Association Catholique des Infirmières et Médecins

Le 30 novembre 2006, l’A.C.I.M. (Association Catholique des Infirmières et Médecins), qui entend être fidèle à l’enseignement de l’Eglise en matière de morale, a publié un communiqué qui attire d’autant plus l’attention que son président, le Dr Dickès, parle, sur ce sujet, non seulement en tant que médecin et en tant que catholique, mais aussi comme père et grand-père d’enfants myopathes.

J'écris à la fois en tant que médecin et père d'un enfant myopathe décédé maintenant il y a 8 ans à l'âge de 18 ans et grand-père d'un petit myopathe. Lors de la découverte de la maladie de notre fils, il me fut déclaré que par génie génétique un traitement allait être trouvé dans les deux ans. 25 ans plus tard cet objectif n'a pas été réalisé. Il s'est fait rapidement une dérive dans le cadre du Généthon (alimenté par le Téléthon), dont le but est de tamiser les embryons par le diagnostic pré-implantatoire (DPI), et d'affûter des armes pour le diagnostic préalable in utero (DPN) afin de pratiquer des avortements parfois même la veille de l'accouchement de l'enfant.

Si bien qu'en pratique nos malheureux enfants servent de canard d'appel pour obtenir de l'argent servant à éliminer d'autres myopathes.

Par ailleurs le Généthon s'échine à trouver des moyens de traitement par les cellules souches embryonnaires qui à ce jour n'ont jamais guéri personne, ne donneront des résultats que dans 10 ou 20 ans, s'ils en donnent. Pendant ce temps, nos enfants meurent. Or parallèlement "en aval" des succès thérapeutiques nombreux ont été obtenus. Le plus récent est du 15 novembre dernier (Le Figaro du 17 nov.). Une équipe de Milan a guéri des chiens myopathes avec des cellules souches dites adultes récupérées sur le chien même (allogreffe) ou sur d'autre chiens (hétérogreffes).

Une fois de plus l'AFM se trompe de chemin et trompe l'opinion publique.

Ajoutons que Le Dr Dickès vient de faire paraître avec sa fille, Godeleine Lafargue, docteur en philosophie, un livre intitulé : L’Homme artificiel. Essai sur le moralement correct (Editions de Paris, 304 pages, 29 euros). Ou comment l’évolution des mœurs, des idées et des lois aboutit à un renversement qui est une transgression : « un enfant quand je veux » (contraception), « un enfant si je veux » (avortement), « un enfant comme je veux » (sélection eugéniste). Une partie de la recherche financée par le Téléthon relève de l’eugénisme.

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Une dépêche de l’agence Zénit

[L’Institut de Bioéthique européen, installé à Bruxelles, confirme ce que dit le Dr Dickès : la recherche sur les embryons n’a jamais débouché sur une application thérapeutique. D’autres voies sont possibles.]

ROME, Lundi 27 novembre 2006 (ZENIT.org) – Contrairement aux idées reçues, il apparaît que les cellules souches adultes présentent un énorme potentiel thérapeutique, ce qui ne semble pas le cas des cellules souches embryonnaires, souligne le centre de Bioéthique européen, à Bruxelles (http://www.ieb-eib.org).

Dans son principe, rappelle la même source, la thérapie régénératrice repose sur l’utilisation de cellules souches, mères de tous les types cellulaires de l’organisme. Tandis que le potentiel thérapeutique des cellules souches embryonnaires apparaît toujours plus incertain, en raison d’insurmontables obstacles biologiques, les cellules souches adultes commencent à montrer des capacités étonnantes de réparation des tissus malades, à la fois dans les modèles animaux et les premiers essais cliniques.

C’est pourquoi l’Institut affirme : « Il est d’autant plus important de tenir compte des résultats récents obtenus dans ce domaine que, début décembre, le 7eme programme cadre de recherche européen doit être adopté définitivement en seconde lecture. Il est souhaitable qu’une politique publique de financement de la recherche biomédicale tienne compte des données actuelles de la science ».

Ainsi, ajoute l’Institut de Bruxelles, le Parlement européen et le Conseil des ministres ont l’opportunité de « promouvoir le développement d’une recherche évitant toute transgression sur le plan éthique, tout en offrant des perspectives réalistes sur le plan médical ».

Malgré les sommes colossales investies, la recherche sur les cellules souches embryonnaires n’a débouché sur aucune application thérapeutique, constate l’Institut qui explique la raison de ce résultat : l’obstacle majeur à toute application clinique réside dans l’effet tumorigène des cellules souches embryonnaires injectées.

Les cellules souches adultes, en revanche, affirme l’Institut européen de bioéthique, ne présentent pas cet inconvénient : « Elles peuvent être directement prélevées à partir du tissu adipeux du patient, de sa moelle osseuse ou provenir d’une banque de sang de cordon ombilical. Actuellement, des thérapies régénératrices utilisent ce type de cellules avec succès. Le recours à cette technique a déjà permis de "réparer" des lésions cardiaques, des foies atteints de cirrhose ou de soigner des lésions graves de la moelle osseuse ».

ZF06112708

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Abus de confiance ?

[Article paru dans l’hebdomadaire France Catholique, n°3045, le 3 novembre 2006.]

Les bénévoles qui donneront généreusement de leur temps pour le Téléthon, les téléspectateurs de France Télévision et les donateurs de l'AFM ne sont pas conscients des dérives éthiques qui ternissent l'événement. Mais que peut-on leur dire qui ne produise pas un effet désastreux sur les consciences ?

Avec trente heures de direct télévisé pour la première fois, le Téléthon 2006 n'entend pas rater son vingtième anniversaire, les 8 et 9 décembre prochains. Le marathon emblématique de la générosité cathodique tient, par-delà les modes, grâce à l'énergie de ses organisateurs.

L'association française contre la myopathie (AFM) a été lancée par des parents éprouvés et combatifs dont les enfants étaient frappés par la terrible maladie. Ils ont importé le Téléthon des Etats-Unis à l'initiative de Pierre Birambeau. Cette expérience typique de la charité-business américaine, transposée avec le partenariat de France 2 en 1986, est un succès immédiat. Les enfants dans leurs fauteuils roulants émeuvent les téléspectateurs qui ouvrent largement leur cœur… Les "stars" qui les présentent font le reste : les promesses de don pleuvent, et grimpent chaque année. 104 millions d'euros ont été récoltés lors de la dernière édition. Une somme qui fait de l'AFM le partenaire incontournable de la recherche française. Cette puissance fait grincer des dents, pas seulement par jalousie.

L'AFM pèse dans le sens des recherches qu'elle préconise, et certains se demandent si cette influence est saine. D'autres ont relevé l'étonnant concept de "bénévole rémunéré" qui conduit la présidente de l'association à percevoir un salaire mensuel de 5.900 euros. Interrogée par Le Point en août 2005, Laurence Tiennot-Herment, justifiait cette rémunération par son travail : "Qui fait les déplacements dans les ministères, qui assure le lobbying, qui maintient le dialogue avec le conseil scientifique ?"

Car l'association ne se contente pas de lever et distribuer des fonds, elle fait pression sur les décideurs. Lors du vote par le Sénat des dernières lois bioéthiques, son président faisait parvenir à tous les parlementaires les résultats de la consultation d'un "panel de patients". Ce dernier réclamait l'expérimentation sur l'embryon et le clonage à visée thérapeutique.

L'AFM plaide pour que soient levées les barrières éthiques qui lui paraissent entraver les progrès de la science. Elle est devenue un lobby scientiste performant. Elle héberge depuis deux ans dans son Généthon le professeur Marc Peschanscki. Ami du professeur Hwang jusqu'à la disgrâce du fraudeur Coréen du clonage, c'est l'un des chercheurs français les plus en pointe en matière… de transgression.

Il a obtenu, en juin 2006, les premières autorisations de recherche sur l'embryon humain et codirige la première équipe qui tentera d'obtenir des lignées de cellules embryonnaires en France, légalement.

Comment expliquer pareille dérive ? Si la souffrance a produit une magnifique énergie chez les dirigeants de l'AFM, elle semble aussi avoir anesthésié leur conscience, à moins que l'argent ne leur ait fait tourner la tête. Depuis plus de dix ans le Téléthon présente comme des succès de la science ses "bébéthons" issus du diagnostic préimplantatoire. Sur le site Internet de l'AFM, une mère de famille qui a perdu ses deux aînés de la maladie parle de la naissance de ses trois petites filles valides comme d'une "victoire sur la malchance et sur la mort" sans évoquer le tri embryonnaire dont ont été victimes les frères ou sœurs écartés. Que répondre ?

Pour les observateurs conscients que le respect de l'embryon est un enjeu de civilisation, c'est un crève-cœur de devoir mettre en garde contre le Téléthon : n'a-t-il pas mobilisé les Français en faveur des personnes handicapées et amélioré le sort de beaucoup par des aides que personne n'aurait pu financer ? C'est conscient du gâchis, que l'Alliance pour les Droits de la Vie a lancé, il y a trois ans un "Comité pour sauver l'éthique du Téléthon" qui regroupe des personnes malades refusant les transgressions éthiques à prétexte thérapeutique. De son côté, la Fondation Jérôme Lejeune continue d'alerter avec précision sur les dérives de l'AFM. De nombreuses institutions chrétiennes – écoles et même paroisses – ont cru qu'elles pouvaient s'investir en toute confiance dans l'événement. Cette année, pour la première fois, un diocèse, celui du Var, publie une mise en garde radicale : « il n’est plus possible de participer au Téléthon ».




[Aletheia n°101] L’Eglise catholique et le Téléthon

Aletheia n°101 - 4 décembre 2006

L’Eglise catholique et le Téléthon

Comme chaque année, pour la 20e fois, l’AFM (Association française contre la myopathie) organise les 8 et 9 décembre prochains un Téléthon, grande manifestation de charity business à l’américaine où la télévision va relayer d’innombrables initiatives locales pour récolter de l’argent en faveur des enfants myopathes et de la recherche sur la myopathie.

L’Eglise s’est souvent associée, dans le passé et aujourd’hui encore, à ces manifestations, prêtant des églises pour des concerts, des locaux paroissiaux pour d’autres initiatives, incitant ses fidèles à faire un don au Téléthon ou à devenir bénévoles d’un jour pour cette « grande cause ».

Cette année pourtant, plusieurs évêques ont exprimé leurs inquiétudes ou leur désaccord avec certaines méthodes et certaines finalités de la recherche médicale menée avec l’argent du Téléthon. Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris, a dit que les « catholiques ne pouvaient pas donner un chèque en blanc » au Téléthon.

En 2004, la Cour des Comptes avait publié un rapport qui épinglait les frais de fonctionnement trop élevés de l’AFM. Mais au-delà des questions financières, ce sont des objections morales et doctrinales qui doivent être faites. C’est la question de l’embryon qui est au cœur de la controverse actuelle et aussi la question de la place de l’Eglise dans la Cité.

Je reproduis ici quatre documents qui, chacun à leur manière, éclairent la question.

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Une interview du cardinal Barbarin

Le samedi 2 décembre, le cardinal Barbarin était interrogé, en direct, sur Europe 1 sur le récent voyage de Benoît XVI en Turquie puis sur les objections de l’Eglise au Téléthon. Après avoir rappelé que l’origine du Téléthon a été la mobilisation des familles d’enfants myopathes, et tout en faisant l’éloge des élans de générosité et de solidarité qui se manifeste en ces journées de collecte financière, l’archevêque de Lyon a dénoncé les dérives de certaines recherches financées par l’argent du Téléthon.

Il a aussi fortement réaffirmé le droit pour l’Eglise de faire entendre sa voix. Le président du Comité National d’Ethique, Didier Sicard, avait affirmé la veille : « Elle [l’Eglise] a pleinement le droit, tout à fait respectable, de considérer l’embryon humain comme sacré. Mais elle n’a pas le droit d’en faire une manifestation publique. » (Le Monde, 1er décembre 2006).

Je reproduis ici, sans retouches, les propos tenus l’archevêque de Lyon à ce sujet :

La recherche sur les embryons… Arrêtez ces choses-là. Ce n’est pas parce qu’elles sont légales qu’elles sont bonnes. « On a la loi pour nous » dit-on. Nous, on dit : « Non ». Les catholiques disent cela depuis toujours. Ce n’est pas parce que c’est légal que c’est moral. Pour nous, l’embryon humain n’est pas une chose. Un embryon, on ne peut pas le produire, on ne peut pas le détruire, on ne peut pas l’utiliser, on ne peut pas le trier. Non, non et non. Même si la loi le permet, il faut arrêter de faire çà. Il y a beaucoup de donateurs qui le pensent. Cela met beaucoup de donateurs dans une situation intérieure difficile.

Je dis très haut et très fort que je veux soutenir les familles. À l’origine du Téléthon, il y a quand même les familles qui se sont mobilisées contre ce qu’il ne faut pas considérer comme une fatalité. Ils veulent que leurs enfants vivent. Nous, on veut les soigner, les guérir. Se battre pour le soin et se battre pour la guérison, ce n’est pas tout à fait pareil que se mettre à trier les embryons, à les utiliser et à les détruire comme si c’étaient des choses.

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Un communiqué du Dr Jean-Pierre Dickès, président de l'Association Catholique des Infirmières et Médecins

Le 30 novembre 2006, l’A.C.I.M. (Association Catholique des Infirmières et Médecins), qui entend être fidèle à l’enseignement de l’Eglise en matière de morale, a publié un communiqué qui attire d’autant plus l’attention que son président, le Dr Dickès, parle, sur ce sujet, non seulement en tant que médecin et en tant que catholique, mais aussi comme père et grand-père d’enfants myopathes.

J'écris à la fois en tant que médecin et père d'un enfant myopathe décédé maintenant il y a 8 ans à l'âge de 18 ans et grand-père d'un petit myopathe. Lors de la découverte de la maladie de notre fils, il me fut déclaré que par génie génétique un traitement allait être trouvé dans les deux ans. 25 ans plus tard cet objectif n'a pas été réalisé. Il s'est fait rapidement une dérive dans le cadre du Généthon (alimenté par le Téléthon), dont le but est de tamiser les embryons par le diagnostic pré-implantatoire (DPI), et d'affûter des armes pour le diagnostic préalable in utero (DPN) afin de pratiquer des avortements parfois même la veille de l'accouchement de l'enfant.

Si bien qu'en pratique nos malheureux enfants servent de canard d'appel pour obtenir de l'argent servant à éliminer d'autres myopathes.

Par ailleurs le Généthon s'échine à trouver des moyens de traitement par les cellules souches embryonnaires qui à ce jour n'ont jamais guéri personne, ne donneront des résultats que dans 10 ou 20 ans, s'ils en donnent. Pendant ce temps, nos enfants meurent. Or parallèlement "en aval" des succès thérapeutiques nombreux ont été obtenus. Le plus récent est du 15 novembre dernier (Le Figaro du 17 nov.). Une équipe de Milan a guéri des chiens myopathes avec des cellules souches dites adultes récupérées sur le chien même (allogreffe) ou sur d'autre chiens (hétérogreffes).

Une fois de plus l'AFM se trompe de chemin et trompe l'opinion publique.

Ajoutons que Le Dr Dickès vient de faire paraître avec sa fille, Godeleine Lafargue, docteur en philosophie, un livre intitulé : L’Homme artificiel. Essai sur le moralement correct (Editions de Paris, 304 pages, 29 euros). Ou comment l’évolution des mœurs, des idées et des lois aboutit à un renversement qui est une transgression : « un enfant quand je veux » (contraception), « un enfant si je veux » (avortement), « un enfant comme je veux » (sélection eugéniste). Une partie de la recherche financée par le Téléthon relève de l’eugénisme.

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Une dépêche de l’agence Zénit

[L’Institut de Bioéthique européen, installé à Bruxelles, confirme ce que dit le Dr Dickès : la recherche sur les embryons n’a jamais débouché sur une application thérapeutique. D’autres voies sont possibles.]

ROME, Lundi 27 novembre 2006 (ZENIT.org) – Contrairement aux idées reçues, il apparaît que les cellules souches adultes présentent un énorme potentiel thérapeutique, ce qui ne semble pas le cas des cellules souches embryonnaires, souligne le centre de Bioéthique européen, à Bruxelles (http://www.ieb-eib.org).

Dans son principe, rappelle la même source, la thérapie régénératrice repose sur l’utilisation de cellules souches, mères de tous les types cellulaires de l’organisme. Tandis que le potentiel thérapeutique des cellules souches embryonnaires apparaît toujours plus incertain, en raison d’insurmontables obstacles biologiques, les cellules souches adultes commencent à montrer des capacités étonnantes de réparation des tissus malades, à la fois dans les modèles animaux et les premiers essais cliniques.

C’est pourquoi l’Institut affirme : « Il est d’autant plus important de tenir compte des résultats récents obtenus dans ce domaine que, début décembre, le 7eme programme cadre de recherche européen doit être adopté définitivement en seconde lecture. Il est souhaitable qu’une politique publique de financement de la recherche biomédicale tienne compte des données actuelles de la science ».

Ainsi, ajoute l’Institut de Bruxelles, le Parlement européen et le Conseil des ministres ont l’opportunité de « promouvoir le développement d’une recherche évitant toute transgression sur le plan éthique, tout en offrant des perspectives réalistes sur le plan médical ».

Malgré les sommes colossales investies, la recherche sur les cellules souches embryonnaires n’a débouché sur aucune application thérapeutique, constate l’Institut qui explique la raison de ce résultat : l’obstacle majeur à toute application clinique réside dans l’effet tumorigène des cellules souches embryonnaires injectées.

Les cellules souches adultes, en revanche, affirme l’Institut européen de bioéthique, ne présentent pas cet inconvénient : « Elles peuvent être directement prélevées à partir du tissu adipeux du patient, de sa moelle osseuse ou provenir d’une banque de sang de cordon ombilical. Actuellement, des thérapies régénératrices utilisent ce type de cellules avec succès. Le recours à cette technique a déjà permis de "réparer" des lésions cardiaques, des foies atteints de cirrhose ou de soigner des lésions graves de la moelle osseuse ».

ZF06112708

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Abus de confiance ?

[Article paru dans l’hebdomadaire France Catholique, n°3045, le 3 novembre 2006.]

Les bénévoles qui donneront généreusement de leur temps pour le Téléthon, les téléspectateurs de France Télévision et les donateurs de l'AFM ne sont pas conscients des dérives éthiques qui ternissent l'événement. Mais que peut-on leur dire qui ne produise pas un effet désastreux sur les consciences ?

Avec trente heures de direct télévisé pour la première fois, le Téléthon 2006 n'entend pas rater son vingtième anniversaire, les 8 et 9 décembre prochains. Le marathon emblématique de la générosité cathodique tient, par-delà les modes, grâce à l'énergie de ses organisateurs.

L'association française contre la myopathie (AFM) a été lancée par des parents éprouvés et combatifs dont les enfants étaient frappés par la terrible maladie. Ils ont importé le Téléthon des Etats-Unis à l'initiative de Pierre Birambeau. Cette expérience typique de la charité-business américaine, transposée avec le partenariat de France 2 en 1986, est un succès immédiat. Les enfants dans leurs fauteuils roulants émeuvent les téléspectateurs qui ouvrent largement leur cœur… Les "stars" qui les présentent font le reste : les promesses de don pleuvent, et grimpent chaque année. 104 millions d'euros ont été récoltés lors de la dernière édition. Une somme qui fait de l'AFM le partenaire incontournable de la recherche française. Cette puissance fait grincer des dents, pas seulement par jalousie.

L'AFM pèse dans le sens des recherches qu'elle préconise, et certains se demandent si cette influence est saine. D'autres ont relevé l'étonnant concept de "bénévole rémunéré" qui conduit la présidente de l'association à percevoir un salaire mensuel de 5.900 euros. Interrogée par Le Point en août 2005, Laurence Tiennot-Herment, justifiait cette rémunération par son travail : "Qui fait les déplacements dans les ministères, qui assure le lobbying, qui maintient le dialogue avec le conseil scientifique ?"

Car l'association ne se contente pas de lever et distribuer des fonds, elle fait pression sur les décideurs. Lors du vote par le Sénat des dernières lois bioéthiques, son président faisait parvenir à tous les parlementaires les résultats de la consultation d'un "panel de patients". Ce dernier réclamait l'expérimentation sur l'embryon et le clonage à visée thérapeutique.

L'AFM plaide pour que soient levées les barrières éthiques qui lui paraissent entraver les progrès de la science. Elle est devenue un lobby scientiste performant. Elle héberge depuis deux ans dans son Généthon le professeur Marc Peschanscki. Ami du professeur Hwang jusqu'à la disgrâce du fraudeur Coréen du clonage, c'est l'un des chercheurs français les plus en pointe en matière… de transgression.

Il a obtenu, en juin 2006, les premières autorisations de recherche sur l'embryon humain et codirige la première équipe qui tentera d'obtenir des lignées de cellules embryonnaires en France, légalement.

Comment expliquer pareille dérive ? Si la souffrance a produit une magnifique énergie chez les dirigeants de l'AFM, elle semble aussi avoir anesthésié leur conscience, à moins que l'argent ne leur ait fait tourner la tête. Depuis plus de dix ans le Téléthon présente comme des succès de la science ses "bébéthons" issus du diagnostic préimplantatoire. Sur le site Internet de l'AFM, une mère de famille qui a perdu ses deux aînés de la maladie parle de la naissance de ses trois petites filles valides comme d'une "victoire sur la malchance et sur la mort" sans évoquer le tri embryonnaire dont ont été victimes les frères ou sœurs écartés. Que répondre ?

Pour les observateurs conscients que le respect de l'embryon est un enjeu de civilisation, c'est un crève-cœur de devoir mettre en garde contre le Téléthon : n'a-t-il pas mobilisé les Français en faveur des personnes handicapées et amélioré le sort de beaucoup par des aides que personne n'aurait pu financer ? C'est conscient du gâchis, que l'Alliance pour les Droits de la Vie a lancé, il y a trois ans un "Comité pour sauver l'éthique du Téléthon" qui regroupe des personnes malades refusant les transgressions éthiques à prétexte thérapeutique. De son côté, la Fondation Jérôme Lejeune continue d'alerter avec précision sur les dérives de l'AFM. De nombreuses institutions chrétiennes – écoles et même paroisses – ont cru qu'elles pouvaient s'investir en toute confiance dans l'événement. Cette année, pour la première fois, un diocèse, celui du Var, publie une mise en garde radicale : « il n’est plus possible de participer au Téléthon ».