7 mai 2012

[Mgr Gilles Wach - La Nef] Le nouveau chantier de l'Institut

SOURCE - Mgr Gilles Wach - La Nef (n°237) - mai 2012


L’Institut du Christ Roi a besoin d’agrandir son séminaire en Italie et lance à cet effet de grands travaux : explications avec son Supérieur.
La Nef – L’Institut se lance dans de nouveaux travaux d’aménagement : de quoi s’agit-il exactement et pourquoi ce nouveau chantier ?
Mgr Gille Wach – Notre maison de formation, située en Toscane, non loin de Florence, entreprend en effet une grande campagne de travaux. Le séminaire de Gricigliano ne compte plus suffisamment de chambres pour accueillir les jeunes qui se présenteront, si Dieu le veut, en septembre prochain. Depuis quelques années déjà, faute de place, nous avons dû envoyer pour un an une quinzaine de séminaristes en stage dans nos apostolats. De nouvelles chambres ont été aménagées il y a 2 ans, mais cela ne suffit plus pour loger nos 80 séminaristes.

Nous avons donc décidé cette année de restaurer deux bâtiments tout proches du séminaire, afin d’y construire 15 nouvelles chambres, ce qui correspond au nombre de nouvelles vocations que nous accueillons chaque année.
 
Une partie des lieux est en ruine, et l’autre trop vétuste pour être conservée en l’état : le plancher s’effondre ! Nous avons pu déjà refaire le chemin de terre qui mène à ces bâtiments, afin de commencer au plus tôt les travaux de gros œuvre.
Dans un contexte où les vocations sont rares, d’où viennent les jeunes qui frappent à vos portes et quels sont les principaux pays concernés ?
Une bonne partie de ces jeunes vocations nous ont connus à travers nos paroisses, chapelles ou écoles présentes dans le monde entier. C’est une grande grâce et un signe de fécondité pour nos apostolats de voir fleurir ces vocations. Certains ont simplement été attirés par ouï-dire, d’autres via internet!

Près de la moitié de ces jeunes viennent de France, les autres des États-Unis, d’Amérique latine, d’Afrique, ou encore de toute l’Europe.
Si l’Institut continue à grandir, ne faudra-t-il pas envisager une autre maison de formation, peut-être aux États-Unis ?
Malgré le nombre croissant de vocations que la Providence veut bien nous envoyer, notre Institut tient à rester une famille au sens propre. C’est pourquoi il faut acquérir un esprit de famille : il faut que nos trois saints patrons accompagnent nos futurs chanoines pendant toute leur formation au séminaire. Il n’est pas facile de constituer un corps professoral et de bons pédagogues qui soient à la fois orthodoxes et qui possèdent bien la spiritualité salésienne, la théologie thomiste et l’esprit bénédictin.

Depuis longtemps maintenant, nous aurions pu ouvrir un séminaire aux États-Unis qui se serait vite rempli… Cependant notre but n’est pas de faire nombre, mais de garder notre unité et notre spécificité propre. En toute chose, il ne faut jamais « enjamber la Providence » (saint François de Sales) mais il faut attendre l’heure de Dieu.
En tant que Supérieur d’une communauté attachée à la forme extraordinaire, comment analysez-vous la situation actuelle dans l’Église, dans quel sens vous semble-t-elle évoluer ?
Il me semble qu’après la crise terrible des années 70, qui n’est pas encore terminée, la Providence nous a gratifiés de deux grands papes. L’un, le bienheureux pape Jean Paul II, redonna une visibilité et une autorité à l’Église un peu partout dans le monde. Ce fut un pape essentiellement « ad extra ». Quant à Benoît XVI, son œuvre apostolique s’opère surtout « ad intra », ce qui est une tâche bien délicate et difficile. En effet, réformer le clergé et le faire obéir n’a jamais été chose facile… Certains ont l’art d’inventer des écrans, même institutionnalisés, pour détourner, diluer ou anéantir la portée des messages pontificaux.

La forme extraordinaire a le grand mérite de redonner le sens du sacré, et de manifester très explicitement l’intégralité de la foi catholique. Aujourd’hui, elle se célèbre un peu partout dans le monde, et je dois vous dire que de nombreux jeunes évêques consultent nos prêtres pour les aider à bien célébrer selon cette forme qu’ils n’ont pas connue.

Rendons grâce à Dieu pour le don de Benoît XVI à son Église. Prions pour lui et suivons-le !


Propos recueillis par Christophe Geffroy

Pour nous aider : ICRSP, Via di Gricigliano 52, 50065 Sieci (Fi), Italie. Site : www.icrsp.org ou www.don.icrsp.org

[Alain Escada - Civitas] Appel à tous les catholiques et patriotes français

SOURCE - Alain Escada - Civitas - 7 mai 2012

Refusant une France rouge et laïciste, nous défilerons à Paris le 13 mai à 14h30 en hommage à Sainte Jeanne d'Arc

A la suite de l'installation de M. François Hollande à l'Elysée, c'est un nouveau pays légal qui va tenter d'imposer ses vues. Au nom du "changement", c'est un véritable bouleversement de la société française qui est promis. Un bouleversement qui repose sur une vision intrinsèquement anti-chrétienne, anti-familiale et anti-nationale.

Si François Hollande a obtenu la victoire dans les urnes, il n'empêche que son programme effraye et divise profondément les Français.

CIVITAS appelle le pays réel, celui des terroirs et des clochers, attaché à la France éternelle, ses traditions et ses coutumes, et fidèle à ses racines chrétiennes et à la foi de ses ancêtres, à se rassembler le 13 mai à 14h30, place St Augustin à Paris.

C'est ce jour-là, deuxième dimanche du mois de mai, que tant l'Eglise catholique que l'Etat français appellent officiellement à honorer Sainte Jeanne d'Arc.
Qu'en cette année 2012 durant laquelle nous fêtons le six-centième anniversaire de Jeanne d'Arc, ce deuxième dimanche du mois de mai soit celui qui suit directement le dimanche du second tour de l'élection présidentielle, comment ne pas y voir un signe de la Providence ?

Le défilé organisé par CIVITAS ce 13 mai à 14h30 en hommage national à Sainte Jeanne d'Arc sera une occasion exceptionnelle de témoigner publiquement de notre Foi et de notre patriotisme et de clâmer haut et fort : CATHOLIQUES ET FRANCAIS TOUJOURS !

Venez dire NON à la déconstruction programmée des fondements de la civilisation chrétienne et de la patrie française.
Venez prier Ste Jeanne d'Arc de sauver la France.

Alain ESCADA,
secrétaire général de CIVITAS

6 mai 2012

[Ennemond - Fecit] Régularisation de la FSSPX et habilitation des écoles

SOURCE - Ennemond - FECIT - 6 mai 2012
Essayons de faire un effort de mémoire. La dernière fois que nos écoles furent attaquées, c'était sous le gouvernement Jospin, par la communiste Marie-George Buffet qui a voulu anéantir l'oeuvre du père Revet à Riaumont. Par des contraintes administratives, fiscales et judiciaires, elle a littéralement persécuté l'oeuvre d'enseignement libre. Depuis, admettons-le, nous avons eu la paix par des gouvernements aussi complaisants que médiocres.

Le réflexe de nos amis de la FSSPX en Allemagne est assez compréhensible. S'ils attendent peut-être davantage qu'en France une reconnaissance de la FSSPX, c'est pour faire vivre des écoles qu'ils n'ont pas et dont nous bénéficions dans notre pays par la paix dont nous avons pu nous prévaloir et qui risque d'être mise en péril avec l'arrivée des héritiers de Gracchus Babeuf et de Jules Ferry.

[Réforme - via InfoCatho] L'écharde des lefebvristes

SOURCE - Reforme - via InfoCatho - 6 mai 2012

Sous ce titre, le journal protestant "Réforme" analyse les conséquences oecuméniques que pourrait avoir le rapprochement et la réconciliation des lefbvristes avec Rome.

"
Les catholiques lefebvristes, en scission ouverte avec Rome depuis 1988, ont donc répondu à la proposition du Vatican le 12 avril dernier. Rien n’a filtré du contenu des échanges, mais une réconciliation n’est plus à exclure. La « brebis égarée » intégriste rentrera-t-elle donc au bercail ? Si oui, quelles pourront être les conséquences pour le dialogue œcuménique, auquel les lefebvristes sont opposés ?

Les instances dirigeantes des Églises se veulent rassurantes. " La fraternité Saint-Pie-X compte relativement peu de membres comparé au grand nombre de catholiques dans le monde entier, affirme Jane Stranz, responsable de l’œcuménisme…Les lefebvristes, ces catholiques opposés à Vatican II et dont les quatre évêques ont un temps été excommuniés, sont actuellement dans une période de rapprochement avec le Vatican.

" Il se pourrait qu’ils rejoignent officiellement l’Eglise romaine. Les protestants s’inquiètent, mais "Réforme" a mené l’enquête. Vivien Hoch, catholique rallié à Vatican II après avoir grandi chez les lefebvristes, livre son analyse, plutôt optimiste.

" Les lefebvristes sont des gens intelligents, il y a des motifs d’avoir confiance en eux. Les protestants peuvent s’inquiéter qu’ils vont extrémiser le Vatican, mais c’est plutôt à prendre comme une ouverture pour les deux. Le Pape ouvre un peu plus les bras, il ne les tend pas uniquement d’un côté. Dans l’Eglise catholique, il y a à la fois des communautés du Renouveau charismatique et, bientôt, la fraternité Saint Pie-X.

" S’ouvrir à la deuxième ne veut pas dire qu’on va se fermer aux premières. Parmi les conciliaires (catholiques attachés au concile Vatican II, ndlr), il y en a qui râlent et qui parlent de "droitisation" du Saint-Père. Mais quand il ouvre une nouvelle communauté charismatique, parle-t-on de gauchisation ?"

" Bien sûr, il faut voir les clauses. Mais, à mon avis, ils ne vont pas imposer la fin du dialogue avec les protestants. Ils demandent juste à pouvoir exercer leur culte tranquillement. Ils en ont marre de faire de la résistance et ils veulent revenir dans l’Église. Et c’est très bien pour eux.

" Ils pourront venir faire leurs études à la Catho et découvrir, comme moi, la patristique grecque qui a donné l’Orthodoxie, et les protestants. Cela va les ouvrir.

" Ce n’est pas l’Église qui va se fermer, ce sont les lefebvristes qui vont s’ouvrir. Cela les sortira de leur Saint-Thomas d’Aquin du XIXe siècle, que nous, les protestants, nous aimons beaucoup par ailleurs.

" Je pense que les protestants ne doivent pas s’inquiéter. Au contraire, les lefebvristes vont nous découvrir. Aujourd’hui, ils n’ont pas le droit de lire les ouvrages de théologie conciliaire. Là, ils pourront lire et découvrir.

" Les lefebvristes seront moins dangereux une fois qu’ils sont dans l’Église que s’ils restent en dehors. Je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter. Ce sont des êtres humains comme les autres. Les relations avec les protestants ne von
t pas changer, au contraire, les lefebvristes verront que les protestants ont produit des choses remarquables sur le plan intellectuel au XXème siècle. Les textes parleront d’eux-mêmes." (source : Réforme)

[Andrea Tornielli - Vatican Insider] Courant mai, conclusion du parcours qui devrait ramener la FSSPX dans la pleine communion avec Rome

SOURCE - Andrea Tornielli - Vatican Insider - 6 mai 2012

La réponse envoyée au Vatican le 17 Avril par Mgr Bernard Fellay sera examinée dans les prochains jours par les cardinaux et les évêques lors de la «Feria quarta» de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (ndt: "feria quarta" est le nom que les chrétiens, à Rome, donnaient au 4ème jour de la semaine, le mercredi, et le mercredi est traditionnellement le jour de réunion de la CDF), puis leur décision sera soumise à Benoît XVI. Courant mai, il est prévu la fin du parcours qui ramènera la Fraternité Saint-Pie X , fondée par Mgr Lefebvre, en pleine communion avec Rome, 24 ans après les consécrations illégitimes qui ont conduit à la rupture et l'excommunication de l'archevêque traditionaliste lui-même et des quatre prêtres qu'il a ordonnés évêques sans mandat du Pape. Lorsque la décision finale sera communiquée, sera également rendu public le texte du « préambule doctrinal» que le Saint-Siège a soumis à Fellay et à la Fraternité, et que le Supérieur du groupe traditionaliste a rendu à Rome en proposant quelques modifications mineures.

Ces derniers jours, on a vu se multiplier les déclarations de certains membres éminents de la Fraternité Saint-Pie X, en particulier de l'aile lefebvriste la plus favorable au retour à la pleine communion avec Rome.
D'abord le Père Niklaus Pfluger, premier assistant de Mgr Fellay, dans une conférence publique à Hattersheim en Allemagne , a dit que le Supérieur de la Fraternité dans les circonstances actuelles «ne peut considérer comme possible de rejeter la proposition du pape», précisant que vouloir ignorer le désir du pape serait «tomber dans le sédévacantisme».
Pfluger a précisé que des points de désaccord subsistent et que la Fraternité revendique la liberté de critiquer certains points des documents conciliaires. Et il a rappelé que, déjà en 1988, Lefebvre avait signé un accord doctrinal avec le Saint-Siège, qui contenait «bien plus de concessions (en termes de doctrine, ndlr) de la part de la Fraternité de celles que Benoît XVI demande aujourd'hui."

Très significatif est également l'éditorial du Père Franz Schmidberger , ancien supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, qui, dans le numéro de mai du mensuel du district allemand écrit: «Si Rome nous rappelle aujourd'hui de l'exil où nous avons été forcés en 1975 avec l'abrogation de l'approbation canonique de la Fraternité,... et encore plus en 1988 avec le décret d'excommunication des évêques consacrant et consacrés», alors «il s'agit d'un acte de justice et sans aucun doute d'un acte de souci pastoral authentique du pape Benoît XVI».

Encore plus significatif est l'éditorial d'un autre membre clé de la société, le Père Michele Simoulin, publié dans le numéro de mai du bulletin «Seignadou» du prieuré de Saint-Joseph-des-Carmes (ndt: voir ici www.fecit-forum.org/): lui aussi parle à nouveau de l'accord signé par Lefebvre et Ratzinger en 1988, expliquant qu'à l'époque, la rupture ne s'est pas produite en raison du préambule doctrinal, mais pour des raisons pratiques. En effet, Lefebvre ne faisait pas confiance aux assurances du Vatican quant à la possibilité de consacrer un évêque comme son successeur: «Ce n’est donc pas sur une question doctrinale, ni sur celle du statut offert à la Fraternité, mais sur la date de la consécration de l’évêque accordé, que le processus s’est arrêté.»

Le Père Simoulin, en réponse aux objections internes de ces lefebvristes qui ne veulent pas l'accord avec Rome, rappelle que Ratzinger, «devenu pape nous a dit que la messe tridentine n'a jamais été abrogée (7 Juillet 2007:« Il est donc permis de célébrer le sacrifice de la Messe suivant l'édition typique du Missel romain promulgué par le bienheureux Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé »); il a réhabilité nos quatre évêques (21 janvier 2009) ; il a accepté que nous menions des discussions doctrinales pendant deux années… toutes choses que Mgr Lefebvre n’exigeait pas en 1988. Il n’est pas exagéré de dire que Mgr Fellay a obtenu plus que ce que demandait Mgr Lefebvre, sans en avoir pourtant le prestige ni l’autorité morale. Alors, devrons-nous être encore plus exigeant que Mgr Lefebvre et que Mgr Fellay ?».
Simoulin conclut en répétant que la situation aujourd'hui est différente de celle de 1975 et de 1988, et ceux qui affirment le contraire le font parce qu'ils rejettent «toute réconciliation avec Rome», montrant peut-être «un manque de foi en la sainteté de l'Église». «La Fraternité Saint-Pie X n'est pas l'Eglise et ne peut respecter l'héritage de son fondateur qu'en en préservant l'esprit, son amour pour l'Eglise et son désir de la servir comme un fils aimant».

Relire la partie doctrinale du «protocole d'accord» signé par Lefebvre le 5 mai 1988 est utile pour comprendre le contenu du «préambule doctrinal» dont il a été question ces derniers mois, dont le texte est encore confidentiel en raison de la possibilité, prévue dès le départ, de modifications et de formulations avec des expressions différentes. Le fondateur de la Fraternité promettait fidélité au Pape, déclarait «accepter la doctrine contenue dans le n°25 de la Constitution Lumen Gentium du Concile Vatican II sur le Magistère de l'Église et l'adhésion qui lui est dûe».
Quant au désaccord sur certains passages du Concile, il affirmait: «En ce qui concerne certains points enseignés par le Concile Vatican II ou concernant les réformes postérieures de la liturgie et du droit, qui nous semblent difficilement concilables avec la tradition, nous nous engageons à adopter une attitude positive et de communication avec le Siège apostolique, en évitant toute polémique».
En outre, Lefebvre avait déclaré «reconnaître la validité du Sacrifice de la messe et des sacrements célébrés avec l'intention de faire ce que fait l'Église et selon les rites mentionnés dans les éditions standard du Missel romain et des rituels des sacrements promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II».
Et il promettait enfin de «respecter la discipline commune de l'Église et les lois ecclésiastiques».

Comme on le voit, en 1988 aussi, dans le document d'accord avec le cardinal Joseph Ratzinger, il restait noir sur blanc l'existence de «certains points» considérés par Lefebvre comme «en désaccord» avec la tradition. Mais ce désaccord n'aurait pas dû empêcher la pleine communion. Il y a vingt-quatre ans, les événements prirent une autre direction: il y eut un acte schismatique et les excommunications.
Aujourd'hui, près d'un quart de siècle plus tard, cette plaie pourrait être guérie.

[APIC] Rome : Une décision sur la Fraternité sacerdotale saint Pie X d’ici fin mai

SOURCE - APIC - 6 mai 2012
Rome, 6 mai 2012 (Apic) La décision de Benoît XVI concernant le retour de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) dans la pleine communion de l’Eglise interviendra d’ici la fin du mois de mai 2012, ont indiqué à I.MEDIA des sources vaticanes proches du dossier.

Pour l’heure, la réponse de la FSSPX au ’préambule doctrinal’ préalable à tout accord soumis par Rome en septembre 2011 est étudiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Parvenue à Rome le 17 avril dernier, la réponse du supérieur général de la FSSPX, Mgr Bernard Fellay, sera ensuite soumise à Benoît XVI. Ce dernier, depuis 2005, a multiplié les gestes en vue d’obtenir un accord qui marquerait la fin d’une séparation de près de 24 ans. (apic/imedia/mp)

5 mai 2012

[Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison] L’œcuménisme de Benoît XVI (IV)

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 5 mai 2012

L’Église catholique a toujours enseigné qu’elle est l’unique et seule vraie Église de Jésus-Christ, en sorte que même si la grande majorité des croyants la quittent un jour, ce qui arrivera à la fin des temps (cf. Lc.XVIII, 8), elle ne perdra jamais son unité. Aussi Saint Cyprien dit-il que l’unité de l’Église vient d’une fondation divine soudée de sacrements célestes, et elle «ne peut être déchirée en morceaux par la force de volontés contraires». Certes, les âmes peuvent apostasier ou se séparer d’elle, mais l’Église qu’elles abandonnent reste une. De ce point de vue, l’unité de l’Église ne peut signifier autre chose que le retour des âmes une à une dans la seule vraie Église.
 
Telle n’est pas la vision qu’a Vatican II de l’Église. Lorsque le Concile dit (Lumen Gentium # 8) que l’Église du Christ «subsiste dans» l’Église catholique, il a ouvert la porte toute grande pour qu’on distingue entre les deux, et pour qu’on prétende que la «vraie» Église du Christ est plus large que l’«étroite» Église catholique. Dès lors il existe des morceaux de la véritable Église du Christ dispersés hors de l’Église catholique et ainsi «l’unité de l’Église» signifie réunir à nouveau ces morceaux sans que les individus qui en sont les membres aient l’obligation de se convertir personnellement. Tel était certainement le point de vue du jeune et brillant théologien du Concile, l’abbé Joseph Ratzinger, comme le démontrent quelques-unes de ses formules stupéfiantes rédigées peu après le Concile, citées avec leurs références dans le livre du Dr. Schüler, Benoît XVI et comment l’Église se voit elle-même, pages 17-19. En voici un bref résumé qui met en relief leur hétérodoxie:–
 
En quelque lieu où se trouvent réunis Evêque, Table et Parole de Dieu, il y a «église». Au cours des siècles cette véritable et ample communion chrétienne s’est gravement rétrécie à cause de la centralisation romaine, qui a obligé les Protestants à rompre avec Rome. Malgré les divergences doctrinales on aurait pu et dû cohabiter. Voilà pourquoi l’œcuménisme du retour au bercail doit être remplacé par l’œcuménisme de coexistence. Les Églises doivent remplacer l’Église. Les catholiques doivent s’ouvrir. N’auront à se convertir que les individus qui le désirent. Les Protestants ont, virtuellement, droit à leurs erreurs.
 
Mais, où en est la Foi dans tout ce discours «de l’Église et des églises?» Et la doctrine? Nulle part, dirait-on. Et quelle sorte d’unité peut-il y avoir entre des âmes qui ont des croyances aussi contradictoires que celles des catholiques (préconciliaires) et des Protestants? Il ne peut s’agir que d’une unité complètement différente de celle qui existait dans l’Église préconciliaire, et par conséquent d’une Église complètement différente aussi. En réalité le jeune abbé Ratzinger tendait ses efforts vers la Nouvelle Église.
 
Toutefois, l’unité de cette Nouvelle Église devenait problématique. En premier lieu, l’unité de l’Église est un dogme. Et en deuxième lieu, en tant que Cardinal et Pape, Joseph Ratzinger s’est trouvé dans l’obligation de défendre l’unité de la Nouvelle Église contre des Révolutionnaires encore plus radicaux que lui-même, comme par exemple l’abbé Léonard Boff pour qui la Nouvelle Église «subsiste» un peu partout, donc en de nombreux morceaux différents.
 
Aussi le cardinal a-t-il cherché à prouver, par des arguments cités par Schüler, que l’Église du Christ voit sa réalisation complète dans l’Église Catholique, mais pas au point d’exclure sa réalisation incomplète ailleurs (mais alors, comment est-elle une?). De même l’identité de l’Église du Christ avec l’Église catholique est substantielle sans être exclusive (mais comment l’identité proprement dite peut-elle être autre qu’exclusive?). De même, l’être complet de l’Église du Christ se trouve dans l’Église catholique, mais elle possède ailleurs un être incomplet aussi (mais comment un être peut-il être complet si une partie en est ailleurs?). Et ainsi de suite…
 
Bref, la Nouvelle Église de Benoît XVI inclut des éléments à la fois catholiques et non-catholiques. Mais il suffit qu’une partie ne soit pas catholique pour que le tout ne le soit pas. Par conséquent la Nouvelle Église œcuménique de Benoît n’est pas, en tant que telle, l’Église catholique.
Kyrie eleison.

[SPO - Riposte Catholique] L’Ordo Pozzo : la Commission Ecclesia Dei publie un très traditionnel Ordo liturgique


La Commission Ecclesia Dei vient de publier un Ordo divini offici recitandi sacrique peragendi à la Librairie éditrice vaticane (1), dont la confection a été dirigée par Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale. Cet Ordo, qui est entièrement rédigé en latin, publie, comme tous les documents de cette sorte, pour chaque jour de l’année, l’indication de l’Office divin à chanter ou réciter et de la messe à célébrer. Il indique le degré de la fête du jour, qu’elle soit du temporal ou du sanctoral, la couleur des ornements, la commémoration s’il y a lieu d’en faire, l’obligation éventuelle de dire le Credo et/ou seulement le Gloria, la préface à utiliser lors de la messe, l’éventuelle célébration de 1ères vêpres (la veille de la fête au soir) et la mention des premiers vendredis et premiers samedis du mois où peut être célébrée, si elle est suivie d’un exercice de piété, une messe votive du Sacré-Cœur et du Cœur Immaculée de Marie, et il précise d’autres choses encore (concernant davantage la messe, que les éventuelles particularités de l’Office).
 
L’Ordo commence au premier dimanche de l’Avent 2011. Le calendrier des fêtes du temporal et du sanctoral suit rigoureusement celui en usage en 1962 (par exemple, et contrairement à l’usage de bien des lieux de culte traditionnels, il prohibe l’usage de l’orgue lors des dimanches de l’Avent, en se référant à l’Instruction De Musica Sacra du 3 septembre 1958). Il s’agit bien sûr d’un Ordo romain qui n’indique pas les solennités « nationales » (par exemple, les solennités obligatoires ou facultatives prévues en France par le décret Caprara, en suite du Concordat ou par des décisions subséquentes (par exemple, la solennité des SS Apôtres, le dimanche qui suit le 29 juin, celle de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne secondaire de la France, etc.) En revanche, il évoque la possibilité d’utiliser la préface de l’Avent qui existait en 1962 dans tous les propres diocésains de France, mais non dans le missel romain.
 
On attire l’attention sur un point mineur, mais particulièrement intéressant des pouvoirs que se reconnaît la Commission pontificale du point de vue juridique. Comme on le sait, l’extension du domaine du Motu Proprio Summorum Pontificum présente d’éventuelles difficultés, dès lors que certaines matières peuvent être dites mixtes, c’est-à-dire à la fois liturgiques et engageant des aspects disciplinaires autres (la plus importante quant aux conséquences étant le statut canonique des sous-diacres ordonnés dans la forme traditionnelle et la valeur de leurs obligations au célibat et à la récitation de l’Office divin).
 
L’Ordo Pozzo tranche la question mixte de la double communion possible dans la nuit et le jour de Noël et de Pâques, en l’autorisant, conformément aux prescriptions de 1964 (cette double communion est au reste pratiquée sans problème dans toutes les chapelles traditionnelles). Dans un sens « rigoriste » cette fois, il tranche aussi la question de l’abstinence du vendredi, en suivant non plus la législation en vigueur en 1962 (abstinence tous les vendredis, sauf ceux qui tombent un jour de fête d’obligation). Il se règle sur la discipline du nouveau Code de Droit canonique, dans sa forme « rigoureuse » (abstinence tous les vendredis, sauf ceux qui tombent « un des jours marqués comme solennité », à savoir les fêtes de Ière classe, comme le vendredi dans l’Octave de Pâques). Moyennant ces exceptions, tous les vendredis, l’Ordo Pozzo indique (en gras, pour que nul n’en ignore !) : Abstinentia. En quoi l’Ordo de la Commission ignore pour les prêtres et fidèles traditionnels, qu’il doit estimer plus exigeants quant aux rigueurs de la pénitence, les possibilités d’adoucissement de cette discipline par les Conférences épiscopales (can 1251) : ainsi, en France, l’abstinence de viande n’existe plus, du fait que la Conférence des Évêques l’a rendue facultative, sauf en Carême : elle est (théoriquement) remplaçable par n’importe quelle autre œuvre pie.
 
En quoi, paradoxalement, l’Ordo Pozzo est plus sévère et plus proche de la discipline traditionnelle que… l’Ordo utilisé par la Fraternité Saint-Pie-X, et édité par le Monastère Saint-François du Trévoux, qui ne fait obligation d’abstinence que les vendredis de Carême.
 
1) On peut commander à : Libreria Editrice Vaticana, SCV-00120 CITTÀ DEL VATICANO : 6 € + frais de port.

4 mai 2012

[SPO - Riposte Catholique] Un évêque français va célébrer l’usus antiquior

SOURCE - SPO - Riposte Catholique - 4 mai 2012

Le site de la paroisse parisienne Saint-Eugène-Sainte Cécile annonce que le dimanche 13 mais, Mgr Renaud de Dinechin, évêque auxiliaire de Paris, viendra dans cette paroisse pour célébrer la messe de sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France, selon l’usus antiquior. Mgr Renaud de Dinechin conférera également le sacrement de confirmations à plusieurs jeunes et adultes, ce qu’il avait déjà fait en 2010.
 
La superbe Schola (Schola Sainte-Cécile) interprètera à cette occasion le programme suivant :
  • le Veni Creator d’Henry du Mont (1610 + 1684), maître de la chapelle du roi Louis XIV, organiste de Saint-Paul et du duc d’Anjou;
  • l’Ecce sacerdos magnus de Marc-Antoine Charpentier (1643 + 1704), maître de la musique de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, du Dauphin, fils de Louis XIV et de la Sainte Chapelle;
  • le Veni Creator, le Regina cœli et le Tantum ergo en grands motets de Michel Richard de Lalande (1657 + 1726), maître de la chapelle & surintendant de la musique des rois Louis XIV & Louis XV.
On pourra en profiter pour visiter le remarquable site de cette belle schola qui fait un travail magnifique aussi bien au plan musical que liturgique.

[Mgr Bernard Fellay, fsspx - via Si Scires] Extrait de la conférence aux sœurs dominicaines de Saint-Pré et aux fidèles

SOURCE - Mgr Bernard Fellay, fsspx - 4 mai 2012

A propos de la réponse que j'ai envoyée juste après Quasimodo, le 17 avril, à Rome, je ne sais pas encore ce qu'en pense la Congrégation de la Foi. Tout simplement, je ne sais pas. D'après ce que je peux savoir de sources privées, j'ai l'impression que cela convient. Chez nous, je pense qu'il faudra l'expliquer comme il faut, parce qu'il y a (dans ce document) des expressions ou des déclarations qui sont tellement sur la ligne de crête que si vous êtes mal tourné ou selon que vous mettez des lunettes noires ou roses, vous les voyez comme ce-ci ou comme cela. Alors il faudra qu'on vous explique bien que cette lettre ne change absolument rien à notre position. Mais que, si on veut la lire de travers, on arrivera à la comprendre de travers.

En fait, on pourrait la résumer comme ceci : au moment où je l'ai rédigée, j'avais compris que Rome – lors des discussions doctrinales (en 2009-2011), et aussi à cause de certaines expressions que nous utilisons et qui sont quelque-fois un peu violentes ou trop générales –, Rome avait des doutes sérieux sur le fait de notre reconnaissance qu'il y a encore un pape, encore un Magistère aujourd'hui. Et donc, il y a eu une menace, je ne sais pas s'il faut dire une menace de déclaration de schisme, mais ce n'est pas loin de cela, à cause de ces expressions.

Quand j'ai saisi cela, j'ai compris ce que j'allais écrire et simplement montrer à Rome que, même si nous avons des réserves même sévères, cela ne veut pas dire qu'on ne reconnaît pas le pape. Cela ne veut pas dire que l'on ne reconnaît pas que le pape est capable de poser des actes, des actes qui ont leur valeur, c'est-à-dire des actes du Magistère, et j'ai dû donner des exemples concrets.
La ligne de crête fixée par Mgr Lefebvre
Bien sûr, dans cette lettre du 17 avril, j'ai repris la démarche que Mgr Lefebvre avait faite en 1988. Je ne sais pas si vous vous souvenez. Il s'agissait de déclaration de ce type : « Je reconnais que la nouvelle Messe est valide, si elle est célébrée avec l'intention de faire ce que fait l'Église. » Dans cette phrase, on ne dit pas qu'elle est mauvaise, puisque nous le disons tout le temps ! On dit en partant de l'autre versant de la ligne de crête : « Elle est mauvaise, mais si elle est célébrée correctement, elle reste valide. » C'est un exemple. Ou bien sur le Droit Canon. On dit : « L'Église peut quand même faire un Droit Canon. » Même si elle a repris des choses du Concile qui ne vont pas, comme le canon 844 qui parle de la communion donnée aux non-catholiques ou bien le canon qui ouvre la porte à la dissolution de tous les mariages sous prétexte d'immaturité. Au sujet de ce canon il est très intéressant de noter que le pape est déjà intervenu deux fois pour dire qu'on n'avait pas le droit de l'utiliser comme cela. Cela veut donc dire que l'on a raison de s'y opposer puisque le pape lui-même est contre, n'est-ce pas ? En bref, il fallait essayer de montrer qu'on ne rejetait pas tout. J'imagine alors que certains vont dire : « Donc, la Fraternité a tout accepté ». Et plus facilement encore : « Mgr Fellay accepte tout le Concile, etc. » Ce n'est pas ce que j'ai dit. Bien au contraire.

J'espère qu'un jour, et je pense que ce sera bientôt, ce texte sera publié. Vous verrez vous-mêmes. On verra s'il convient à Rome, s'il est accepté. Enfin, c'est ce que j'ai estimé devoir faire. Pourquoi ? Parce que c'est normal : si on est sommé de ré-pondre de notre foi, on répond correctement, n'est-ce pas ? Quand on dit qu'on rejette le Concile, en fait, on ne rejette pas tout le Concile. Monseigneur nous a toujours dit : « Ce qui est bon dans le Concile, on le garde. Ce qui est douteux, on le comprend comme on l'a toujours compris. Et sur ce qui ne va pas, sur ce qui est contraire à ce que l'Église a toujours enseigné, là on n'est pas d'accord. » Mais pour le reste, si le Concile parle de la Trinité, on ne va pas dire qu'on la rejette, cela n'a pas de sens ! Même si on dit après qu'il y a un mauvais esprit qui se trouve diffusé partout, un esprit mauvais qui, j'allais dire, pollue un peu tout. Mais il faut être précis. Et nous, très souvent par facilité et aussi par rhétorique, nous disons : « Tout le Concile. Ils sont tous modernistes, tous sont ainsi. » Évidemment, si on dit comme cela, Rome peut comprendre qu'on rejette tout. Cela n'a jamais été la position de Mgr Lefebvre. Jamais.

Certes il a eu certaines fois des paroles bien fortes, qu'il s'agisse du Concile, qu'il s'agisse de la Messe, etc. Mais il n'a jamais voulu couper avec Rome. Il a eu des propos qu'il importe de bien comprendre. Monseigneur a toujours voulu reconnaître que l'Eglise existe encore et que le pape existe encore. Une fois, en 1986 – la situation était très tendue –, il a dit dans un sermon : « Mais qui est cette personne qui est assise sur le Siège de saint Pierre ? » C'est aller très loin, n'est-ce pas ? Mais il a toujours refusé de dire : « Il n'est pas pape. » Cela, il l'a toujours refusé.

A un certain moment, cela devenait très fort. Rappelez-vous en 1987, c'est-à-dire après Assise et après la réponse romaine aux Dubia. Mgr Lefebvre considérera ces deux évènements comme le signe reçu du Ciel pour dire : « On peut sacrer. » C'est donc une année très importante. Eh bien ! en 1987, il écrit d'abord à Rome en disant : « Je vais sacrer des évêques. » A ce moment là, le cardinal Ratzinger l'appelle. Il y a une réunion au mois de juillet. Cette réunion est très tendue. C'est la réunion où ils vont parler de la Royauté sociale, où Monseigneur va être indigné et dira : « On ne peut pas travailler avec vous. Vous êtes contre la Royauté de Notre Seigneur. Nous, nous sommes pour. On ne peut pas travailler ensemble, etc. »

Lors de son jubilé épiscopal, en octobre 1987, dans la première partie du sermon il dit la même chose. Il rappelle cette réunion avec le cardinal Ratzinger où il a déclaré : « On ne peut pas travailler ensemble. » Ét dans la deuxième partie du même sermon, il dit en parlant du jour de cette rencontre : « Ce jour-là, on nous a fait à Rome des offres extraordinaires. Il faut bien prier. On va pouvoir travailler ensemble. » On a l'impression que c'est contradictoire. Non, ce n'est pas contradictoire ! L'une et l'autre partie de ce même sermon se situent chacune sur un des deux versants de la ligne de crête, la première partie est au niveau de la doctrine, la seconde est au niveau de la reconnaissance de l'Eglise. (cf. Nouvelles de Chrétienté n°131 p. 5)
Un indispensable discernement préalable
Monseigneur disait au sujet du libéral : « Il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas. Un libéral a deux aspects. Et nous, nous voulons qu'il n'en ait qu'un. » Un libéral énonce une phrase, et nous disons : il est tout entier comme cela. Mais, le libéral n'est pas tout comme cela. Prenez des exemples. C'est un peu délicat puisqu'il s'agit du pape. Il a des phrases, même dans les livres récents, où l'on se dit : « Mais est-ce qu'il croit en la divinité de Notre Seigneur, quand on lit ce qu'il écrit là ? » C'est tellement compliqué, mais on a l'impression que c'est la manifestation de l'homme tel qu'il est entièrement. Et puis, après ces déclarations, il pose des actes où il montre très clairement que Jésus est Dieu, absolument sans aucun doute. Ainsi il a fait un sermon à Cuba, le jour de l'Annonciation, qui parlait de la présence du Christ dans le monde, parce que l'Annonciation c'est l'Incarnation. C'était très habile, à Cuba, dans un pays communiste, d'insister pour dire que, dans la société, il faut que Notre Seigneur soit là, il faut qu'il soit présent dans la société. Et là il nous montre bien que Notre Seigneur est Dieu, il n'y a aucun doute. Vous lisez ce sermon, vous voyez très bien qu'il croit à la divinité. Voyez, il a deux aspects. La tendance que nous avons, c'est de dire qu'il n'y a qu'un côté. Eh bien ! non, il y a deux côtés. Pour nous, c'est un peu compliqué de comprendre comment on peut concilier ces deux aspects : lorsqu'on voit que le pape est pour l'ancienne Messe et qu'il fait motu proprio tout ce qu'il faut pour qu'on sache qu'elle n'a jamais été abrogée, mais qui après se manifeste pour l’œcuménisme à Assise. Nous, nous n'arrivons pas à mettre ensemble ces choses-là. Il est comme cela. Alors certains disent : « Mais les modernistes sont comme cela. Il y a une page qui est bonne, une page qui est mauvaise. Si c'est bien ainsi, c'est qu'il y a au moins une des pages qui n'est pas sincère. » Quand vous voyez que le pape est prêt à prendre des coups violents pour ces efforts – on peut utiliser ce mot – de restauration de l'Eglise, même si c'est de façon homéopathique, il est difficile de dire que ce n'est qu'une tromperie. Ce n'est même pas permis. Mais c'est difficile à concevoir parce qu'on n'arrive pas à mettre ensemble les deux aspects.

Pourtant on voit très bien que Mgr Lefebvre avait ce souci de l'Église. Le problème, c'est que, trop facilement, quand on parle de toutes ces choses, on ne voit que le côté humain, et on oublie que l'Église n'est pas n'importe quoi. Ce n'est pas juste une société d'hommes. L'Eglise de Notre-Seigneur Jésus-Christ est essentiellement surnaturelle. La tête de l'Eglise, c'est Notre Seigneur lui-même. Le vicaire visible n'est que le chef visible. Le chef invisible, mais le vrai chef, c'est Notre Seigneur. Et Notre Seigneur n'est pas près de laisser choir son Église, même si actuellement elle est dans des souffrances terribles, qui posent vraiment beaucoup de questions : c'est un grand mystère. Mais il ne faut pas oublier cela. Il ne faut pas l'oublier. Il y a de grandes interrogations, c'est vrai. Il y a un grand mystère, et ceux qui veulent trop le simplifier se réfugient dans des solutions beaucoup trop humaines et qui ne sont pas justes.

Qu'est-ce qui va se passer pour nous ? Il y a évidemment du danger. Et même les dangers sont multiples. Un danger, c'est de voir que les autorités maintiennent la ligne moderne du Concile. On le constate, on n'a jamais entendu une quelconque déclaration disant : « L’œcuménisme, c'est raté. » Ou : « Il faut corriger cela. » J'ai entendu quelqu'un me le dire, mais c'était en privé... Il m'a donné une définition de l’œcuménisme: « C'est un discours courtois qui ne produira jamais l'unité des chrétiens. » Et c'est une autorité à Rome qui m'a donné cette définition de l’œcuménisme. Je ne suis pas sûr que ce soit la définition officielle... Mais cela vous montre que même à Rome il y en a qui pensent comme cela. Le danger, c'est de voir que cette ligne se poursuit. Cependant maintenant l'on nous dit que l'on peut en discuter... Qu'est-ce que cela veut dire discuter ? Est-ce qu'on peut encore protester ? Est-ce qu'on peut encore protester publiquement ? La légitime discussion, c'est public. Alors, est-ce qu'il faut s'entendre sur le mot discuter ? Ce sont là des questions importantes... Je pense qu'il y a un danger qui reste. Il faut faire attention certainement. Il faut avoir des garanties. C'est ce que j'ai toujours dit. Avant de se lancer, il faut qu'on ait vraiment l'assurance – comme Monseigneur l'a toujours dit – l'assurance qu'on peut continuer comme on est. Tout simplement.
Qu'est-ce qui change à Rome ?
Mais il y a quand même des éléments qui donnent des espoirs. Ces éléments, c'est justement ce mouvement, on peut dire, qui vient d'en bas, de la base, qui grandit, qui croît, qui manifeste un désir de retour. On en voit un début de réalisation. Je vais vous donner quelques exemples, car il y en a plusieurs. C'est certain qu'il y a un désir, une volonté de reprise en main dans l'Église, mais c'est encore sur le mode homéopathique et avec une résistance assez farouche d'un bon nombre d'épiscopats. C'est donc tout à fait mélangé.

Si vous voulez, c'est un petit peu comme au début du printemps où vous avez quelques éléments qui vous montrent : « Ah ! Les bourgeons sont là et veulent sortir ! » Et puis, en même temps, il fait froid, il neige. Il y a ceux qui vous disent : « Mais non ! C'est l'hiver, il neige, etc... » Ils ont raison aussi. Les deux ont raison. Ceux qui disent : « Le printemps arrive. » Et ceux qui disent : « C'est encore l'hiver. » C'est un peu cela ce qui se passe. Peut-être avez-vous vu récemment que le pape est en train de rappeler à l'ordre les religieuses américaines. C'est un exemple. Les néo-catéchuménaux aussi en ont pris pour leur grade. Et ce sont les évêques allemands maintenant.

Cela fait quand même pas mal de choses. Les autorités romaines viennent de publier un Examen de conscience pour les prêtres et on se demande s'ils ne sont pas allés le chercher dans la bibliothèque d'Ecône. J'en lis quelques extraits pour vous montrer qu'il n'est plus possible de dire que l'Église en est toujours au même stade, qu'il n'y a rien de changé depuis 1970. Vous avez cela devant les yeux, et vous vous dites : c'est vrai, ce n'est pas la même chose. On pourrait dire : ce n'est qu'un acte, mais c'est un acte qui vient de sortir maintenant. Je le prends précisément parce qu'il est arrivé maintenant : Examen de conscience pour les prêtres, à l'occasion de la journée de sanctification des prêtres – d'ailleurs, depuis quand est-ce qu'on parle de la sanctification des prêtres ? - en la fête du Sacré-Cœur, le 15 juin prochain. La Congrégation pour le Clergé publie cet examen de conscience pour les prêtres qui commence comme cela : « Est-ce que j'envisage sérieusement la sainteté dans mon sacerdoce ? Suis-je convaincu que la fécondité de mon ministère sacerdotal vient de Dieu et que, avec la grâce du Saint-Esprit, je dois m'identifier au Christ et donner ma vie pour le salut du monde ? » On pourrait dire, « Bon, cela, c'est encore assez vague. »

Deuxième point : « Le Saint Sacrifice de la Messe – ce n'est pas écrit l'Eucharistie, c'est bien le Saint Sacrifice de la Messe – est-il le centre de ma vie intérieure ? » On croirait vraiment qu'ils sont allés chercher cela à Ecône. « Est-ce que je me prépare bien ? Est-ce que je célèbre avec dévotion ? Et après, est-ce que je me recueille pour rendre grâces ? La Messe constitue-t-elle le point de référence habituel dans ma journée pour louer Dieu, le remercier de ses bienfaits, recourir à sa bienveillance et réparer pour mes péchés et pour ceux de tous les hommes ? » Cela fait longtemps qu'on n'a pas entendu des choses comme cela ! C'est pour les prêtres aujourd'hui. Voyez, avec cela, c'est une manière très habile de rappeler, de ramener la foi tout simplement, la foi. Il y a là quantité de rappels, ainsi celui des fins dernières. Il y a beaucoup de choses dans cet examen de conscience qui remettent la foi en place... On a vraiment l'impression qu'ils sont allés chercher cela dans un livre du XIXe siècle. « Est-ce que je trouve ma joie à rester devant Jésus-Christ présent au Très Saint-Sacrement ? Ou dans ma méditation et mon adoration silencieuse ? Suis-je fidèle à la visite quotidienne au Très Saint-Sacrement ? Mon trésor est-il dans le tabernacle ? » Regardez certaines églises aujourd'hui ; vous vous demandez où est passé le tabernacle. Voyez, avec cet examen, ils rappellent les choses, les choses justes, les choses vraies. « Suis-je prompt à assister et à administrer les sacrements aux moribonds ? Est-ce que je considère dans ma méditation personnelle, dans ma catéchèse et ma prédication ordinaire la doctrine de l'Église sur les fins dernières ? Est-ce que je demande la grâce de la persévérance finale et invite les fidèles à en faire autant ? Est-ce que j'offre fréquemment et avec dévotion les suffrages pour les âmes des défunts ? »

Ce sont des exemples qui montrent un changement. Et l'on peut dire : « cela vient de sortir. » Oui, cela vient de sortir cette année. Je ne suis pas sûr qu'on aurait vu cela il y a dix ans en arrière – pour moi c'est clair. Encore une fois, on pourrait dire qu'une hirondelle ne fait pas le printemps, mais il y a aussi des bourgeons. Je commence maintenant à voir des évêques – les prêtres, cela fait un moment déjà – des évêques qui sont avec nous. Ils n'osent pas trop se montrer parce qu'ils se feront tout de suite repérer. Mais il y en a. Il y en a un cette semaine qui est venu assister à une réunion de nos prêtres, des prêtres de la Fraternité. Il a dit : « Vous comprenez, moi aussi, de temps en temps, j'ai besoin de souffler.»

Évidemment, je ne vous dis pas où, – c'est normal. Je rencontre des évêques ou des nonces, plusieurs, qui me disent : « Vous savez, je suis allé voir à Saint-Nicolas. » Ou d'autres qui disent – et cela, je l'ai déjà entendu d'un cardinal, non, de deux cardinaux : « L'Église a besoin de la Fraternité. » Il y en a pas mal, au Vatican même qui disent cela : « On a besoin de vous. » Il ne s'agit pas de nous mettre des auréoles ou de nous encenser, ce n'est pas cela. Il faut savoir que dans l'Église officielle, vous avez, même au Vatican et pas seulement au Vatican, des autorités qui commencent à vous dire : « On est dans une mauvaise posture. Il faut s'en sortir. Venez nous aider. » Je connais un cardinal et un évêque qui m'ont déclaré : « Regardez le geste du pape envers vous comme une demande d'aide, un appel au secours. » C'est nouveau, tout cela. On ne peut pas dire que c'est ce qu'on a toujours entendu.
Une situation nouvelle
Evidemment, on est obligé d'y réfléchir, parce que c'est un tel changement de paramètres qu'on n'est pas habitué à cela. Et bien sûr il y a la question : « Est-ce que c'est le moment ? Est-ce que ce n'est pas trop dangereux d'aller se mettre là-dedans ? » Je n'ai pas encore toutes les réponses. On dit : « Mgr Fellay a signé, Monseigneur a fait ceci, Monseigneur a fait cela. » Non. Je n'ai pas encore toutes les réponses. Je vois des lignes dans certaines directions. Pour moi, la seule chose qui compte, c'est de faire la Volonté du Bon Dieu. C'est tout ! Je devine une ligne. J'attends qu'elle soit suffisamment claire. Je pense que cela viendra. Pour l'instant, j'en suis là. Je sais – peut-être que vous le savez aussi –, je sais bien que cette question cause du trouble, ne serait-ce qu'à cause de l'interrogation « mais après ? ». Alors, on se pose toutes sortes de questions.

C'est une situation tellement nouvelle qu'elle fait un peu peur. Il est tout à fait normal qu'on ait un peu peur devant une telle situation. Il faut qu'on ait des garanties, c'est tout ! On va voir si on les a ou pas, parce que s'il s'agit d'aller au suicide, non ! Il faut qu'on ait raisonnable-ment la perspective que notre statut canonique peut tenir la route. Cela ne sera pas facile, imaginez un peu ! Il y a certains pays où cela sera plus facile. Là où se trouvent des évêques compréhensifs. Mais là où toute une Conférence épiscopale est opposée ! D'ailleurs on entend dire déjà aujourd'hui qu'il y a des Conférences épiscopales entières qui insinuent du bout des lèvres : « Non, quand même, recevoir la Fraternité dans l'Église, non, cela ne va pas. » C'est évident qu'avec certains on pourra travailler, avec d'autres pas. Mais encore une fois, cela ouvre tellement de perspectives d'apostolat tout d'un coup, et cela vient tellement vite qu'on a envie de dire : « On marque une pause ! On arrête ! »

Le problème est que c'est de Rome que cela vient. Et en plus de cela – pour moi maintenant c'est clair – cette action de Rome en notre faveur a pour conséquence immédiate que la situation dans laquelle on s'est trouvé jusqu'à maintenant, est terminée. Cette situation que j'ai appelée intermédiaire, où l'on n'est plus « excommuniés », donc sans censure canonique, mais où l'on n'est pas totalement reconnus, une sorte d'entre-deux. C'est évidemment une situation canoniquement irrégulière, très clairement irrégulière, et on a l'impression que Rome a de la peine à supporter cette irrégularité canonique. Le pape, je crois qu'il la comprend lorsqu'il reconnaît : « il est plus facile et pour eux et pour moi de laisser les choses comme elles sont », mais ce n'est pas ce qu'il veut. Et face à cette volonté de nous offrir un statut qui revient à nous dire : « Je veux vous reconnaître », on se trouve dans la situation où soit on accepte, soit on refuse. Mais il n'y a plus de place pour une situation intermédiaire. Si on refuse, ce n'est pas le pape, mais ce sont ceux qui sont autour de lui, ceux qui ne nous aiment pas, qui vont sauter sur l'occasion pour dire : « Alors cette fois-ci, vous voyez bien qu'ils sont schismatiques. Parce que refuser une chose tellement importante qui vient du pape, alors là, c'est clair qu'ils sont schismatiques. »

Et pour moi, il est évident que ce qui se passe aujourd'hui n'offre pas trois issues, il n'y en a plus que deux : soit nous sommes reconnus, soit c'est la guerre. C'est la déclaration de schisme, avec ensuite l'accélération des deux côtés. Cela élimine la situation assez confortable dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Mais encore une fois, ce n'est pas nous qui sommes la cause de cette précipitation. Parfois l'on me dit : « Pourquoi vous presser ? » Mais je ne me presse pas ! Je ne suis pas pressé moi-même !

D'un côté vous avez le pape qui sent ses forces diminuer, sans qu'il ait une maladie particulière. Non, il n'est pas malade, c'est le poids de l'âge. Il a confié le soin de régler notre cas à un cardinal qui doit partir en retraite. Voilà comment les choses se passent. Tels sont les éléments, qui ne sont pas de foi évidemment, mais c'est avec eux que le Bon Dieu écrit l'histoire de l'Église.
Prier et ne pas céder à la peur
La conclusion, vous le comprenez tous et je n'ai pas besoin de vous faire un dessin, c'est que, s'il y a un moment où il faut prier, c'est maintenant. Parce que il est évident que, cette fois-ci, l'on n'est plus très loin d'une décision et il faut prendre la bonne. Parce que manifestement, là, il ne faut pas se tromper. Les conséquences seront graves et sérieuses, dans tous les cas de figure. On ne peut pas penser qu'on peut prendre cela à la légère. Donc il faut vraiment bien prier. Vous priez, on a prié ; nous sommes bientôt à la fin de notre Croisade du Rosaire. Il faut simplement l'intensifier. C'est le mois de mai. Nous sommes consacrés à la Sainte Vierge. C'est donc le moment de renouveler notre consécration, de nous mettre sous le manteau de la Sainte Vierge, avec confiance.

Paniquer ne sert à rien. Si on a peur, on fait des bêtises, il ne faut donc pas avoir peur. Mais il faut bien faire ce que le Bon Dieu veut ; c'est tout. Cela suffit amplement.

Il faut lui demander la grâce de reconnaître sa Volonté – qu'il l'ex-prime clairement –, puis la grâce d'agir en conséquence. C'est ce qu'on vous demande depuis main-tenant un bon laps de temps, et de-puis plus d'un mois l'on ne vous dit que cela. Vous avez certainement des questions du genre : « Mais alors, quand est-ce que cela va se produire ? » Je n'en sais rien moi-même ! Cela fait un moment que j'essaie de demander aux autorités romaines : « Mais alors, qu'est-ce que vous faites ? » On voit qu'elles veulent, qu'elles sont pressées. Moi je trouve qu'elles sont trop pressées. On voudrait atteindre la pédale de frein, mais on ne sait pas trop où elle est. Il y a des choses qui ne sont vraiment pas sous notre contrôle.

Mais il faut aussi faire confiance, qu'est-ce que vous voulez... Quand on voit que pendant des années, des dizaines d'années maintenant, le Bon Dieu nous a conduits avec une telle simplicité, une telle facilité. Il nous a conduits jusqu'ici, et puis, là, tout d'un coup, il nous laisserait en plan, il nous laisserait tomber... Cela n'a pas de sens.

Seulement voilà, il donne sa grâce ni avant, ni après, mais au moment où cela est nécessaire. C'est comme le martyre : penser au martyre avant, c'est dangereux, parce qu'on n'a pas encore la grâce. Quand ce-la arrive, c'est prêt. Bien sûr, il y a aussi la vertu de prudence. On doit tout analyser, analyser les dangers, les possibilités : est-ce que c'est possible, est-ce qu'on arrive à passer, etc... ?
Des garanties protectrices
Je pense que si on a des garanties, cela veut dire une structure canonique suffisamment solide. Voyez par exemple, si l'on compare avec la Fraternité Saint-Pierre ou les communautés Ecclesia Dei : dans l'apostolat, ils sont complètement sous le pouvoir des évêques. Ils n'ont donc aucune liberté. S'ils essaient d'ouvrir la bouche, immédiatement ils n'ont plus d'apostolat, c'est fini... Ce n'est pas ce genre de solution qu'il faut pour nous. Quand on dit qu'il faut qu'on ait la possibilité de vivre, il faut qu'on ait une véritable autonomie, on signifie qu'il faut que les fidèles puis-sent vraiment bénéficier de tous les sacrements, qu'il faut que les communautés religieuses puissent aussi être sous cette garantie protectrice. Et j'ai suffisamment de paroles du pape qui montrent que c'est bel et bien sa volonté. Dès 2005, à l'audience de Castel Gandolfo, une de ses dernières paroles était : « Je comprends bien que la Fraternité a besoin de protections. » Il sait donc très bien que dans l'Église cela va mal. Voyez-vous, c'est cela qui a changé et qu'on a beaucoup de peine à comprendre. Les autorités à Rome, au moins certaines d'entre elles, comprennent qu'il y a une crise dans l'Église et elles essaient d'y remédier, mais la crise est tellement grande, tellement profonde qu'elles n'arrivent pas à faire grand-chose de visible. Mais elles font des choses. Elles essaient petit à petit de sortir l'Église de cette situation. Pas complètement, à doses homéopathiques. Mais elles ne peuvent pas faire mieux.

Quand vous êtes dans un TGV qui va à 300 à l'heure, vous ne lui demandez pas de faire un virage à 90°. Sinon, on part en morceaux, et c'est fini. Ou si vous avez un bateau, un paquebot, vous ne lui demandez pas de faire un virage comme cela. Ce sont de grandes courbes lentes. Si vous avez un malade, quelqu'un qui est en hypothermie, c'est-à-dire qui a une température trop basse, on le met dans l'eau à la même température que son corps. Et l'on monte d'un degré la température de l'eau pour faire remonter celle du corps, pas plus vite qu'un degré par heure. Si on va plus vite, on tue la personne. Malgré cela, il y a encore une période critique où il risque de perdre la vie. C'est un peu l'état de l'Église. Cet état est tellement bas qu'on ne peut pas attendre qu'il y ait une restauration de l'Église immédiate. On aimerait bien cela : « Allez ! Tout est en ordre ». Mais cela ne peut pas se passer ainsi. Ce n'est pas possible.

Je peux vous rappeler cette parole d'un prélat romain qui me disait : « Il n'est pas possible de se débarrasser de la nouvelle messe en un seul coup. Il faut plusieurs étapes. Cela prendra au moins une génération. » Une gé-né-ra-tion ! Ils ne vont pas dire cela au début, mais ils vont faire un petit quelque chose et puis après un autre petit quelque chose, une petite correction ici, puis après là. On va parler de la réforme de la réforme. Bien sûr, on se dit : « Mais qu'est-ce que c'est que cette affaire ? » Ce sont de petits actes, l'un après l'autre. Cela demande une perspective à long terme qui dépasse un pontificat. Cela veut dire qu'il faut espérer que le prochain fasse aussi bien que le précédent ou mieux, en se souvenant que chacun est homme et qu'il a sa liberté. Ce n'est pas évident ! Mais on voit que les réformes dans l'Église prennent du temps. Celles qui réussissent sont celles qui sont lentes ; celles où les papes ont voulu être énergiques en s'attaquant aux grandes difficultés, eh bien ! elles ont échoué. Cela n'a pas marché. L'histoire de l'Église est là pour nous le dire. Ce genre de choses, c'est lent. Il faut le sa-voir. Il faut être patient. Il ne faut pas lâcher, il faut maintenir, mais il faut être patient.

Alors, encore une fois, la grande question est : « Est-ce que c'est le moment ? » Je répondrai: « On se tourne vers le Bon Dieu ». Ce n'est pas nous qui allons décider de ce-la. Il faut donc prier pour bien voir ce que veut le Bon Dieu, où est sa Volonté. Vous voyez, je ne vous donne pas beaucoup de nouvelles. Je vous donne beaucoup à réfléchir, et beaucoup à prier. Je vous laisse dans les bras, sous le manteau de la Sainte Vierge.

3 mai 2012

[Marie Lefebvre-Billiez - Réforme] "Les lefebvristes vont découvrir les protestants"

SOURCE - Marie Lefebvre-Billiez - Réforme - 3 mai 2012

Les lefebvristes, ces catholiques opposés à Vatican II et dont les quatre évêques ont un temps été excommuniés, sont actuellement dans une période de rapprochement avec le Vatican. Il se pourrait qu’ils rejoignent officiellement l’Eglise romaine. Les protestants s’inquiètent, mais Réforme a mené l’enquête. Vivien Hoch, catholique rallié à Vatican II après avoir grandi chez les lefebvristes, livre son analyse, plutôt optimiste.
 
« Les lefebvristes sont des gens intelligents, il y a des motifs d’avoir confiance en eux. Les protestants peuvent s’inquiéter qu’ils vont extrémiser le Vatican, mais c’est plutôt à prendre comme une ouverture pour les deux. Le Pape ouvre un peu plus les bras, il ne les tend pas uniquement d’un côté. Dans l’Eglise catholique, il y a à la fois des communautés du Renouveau charismatique que, bientôt, la fraternité Saint Pie-X. S’ouvrir à la deuxième ne veut pas dire qu’on va se fermer aux premières. Parmi les conciliaires (catholiques attachés au concile Vatican II, ndlr), il y en a qui râlent et qui parlent de "droitisation" du Saint-Père. Mais quand il ouvre une nouvelle communauté charismatique, parle-t-on de gauchisation ?

» Bien sûr, il faut voir les clauses. Mais, à mon avis, ils ne vont pas imposer la fin du dialogue avec les protestants. Ils demandent juste à pouvoir exercer leur culte tranquillement. Ils en ont marre de faire de la résistance et ils veulent revenir dans l’Église. Et c’est très bien pour eux. Ils pourront venir faire leurs études à la Catho et découvrir, comme moi, la patristique grecque qui a donné l’orthodoxie, et les protestants. Cela va les ouvrir. Ce n’est pas l’Église qui va se fermer, ce sont les lefebvristes qui vont s’ouvrir. Cela les sortira de leur Saint-Thomas d’Aquin du XIXe siècle, que vous, les protestants, vous aimez beaucoup par ailleurs. Je pense que les protestants ne doivent pas s’inquiéter. Au contraire, les lefebvristes vont vous découvrir. Aujourd’hui, ils n’ont pas le droit de lire les ouvrages de théologie conciliaire. Là, ils pourront lire et découvrir.

» Les lefebvristes seront moins dangereux une fois qu’ils sont dans l’Église que s’ils restent en dehors. Je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter. Ce sont des êtres humains comme les autres. Les relations avec les protestants ne vont pas changer, au contraire, les lefebvristes verront que les protestants ont produit des choses remarquables sur le plan intellectuel au XXe siècle. Les textes parleront d’eux-mêmes. »

Marie Lefebvre-Billiez

[Abbé Benoît Wailliez - Pour Qu'Il Règne] "Mgr Lefebvre... espérait bien qu’un jour Rome lui rendrait ce statut canonique..."

Abbé Benoît Waillez - Pour qu’il règne n° 105 - mai-juin 2012

[Editorial] La crise de l’Eglise n’a pas commencé avec Vatican II. Il est clair que la philosophie scolastique et la théologie romaine étaient déjà battues en brèche dans des séminaires et noviciats et que le Saint-Office avait du pain sur la planche. (Sans parler des expériences liturgiques les plus fantaisistes, dans des abbayes et camps de jeunesse). D’où l’encyclique Humani generis d’un Pie XII vigilant et inquiet, écrite quelques 12 ans avant le Concile, et bien vite devenue lettre morte.

Or que faisait Mgr Lefebvre à ce moment là ? Dans les années 50, il était le délégué apostolique du pape pour de très nombreuses contrées d’Afrique et il œuvrait également comme archevêque de Dakar. Sous Jean XXIII, il fut rappelé en Europe, mais fut élu membre de la commission préparatoire au Concile. Il participa au Concile (1962-1965), comme supérieur général des Pères du Saint-Esprit, et il intervint bien des fois pour contrer tant bien que mal les orientations libérales et les schémas les plus nocifs de cette assemblée révolutionnaire. Et malgré le funeste pontificat de Paul VI, Mgr Lefebvre continua à œuvrer dans l’Eglise, et eut à cœur de faire approuver canoniquement la Fraternité St-Pie X : c’était un signe de catholicité auquel il tenait beaucoup. Il refusa les changements destructeurs (la nouvelle liturgie, l’enseignement néo-moderniste, l’œcuménisme apostat, etc.), et continua dans le giron officiel de l’Eglise jusqu’au moment de la suppression illégale de la Fraternité et des premières sanctions canoniques (1975-1976).

Quelqu’un comme Mgr Nestor Adam avait quitté le Concile en cours de route, scandalisé et découragé par la « révolution d’octobre » que le pape approuvait ou laissait faire peu ou prou.

En bon « soldat du Christ », qui savait qu’il aurait un jour à rendre compte à Dieu de son épiscopat, Mgr Lefebvre a continué « le bon combat » du Christ. On l’a chassé comme un malotru ? Il n’en a pas moins « poursuivi sa course », sachant parfaitement qu’il était dans l’Eglise. Il espérait bien qu’un jour Rome lui rendrait ce statut canonique dont on l’avait injustement spolié, mais pas au détriment de la foi ni de sa proclamation pleine et libre.

Lui qui, en pleine débâcle conciliaire, avait joui pendant une dizaine d’années de la bénédiction officielle de l’Eglise, aurait, « sans aucune amertume » et sans compromission aucune, accepté une reconnaissance canonique, même d’une autorité encore fortement teintée d’erreurs modernes mais désireuse de redresser la barre du grand bateau de l’Eglise « qui prend l’eau de toute part ».

(…)

Abbé Benoît Wailliez
Supérieur de district du Benelux

[Ennemond - Fecit] L’IBP : une glace à l’italienne

SOURCE - Ennemond - Fecit - 3 mai 2012

L’Institut du Bon Pasteur a récemment reçu une lettre de Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei, enjoignant les prêtres de l’IBP à faire leur le concile Vatican II, à parler de rite « propre » plutôt que de rite « exclusif » pour désigner l’ancien missel et à troquer la critique constructive du Concile pour l’herméneutique de la continuité…hr

L’un des prêtres de l’Institut, Don Stefano Carusi tient depuis quelques années un blog Disputationes Theologicae qui a notamment diffusé la pensée de Mgr Brunero Gherardini, lequel démontrait clairement que plusieurs textes de Vatican II contredisaient le magistère antérieur. En cela, le blog a eu le mérite de ne pas s’affranchir de la critique. Était-elle constructive ? Pour ma part, j’ai tendance à penser que Mgr Gherardini déconstruisait le Concile plutôt qu’il ne servait à le consolider… Du moins, consolidait-il la vérité ! Sans doute, certains inconditionnels de Vatican II se sont-ils aperçus du progressif démantèlement de leur nouvel évangile et ont-ils persuadé Mgr Pozzo de changer l’arsenal de l’IBP.

Don Carusi a profité de la fête de saint Athanase, brillant défenseur de la foi, pour rédiger sur son site une première réponse de l’Institut au prélat romain. Elle est diplomate mais assez claire, dans un style très italien. Le sourire de circonstance y est, il ne fait que masquer en façade la véritable intention. En quelques sortes, on perçoit d'abord l’enrobement d’une gelati, mais le message est aussi froid que la glace. En retirant les fioritures, on lit à propos des deux points litigieux (la messe et le Concile) ceci :
* Sur le problème de la messe, l’abbé dit faire siennes les réserves du Bref examen critique du cardinal Ottaviani torpillant le Nouvel Ordo. Sa conclusion est claire : « Nous pensons donc que le terme « exclusive » doit être maintenu, et ce, conformément aux engagements pris publiquement par nous. » Exit la demande sur le rite propre.

* A propos du Concile, Don Stefano défend la possibilité pour son institut de mener une critique « sérieuse et constructive ». Il revendique « la possibilité - et le devoir filial - de dire ouvertement au Saint Siège que certains points [de Vatican II] pourraient demander une reconsidération. » A cette occasion, il requiert du pape, et à la suite de Mgr Gherardini, des textes magistériels pour réaffirmer la vérité « surtout là où la continuité [avec la Tradition] ne serait pas démontrée ». (On aurait tout de même tendance à dire : ne sera pas démontrée ?)
Au cours de sa réponse, l’abbé Carusi n’hésite pas à mettre en balance, face aux exigences de Mgr Pozzo, l’existence même de l’IBP : « Nous nous demandons : sans l’ « exclusive » et en mettant de coté la « critique sérieuse et constructive », le Bon Pasteur conserverait-il sa raison d’exister ? » Aussi, pour terminer, après avoir mis en garde contre « le danger de l’obéissance indue ou du servilisme et de la perte de ce que nous représentons », Don Stefano affirme sobrement à propos de ces demandes romaines, qu’il « déduit qu’elles ne sont que des invitations ». C’est une façon de dire élégamment qu’il ne les reçoit absolument pas comme une obligation et que pour sa part, il n’entend pas s’y conformer. Quelle sera la réponse du supérieur et de son chapitre général ? Peu après sa création, la Fraternité Saint-Pierre avait été testée sur le biritualisme. Elle avait fait preuve de fermeté. Peut-être le chapitre général de l'IBP servira-t-il, plutôt que de la gelati italienne, une coupe colonel, sans mousse rose, mais agrémentée de jus de citron et arrosée de vodka pour répondre par la négative au titre de cet article de Don Stefano : « le « rite propre » et « l’herméneutique de continuité » sont-ils suffisants ? »

[Ennemond - Fecit] Mgr Lefebvre signant les actes : considération purement technique

SOURCE - Ennemond - Fecit - 3 mai 2012

Mgr Lefebvre a lui-même reconnu avoir signé des textes conciliaires, impressionné par le désir du pape, disait-il, mais certainement pas parce qu'il s'accordait avec leur contenu. Au contraire, il s'est battu contre un certain nombre d’erreurs au cours du Concile et il a même publié un livre intitulé : « J'accuse le Concile ». Dans un entretien le 5 février 1978, il revenait sur le fait qu’il avait signé des textes qu'il réprouvait par ailleurs :
« En effet, il y a certainement une grande majorité des évêques qui ont accepté les actes du Concile et moi-même, j’en ai accepté une partie également. Mais il est bien certain que la plupart des évêques étaient tout de même très inquiets et s’ils ont accepté de signer les actes du Concile, pour la plupart, c’est qu’ils se sont aperçus que le pape estimait qu’il n’y avait pas de difficulté à signer ces actes et, donc personnellement, j’ai été aussi impressionné par le fait que le pape souhaitait que ces actes, tels qu’ils étaient donnés, soient signés. »
Mais, il faut être honnête et affirmer que dès le Concile, Mgr Lefebvre était très hostile au contenu. Au cardinal Ottaviani, il écrivait dès le 20 décembre 1966 :
« Alors que le Concile se préparait à être une nuée lumineuse dans le monde d'aujourd'hui si l'on avait utilisé les textes préconciliaires dans lesquels on trouvait une profession solennelle de doctrine sûre au regard des problèmes modernes, on peut et on doit malheureusement affirmer que, d'une manière à peu près générale, lorsque le Concile a innové, il a ébranlé la certitude de vérités enseignées par le Magistère authentique de l'Eglise comme appartenant définitivement au trésor de la Tradition. »
Et revenons même en arrière ! Dès le 6 juin 1965, alors que la Quatrième session du Concile n'est pas ouverte, Mgr Lefebvre fait déjà part de sa vive inquiétude :
« Il est impossible en effet de ne pas comparer ce que nous ont enseigné nos maîtres vénérés de la Grégorienne et du Séminaire français, ce qu’ont enseigné les Papes en ces dernières décades, avec ce que nous avons entendu et avec ce que nous lisons à l’occasion du Concile. Comment ne pas conclure qu’il s’agit d’un autre magistère que celui de l’Église. Les discours des papes clôturant les sessions, leurs interventions, ne font que corroborer cette affirmation ».
Veuillez me pardonner, mais laisser entendre aujourd’hui que Mgr Lefebvre était d’accord avec tout le Concile sous l’unique prétexte qu’il en aurait signé assez protocolairement les actes, ce n’est pas faire œuvre de vérité, c’est tortiller sur un détail sans intérêt.

2 mai 2012

[Dom Romain - cath.ch] FSSPX, frémissements dans l'attente de la décision romaine

SUITE - Dom Romain - cath.ch - 2 mai 2012

Après étude de la réponse lefebvriste par la commission de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le dossier est arrivé chez le Saint-Père. Dans l’attente de la décision de Benoît XVI, les différents blogs du tradiland se font l’écho d’une attente marquée d’espérance. A la lecture des post, le Concile reste bien la grande question: comment la Fraternité peut-elle rester elle-même tout en adhérant à l’Eglise conciliaire? En fin de compte, il semblerait que l'on veuille bien rentrer dans l’Eglise, mais il ne faudrait pas que l’Eglise entre dans la Fraternité. C'est la quadrature du cercle, une mission impossible, si ce n’est dans le temps et avec beaucoup de patience.
MàJ 05 mai 16h00 : Selon l'agence I.MEDIA, la décision de Benoît XVI concernant la FSSPX, interviendra d'ici la fin du mois de mai 2012. Selon Andréa Tornielli, la réponse des lefebvristes sera traitée par les cardinaux et les évêques, lors de la prochaine rencontre de la commission de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Cette dernière est prévue dans 10 jours, le 16 septembre prochain. 
Tous n’ont pas la patience requise, un abbé de la FSSPX vient de démissionner, Mgr Williamson continue de publier et un site tradi fourbit ses armes, avec une connotation "indépendantiste Corse"…
FSSPX: Un abbé démissionne
"L'abbé Gabriel Grosso, un prêtre argentin du district d'Amérique du Sud de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, a démissionné du mouvement lefebvriste pour un différend qu'il qualifie d'"eschatologique", dans une lettre adressée à son supérieur l'abbé Bouchacourt: "Il me semble inutile, voire préjudiciable de se rapprocher de la Rome moderniste, car jusqu’à présent, elle a montré combien elle savait dévorer tous les groupes traditionalistes et les réduire ensuite à la synthèse de ce qu’elle croit être l’Église, c’est-à-dire Vatican II. Bien entendu, Benoît XVI est le principal mentor de cette Rome-là. Or, il semble que vous-même et Mgr Bernard Fellay avez foi en lui et croyez qu’il va sauver l’Église. [...] J’estime, par conséquent, qu’étant donné le chemin sur lequel elle s’est engagée, la Fraternité court à sa ruine, et je rejoins en cela d’autres personnes qui ont dénoncé ce fait avant moi". (cf. La Vie)
La dernière newsletter de Mgr Williamson
Publiée aujourd’hui même, l’évêque anglais réaffirme que l’œuvre de Mgr Lefebvre ne peut pas se livrer à un pape dont «l’esprit moderniste est désespérément confus» et que les dirigeants de la FSSPX peuvent eux aussi se tromper (ce que beaucoup savaient déjà…). Mgr Williamson reste donc bien celui qui exprime le plus clairement tout refus à un accord avec le Saint-Siège. (cf. Mgr Williamson DRAMATIC STICHOMYTHIA)
Un nouveau site tradi?
Je viens de découvrir une adresse internet conduisant au site intitulé FSSPX – Canal historique. Ca ne s’invente pas! Est-ce la suite de l’enquête Corse, pas le film, mais l'affaire des confirmations «sauvages» (cf. La FSSPX et une histoire Corse, ça se corse… ), ou bien la préparation d’un site consacré à la résistance et à l’indépendantisme lefebvriste? Toujours est-il que cette info nous permet de conclure avec un brin d'humour. 
Dom Romain

[SPO - Riposte Catholique] Le cardinal Burke appelle à prier pour la réconciliation avec la Fraternité Saint-Pie X

SOURCE - SPO - Riposte Catholique - 2 mai 2012

Selon une information parue sur le Forum catholique (à lire intégralement ICI) le cardinal Raymond Leo Burke a participé au pèlerinage « traditionnel » et « traditionaliste » du 1er mai à Santa Maria de Finibus Terrae de Leuca en Italie, organisée par la Scuola Ecclesia Mater.
 
Selon cette information, « Lors de son homélie , Son Eminence a invité les fidèles à prier pour la réconciliation avec la Fraternité Saint-Pie X. », un sujet qui lui tient particulièrement à cœur, contrairement à Mgr Defois qui, comme l’a signalé avec pertinence mon confrère Maximilien Bernard sur ce même portail, a été ressorti par Le Pèlerin pour affirmer (sans rire) : 
« Cela reste finalement un enjeu mineur pour l’Église d’aujourd’hui. La vraie priorité n’est-elle pas l’évangélisation des nouvelles générations évoluant dans une culture déchristianisée ? »
Il s’agit là évidemment du faux dilemme par excellence, le renfort de la Fraternité Saint-Pie X n’étant pas mineur pour « l’évangélisation des nouvelles générations évoluant dans une culture déchristianisée ,  qui ont été abandonnées pendant des décennies par la « pastorale » et la « catéchèse » mise en place par les évêques de France (dont Mgr Defois) dans le sillage de Vatican II.
 
On voit qu’à Rome, les enjeux sont pris autrement au sérieux et que ce n’est pas sans raison que le cardinal Burke a appelé à prier pour la réconciliation totale avec la Fraternité Saint-Pie X. L’information publiée sur le Forum catholique nous apprend aussi que le cardinal Burke vient de publier un livre qui rejoint deux de ses centres d’interêt, le droit et la liturgie. Le titre ? En français cela donne : La danse vide autour du veau d’or. Liturgie sécularisée et droit. Tout un programme.

[Don Stefano Carusi, ibp - Disputaniones Theologicae] Le “rite propre” et l’ “herméneutique de continuité” sont-ils suffisants?

SOURCE Don Stefano Carusi, ibp - Disputaniones Theologicae - 2 mai 2012

Notre Rédaction, suite au compte-rendu de la visite canonique de l’Institut du Bon Pasteur, reçoit des questions qui peuvent être résumées par le titre de cette intervention. La question nous semble avoir un intérêt ecclésial majeur, sans compter les sollicitations à nous prononcer présentes dans plusieurs articles parus sur le sujet, comme celui du supérieur du district italien de la Fraternité Sacerdotale S. Pie X. Nous exposerons donc certaines considérations à nos lecteurs, lesquelles - évidemment - n’engagent que la ligne éditoriale de cette libre revue.

Le texte produit par la Rev. Commission Pontificale Ecclesia Dei propose à l’Institut du Bon Pasteur certaines indications, d’ordre en partie pratico-juridique et en partie théologico-pastorale. Ces indications touchent aussi les « spécificités » de l’ Institut, non en termes péremptoires, mais plutôt par mode de conseil : au sujet de la célébration de la Messe traditionnelle telle qu’elle est prévue par les Statuts, la Commission invite à parler de « rite propre », nous citons littéralement, « sans parler d’exclusivité » (invitation à modifier les Statuts fondateurs ? ). Elle demande aussi - et sur ce dernier point avec une formulation un peu plus forte - de diminuer la « critique, même sérieuse et constructive » des aspects du Concile Vatican II qui soulèvent des difficultés, pour insister davantage « sur l’herméneutique du renouvellement dans la continuité », en adoptant « comme base » le « Nouveau Catéchisme ».

Quant à ces deux points, la question, loin d’être une simple question terminologique, nous apparaît cruciale pour le futur du Bon Pasteur. Du reste la Commission semble avoir voulu, dans son ensemble, présenter son propre point de vue théologico-liturgique et, ne s’agissant pas toujours d’ordres formels, elle laisse le choix au Chapitre Général. 
La nature de l’écrit de Mgr Pozzo et les circonstances historiques
Le document est le résultat de la visite canonique effectuée après le délai des six ans depuis la fondation de l’Institut. Nous rappelons que la reconnaissance de ce dernier a été voulue personnellement par le Saint Père Benoit XVI, pour offrir la possibilité de l’«expérience de la Tradition» avec deux spécificités expressément prévues par les Statuts (approuvés par Rome) et en vertu desquelles on a parlé d’ « avancement » de la cause traditionnelle : la célébration exclusive de la « Messe grégorienne » (selon l’expression du Cardinal Castrillon Hoyos) et la possibilité explicite d’une « critique sérieuse et constructive » des points du Concile Vatican II qui paraissent difficilement conciliables avec la Tradition.

Or, du point de vue liturgique le texte affirme qu’il serait souhaitable d’uniformiser les Statuts de l’Institut avec l’ « esprit » du Motu Proprio Summorum Pontificum, paru un an plus tard, en éliminant le mot exclusive, et en le remplaçant par l’expression « rite propre » (expression qui, étant déjà présente dans les Statuts à deux endroits, est donc invoquée en opposition avec l’autre et non en intégration). Notons cependant que cette expression, telle qu’elle a été rédigée par le Saint Siège en 2006, n’est pas incompatible avec la récente législation en la matière ; elle est plutôt la reconnaissance juridique d’une spécificité. Dans l’Eglise l’existence d’une loi générale (et, en ce cas spécifique, simplement d’une orientation) n’empêche pas la reconnaissance d’un droit propre : a fortiori si l’on est en présence d’une approbation antérieure de l’autorité ecclésiastique. Dans cette perspective on peut comprendre que l’indication de la Commission soit de l’ordre de l’invitation.

Du point de vue théologique le document invite à privilégier l’ “herméneutique du renouvellement dans la continuité” plutôt que la “critique, même sérieuse et constructive” et, de manière plus générale exhorte à une disposition “positive”. La Commission semble reconnaître que l’attitude du Bon Pasteur n’est pas celle d’une critique sauvage, irrespectueuse, extrémiste et téméraire, mais qu’elle reste conforme aux engagements écrits de 2006. Dans ce contexte l’Institut, du moment qu’il n’y a pas plein accord sur certaines positions doctrinales, souscrivait un « accord pratico-canonique », qui incluait aussi les deux points susmentionnés, dans un esprit de collaboration filiale avec le Saint Siège, et en prenant au sérieux les déclarations de S. Em. le Card. Castrillon Hoyos, lequel a confirmé que, si l’on a l’évidence d’incohérences, « la critique sérieuse et constructive est un grand service à rendre à l’Eglise ».
Une proposition de réflexion
Le texte cité est à accueillir avec le respect dû à un document provenant d’un Dicastère romain, et en même temps dans ce même esprit d’ouverture et de franchise dans lequel nous nous sommes engagés à l’époque. Il contient des indications d’ordre pratico-juridique inspirées par la sollicitude en vue d’un perfectionnement de la justice administrative qui doit caractériser toute société ; précieuse nous apparaît l’invitation à approfondir « le pastorat du Christ » ; inévitablement dans une jeune fondation certains aspects doivent être améliorés, et la Commission offre des indications qui ne sont pas à sous-évaluer. Mais le document demande aussi de reconsidérer deux points qui constituent les spécificités de l’Institut ; sur ce dernier aspect, notre point de vue s’écarte de celui du rapporteur.
La célébration « exclusivement » dans le rite traditionnel
Nous ne voyons pas d’incompatibilité législative entre une telle faculté et le Motu Proprio Summorum Pontificum, entre autre parce que la référence à laquelle on fait allusion, qui dit qu’il ne faut pas « exclure, en ligne de principe, la célébration selon les nouveaux livres », n’est pas contenue dans la partie normative, mais dans la lettre argumentative. D’ailleurs le passage peut être entendu comme une recommandation à ne pas exclure que d’autres prêtres catholiques célèbrent selon les nouveaux livres, au vu des condamnations généralisées qui parfois ont été prononcées dans certains milieux (qui ont soutenu catégoriquement que la célébration selon les nouveaux rites est ipso facto matière de péché mortel). En tout cas il n’a pas été posé par le Suprême Législateur comme une obligation de loi. Même l’instruction Universae Ecclesiae (l’art. 19 par exemple) affirme seulement l’impossibilité d’une exclusivité qui se joindrait à des attaques violentes (sint infensae) et à des sentences catégoriques contre les textes approuvés par le Saint Siège ; toutefois le document n’exclut pas la possibilité de nourrir des réserves théologiques, il n’empêche pas d’agir de façon conséquente (lire ici), il n’impose pas le biritualisme comme une obligation.

Nous avons écrit dans le passé qu’à ce propos nous faisons nôtres les réserves que partageait S. Em. le Card. Ottaviani lorsqu’il écrivit la lettre accompagnant le Bref examen critique du Novus Ordo Missae. Tant de prélats, dont le Pontife Régnant n’est pas le moindre, ont déjà écrit en demandant une « réforme de la réforme » ; il doit bien y avoir une raison… Il nous semble donc que le terme exclusive exprime bien notre position, et il a été admis comme tel par le Saint Siège dans nos Statuts, dans une attitude de loyauté réciproque. Sans vouloir nous substituer à l’autorité ecclésiastique quant à un futur jugement, nous affirmons, avec prudence et modération mais sans fard, notre avis : qui n’est pas péremptoire, mais qui voudrait être franc et qui suppose d’agir en conséquence. Si nous n’agissions pas ainsi et si nous cachions la pensée de nos cœurs, ou pire encore si nous agissions contre notre conscience, nous manquerions réellement de respect à cette Autorité que nous voulons servir dans la clarté des positions. Nous pensons donc que le terme « exclusive » doit être maintenu, et ce, conformément aux engagements pris publiquement par nous. Le Bon Pasteur en effet n’est pas né pour s’occuper de son propre intérêt personnel - vitam suam dat pro ovibus suis – mais pour offrir un témoignage de la possibilité d’une position ecclésiale qui inclut les présupposés cités.
La “critique sérieuse et constructive”
En effet en ces six ans nous nous sommes efforcés – ici encore en observant les engagements pris avec le Saint Siège – d’analyser les documents plus récents dans un esprit serein, déférent, mais sans cacher a priori certaines difficultés réelles de conciliation avec la Tradition. Cette attitude aurait été non seulement peu scientifique théologiquement, mais surtout déloyale envers l’Eglise. Cela ne suffit pas ? Ce positionnement n’exclut pas a priori le fait que certains points problématiques de tel ou tel document puissent être interprétés selon une lecture de « continuité dans l’herméneutique théologique », tout en présentant parfois des expressions ambigües. La critique « sérieuse et constructive » n’exclut pas forcement l’éventualité, là où c’est possible, de lire des passages nouveaux en continuité avec le Magistère antérieur ; mais elle veut aussi exprimer la possibilité - et le devoir filial - de dire ouvertement au Saint Siège que certains points pourraient demander une reconsidération. En raison du pouvoir des Clés, dans le suprême hommage à la Vérité et dans l’intérêt de l’Eglise, le Souverain Pontife peut le faire avec des textes magistériels non infaillibles, surtout là où la continuité ne serait pas démontrée. Si avec notre histoire nous obscurcissions délibérément cet humble témoignage, nous manquerions gravement de respect envers le Siège Apostolique ; nous serions à la recherche d’un bénéfice personnel immédiat – fut-il même social – « pro domo sua », en délaissant l’engagement en vertu duquel certains ont adhéré à cet Institut, engagement que le Saint Siège a approuvé par écrit voilà seulement six ans.
Le danger de l’obéissance indue ou du servilisme et de la perte de ce que nous représentons
Nous avons voulu offrir nos considérations, en tenant compte de la nature de l’Institut du Bon Pasteur. Il serait, s’il se privait de ses spécificités statutaires, - tel est l’avis de notre revue – radicalement dénaturé et nous nous demandons : sans l’ « exclusive » et en mettant de coté la « critique sérieuse et constructive », le Bon Pasteur conserverait-il sa raison d’exister ? Pourquoi ne pas préférer quelque autre Congrégation ? Après l’ « esprit du Concile » avons-nous vraiment besoin d’un « esprit du Motu proprio », érigé en norme ? Dans les actuelles circonstances n’est-t-il pas important de rappeler une claire distinction entre une argumentation et une obligation, une invitation et une loi, une opinion (quoique autorisée) et un clair enseignement ? Si nous confirmons l’impression que les concessions prévues par des accords sont instables, rendrions-nous service à l’Eglise ? Un savant comme Mgr Nicola Bux a évité de dogmatiser, en l’emphatisant outre-mesure, l’herméneutique de la continuité (que les progressistes continuent tranquillement à ignorer), en disant de façon sobre qu’elle « a fourni un critère pour aborder la question et non pas pour la fermer » : serions-nous crédibles si nous voulions être (ou feindre d’être) plus « ratzingeriens » que Mgr Bux?

En outre, est-il réaliste de penser que la Fraternité Saint Pie X adopte, maintenant ou d’ici six ans, les indications qui nous sont suggérées ? Et pourtant, si certaines positions étaient juridiquement incompatibles - et ecclésialement impossibles - elles le seraient dans un esprit de droit, tant pour la Fraternité Saint Pie X que pour l’Institut du Bon Pasteur (qui n’a pas demandé la « contrepartie » des préalables) : confiants dans la Providence, nous devons donc déduire, qu’elles ne sont que des invitations. Nous ne négligeons pas qu’aujourd’hui il y a dans l’Eglise des poussées et de gravissimes difficultés; mais il nous semble que les spécificités de l’Institut du Bon Pasteur, plus qu’un obstacle au bien du Corps mystique, sont un humble et sincère service à l’Eglise. 
Don Stefano Carusi IBP