23 janvier 2009





La levée des excommunications
23 janvier 2009 - ymadeline.fr
Le geste bienveillant de Benoît XVI suscite l’admiration. Il aura tout fait pour faire revenir au bercail la mouvance écônienne. Il a autorisé chaque prêtre du monde à célébrer la messe tridentine (que d’ailleurs l’immense majorité ne connaissent pas et ne cherchent pas à connaître), il lève les excommunications, et même il n’exige pas que l’on adhère aux orientations du Concile Vatican II ! Que pourrait-il faire de plus? Le problème, à mon avis, va au-delà. Même si la mouvance concernée dispose, comme il est prévu, d’une autonomie extraordinaire dans l’Eglise, les orientations de l’Eglise risquent d’être constamment critiquées en fonction des pratiques, des pastorales et des orientations pré-conciliaires. Dans l’histoire de l’Eglise, on voit souvent des schismes se produire parce que des chrétiens se mettent à oublier que la tradition est vivante, et se persuadent que la tradition doit être figée dans un moment particulier de l’histoire. Or, la tradition vient du mot latin tradere: tirer. Je tire derrière moi le dépôt sacré de la foi, mais dans la mesure où je le tire, je le déplace, donc le dogme se développe, évolue. Sinon, alors la religion chrétienne deviendrait une “religion du Livre”, ce qu’elle n’a jamais été : ce sont le judaïsme et surtout l’islam qui sont des religions du livre, d’un livre dans lequel se trouve toute la vérité et toute l’autorité. L’Eglise, elle, a reçu les clefs du ciel, c’est elle qui tient l’autorité et la vérité; et comme elle est vivante, la tradition vit avec elle. C’est son grand mystère, c’est ce qui la rend incomparable à toute autre religion.
C’est donc l’Eglise qui nous sauve (selon la foi chrétienne) et non des hommes qui sauvent l’Eglise. Tout cela est au coeur des remous et querelles qui agitent les milieux aujourd’hui bénéficiaires de la charité pontificale. C’est pourquoi je ne pas être absolument certain que la querelle prendra fin avec le geste magnifique de Benoiît XVI.